RELATIONS ENTRE LA COMPOSITION DU PLASMA SANGUIN
ET LES SYMPTÔMES DE TÉTANIE D’HERBAGE
CHEZ LES BOVINS
P. LARVOR
Nicole BERTHELOT Yvonne TANDEAU de MARSAC Service de Nutyition minérale, 7:’cole zzatioszale
vété y inai y e, Alfo l t (Seine).
SOMMAIRE
Les relations entre la
composition
duplasma sanguin (pour
le calcium, lephosphore
total, lemagnésium,
le sodium, lepotassium,
lepH
et lesprotéines)
et les symptômes de Tétanied’herbage
des bovins, notés arbitrairement de o à 5, ont été étudiées sur 4g échantillons deplasma
provenant deiz vaches saines et de 3r vaches à différents stades de la maladie. Seule la diminution du magnésium
et du calcium
plasmatiques
estsusceptible d’expliquer
une fractionappréciable
de la variance dessymptômes : la corrélation
multiple qui
relie lemagnésium
et le calciumplasmatiques
aux symptômesde Tétanie
d’herbage
est R = 0,703(limite
de R pour P < 0,01=o,,Ic!ç). Compte
tenu des nombreusessources d’erreur, il semble donc
possible
que les variations dumagnésium
et du calciumplasmatiques puissent expliquer
la totalité des symptômes observés.On a par ailleurs constaté une relation
positive
entre lepH
duplasma
et lapression atmosphéri-
que
(r
= + o,g!9, P <0 , 05 )
et une relationpositive
entre lemagnésium plasmatique
et le nombrede
jours
écoulésdepuis
levêlage (r
= -f- 0,506, P < 0,01).La découverte de
l’hypomagnésiémie
dans la Tétanied’herbage,
parSJo!,!,!EMA
et S!’ûKr.ES
( 1930 ),
n’a pas pour autant résolu leproblème
du déterminisme de la tétanisation musculaire observée lors de cette maladie.On devait
rapidement s’apercevoir qu’un magnésium sérique
faible ne s’accom-pagnait
pas forcément desymptômes cliniques,
et que dessymptômes
graves étaientparfois
associés à une baisse dumagnésium
relativement modeste(voir
tableau3 ).
I,es réactions à cette constation furent de deux
types :
les uns(biochimistes principalement)
neconsidérèrent
comme Tétanied’herbage
que les cas oùl’hypoma- gnésiémie
étaitmanifeste ;
les autres(cliniciens principalement)
considérèrent commeTétanie
d’herbage
toutsyndrome
d’alluretétanique
survenant à la mise aupâturage.
I,es uns ont tendance à
prendre
lesymptôme biochimique
pour lamaladie, et,
siobjectif
et siquantitatif
que soit unsymptôme biochimique,
il estimprudent
de leconsidérer a
priori
commepathognomonique ; quant
aux autres, leur attitude lesexpose à
prendre
pourargent comptant
tous lesdiagnostics téméraires,
tous lespré-
lèvements non
représentatifs
et tous lesdosages
incertains.La
méthodologie
d’une étude des relationssymptômes-biochimie
est doncrendue
difficile,
SŒc parcequ’on risque
de choisir les animaux malades à étudiersur des critères
biochimiques,
donc deprésupposer
laréponse
avant d’avoirposé
la
question,
soit parcequ’on risque d’englober
dessyndromes différents,
desympto- matologie
voisine. Nous pensons que le meilleur moyen d’obtenir un résultat valable est de sélectionner les animaux à étudier sur des critèressymptomatologiques,
maisen étant extrêmement strict
quant
audiagnostic,
et en éliminant tous les cas un tantsoit peu
douteux,
fût-ce aurisque
d’écarter de l’étude des casauthentiques.
Ainsiun animal trouvé
agonisant
le matin aupâturage peut
être victime de Tétanied’herbage,
mais bien souvent il est dans un tel étatd’épuisement
musculaire que la tétanisation n’est pas trèsapparente. Quelle
que soit la vraisemblance dudiagnostic
on ne
peut
l’inclure dans une étudequi
ne doit rassembler que des cas certains.MATÉRIEL
ETMÉTHODES
La maladie a été étudiée entre le 10et le 25 mai 1961 dans sa zone de
fréquence
laplus
élevéeen France (Lnxvox, BxocxnaT et ’TxÉRET,
r 9 6r)
autour de Hazebrouck,Bergues
et Cassel(Nord),
en collaboration avec les vétérinaires de ces localités.
