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Le pavillon de l'oreille · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNEE 1899-1900 Nn

64

LE

Valeur de

ses

anomalies comme stipates de dégénérescence.

m %

ooo- , ,

\

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenue

publiquement le 01 Janvier 1900

PAR

Louis-Emmanuel-Marie LUCAS

Né àPort-Louis (Morbihan),

le 8 Juillet 1875

Élève du Service de Santé de la Marine

Examinateurs de laThèse:■

MM. MORACHE ARNOZAN RÉGIS MOURE

professeur.... Président.

professeur— j chargéilecoursv Juges.

chargédecours)

Le Candidat répondra aux

questions qui lui seront faites sur les

diverses parties de

l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU MIDI, P.

CASSIGNOL

91 RUE P0RTE-D1JEAUX

91

1900

(2)

Faculté de médecine et de Pharmacie de Bordeaux

M. DE NABIAS, doyen M. PITRES, doyen honoraire.

IMlOf 13S S10(JUS

MM. MIGÉ \

DUPOY ( Professeurs honoraires.

MOUSSOUS

Clinique interne

MM.

\ PICOT. Médecinelégale ) PITRES. Physique

nl. . , \ DEMONS. Chimie

inique ex eine

|

lanelongue. Histoirenaturelle ...

Pathologie et tliéra- Pharmacie

peulique générales. VERGELY. Matière médicale....

Thérapeutique ARNOZAN. Médecine expérimen-

Médecine opératoire. MASSE. laie

Clinique d'accouché- Clinique oplilalmolo-

menls LEFOUR. gique

Anatomie pathologi- Clinique desmaladies

que COYNE. chirurgicales des en-

Analomie GANN1EU fants

Anatomie générale et Clinique gynécologique histologie VIAULT. Cliniquemédicale des Physiologie JOLYET. maladies desenfants Hygiène LAYET. Chimie biologique...

AU Il 10 G 80 S 10 A H01&ldS&€8«jaO :

section dkmédecine (Pathologie interneetMédecine légale.)

MM. CASSAET.

'|

MM. Du DANTEC.

AUCHÉ. ! HOBBS.

SABRAZÈS.

|

section dli cuiuuhgik et accouchements iMM. DENUCÉ. I

\ VILEAR I , , . UV1M.

CIIAMBREITM

Pathologie externe) BRAQUEHAYE |

Accoucllcinenl's-/ FIEUX.

mm.

morache.

berg0n1é.

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guildaud.

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badal.

piechauu.

boursier.

a. moussous.

denigès.

Analomie

CHAVANNAZ.

section dussciences anatomiqi'es et pli ys101 .ou 1qu es

}MM. PRINCETEAU | Physiologie MM.

'■( N. Histoire naturelle

l'AtlllON.

BEIUT.

section des sciencesphysiques

Physique MM. S1GALAS. | Pharmacie....

€1OSi I*S € « MS® I, 80 SB BOA T A i8880S :

Clinique des maladies cutanées etsyphilitiques

MM. DUBREI 1DH.

Clinique desmaladies des voies urinaires Maladies du larynx, des oreilles etdu nez Maladies mentales

Pathologie interne Pathologie externe Accouchements Chimie

Physiologie Embryologie Ophtalmologie

HydrologieetMinéralogie

M. BART1IE

poijsson.

moure.

régis.

rondot.

denuce.

chambreu DIJPOUY.

pachon.

n.

lagrange.

CARDES.

ONT.

Le Secrétairede la Faculté:

LEMA1RE.

^

Pardélibération du5 août1879, laFaculté aarrêté que les et Thèsesqui lui sontprésentées doivent êtreconsidérées commepropresa

leuis

qu'elle n'entend leur donner ni approbation niimprobation.

(3)

A MES CHERS PARENTS

Humble témoignage de ce

qu'ils

ont fait pour moi. Ce que

je

suis, jele leurdois.

(4)
(5)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE DOCTEUR MORACRE

PROFESSEUR DE MÉDECINE LÉGALE A LA FACULTÉ DE Ml

DE BORDEAUX

COMMANDEUR. DE LA LÉGION D'HONNEUR

(6)
(7)

AVANT-PROPOS

Al'envers del'usage,

c'est

un

long soupir de soulagement

quenouspoussons

en atteignant ce qu'il est convenu d'appe¬

lerle terme desétudes

médiôales

; car

c'est avec amertume

quenousnous en

remémorons les péripéties. Mais si la route

suivie est souventabrupte

et pénible, nous y avons fort heu¬

reusement rencontrédes âmes

dévouées qui se sont efforcé

denous en

aplanir les difficultés. A tous ceux-là, parents,

maîtres et amis, qui ont

soutenu

nos

pas tremblants et dont

nous sommesle débiteur

insolvable,

nous

disons merci et

adieu ou moment de nous lancer

tout seul sur le chemin de

la vie et de quitter

le sol où nous laissons à cause d'eux tant

de souvenirs émus.

Nous adressonsici tous nos

remercîments à M. le Prof.

Lande. Lorsqu'il nous

donna, il y a plus d'un an, le sujet de

notrethèse,nousavions

le ferme désir de lui offrir un travail

plus digne de lui ;

mais

nous

comptions sans les difficultés

nombreuses qui

devaient s'élever devant nous.

QueM. le Prof. Régis et M.

le D1' Lalanne reçoivent égale¬

ment

l'expression

de

toute notre reconnaissance pour l'ama¬

bilitéavec

laquelle ils

nous

ont dirigé.

