Rédaction :
Narcisse-René P R A Z , satyre en chef
/ Pari tenu, vent dans le dos,
M e voici donc hebdomadaire ! Et je vous promets pour bientôt, Une page supplémentaire.
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P o u r ceux qui sont CbWrçç P o u r tout ce qui est C o n t r e
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Journal satirique et satyrique
L e s c a v a l i e r s d e l ' A p o c a l y p s e
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N° 18 - 6 juillet 1971 paraissant le mardi
Administration : sur ordonnance
a d a i r e
C 6 N T R E ceux qui sont p O U R C6NTKE tout ce qui est POUR
La pilule » est en vente sans carnet à souches 1 franc
... C h a c u n s o n d a d a ! . . .
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( i = = ^L e c u l t e d u z ' h é r o s U n ancien G.I. a reçu des mains du président Nixon la
« Medal of honour », la plus haute décoration militaire des Etats-Unis.
Et le z'héros en question de déclarer à un journaliste immé- diatement après avoir été décoré qu'il était complètement
de dollars au shah de Perse qui cultive ses 12 000 hectares de pavot pour qu'il cesse d'inonder les U S A de sa drogue.
De deux choses l'une :
- ou bien la drogue rapporte au shah plus que 155 mil- lions de dollars par an et on comprend que le shah, désin- téressé c o m m e chacun sait, ait refusé le marché;
intoxiqué de marijuana lorsqu'il accomplit le fait d'armes — ou bien Nixon est impatient de décorer de nouveaux qui lui valut cette distinction suprême...
Et, relate le journaliste, le L e m o n intoxiqué « se battit
c o m m e un lion, à coups de fusil, de mitrailleuse, de gre- . Et tout ceci est vrai. Foi de satyre.
« héros » qui se seront illustrés dans des massacres au Viet- n a m sous l'effet de la drogue...
nades, décimant les assaillants... Il lutta m ê m e au corps à corps et ramena un compagnon blessé à l'arrière, avant de s'effondrer à bout de forces, perdant son sang de trois bles- sures... A l'hôpital de campagne, l'héroïque L e m o n refusa de recevoir ses soins avant les autres blessés plus gravement atteints que lui-même... »
Mais son héroïsme ne s'arrête pas là :
— Plus je réfléchis, plus je m e dis qu'elle ne peut être divi- sée en douze morceaux, cette médaille, déclare encore le z'héros. Mais cela ne ramènera pas à la vie mes trois compa- gnons tués durant le combat...
Et il se mêle d'avoir des idées, le G.I. :
— Je suis contre la guerre, mais pas nécessairement anti- militariste !
O n s'en doutait un peu. Il se fait aussi historien :
— J'ai vu un officier (Coréen, qu'il dit!) exécuter sur place trois soldats communistes qui voulaient se rendre et aussi un lieutenant détesté par ses soldats qui a été mis en pièces par l'explosion d'une grenade placée par un G I dans un lavabo...
Mais il n'est pas antimilitariste pour autant, l'héroïque L e m o n ! Il dit que la guerre est « ridicule »...
11 ne croit pas si bien dire. Il reste une question en suspens:
puisque la drogue fait d'un vulgaire soldat un héros, pour- quoi le président Nixon, après avoir décoré le z'héros du jour de la plus haute décoration militaire américaine, à peine rentré chez lui, a-t-il fait l'incroyable déclaration sui- vante :
« Si nous ne pouvons pas venir à bout de la menace de la drogue, aux Etats-Unis, elle finira par nous détruire. » Pourquoi ? O n se le demande. Puisqu'elle fait des héros ? Et il a alloué une s o m m e de 155 millions de dollars pour lutter contre la drogue. Grosso m o d o un dollar par habitant.
Et pourquoi a-t-il complété sa déclaration par la demande au Congrès de l'autoriser à maintenir un combattant au Vietnam trente jours de plus sous les drapeaux, après la fin de son temps normal, s'il est un drogué prouvé ?...
Bizarre, bizarre.
Il n'est pas venu à l'esprit de Nixon d'offrir ces 155 millions
Elle finira par nous détruire ? Avez-vous fait les comptes exacts des h o m m e s , femmes et enfants que V O U S avez
« détruits » au Vietnam avec votre sale guerre, Monsieur le Président ?
Il y a L A drogue, c'est vrai. Mais les vôtres sont pires en- core : le nationalisme imbécile et vos dollars. Si L A drogue détruit cette civilisation-là, Monsieur le Président, vive la drogue ! Et vive le shah d'Iran. Entre deux maux...
En attendant, soldat L e m o n . vous ferez trente jours de plus au Vietnam ! Et c o m m e la plus grande partie des soldats américains se droguent, actuellement, on m u r m u r e que le Nixon aurait trouvé ainsi le moyen de freiner le rapatrie- ment des troupes, rapatriement promis à grand renfort de publicité électorale.
