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PolitiQue de contrôle des
poissons
Direction de la faune et des habitats
POLITIQUE DE CONTRÔLE DES POISSONS
Faune et Parcs Québec Mai 1999
Référence à citer :
FAUNE ET PARCS QUÉBEC. 1999. Politique de contrôle des poissons. Direction de la faune et des habitats. 9 p.
Dépôt légal - Bibliothèque nationale du Québec, 1999 ISBN : 2-550-34622-X
1 édition : 14 avril 1997 2e édition : 21 mai 1999
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TABLE DES MATIÈRES
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TABLE DES MATIÈRES iii
1. PROBLÉMATIQUE 1
2. CONTRÔLE DES POISSONS 3
3. POLITIQUE DE FAUNE ET PARCS QUÉBEC 4
4. TECHNIQUES DE CONTRÔLE DES POISSONS 5
5. MODALITÉS ADMINISTRATIVES 8
1. PROBLÉMATIQUE
Il arrive à certaines occasions que, suite à des interventions humaines, des espèces de poissons s'implantent dans des milieux pour lesquels elles sont bien adaptées mais qu'elles n'avaient pu coloniser à cause de barrières naturelles. Ces espèces nouvelles, qu'elles soient introduites délibérément ou par mégarde, peuvent constituer une menace pour les écosystèmes en exerçant une compétition ou une prédation sur les espèces de poissons indigènes (espèce présente à l'origine dans un milieu). Les espèces indigènes à ces milieux peuvent ainsi subir des baisses importantes de leur nombre ou être tout simplement éliminées.
L'omble de fontaine est de loin l'espèce au Québec qui a été la plus touchée par l'introduction de poissons compétiteurs dans les milieux qu'il fréquente. Au début du siècle, les plans d'eau où on retrouvait seulement l'omble de fontaine (population dite allopatrique) étaient communs dans les régions méridionales du Québec et en constituaient un caractère distinctif. L'introduction, dans ces milieux, d'espèces de poissons non présentes à l'origine a considérablement modifié la situation. Les territoires possédant des populations allopatriques d'omble de fontaine occupent aujourd'hui des superficies très restreintes (voir figure ci-jointe).
Quelle que soit l'origine (naturelle ou introduite) des populations de poissons prédatrices ou compétitrices de l'omble de fontaine, leur effet ne passe pas inaperçu. En effet, des études ont permis de démontrer que la présence du meunier noir réduit de plus de 50 % à 70 % les rendements de pêche sportive à l'omble de fontaine. L'effet du mulet à cornes sur l'omble de fontaine est semblable à celui du meunier, quoique moins prononcé, sa présence occasionnant une réduction du rendement de la pêche sportive de 30 %. Mais ces deux espèces ne sont pas les seules à avoir un impact considérable sur les populations d'omble de fontaine. Des prédateurs comme le touladi, la lotte, les dorés, les brochets et les achigans, ainsi que des espèces compétitrices comme la perchaude et la barbotte brune sont souvent la cause des faibles rendements en omble de fontaine observés dans certains plans d'eau. La ouitouche, le méné à nageoires rouges, le méné de lac sont d'autres espèces compétitrices qui sont susceptibles de nuire à l'omble de fontaine.
Le contrôle de certaines espèces de poisson, que ce soit pour éliminer une espèce qui a été introduite dans un milieu où elle n'était pas présente ou pour limiter la production d'une
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espèce naturellement présente afin d'en favoriser une autre, peut s'avérer justifiable pour des considérations de conservation ou de mise en valeur. La majorité des actions rattachées au contrôle des poissons sont assujetties à. diverses lois, selon les activités inhérentes aux différentes techniques de contrôle utilisées. Ces lois sont la Loi sur les pêches (L.R.C.
