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Etude comparative des vitesses de diffusion de l'hydrogène et du deutérium à travers le platine chauffé

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(1)

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Etude comparative des vitesses de diffusion de

l’hydrogène et du deutérium à travers le platine chauffé

René Jouan

To cite this version:

(2)

ETUDE

COMPARATIVE DES VITESSES DE DIFFUSION DE

L’HYDROGÈNE

ET

DU

DEUTÉRIUM

A TRAVERS LE PLATINE

CHAUFFÉ

Par RENÉ JOUAN.

Elève de l’Ecole normale

supérieure.

Sommaire. 2014 Dans le but de déterminer l’efficacité du procédé de séparation des deux isotopes de l’hydrogène par diffusion de leur mélange à travers le platine, nous avons mesuré les vitesses de diffusion de l’hydrogène pur d’une part, du deutérium pur d’autre part, à travers le

platine,

pour des températures échelonnées entre 450° et 950°.

Nous avons trouvé que la vitesse de diffusion du deutérium est à toute température les 3/4 de celle de l’hydrogène. Cette différence étant petite, il est probable que le procédé de séparation ne peut pas donner

de très bons résultats.

1. Introduction. -

Après

la découverte du

deuté-rium,

de nombreuses méthodes furent aussitôt

em-ployées

pour la

séparation

des deux

isotopes

de

l’hy-drogène,

et

parmi

ces

méthodes,

on trouve évidemment la diffusion à travers des

parois

de natures diverses :

papier, porcelaine, palladium.

Comme on ne

possédait

guère

de deutérium pur, les mesures consistaient à comparer les teneurs en deutérium d’un

mélange

des deux

isotopes

avant et

après

diffusion à travers la

paroi.

Le

procédé

était

plus

ou moins efficace suivant les conditions de

l’expérience.

C’est ainsi

qu’avec

le

palla-dium,

la

séparation

excellente vers 100 à 150, devient

à peu

près

nulle à 5000. M. Debierne m’a

proposé

d’étudier le cas du

platine

mais en

procédant

d’une

façon

un peu différente : le deutérium pur étant devenu

beaucoup

moins rare,

je

devais

opérer

dans des condi-tions

analogues

avec

l’hydrogène

d’une

part,

le deuté-rium d’autre

part;

l’idéal serait évidemment de

cons-tater une

grande

différence entre les vitesses de diffusion des deux gaz.

L’étude de la diffusion de

l’hydrogène

à travers le

platine

a

déjà

été faite par Richardson

(1)

entre ~1’~~ et

11360 et d’une

façon

très

soignée

par Lombard

(centre

~58° et 6 ~0~. Les travaux de Lombard ont montré que le

phénomène

de diffusion n’aboutissait à un état

d’équilibre

de

régime qu’au

bout d’un

temps

souvent

considérable,

de l’ordre d’une

semaine,

l’appareil

étant

automatiquement réglé

de

façon

à fonctionner sans

intelruption jour

et nuit. Ne

disposant

pas d’un

temps

suffisant, j’ai î me borner à construire un appareil

néces-sitant une surveillance constante et

permettant

d’effec-tuer une mesure en

quelques

heures seulement. De telles mesures

risquaient

évidemment d’être entachées de nombreuses erreurs dues en

particulier

au gaz occlus dans le

platine. L’appareil

a été construit de manière à

s’affranchir autant que

possible

des

plus

grossières

de ces erreurs.

2. Construction de

l’appareil

et

principe

des

mesures. - 1~

Appareil

producteur d’hydrogène.

- Le

premier

problème

qui

s’est

posé

est celui de

l’obtention de

quantités

suffisantes de gaz pur,

pro-blème

qui dans

le cas de

l’hydrogène

est sans difficultés (1) RICHIRDSON. Phil. j11 ag , 1904, 6, 1, 266.

(2) LoMBRD. Thèse, 19?8.

mais

qui

se

présente

sous un

aspect

un peu

spécial

en

ce

qui

concerne le deutérium : il

s’agit

alors d’obtenir pur

l’hydrogène

lourd contenu dans un volume d’eau lourde de l’ordre de 1 cm3 avec un rendement aussi

élevé que

possible.

J’ai pour cela

repris

le

procédé

qui

consiste à

décomposer

l’eau par le sodium vers 3500.

.

