de la prière universelle
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Vincent Decleire
* LA PRIÈRE UNIVERSELLE
Nous avons, dans la messe romaine actuelle, plusieurs prières litaniques. Ce sont : - La litanie du Kyrie,
- La prière universelle,
- La prière d’intercession qui se trouve intégrée dans la Prière eucharistique, - La litanie de l’Agnus.
Ces prières ont des fonctions ministérielles différentes. Or, selon l’une des règles d’or de la liturgie, « une authentique organisation de la célébration liturgique... demande que l’on observe exactement le sens et la nature propre de chaque partie et de chaque chant (1) ».
Il importe donc de dégager la « fonction ministérielle » de ces différentes litanies.
Nous traiterons ici de manière assez étendue de la fonction, du sens et de la nature de la Prière universelle dans la messe. Nous dirons ensuite quelques mots de la différence entre le Kyrie pénitentiel avec intentions et la Prière universelle. Pour la litanie de la fraction nous renvoyons aux suggestions de B.-D. M ARLIANGEAS dans EqC 105, p. 12-13 et de Cl.
ROZIER dans EqC 92-93 (1919), p. 5. Enfin, nous aurons peut-être l’occasion de revenir une autre fois sur les intercessions de la prière eucharistique.
1. DONNÉES DE LA LITURGIE.
Le Concile avait demandé la restauration, après un silence de plus d’un millénaire, de l’antique prière universelle (2). L’Instruction Inter Œcumenici (3), du 26 septembre 1964, puis le Ritus ser- vandus, du 27 janvier 1965 (art. 51), enfin l’important directoire du Consilium (4) précisèrent par la suite les modalités d’exécution de cette prière. Il y eut aussi, depuis la fin du Concile, la pra- tique de toute la communauté chrétienne, avec toute la richesse que représentent les recherches,
(1) Instruction Musicam Sacram, 6 (8 mars 1967).
(2) Constitution sur la Sainte liturgie, art. 53.
(3) Article 56 ; cf. Doc. Cath., t. 61 (1965 ), col. 1369.
(4) De oratione communi seu fidelium, Vatican (nouvelle édition en date du 17 avril 1966). Le Conseil propose des direc- tives pratiques (chapitre I, p. 7-12), cinq exemples de prière universelle (chapitre II, p. 13-159), enfin un bref aperçu his- torique (p. 163-169). La Doc. Cath., t. 62 (1965 ), col. 593-602, présente la traduction des directives pratiques et l’aperçu historique, mais selon la première édition parue le 13 janvier 1965
prend à ne plus y engager...). On peut donc parler déjà d’une jeune tradition concernant la prière universelle. C’est cette tradition que consacre la Présentation générale du nouveau Missel romain.
(45) Dans la Prière universelle, le peuple, exerçant sa fonction sacerdotale, supplie pour tous les hommes. Il convient que cette prière ait lieu habituellement aux messes avec peuple, afin que 1’on fasse des supplications pour la sainte Église, pour nos gouvernants, pour ceux qui sont accablés par diverses misères, pour tous les hommes et le salut du monde entier.
(46) Les intentions seront habituellement : a) pour les besoins de l’Église,
b) pour les dirigeants des affaires publiques et le salut du monde entier, c) pour tous ceux qui sont accablés par une difficulté,
d) pour la communauté locale.
Toutefois, dans une célébration particulière, comme une confirmation, un mariage ou des ob- sèques, l’ordre des intentions pourra s’appliquer plus exacte ment à cette occasion particulière.
(47) C’est au prêtre célébrant de diriger la prière, d’y inviter les fidèles par une brève monition, et de la conclure par une oraison. Il convient que les intentions soient proférées par le diacre, le chantre ou un autre. Mais c’est toute l’assemblée qui exprime sa supplication, soit par une invocation commune à la suite des intentions, soit par une prière silencieuse.
Ce texte nous donne l’essentiel de ce que la Liturgie nous enseigne au sujet de la Prière univer- selle.
2. LA PRIÈRE UNIVERSELLE DE CHAQUE MESSE (5).
Le nouvel Ordo Missae affirme qu’il convient (expedit) que cette prière ait lieu habituellement (de more) aux messes avec le peuple (in missis cum populo). En d’autres termes, dès que le peuple y participe en tant qu’assemblée célébrante, il convient de faire la Prière universelle. Le Consilium avait affirmé tout aussi clairement :
L’oraison commune étant une partie éminente et régulière de la messe, doit être pratiquée le plus souvent possible, de sorte que son usage soit rétabli surtout les dimanches et fêtes de pré- cepte, mais aussi les jours de semaine, à toutes les messes célébrées avec assistance (6).
La notion d’ « assistance » doit être interprétée... selon l’Évangile. Or, au témoignage de l’Évangile, deux fidèles célébrant l’Eucharistie - un prêtre et un fidèle par exemple - forment déjà une belle assemblée chrétienne, une vraie communauté ecclésiale : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, dit le Seigneur, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,20). Pratiquement, il convient de faire la prière universelle à chaque messe. Et de même que le prêtre célébrant seul, face au mur, pourrait s’arrêter à chaque messe pour se faire l’homélie à lui-même et se demander dans le secret de son cœur : « Que me dit Dieu. aujourd’hui dans sa Parole ? », de même pourrait-il s’arrêter quelques instants pour prier aux intentions de l’Église universelle.