(1985), c. F-14) et la Loi sur les produits antiparasitaires (L.R.C. (1985), c. P-9) qui sont de juridiction fédérale, la Loi sur la qualité de l'environnement (L.R.Q., c. Q-2), la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c. C-61.1) ainsi que la Loi sur les pesticides (L.R.Q., c. P-9,3). La présente politique a pour but de préciser les types de contrôle des poissons ainsi que les techniques d'intervention qui sont autorisées par Faune et Parcs Québec, dans le cadre de l'application de ces lois qui sont soit sous sa responsabilité ou celle du ministère de l'Environnement du Québec, ou pour lesquelles il possède un pouvoir qui lui est délégué, dans le but de conserver et de mettre en valeur la faune aquatique et, de façon plus particulière, l'omble de fontaine.
2. CONTRÔLE DES POISSONS
Le contrôle des poissons peut être réalisé à des fins de conservation ou de mise en valeur de la ressource, selon les techniques préconisées par Faune et Parcs Québec, qui sont décrites en détail dans des guides d'intervention, et les conditions s'y rattachant. De plus, tout contrôle de poissons doit faire l'objet d'un encadrement professionnel.
• Contrôles de conservation
L'une des missions essentielles de Faune et Parcs Québec consiste à créer les conditions propices à la protection et à la conservation des ressources aquatiques avec ce que cela comporte de moyens préventifs et correctifs.
En ce sens, les contrôles de conservation visent l'élimination ou la réduction de l'abondance d'une espèce de poisson introduite par des interventions humaines dans des milieux où elle n'était pas présente à l'origine. Le but est de restaurer une communauté ichtyologique originale ou de prévenir la propagation d'une espèce nouvellement introduite.
Les contrôles de conservation peuvent être réalisés sur toute espèce qui n'était pas présente à l'origine dans un milieu lorsque l'une ou l'autre des situations suivantes est rencontrée :
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— il est démontré que l'espèce de poisson introduite a un impact négatif sur une espèce de poisson indigène au milieu, ou son habitat;
— l'espèce introduite risque d'envahir d'autres milieux.
• Contrôles de mise en valeur
Les contrôles de mise en valeur visent une réduction de l'abondance d'une espèce de poisson indigène à un milieu et qui limite l'abondance d'une autre espèce indigène au même milieu ou introduite qui, elle, est recherchée pour la pêche sportive. Le but est d'établir un équilibre qui soit plus favorable au maintien d'un haut niveau de population de l'espèce recherchée pour la pêche sportive.
Les contrôles de mise en valeur peuvent être réalisés s'il est démontré que les problèmes rencontrés par l'espèce de poisson que l'on désire favoriser sont dus principalement à la présence de l'espèce visée et que les bénéfices anticipés seront supérieurs aux coûts de contrôle.
Du point de vue socio-économique, les contrôles de mise en valeur trouvent leur intérêt dans la récupération d'un nombre non négligeable de jours de pêche, ce qui se traduit par des retombées financières à l'échelle locale et régionale. Ce type de contrôle n'est donc pas sans favoriser le développement régional en générant des effets d'entraînement notables tant en matière de création d'emplois saisonniers qu'en revenus divers, et en taxes et impôts perçus par les différents paliers de gouvernements.
3. POLITIQUE DE FAUNE ET PARCS QUÉBEC
Faune et Parcs Québec pourra autoriser et effectuer des contrôles de conservation et des contrôles de mise en valeur, selon l'affectation territoriale et aux conditions suivantes :
• Parcs
Faune et Parcs Québec pourra autoriser ou effectuer des contrôles de conservation dans un lac ou un cours d'eau. Lorsque Faune et Parcs Québec effectuera ces contrôles, les coûts pourront être partagés avec le gestionnaire du territoire ou d'autres organismes.
Les contrôles de mise en valeur sont interdits.
• Réserves fauniques, zecs, pourvoiries avec droits exclusifs, territoire libre
Faune et Parcs Québec pourra autoriser des contrôles de conservation et des contrôles de mise en valeur dans un lac ou un cours d'eau.
