NOTE
INFLUENCE DE LA CASTRATION
ET DE LA NATURE DES GLUCIDES DE LA RATION SUR LA CROISSANCE ET LA QUALITÉ DES CARCASSES
DE BOVINS ABATTUS A 24 MOIS
Y. GEAY C. MALTERRE G. CUYLLE Station de Recherches sur
l’Élevage
desRuminants,
Centre de Recherches deClermont-Fer y and,
I. N. R.A.,
63 -
Saint-Genès-Champanelle
INTRODUCTION
De nombreux auteurs
(RIC HTER
etal., 19 6 0
a et b -19 6 1
- Kr.os2EaMArr etal.,
i95q - etplus
récemmentB R Â NN Â. NG , 19 6 9 )
ont montré que la castration des bovins mâles diminue legain
de
poids vif,
ainsi que l’efficacité alimentaire et accroît la vitessed’engraissement.
De l’ensemble des résultats très variables des5 6 expériences étrangères passées
en revue par TunTOh( 19 6 9 ),
il ressort que dans des conditions
d’élevage
et d’alimentationidentiques,
les taurillons abattus entre 12 et 18 moisproduisent
des carcassesplus
lourdescomportant davantage
de muscles et fournissent de la viande dont lesqualités organoleptiques
sont aussi bonnes que celles des bou- villons de mêmeâge.
Aussi laproduction
de viande dejeunes bovins,
actuellement enpleine extension,
ne se fait-elle en Francequ’à partir
d’animaux non castrés.En
revanche,
laproduction
de viande àpartir
de taureauxengraissés
entre 20et 24 mois estencore très peu
répandue
par suite desproblèmes posés
par la conduite des animaux et laqualité
de la viande
produite.
Aucuneétude,
à notreconnaissance,
n’a montréjusqu’ici
l’intérêtqu’elle peut cependant présenter.
Parailleurs,
lacomposition
durégime peut
influer sur legain
depoids
vif et la
composition
des carcasses, et les différences de vitessed’engraissement
entre animauxde diverses races
peuvent
être modifiées par lerégime
alimentaire(Y. G EAY ,
C.B!xnNCEx, 19
69).
Aussi avons-nous cherché à
préciser
dansquelle
mesure les différences deprécocité
et degain
depoids
vif dues à la castration(si
ellespersistent jusqu’à
24mois) peuvent
être réduitessous l’influence de la nature de la ration.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Selon un
dispositif
factoriel, nous avonscomparé,
entre 20et z¢ mois lesperformances
d’en-graissement
de 20 boeufs à celles de 20 taureaux recevant deuxrégimes isoénergétiques :
unemême
proportion
del’énergie
nette de la ration étant fournie soit par du saccharose, soit par l’amidon - certaines observationspratiques permettant
en effet de penser que les betteraves favorisaient moinsl’engraissement
que les céréales.Quarante
veaux de race salers,âgés
de 10mois, ont étérépartis
en deux groupes devingt
ani-maux : ceux du
premier
groupepesant 2 8 9 kg
en moyenne ont étécastrés,
ceux du second groupe d’unpoids
moyen de2 8 4 kg
ne l’ont pas été.Jusqu’à
20mois,
l’ensemble des animaux a été conduit defaçon identique :
àl’auge
durantl’hiver, puis
aupâturage pendant
lapériode
d’été.Entre 10et 20
mois,
lesgains
depoids
vif n’ont pas été suffisamment élevés pour mettre en évi- dence une influencesignificative
de la castration. En effet, l’ensemble des animaux n’a reçu aucours de la
période
hivernalequ’un
foin dequalité
moyenne( 5
à 6kg
de matière sèche par animal et parjour
et 500 g de concentré leur assurant un croît de 400-500g/j.
Enété,
aupâturage
surprairies
naturelles demontagne,
ils ont eu un croît de8 00 - 000 g/j qui
est normal pour des animaux de cetâge
ne recevant pas de céréales ensupplément (C.
BÉRANGER, M. PETIT,1970 ).
A
l’âge
de 20mois,
nous avons constitué 10couples
de boeufs et 10couples
de taureaux. Unanimal de
chaque couple
a reçu 3kg
de foin de luzerne condensé(broyé
à lagrille
de 3 mm etaggloméré)
et des betteravesfourragères
à raison de 6 p. ioo dupoids vif ;
sonhomologue
a reçu la mêmequantité
de foin de luzerne condensé et del’orge apportant
la mêmequantité d’énergie
nette
(exprimée
en unitésfourragères)
que celle fournie par les betteraves. Nous avons pour cela attribué aux betteraves la valeurénergétique
nette de 0,9UF/kg
de matière sèche et àl’orge
celle de i,z¢
UF/kg
de matière sèche. Parailleurs,
les animaux dechaque couple
ontingéré
lamême
quantité
d’un foin de luzerne sous formelongue (quantité ajustée chaque jour
en fonctionde la
plus
faible consommation de laveille)
et tous ont pu consommer lapaille
de leur litière.Les animaux ont été alimentés individuellement. Ils ont été abattus par bloc de
quatre (un couple
de boeufs et uncouple
detaureaux), lorsque
l’étatd’engraissement
des taureaux recevantles betteraves a été
jugé satisfaisant ;
la durée de lapériode expérimentale
a été en moyenne deI07 :
!
:
15jours.
