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TRADUCTION DE LA TERMINOLOGIE DES MEDIAS :
STRATEGIES ET PROBLEMES Translation of media terminology:
strategies and problems
Par/ By Ouafae BENZINA
Résumé
Le présent travail s’inscrit dans une réflexion autour de la problématique de la traduction de la terminologie des médias. C’est un domaine dont le foisonnement terminologique est considérable.
En effet, le progrès qui caractérise ce domaine entraine l’apparition de néologismes dont la transposition vers le français est le plus souvent une tâche extrêmement compliquée Nous nous proposons donc dans notre contribution de traiter des stratégies de la traduction de la terminologie des médias et sa problématique.
Mots clés : Traduction, terminologie, dictionnaire, médias, néologisme
Abstract
This study is a reflection on the problem of translating media terminology. This is an area in which profusion of terminology is considerably given its accelerated development. Indeed, the progress that characterizes this field leads to the appearance of neologisms whose transposition into French is most often an extremely complicated task. Technological advances and the speed with which they develop have created a huge need for terminology.
We, therefore, propose in our contribution to deal with strategies for translating media terminology and its problems.
Key-word: Translation, terminology, dictionary, media, neologism
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 7 Depuis la fin du siècle dernier, le mot média s’est
fortement imposé. Nul ne peut nier que les médias, de toutes sortes, ont bouleversé la vie des humains. Notre monde, en général, et notre société, en particulier, se sont transformés grâce à l’accroissement foudroyant des nouvelles technologies. Avec l’émergence de plusieurs types de médias - la presse (écrite, audio-visuelle et électronique), le cinéma, la télévision, la publicité, l’informatique, le numérique, Internet, les réseaux sociaux - la communication et l’échange connaissent, de nos jours, une accélération et même une hyper accélération dans la diffusion de l’information. Internet et les médias sociaux facilitent énormément la communication, les interactions sociales, le partage des informations, etc.
Néanmoins, le lexique véhiculé par ces nouveaux modes de communication pourrait constituer l’une des difficultés de leur usage.
Ainsi, la production d’un document de référence qui représente un éventail intéressant de la terminologie de plusieurs types de médias: imprimés, audio-visuels, électroniques, et particulièrement ceux qui touchent les nouveaux moyens de communication, va permettre la diffusion du français dans ces champs techniques à côté de l’anglais, considéré comme une référence dans le domaine.
Il serait donc nécessaire de produire un lexique bilingue des médias s’adressant aux étudiants des écoles et Instituts spécialisés dans le champ du journalisme et l’information ainsi qu’à leurs enseignants, aux journalistes, aux chercheurs dans ce domaine. En général, c’est une référence qui peut viser toutes personnes spécialistes du domaine des médias. Il peut être également un outil considérable aux traducteurs, aux futurs traducteurs-interprètes, et aux apprenants de l’une de
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 8 ces deux langues. Et c’est l’un des avantages des dictionnaires
bilingues ou multilingues souligné par Lynne Franjié, dans La Traduction dans les dictionnaires bilingues :
L’apprenant de la langue étrangère emploie le dictionnaire bilingue pour accomplir plusieurs tâches: comprendre un message en langue étrangère (en traduisant vers sa langue maternelle) ou rédiger un message en langue étrangère (en traduisant à partir de sa langue maternelle) » (Franjié, 2009:22).
De même, ce lexique bilingue serait un outil important pour toute personne impliquée aussi bien dans le domaine de la presse, de la communication, du cinéma, que dans les nouvelles technologies d’information.
1. Présentation du corpus
Afin d’élaborer notre corpus, constitué de la terminologie des médias en langue anglaise, nous nous sommes basée sur plusieurs références qui traitent du lexique des médias, notamment les dictionnaires des médias en anglais :
▪ The Pratical Media Dictionnary de JermyOrlebar;
▪ Dictionnary of Media and Communications de Marcel Dansei
▪ مجعم تاحلطصم ملاعلإا
عمجم ةغللا ةيبرعلا médias des
lexique
Aussi, sa conception s’est basée sur la documentation (lexiques et glossaires) qui traite des médias, disponible en ligne sur Internet, particulièrement, Petit Lexique de la communication. Pour ce qui est de la terminologie véhiculée dans les médias sociaux, nous avons consulté les principales plateformes, à savoir : Facebook, Twitter, Instagrm, etc.