Faune et Parcs Québec pourra effectuer des contrôles de conservation dans un lac ou un cours d'eau, mais n'effectuera pas de contrôle de mise en valeur. Lorsque Faune et Parcs Québec effectuera des contrôles de conservation, le coût pourra être partagé avec le gestionnaire du territoire ou d'autres organismes.
• Terres privées
Dans les lacs ou les cours d'eau dont le lit est privé ou enclavé par des terres privées, Faune et Parcs Québec pourra autoriser des contrôles de conservation et des contrôles de mise en valeur dans un lac ou un cours d'eau.
Faune et Parcs Québec pourra effectuer des contrôles de conservation afin d'éviter la propagation d'une espèce de poisson dans d'autres milieux mais n'effectuera pas de contrôles de mise en valeur dans un lac ou un cours d'eau. Lorsque Faune et Parcs Québec effectuera des contrôles de conservation, le coût pourra être partagé avec le propriétaire du territoire ou d'autres organismes.
4. TECHNIQUES DE CONTRÔLE DES POISSONS
Actuellement, Faune et Parcs Québec préconise deux techniques de contrôle des poissons, soit l'élimination complète des espèces compétitrices d'un plan d'eau en utilisant de la roténone, et la diminution du niveau de population du meunier noir en capturant les reproducteurs et en exerçant un contrôle des jeunes de l'année. Toutefois, à titre de projet pilote seulement, il sera possible d'expérimenter d'autres techniques de contrôle du meunier noir à condition que celles-ci soient approuvées par Faune et Parcs Québec et assorties d'un programme de suivi biologique.
Dans le cas des autres espèces compétitrices, toute méthode de retrait jugée acceptable par le gestionnaire régional de Faune et Parcs Québec pourra être autorisée.
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e Élimination des espèces à l'aide de la roténone
Afin de restaurer les plans d'eau à omble de fontaine ayant été affectés par l'introduction d'espèces compétitrices, Faune et Parcs Québec a eu, jusqu'à aujourd'hui, principalement recours à l'élimination de ces espèces en utilisant de la roténone comme piscicide. Cette technique consiste à éliminer complètement l'ensemble des espèces de poissons présentes dans un plan d'eau et à réintroduire par la suite la ou les espèces qui étaient présentes à l'origine à l'aide d'ensemencement. L'élimination des poissons en utilisant de la roténone est effectuée aujourd'hui selon une technique d'intervention éprouvée au Québec.
Certaines conditions doivent être respectées pour que l'utilisation de cette technique soit efficace et permette de rencontrer les objectifs visés, soit :
l'habitat doit être propice aux espèces présentes à l'origine. Si tel n'est pas le cas, les actions appropriées doivent être effectuées concurremment afm de corriger la situation (ne s'applique pas si l'intervention a pour but d'empêcher la propagation d'une espèce);
— il ne doit pas y avoir de problèmes de surexploitation (ne s'applique pas si l'intervention a pour but d'empêcher la propagation d'une espèce);
l'intervention doit être effectuée concurremment avec la prise de moyens propres à éviter la recolonisation du plan d'eau par des espèces qui n'étaient pas présentes à l'origine dans le milieu (ne s'applique pas si l'intervention a pour but d'empêcher la propagation d'une espèce);
— il doit être possible d'abaisser le niveau d'eau du lac de façon suffisante afin de localiser plus facilement les petits tributaires et d'exonder les herbiers. Cette action permet également de restreindre la quantité de roténone utilisée et d'empêcher sa propagation dans les milieux situés en aval du plan d'eau traité;
— le repeuplement du plan d'eau traité doit se faire avec des poissons de lignée F1' ou F22 et provenant d'une région écologique équivalente.
Fl : Lignée de poissons élevés en station piscicole, mais dont les oeufs et le sperme proviennent de parents indigènes.
