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Chapitre 14. VIOLENCE ET RELIGION. La religion est-elle violente? DÉBAT

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Academic year: 2022

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Chapitre 14. VIOLENCE ET RELIGION La religion est-elle violente ?

DÉBAT Difficultés :

Ne pas faire d’amalgame. Oublier les opinions fabriquées de toutes pièces sur notre actualité pour faire place à une réflexion constructive basée sur les connaissances.

1. Pourquoi associe-ton souvent la violence à la religion ?

La religion en soi n’est pas violente, c’est l’ homme qui porte en lui sa propre violence. Avec René Girard, on voit que toutes les cultures anciennes s’efforçaient de gérer la violence des hommes en utilisant la figure du bouc émissaire lors des sacrifices.

Il existe, selon Girard, une rivalité mimétique entre les individus, les peuples, les sociétés, etc. (chacun imite l’autre et désire s’approprier ce qu’il a). La rivalité entre individus devient violence sociale, indéfinie et réciproque.

C’est un engrenage auquel les conflits planétaires actuels n’échappent pas.

L’Occident est parti en guerre contre plusieurs pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord en réaction à ce qu’il percevait comme des situations de

« violences dictatoriales ».

En conséquence des groupes ont réagi avec une extrême violence à cette agression. Les appels de Daech et Poko Haram à la religion n’avaient rien à voir avec l’Islam véritable mais étaient liés au fanatisme et au terrorisme.

En réaction, l’Occident a donc envoyé des bombardiers et le monde est ainsi entré dans un cycle de violence.

On en arrive à tuer par horreur de la violence !

2. Lorsque la « conscience collective » échappe à la « religion », les sociétés sont-elles plus violentes ?

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Dans son ouvrage La Phénoménologie de l’Esprit, Hegel (XIXe) estime que la violence (qui s’oppose au discours) est le commencement même des rapports entre les hommes et leur histoire.

Girard pense que la violence est l’élément fondateur de l’humanité et que le rationalisme philosophique ignore trop souvent le rôle fondateur de l’ « illusion religieuse » de toute société.

En effet, seul le sacré peut sceller le groupe autour d’une « victime ».

Ainsi, les sacrifices ne sont que des imitations de la violence primitive. Le Christ révélerait la persécution au cours de la violence et rendrait par là possible la non-violence.

Or, le principe même de non-violence peut être bafoué par ceux qui s’en réclament (pour préserver la cohésion du groupe) puisque « la résistance non-violente » implique l’action, à l’exemple des moines birmans (bouddhistes) qui ont utilisé la violence contre le peuple Rohingya. C’est un exemple de « conscience collective » qui échappe totalement au discours de paix d’un Pape ou d’un Dalaï Lama.

3. La violence et la religion : l’alibi ?

Guerres et conflits religieux ne doivent pas être confondus avec la religion en tant que telle.

Cette dernière ayant été liée longtemps à la politique et l’économie, pas étonnant que la « rivalité mimétique » décrite par Girard joue son rôle à plein. De ce point de vue aucune religion n’est épargnée et même les défenseurs de la Paix n’échappent pas aux doctrines des pourvoyeurs de la force.

Il y aurait ainsi comme un alibi à vouloir intégrer des « spiritualités individuelles » pour former un groupe soudé au sein d’un territoire donné.

N’est-ce pas là la première des violences ? Conclusion :

Les rapports entre les différentes religions peuvent exister sans violence , l’homme est doué de foi, certes, et de raison. De ce fait, il serait injuste d’identifier une religion avec la violence. La violence n’est pas contenue dans un corpus de doctrines mais dans l’homme lui-même.

HISTOIRE DES IDEES

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Il faut d’abord considérer la religion comme un complexe culturel que l’on peut définir en 3 points :

1) Le rite culturel : c’est un ensemble codifié de gestes et de pratiques chargées de symbolisme, accompli dans le but de rendre hommage à un être transcendant ou d’en obtenir des faveurs.

2) L’adhésion à une croyance définie (ensemble de doctrines , empruntées aux règles de la rationalité).

3) La fonction sociale (intégrer des individualités spirituelles en une conscience collective (Durkheim) afin d’assurer la cohésion du groupe.