Futé, le Nixon ! Très futé... Le shatyre en chef Pi*
« L a Suisse » écrit à propos du chef de section de Vicques, sous le titre : « U n chef de section injurié » : « ... L a façade blanche de la villa du chef de section militaire de Vicques, M . A. Allemann, a servi d'écran aux partisans de l'institu- teur du lieu qui n'ont pas admis les propos du représentant de la Direction militaire cantonale, qui a écrit aux instances supérieures que « les enragés séparatistes ne sont pas assez punis. » C e qui lui valut de se faire traiter en toutes lettres de cochon sur la façade de son habitation en bordure de la route cantonale. »
Et « L a Suisse » d'enchaîner :
« L a déception de M . Allemann fut grande... » D'autant plus grande que l'Allemann en question se croit « tolé- rant » : « ... J'ai toujours été un modéré... » dit-il avec com- plaisance au correspondant de « L a Suisse ».
Vos faits et vos écrits le prouvent, Monsieur : pourquoi insister si lourdement ? « Les enragés séparatistes pas assez punis » auront apprécié d'eux-même..-.
Fi ! Q u e c'est vilain, « enragés séparatistes », d'écrire de vilaines choses sur la façade de la maison de votre chef de section militaire ! Vilain, vilain. Il est tout triste, mainte- nant, le modéré M . Allemann... "7 (, <? i
O u i e s t B a r b a r a ?
L'eussiez-vous cru ? « La Suisse » se distingue ! A force de se dire que le « cinéma suisse existe » chaque fois qu'un audacieux
se jette à l'eau pour produire un film (tous les cinq ans, rassurez- vous !), on y est arrivé. Enfin ! Le cinéma suisse existe.
Oui. Le cinéma militaire. Sans blague. Et on se distingue, m ê m e ! Vous en doutiez ? Voici la preuve que la Suisse est sur le point de prendre une place de choix dans la production cinématogra- phique mondiale :
« BERNE. Lors du S' Festival international du film militaire (!!!) qui a eu lieu à Versailles, une médaille de bronze a été décernée pour le film « Qui est Barbara ? » produit par le Service cinéma- tographique de l'armée suisse sous la direction de Friedrich Schragg... (Pas Schregg : Schragg !). Ce festival a vu la participa- tion de trente-sept nations qui ont présenté huit cent quatre- vingt-cinq films. (Sans blague : il y a par le monde huit cent quatre-vingt-cinq réalisateurs de génie qui s'amusent à faire du...
cinéma militaire ! Appréciez : la culture cucu-la-pralinesque n'est pas morte ! « Qui est Barbara ? » est un film de propagande pour le service militaire féminin...)
Ceci est un communiqué de l'Agence télégraphique suisse à Berne.
Pas étonnant que Jean-Luc Godard soit allé à l'étranger faire du cinéma : comparé à M. Schragg — qui décroche, lui, une mé- daille de bronze à Versailles — Godard, c'est de la grosse tam- bouille !
Précipitez-vous au cinéma. Allez voir ce film et racontez-le nous ! Le satyre en chef est allé jusque devant la porte, mais il a été soudain pris de crampes. Pure coïncidence.
Mais qui est Barbara ? « La Pilule » est fière de vous la pré- senter. La voici :
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Troublante et barbare Barbara, vedette du film primé à la gloire du Service complémentaire féminin. Sa beauté n'a d'égale que la féminité d'une femme-soldat d'outre-Sarine...
page 1
H e u r t e p è t e r ï e s
Voici quelques extraits de la prose heurtebisienne dans
•< La Suisse ». journal nullement fasciste c o m m e .chacun sait :
(A propos du service civil) :
« ... Ces officiers et ces soldats indignes de la confiance du Pays (majuscule, s.v.p.) et rebelles à ses lois doivent être poursuivis jugés et c o n d a m n é s sans faiblesse ni pitié... »
. Voyez-vous le dilemme proposé à nos « recrues » fu-
i n g r a t s !
A l'occasion du récent voyage de M. Georges Pompe-â- sous en Belgique, un institut de sondage d'opinion pu- blique a publié le tableau d'honneur des pays amis de la France. A la question : « Quel est, à votre avis, le peuple le plus ami de la France ? » il fut répondu à une écrasante majorité :
1. La Belgique; 2. L'Allemagne; 3. Le Canada; 4. Les Etats- Unis et 5. La Suisse...
C'est à désespérer d'être bons ! Q u a n d on pense... Q u a n d tures à qui Ion laisserait le choix daller faire en caserne on pense qu'en 1871 nous avons ouvert nos frontières à
leurs armées en déroute. Charitablement. Le cœur sur la main. A tel point que Heurtebise, dans un article nostal- gique de commémoration, déplorait que les P T T n'eussent pas édité un timbre-poste spécial...
Quand on pense qu'à la fin de la guerre nous avons trouvé les moyens de tourner un film qui s'intitulait « Marie- Louise » pour exalter nos mérites de « peuple accueillant » (d'ailleurs, nous n'avons plus jamais trouvé les moyens de tourner d'autres films de long métrage depuis lors : faut croire qu'on en avait besoin pour nous blanchir aux yeux du monde)!...
Q u a n d on pense que nous avons trouvé le moyen d'ac- cueillir plus de 200 000 réfugiés de tous les pays pendant la guerre et de n'en refouler que 10 000 !...
Il n'y a qu'une explication à cette ingratitude : l'Institut l'apprentissage militaire ou de venir jouer les nourrices
sèches dans la pouponnière du quartier ? U n humoriste n'aurait osé l'inventer. »
Signé ; Heurtebise Hélas, Heurtebise, on vous a inventé, vous. Pour la plus grande joie des humoristes ! Votre chance ? Vous ne vous rendez pas compte...