M. le Prof. Moraclie nous a fait

l'honneur d'accepter la pré¬

sidencede notre thèse ;

qu'il veuille bien agréer le témoi¬

gnagede notre

profonde gratitude.

(8)
(9)

INTRODUCTION

Parmi lesrévolutions sans nombre qu'opéra

le progrès de

la sciencemédicale dans cette dernière moitié du xixesiècle, il en est une qui passionne

actuellement

tout

le monde

savant. Née d'hier pour ainsi dire, cette

grande idée de la

dégénérescence a jeté unjour tout nouveau sur

nombre de

questions restées obscures

jusqu'à

notre époque.

Emise pourla

première fois

par Prosper Lucas

1847 (*),

mais à peine ébauchéepar lui, elle fut

précisée

par

le génie

de Morelen1852

(2).

Dès lors

elle étendit rapidement

son influenceà toutes les branchesqui, de

près

ou de

loin,

tou¬

chentaux misères de l'humanité ; car, à la suite du

célèbre

auteur des « dégénérescences»,médecins, aliénistes,

anthro- pologistes,

criminalistes l'ont, d'un commun accord admise

etétudiéeavec enthousiasme.

«Morel montra quedans l'hérédité il ya

plus

que

simple transmission

descaractères morbides, lesdégradationsmen¬

talesetorganiques s'aggravant ets'accumulant pour

aboutir

aux

degrés

extrêmes de dégénérescence quisont

l'imbécillité

et 1

idiotie,

et finalement àla stérilité de la race. »

Acôté du Traité des

dégénérescences, il convient de citer la Psychologie

morbide, de Moreau de Tours, en 1853, et la Folie

héréditaire

de Legrand du Saulle, en 1873.

Puis l'on

arriveà

Magnan.

Morel avait dit:«La dégénérescence estune

(')ProsperLucas,L'Hérédité naturelle, 1847-1850.

(flMorel, Traitédes maladies mentales, 1852. Traité des dégénéres¬

cences, 185?.

(10)

10

déviation du type primitif » ; Magnan, dans ses mémorables

leçons

professées à l'asile Saint-Anne dès 1882, complète et précise cette définition en voyant dans la dégénérescence

« une accumulation plusou moins considérable, suivantles cas, dans les antécédents d'un individu, d'affectionscérébro¬

spinales susceptibles d'influencer la descendance ». Cet auteur met en parallèle avec les stigmates physiques des

dégénérés,

stigmates sur

lesquels

avait insisté Morel, les anomalies de l'état mental qu'il désigne sous le nomdestig¬

mates psychiques et montre lesanalogies qui existent entre l'étatmental des dégénérés inférieurs et celui de beaucoup d'individusintelligents,mais

déséquilibrés,

qu'ilappelle dégé¬

nérés

supérieurs.

A ces deux grandesclasses de dégénérés,

il rattache deux branches collatérales : les criminels et les géniaux. Ence qui regarde cesderniers, Moreau avait

déjà

dit « folioet génie sont

congénères

» ; Magnan

confirme cette

vue en partant « des lésions générales et manifestesclel'idiot profond pour arriver successivement aux lésions locales, partielleset dissimulées des irréguliers. »

Pour ce qui est de la seconde branche, celle des

criminels,

c'estson étude qui a donné naissance aux deux grandes

Ecoles italienne et

française.

La première, avec

Lombroso

pourchef, Ferri, Marro et Frigeriopour

disciples, s'inspirant

de la théorie transformiste de Darwin, prend comme

objet

les données de

l'anthropologie

pure pourfaire des

criminels

et de quelques classes d'aliénés la grande famille

des dégé¬

nérés, chez qui, afflrme-t-elle, on doit retrouver

certains

caractères de réversion ancestrale observés chez le singe

et

dans les races inférieures de l'humanité qui sont

l'intermé¬

diaire entre le singe etl'homme supérieur.

L'Ecole française,

ou contraire, avec MM. Lannôis, Féré, Séglas,

Lacassognc,

bat en brèche toutes les assertions de l'Ecole italienne.

« L'avenirsera-t-il à celle-ci et confirmera-t-il

l'opinion de

M. Lombroso qu'en matière de criminalité le facteur

prin¬

cipal estl'individu, les milieux sociaux ne

jouant clans la

genèse du crime qu'un rôle secondaire, ou

assurera-Fil le

(11)

- IL

triomphe

de l'Ecole française et donnera-t-il raison à

M.Lacassagne

qui n'a

pas

craint d'affirmer que les sociétés

ontlescriminels

qu'elles méritent,

ces

mêmes milieux sociaux

ayant

au

contraire d'après lui une influence prépondérante ?

Autant

qu'il est permis de le conjecturer à cette heure, la

victoirenesera sans doute le

lot ni de l'une ni de l'autre des

deux rivales ; elles

seront tôt

ou

tard amenées à s'allier après

s'êtrecombattues, car toutesdeux

contiennent

une

grande

part de

vérité

»

(1).

Mais nous ne pouvons

plus longtemps,

sans

sortir de notre

cadre, nousétendre sur cette

vaste question, .sujet de telles

controverses.

Pour la même raison, nous ne

parlerons

pas

des

nom¬

breuses catégories de

dégénérés

:

congénitaux, cérébraux,

héréditaires, etc., ni des

nombreux stigmates qui caracté¬

risent la dégénérescence ; nous aurons

d'ailleurs à revenir

sur cedernier pointen temps

opportun.

Parmi les signes

réversifs

que

l'on prête

aux

dégénérés,

unedespremières

places est réservée aux malformations

morphologiques

du

pavillon de l'oreille

:

c'est leur étude qui

fait lesujet de notre thèse

inaugurale.