2 F2 : Lignée de poissons élevés en station piscicole, mais dont les oeufs et le sperme proviennent de parents F I.
L'agence de protection environnementale des États-Unis a établi, suite à une étude d'une durée de six années, que la roténone est un produit sécuritaire pour l'être humain et l'environnement. En effet, bien que la roténone soit très toxique pour les poissons, ce piscicide d'origine végétale a une faible persistance dans le milieu et une toxicité relativement faible pour les autres organismes, à l'exception des micro-crustacés, des amphibiens à branchies, du zooplancton et des larves de certaines espèces d'insectes (diptères et éphémères). Toutefois, en ce qui concerne plus précisément les organismes benthiques et zooplanctoniques, l'équilibre se rétablit normalement dans l'année suivant l'intervention.
Les impacts générés par les interventions entourant l'élimination des poissons à l'aide de la roténone, tel que l'abaissement du niveau d'eau du lac et l'absence de poissons durant une certaine période, sont minimes et temporaires. Ainsi, les espèces se nourrissant de poissons (oiseaux ichtyophages, loutre, vison) doivent changer en tout ou en partie leur aire d'alimentation durant la période où les poissons seront absents du plan d'eau. Quant au castor et au rat musqué, ceux-ci sont peu touchés en raison de la période de l'année où l'abaissement du niveau d'eau est effectué.
• Contrôle du niveau de population du meunier noir
Au cours des dernières années, une technique de contrôle, basée sur les principes de la lutte intégrée, a été développée afin de diminuer l'abondance du meunier noir pour favoriser l'omble de fontaine. Ce type de contrôle consiste à effectuer au printemps, pendant une période d'environ cinq ans (selon le cas), un prélèvement massif des reproducteurs sur les sites de reproduction en utilisant des barrières de rétention ou des trappes. La période de prélèvement massif des reproducteurs est suivie d'un contrôle annuel permanent des larves benthiques à l'aide de roténone déversée sur les sites de ponte.
Avant d'envisager une opération de contrôle du meunier noir, il doit être démontré que les problèmes rencontrés par l'omble de fontaine sont dus principalement à la présence du meunier noir, soit :
— l'habitat est propice à l'omble de fontaine;
— il n'y a pas de problèmes de surexploitation;
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3. Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune :
— Autorisation en vertu du Chapitre IV.1 de cette loi.
Cette autorisation, donnée par Faune et Parcs Québec, n'est pas nécessaire pour l'utilisation de la roténone mais pour les autres activités susceptibles de modifier une des composantes de l'habitat du poisson (exemple : construction des seuils).
4. Loi sur les pêches :
— Autorisation pour le rejet ou l'immersion de produits ichtyotoxiques.
Bien qu'il s'agisse d'une loi relevant de la compétence du gouvernement fédéral, le ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche aujourd'hui le ministre responsable de la Faune et des Parcs, a été habilité par le Règlement sur les produits ichtyotoxiques pour les eaux de la province de Québec, à émettre ces autorisations.
5. Loi sur les produits antiparasitaires :
— Utilisation de produits homologués au Canada.
Les seuls produits contenant de la roténone qui peuvent être utilisés sont ceux homologués par l'agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, organisme fédéral relevant de Santé Canada.
Pour le retrait massif
Règlement de pêche du Québec (1990) : article 19, adopté en vertu de la loi fédérale sur les pêches.
— Permis scientifique, éducatif et de gestion (SEG) émis par Faune et Parcs Québec.
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— il y a absence d'espèces prédatrices telles que le touladi, la lotte, les dorés, les brochets et les achigans ou d'autres espèces exerçant une forte compétition à l'omble de fontaine telles que la perchaude, le crapet soleil et la ouitouche.
5. MODALITÉS ADMINISTRATIVES
En termes de modalité de gestion, toute personne ou organisme désirant procéder à un contrôle de poisson doit s'adresser à la direction régionale concernée de Faune et Parcs Québec et du ministère de l'Environnement du Québec. Suivant le type d'activité projetée (empoisonnement ou retrait massif), le promoteur doit compléter le ou les pennis et formulaires requis. Après analyse et acceptation de la demande, les entités gouvernementales identifiées plus haut émettront les autorisations et permis nécessaires, le cas échéant, en vertu des lois suivantes :
Pour l'usage de produits ichtyotoxiques
1. Loi sur les pesticides :
— Permis émis par le ministère de l'Environnement du Québec pour l'entreprise, l'organisme ou le ministère qui désire utiliser ce procédé.