Le
diagnostic
étant posé, le sang étaitprélevé
avant tout traitement dans un tubehépariné,
centrifugé aussirapidement
que possible(quelques
heures) pour l’isolement du plasma. LepH
duplasma,
était mesuré immédiatement(pH
mètreBiolyon),
et le plasma, additionné de merth:olate,conservé en chambre froide pour des
analyses
ultérieures. Nous avons ainsi récolté 43 échantillons deplasma,
dont rz de vaches saines et 3r de vacht - à différents stades de la maladie.Les détails concernant chacun de ces animaux unombre de veaux, stade de lactation, race,
gravité
des symptômes) sont
consignés
dans 1! tableau i, avec les résultats desanalyses plasmatiques.
Chaque
lettrecorrespond
à une exploitation,chaque
numéro suivant la lettre à un animal del’exploi-
tation ; les numéros Bz, B2 bis et B2terdésignent
un même animal à trois stades de l’évolution de la maladie.Le tableau 2donne les
principaux renseignements
concernant les pâturages dechaque exploi-
tation.
Les symptômes étaient notés de o à 5 en
employant
l’échelle arbitraire suivante :o : .Aucun
symptôme.
r : Baisse de la
production
laitière, nervosité, comportement anormal(animal
à l’écart dutroupeau).
2
: Boiterie, raideur, léger tremblement des muscles de
l’épaule
ou de la croupe.3
: Difficulté de locomotion nette, chancellement, tremblement accentué, trismus.
4 : Crise de Tétanie
typique.
5
: Crise entraînant
rapidement
la mort.Les
dosages
ont été faits, pour le sodium, lepotassium
et le calcium parphotométrie
de flammesur le
plasma
dilué non minéralisé(appareil I;ppendorf),
pour lemagnésium
et lephosphore
total surle
plasma
minéralisé par voienitroperchlorique,
lemagnésium
par la modification de LEWIS de la méthode aujaune
de titane( 19 6 0 ),
lephosphore
par la méthode de Missorr auphosphovanadomolyb-
date d’ammonium. Les
protéines
ont été dosées par réfractométrie (réfractomètre deABBE).
Dans chaque cas il a été récolté un échantillon d’herbe ; l’étude de cesprélèvements
feral’objet
d’unepublication
ultérieure.L’exploitation
des données a été faite pourchaque paramètre
isolément au moyen d’uneanalyse
de variance en regroupant les résultats en
5 classes
de symptômes : o ; de 0,5 à i ; de r,5 à 2 ; de 2,
5 à 3 ; de 3,5 à 5. Les données ont été ensuite
envisagées
dans leur ensemble au moyen del’équa-
tion de régression
multiple qui
relie les symptômes à lacomposition
duplasma, après
transforma- tion éventuelle dechaque paramètre
pour en rendre la distribution normale.RÉSULTATS
A) EV01,UTION
DE CHAOUZà VARIABLE INDIVIDUELLE EN FONCTION DESSYMPTÔMES
Le tableau i donne l’ensemble des résultats desanalyses
individuelles.W Tlariation du
pH Plasmatique
enfonction
dessym!tômes (figure ia)
Le
pH plasmatique
aaugmenté
mais defaçon
nonsignificative
avecl’aggrava-
tion des
symptômes.
La variance dupH
estplus
forte pour lessymptômes
graves, mais defaçon
nonsignificative.
Il y a une corrélation
positive significative (r
= + o,3!c!, P <o,o 5 )
entre lepH
du
plasma
et lapression atmosphérique
à la mêmeheure,
relevée à l’observatoire deLi1Ie-I!esquin.
2
&dquo; Variatio-rzs du sodium
plasmatique
enfonction
dessymptômes (figure
ib)
Aucune variation
significative
en fonction dessymptômes.
3
° Variations du
potassium plasmatique
enfonction
dessymptômes (figure
ic) Légère tendance,
nonsignificative,
àl’augmentation
avecl’aggravation
dessymptômes.