A LIRE

Fiches Nathan : n°22, p.61 Qu’est-ce que la religion ? N°23, p. 63 Les critiques de la croyance, ABC du Bac cours : chapitre 10, p. 112 : la religion.

Bibliographie commentée :

Hannah Arendt, Eichmann à Jerusalem, Rapport sur la banalité du mal , Folio, 1963.

Citation : « L’expression banalité du mal ne peut se comprendre que comme une façon de décrire les routines par lesquels ceux qui recourent à la violence, comme ceux qui en sont témoins, mettent en suspens leurs convictions morales et renoncent à l’examen de leur engagement pratique ».

André Comte Sponville, L ’ I nconsolable et autres impromptus , PUF, 2018.

Luc Ferry avec Marcel Gauchet, Le R eligieux après la religion , Livre de poche, 2004.

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« La philosophie ne fait rien d’autre que chercher le sens de la vie, c’est une sorte de doctrine du salut mais sans Dieu ».

René Girard, La Violence et le sacré, Grasset, 1972.

ch. II., La violence et le sacré, et le mécanisme du bouc émissaire (phénomène que seul le mimétisme peut rendre possible dans les religions archaïques.

ch. III., Les choses cachées depuis la fondation du monde ou la révélation destructrice du mécanisme victimaire (Bible, Jean : « Il vaut mieux qu’un seul homme meurt et que le peuple ne périsse pas tout entier » (effet cathartique essentiel pour monopoliser la violence collective…).

Citation : « Dans Les Évangiles, la foule se conduit exactement comme dans les mythes. Si elle est représentée comme hostile à Jésus, ce n’est pas parce que les Évangiles sont hostiles aux Juifs, c’est parce que cette foule, comme toutes les foules du monde, est aveuglément hostile à son bouc émissaire ».

Axel Kahn et Christian Godinot, L’homme, le bien, le mal, Une morale sans transcendance, (éd. Pluriel), 2019 .

1ère partie : Des fondements non religieux de la morale : la théorie du bouc émissaire. D’où vient le sens du mal? pp. 45-70.

violence et religion, p.77.

Emmanuel Levinas, Totalité et infini , essai sur l’extériorité, pp. 232-235, Poche 1961.

Dieu, la mort, le temps (1975-1976, cours Sorbonne), Grasset, p. 163.

Friedrich Nietzsche, Ecce homo , (autobiographie philosophique), Fayard, 1888.

Pourquoi je suis un destin « Voici l’homme » en latin est la phrase attribuée à Ponce Pilate lorsqu’il présente Jésus à la foule après son arrestation. Si le rejet du christianisme est constant, on peut noter que

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Nietzsche complimente le bouddhisme. Il oppose la morale à la physiologie : analogie : le Bouddha est comparé à un médecin.

Ainsi parlait Zarathoustra , Poche, 1883. Poème philosophique d’une grande force de réflexion sur une nouvelle promesse d’avenir pour l’homme (mais c’est aussi une parodie) : « transposition en métaphysique de la morale conçue comme force, cause, fin en soi, telle est l’œuvre de Zarathoustra qui créa cette fatale erreur qu’est la morale ; par conséquent il doit aussi être le premier à reconnaître son erreur » (citation de Nietzsche ).

Michel Onfray, Traité d’athéologie , Grasset, 2005.

1ère partie II. Athéisme et sortie du nihilisme, 1. L’invention de l’athéisme, p.54.

2eme partie : Monothéismes, 1. L’œil noir du monothéisme, p.93.

Décadence , J’ai lu, Flammarion, 2017.

III. Puissance : Violence de la religion, p. 287 et suivantes.

Stefan Zweig, Conscience contre violence, 1936.

Castellion contre Calvin. Extrait du « Traité des hérétiques », écrit en 1554 par Castellion : « Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet (en 1553) ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme, mais en se faisant brûler pour elle ».

Deux films du cinéaste Andreï Tarkovski :

Andreï Roublev (peintre d’icônes au Moyen Âge pendant les luttes entre « iconodoules » et « iconoclastes »).

Le Sacrifice

Références

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