Notre part

personnelle

sera

bien humble assurément dans

undébat figurent des nomscomme ceux

que nous avons

citésplus haut. Nous nous sommes

contenté de mettre au

pointaussi complètement que

possible cette vaste question

dupavillon de l'oreille des dégénérés en

cherchant à répon¬

dreauxdesiderata de

plusieursduteursimpartiaux : que c'est

seulementparla

comparaison des résultats obtenus par les

diverssavants quel'on pourra

obtenir une juste moyenne.

Nousavonsdonc divisé notre travail en

deux parties

: bans la première,

après

un

court historique, nous résu¬

mons l'anatomie du

pavillon normal et glissons sur son embryologie

et sa

physiologie. Nous décrivons ensuite au

(') Ma.ka.ndondeMontyel, Contribution àl'étude

clinique des rapports de

h criminalitéetde la dégénérescence

(Arc/i. d'anthrop. crimin., 1892).

(12)

12 -

complet les diverses anomalies qu'est susceptible de pré¬

senter cet organe, et nous terminons par une remarquesur les anomalies

morphologiques

du pavillon, non plus congé¬

nitales, mais acquises et

pathologiques.

Dans la seconde partie, après un

chapitre

sur l'héréditéet la valeur

atavique

des anomalies de

l'oreille,

nous énumé-

rons les diverses méthodes

employées

pour leur examen;

puis nous comparons les

statistiques

plusou moinscom¬

plétés données par les

principaux

auteurs et discutons les résultats

problématiques

que l'on en peut

déduire;

nous dirons enfin quelle est, selon nous, la valeur du signe de l'oreille et la place qu'il doit occuper dans l'échelle des stig¬

mates de dégénérescence. De ces conclusions nous tirons la nécessité d'une méthode uniforme et complète que nous proposons à ceux qui

s'occupent

de cette intéressanteques¬

tion.

Mener à bien ce travail n'était pas chose facile, nous craignons qu'il n'aitété au-dessus de nos forces; qu'on nous pardonne donc les nombreuses défectuosités qu'on y pour¬

rait remarquer; il n'en faut accuser que le temps restreint qui nous étaitcompté et, il faut bien ledire, aussi les diffi¬

cultés que nous créaient les obligations souvent

pénibles

d'une Ecole

disciplinée.

(13)

HISTORIQUE

Lesmalformations de l'oreille ont été remarquées de tous temps,commeleprouve l'examen de l'art

antique;

mais elles

n'avaient pour les Anciens aucune

signification. C'est

du

moins l'opinion que nous partageons avec

MM.

Féré et Séglas qui ont fait des recherches à ce sujet.

Enparcourant les salles du Louvre,ils ont constaté seule¬

ment«que les

Assyriens

et les Phéniciens gratifiaient

leurs

personnages d'un lobule très volumineux, tel le cheval ailé-

deKhorsabad,

mais ils pensent que cette conformation

spé¬

cialede l'oreillechez ces peuples était, au

moins

en

partie, djie

aupoids des

pendeloques

que

l'on

remarque sur

toutes

leursœuvres. Au contraire, les Egyptiens ne

paraissaient

guère connaître que le lobule petit et soudé. Au musée

des Antiques,

ilsont rencontré la plupart

des déformations de

1oreille : lobules plus ou moins

adhérents, indistincts, absents,

exagérés, renversés en dehors, présence du

sillon basai,

absence d'hélix en arrière, nodule, etc. Mais il est im¬

possible de voir si les artistes attachaient à cesdéformations unevaleurquelconque en

esthétique,

car on

les rencontre

aussi bien dans les statues des dieux ou des déesses de 1

Olympe

que dans toutes les autres.

(<D'unautrecôté,l'examen des nombreux bustes ou statues des

hommes

célèbres,desempereurs,

montrant

que

plusieurs bustes

du môme individu portent des

oreilles absolument

différentes,

prouve le peu d'importanceque

l'on attachait à

cedétail.»

L estégalement la conclusion à laquelle

arrive

M. Talbot,

(14)

après ses recherches sur l'artgrec et romain. A ce propos,il convient de citer le D1 Lefort, qui a voulu voir si lesartistes,

en figurant les criminels, donnaient raison à la grande théorie de Lombroso au point de vue de

l'oreille;

il trouve

en effet,chez leurs criminels, des oreilles enanse, mal faites, dont l'extrémité supérieure se termine en pointe et dont le lobule est adhérent ou carré. Tarde, discutant ces données, croit que ce résultatétait dû au but que seproposaient les

artistes de produire un effet repoussant, bien plutôt qu'à

une intention nette d'attribuer à un criminel tel ou tel stig¬

mate.

Il fautdonc arriver aux temps modernes, et spécialement

à notre époque, pour voir donner aux malformations de l'oreille une significationdégénérative.

Michael Scott's, dans son étude « De Secretis naturœ »,

prête aux personnes dont les oreilles ont une dimension longitudinale ou transversale exagérée, un caractère de

har¬

diesse, de vanité, de sottise,

d'incapacité

de

travail.

Grohmann, en 1820, donne l'oreille proéminente comme

une marque caractéristique du criminel.