4
0
Variations dit calciumplasmatique
en/ f ) MC /t OM
dessymptômes (figure
id)
Abaissement
progressif
hautementsignificatif
du calcium avecl’aggravation
des
symptômes. Lorsque
lessymptômes
sont graves, les valeurs de Ca observées sontcomparables
à cellesqu’on
constate dans leshypocalcémies
vitulaires.5
° Variations du
PhosPhore
totalplasmatique
enfonction
dessymptômes (figure
1e)
Aucune variation
significative.
6
° Variations du
magnésium plasmatique
enforaction
dessymptômes (figure
if)
Il y a un abaissement
progressif
hautementsignificatif
dumagnésium
avecl’aggravation
dessymptômes.
On constate aussi une relation entre lemagnésium plamati
d
ue
et le stade de la lactation au moment duprélèvement (figure
2 ;r =
0,!06,
P <o,oi).
La
régression
linéaire entre lemagnésium plasmatique (Mg) exprimé
en mg pourioo
ml,
et le stade de lactation(S. I,.) exprimé
en nombre dejours
àcompter du vêlage,
est :
, « <, ,,, ..
Il est à noter que l’on n’a pas observé de Tétanie à un stade de lactation inférieur à i5
jours,
et que laplupart
des cas s’observent entre 2o et oojours
de lactation.7
0
Variations desprotéines plasmatiques
enfonction
dessymptômes (figure
ig)
Aucune variation
significative.
Ladispersion plus grande
des valeurs pour les animaux malades n’est passignificative.
B)
RELATIONS GLOBALES ENTRE LES SYMPTÔMES ET LA COMPOSITION DU PLASMALa
régression
linéaire entre lessymptômes
et lacomposition
duplasma
a étécalculée sur ordinateur IBM 704, en tenant
compte
des transformationssuivantes,
defaçon
à normaliser les distributions :Potentiel en ions
hydrogène :
sanstransformation ; symbole pH ;
unités habi- tuelles depH.
Potassium :
logarithme népérien ; symbole
K ;exprimé
enparties
pour 10ooo.Sodium : sans
transformation ; symbole
Na ;exprimé
enparties
pour i ooo.Calcium :
logarithme népérien ; symbole Ca ; exprimé
enparties
pour 100 000(mg
pour 100ml).
Phosphore
total : sanstransformation ; symbole
P ;exprimé
enparties
pour100
ooo
(mg
pour 100ml).
Magnésium : logarithme népérien ; symbole Mg ; exprimé
enparties
par million.Protéines : sans
transformation ; symbole
Pro ;exprimé
enparties
pour 100. Ces différentesfaçons d’exprimer
les résultats ont été choisies pour éviterl’emploi
de
logarithmes négatifs.
On obtient larégression :
Dans ces
conditions,
la corrélationmultiple
entre S et lescomposants
duplasma
est R = 0,723, c’est-à-dire que la fraction de la variance des
symptômes explicable
par les variations
plasmatiques analysées
est de 52 p. 100.Si on
supprime
lescomposants qui
n’influencent passignificativement
larégres- sion,
onparvient
à la relation :ou, en transformant en
logarithmes
décimaux :La corrélation
multiple
est R = 0,703, c’est-à-dire que la fraction de la variance dessymptômes qui
se trouve contrôlée est de 49,4p. 100. La corrélation est hautementsignificative (limite
de R pour P < 0,01 :0,494).
Le
magnésium
et le calcium sont donc les seuls critèresplasmatiques envisagés qui puissent
rendrecompte
d’unepartie appréciable
dessymptômes.
DISCUSSION
A)
VARIATIONS INDIVIDUELLES DES PARAMÈTRES PLASMATIQUESIl convient de
souligner quelques points particuliers,
et de comparer les résultats obtenus avec les donnéesbibliographiques.
W La relation
positive
entrepH
duplasma
etpression atmosphérique
adéjà
été
signalée
chez l’homme et le chien par BERGet al.(i g 4 o).
Ellepourrait
être suscep-tible d’éclairer un fait bien connu des
cliniciens,
à savoir que lessyndromes
vitulaireset
tétaniques
sontparticulièrement fréquents
au moment debrusques changements
de
temps.