(A propos des manifestations de rue) :
« Leur cas (les antimilitaristes) est d'ailleurs semblable à celui de ces autres corpuscules qui pensent aller mul- tipliant dans nos rues les manifestations interdites, en toute liberté, pour ne pas dire en toute licence (réd. !) et
poussent des cris de putois sitôt que la police tente de faire respecter la loi et des hurlements d'orfraie parce qu'on prend la J U S T E précaution de les photographier... »
Vous, Heurtepet, on vous a déjà photographié pour la d'opinion publique qui a m e n é cette enquête est tombé postérité. Et je peux vous jurer qu'on se marre bien, sur ces dix rr ille-là !
Quant à vos vents de putois et à vos bises d'orfraie, on n'entend que ça à Genève. Gardez donc votre souffle pour cette bonne cause : votre heurtepèterie.
(A propos d'un défilé militaire):
«... C'était une heure de vérité de Genève. O n le sut mieux encore quand les trois drapeaux cravatés de rouge et de jaune (du Vatican ?) passèrent devant le front des bataillons rassemblés en strict gris-vert, après que le régimentier eut annoncé les troupes aux autorités pré- sentes et prononcé une forte allocution que nos journaux, je l'espère, publieront... N o s soldats, depuis un siècle, n'ont pu s'enorgueillir d'actions d'éclat (réd. il a failli ajouter : hélas!) ni d'exploits héroïques... »
Mais si, mais si, Heurtepet : ils ont passé par les armes dix-sept de leurs camarades pendant la dernière guerre pour crime de haute trahison, parce que ces camarades avaient livré à votre copain Mussolini et à son salopard d'allié l'Adolphe des photos de nos barrages anti-chars- aériens...
Vous aviez oublié ces exploits-là, Monsieur de Heurtepet ? Pas nous. Pas nous...
(A propos des « grandes m a n œ u v r e s »):
y a des rumeurs qu'il faut faire taire et des tumeurs
M a n q u e de pot.
Mais le comble des combles est d'être classé... derrière l'Allemagne !
A méditer, ô peuples imbéciles ! Et la Croix-Rouge, alors ? Et Caritas ? Et Swissaid ? Bernique. Ils s'en moquent, les Français ! La Suisse, ça reste le pays où de sales frau- deurs planquent leur fric.
U n point. C'est tout.
A méditer aussi.
La Suisse ? Mais, mauvaises langues, quand cesserez- vous de chuchoter qu'elle a providentiellement « hérité » de plusieurs centaines de millions de francs que les Juifs morts dans les c a m p s de concentration avaient planqué dans nos banques, millions que réclament en vain leurs héritiers ?
Vous ne pourriez pas vous taire, non ?
Le satyricon
Oh! Quel cul(ture) t'as!
R e v u e u n e
Les chemins de « La Suisse » sont pavés de bonnes inten- tions. Ainsi, quand on y relate, de façon aussi « neutre » qu'il faut percer. Trop de journaux n'ont fait qu'une place «oro. « m s . , q u a n ^ o n j ^ m w , ^ J ^ ™ 0 ^ ' % £ £ D^ccoïd'avec lous. Heurtepet5" il" y a des «rumeurs» «ons de plusieurs dizaines de jeunes manifestants on
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qu'il faut faire taire. Il faut crever le m u r du pet... Vous le dites vous-même plus loin : « ... La vraie semaine gene- voise de la paix, c'est celle qui a c o m m e n c é par l'impo- sante cérémonie de M o n Repos... »
Ouf ! Drôle de conception de la paix, Monsieur de Heur- tepet.
(A propos de l'anniversaire de l'entrée en Suisse des troupes françaises en 1870) :
Et pas un timbre pour rappeler les événements que connut la Suisse voilà un siècle ! Pas un timbre pour évo- quer la mobilisation de notre armée en
timbre pour évoquer le passage en Suisse, en février 1871, de l'armée de l'Est ! Pas un timbre pour se souvenir de l'accueil fait par la population aux Bourbakis mourant de froid et de faim... »
Pauvre Heurtebise ! Et nous ajoutons ;
— Et pas un timbre pour célébrer l'indéfectible attache- ment de M. de Heurtebise aux théories mussoliniennes qui étaient pourtant les sœurs
certain Adolphe qui a sur la conscience l'extermination de six millions d'êtres humains.
Pas un timbre pour célébrer les élucubrations de Heurte- bise !
U n e histoire de timbrés.
Et si on ajoute que Heurtebise se met à faire l'éloge de Paschoud-du-Pamphlet, vous aurez tout compris.
(A propos des Brésiliens q u e l'on sait...) :
« ... C'est notre devoir de mettre à la porte des indési- rables venus du Brésil via l'Algérie. O n ne discute pas avec des terroristes dont les méthodes relèvent du bandi- tisme et du droit commun... »
Là, Heurtepet, permettez ? C'est « La Suisse », votre propre journal, qui vous répond, dans le m ê m e numéro, par M. Raoul Rieben interposé et sous le titre : « U n vent d'intolérance se lève ».
Alors, on peut rigoler, Heurtebise ? Oui ? Votre propre journal se paie votre tête ! Pourquoi pas nous ?