Mais c'est réellement Morel qui, le premier,

rapporta les

malformations auriculaires à l'atavisme. « L'oreille,

dit-il,

parfois très petite et adhérente à la tète,

quelquefois déme¬

surée, rappelle celle de certains animaux. En

général, les

formes en sont mal dessinées, la circonférencen'estpas

tou¬

jours régulière en haut, en bas et en arrière, et

l'aplatisse¬

ment comme l'irrégularité ou l'exagération

des formes

externes augmentent d'autant plus la

désharmonie de len¬

semble ». C'est de cette définition peu

précise

que

1

011

a tue

le type plus ou moins défini dit « oreille de Morel ».

Mœbius voit dans les anomalies de l'oreille un

défaut

congénital de

l'organisme,

spécialement

du système net-

veux.

Laycoch et Morselli les considèrent à leur tour

comme un

indice de

régression.

Le D1' Langdon Down

établit dans se*

« Mental Diseusesof Childhood » la fréquence

des déforme

(15)

- 15

fions

congénitales de l'oreille chez les idiots et les faibles

d'esprit,

associées souvent à la particularité des orteils et des

doigtspalmés.

Féré et Séglas,

en

1886, après

une

description

del'oreille normale type, en

énumèrent les principales

ano¬

malies. Frigerio, en

1888,

pour en

affirmer la valeur atavique,

lesétudiechez lesinge, et en fait une

très intéressante et

trèscomplète

étude comparée chez le criminel. Ce sont,

en oulre,des études si nombreuses sur l'oreille au point

de

vue de la dégénérescence

qu'il

est

impossible de citer tous les

noms,dont la plupart, comme ceux

de Lombroso, Lannois,

Marro, Rossi, Knecht, Baer, Giacchi, Spitzka,

Ottolenghi,

Wildermuth, Binder, Vali, Eyle, Meyer, etc., portent

le

pres¬

tige de la plus haute autorité. Mais tous

étudient plus spécia¬

lement l'oreille des criminels; or, il manquait un terme

de

comparaison, et c'est dans l'intention de l'établir que

Grade-

nigo à Turin, Talbot en Amérique, et d'autres,

forment alors

des

statistiques

comparatives chez

l'homme sain.

A côté de ces auteurs, qui concevaient

uniformément

l'oreilleetinterprétaient ses anomalies d'après la

manière habituelle,

il faut mentionner Schwalbequi, en

1895, divise

cet organe en deux parties : la région des éminences et

la

région de la lame auriculaire, dont la première

serait égale¬

ment

développée

chez l'homme et le singe, tandis que

la

seconde serait considérablement réduite chez l'homme. Dé¬

duisantde cetteconception un indice

morphologique

cons¬

titué par le rapport existant

entre

la longueur

vraie de

1oreille

(de

l'incinna auris anterior j.usqu'à la

pointe)

et

la largeur basale,

Schwalbe établit que les oreilles

prises j

us- qu'alorspourdes oreilles larges sont des oreilles longues se rapprochantd'autant plus

de l'oreille simienne qu'elles pré¬

sententune longueur plus

considérable. L'indice morpholo¬

gique

de Schwalbe est clone absolument l'opposé

de l'indice

Physionomique

de Topinard et

Manouvrier.

hTlliem,

partant des données deSchwalbe, étudie alors une double séried'individus, les uns sains

d'esprit (hôpitaux de

-Nancy;,

les autres aliénés

(asile de Maréville), chacune de

(16)

li¬

ces séries comportant une classe de criminels et une classe de non criminels, et aboutit aux résultats que nous citerons plus loin.

C'està l'excellent ouvragede M.

Dallemagne

sur «lesstig¬

mates

anatomiques

de la criminalité » que nous avons emprunté la majeure partie de ce court

historique,

forcément

incomplet.

(17)

CHAPITRE PREMIER

L'Oreille normale.

Il est

d'usage,

ayant de décrire les anomalies ou les varié¬

tés d'unorgane, de dire d'abord quels sont ses caractères habituels. Cette obligation nous paraît d'autant plus rigou¬

reuseici que notre travail est un travail de mise au point.

I. Anatomie.

Lepavillon de

l'oreille,

qui n'existe que chez les mammi¬

fère,peut

présenterchezeuxles variétés lesplus nombreuses suivant

l'espèce

que l'on envisage. Nul chez la taupe, il est presqueaussi grandquelecorps entier chez la cliauve-souris oreillard.En le décrivant chez l'homme, nous n'avons pas, commel'onteue ceriains auteurs, la prétention de décrire un

pavillon type, étant donné qu'en matière d'anatomie un type n'existe pas ; car, suivant la

comparaison de Talbot, décrire

uneoreille normale serait aussi impossible que décrire une

mâchoire

ou une arcade dentaire normale; on pourrait exa¬

minerunnombre infini d'oreilles sans en trouver deux qui

se

ressemblent;

il n'en est peut-être pas deux qui soient

nbsoluinent

semblablessur toute la surface du

globe; cela est si vrai, que chezla mêmepersonne les deuxoreillesne se

correspondent

jamais parfaitement

(ajoutons

cependant que laforme du pavillon se transmet quelquefois par hérédité

une

façon

tout à fait

remarquable).

Ballet, Frigerio et d'au¬

besontvoulu donner comme normale une oreille dont la

fugueur,

la

largeur,

la forme, la

disposition

et la propor-

(18)

- 18 -

lion des parties représenteraient la moyenne prise sur un

grand nombre d'individus normaux. A notre luimble avis,

une oreille peut être plus grande ou plus petite, offrir une conqueplus vaste ou plus réduite, un lobule plus large ou

plus étroitet n'en êtrepas moins gracieuse et bien confor¬

mée par ailleurs; devons-nous en faire une anomalie mor¬

phologique

? Non. Comme le dit Lannois, la proportion des

oreilles normales se réduirait à bien peu de chose si on tenait un compte exact du rapport de la longueur ou de la largeurdu pavillon avecle volume de la tète, du diamètre de la conque, du volume du tragus, de réversion plus ou moins marquée de

Pantitragus,

etc.