(5) Nous reprenons ici les éléments que nous avons développé dans Concile et chant nouveau (éd. du Levain), p. 182-198, et dans Assemblée Nouvelle 5, p. 3-9.
(6) De oratione communi seu fidelium, art. 5 op. cit., p. 8 ; cf. Doc. Cath., t. 62 (1965), col. 594.
Bien sûr, il n’y a aucune obligation. Il s’agit simplement d’une chose excellente. Mais personne n’est obligé de faire une chose excellente. (Il n’y a même pas d’obligation à célébrer la messe chaque jour !) Aussi bien, ce n’est nullement à Dieu que profite cette Prière universelle de chaque messe, mais d’abord à nous-mêmes. Est-ce d’abord au soleil que cela profite, demandait saint Augustin, quand nous nous réchauffons dans ses rayons, ou encore est-ce à la source que cela profite quand l’assoiffé vient s’y désaltérer ? De même, la Prière universelle de chaque messe profite d’abord à la communauté célébrante (7).
3. PAROLE DE DIEU, PRIÈRE DE L’HOMME.
La Prière universelle de chaque messe est pratiquement exigée par la célébration elle-même de la Parole de Dieu :
- Dieu s’adresse à l’homme par sa Parole.
- L’homme répond à Dieu par sa prière.
La Prière universelle fait partie intégrante du dialogue entre Dieu et les hommes. Elle est la conclu- sion normale de la célébration de la Parole.
Certes, le psaume responsorial est déjà une première réponse à la Parole de Dieu. L’homme y répond à Dieu en mettant sur ses lèvres les paroles mêmes que l’Esprit de Dieu a inventées pour sa prière, sa louange, son action de grâce. Mais dans la Prière universelle, l’homme répond à Dieu par des paroles enracinées plus profondément dans la terre de son cœur, il lui montre son visage tel que la détresse humaine l’a modelé, et tel que les larmes 1’ont raviné, il lui révèle son cœur tel que l’écoute de la Parole l’a façonné. Ses demandes et ses supplications sont écloses à l’intérieur même de son dialogue avec lui.
De même que l’homélie, dans la tradition biblique (8), commençait toujours par ces mots : « Voici ce que dit l’Écriture », ou encore « Voici ce qui est écrit », ainsi doit-elle se conclure normalement par cette autre formule : « Voilà ce pour quoi nous allons prier ensemble », ou encore « Prions ensemble à toutes les intentions que nous propose aujourd’hui la Parole de Dieu ». Il s’agit là d’un rythme fon- damental de la célébration, rythme qui est à la base même de la « respiration » d’une célébration. Les communautés qui diraient : « Nous ne faisons la Prière universelle (ou l’homélie) que deux fois par semaine, se rendent-elles compte qu’elles risquent de mutiler la célébration les cinq autres jours ? Les rites de la célébration de la Parole s’enchaînent donc très logiquement de la manière suivante :
• Dans les lectures, la communauté écoute la Parole et célèbre le Christ qui y est présent.
• Dans le psaume responsorial, elle répond à la Parole par la Parole ; elle emprunte à la Parole inspirée du Psaume sa réponse de louange, d’action de grâce, de prière.
• Dans l’ homélie, elle saisit l’actualité de cette Parole : « Aujourd’hui s’est accomplie cette Parole que vous venez d’entendre » (Le 4, 21-22).
• Dans la Prière universelle enfin, elle lui répond par son imploration ; elle lui présente toutes les intentions que la Parole elle-même a fait germer dans son cœur.
(7) Entendu à la fin d’un sermon : « Il fait froid aujourd’hui, et j’ai déjà parlé trop longtemps... Nous ne ferons pas la prière universelle. Vous le ferez chacun de votre côté. » - Alors il n’y a plus de prière universelle de la communauté si elle n’est pas exprimée publiquement. Mieux valait prêcher moins longtemps et faire la prière.
(8) Cf. STRACK·BILLERBECK, Kommentar zum neuen Testament aus Talmud und Midrasch, t. 4 (München, 1961), p. 173.
Le danger qui menace nos célébrations, c’est de laisser la Prière universelle s’enliser soit dans la catéchèse moralisante, soit dans le ritualisme, de la réduire au niveau d’un rite sans âme. Faisant nombre avec les autres « rites », il risque de se scléroser, de devenir un poids pour la piété au lieu d’en être le soutien. Ce danger est d’autant plus menaçant que les Prières eucharistiques pré- sentent également des prières d’intercession qui sont très proches de la Prière universelle. Or la multiplication des prières - ou des rites - qui remplissent la même fonction ministérielle (qui sont donc des doublets) est le signe le plus évident de leur dévaluation. En fait, les nombreuses prières litaniques que l’on rencontre dans certaines liturgies anciennes coïncident avec le déclin de la Prière universelle aux Ve - VIe siècles.