— Certificat émis par le ministère de l'Environnement du Québec pour la personne physique qui accomplit l'activité.
11 est à noter que les activités d'utilisation de pesticides doivent être réalisées par des personnes détenant un certificat de qualification ou travaillant sous la supervision d'une personne certifiée présente sur les lieux de l'opération.
2. Loi sur la qualité de l'environnement :
— Certificat d'autorisation en vertu de l'article 22 de cette loi.
Il est à noter que l'utilisation de pesticides, en l'occurrence ici la roténone, dans un milieu aquatique pourvu d'un exutoire superficiel vers un bassin hydrographique, est assujettie à un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement du Québec.
si
Gouvernement du Québec Faune et ParcsDirection de la faune et des habitats
POLITIQUE DE CONTRÔLE DES POISSONS
1. PROBLÉMATIQUE
Il arrive à certaines occasions que, suite à des interventions humaines, des espèces de poissons s'implantent dans des milieux pour lesquels elles sont bien adaptées mais qu'elles n'avaient pu coloniser à cause de barrières naturelles. Ces espèces nouvelles, qu'elles soient introduites délibérément ou par mégarde, peuvent constituer une menace pour les écosystèmes en exerçant une compétition ou une prédation sur les espèces de poissons indigènes (espèce présente à l'origine dans un milieu). Les espèces indigènes à ces milieux peuvent ainsi subir des baisses importantes de leur nombre ou être tout simplement éliminées.
L'omble de fontaine est de loin l'espèce au Québec qui a été la plus touchée par l'introduction de poissons compétiteurs dans les milieux qu'il fréquente. Au début du siècle, les plans d'eau où on retrouvait seulement l'omble de fontaine (population dite allopatrique) étaient communs dans les régions méridionales du Québec et en constituaient un caractère distinctif L'introduction, dans ces milieux, d'espèces de poissons non présentes à l'origine a considérablement modifié la situation. Les territoires possédant des populations allopatriques d'omble de fontaine occupent aujourd'hui des superficies très restreintes (voir figure ci-jointe).
Quelle que soit l'origine (naturelle ou introduite) des populations de poissons prédatrices ou compétitrices de l'omble de fontaine, leur effet ne passe pas inaperçu. En effet, des études ont permis de démontrer que la présence du meunier noir réduit de plus de 50 % à 70 % les rendements de pêche sportive à l'omble de fontaine. L'effet du mulet à cornes sur l'omble de fontaine est semblable à celui du meunier, quoique moins prononcé, sa présence occasionnant une réduction du rendement de la pêche sportive de 30 %. Mais ces deux espèces ne sont pas les seules à avoir un impact considérable sur les populations d'omble de fontaine. Des prédateurs comme le touladi, la lotte, les dorés, les brochets et les achigans, ainsi que des espèces compétitrices comme la perchaude et la barbotte brune sont souvent la cause des faibles rendements en omble de fontaine observés dans certains plans d'eau. La ouitouche, le méné à nageoires rouges, le méné de lac sont d'autres espèces compétitrices qui sont susceptibles de nuire à l'omble de fontaine.