Aussi c'est sans nous préoccuper deces futiles

considéra¬

tions de dimensions et de proportions mathématiques el absolues que nousdonnerons succinctement les

principaux

caractères que doit présenter l'oreille humaine pour

être

considérée commenormale.

Le pavillon a la forme d'un ovoïde à grosse

extrémité supérieure;

lacourbe qui le limite doit être régulière

et

gra¬

cieuse.

L'hélix, formant un ourletcompletetparfait, ne

doit pré¬

sentersur son bord libre ni dépression, ni

saillie. Sa racine

formera sur le plancher de la conque une crête mousse

peu

saillanteet se perdra insensiblement au milieu de cette ca¬

vité, laissant libre toute sa moitié

postérieure. Quant

a

la

queuede l'hélix, elle s'effacera peu à peu en

atteignant le

lobule.

L'anthélix,

ne dépassant pas le niveau de

l'hélix,

se

bitur¬

que d'une

façon

bien marquée à son

extrémité supérieure (crura

furca), limitant ainsi entreses deux branches,

la

su¬

périeurepresqueverticaleet l'inférieure presque

horizontale,

une dépression triangulaire à laquelle on a

donné le nom de

« fossette ovale ou intercrurale ». En arrière, entre

la tige et

la branche

supérieure

de l'anthélix d'une part et

l'hélix d'au¬

tre part, le pavillon sera bien

déprimé, formant

une

fossette

verticale allongée

(fossette

scaphoïde)

recouverte

par

1 hélA'

(19)

- 19

Lelobu'le, hémicirculaire, ni

adhérent, ni trop pendant, doit

présenterune

surface lisse

sans

sillons ni émincnces, il doit

être

parfaitement distinct, c'est à dire

que son

bord posté¬

rieur doit former avec la terminaison de l'hélix un angle

obtus etarrondi. II aura 12 à 15 millimètres au moins de

dimensionverticale.

Letrogus est séparé de

la racine de l'hélix

par

l'incisure

intertrago-hélicienne, de

l'anlitragus

par

la profonde inci-

sure intertragienne. De même que ce

dernier il doit être

dans le plan du

pavillon,

et ne pas

faire saillie

en

dehors.

La conque

présente

un

fond uni. s'inclinant insensible¬

mentvers le conduit auditif. La partie

de la cavité qui

sur¬

monte la racine de l'hélix porte le nom

de fossa cyrnbœ. La

face interne du pavillon

offre des saillies et dépressions in¬

versesde celles que nous venons

cLénumérer, mais toujours

moinsmarquées.

L'oreille n'aura pas plus de

70 millimètres et

pas

moins de

50. Salargeursera

proportionnellement comprise entre 25 et

10millimètres.

L'angle

formé par le pavillon avec

le crème

ne

doit

pas

dé¬

passer60° ni êtreinférieur à 20°.

Telles sont, selon nous, les seules conditions que

l'on

doiveexiger d'une oreillepour en

faire

une

oreille idéale.

II.

Embryologie.

De

l'embryologie

du pavillon

de l'oreille

nous

n'avons

que

peu de chose à dire, vu la

spécialité

et

la signification toute

différentedes anomalies

(fistules congénitales, etc.)

que son dude permet

d'interpréter.

Disons seulement que cet organe

provient de la partie la

Plusexterne de la

première fente branchiale qui

se

courbe

en gouttière. «Mais, si au lieu

de

rester

ouverte

en

avant,

celtegouttière se ferme

complètement, le conduit auditif est

masqué par un revêtement cutané et le pavillon

de l'oreille

Manque complètement »

(Lvctionnaire encycl. des

se. m

éd.).

(20)

Avantla fin du premier mois de la vie

intra-utérine,

les différentes partiesdu pavillonsont représentées par6 tuber¬

cules : L. tragus; 2 et 3.

hélix;

4.

anthélix;

5.

antitragus;

6, lobule.

Au troisième mois, la partie supérieure s'enroule seule, et c'est alors que l'oreille des mammifères commence à revêtir

sa forme en pointe.

Le

développement

est complet au cinquième mois, les tubercules s'étant soudés l'un à l'autre; il ne manque quele lobule qui se

développe

au sixième moisseulement.

On comprend par ce court aperçu que la malnutritionou toute autre cause survenant du premier au cinquième mois puisseentraîner dans l'un des tubercules ou dans tous un

arrêt de

développement

dont la conséquence estune malfor¬

mation du pavillon.

III.

Physiologie.

Pource qui est de la physiologie du

pavillon de l'oreille,

elle n'est d'aucun apport pour le sujet que nous

traitons.

Noussignalerons simplementlestrois théoriesqui

cherchent

à

expliquer

la fonction du pavillon.

La première, due àBoerhaave, voit dans ses

dépressions et

ses saillies une

disposition

destinée à condenser les ondes

sonores.

Savart, au contraire, s'appuie sur la nature

cartilagineuse

et la propriété

élastique,

vibrante dupavillon pour

prétendre

qu'il transmet directement le son au moyen des

parties soli¬

desqui forment sa

charpente.

Une troisième Ecole lui attribue un rôle dans l'orientation du son reçu.

En somme, de nombreuses expériences,

entreprises dans

le but de déterminer la fonction du pavillon

auriculaire,

n'ont pu arriver àjustifier ni l'une ni l'autre de ces

théories.