Pour caractériser la
proportion respective
de muscles et dedépôts adipeux,
nous avonsdisséqué
la Wcôteprélevée
surchaque
demi-carcasse(Y. G EAY ,
C.BiaxnNCER, 19 6 9 ).
RÉSULTATS ET DISCUSSION
Influence de
la castrationLes boeufs ont eu un
gain
depoids
vif totalsignificativement plus
faible( 24
p.100 )
que celui des taureaux au cours des 107jours d’engraissement (tabl.
1,fig. 3 ). Cependant,
ils ontingéré
unequantité
de matière sèche nonsignificativement
différente. Parsuite,
leur efficacité alimentairea été moins bonne
( 23
p.100 ) (P
<0 , 01 ).
Al’abattage,
les taureaux ont eu des carcassessignifi-
cativement
plus
lourdes et moins riches endépôts adipeux (P
<o,oi)
que les boeufs(tabl. 2 ),
tout en
présentant
un étatd’engraissement
satisfaisant. Les taureaux,qui pesaient
12,6kg
deplus
que les boeufs au début del’engraissement,
ont fourni2 6, 4 kg
de carcasse enplus.
Enrevanche,
la
proportion
d’avant dans la carcasse a étésupérieure
de 3,1points
à celle des boeufs(tabl. 2 ).
Les taureaux
produisent,
à un coûténergétique
moindre, uneplus grande quantité
d’une viande moins riche engraisse.
Nous n’avons malheureusement pas pu étudier lesqualités organolep- tiques
de cette viande.Cependant
P. R. WooDxAnzs etJ.
S. TROWER( 19 6 5 )
ontcomparé
laqualité
de la viande de bœufs castrés à 10semaines et abattus à 22-23 mois à celle des taureaux abattus
au même
âge
et élevés dans les mêmes conditions. Ces auteurs n’ont pas mis en évidence de diffé-rences
significatives
en cequi
concerne la succulence et l’arôme, seule la tendreté de la viande de boeuf étaitlégèrement supérieure
à celle de la viande de taureau(P
<0 , 1 ).
L’influence de la castration à
l’âge
de 10mois s’est doncremarquablement
manifestée durant lapériode d’engraissement qui
a commencé io moisplus tard,
cela chez desanimaux qui étaient pourtant
de raceprécoce
et depoids
très peu différents à zo mois.Cependant,
cephénomène
aurait
peut-être
été moins sensible si les animaux avaient reçu dans l’intervalle une ration leurpermettant
d’extérioriserplus
tôt de telles différences.Influence
de la nature durégime
alimentaireAu cours de la
période expérimentale,
les animaux recevantl’orge
ont bieningéré
la mêmequantité d’énergie
nette(UF)
que leurshomologues
recevant les betteraves( 5 o
p. 100de laration),
ainsi que le
prévoyait
leprotocole expérimental (tabl. i).
Ils ont eu le même croîtjournalier
etont fourni des carcasses de
poids
et decomposition
nonsignificativement
différentes(tabl.
i et 2 ;fig.
1, 2et4 ).
La nature de la ration n’a donc pas modifié legain
depoids
vif et lacomposition
des carcasses de
façon
notable.La valeur
énergétique
de 0,9 UF attribuée aux betteraves pourl’engraissement
se trouvedonc confirmée. En
revanche,
elle seraittrop
élevée pour laproduction
laitière selon les obser- vations deJ OURNET (résultats
nonpubliés). Cependant,
les boeufs recevant les betteraves ont fourni des carcasseslégèrement plus
grasses que leurshomologues
recevantl’orge.
Cette tendance n’estcependant
passignificative ;
elle le seraitpeut-être
devenue si le nombre d’animaux avait étéplus mportant,
leurhétérogénéité
moinsgrande
et si laproportion d’orge
et de betteraves avait étéplus
élevée(respectivement
32et 37 p. 100de la matière sèche de laration).
En
conclusion,
dans le cadre d’uneproduction
deviande,
àpartir
d’animaux abattus à 2 ans, la castration a entraîné uneaugmentation
de laproportion
desdépôts adipeux
auxdépens
decelle des muscles et une diminution du
gain
depoids
vif. Enrevanche,
la nature durégime
alimen-taire n’a pas
permis
de modifiersignificativement
lacomposition
des carcasses des animaux. Enparticulier,
il n’a pas étépossible
de diminuer l’étatd’engraissement
des carcasses des bœufs etd’augmenter
leurgain
depoids
vif par unapport
de saccharose dans la ration enremplacement
de l’amidon de
l’orge.
Reçu pour publication
enfévrier
1971.SUMMARY
THE GROWTH AND
QUALITY
OF THE CARCASSES OF CATTLE SLAUGHTERED AT24
MONTHS AS INFLUENCEDBY CASTRATION AND THE NATURE OF THE GLUCIDES IN THE DIET
According
to a factorialdesign,
wecompared,
on the onehand,
theperformances
of 20steerswith those of 20bulls fattened between zo and 24 months and, on the other hand, two diets which should
supply
the same amount of net energy, either in the form of fooder beets or in the formof
barley.
The castration decreased the liveweight gain (2.1!
p.Too)
and theweight
of thecarcasses(8
p.Too),
but theproportion
of fat was increased( 3 8
p.Too).
On the otherhand,
even whensubstituting
thebarley
starch of the rationby
the saccharose of the beets it was notpossible
neither to decrease the fatness of the steers nor to increase their live
weight gain.
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