Le contrôle de certaines espèces de poisson, que ce soit pour éliminer une espèce qui a été introduite dans un milieu ou elle n'était pas présente ou pour limiter la production d'une espèce naturellement présente afin d'en favoriser une autre, peut s'avérer justifiable pour des considéra- tions de conservation ou de mise en valeur. La majorité des actions rattachées au contrôle des poissons sont assujetties à différentes lois, selon les activités inhérentes aux différentes techniques de contrôle utilisées. Ces lois sont la Loi sur les pêches (L.R.C. (1985), c. F-14) qui
est de juridiction fédérale, la Loi sur la qualité de l'environnement (L.R.Q., c. Q-2), la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c. C-61.1) ainsi que la Loi sur les pesticides (L.R.Q., c. P-9.3). La présente politique a pour but de préciser les types de contrôle des poissons ainsi que les techniques d'intervention qui seront autorisées par le ministère de l'Environnement et de la Faune (MEF), dans le cadre de l'application de ces lois qui sont soit sous sa responsabilité ou pour laquelle il possède un pouvoir qui lui est délégué, dans le but de conserver et de mettre en valeur la faune aquatique et, de façon plus particulière, l'omble de fontaine.
2. CONTRÔLE DES POISSONS
Le contrôle des poissons peut être réalisé à des fins de conservation ou de mise en valeur de la ressource, selon les techniques préconisées par le MEF, qui sont décrites en détail dans des guides d'intervention, et les conditions s'y rattachant. De plus, tout contrôle de poissons doit faire l'objet d'un encadrement professionnel.
• Contrôles de conservation
En regard de l'environnement en général, et de la faune en particulier, la mission essentielle du MEF consiste d'abord à créer les conditions propices à la protection et à la conservation des ressources avec ce que cela comporte de moyens préventifs et correctifs.
En ce sens, les contrôles de conservation visent l'élimination ou la réduction de l'abondance d'une espèce de poisson introduite par des interventions humaines dans des milieux où elle n'était pas présente à l'origine. Le but est de restaurer une communauté ichtyologique originale ou de prévenir la propagation d'une espèce nouvellement introduite.
Les contrôles de conservation peuvent être réalisés sur toute espèce qui n'était pas présente à l'origine dans un milieu lorsque l'une ou l'autre des situations suivantes est rencontrée : - il est démontré que l'espèce de poisson introduite a un impact négatif sur une espèce
de poisson indigène au milieu, ou son habitat;
- l'espèce introduite risque d'envahir d'autres milieux.
• Contrôles de mise en valeur
Les contrôles de mise en valeur visent une réduction de l'abondance d'une espèce de poisson indigène à un milieu et qui limite l'abondance d'une autre espèce indigène au même milieu ou introduite qui, elle, est recherchée pour la pêche sportive. Le but est d'établir un
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équilibre qui soit plus favorable au maintien d'un haut niveau de population de l'espèce recherchée pour la pêche sportive.
Les contrôles de mise en valeur peuvent être réalisés s'il est démontré que les problèmes rencontrés par l'espèce de poisson que l'on désire favoriser sont dus principalement à la présence de l'espèce visée et que les bénéfices anticipés seront supérieurs aux coûts de contrôle.
Du point de vue socio-économique, les contrôles de mise en valeur trouvent leur intérêt dans la récupération d'un nombre non négligeable de jours de pêche, ce qui se traduit par des retombées financières à l'échelle locale et régionale. Ce type de contrôle n'est donc pas sans favoriser le développement régional en générant des effets d'entraînement notables tant en matière de création d'emplois saisonniers qu'en revenus divers, et en taxes et impôts perçus par les différents paliers de gouvernements.
3. POLITIQUE DU MEF
Le MEF pourra autoriser et effectuer des contrôles de conservation et des contrôles de mise en valeur, selon l'affectation territoriale et aux conditions suivantes :
• Parcs
Le MEF pourra autoriser ou effectuer des contrôles de conservation dans un lac ou un cours d'eau. Lorsque le MEF effectuera ces contrôles, les coûts pourront être partagés avec le gestionnaire du territoire ou d'autres organismes. Les contrôles de mise en valeur sont interdits.
• Réserves fauniques, zecs, pourvoiries avec droits exclusifs, territoire libre
Le MEF pourra autoriser des contrôles de conservation et des contrôles de mise en valeur dans un lac ou un cours d'eau.