Eneffet,
l’ionisation des minéraux duplasma
est en relation étroite avecle
pH
de celui-ci. LepH
n’a pasjoué
de rôleimportant
dans le cadre de notreétude.
mais celle-ci s’est déroulée
pendant
unepériode dépourvue
degrandes perturbations
atmosphériques.
2
° On n’a pas observé de relation entre la
fréquence
de la Tétanied’herbage
oule
magnésium plasmatique
et latempérature.
Là encore, il faut remarquer que les conditionsclimatiques
ont été assez constantespendant
lapériode considérée ; (température
minimale moyenne6, 2 °C ; température
maximale moyenne1 8,o°C, pratiquement
pas deprécipitations).
3 0
La corrélation
positive
entre lemagnésium plasmatique
et le stade de lacta- tion n’est pasétonnante, puisqu’on
adéjà
démontré une corrélationnégative
entrela
production
laitière et lemagnésium plasmatique (L ADRAT ,
LARVORet BROCHART,ig6o),
due selon toute vraisemblance à ce que les vaches ont des besoins accrus enmagnésium,
etqu’il
y a évidemment une relationnégative
entre le stade de lactationet la
quantité
de laitproduite.
Le fait que la
production
laitièreaugmente généralement
au cours dupremier
mois de lactation n’est pas en contradiction avec cette
hypothèse, puisque
l’on n’apas observé de cas de Tétanie
d’herbage
à moins de i5jours
de lactation et que laplupart
des cas se sontproduits
entre 20et qojours
de lactation(figure 3 ).
4
° Les données
bibliographiques
sur les variations de lacomposition sanguine
dans la Tétanie ont été rassemblées dans le tableau 3,
qui permet
de faire un bilan d’ensemble de ces modifications. Lemagnésium
est considéré par laplupart
desauteurs comme abaissé de
façon
très constante. Le calcium est considéré comme souvent abaissé, dans unpourcentage
de cas très variable selon les auteurs ; nousverrons
plus
loin que ces différences tiennent vraisemblablement à des différences degravité
dans lesyndrome,
ce que seule une étudequantitative (ou semi-quantitative)
de la maladie
pouvait
mettre en évidence. Lepotassium
estparfois
considéré commeaugmenté (diverses
étudesportant
sur !o cas entout), parfois
commeinchangé (études portant
sur7 h
cas entout), parfois
comme diminué(études portant
sur 3 casen
tout).
I,a situation estanalogue
pour lephosphore
minéralqui
sembleparticulière-
ment variable. Le sodium est considéré comme
inchangé.
Il sembleégalement
que l’azote résiduel soit trèsfréquemment
élevé.B) ÉTUDE
SIMULTAN͌ DE LA VARIATION DE QUELQUES COMPOSANTS PLASMATIQUES Dans nosobservations,
lemagnésium
et le calciumplasmatiques
ont seulsjoué
un rôle
significatif.
L’abaissement du calcium semble être unphénomène
aussiimpor-
tant que celui du
magnésium
dans le déterminisme descrises ;
il semble bien y avoirsynergie
entre les variations des deux minéraux.Si on
représente
sur ungraphique
lagravité
dessymptômes
en fonction de la teneur enMg
et Ca duplasma (figure 4 )
ons’aperçoit
que lecalcium,
ne baisse presquejamais seul,
tandis que lemagnésium
baissefréquemment
seul. Cecisuggère
que lephénomène primaire
est la baisse dumagnésium
tandis que la baisse du calcium vient se superposerplus
tardivement enaggravant
fortement lessymptômes.
Cetteinterférence entre l’homéostasie du
magnésium
et celle du calcium n’est pas unesimple
vue de
l’esprit, puisque
R. H. SMITH(m 3 6I)
a montré que, chez les veaux delait,
lacarence
magnésienne
entraîne une baisse dumagnésium, puis
du calciumplasmatique,
en
dépit d’apports
en Ca et en vitamine 1) satisfaisants. Chez ces veaux, uneinjection
intraveineuse de
Mg
ou unsupplément
alimentaire deMg
entraînent immédiatement la remontée duMg
et du Casanguins. L’importance symptomatologique
de la baissedu calcium
plasmatique
ne doit donc pas faire oublier que la causepremière
est untrouble du métabolisme du
magnésium.