L’appareil

était celui

représenté

par le schéma

ci-contre. Un ballon de

1,5 1

environ est terminé à sa

partie

inférieure par

un

cylindre

C de 3 cm de diamètre et de 10 cm de

longueur.

Il est fermé en

A par un bouchon

rodé,

etl’ensemble est

complé-té par les tubulures

indi-quées

sur la

figure.

Voici la marche d’une

opéra-tion :

Par le col du

ballon,

on introduit en C un creuset d’aluminium contenant environ 2 g de sodium. Le sodium était sous forme de

petits

frag-ments découpés aussitôt

avant dans

de

gros mor- Fig. 1.

ceaux, de

façon

que la

surface de

chaque

petit

morceau n’ait été au contact de l’air que les

quelques

minutes nécessaires à la

manipula-tion. On ferme alors en

A,

les robinets r9,

Ri

et

R2

étant

ouverts et ri fermé. Puis on fait le vide par B. On ferme ensuite

Ri

et

R2.

On

trempe

C dans l’air

liquide.

On

rem-plitd’eau

la

portion de

tube ab

(longueur 5

cm, diamètre 4

mm).

On ferme r2. On ouvre ri. L’eau vient

remplir

la

porlion

de tube bc

(4

cm)

qui,

jaugée

au mercure,

représente

0,~

cm3. On

ferme ri

et on ouvre très

lente-ment r,. L’eau se

vaporise

instantanément dans le

ballon et vient se condenser sur les

parois

intérieures du creuset d’aluminium. C’est là la

partie

délicate de

l’opération

car l’eau se condense

également

sur les

parois

de verre de C situées

plus

haut que le

creuset,

et la

glace

ainsi

obtenue,

en

fondant,

passe ensuite au fond du tube C au-dessous du creuset. On laisse alors C

revenir à la

température

ambiante. L’eau est

(3)

102

posée

par le

sodium ;

mais le

dégagement

de chaleur

ainsiprôduitest suffisànt,

non

seulement pour

réchauffer

le

creuset,

mais encore pour

vaporiser

une

portion

de l’eau

qui

vient se condenser sur les

parois

du ballon. Il faut alors

plonger

de nouveau C dans l’air

liquide

pour ramener l’eau sur le

sodium ;

mais le ballon

con-tient

déjà

de

l’hydrogène,

et la

vaporisation

de l’eau

est

plus

lente. Il reste

toujours

un peu d’eau sur les

parois

et de là

provient

une diminution sensible du rendement.

Après

quelques

essais avec l’eau

ordinaire,

le creuset

qui

est apparu le

plus

apte

à recueillir l’eau a la forme ci-contre. Le diamètre de l’ouverture est inférieur au diamètre de C d’une

quantité

juste

suffisante pour

permettre

la dilatation de l’aluminium

au cours du

chauffage

ultérieur. La

petite

saillie au milieu du creuset per-met de l’introduire et de le

retirer,

plein

de

sodium,

à l’aide d’un crochet.

Entre

deux

préparations,

le creuset est

nettoyé

à l’alcool

et à l’eau,

puis séché.

Une fois l’eau condensée sur le

so-Fig. 2.

dium,

on introduit C à

Fintérieur

d’un four

électrique cylindrique

vertical et on maintient la

température

vers 350°

pendant 2

ou 3 h. Dans ces

conditions,

il ne se forme pas de

soude,

mais seulement de

l’oxyde

de sodium. Une fois

l’opération

terminée,

on ouvre

R,

et on

plonge

T dans l’air

liquide.

Au cas où une

grande quantité

d’eau aurait

échappé

à l’action du

sodium,

elle se condenserait en

T,

et en

plongeant

C dans l’air

liquide,

on

pourrait

recommencer

l’opération.

Mais ce cas ne s’est pas

présenté.

Il reste alors à pomper le gaz par B à l’aide d’une

trompe

à chute de mercure

qui

permet

de recueillir

l’hydrogène

sur la cuve à mercure dans de

grandes

éprouvettes

de 600

cm3,

prolongées

à leur

partie supérieure

par un

tube muni d’un robinet.

Le rendement est un peu meilleur avec

l’hydrogène

qu’avec

le deutérium. Cela

provient

du fait que l’eau

lourde semble fixée moins

rapidement

que l’eau ordi-naire par le

sodium,

et

quand

on chauffe C il reste de l’eau

qui

va se condenser sur les

parois

du ballon.

