A NNALI DELLA
S CUOLA N ORMALE S UPERIORE DI P ISA Classe di Scienze
J ACQUES H ELMSTETTER
Systèmes de puissances partiellement divisées
Annali della Scuola Normale Superiore di Pisa, Classe di Scienze 4
esérie, tome 9, n
o1 (1982), p. 27-56
<http://www.numdam.org/item?id=ASNSP_1982_4_9_1_27_0>
© Scuola Normale Superiore, Pisa, 1982, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annali della Scuola Normale Superiore di Pisa, Classe di Scienze » (http://www.sns.it/it/edizioni/riviste/annaliscienze/) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisa- tion commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale.
Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
Systèmes puissances partiellement
JACQUES
HELMSTETTERLe but de cet article est de définir et d’étudier des
systèmes
intermé-diaires entre les
systèmes
depuissances
ordinaires et lessystèmes
depuis-
sances divisées
classiques (§§1
à6)
et de donner deuxapplications
de cettethéorie
(§§
7 à10), qui peuvent déjà permettre
d’en évaluer l’intérêt.Dans cet
article,
~ est un anneau commutatifunifère;
on supposequ’il
existe un nombre entier
premier
p tel que tous les autres entierspremiers
aient une
image
inversible dansI~ ;
en outre on suppose que l’onpeut
trouverdeux entiers r et s E N et un élément 8 E X tels que soit
égal
àl’image
de p dans K. Ces
hypothèses
sont vérifiées dans les trois cas suivants. Ou bien Il est decaractéristique
p(c’est
surtout ce casqui m’intéresse)
et 8est
nilpotent; soit q
leplus petit
entier telque 8q
= 0(par convention
~0 =
1; j’accepte
le cas où 8 = 0et q
=1) ; q, r
et s sont astreints à satisfairel’inégalité
q ~ r-~-
s. Ou bien K est decaractéristique pk
aveck > 2,
et con-tient une racine
(r + s)-ième
de p. Ou bien encore X est decaractéristique
nulle et son unité est contenue dans un sous-anneau
isomorphe
àc’est le sous-anneau de R
engendré
parZ,
par les inverses des entiers nondivisibles par p, et par
1’VP.
Si l’élément unité de K est contenu dans un sous-anneauisomorphe
au corps tout cequi
suit devient trivial.Une
partie importante
de ce queje dirai,
reste utilisablelorsque plusieurs
entiers
premiers
ne sont pas inversibles dansK,
mais pour traiter hon- nêtement ce cas, il vaudrait mieux utiliser une machinerieplus
élaborée.1. - Préliminaires sur les factorielles.
Pour tout entier n E
N, j’appelle -c(n) l’exposant
de laplus grande puis-
sance de p
qui divise nl ; je
note n !* lequotient
de nt parp’(n);
c’est unPervenuto alla Redazione il 10 Ottobre 1980 ed in forma definitiva il 14 Feb- braio 1981.
entier inversible dans
je
pose:ainsi
a(m, n) (resp. e(m, n) lorsque
estl’exposant
de laplus grande puissance de p qui
divisePlus
généralement je
poseSoit encore
X(n)
la somme des chiffres de nlorsqu’ on
l’écrit dans lesystème
de numération de base p; donc si n i et si pour On
peut
démontrer que:d’où l’on tire
Cette dernière
égalité
nous incite à poser:ainsi J et n sont des fonctions à valeurs dans
N,
définies sur etsymé- triques
en leur deux variables. Onpeut
vérifier que:Cette
égalité
montre que, si m n’estégal
ni à 0 ni à unepuissance de p,
alorsn»-r(n)
pour tout n E N.2. -
Systèmes
depuissances partiellement
divisées.Soit A = 1 une
algèbre
commutativeaugmentée
sur K(donc
A ‘est l’idéal
d’augmentation),
et soient r et 8 E N et tels que soitl’image
de p dans K. Unsystème
depuissances partiellement
divisées sur A detype (r, s) (ou
detype (p; r, s; e)
si l’on veut êtreplus précis)
est une suited’applications
de A’ dansA,
notées(avec n E N),
vérifiant les six conditions suivantes:Si l’élément unité de K est contenu dans un sous-anneau de K
isomorphe
au corps
où iî
est une racine(r + s)-ième
de p, il existetoujours
sur Aun et un seul
système
depuissances partiellement
divisées detype (p ; r,
s ;q),
à savoir:
Si K est de
caractéristique p, soit g
l’ordre de l’élémentnilpotent
E; onpeut imposer
à r et s de ne pas êtresupérieurs
à q; en effet si r > q(resp.
si s >
q),
unsystème
detype (r, s)
est exactement la même chosequ’un système
detype (q, s) (resp. (r, q)).