Une autre
question importante peut-être posée :
les variations dumagnésium
et du calcium
plasmatiques
suffisent-elles àexpliquer l’apparition
dessymptômes,
ou faut-il faire intervenir un autre facteur ? On a vu que les variations de
Mg
et Caétaient
susceptibles
de rendrecompte d’approximativement
50 p. 100de la variance dessymptômes ;
les 50 p. 100 restantpourraient
êtreattribués, a)
soit aux erreursdans
l’appréciation
arbitraire de lagravité
de laTétanie, b)
soit aux erreurs dans l’es- timation deMg
etCa,
que l’onpeut
elles mêmesdécomposer
en erreursanalytiques
et en erreurs sur la
représentativité
duprélèvement c)
soit aux différences indivi- duelles des animaux dans la réaction à une même modificationhumorale, d)
soitenfin au fait
qu’un
autre élément que Ca etMg puisse
intervenir dans le détermi- nisme dessymptômes.
Les erreurs dans
l’appréciation subjective
de lagravité
dessymptômes
ont cer-tainement été assez
importantes ;
onpeut également
supposer que lareprésentativité
de l’échantillon n’a pas
toujours
étérigoureuse,
notammentlorsque
leprélèvement
a été fait dans la
période
de décroissance d’une crisetétanique ;
RAB*( y q 2 )
et THOMAS(ig
5
g)
ont en effet montré que chez le veauhypomagnésiémique,
il y a un accroisse- mentdu’!Ta plasmatique pendant
etjuste après
lesconvulsions ;
enfin bien que l’on connaisse mal les variations individuelles de la sensibilité auxhypomagnésiémies
etaux
hypocalcémies,
il est àprésumer qu’elles peuvent
êtreimportantes.
Il semble que ces causes de variation
prises ensemble,
etprincipalement
les erreursdues aux
prélèvements tardifs, puissent
faire que, detemps
à autre, on observe un cas de Tétanied’herbage
avec unmagnésium sanguin
relativement élevé.Il est donc vraisemblable que les variations de
Mg
et Ca suffisent àexpliquer
lessymptômes tétaniques
sans faire intervenir d’autre facteuressentiel,
sans toutefoisqu’on puisse
être formel à cesujet.
Reçu en mai r96z.
REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier ici 3Iessieurs les docteurs vétérinaires M. COMY:-I et I3. HAUWE-,;, de Ilazebrouck, M. CORNETTE, de Bergues et V. DEL.xR<.E, de Cassel, grâce à
l’obligeance
et à la compé.tence
desquels
cette étude a pu être effectuée.SUMMARY
THE RELATIONSHIP BETNVEEN THE COMPOSITION OF BLOOD PLASMA AND THE SYMPTOMS OF GRASS TETANI’ IN CATTLE
The
relationship
between some of the bloodplasma
components(calcium,
totalphosphorus,
magnesium, sodium,potassium, pH
and proteins) and the symptoms of GrassTetany
have beenstudied in 43
samples
ofplasma
taken from 12normal cows and from 3r cowssuffering
from diffe-rent stages of the disease. Calcium, potassium and sodium were estimated by flame photometry ; magnesium by LEws’ modification of the Titan Yellow method ;
phosphorus by
thephospho- vanadomolybdate
method ; and theproteins by refractometry.
The symptoms were classified onarbitrary
o to5 scale according
to subjective observation.The regression equation between symptoms and plasma constituents had been calculated :
only
the reduction of plasmamagnesium
and calcium could explain asignificant
fraction of the variation in the symptoms. Themultiple
correlation coefficientconnecting plasma magnesium
andcalcium with
Grass
Tetany symptoms was R --- o. ¡03(the limit of
Rbeing
o.494for P < 0.01). Whentaking
into consideration the many sources of error, it seemedpossible
that the variations inplasma
magnesium and calciummight
account for all the symptoms observed.Positive
relationship
were observed betweenplasma pH
andatmospheric
pressure(r
= + 0.359!P <
o.o 5 )
and betweenplasma magnesium
and the numberof days
aftercalving (r =
+ o.5c6, < P o.oi).RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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