On

améliore évidemment le rendement en condensant un

grand

nombre de fois l’eau en C à l’aide d’air

liquide,.

Avec une

opération

assez

rapide,

on

peut

obtenir

60 pour 10() de la

quantité

totale du deutérium contenu

dans l’eau lourde utilisée. Il subsiste

probablement

un peu de soude,

L’hydrogène

et le deutérium ainsi obtenus ont ensuite été

purifiés

dans

l’appareil

à diffusion lui-même avant

d’être utilisés pour les mesures. Cette

opération

préli-minaire

présente

trois

avantages :

1° Elle débarrasse

l’hydrogène

des gaz

étrangers

qu’il

peut

contenir et

qui

diffusent

beaucoup

moins vite que lui.

2u Elle met le

platine

en contact avec

l’hydrogène

vers i 000°

pendant plusieurs

heures,

et ramène ainsi dans un état favorable pour atteindre

rapidement

l’état

d’équilibre

dans les mesures

proprement

dites.

3o Elle donne une idée de l’ordre de

grandeur

du

phénomène

et

permet

ainsi une

préparation soignée

des

expériences

de mesures. 2°

Appareil

à diffusion. -

L’hydrogène

diffusait à travers le

platine,

d’un

compartiment

A où il était constamment sous la

pression atmosphérique

dans un

compartiment

B où l’on maintenait le vide. Les mesures étant

rapides,

il était

indispensable

de se mettre à l’abri des

grossières

erreurs dûes aux fuites

possibles

ou au

dégagement

de gaz occlus dans le

platine.

Dans ce

but,

on a mesuré dans

chaque expérience,

d’une

part

la

quantité

d’hydrogène

qui

avait

quitté

A,

d’autre

part

la

quantité d’hydrogène

recueillie en B. Pour

cela,

la

pression

était maintenue constante dans A en

compen-sant le

départ

de gaz par une rentrée de mercure que

l’on

pesait

ensuite. D’autre

part

B

communiquait

avec

une

trompe

à chute de mercure

qui

permettait

de

recueillir les gaz diffusés dans des

éprouvettes graduées

sur la cuve à mercure.

L’appareil permettant

d’effec-tuer ces mesures est

représenté

ci-contre.

Le tube de

platine

diffusant T a 1 cm de

diamètre,

1/10

mm

d’épaisseur

et ~0 cm de

long.

Il est vertical

et fermé à sa

partie

supérieure.

Sa

partie

inférieure est soudée à un tube de verre de même diamètre. Il

est enfermé à l’intérieur d’un tube de

quartz

de 18 mm

de diamètre intérieur. En face de l’extrémité

supérieure

du tube T se trouve la soudure chaude d’un

couple

thermoélectrique

Pt-Pt rhodié 10 pour 100. J’ai

gradués

préalablement

ce

couple

à l’aide des

points

de fusion du zinc

~~19~~,

de l’antimoine 63üo et du chlorure de sodium

J’ai été ainsi conduit à la formule suivante

don-nant la force électromotrice du

couple

en fonction de la différence de

température

entre les deux

soudures,

formule que

j’ai

constamment utilisée par la suite :

Un four

électrique

vertical chauffe le tube de

quartz

sur

20 cm dont

10,5

en

regard

du tube

de platine.

Pour

éviter-les

pertes

de chaleur par

convection,

l’espace

annulaire

entre le tube de

quartz

et le tube de

porcelaine

du four a été

soigneusement

bouché d’amiante à ses deux extré-mités. De

plus,

entre le

platine

et le

quartz

ont été

placées

deux

rondelles,

l’une r en

quartz,

l’autre r’ en

mica pour éviter que la soudure s ne soit

trop

fortement

chauffée. Le tube de

quartz

communique

à sa

partie

supérieure

avec la

trompe

à chute de mercure à

laquelle

il est lié par un

joint

au mercure

J3.

La

trompe

à mer-cure est munie d’un manomètre

h ;

elle est alimentée par une remontée de mercure,

système Verneuil,

qu’en-tretient une

trompe

à eau.

En

JI

le tube de

quartz

est

mastiqué

au tube de verre

intérieur à l’aide de mastic

Régnier.

Ce tube intérieur lui-même est lié

grâce

à un

joint

au mercure, à un tube

qui

communique

avec la

partie

inférieure de

l’appareil.