Le MEF pourra effectuer des contrôles de conservation dans un lac ou un cours d'eau, mais n'effectuera pas de contrôle de mise en valeur. Lorsque le MEF effectuera des contrôles de conservation, le coût pourra être partagé avec le gestionnaire du territoire ou d'autres organismes.
• Terres privées (lacs ou cours d'eau dont le lit est privé ou enclavé par des terres privées)
Le MEF pourra autoriser des contrôles de conservation et des contrôles de mise en valeur dans un lac ou un cours d'eau.
Le MEF pourra effectuer des contrôles de conservation afin d'éviter la propagation d'une espèce de poisson dans d'autres milieux mais n'effectuera pas de contrôles de mise en valeur dans un lac ou un cours d'eau. Lorsque le MEF effectuera des contrôles de conservation, le coût pourra être partagé avec le propriétaire du territoire ou d'autres organismes.
4. TECHNIQUES DE CONTRÔLE DES POISSONS
Actuellement, le MEF préconise deux techniques de contrôle des poissons, soit l'élimination complète des espèces compétitrices d'un plan d'eau en utilisant de la roténone, et la diminution du niveau de population du meunier noir en capturant les reproducteurs et en exerçant un contrôle des jeunes de l'année. b sera possible d'utiliser d'autres techniques de contrôle qui seraient développées à la condition qu'elles soient entérinées par le MEF.
• Élimination des espèces à l'aide de la roténone
Afin de restaurer les plans d'eau à omble de fontaine ayant été affectés par l'introduction d'espèces compétitrices, le Ministère a eu, jusqu'à aujourd'hui, principalement recours à l'élimination de ces espèces en utilisant de la roténone comme piscicide. Cette technique consiste à éliminer complètement l'ensemble des espèces de poissons présentes dans un plan d'eau et à réintroduire par la suite la ou les espèces qui étaient présentes à l'origine à l'aide d'ensemencement. L'élimination des poissons en utilisant de la roténone est effectuée aujourd'hui selon une technique d'intervention éprouvée au Québec.
Certaines conditions doivent être respectées pour que l'utilisation de cette technique soit efficace et permette de rencontrer les objectifs visés, soit
- l'habitat doit être propice aux espèces présentes à l'origine. Si tel n'est pas le cas, les actions appropriées doivent être effectuées concurremment afin de corriger la situation (ne s'applique pas si l'intervention a pour but d'empêcher la propagation d'une espèce);
- il ne doit pas y avoir de problèmes de surexploitation (ne s'applique pas si l'intervention a pour but d'empêcher la propagation d'une espèce);
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l'intervention doit être effectuée concurremment avec la prise de moyens propres à éviter la recolonisation du plan d'eau par des espèces qui n'étaient pas présentes à l'origine dans le milieu (ne s'applique pas si l'intervention a pour but d'empêcher la propagation d'une espèce);
il doit être possible d'abaisser le niveau d'eau du lac de façon suffisante afin de localiser plus facilement les petits tributaires et d'exonder les herbiers. Cette action permet également de restreindre la quantité de roténone utilisée et d'empêcher sa propagation dans les milieux situés en aval du plan d'eau traité;
- le repeuplement du plan d'eau traité doit se faire avec des poissons de lignée FO ou F22 et provenant d'une région écologique équivalente.
De façon générale, bien que la roténone soit très toxique pour les poissons, ce piscicide d'origine végétale a une faible persistance dans le milieu et une toxicité relativement faible pour les autres organismes. L'agence de protection environnementale des États-Unis a établi, suite à une étude d'une durée de six années, que la roténone est un produit sécuritaire pour l'être humain et l'environnement. Conformément à l'homologation canadienne des produits anti-parasitaires, la roténone peut être utilisée au Québec pour contrôler les poissons à condition que les projets soumis par des promoteurs autres que le MEF soient approuvés par ce dernier.