Aussi demande-t-on parfois de nombreuses formules nouvelles qui permettent une grande varié- té de prières. Ainsi peut-on accrocher sans cesse l’attention de la communauté par de l’ « inédit ».
Mais alors ne retombe-t-on pas dans un autre danger, celui de célébrer la liturgie avec des formules « passe- partout », « préfabriquées » justement à un moment où la célébration requiert intensément une participation personnelle de l’assemblée ? Ces formules passe-partout ouvrent sans doute les portes, mais ces portes elles- mêmes n’aboutissent pas à une participation vivante. Que dirait-on d’une homélie préfabriquée, récitée devant la communauté ? Que faut-il penser d’une Prière universelle préfabriquée ?
Précisément on peut avoir une Prière universelle extrêmement « personnalisée » dans la mesure même où elle jaillit de la célébration de la Parole, où elle est « inspirée » par la Parole. Aucun danger d’accoutumance ou ennui ne menace une Prière universelle qui se nourrît des lectures, qui prie avec le psaume responsorial, qui prolonge, sous forme de prière, l’homélie qui actualise cette Parole. Une telle prière « est en quelque sorte appesantie, solennisée, ‘aggravée’ par tout le poids de la Parole proclamée et reçue (9) ». Elle est chaque fois nouvelle, chaque fois pleinement adaptée à la communauté célébrante, chaque fois aussi miroir de sa prière personnelle telle que la Parole la fait jaillir à l’instant même de la célébration.
A vrai dire, la Prière universelle est la chose la plus simple du monde, aussi simple qu’une ho- mélie bien faite... Donnons un exemple à partir de l’évangile de Jésus chez Zachée le publicain (Lc 19, 1-10). Réduisons en une seule phrase l’homélie (qui est l’actualisation de cet épisode) et en une seule phrase la Prière universelle (qui est la réponse de prière à cet évangile) :
Homélie.
De même que Jésus est descendu jadis chez Zachée le publicain de Jéricho, ainsi, aujourd- hui, vient-il aussi dans notre communauté, auprès de chacun de nous, « pour chercher et sauver ce qui était perdu » (Le 1 9, 1 0). Amen.
Prière universelle.
Pour que le Christ Jésus, descendu chez Zachée le publicain, vienne aussi chez nous et sauve ce qui était perdu, prions. Amen.
Bien sûr, on pourra détailler cette intention générale, en reprenant par exemple les quatre séries d’intentions prévues officiellement. On aurait ainsi la prière suivante :
(9) C. FERRIÈRE, Réflexions catéchétiques, dans « La Prière universelle », l’Église qui Chante 65 (1965), p. 15.
Prions pour que le Christ Jésus, qui sauve ce qui est perdu, descende dans le cœur - Du Pape, de notre évêque.., SEIGNEUR, EXAUCE-NOUS.
- De tous nos dirigeants... SEIGNEUR, EXAUCE-NOUS.
- Des pauvres... SEIGNEUR, EXAUCE-NOUS.
- De chacun d’entre nous... SEIGNEUR, EXAUCE-NOUS.
Il ne s’agit là, comme on voit, que d’un élargissement, sous forme de prière, du message fonda- mental de l’Evangile.
Faut-il donc être, par principe, contre les formules « passe-partout » ? Nullement. Certaines sont même excellentes. Et toutes ont leur réelle utilité aux jours de détresse, où l’on « vole bas », je veux dire aux jours où l’on est à court d’inspiration, quand on n’a pas eu le temps de préparer sérieuse- ment la Prière universelle et de l’harmoniser avec les lectures, ou encore, plus simplement, quand il n’y a rien de spécial à dire. Mieux vaut alors, dans ces « jours de pluie », lire avec dignité un texte bien pensé et bien rédigé, plutôt que de bafouiller une improvisation mystico sirupeuse. Et per- sonne n’est à l’abri de tels jours de pluie.
Mieux vaut cependant trouver le temps nécessaire pour préparer la Prière universelle à partir des lectures et l’adapter pleinement à la communauté célébrante.
5. STRUCTURE ET TEXTE.
La Prière universelle se compose d’une monition sacerdotale, de l’énoncé des différentes inten- tions, de la réponse du peuple, et enfin de 1’oraison conclusive dite par le prêtre.
A. Monition.
L’importance et la signification de la monition sont les suivantes : le prêtre a quelques instants, à peine quelques secondes - le temps d’une phrase ! - pour prendre en main l’attention des fidèles et ouvrir leur cœur au Seigneur. Le temps de la monition est le temps redoutable où le prêtre, avec la grâce du Seigneur, cherche à réaliser le mystère que vécut Lydie, la sympathique marchande de pourpre de Tyatire, dont nous parle Luc dans les Actes (Ac 16, 14) : « Le Seigneur lui ouvrit le cœur, de sorte qu’elle s’attacha aux paroles de Paul ». Ici également il y a des cœurs à ouvrir aux paroles de la prière. Vite il faut trouver la bonne clé (un passe-partout ne ferait pas nécessairement l’affaire), et la bonne porte.