Ainsi, le choix de l’anglais comme référence est dicté par la place vedette qu’occupe cette langue dans le domaine des médias, étant donné qu’elle est pionnière dans le domaine.
Qui ne connait pas le sens du mot selfie, d’origine anglaise,
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 9 devenu international et bien d’autres mots qui ont intégré
notre langue sans qu’ils soient traduits?
En ce qui concerne notre corpus, un échantillon est présenté, ci-dessous :
Advertising, Advertising advisor Advertising agency Advertising agent Advertising appeal Advertising approach Advertising art Advertising banner Advertising brand Advertising campaign Advertising claim Advertising content Advertising copy
Advertising effectiveness Advertising ethics
Advertising film Advertising goal Advertising industry
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 10 Advertising manager
Advertising market Advertising matter Advertising medium Advertising message Advertising opportunity Advertising rates
Il faut bien l’avouer, répertorier tout le lexique des médias relève de l’utopie, vu la richesse de ce domaine et son évolution incessante. De là, nous étions amenée à faire des choix dans l’élaboration de notre corpus.
Ainsi, trouver l’équivalent adéquat à chaque terme n’est pas sans difficultés. Dans cette communication, nous n’évoquerons pas les difficultés liées aux équivalents arabes et à leurs définitions et nous nous limiterons aux problèmes associés aux équivalents français.
2. Stratégies et difficultés
2.1. Complexité du domaine des médias
La terminologie spécialisée est l’une des difficultés à franchir pour accomplir une bonne traduction de l’anglais vers le français, sachant que la nature même du domaine est complexe. Les médias regroupent un nombre considérable de champs : l’affichage, la radio, la télévision, le cinéma, jeux vidéo, la photographie, Internet, etc. En outre, le progrès qui caractérise ce domaine entraine l’apparition de néologismes dont la transposition vers le français est le plus souvent une
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 11 tâche extrêmement compliquée. Par conséquent, la
délimitation du domaine s’est imposée.
2.2. La traduction
Avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de communication, le monde est devenu un village planétaire. C’est grâce à la traduction que la communication humaine est assurée et les relations internationales sont maintenues. Aujourd’hui, la traduction joue un rôle majeur dans la conservation des liens entre les diverses civilisations et cultures.
Au milieu de cette surabondance des informations à traduire, une partie considérable appartient à la traduction spécialisée.
De façon générale, pour être en mesure de faire une bonne traduction, le traducteur doit maîtriser les deux langues (la langue source et la langue cible). Cela suppose qu’il doit avoir une bonne connaissance du lexique et de sa signification.
Cependant, en traduisant dans un domaine aussi complexe que celui des médias, ces connaissances sont nécessaires mais insuffisantes. De plus, il est impossible pour un traducteur de connaitre toute la terminologie de ce vaste domaine. Le besoin de se documenter est donc nécessaire pour pouvoir suivre l’évolution perpétuelle du monde moderne.
À cet égard, la traduction dans un domaine spécialisé nécessite la compréhension du terme, trouver l’équivalent adéquat, traiter de l’absence d’un équivalent approprié, résoudre des variations dénominatives.
Actuellement, la traduction peut être exécutée aussi bien par l’homme que par la machine. A ce titre, pour traduire, le recours à Internet est devenu, de nos jours, une nécessité.
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 12 D’ailleurs, le premier réflexe qu’on a tous, et pas seulement
les traducteurs, à présent, est de se servir d’Internet pour traduire au lieu de consulter un dictionnaire en papier.
Aujourd’hui, plusieurs sites Web proposent des traductions en ligne immédiates et gratuites : Systran, Reverso, Yahoo, ainsi que Google Translate, le plus populaire des sites de traduction automatique. En effet, Google Translate propose de la traduction automatique dans plus de cent langues, en traduisant des mots, des phrases, des pages web. Ses six principales langues sont : l’anglais, le français, le chinois, l’arabe et le russe. À cet égard, l’équivalent du contenu d’un million de livres est traduit chaque jour.