Les impacts générés par les interventions entourant l'élimination des poissons à l'aide de la roténone, tel que l'abaissement du niveau d'eau du lac et l'absence de poissons durant une certaine période, sont minimes et temporaires. En ce qui concerne le plancton et les organismes benthiques, l'équilibre se rétablit dans l'année suivant l'intervention. Les espèces se nourrissant de poissons (oiseaux ichtyophages, loutre, vison) doivent changer en tout ou en partie leur aire d'alimentation durant l'année où les poissons seront absents du plan d'eau. Quant au castor et au rat musqué, ceux-ci sont peu touchés en raison de la période de l'année où l'abaissement du niveau d'eau est effectué.
F1 : Lignée de poissons élevés en station piscicole, mais dont les oeufs et le sperme proviennent de parents indigènes.
2 F2 : Lignée de poissons élevés en station piscicole, mais dont les oeufs et le sperme proviennent de parents FI.
• Contrôle du niveau de population du meunier noir
Au cours des dernières années, une technique de contrôle, basée sur les principes de la lutte intégrée, a été développée afin de diminuer l'abondance du meunier noir pour favoriser l'omble de fontaine. Ce type de contrôle consiste à effectuer au printemps, pendant une période d'environ trois ans (selon le cas), un prélèvement massif des reproducteurs sur les sites de reproduction en utilisant des barrières de rétention ou des trappes. La période de prélèvement massif des reproducteurs est suivie d'un contrôle annuel permanent des larves benthiques à l'aide de roténone déversée sur les sites de ponte ou d'une barrière électrique opérée à l'embouchure des tributaires.
Avant d'envisager une opération de contrôle du meunier noir, il doit être démontré que les problèmes rencontrés par l'omble de fontaine sont dus principalement à la présence du meunier noir, soit :
- l'habitat est propice à l'omble de fontaine;
- il n'y a pas de problèmes de surexploitation;
- il y a absence d'espèces prédatrices telles que le touladi, la lotte, les dorés, les brochets et les achigans ou d'autres espèces exerçant une forte compétition à l'omble de fontaine telles que la perchaude, le crapet soleil et la ouitouche.
5. MODALITÉS ADMINISTRATIVES
En termes de modalité de gestion, soulignons que toute personne ou organisme désirant procéder à un contrôle de poisson doit s'adresser à la direction régionale concernée du MEF.
Suivant le type d'activité projetée (empoisonnement ou retrait massif), le promoteur doit compléter l'un ou l'autre des permis ou formulaires. Après analyse et acceptation de la demande, le directeur régional émettra les autorisations et permis nécessaires, le cas échéant, en vertu des lois suivantes
Pour l'usage de produits ichtvotoxiques
1. Loi sur les pesticides :
- Permis émis par le MEF pour la personne ou l'entreprise qui désire utiliser ce procédé.
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- Certificat émis par le MEF pour la personne physique qui accomplit l'activité (l'applicateur du produit doit détenir une attestation de compétence du ministère de l'Éducation, lequel est chargé de la formation des utilisateurs de roténone).
2. Loi sur la qualité de l'environnement :
- Certificat d'autorisation en vertu de l'article 22 de cette loi.
3. Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune : - Autorisation en vertu du Chapitre 1\7.1 de cette loi.
Cette autorisation n'est pas nécessaire pour l'utilisation de la roténone mais pour les autres activités susceptibles de modifier une des composantes de l'habitat du poisson (exemple : construction des seuils).
4. Loi sur les pêches :
- Autorisation pour le rejet ou l'immersion de produits ichtyotoxiques.
Bien qu'il s'agisse d'une loi relevant de la compétence du gouvernement fédéral, le ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche aujourd'hui le ministre de l'Environnement et de la Faune, a été habilité par le Règlement sur les produits ichtyotoxiques pour les eaux de la province de Québec, à émettre ces autorisations.
Pour le retrait massif
Règlement de pêche du Québec (1990) : article 19, adopté en vertu de la loi fédérale sur les pêches.
- Permis scientifique, éducatif et de gestion (SEG).