Buchanan dit que

l'angle

auriculo-temporal au

point de

vue fonctionnel nedoit pas dépasser 30° ni être

inférieur a

(21)

15o.Ladifférence

sous ce rapport n'est pas très nette; eneffet,

unléger

mouvement volontaire de la tète suffit à permettre à

l'oreillede

prendre la position convenable pour recueillir les

ondes sonores.

Mais s'il s'agit d'une question de dégénéres¬

cence,la

position de l'oreille peut avoir son importance,

jointe

à d'autres stigmates, comme nous le verrons.

On peut

conclure de tout cela que le pavillon ne contribue

que

d'une façon minime à augmenter la finesse de l'ouïe, et

Talbot

prévoit déjà

sa

future disparition de la race humaine,

s'appuyant

sur

le faible pouvoir de ses muscles. Les mouve¬

ments du

pavillon, rudimentaires ou même nuls chez

l'homme, sont

représentés par trois muscles : auriculaires

antérieur,

postérieur et supérieur, souvent complètement

atrophiés

d'ailleurs chez l'adulte.

Notons, pour

être complet, les changements vaso-moteurs

del'oreille par

lesquels, suivant Talbot, certaine maîtresse

d'école

apprécie la fatigue de ses élèves.

(22)
(23)

CHAPITRE II

Description des anomalies du Pavillon

de l'Oreille.

Morel,qui

avait observé dans

un

grand nombre de circons¬

tances des anomalies du

pavillon chez les êtres dégénérés,

lesrésumait: clans la vicieuse

implantation de l'oreille ;

2°dansl'exagération ou

l'atrophie des formes de cet organe;

3°clans l'état rudimentaireou

l'absence même de quelques-

unes deses parties

constitutives. Dans l'intention d'en don¬

ner une description

aussi complète que possible, nous les

diviserons en anomalies

générales concernant le pavillon

toutentier, eten

malformations partielles n'intéressant que

l'une deses parties

(hélix, antliélix, etc.).

I. Anomalies

générales.

Les anomalies

générales de l'oreille externe sont des ano¬

malies de position,

de forme, de volume, de dimension, de

nombre; on peut y

ajouter la motilité.

Anomalie de position. Elles

consistent dans : 1 im¬

plantation, l'asymétrie, la direction, les modifications de

'angle

auriculo-temporal.

a)

Implantation.

On

s'est

peu

préoccupé jusqu'à présent

(le

l'implantation

de

l'oreille

comme

signe dégénératif; il

noussemble pourtant que ce

signe puisse avoir son impor¬

tanceàl'égal des autres

stigmates auriculaires, étant parmi

(,esstigmates l'un des seuls

qui puisse être en corrélation

(24)

24

certaine avec le

développement

du crâne et peut-être ducer¬

veau.

Pour la

plupart

des auteurs, lasituation des oreilles n'offre que cles variations

inappréciables.

C'est d'ailleursenpartant decette opinion que les

neurologistes,

anatomistesetautres prenaient

depuis longtemps

le conduit auditifcommepoint fixe dans les localisations cérébrales. Les recherches de Talbotnant et ses mesures précises sur 22

crânes,

en pre¬

pour points de repère le centre de

l'apophyse

mas- toïde et la cavité glénoïde, lui ont montré que l'orifice du conduit auditif varie enpositionde7à 14millimètressur une

ligne

transversale et de 3 à 9 millimètres environ verticale¬

ment, et cela non seulement sur des crânes différents,mais souvent encore chez le môme sujet. Cesmesures ayant porté

sur des crânes normaux, on pense quelle doit être la diver¬

sité de position des oreilles chez les dégénérés dont la tète offre parfois une asymétrie si considérable. Talbot a vu chez des personnes normales lebord supérieur du pavillon arriver à un pouce

(27 millimètres)

au-dessus du niveau de l'arcade

sourcilière,alorsqu'il n'aurait dû atteindre quela queue du

sourcil.

b) Asymétrie.

Signalée par de Blainvilleet Morel, l'asy¬

métrie des oreilles résulte delà différence

d'implantation

des pavillons sur le

crâne;

et comme le pavillon accompagne par définition l'orifice du conduit auditif, c'est donc à la position de celui-ci qu'est liée celle de l'oreille externe. Cette asymétrie, qui accompagne toujours

l'asymétrie

du

crâne,

est surtoutsensible quand les oreilles sont

proéminentes.

c) Angle auriculo-temporal.

L'angle que fait le

pavillon

de l'oreille avec lecrâne, c'est à dire avec l'apophyse mas- toïde, et nommé par Frigerio angle

auriculo-temporal,

présente les amplitudes lesplus variées. Nous avonsvu que, considéré comme appareil

chargé

de recueillir les

ondes

sonores, le pavillon,

d'après

les physiologistes,

doit formel

avec le crâne un angle de 15° à 30°; mais cet angle,

d ordi¬

naire,

dépasse

de

beaucoup

cette faible

amplitude

sans

(25)

25

cesser pour

cela d'être normal. Suivant nos observations

personnelles,

nous

sommes d'avis de le considérer comme

tel

jusqu'à 50°. Il faut savoir que l'angle auriculo-lemporal

plus

grand dans l'enfance, jusqu'à l'âge de six ou huit ans,

diminue

généralement

par

la suite.