Le satyre en chef
15000 signatures
p o u r 8 0 f r a n c s d ' a m e n d e
Les pieux imbéciles qui ont organisé à travers le Valais une collecte de signatures contre « l'invasion de la porno- graphie » en sont pour leurs frais ; le Tribunal de Sion vient de prononcer ses condamnations : deux a m e n d e s de 80 francs.
O n devrait fêter ça !
Et si on ajoute que les c o n d a m n é s ont recouru, l'affaire risquant de se terminer c o m m e un pet dans l'eau, on n'a pas fini de se payer la tête des bigots de service au
« Nouvelliste » qui ont déclenché les hostilités ! Ils ont plutôt l'air... de ce qu'ils sont. N o n ?
Quant au juge de Riedmachin, il serait au bord du suicide.
L'anonyme instituteur de Monthey qui avait déposé la plainte se fait plus a n o n y m e que jamais...
A h ! S'il pouvait disparaître sous terre ! A m e n .
explique : ces jeunes gens avaient les poches bourrées de pavés...
Vous l'avez lu c o m m e moi. Dans « La Suisse ».
Il faut bien justifier ces arrestations, non ? Eh bien, main- tenant, génial reporter, essaie donc de soupeser un pavé et tu m e diras combien, à ton avis tu peux en transporter dans tes poches...
Mieux.
Tu vas prendre les mensurations exactes d'un pavé gene- vois, puis celles des poches des blue-jeans de ces tristes 70-71 f ~Pas un individus que sont les jeunes et tu m e diras seulement s'il
est possible d'introduire un seul pavé dans une poche de blue-jean normalement constitué...
Après ça tu iras dire à la flicaille qui t'a donné ce « tuyau » pour justifier la rafle, que la prochaine fois tu vérifieras leurs « sources d'information »...
Mais, après tout, tu n'es guère plus coupable que tous les imbéciles qui ont donné leur version du spectacle des i,umeMe<;,,,drce|,|es,,d'un Tréteaux Libres sans .y avoir jamais assisté, se fiant au
« récit imagé » que leur en avaient fait quelques flicards qui se sont pris pour des critiques d'art dramatique. Et on a dû rigoler un bon coup, dans les rangs des c o m p a g n o n s des Tréteaux Libres en lisant sous la plume d'estimés confrères qu'ils avaient m ê m e assisté à une scène de
<• dépucellement »... Scène qui n'a existé que dans l'ima- gination des flics. O u plus exactement scène qui avait une signification absolument étrangère à la « vertu », mais que nos géniaux flics-critiques interprétèrent selon les méan- dres d e leur esprit tortueux et toujours en éveil-
Culture, quand j'entends ce mot, je sors m a matraque.
(C'est presque du Goebbels).
Les flics genevois, eux, quand ils entendent parler de pavés, sortent leur cul-culture.
Le Satiricon
B o n n e t b l a n c , blanc bonnet!
Résultat spectaculaire de l'avènement du communisme à C u b a : on a promulgué à La Havane une loi anti-fainéants.
Et on envisage froidement deux ans de prison pour ceux qui refusent de travailler.
Bravo, camarade Castro ! Et voici les considérants de cette loi scélérate : « Considérant que le travail est un droit que garantit l'Etat autant qu'un devoir que doit accomplir l'individu...
Fidel, tu as eu de la chance de faire ta révolution à Cuba:
si tu l'avais faite en Corse, tu serais déjà, à l'heure qu'il est, transformé en passoire.
Et le législateur considère quil y aura délit pour la per- sonne qui se trouve « en état pré-délictueux de paresse », c'est-à-dire pour quiconque aura cessé de travailler de- puis plus de quinze jours...
O n croyait, chez nous, que les travaux forcés étaient syno- n y m e s de punition pour crime ?
Cependant à y regarder de plus près vous et moi, hein ? O n ne risquerait pas grand-chose, car les travaux forcés, nous y s o m m e s bel et bien « librement » condamnés. A perpétuité. Essayez donc un peu, à part vos vacances bien programmées et calibrées, de ne plus travailler ? L'Office des poursuites remplace avantageusement les sbires de Castro. N o n ? Bonnet blanc, blanc bonnet.
Arrêtez le massacre!
La fête continue. Le colonel William Lenoir, le bien n o m m é , grand juge (tu parles d'un « grand » juge !) vient de prononcer les sentences historiques suivantes : 1. John Michel A., artiste peintre, Genevois, vingt-trois
ans, fera trois mois de prison pour refus de servir.
2. Jean Arsène J. fera quatre mois de prison. Il était pour- tant défendu par Charles Dellberg, doyen de l'Assem- blée fédérale... Il fut un temps où la voix des aînés était considérée c o m m e celle de la sagesse.
D e nos jours, en Suisse, un « grand juge » ne se prend pas pour la queue de la poire et se croit vraiment
« grand »...
Mais quand donc arrêtera-t-on le massacre ? Q u a n d tu seras grand, m o n petit juge...
Un humaniste, ça?
Un journal valaisan dont nous avons décidé de ne plus faire la publiclité rapporte sous le titre : « Propos sur la milice — une profession de foi du divisionnaire Lattion » la brillante conférence que le nouveau promu de l'armée suisse a tenue à Conthey.