Aussi, le recours aux dictionnaires électroniques disponibles en ligne s’avère également efficace. Pour un mot, ces outils affichent une liste de traductions possibles. En effet, avec l’évolution des nouvelles technologies, la lexicographie a progressé à son tour. Au cours des dernières années, la mise en œuvre de l’informatique dans toutes les étapes du travail du lexicographe et dans la consultation d’un dictionnaire par l’utilisateur est certainement l’une des plus grandes évolutions de la discipline de la lexicographie.
Le passage des dictionnaires papier aux dictionnaires électroniques accessibles aussi bien sur CD/DVD-ROM que sur Internet est de plus en plus fréquent. Cette intégration a bien rendu la navigation non linéaire dans la nomenclature plus maniable et plus rapide. En outre, le support électronique permet bien évidemment de réduire le coût d’un dictionnaire et accorde une mise à jour plus pratique.
Pour ce qui est des équivalents en français, nous avons profité de l’existence d’une terminologie en ligne, entre autres
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 13 la terminologie diffusée par le gouvernement du Canada sur
son site : http://www.bt-tb.tpsgc-pwgsc.gc.ca.
En outre, le recours aux spécialistes du domaine est nécessaire pour affiner la nomenclature et préciser les concepts. Pour traduire la terminologie des médias de l’anglais vers le français, nous exposerons ci-dessous quelques stratégies.
2.3 Stratégies de traduction
L’un des procédés exploités pour traduire la terminologie simple et complexe des médias de l’anglais vers le français est le calque. Ce dernier se définit comme suit : « Le calque consiste à utiliser des éléments lexicaux qui existent dans une langue donnée avec la construction ou le sens qu’ont ces éléments dans l’autre langue. On n’emprunte pas un mot mais l’emploi qui en est fait.» (Chuquet et Paillard, 1987 :223).
Il s’agit d’une traduction littérale d’un mot ou d’une expression de la langue source (anglais) vers les langues cibles (arabe et français). Nous ne donnons ici que des exemples de l’anglais vers le français.
Actor Acteur
Analog Analogique
Blog Blogue
Card Carte
Developer Développeur
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Pamphleteer Pamphlétaire
Unblock Débloquer
Notons qu’une partie considérable de la terminologie des médias est représentée par des mots composés. Ci-dessous quelques exemples de traduction de termes complexes:
Advertising goal but publicitaire collaborative blog blog collaboratif
Cable television télévision par câble Director of production directeur de
production private profile profil privé Ultra- high frequency (uhf) ultra hautes
fréquences Uneditedtext texte non édité
Warfilm film de guerre
Website committee comité de site web
Pour ce cas, généralement, la traduction n’est pas toujours sans problèmes. En effet, la traduction littérale peut mener à des expressions qui n’ont aucun sens en langue cible. D’où le recours à l’équivalence sémantique :
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 15 Mot complexe
ou expression
Traduction littérale
Traduction adéquate
Access channel Canal d'accès chaîne à accès public Boosted post poste boosté publication mise en avant
Call in program Appelez le programme
émission où les auditeurs ont la parole
Knocking copy Copie de frappe
contre publicité
display advertisement
afficher la publicité
annonce publicitaire graphique
Page maker Fabricant de page
Créateur de page web Piece-to-camera Pièce à
caméra
Regard caméra
mobile view vue mobile affichage pour mobile
Ces exemples illustrent parfaitement les erreurs générées par les traducteurs automatiques. En effet, les incohérences d’ordre terminologique sont très fréquentes par la traduction automatique.
En l’absence d’équivalents exacts, pour certains termes anglais, leur traduction nécessite le plus souvent la
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 16 reconstitution d’expressions plus complexes par reformulation
(ou paraphrase).