Voici une formule pour la messe de Noël, inspirée de la seconde lecture (Tt 3, 4-5). (Tous les exemples qui suivent sont empruntés au directoire du Concilium, cité plus haut)
En ce jour, frères bien-aimés, où se manifestent
la bonté et l’amour pour les hommes de Dieu notre Sauveur mettons notre confiance non pas dans nos actions méritoires, mais dans sa miséricorde,
prions humblement notre Dieu.
On peut utiliser des formules plus simples : « Prions aux intentions de l’Église universelle », etc.
Il serait bon, à notre avis, de garder la règle suivante : si l’on n’a rien de spécial à dire... il est préfé- rable de ne rien dire, donc de viser à la plus grande brièveté.
Le directoire demande de prévoir habituellement quatre séries d’intentions.
La première série concerne « les besoins de l’Église universelle, par exemple le Pape, le Concile, les pasteurs de l’Église, les missions, l’unité des chrétiens, les vocations sacerdotales et religieuses, etc. ». Voici une formule pour le premier dimanche de Carême, inspirée par l’Évangile du jour (formule 9) :
Pour tout le peuple chrétien
afin qu’en ce temps sacré, il soit plus affamé
de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mt 41 4), prions le Seigneur.
La seconde série d’intentions concerne « les problèmes nationaux ou mondiaux, par exemple la paix, les gouvernements, le temps, les récoltes, les élections, les difficultés économiques, etc. ».
Voici une formule pour la fête de la sainte Famille, inspirée de la seconde lecture (formule 29) : Pour la concorde entre les nations et les citoyens,
afin que la paix du Christ triomphe dans nos cœurs (Col 3, 12), prions le Seigneur.
La troisième série d’intentions concerne ceux qui souffrent et qui sont en difficulté, par exemple
« les absents, les persécutés, les ouvriers en chômage, les malades et les infirmes, les agonisants, les prisonniers, les exilés, etc. ». Voici une formule pour la fête de la Transfiguration, inspirée de la seconde lecture :
Pour les malades,
afin qu’ils se relèvent dans l’attente du Christ Seigneur, qui transfigurera notre corps de misère
et le fera semblable à son corps de gloire (Ph 3, 21), prions le Seigneur.
La quatrième série d’intentions concerne « l’assemblée des fidèles elle-même et les frères de la communauté locale, par exemple, ceux de la paroisse qui doivent être baptisés, confirmés, ordon- nés ; les fiancés, les pasteurs ; la prochaine mission paroissiale, la première communion, etc. ».
Voici une formule pour la Présentation de Jésus au Temple, inspirée de l’Évangile : Pour nous,
afin que la rencontre avec le Seigneur
n’amène pas notre chute mais notre relèvement (cf. Le 2, 34), prions le Seigneur.
Ces quatre séries d’intentions sont une loi-cadre à l’intérieur de laquelle l’assemblée doit pouvoir exprimer sa prière avec une grande liberté. On peut estimer qu’une interprétation trop rigide de cette loi-cadre ne correspondrait pas au but voulu qui est de faire participer la prière aux grandes intentions de l’Église, et non d’étouffer sa créativité. En d’autres termes, on fera bien de s’en te- nir aux quatre séries d’intentions. Mais ceci dit, les communautés qui font un effort de prépa- ration commune -par exemple un groupe de jeunes qui préparent cette prière - useront d’une saine liberté. De même, les communautés qui bien avant le Concile avaient -déjà une longue
mules forgées par la tradition, tout en les enrichissant d’apports nouveaux. De même dans les messes votives, dans une messe de mariage, par exemple, il est naturel d’intervertir l’ordre des intentions, de commencer, par exemple, par la quatrième série (11), de la développer. Tout le monde trouvera abso- lument normal de prier d’abord pour la joie et l’amour des jeunes mariés avant de prier pour la santé du président de la République (seconde série) ou pour le prochain voyage du Pape (première série).
Il est aussi des intentions personnelles qui ne peuvent être présentées devant la communauté, que l’on porte en soi comme un poids qui serre le cœur ou comme une joie que nul ne saurait partager. Il convient néanmoins de les recommander à la prière communautaire. On pourra le faire de la manière suivante :
- Après la dernière intention et la réponse de l’assemblée et avant l’oraison conclusive, on ajoutera une monition dans le genre de celle-ci : « Prions aussi pour les intentions qui nous sont personnelles ».
- On gardera ensuite un temps de silence.
- On terminera par l’oraison conclusive.
Sur le plan pastoral, ce bref temps de silence, pendant lequel s’explique avec le Seigneur comme il peut, est de la plus haute importance.
Structure.
Le Directoire (12) relève trois formes possibles :
• « La forme complète dans laquelle on énonce ceux pour qui l’on va prier, et la grâce que l’on demande pour eux. » C’est la structure utilisée dans les grandes Prières du Vendredi Saint. Exemple : Prions pour l’Église du Dieu vivant...
Que Dieu daigne la garder dans l’unité...
• « La forme partielle 1 dans laquelle on énonce tout de suite la grâce qui est demandée, en disant seulement en un mot pour qui l’on prie ». Exemple
Prions pour que Dieu daigne garder l’Église dans l’unité.