Les différentes

parties

de

l’appareil

sont très lourdes

et ne

peuvent

pas être

parfaitement

stables,

surtout

(4)

d’im-103

Fig. 3.

portantes

masses de mercure. C’est

pourquoi

on a utilisé

des

joints

au mercure

qui

permettent

de

petits

dépla-cements des deux

parties

ainsi réunies.

La

partie

inférieure de

l’appareil comprend

essen-tiellement un réservoir R

plus

ou moins

rempli

de mercure. Ce réservoir

cylindrique

est vu de bout sur la

figure ;

il a ~8 cm de

long

et

5,5

cm de diamètre.11 contient de

l’hydrogène

et du mercure en

quantités

variables, Il a donc un

poids

très variable et pour être un peu

stable,

il repose sur du caoutchouc mousse et

est solidement fixé à une

brique

de

plomb

munie d’un

évidement pour

le recevoir. Tout l’ensemble est

plongé

dans une cuve contenant 10 1

d’eau,

entourée de feutre

épais.

Dans la cuve

plongent

encore un thermomètre

gradué

au

1/l0e

et un

tuyau

d’arrivée d’air

comprimé

pour l’uniformisation de la

température

par

brassage

de l’eau. A la

partie supérieure

de R est soudé un tube de verre

qui communique

avec le manomètre H et les tubulures

indiquées

sur

lafigure.

A la

partie

inférieure

est soudé un tube

capillaire,

muni d’un robinet p et

terminé par un

siphon

S

ayant

la forme

indiquée

sur la

figure.

Ce

siphon

plonge

dans la

petite

cuve C

portée

par un flacon de verre

qui

repose sur le

plateau

d’un

support

avis.

Poui

remplir

de gaz le réservoir

R,

on

procède

comme il suit : R étant

plein

de mercure, le gaz est contenu

dans une

éprouvette

à robinet que l’on

transporte

sur la cuve à mercure M. Puis en

siphonant

le mercure de cette cuve, on redescend

l’éprouvette

jusqu’à

la

posi-tion

qu’elle

occupe sur la

figure.

On la

mastique

en N

avec un tube

communiquant

avec R. p et

R,

étant

fermés,

on ouvre

R, R2

R~

et par ce dernier robinet on fait le vide à l’aide d’une pompe rotative à huile. On

ferme

R3

et on ouvre lentement

R4

en versant cons-tamment du mercure dans la cuve M pour maintenir la

pression

atmosphérique

à l’intérieur de

l’éprouvette

E.

Quand

le manomètre H

indique

la

pression

atmosphé-rique,

on ouvre p. Le mercure coule alors dans la cuve C et on

rajoute

constamment du mercure en M

jusqu’à ce

que R contienne la

quantité

voulue de gaz sous la pres-sion

atmosphérique;

on ferme alors

Ri

et

l’appareil

est

prêt

pour une mesure.

(5)

104

Cela

oblige

à donner à la cuve C une hauteur de 1~ cm.

Or,

on doit la peser avec le mercure

qu’elle

contient : la forme de la cuve C

permet de n’y

laisser

qu’un

faible

poids

de mercure au moment des

pesées

bien

qu’elle

puisse

contenir suffisamment due mercure pour une

expérience

de diffusion. Tout le mercure mis en

jeu

dans ces

manipulations

élait conservé

séparément

de telle sorte

qu’à chaque

instant,

on

pouvait

savoir

approximativement

quelle quantité

de gaz contenait R. 3° Mode

opératoire.

- Yoici comment on

procède

pour une mesure à T° :

La

température

indiquée

par le couple

étant T

depuis

une heure au

moins,

p ouvert et la cuve C à une hauteur telle que H

indique 760

mm, la

trompe

à mercure fonc-tionne sans arrêt. On

place

alors sur la cuve à mercure de la

trompe

une

éprouvette graduée

de

grandeur

convenable,

que l’on retire au bout d’un

temps

variable

(1

h en

général)

en la

remplaçant

par une autre. Pen-dant les 2 min nécessaires à ce

changement,

on arrête la

trompe

à eau, et ainsi la

trompe

à mercure. 5 min

plus

tard,

on

ferme p

et on

pèse

la cuve C avec le mer-cure

qu’elle contient :p

grammes. On y

ajoute

qgrammes de mercure

préalablement pesés

et

qui

ont à peu

près

même volume que la

quantité

de gaz diffusée en 1 h.