Enparticulier
si 8 =0,
onpeut
se limiteraux cas où
(r, s)
estégal
à(1, 0), (0, 1)
ou(1, 1).
Si r =
0,
unsystème
detype (0, s)
est la même chose que lesystème
despuissances
non divisées:al"1
= an pour tout n. Si s =0,
la donnée d’unsystème
detype (r, 0)
estéquivalente
à la donnée d’unsystème
depuis-
sances divisées
classiques;
en effet posons =al"lfn!*
pour tout ’1~; lesapplications a
i-a(,n)
vérifient les six conditions suivantes:Donc si s =
0, je
diraiqu’il s’agit
d’unsystème
depuissances complètement
divisées. Si r = s,
je
diraiqu’il s’agit
d’unsystème
depuissances
semi-divisées.
Soient r’ et s’ les
quotients
de r et s par un diviseur commund ;
unsystème
de
type ( p ;
r, s ;E )
est aussi unsystème
detype (p ; r’, s’ ;
Donc si le choix de ~ n’est pasimposé,
onpeut s’arranger
pour que r et s soientpremiers
entreeux; en
particulier
toutsystème
depuissances
semi-diviséespeut
être con- sidéré comme unsystème
detype ( 1, 1 ) .
Soit encore
(r", s")
ENX N
tel quer"+
s"= r+ s
etr" r ;
si A est muni d’unsystème
depuissances
detype (r, s) (notées a
~ alors A est aussimuni d’un
système
depuissances
detype (r", s") (notées
~ si l’on posepour tout iî.
Enfin si J est un idéal de A contenu dans
A’, l’algèbre quotient AIJ
hérite de A son
système
depuissances partiellement
divisées si et seule-ment si
al"1 e J chaque
fois que et n ~ 1.3. - Les foncteurs
S 1’8 .
Dorénavant e sera
toujours
le même élément deK,
choisi une fois pour toutes. Soit M un module sur l’anneauX; je
cherche si il existe unealgèbre
munie d’un
système
depuissances
detype (r, s),
et une
application
linéairef
de 11/ dansS’,
telles que soit vérifiée la pro-priété
universelle que voici:quelle
que soitl’algèbre
munied’un
système
detype (r, s)
etquelle
que soitl’application linéaire ’99
de Mdans
A’,
il existe un et un seulhomomorphisme 0
de S dansA, qui respecte
leurssystèmes
depuissances partiellement divisées,
etqui
vérifiel’égalité
99 =
Oof.
Si une tellealgèbre existe,
elle estunique
àisomorphisme près,
elle sera notée
S’s M =
et seraappelée l’algèbre symétrique
detype (r, s)
construite surM ;
s’il fautpréciser
l’anneau debase,
on écritS’SK
M.(5)
PROPOSITION. Il existe unealgèbre S,,, -11 vérifiant
cettepropriété
univer-selle;
elle estgraduée:
=EB 8,,» M,
avecS,’ ~, M
=K; l’application
f (~ -~ permet d’identifier S:sM
avec M. Si M estengendré (comme
module surK)
par un sous-ensembleE,
alors(oic n > 1)
est
engendré
par lesproduits ernk-1 k
où el, ..., e k sont des élé- ments de E distincts deux àdeux,
et ni,..., nk des entierspositifs
dont lasomme est n. Si M est libre sur K et si E est une base de
M,
alorsS"
Mest libre sur K et l’ensemble des
produits indiqués
ci-dessusforme
unebase de M.
Voici comment on
peut
construire cettealgèbre SrsM.
Soit .E un sous-ensemble
générateur
deM;
soit l’anneau obtenu enajoutant
à Z unélément q
tel quer¡r+8
= p ; il existe unhomomorphisme
de dans Kqui envoieq
sur 8 ; soit encore N = le module libre surengendré
par
E;
onpeut
identifier N avec un sous-ensemble deNi
=Q(iî)[E],
espacevectoriel sur le corps
Q(~ ) .
Construisons sonalgèbre symétrique SNI (sur
cette
algèbre SNI
est trivialement munie d’unsystème
depuissances
de
type ( p ;
r, s ; à savoiraln]
= Soit =Z[r¡] (D S;sN
lesous-module
(sur Z[n])
de,SNI engendré
par 1 et par lesproduits
où où e2,... , ek sont des éléments de .E distincts deux à
deux,
et oùni, ... , nk sont des entiers
positifs.
On vérifie sanspeine
que lesystème
depuissances partiellement
divisées deSN,
se transmet par restriction àRemarquez
maintenant queSrs N
est libre surZ[q]
et admet pour base la famille desgénérateurs
quej’ai indiqués ci-dessus;
par suite.K est une
algèbre
libre surK,
et onpeut
lui transmettre lesystème
de
puissances partiellement
divisées de en effet tout élémentx E s’écrit de
façon unique
comme somme de termes tels que... avec ~, E
.K,
et on définit alorsx~n~,
pour tout n EN,
selon lesrègles qui
résultent immédiatement des conditions(3).