• « La forme partielle » où l’on énonce seulement pour qui l’on prie ». Exemple Prions pour l’Église.
Indiquons encore une autre formule dont la pratique, à l’usage, se révèle très aisée. Elle consiste à partir d’un fait concret et à énoncer ensuite l’intention pour laquelle on demande de prière. Exemple :
Le monde souffre de la guerre ; au Viêt-nam, au Moyen Orient, et ailleurs, des hommes s’entre- tuent. Prions pour que la paix de Jésus vienne sur tous les hommes nos frères.
Aux « messes de groupe ».
Il est évident que dans les célébrations des « messes de groupe », la prière universelle pourra être prise en charge par tous les participants qui le désirent, chacun apportant son intention. La Note de la commission épiscopale de Liturgie demeure à ce sujet très ouverte. Voici ce qu’elle dit :
(10) Nous pensons à certains diocèses allemands qui ont leur « Fürbitten » pour les messes et les « Andachten ». Certains de ces formulaires sont très riches. Parmi les plus récents, citons J. GULDEN, W MusCHICK, F. KoLBE, Fürbitten, Gebetsein- ladung, Christophorus-Verlag, 3e éd., 1965. Sans répondre au schéma des quatre séries d’intentions, ces prières sont d’une grande valeur pastorale.
(11) De oratione· communi seu fidelium, art. 15 ; op. cit., p. 11.·Cf. Doc. Cath., t. 62 (1965), col. 596.
(12) Op. cit., art. 11, p. 10. - Cf. Doc. Cath., t. 62 (1965), col. 595.
bien manifester que cette célébration est acte de l’Église par-delà les limites du petit groupe (34).
La formulation des intentions pourra être faite par les participants. Cela peut permettre de partir des préoccupations concrètes des membres de l’assemblée. Mais on veillera toujours à élargir les intentions au-delà des personnes ou des cas particuliers, et à garder les quatre secteurs d’atten- tion d’une prière vraiment universelle (35).
Valeur pastorale du silence.
Il est important de rythmer la Prière universelle par des moments de silence. Le Directoire sou- ligne heureusement la valeur pastorale de ces silences. Il parle d’une « participation sous forme de prière silencieuse, en observant une pause convenable. Cette participation silencieuse a fait ses preuves dans le vénérable et antique usage romain des oraisons solennelles. Tout en paraissant moins active, elle peut offrir une extraordinaire plénitude de prière (13) ».
Ce silence, il est clair, ne doit jamais amener une rupture dans le rythme de l’ensemble de la célé- bration. Il doit la ponctuer plutôt. A dire vrai, quand on parle de silence, il s’agit non pas du désert d’un temps mort, mais du temps de la prière silencieuse.
Ce silence, porteur de prière, paraît particulièrement en place :
- A l’intérieur des intentions qui utilisent la structure de la « forme complète », celle que l’on trouve dans les grandes intentions du Vendredi Saint :
Prions pour ...
Silence
Que Dieu daigne...
- Dans les autres formules, il sera bien en place après·la réponse de l’assemblée. Il est important, en effet, de ne pas entasser les intentions comme des parpaings sur un mur, mais de les mettre en valeur par des zones de silence. Point n’est besoin que ce silence dure longtemps. Cinq secondes peuvent suffire. Mais rien ne peut les remplacer pour « offrir une extraordinaire plénitude de prière ».
On peut aussi, dans cette formule, placer le silence juste avant la formule Prions le Seigneur. On aurait donc le schéma suivant : Pour la sainte Église... Silence. « Prions le Seigneur. 0 Seigneur, écoute et prends pitié. » Chaque communauté choisira le rythme qui lui convient le mieux.
- Comme il a été dit plus haut, il est bon de faire précéder l’oraison conclusive par un silence un peu plus long (disons une minute environ), pendant lequel chacun recommande au Seigneur ce qu’il porte au plus profond de son cœur.
Église universelle et intentions universelles.
Ce qui est universel dans cette prière, ce ne sont pas d’abord les intentions, comme s’il fallait prier d’abord à toutes les intentions de la communauté célébrante, mais c’est l’Église : c’est une prière aux dimensions de l’Église universelle. Et c’est justement parce que cette prière est orientée vers l’Église universelle qu’elle englobe aussi toutes les intentions de l’église particulière qui prie.
On dit parfois : Il faut partir des situations particulières de la communauté. Certes. C’est excellent dans la mesure où cette base particulière permet d’accéder au plan de l’universalité. Donnons un exemple. Nous avons, dans notre communauté (supposons-le), notre amie Ursule qui s’est cassée la jambe. Il faut prier pour elle c’est sûr.
Comment ?
-« Pour notre amie Ursule, qui s’est cassée une jambe, prions » : dans une telle formule, le point de départ se confond avec le point d’arrivée. il faut « universaliser » la prière, la rendre plus « catholique ».
(13) Op. cit. art. 12, p. 10. - Cf. Doc. Cath., t. 62 (1965), col. 596.