Whip câble souple
Brand marque commerciale
Clickbait piège à clics
Disclaimer avis de non-responsabilité Impersonation usurpation d'identité
Pitch Argumentaire de vente
Retweet partager un gazouillis
Friend request demande d'ajout à une liste d'amis
Underlay calque sous-jacent
Webcast diffuser sur le Web
Comme il a été souligné, le progrès incessant du domaine des médias entraîne l’apparition de néologismes. La transposition des néologismes vers le français est l’une des difficultés majeures rencontrées. Faute de sources terminologiques, nous étions amenés à faire des recherches approfondies auprès des spécialistes et dans des documents spécialisés ou à recourir à l’emprunt quand on se trouve face à des mots intraduisibles. Dans le Dictionnaire de linguistique, J. Dubois définit l’emprunt comme suit :
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 17 Il y a emprunt linguistique quand un parler A utilise et
finit par intégrer une unité ou un trait linguistique qui existait précédemment dans un parler B et que A ne possédait pas ; l’unité ou le trait emprunté sont eux-mêmes appelés emprunts.
(Dubois, 1973 :188)
Ainsi, lors du transfert de l’anglais au français, l’emprunt était pour nous un moyen pour combler les lacunes lexicales tout en conservant l’unité lexicale de la langue d’arrivée.
Anglais Français
Box Box
Emoji Emoji (mot japonais)
Hacker Hacker
Pack shot Packshot
Walla; walla-walla Walla
Web master webmaster/administrateur de site web
Webby Webby
Néanmoins, l’emprunt n’est pas toujours une solution, étant donné que ces équivalents étrangers que l’on cherche à éviter. En outre, les textes officiels qui essayent de lutter contre l’anglicisme changent. À titre d’exemple, le mot e-mail n’est apparu dans la nomenclature du Petit Robert qu’à partir de 1993, signalé comme anglicisme, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un emprunt à l’anglais, en donnant les équivalents suivants : adresse électronique, courrier électronique et courriel en
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 18 Belgique et au Québec. Ce mot d’origine québécoise et qui ne
figurait pas auparavant dans le vocabulaire officiel, a été approuvé par l’Académie française, selon le journal officiel publié le 20 juin 2003, vu sa diffusion dans l’usage.
Le 11 janvier 2018, des équivalents français du vocabulaire des télécommunications ont été publiés par la commission d'enrichissement de la langue française au Journal officiel.
Voici quelques-uns de ces nouveaux termes :
Selon ce texte officiel, un smartphone doit désormais être nommé mobile multifonction, ou simplement mobile, en forme abrégée. Ce dernier terme désigne aussi « un téléphone qui n’assure pas l’accès à l’internet », reconnaît la commission.
D'autant qu'en 2009, une première publication préconisait de remplacer smartphone, par terminal de poche ou ordiphone.
Parmi les autres termes préconisés dans le Journal officiel, beaucoup sont des traductions littérales de l'anglais. Alors, il ne faut pas dire non plus Internet of Things, mais internet des objets. De même pour smart TV, qui sera remplacé par téléviseur connecté. Il n’est donc pas évident de s’y retrouver au sein de cette terminologie changeante.
(www.francetvinfo.fr).
Pour quelles dénominations faut-il opter maintenant, surtout quand l’équivalent français est préconisé et reste inutilisable par les usagers des nouveaux médias, citons les exemples : gazouillis = tweet, gazouiller = twitter ou mot- dièse = hash-tag. Dans ces cas, c’est le terme anglais qui est privilégié puisqu’il sonne mieux que l’équivalent français ?
Par ailleurs, en traduisant la terminologie des médias, la dimension culturelle ne doit pas être sous-estimée. En effet,
https://revues.imist.ma/index.php?journal=FLS 19 dans la traduction, il s’agit de transmettre un sens moyennant
des langues et des cultures. Plus un mot est ancré dans une culture, plus il est difficile de le traduire et de le transmettre indépendamment de cette culture. Dans ce cas-là, c’est le traducteur qui décide s’il faut ajouter des informations ou des explications complémentaires.
Ainsi, la traduction de la terminologie des médias n’est jamais finie. Vu les difficultés citées, la traduction dans un domaine spécialisé, en constante évolution, ne peut être achevée et le résultat est à reprendre sans cesse.
Ouafae BENZINA Université Moulay Ismail, Meknès
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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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