Et l'âne de service de qualifier le Lattion en question de
« grand chef militaire, humaniste, h o m m e de cœur qu'au- cun problème humain ne laisse indifférent. »
Ben, m o n colon ! C o m m e n t peut-on être humaniste et colonel ? C'est la première question que nous posons. U n colonel étant, par définition, un h o m m e qui donne l'ordre à ses h o m m e s de tuer d'autres h o m m e s , on voit mal l'hu- manisme là-dedans...
Quant à l'homme de cœur qu'aucun problème humain ne laisse indifférent, nous lui suggérons simplement de se pencher sur les dossiers des objecteurs de conscience qui croupissent en ce m o m e n t dans les cachots helvé- tiques pour avoir refusé de devenir des « h o m m e s de cœur » revus et corrigés par les gens qui pensent et agissent c o m m e le colonel Lattion.
C'est un peu c o m m e si on vous annonçait que le Prési- dent de la Fédération des sociétés de chasse à courre de France, le Président du Comité directeur des associations internationales des bouchers et directeurs des abattoirs réunis, le Président Directeur de l'Association des mata- dors et picadors réunis faisaient une proclamation univer- selle des droits des animaux...
Humaniste..., c o m m e dirait Zazie !
Le Saturécon
Télé - piq uette
Roger Bonnepiquette, conseiller fédéral de son état, pla- gie. A propos du « malaise de la télévision », il a déclaré :
« La liberté d'expression des collaborateurs de la radio et de la télévision ne peut pas être assimilée à celle des rédacteurs de journaux. »
Quelqu'un a déjà dit ça un jour : le grand Chariot de Gaulle. Propos repris ensuite par son successeur P o m p e - à-sous textuellement au cours d'une conférence de presse.
A part ça, qu'on nous permette de rappeler ici les paroles de M. Georges Duplain, ex-journaliste parlementaire, le jour où il fut élu directeur de l'Agence télégraphique suisse à Berne : « Il est normal que l'information soit le reflet de l'opinion du Conseil fédéral. » Si ces propos n'ont pas été tenus — à la télévision précisément — par M. Georges Duplain, le satyre en chef veut bien être pendu haut et court. C'était le soir m ê m e de son élection.
Etre journaliste à la télévision cela veut donc dire, ô grand Bcnvin, réciter la leçon préparée par les sept conseillers fédéraux selon le dosage habituel : 20 % d'égards pour les religions officielles et majoritaires, 2 0 % de vacheries pour les minorités non représentées au Conseil fédéral, 20 % d'onctions pour les grands partis représentés au Conseil fédéral, 20 % de neutralité courageusement lâche devant les crimes contre l'humanité commis un peu par- tout dans le m o n d e et 20 % de propagande mal déguisée pour l'Ordre, le vôtre.
Drôle de piquette, Monsieur Bonnepiquette.
Fort heureusement pour nous, il y a à la télévision aussi de vrais journalistes. Qui ne marchent pas à la baguette.
Qui ne marchent m ê m e pas du tout...
Faut vous résigner, M. Bonvin : l'intelligence est en marche et rien ne l'arrêtera. Elle va peut-être m ê m e un jour être exigée des candidats au Conseil fédéral...
A propos, Monsieur le Conseiller fédéral, est-ce vrai, ce qu'on dit ? O n chuchote qu'on ne serait pas pressé du tout, en Valais, d'installer des relais pour permettre aux pieuses populations de capter les programmes français.
Parce que c'est pernicieux, l'esprit français. N'est-ce pas ? Ciel ! Songer qu'un jour les nonnettes pourraient assister à un débat sur l'érotisme (appelé en Valais pornographie), débat qui se termine par la condamnation unanime de...
la pornophobie ! Affreuse perspective, en vérité.
Et nous passons sur les autres influences néfastes de l'information vue par les journalistes de la télévision fran- çaise. D e s cancres.
Les nouvelles de l'ATS (« en présence des autorités civi- les, militaires et religieuses... >•) sont tellement mieux, mâchées...
N'est-ce pas ?
page 2 Les pages 3 à 34 qui, dans les autres journaux, contiennent de la publicité pour tout ce
B o n n e c u i s i n e e t b o n n e c o n s c i e n c e A v e c la saison d e s plages, voici r e v e n u e l'obsession, la hantise: les bourrelets. C o m m e n t maigrir d é c e m m e n t , s a n s privations? L a Pilule a s a petite idée là-dessus. Voici d e s faits concrets. L a Pilule n'invente rien. M ê m e p a s la p o u d r e . T o u s c e s d o c u m e n t s sont tirés d e votre journal, M a d a m e . D e votre journal, Monsieur. Et maintenant, c r a c h e z !
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Mais la « décence » interdit-elle à « Elle » d'attirer l'atten- tion de ses « charmantes lectrices » sur ces réfugiés pa- kistanais que guette le choléra et qui attendent leur ration de riz ?...
La décence interdit-elle à la société multimilliardaire qui exploite les sources de Contrexéville d'envoyer la million- nième partie de ses bénéfices pour secourir ces affamés ? (Photo de la « Tribune de Genève »)
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n e v o u s faites p a s d'illusions.
il n'existe q u ' u n m o y e n d'effacer s e s h a n c h e s f a c i l e m e n t
s a n s affaisser s o n b u s t e !