- « Pour tous ceux qui se sont cassés une jambe, et pour tous nos malades » : Ceci représente un premier pas vers l’universalité. Il faut élargir davantage, et dire par exemple :
- « Pour tous ceux qui souffrent de par le monde, et aussi pour notre amie Ursule qui s’est cassée une jambe
». Ou encore : « Notre amie Ursule s’est cassée une jambe. Pour elle, et pour tous ceux qui souffrent à travers le monde, prions. »
C’est ainsi que la liturgie nous apprend à prier au pluriel. Une église qui négligerait de prier pour tous les hommes, qui oublierait la souffrance du Christ dans nos frères du Viêt-nam par exemple, ou du Moyen-Orient, ne serait plus qu’une image amoindrie de l’Église du Chris. Car chaque église particulière doit porter la joie et la peine de l’Église universelle.
C. La réponse de l’Assemblée.
Pour qu’elle jaillisse de l’assemblée avec une certaine spontanéité, cette réponse doit être « appe- lée ». Elle le sera facilement si l’on emploie à la fin de chaque intention la même clausule, comme
« Prions le Seigneur », ou « Invoquons la tendresse du Seigneur », etc. Il est important, en effet, de « sécuriser » l’assemblée en lui indiquant avec la plus grande clarté quand elle doit intervenir.
On aimera posséder une honnête moyenne de réponses - cela va de soi - et surtout leur donner une certaine couleur affective en les affectant des temps liturgiques précis. En clair : ne pas chan- ter n’importe quoi n’importe quand. Avoir une ou deux réponses pour les temps de l’Avent et de Noël, une ou deux réponses pour le Carême, une réponse pour la Pentecôte, quelques réponses pour les dimanches ordinaires.
Une « honnête moyenne » : cela fait combien de réponses ? Cela fait le nombre nécessaire pour que la communauté ne s’ennuie pas à toujours chanter la même chose ou à toujours en apprendre une nouvelle, mais garde la joie dans la célébration. Le critère d’une bonne célébration, c’est la joie et le repos qu’elle donne à la communauté célébrante.
D. L’oraison ·conclusive.
Une formule est prévue pour les « jours de pluie » : c’est la collecte de l’ancien 22e dimanche après la Pentecôte. Chaque fois qu’on le peut, on aura intérêt à personnaliser l’oraison en prenant appui sur les lectures, ou en soulignant une nouvelle fois un point particulier de l’homélie.
La structure classique de l’oraison (14) se présente ainsi : 1. Invocation (oratio) : Dieu...
2. Action de grâce : qui...
3. Demande (postulatio) : donne...
4. Conclusion (obsecratio) : par...
Ce schéma est commode. Il permet une relative aisance dans l’improvisation.
(14) SAINT THOMAS,IIa - II ae, q. 83, art. 17.
FONCTION MINISTÉRIELLE.
Selon l’Ordo Missae (30), la fonction ministérielle du Kyrie est la suivante : « C’est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur et implorent sa miséricorde ». Il peut être intégré au rite pénitentiel ; et c’est bien là, à notre avis, qu’est sa meilleure place. En résumé, trois fonctions sont assignées au Kyrie :
- Acclamation du Seigneur, - Imploration de sa miséricorde, - Imploration pénitentielle.
Cette fonction ne recouvre donc pas celle de la Prière universelle. Il n’y a donc aucun danger d’en faire un doublet de celle-ci tant que l’on respecte les fonctions ministérielles réciproques.
INTENTIONS OU MOTIVATIONS.
L’ Ordo Missae (30) prévoit que l’on peut intégrer des « tropes » brefs dans le Kyrie, textes dans lesquels on peut présenter des intentions ou des motivations pour le Kyrie. Cette possibilité est précieuse, car elle peut amener une extrême variété des formules et, par le fait, être source d’un très grand enrichis- sement. Ici encore, la Parole de Dieu - celle qui est proclamée à la messe du jour - fournit la meilleure base d’inspiration. Plusieurs formules sont possibles. Mentionnons-en deux qui sont plus facilement utilisables (15). La première se présente ainsi : « Seigneur Jésus, toi qui..., nous te prions : Prends pitié de nous ». La seconde consiste à demander pardon : « Parce que... nous te demandons pardon : Prends pitié de nous ».
Pour être plus clair et plus pratique prenons comme exemple l’évangile du deuxième dimanche de Pâques, Jn 20, 19-31. C’est l’évangile où le Christ ressuscité se tient au milieu de ses disciples et leur souhaite la paix, leur donne son Esprit en vue de la rémission des péchés, se révèle enfin à Thomas l’incrédule.
La première formule pourrait se présenter ainsi : Seigneur Jésus ressuscité,
toi qui te tiens au milieu de nous
et qui nous donnes ta paix (cf. Jn 20, 19), nous te prions :
Seigneur, prends pitié. SEIGNEUR, PRENDS PITIE.
Seigneur Jésus ressuscité, toi qui nous donnes ton Esprit
et nous remets nos péchés {cf. Jn 20, 22-23), nous te prions :
Seigneur, prends pitié. SEIGNEUR, PRENDS PITIE.