Puis on

replace

C,

et on ouvre p; 1 heure

plus tard, p

étant

fermé,

on

r.ecommence : p’

grammes. La

quantité

de mercure

qui

est entrée en 1 heure dans R est donc

p

+ q - p’

grammes.

p étant ouvert, pour que la

pression

baisse de 1 mm dans

R,

C étant

fixe,

il faut que le niveau du mercure

baisse de 1 mm dans la

partie élargie

de

C,

ce

qui

correspond

à un volume de 2 cm3 de mercure entré dans R.

Ce-simple

calcul montre

qu’il

est aisé en

agissant

de

temps

en

temps

sur la vis V de maintenir la

pression

dans R

égale

à 7fi0 mm de mercure.

Une série de mesures étant terminée

(4

mesures d’une heure en

général),

on

porte

successivement chacune des

éprouvettes

graduées

sur la cuve

profonde

à mercure et

les mesures de volume sont faites à la

température

ambiante sous la

pression atmosphérique.

4’

Corrections. -- 1° Si, enlre

deux

pesées

demercurP,

la

température

de R a

varié,

on

peut

en tenir

compte

connaissant le volume de gaz que contient R.

Quand

R est

plein

de

mercure, il reste un espace nuisible

d’envi-ron 70 cm3. Or une

partie

du gaz contenu dans cet espace est à des

températures

intermédiaires entre celle de R et celle du four. Seule

l’expérience pouvait

mon-trer si l’erreur

correspondante peut

être considérable. On verra,

d’après

la

régularité

des

résultats, qu’il

n’en

est rien.

2o En

régime

de

marche,

le débit de diffusion est

égal

au débit de la

trompe

à mercure, ce

qui exige

en la une

pression

pouvant

atteindre 2 cm. Comme la pres-sion de l’eau est

variable,

le débit de la

trompe

l’est

aussi,

et au cours d’une

expérience, h

peut légèrement

varier. On en tient

compte

sachant que le volume dans

equel

tire la

trompe

est 170 CM3

(mesuré

dans une

expérience

préalable).

,

Dans les résultats

qui suivent,

tous les volumes gazeux sont

exprimés

en

cm3,

à

0~,

sous 760 mm de

mercure, et toutes les mesures sont ramenées à une durée de 1 heure.

3. Résultats des mesures. -

nlesure a

été f azte

avec

l’hydrogène,

successivement aux

températures 65S~,

5ÕOo, ~~0«,

9500 et 750°. 1~

1500,

une seule mesure a été faite en 4

heures,

mais le débit étant

faible,

le résultat est incertain.

D’autre

part,

une

grande quantité d’hydrogène

a été

perdue

à la suite des 2 incidents suivants :

1° Eclatement du caoutchouc de la

trompe

à eau :

d’où

absorption

d’eau,

dans la

trompe

à mercure et arrêt de

l’expérience.

2~

Rupture

d’un tube de la

trompe

à chute sous les chocs

répétés

des

gouttelettes

de mercure.

C’est

pourquoi

aux deux dernières

expériences,

9500

et

ï~0~,

on n’a pu faire

qu’une

seule mesure.

Par

ailleurs,

le

phénomène

de diffusion s’est montré très

irrégulier.

En

particulier,

une mesure

ayant

été tentée à 4000. la diffusion a peu à peu

complètement

cessé. Il a fallu réchauffer

jusqu’à

6U0° environ pour que,

brusquement

la diffusion reprenne avec un débit très

supérieur

au débit normal à

60(1°;

puis petit

à

petit,

le débit est redevenu normal. J’ai observé trois fois

un phénomène analogue,

et la deuxième fois il a fallu chauffer

jusqu’à

715Ù pour que la diffusion

com-mence.

(6)

E

désigne

les nombres

correspondant au gaz recueilli

dans les

éprouvettes.

AI

désigne

les nombres

correspondant

au volume de mercure introduit par S.

Une deu.Tiènle sé1’ie de mesures a été

faite

avec le deutériul1l successivement aux

températures 6500,

550o

8500, 4500,

750,,,9500.

A une seule mesure en 6 h n’a pas donné de bons résultats.

A 5500

j’ai

fait deux mesures de 2 h

chacune ;

à toutes les autres

températures j’ai

fait 4 mesures d’une heure.

