NOTE TECHNIQUE
UNE TECHNIQUE SIMPLE DE PONCTION CARDIAQUE
CHEZ LA TRUITE
M. DORSON
Annie DUBOIS Yvette BAUDRIER
Station
d’hydrobiologie continentale, 14,
avenue de Saint-Mandé Paris12 e ,
Institut national de la Recherche
agronomique
Cette
technique
a été mise aupoint
en vue d’étudessérologiques
etimmunologiques
chez latruite arc-en-ciel
(Salmo gairdnen).
Plusieurs
techniques déjà expérimentées
avecsuccès,
se sont révéléesd’application
délicateaux
poissons
de la taille considérée( 25 cm).
Aussi avons-nousmis au point une technique
deponction
intra-atriale.
Les
poissons (truites
«portion
» de zg à z7 cm, ago genviron)
sont anesthésiés à la métacaïne(M.
S. 222Sandoz)
100p.p.m., et maintenus àplat,
sur leflanc,
à l’aide d’unlinge.
D’une mainl’opé-
rateur tient la tête de l’animal et soulève
l’opercule
à l’aide d’undoigt.
Del’autre,
il tient laseringue
et enfonce verticalement
l’aiguille héparinée ( 2 o/6
biseau -!- de 1mm)
à travers laparoi
de la cavitébranchiale,
à l’intersection d’uneligne
fictivejoignant
le sommet de l’orbite à la base de l’insertion de lanageoire pectorale
et des feuillets branchiaux du 4e arc. Il n’est pas nécessaire d’enfoncerl’aiguille profondément
pour atteindre l’atrium :généralement
2 mm.Les truites du lot n° i ont été sacrifiées le 8 décembre
19 6 7
pour contrôler l’existence de lésions éventuelles. L’observation sousloupe binoculaire
des coeurs maintenus dans du sérumphysiologique
n’a révélé aucune lésion
microscopique.
Le contrôle
histologique (fixation
auliquide
deBouin,
coloration àl’hémalun-éosine-safran)
n’a montré l’existence d’aucune lésion
microscopique.
DISCUSSION
La
technique
décrite par SCHIFFMAN( 1959 )
utilisant l’aorte dorsale antérieure par voiepala-
tine
s’applique plutôt
à desespèces
àgrande bouche,
et à despoissons
d’une certaine taille( 3 o
cm aumoins).
Il en est de même pour latechnique
de SMITHet al.( 19 6 4 ), qui
consiste àplacer
à demeureune canule dans l’aorte dorsale antérieure et
qui
nerépond
pas à nosimpératifs
desimplicité.
AMESet al.
( 19 66)
utilisent l’artère branchialeefférente,
cequi
pose desproblèmes
pour lespetits sujets.
M
OLNAR
( 19 6 0 )
effectue desponctions
dans le ventricule par voie médio-ventrale :l’aiguille
doitdonc traverser la
paroi
musculaire avant d’atteindre le coeur, d’où desrisques
d’obstruction avec lesaiguilles
de faible diamètreemployées
pour lespetits poissons.
Les mêmescritiques s’appliquent
aux
ponctions
utilisant un tube enfoncé dans lepédoncule
caudal(STEUCKE
etal., 19 6 7 ).
Des inci-sions dans le sinus veineux ont été réalisées par le même auteur, mais leur
répétition
semble délicate.Comparée
à ces diversestechniques,
celle que nous avons mise aupoint présente
les avantagessuivants :
- elle est
simple
et ne nécessitequ’un
matérielréduit ;
- elle est
rapide,
évite unemanipulation prolongée
dupoisson
et peut s’effectuern’importe
où
(travail
deterrain) ;
- elle est peu
traumatisante,
et serépète facilement,
surtout si on alterne les ponc-tions,
tantôt àdroite,
tantôt àgauche ;
-
l’aiguille
ne traverse que la membrane de la cavité branchiale avant d’atteindre l’atrium : iln’y
a aucunrisque
d’obstruction.Nous avons
envisagé l’application
auxcyprinidés
et effectué des essais sur leGardon (Rutilus rutilus),
le Chevesne(Leuciscus cephalus)
et leHotu, (Chondrostoma nasus).
Sans nous étendre surces
essais, signalons
que laposition
del’aiguille
est à déterminer avecprécision
pourchaque espèce
et que, pour le
Hotu,
il estpratiquement impossible
d’effectuer laponction
dansl’atrium,
celui-ciétant
petit
etmasqué
par le ventricule : on peutcependant
effectuer par cettetechnique
une ponc- tion intraventriculaire.Reçu
pourpublication
en mars19 68.
SUMMARY
A SIMPLE TECHNIQUE FOR OBTAINING TROUT BLOOD BY CARDIAC PUNCTURE
The puncture is made
through
the branchial membrane into theatrium, by
means of asyringe,
at the
point
of intersection of a virtual linejoining
the top of the orbit to the basement of thepectoral fin,
with the4 th gill
arch.This
technique
issimple, easily repeatable
for it causes no trauma,applicable
to short-sized fishes.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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