(15) Voir les remarques et suggestions excellentes de D. RIMAUD dans EqC 105 (1970), p. 4-6, avec les exemples.
Seigneur Jésus ressuscité,
toi qui t’es révélé à ton Apôtre Thomas
et qui as vaincu son incrédulité (cf. Jn 20, 27-28), nous te prions :
Seigneur, prends pitié. SEIGNEUR, PRENDS PITIÉ.
La seconde formule pourrait se présenter ainsi :
Parce que notre foi, comme celle de Thomas, est parfois hésitante et timide (cf. Jn 20, 25),
Seigneur, nous implorons ton pardon : Seigneur, prends pitié. Seigneur, prends pitié.
Parce que nous n’avons pas su rayonner autour de nous la paix que nous donne ta résurrection (cf. Jn 20, 19, 26),
Seigneur, nous implorons ton pardon : Seigneur, prends pitié. Seigneur, pends pitié.
Parce que notre foi en ta résurrection a parfois manqué de joie,
Seigneur, nous implorons ton pardon : Seigneur, prends pitié. Seigneur, prends pitié.
Il est clair que ces intentions, pour avoir un bon impact liturgique et pour harponner l’attention des fidèles, devront être harmonisées :
- avec l’introduction à la messe que l’on peut faire après le souhait d’ouverture, introduc- tion dans laquelle on peut présenter d’un mot les lectures et en souligner tel point particulier ;
- avec l’homélie elle-même : c’est en fonction d’elle qu’on pourra orienter le rite pénitentiel.
EN GREC OU EN FRANÇAIS ?
On voudrait rappeler ici qu’il est toujours permis de chanter le Kyrie en grec, de l’utiliser également comme réponse à la Prière universelle. Il est même recommandé de le faire, au moins de temps en temps.
Certes, la réaction contre le latin a été si violente qu’elle a balayé presque tous les textes en langue morte, ne laissant subsister que quelques îlots, comme l’hébreu Amen, Alléluia, Hosanna. Mais le Kyrie eleison ne saurait être confondu avec un quelconque texte latin. Il mérite, à notre avis, de ne pas être totalement écarté de notre liturgie. Pourquoi ? Ce texte, qui est le seul texte de la langue sacrée des Évangiles présent à la messe, représente aussi symboliquement la présence de la prière des Églises d’Orient dans notre liturgie romaine. En lui donnant une dimension œcuménique, le Kyrie, qui est par ailleurs plus euphonique que sa traduction française, témoignerait de la catholicité, c’est-à-dire de l’universalité de notre prière.
Je le sais, cet argument est plutôt d’ordre affectif que liturgique. Car on peut très bien prier en union avec nos frères d’Orient en français. Mais dans le domaine œcuménique, l’ordre affectif a également son poids.
Lucien DEISS
et formes de la prière universelle
Dans Église qui Chante N° 106, p. 6, Claude ROZIER attirait l’attention sur L’intérêt de varier les formes d’exécution de la Prière universelle pour aider la participation. A s’en tenir toujours à la forme : intention proclamée suivie d’un refrain, il se produit nécessai- rement une usure de l’attention (surtout si les intentions sont toujours du même style et dites par la même voix). On risque de ne plus écouter, et de répondre par manière d’acquit. Certes, la prière vient du cœur. Changer les formes ne peut suppléer le libre engagement de chacun. Mais cela petit réveiller la perception et aider notre faiblesse.
Voici donc plusieurs formes entre lesquelles on peut choisir et qui permettent une saine variété.
1. Participation silencieuse.
Enoncer lentement les intentions, séparées par une ponctuation silencieuse, sans réponse parlée de l’assemblée. La participation se fait dans le cœur de chacun - cette forme (spécialement adaptée aux messes de semaine), utilisée certains dimanches, vient rompre la mécanique d’une réponse automa- tique et constitue un rappel significatif à l’intériorité.
2. Grand refrain conclusif.
Même forme (intentions écoutées en silence), mais la prière se termine par un grand refrain conclusif de supplication, soit doublé 1ere fois : chorale ou soliste ; 2e fois : tous), soit directement chanté par tous.
Par exemple : Sûrs de ton amour (« Jours du Seigneur » 23-24, No 32), qu’on peut chanter d’abord à l’unisson, puis en canon. Autre exemple : Donne-nous, Seigneur, ta divine paix (début de la fiche B 39), qui viendrait à la fin de l’oraison conclusive du célébrant (remplaçant « Par Jésus, le Christ, notre Seigneur »).
3. Intentions et refrain (pseudo-litanie).
C’est la forme habituelle bien connue. Les refrains sélectionnés dans ce numéro (p. 21-24) corres- pondent à ce type. C’est pratique et utilisable dans toutes les assemblées. Mais on souhaite parfois des formes plus significatives.
4. Variante du même : avec intentions cantillées.
Dans les débuts on a volontiers « cantillé » les intentions sur un ton simple (voir EqC 65, p.10 ; l’encart du, livre « Prière universelle » ; les fiches B 19, .B 38 à 44, etc.). Cela permet une réponse mieux enchaî- née. Mais si le diacre (ou tenant lieu) ne cantille pas parfaitement, l’impact de la parole peut y perdre.