L’eau lourde

employée

a été achetée comme

corres-pondant

au titre de

J9,2

pour 100 de deutérium. Dans

le but de vérifier que la

décomposition

de cette eau me

fournissait bien un gaz à peu

près

pur, c’est-à-dire que la

proportion

d’hydrogène

n’était pas

trop

grande,

j’ai

procédé

comme suit :

ayant

introduit 450 cm3 de deu-térium dans

R,

j’ai

faitaussitôt une

première

mesure à

650°; puis ayant

tout diffusé à

950°jusqu’àunrésidu

de 70

CM3.

j’ai

fait de nouveau uae mesure à 650°. Je n’ai pas trouvé de différence certaine entre les deux me-sures à 6~0~ :

3,8

cm3 avant la réduction de

volume,

3,6

cm3

après

la réduction de

volume;

la dilférence est de l’ordre de

grandeur

habituel.

Voici les résultats obtenus au cours de cette série de

mesures :

Dans le but de -voir si l’état du

platine

n’avait pas

changé

au cours des mesures,

j’ai

fait une nouvelle série de flzesures avec à

6.~Oo,

5000,

7500,

850°,

9~0~,

puis

de nouveao

6~0~,

ces mesures

ayant

des durées variables. Les résultats ont été les suivants :

A

750°,

850o et

950o,

on retrouve sensiblement les mêmes résultats que la 1re fois. Mais à et 5500 c’est

tout différent. Comme le

phénomène

de diifusion a été

cette fois

beaucoup

plus

régulier,

que le

phénomène

de

bouchage

du

platine

ne s’est pas

produit,

pas

plus

d’ail-leurs

qu’avecle

deutérium,

on

peut

penser que les résul-tats des

dt-uxpremières

mesures, faites à 5~)0° et 6500 sont faux du

fait que

le

platine n’avait

pas atteint un état bien

défini. En

conséquence, j’ai préféré

pour

l’hydrogène

ordinaire

garder

toute la 2e série due mesures.

(7)

(’or1’espon-106

dant au deutérium. J’ai admis que la surface du tube

de

platine comprise

à l’intérieur du

four,

soit 33

cm2,

était entièrement àla

températurede

la soudure chaude du

couple,

ce

qui

est évidemment inexact. Aussi la courbe II est-elle

située,

nettement au-dessous de la courbe. Mais on

constate qu’on peut la faire

sensiblement coïncider avec la courbe 1 par une translation de 70~ le

long

de l’axe des

températures,

ce

qui signifie

que la

température

moyenne, au

point

de vue de la

diffu-sion,

du tube de

platine,

était inférieure de 7U° environ à celle de la soudure chaude du

couple.

Mais cet écart

nous

importe

peu

puisque

nous avons en vue des

mesures

comparatives;et

non pas absolues. Orlacourb e

Il se déduit presque exactement de la courbe III eu

amplifiant

toutes les ordonnées de celle-ci dans le rap-4

port

4/3.

On

peut

donc en conclure que dans l’intervalle 3

de

température

étudié,

la vitesse de diffusion du deuté-3

rium est à toute

température

les 3

de celle de 4

gène.

Cette différence semble insuffisante pour

qu’on

puisse

en déduire un

procédé rapide

et efficace de

sépa-ration des 2

isotopes.

Fig. 4.

Courbe 1. - Les croix

correspondent aux résnllats de Lombard et Richardson. Les points ronds à centre blanc 80nt obtenus à

partir des croix de la courbe Il par une diminution des abscisses de 70°. Courbe If. - Les

points ronds à centre noir correspondent à la première série de mesures avec l’hydrogène.

Les croix correspondent à la deuxième série de mesures avec l’hydrogène.

Les points ronds à centre blanc sont obtenus à partir des croix de la courbe III en amplifiant les ordonnées dans le

rapport 4

Courbe Ill. - Les croix

correspondent aux mesures faites avec le deutérium. Ce travail a été effectué à l’Institut du

radium,

au

laboratoire

Curie,

sous la direction de Monsieur

De-bierne. Je tiens à lui

exprimer

toute ma reconnaissance pour la bienveillante attention avec

laquelle

il a suivi

mes essais. Je remercie vivement Madame et Monsieur

Joliot,

pour leurs précieux conseils, Monsieur Guillot qui

m’a

constammentguidédans

mes

expériences,Monsieur

Grégoire

et tous les chercheurs du laboratoire Curie.

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