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.V'Et le publiciste ajoute, goujat:
« D o m m a g e qu'il n e soit p a s à la portée d e toutes les b o u r s e s . » L a f e m m e a u b é b é apprécie...
BEDUISETÏE
v o u s fera r a p i d e m e n t
m a i g r i r
d ' o ù v o u s v o u l e z
N u l n ' y é c h a p p e !
Sa Majesté la reine d'Angleterre elle-même n'échappe pas à l'obsession. Admirez le résultat au bout de vingt ans...
Ses anciens sujets du Commonwealth, que l'Angleterre exploita sans vergogne pendant des siècles, n'ont pas ce souci-là, apparemment. Pour mesurer le volume du ventre de leurs enfants sous-alimentés et se compter les côtes, les mères indiennes n'ont pas besoin de Réduisette...
Le soleil ne se couche jamais sur l'etc-empire de la reine.
La misère non plus...
Mais ne médisons point : la reine d'Angleterre ne pos- sède, si nous en croyons son banquier, qu'une vingtaine de millions de livres sterling.
Et la taille fine Gervais.
A m y l e x , dit la
publicité, r e m p l a c e trois repas.
C e t enfant m o r t d e faim s e serait
contenté, lui, d ' U N repas...
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Les moyens les plus modernes sont à la disposition des h o m m e s aussi bien que des f e m m e s prospères qui souhai- tent faire diparaître les « signes extérieurs » (bourrelets) de cette prospérité...
Le vieillard d e droite étale, lui, complaisamment, ses signes extérieurs de richesse...
ni est contre et contre tout ce qui est pour, ont été supprimées. Appréciez le geste. Merci.
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page 35
- c i t r o n
Voici quelques titres réconfortants planés pour vous dans la presse (la bonne, la sérieuse) :
— « U n nouveau jeu enthousiasme les jeunes Américains : la torture remplace les trains électriques ».
Et on apprend que plus de, 800 000 jeux de la torture ont été vendus -aux U S A depuis février. D e quoi tirer un édi- torial...
C o m m e n t s'étonner dès lors que partout où la toute-puis- sante C I A , gouvernement secret des U S A , met en place un gouvernement (cf. la Grèce des colonels, cf. Haïti d u beau Duvallier-fiston-Doc et de ses tontons macoutes, cf. le régime du shah d'Iran qui se maintient à coup d'exécutions capitales, cf. Saigon et ses innombrables M y - L a y ) , la Tor- ture est élevée au rang d'institution et se pare d'une m a - juscule.
Ils vont finir par nous civiliser aussi... Remerciements anti- cipés.
— « Vivre avec le diabète ». C'est le titre d'une émission de télévision.
Le satyre en chef préfère vivre avec Angélique...
— « L e Valais ne s'est pas gardé chrétien pour se livrer aujourd'hui à des affreux... »
Titre authentique du « Nouvelliste » franquiste et vatican- canier à Luisier ! Mais qui sont ces affreux ? L'équipe de
« T e m p s présent »...
Entre autres. C'est-y pas du grand journalisme, ça ?
— « Des parasites dans votre radio : c'est peut-être la faute des cloches. » Titre de la « Tribune de Genève ».
Et les parasites dans l'écouteur téléphonique, c'est la faute des cloches de la justice fédérale ou des cloches qui font la justice cantonale ? D e toute façon, c'est vraiment une his- toire de cloches, puisque le moins averti des usagers peut sans trop d'imagination flairer la table d'écoute bricolée par les cloches en question. Mais le propre d'une cloche est précisément d'ignorer sa condition de cloche...
— « Lutte contre la drogue : Nixon demande 620 mil- lions ». Tant que ça ? Mais Monsieur le Président, il y a un moyen plus simple et radical : il suffit de faire interdire par l ' O N U au shah d'Iran de cultiver le pavot ( 12 000 hec- tares, pas moins). Seulement voilà : les conférences sur le prix du pétrole se tiennent à Téhéran. Dès lors il faut bien jouer le jeu. U n certain jeu. Pas vrai ?
— « Vatican : plus de mariage sans a m o u r ? L'Eglise tente de redéfinir l'union conjugale et de dépasser le « droit au corps »...
Plus de mariage sans a m o u r ? Mais cela vaut bien l'inverse, à savoir : plus d'amour sans le mariage ! N o n ?
Q u a n t au droit au corps, les curés apprécieront eux-mêmes...
— « L a France cherche à attirer des investissements suisses... »
E n préparant une nouvelle dévaluation ? O n a toujours su qu'ils nous prenaient pour des imbéciles. L e complexe de supériorité gaullien...
— « L'annuaire par profession : un échec, reconnaît M . Bonvin. »
C'est faire la preuve de ce qui précède: on nous prend pour des demeurés et on a raison, car en France — c o m m e dans bien d'autres pays — le m ê m e annuaire par profession n'est pas seulement un succès, mais un triomphe. Et il rend des services inestimables.
Le fait que ce soit Bonnepiquette qui annonce ce triomphe explique tout : si c'est lui qui a organisé l'opération...
O n l'a vu à l'œuvre aux finances. O n l'a transféré aux communications. O n lui donne u n annuaire téléphonique à recopier... Il rate tout !