La chose reste intéressante pour des jours de fête, certaines prières spéciales, etc. On peut utiliser pour cela le livre Prières, de L. DEISS (éd. du Levain), qui comprend des textes avec musique.
5. Autre variante : intentions lues sur fond rythmique.
Dans le disque EqC 106 (fin de la 2e face), J. AKEPSIMAS en a donné un exemple intéressant avec un refrain de M. PROPHETTE : 0 Seigneur, mon Dieu (voir disque SM 30 404). Nous en donnons ici un autre exemple plus simple, avec le refrain : De grâce, écoute-nous, et la grille de guitare :
SOL - Mi m - La m - RE - Si m - DO - DO6 (SOL (= reprise).
Le refrain s’ajuste aux deux dernières mesures de la grille.
Le fond rythmique peut aussi comporter un « rife » du chœur. Tout le monde se souvient du Prends pitié de nous, continué sous les intentions dans le disque Battez des mains (SM 276) de J. AKEPSIMAS.
Mais parfois on risque de moins écouter les intentions en chantant soi-même.
6. Litanie proprement dite.
Ici, intentions et réponses s’enchaînent rigoureusement sur un rythme continu (exemples : chants africains). C’est certainement la forme communautaire la plus activante. Elle suppose des intentions courtes. L’accent est mis sur la supplication de l’assemblée. On en a malheureusement peu d’exemples en français (voir la 1ere et la 2e section de la fiche W 12 Priez pour nous et Délivre -nous, Seigneur). Il semble intéressant d’en donner un exemple (voir le disque) d’après la fiche y 28.
1. Souviens-toi de ton Église, 2. Eclaire ses pasteurs,
3. Prends soin de tous les hommes, 4. Conduis les chefs d’état,
5. Soulage ceux qui souffrent, 6. Défends les opprimés, 7. Bénis notre assemblée.
Il est facile de composer d’autres intentions sur ce rythme à deux parties rythmiques.
Le procédé consiste en ce que la réponse monte chaque fois d’un ton, ce qui intensifie puissam ment la supplication. Il faut pour cela que mélodie et harmonie (orgue ou polyphonie) invitent à reprendre spontanément au ton supérieur. En voici un exemple :
Le disque donne un exemple des formes 5, 6 et 7, moins connues que les précédentes.
N.B. - Le grand intérêt des formes 4, 5, 6 et 7 est de ne pas obliger de dire « Prions le Seigneur » à la fin de chaque intention. Ceci devient particulièrement lancinant dans la forme ordinaire 3 « pseudo-litanique
» où il faut « accrocher » la réponse. Dans les autres le déroulement de la mélodie (4), de l’harmonie (5), du rythme (6), ou la prise de .la réponse par la chorale (7), permettent de faire 1’économie de ce crochet verbal.
J. GELINEAU
Choix de refrains d’invocation
pour la prière universelle
Nous présentons ici (p. 21-23) un choix de 25 refrains d’invocation pour la Prière universelle.
Ils sont pris dans le répertoire existant et sélectionnés à partir de l’expérience.
Ils .correspondent à la forme pseudo-litanique exposée ci-dessus, et à ses variantes (Nos 3 - 4 - 5).
Ils sont présentés avec un accompagnement simple. Il n’est pas indispensable d’accompagner cette réponse. Si elle jaillit bien et spontanément, ou bien si on a une polyphonie, l’a cappella peut être préférable. Mais souvent l’accompagnement permet de donner un départ réel, d’empêcher qu’on baisse à chaque reprise, de donner un peu de corps et de profondeur à cette brève inter- vention.
Ils sont classés par temps liturgiques. Le « passe-partout » s’use vite. Mieux vaut choisir et réserver un refrain pour une série de dimanches de l’année et ne pas l’utiliser (l’user !) le reste de l’année.
Changer chaque dimanche ne semble pas utile (sauf accord spécial du texte avec les lectures).
Attention que n’importe quel refrain ne va pas avec n’importe quel style d’intentions. Si les inten- tions s’adressent au Christ, il faut que le refrain fasse de même (ou vice versa). Les pures demandes (Exauce.nous ! Nous te prions !) vont dans tous les cas. Mais des demandes précises (Sois avec nous, Emmanuel ! Viens, Seigneur Jésus ! etc.) supposent que les demandes précédentes soient cohérentes.
Beaucoup de ces refrains existent à plusieurs voix, mixtes ou égales. C’est intéressant, parce que cela donne du « corps » à la réponse, et que c’est facile à réaliser même par une petite chorale.
Collections éditées de refrains de P.U.
* Église qui Chante N° 65, p. 11 à 14 (diverses formules et tons de cantillation) - EqC N° 103-104 (4 formules avec accompagnement simple = fiche 45 de A.S.).
* Assemblée Nouvelle 5 - Fiche à paraître aux Éditions du Levain.
* Fiche A 103 b (J. BERTHIER, éd. Fleurus) collection surtout polyphonique et ·pour l’Office, mais certaines pour la P.U.