Lombroso, qui

fit de sérieuses recherches à

ce

sujet surles

criminels, donna le nom

d'oreille

« en anse

|) » à_celle dont

l'angle

auriculo-temporal atteint

une

amplitude considérable

qu'ona fixée

à

90°,

valeur de l'angle droit. L'oreille présente

alorsordinairement la forme d'un véritable

entonnoir qui

rappelle l'oreille

des mammifères. L'angle peut être au con¬

traire presque nul, et

les oreilles, aplaties

comme «

un plat à

barbe»,suivantl'expression

pittoresque]de Frigerio, semblent

en cecascollées au crâne. C'est à cette dernière

particula¬

rité que l'on a voulu assigner pour causes

le mode de

coiffure et la chevelure chez la femme, les positions aux¬

quelleson astreint

parfois la tête pendant l'enfance par des

pratiques considéréescomme

salutaires, etc. Il est certain

que dans certaines régions, par

exemple dans la Haute-

Loire,ainsique l'a montré le D1'

Grand et dans plusieurs

endroitsde la Bretagne, comme nous

l'avons observé nous-

même,

beaucoup

de femmes

portent

encore

une coiffure

dontlelarge ruban applique

l'oreille contre la tète

;

on peut

yajouter avecJulia un certain nombre d'ordres

religieux et,

avecLombrosoet Frigerio, les

prisonnières qu'on oblige à

secoifferd'un bonnet étroitement lié sous le menton.

Eh

bien,danstous ces cas,il se

produit à la longue

un

aplatisse¬

mentcompletdu pavillonavec

effacement de

ses

saillies, l'ori¬

fice du conduit auditifdevenant linéaire. On peut

d'ailleurs,

cbez1

homme,

rencontrer des modifications

dans la position

del'oreille dues également au genre

de coiffure : tels les bersaglieri

qui portent le

chapeau

sur

le côté de la tête,

èous neciterons que pour

mémoire la disparition de l'angle

(') Certains auteurs paraissent désigner sous ce nom

l'oreille dont le

bbuleestadhérentet prolongéenbas;sur la joue,

trouvant qu'elle offre

en

ce tasla forme d'une« anse de cruche».

(26)

26

auriculo-temporal

par état

pathologique,

tel que l'eczéma

chronique

de la rainure

postérieure,

phénomène assez fré¬

quent dans la seconde enfance.

Enfin,

dans

l'angle

de

l'oreille,

notons qu'on trouve quel¬

quefois, ordinairement en haut, sur les sujetsqui manquent

dégraissé,

un repli de la peau, qui, à la

façon

d'un pont,

réunit le pavillon à la tète : c'est le «

ligament

postérieur anormal » de Frigerio.

d) Direction. On ne s'est guère plus occupé des ano¬

malies de direction que des anomalies

d'implantation

de 1 oreille. Il nous semble pourtant, étant donnée la valeur absolue de

chaque

malformation auriculaire prise à part telle que nous l'établirons plus loin, que l'oreille quand elle sort tout à fait de l'ordre commun peut avoir aussi son im¬

portance

lorsqu'elle

vient se surajouter à d'autres stigmates de

dégénérescence;

à cet

égard

elle mérite donc d'attirer l'attention à l'égal de toutes les autres anomalies du pavil¬

lon.Pour la

plupart

des auteurs,cette directionde l'oreillene varie que dans des limites très restreintes. Nous avons vu au

contraire des oreilles donc le grand axe était à peu

près

vertical et il nous souvient d'en avoir rencontré chezune femme normale, dont la direction était tellementinclinéeen arrière que l'axe du pavillon ne faisaitpas avec

l'horizontale

un angle de plus de 30o.

Anomalies de forme. La formede l'oreille

peut varier

dans des limites considérables. Normalement ovoïde, nous l'avons vu, l'extrémité supérieure étant la

plus volumineuse,

elle peut devenir plus ou moins régulièrement ovale,

l'extré¬

mité inférieure atteignant les mêmes dimensions transver¬

sales que l'extrémité supérieure, par

exagération dans la largeur

du lobule. Lorsque l'hélix se déroule à sa

partie postéro-supérieure,

le pavillon devientordinairement vague¬

ment

triangulaire,

etune variété importante

de cette con¬

formation est celle qui résulte de la présence

simultanée du

tubercule de

Darwin;

telle est 1' «oreille de satyre»

dt

Schwalbe,

ou oreille en pointe, ou oreille

pithécoïde.

(27)

27

Uneautreforme

à laquelle

on

donne le nom d' «oreille

carrée»estcelle

où la partie supérieure de l'hélix se rabat

en dehors de telle façon que

le bord supérieur du pavil¬

lon de convexe devient

transversal, tandis qu'en même

tempsle

bord postérieur de l'organe descend presque verti¬

calement,obligeant

le lobule à prendre une largeur transver¬

saleinaccoutumée.

3°Anomalies de volume.

Entendant

par

volume du

pavillon de l'oreille

son

épaisseur, nous dirons :

Que cette

épaisseur est généralement en raison inverse

de ladimension, les oreilles

étant, suivant le cas, plates ou

charnues.

Citons seulement pour

mémoire l'oreille ôléphantiasique

des monstruosités.

4° Anomalies de nombre. Il y

aurait beaucoup à di re.su r

les anomalies de nombre du

pavillon de l'oreille.

Son absence

complète

a

été signalée par Obertenffer,

Meckel (.Hcuulbuch

clerpath. Anat., 1.1,

p.

400), par Samuel

Cooper

(Dict.

de

chirurgie pratique, t. II,

p.

237), Roberston,

LeBriero,etc., et à notre

époque il n'est

pas

d'ouvrage sur

les maladies de l'oreille qui

n'en rapporte quelques cas.