Mais où a-t-il appris son métier, ce gars-là ? Elève Bonvin, vous ferez vingt bâtons au tableau noir...
— « Entre les Etats-Unis et la Suisse, échange de malfai- teurs. Berne : pas d'échange de bons procédés »... A h ?
Le satyre a des démangeaisons dans le clavier de son « U n - — « Chasse à l'homme. Tragique méprise. » derwood five » (publicité payante) : qui envoyer aux U S A
en échange de truands ? Q u i ? Q u i ?
O n ne vous le dira pas : un procès à la fois...
Drôles de « bons procédés ».
— « Libéré sous caution après quatorze ans passés dans le quartier des condamnés à mort. Son procès annulé après dix-neuf interventions. »
Quatorze ans pour rien. C'est un peu cher. Les membres du tribunal, héros de ce procès, se portent tous très bien, merci. N o n , non, il ne leur est rien arrivé de fâcheux...
U n h o m m e en prison pour quatorze ans ? L a belle affaire ! U n e paille, dans le grand livre des exploits de la justice la mal n o m m é e .
— « L e conflit avec Israël sera terminé d'ici la fin de l'année... L a guerre pourrait être sanglante ». Paroles d u président Sadat inspectant ses troupes.
Cause toujours...
— « Ni armes ni pollution sur la lune, propose Moscou à l'ONU ».
Voilà le déclic...
Si Moscou le dit, c'est qu'ils y ont pensé, ces sales c o m m u - nistes, à infester la lune de notre civilisation de cinglés.
S'ils y ont pensé, il faut se tenir sur ses gardes. Surtout venant d'eux...
C'est l'histoire tragique d'un h o m m e abattu par une horde de flics en quête de galons et qui l'ont pris pour... l'homme qu'ils pourchassaient. Pourquoi ne lit-on jamais dans les journaux des histoires de flics abattus par erreur par de braves gens qui se promènent paisiblement et qui pren- draient les poulets pour des canards sauvages ?
— « M . Déferre (maire de Marseille et ex-candidat à la présidence de la République) d e m a n d e la peine de mort contre les trafiquants de drogue. »
O.K., Gaston. Peine de mort pour les trafiquants. C o m m e n - çons par le haut de l'échelle : le big boss de la drogue qui cultive ses 12 000 hectares de pavot à opium malgré les protestations de la Commission (unanime) des stups de l ' O N U ! V o u s voyez de qui on veut parler ?
Pourquoi vouloir massacrer les populations sous prétexte de tuer le mal, alors qu'il est si simple de supprimer la cause du m a l : le producteur.
Q u a n t à la peine de mort, Monsieur le Maire, quand on est député socialiste et maire socialiste, on manipule cette menace avec des pincettes désinfectées.
Si l'humanisme n'est plus à gauche (il y a belle lurette qu'il a fui la droite : la nausée...), où est-il ? O ù ? Je m e tais, car il va s'élever une voix qui hurlera : au centre ! L'huma- nisme et la guillotine sont les deux mamelles de la France.
D o n c il convient de prendre ses précautions. Or, c o m m e n t — « 100 000 pilules volées à Genève ».
prendre ses précautions sans transporter des armes sur la lune ?
C e qui sera fait. Il suffisait de ne pas le dire...
CQFD.
— « L a kermesse de Caritas fait un bénéfice de 160 000 fr.
Mais pour M g r Bouvier le bénéfice est surtout spirituel... » Et les millions récoltés en profitant de l'émotion causée par le drame biafrais sont toujours au frigo. Chez Caritas. E n attendant qu'on oublie l'affaire...
Et quand on aura oublié, les millions des donateurs suisses n'auront soulagé aucun enfant biafrais.
Mais ils renforceront la trésorerie du Vatican. O u d'un cou- vent valaisan...
— « H u m o u r noir ». — Les cendres des dépouilles mor- telles luxembourgeoises incinérées en France sont passibles d'une double taxation de T V A : une première fois en France où l'incinération a lieu et une seconde fois au Luxembourg, les cendres étant considérées c o m m e le résul- tat « d'un travail confié à une entreprise étrangère avec réimportation du produit fini »..
Authentique. Ils en sont là. C'est beau, l'Europe. C'est grand, l'Europe. C'est généreux, l'Europe. Elle est à l'image de la France, mère de la TVA...
— « Duel en perspective entre Alain Savary (écarté) et Mitterand (nouveau patron) ».
L'unité de la gauche française est en marche et rien ne l'arrêtera. C'est la ligne Maginot d u socialisme...
— «Elisabeth (la reine d'Angleterre, évidemment) n'est pas la multimillionnaire qu'on imagine... Si elle possède plus de 20 millions de francs je m a n g e m o n chapeau, dit son banquier. »
A h ? Parce que pour être « multimillionnaire » il faut pos- séder combien de millions, en Angleterre ? Logique, que de crimes...
— « U n e pilule de longue vie à l'étude aux Etats-Unis ».
E n Suisse, c'est déjà fait : administration sur ordonnance au siège de la Rédaction.
— « Dans la lutte contre les rondeurs inutiles: pilules, régime ou calories ? »
Angélique vous répond : pilule ! Et elle sait de quoi elle parle.
Mais sur ordonnance seulement, au siège d u journal, 11, rue du Valais, à Genève.