Toujours congénitale (le

traumatisme mis à part), cette

absencedu pavillon

coïncide le plus souvent avec d'autres

malformations telles que

le bec-de-lièvre, la division du

palaisetde la voûte palatine.

Nombreuxaussi sont lescas de

pavillons surnuméraires

mentionnés parGassebolim,

de Rossi, Clarke, Sutton, Mor¬

gan

(Illust.

M. News, London,

1833-1839), Birkett ( Transac¬

tions

Pathological Society of London, 1857), etc., etc.

foutesces anomalies

dongénitaies,- quoique à peine men¬

tionnéespar les auteurs qui

traitent des stigmates de dégé¬

nérescence,

peuventoffrir selon nous un

intérêt plus grand

quon nele pense, en ce

qu'ils indiquent tout au moins une

anomalie

tératologique

due

ù

une

perversion de développe¬

ment/dont il reste à déterminer la nature.

,)rt

Anomalies

de mobilité. La mobilité

du pavillon, très

(28)

glande cbez certains

animaux,

est

généralement

nulle chez

l'homme. On a cependant vu des personnes

possédant la faculté de mouvoir leur pavillon d'une

façon

remarquable;

mais cesont des cas curieux aussi exceptionnels qu'insi¬

gnifiants.

Anomalies de dimension. Très

importantes,

et surtout mieux étudiées sont les variations dans les dimensions de 1 appendice

auriculaire,

qui peut présenter

depuis

l'étendue la plus considérable

jusqu'à

l'état leplus rudimentaire. Plu¬

sieurs auteurs se sont

occupés d'établir, d'après

de nom¬

breuses

statistiques,

les dimensions moyennes de l'oreille

en longueur comme en

largeur.

Aprèsavoirfait remarquer

quebeaucoupd'liommes

grands, à tète

volumineuse,

ont les oreilles exfraordinairement petites, et qu'au contraire de petits hommes, à tôle exiguë, ont les oreilles singulièrement

énormes,

nous admettrons,

avec

Frigerio,

que la

longueur

moyenne de l'oreille est de 50 à 60 millimètres. Talbot,

après

mesures prises sur un grand nombre de personnes, trouve comme moyenneG8mil¬

limètres,

et admet alors qu'on doit considérer comme très courte une oreille qui mesure moins de deux pouces(55

mil¬

limètres),

comme courte une oreille entre 55 et 62 millimè¬

tres, comme moyenne entre 62 et 76 millimètres, comme

longue

entre 76 et81

millimètres,

et très longue au-dessus de 8L millimètres. Au point de vue de la largeur, elle

serait

étroite au-dessous de 27

millimètres, moyenne entre

et

41

millimètres,

et large au-dessus de 41 millimètres.

II.

Malformations

partielles du pavillon.

Les malformations partielles du pavillon peuvent

porter

sui1 toutes sesparties constitutives, saillies et

dépressions. Il

noussemble inutile pour les décrire de diviser, comme

le

fait Talbot,l'oreille en

tiers-supérieur,

tiers moyen

et tiern inférieur,

étant donnéque nous n'admettons guèrela

préci¬

sion en pareille matière,

(29)

29

jo

saillies :

a) Hélix.

l'hélix peut offrir les modifica¬

tionsles plus

diverses dans

sa

forme, dans

son

volume.

Saracine, parfois

absente,

va

d'autres fois' rejoindre obli¬

quement le bord de l'anthélix, et parfois même, mais beau¬

couppins

rarement, s'anastomose

avec sa

partie inférieure

enfaisantla mêmesaillie que lui,

divisant ainsi la

conque

endeuxcavités secondaires, l'une

postéro-supérieure, l'au¬

treantéro-inférieure

(oreille de Féré). Rarement aussi, la

racinede l'hélixse bifurque avant de se

souder à l'anthélix,

donnant naissance à la conque à trois

fentes. L'hématome

cicatrisé du pavillon,

lorsqu'il siège

sur

la

conque,

peut si¬

muler l'anomalie del'hélix; mais alors, comme

le disent

Féré et Séglas, sur la partie

postérieure

ou

interne du

pavillon correspondant au fond

de la

conque, on ne

trouve

pasladépression

correspondant à la saillie.

Dons le reste de son parcours,

les irrégularités de l'hélix

peuvent être les plus diverses. La

partie ascendante peut

seuleexister, le reste du pavillon

n'étant

pas

ourlé

: ce

qui

metàdécouvert ou

supprime complètement la fossette

sca- phoïde.

D'autresfois, aucontraire, l'hélixsedistingue parune

plus

grandelargeur, qui peut être telle

qu'il

recouvre

la fourche

del'anthélixou la fossette scaphoïde, suivant que ce

déve¬

loppement

anormal se produit

à

la grosse

extrémité ovoïde

dupavillon ou à sa partie postérieure.

Ilpeutencore êtreparfait dans toute son

étendue, excepté

asapartie terminale où il se fusionnealors avec l'anthélix.

Chacune desparties,supérieure, antérieure ou

postérieure

de 1hélix peut être séparément

normale, arrêtée

ou

ampli¬

fie dans son

développement,

et toutes

leurs combinaisons

s°ntpossibles.Une déformation commune consiste dans la

•encontre angulaire des diverses parties

de l'ourlet, d'où

1esLilte la formation d'angles qui peuvent

avoir

une

ampli-

Inde variableet peuvent être diversement

situés. Lorsqu'il

Sle8:e à la partie postéro-supérieure

de l'hélix, l'angle est

<l!gu,oudroit, suivant que la moitié

antéro-supérieure de

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