A u kiosque de la gare ? Chouette ! Prochain tirage de « L a Pilule » : 101 000 exemplaires ! Q u a n d on vous dit que « L a Pilule » est entrée dans les mœurs. A bon entendeur, salut...
Si vous n'avez pas d'argent pour acheter « L a Pilule » (puisque « Hara-Kiri » s'est fait hara-kiri), volez-la. Et rapportez-la contre récompense de 1000 francs...
Corsair ou Milan ?
On se creuse la tête, à Berne, sur le choix d'un avion de combat : Corsair ou Milan ?
« L a Pilule » tranchera bientôt : ni Corsair, ni Milan, mais Cancer. Lutte contre le Cancer ! D e u x fois 25 % du budget militaire.
S a t i r i - c o n s o n n e s
Dans le numéro précédent, nous avons publié le premier
« P o è m e à lire à haute voix » du Satiricon, sous le titre général de « Consonnes », en opposition au p o è m e « Voyel- les » de Rimbaud. Après la lettre B, voici en toute logique la lettre C. L e jury, c'est vous.
U n coq acquis au c a m p des cocus qu'on conspue Caqueté. E n coquet qui craint quiconque le hue, Il complote un combat contre les cancans qu'osent Colporter des cocos qui craquent dès qu'il cause.
C o q coquin de croquant qu'aucun tracas ni tract N e traque; coq qui croit que quiconque a du tact
C o m p r e n d ; convaincu qu'ont vaincu les coqs qui craquent, Il clame qu'aucun coq n'est cocu. Puis il claque.
L e Satiricon qu'on conspue.
Initiative populaire fédérale p o u r la lutte contre le c a n c e r
En vertu de l'article 121 de la Constitution fédérale, les citoyens soussignés demandent par la voie de l'initiative populaire que l'article 69 de la Constitution fédérale, dont la teneur est la suivante: « La Confédération peut prendre, par voie législative, des mesures destinées à lutter contre les maladies transmissibles, les maladies très répandues et les maladies particulièrement dangereuses de l'homme et des animaux » soit complété par l'alinéa 2 suivant:
ALINEA 2: La Confédération affecte le quart de ses dépenses militaires, pendant deux années consécutives au moins, à la lutte contre le cancer en Suisse et dans le m o n d e , sans que ces prélèvements sur le budget militaire habituel de la Confédération puissent faire l'objet d'une compensation quelconque. Cette mesure peut être sus- pendue en cas de conflit armé dans lequel la Suisse se trouverait impliquée, en cas d e conflit armé aux fron- tières de la Suisse, en cas de conflit armé généralisé en Europe et dans le monde, autrement dit de guerre m o n - diale. La loi d'exécution, qui est de la compétence d e la Confédération, doit être élaborée immédiatement, de manière à entrer en vigueur deux ans au plus tard après l'acceptation de l'initiative par le peuple et les cantons.
-à
Rédaction et administration : Rue du Valais 11 - 1002 G e - nève - Téléphone (022) 3189 23 ou (021) 76 30 96 - C C P 12-2019. Editeur et rédacteur responsable : Narcisse- René P R A Z
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(Traduction : A u secours ! Hilfe ! Aiuto !)Les personnes qui désirent participer à l'organisation de notre campagne pour l'aboutissement de notre initiative populaire :
1. En payant de leur personne pour C O L L E C T E R D E S S I G N A T U R E S .
2. En nous apportant leur concours pour l'organisation de notre campagne.
3. En constituant des comités locaux, cantonaux ou com- munaux
peuvent, que dis-je, D O I V E N T écrire à « LA PILULE », 11, rue du Valais - G E N È V E .
C O N C O U R S de la montre en or
Règlement
Les dix premiers collectionneurs qui déposeront chez un notaire, un huissier, ou tout organisme compétent les cin- quante premiers numéros de « La Pilule >• et en fourniront la preuve au moyen d'une attestation (du jour et de l'heure de dépôt) reconnue valable recevront
une montre en or!
Les cinquante suivants recevront une montre plaquée ou en acier.
Attention ! Il y a eu un numéro zéro !
Les personnes qui auront raté un numéro peuvent le de- mander à l'Administration de <• LA PILULE», 11, rue du Valais, à Genève. Toutefois, nous ne pouvons pas garantir l'approvisionnement à l'infini, car un jour m ê m e les inven- dus seront épuisés. A C H E T E Z D O N C D È S MAINTENANT C H A Q U E N U M É R O D E •• LA PILULE » et invitez vos amis à en faire autant : deux précautions valent mieux qu'une, c o m m e dit Mme Colgate à Europe 1 (publicité gratuite, on vous le jure I). En effet, entre amis on peut se prêter les numéros manquant à la collection Non ? M ê m e pas ça ? Mieux encore :
A b o n n e z - v o u s ô "La Pilule" !
Découpez et renvoyez la formule ci-dessous au journal
«La Pilule», 11, rue du Valais, Genève. P ^ Je souscris à un abonnement de :
Six mois à Fr. 24.— (Biffer ce qui ne convient pas Je préférence biffer six mois)
La Un an à Fr. 48.—
Je vous prie de m'envoyer le prochain numéro de Pilule » contre remboursement de ce montant \ N o m et prénom :
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"Ou versement sur CCP No 12-2019
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