Par définition deE,
ily a une
application
linéaire(sur g) surjective
de If surM;
soitNo
son noyau; on
peut
donc identifier M avec(N ~ K)/No;
soit J l’idéal de(SrsN) 0
.Kengendré
par les éléments tels que a ENo
et n >1,
et soitle
quotient
de cettealgèbre
par cet idéalJ;
on démontre facilement que vérifie lapropriété
universellequ’on exige d’elle,
et les autrespropriétés
énoncées dans
(5).
Il est clair que nous
disposons
maintenant d’un foncteurSrs
de la caté-gorie
des modules sur K dans lacatégorie
desalgèbres
sur K munies d’unsystème
depuissances
detype (r, s).
Si r =0,
il coïncide avec le foncteurS ;
si s =
0,
il estisomorphe
au foncteur .1~qui
associe à lVll’algèbre
àpuissances
divisées
(classiques)
hlVl universelle sur M.Si le
couple (r", s")
est tel quer"+
s"= r+ s
etl’algèbre
est aussi munie d’un
système
detype (r", s"),
et il en résulte unmorphisme
du foncteur " vers le foncteur
Srs .
Enparticulier
si e =0,
on obtientdeux
morphismes
fonctoriels S -S11
~.h,
parce que dans ce cas-làS02
== Soi
= S etS20
=810
= 1_’.Je
signale
enfin que sil’égalité
~,a = 0 est satisfaite pour un certaincouple a)
EM,
ellen’implique
pas que = 0 pour tout ~2 ~ 1.4. -
Produits
tensoriels.(6)
PROPOSITION. Si M est un module surK,
et si L est unealgèbre
sur
K,
alors il existe unisomorphisme
del’algèbre
surl’algèbre qui
envoie tout élément( avee
 E L et 1~ EN)
suro
1".On
peut
déduire cetteproposition
de la construction del’algèbre
donnée
au §
3.( 7 )
PROPOSITION. Si A =K EB
A’ est unealgèbre
sur K muniesystème
de
puissances
detype (r, s),
et si L est unealgèbre
surK,
alors A L == L
0 (-A’ 0 L)
est unealgèbre
sur L muniesystème
depuissances
de
type (r, s) compatible
avec celui de A.En effet à cause de la
propriété
universelle de il existe un ho-momorphisme 0
de sur Aqui
induitl’application identique
sur Aet
qui respecte
lessystèmes
depuissances partiellement
divisées. On endéduit un
homomorphisme
de(S,, -A’) 0 L
sur d’où(à
cause de( 6 ) )
un
homorphisme 1Jf
de@ L)
sur A0 L;
le noyau de 111 estl’image
deê
L dans@ L ) ;
c’est un idéalqui
vérifie lapropriété qu’il faut,
pour que hérite lesystème
depuissances partiel-
lement
divisées ;
or cequotient
estisomorphe
à L.(8)
PROPOSITION. Si A A’ et B =h: 0
B’ sont desalgèbres
surK,
toutes les deux munies
système
depuissances
detype (r, s), l’algèbre
hérite d’un
système
depuissances
de
type (r, s), compatible
avec ceux de A et B.En
effet, d’après (7),
en tantqu’algèbre
sur A(resp.
surB),
A(D
Breçoit
un
système
depuissances
detype (r, s),
définies sur l’idéal(A’ ~ B’)
(resp.
sur(A’ @ B’)) ;
ces deuxsystèmes
coïncident surA’ 0
B’.(9)
PROPOSITION. Si .M~ et N sont deux modules surK,
alorsSrs(MffiN)
est
isomorphe
à(SrsM) OO (Srs.N).
Grâce à
(9)
onpeut
donner àSrsM
une structure debigèbre;
lecoproduit
est
l’homomorphisme
de dansqui provient
del’ap- plication diagonale
de if dans5. - Dualité entre les foncteurs
Srs
etSsr .
Soient if et M’ deux modules sur j6T et soit B une
application
bilinéairede ifxif dans K. Je cherche à définir un
produit
intérieurqui
à deuxéléments XE SrsM
et associe un élément ou sil’on
préfère, J’exige
que ceproduit
intérieur satisfasse les trois identitéssuivantes, qui impliquent
son unicité:Pour la
compréhension
de(10c) (formule
deLeibniz), je
donnequelques explications: ô
est lecoproduit qui
résulte del’application diagonale
de 1V1’dans
.lVl’ 0
lVl’(voir § 4) ;
si x1 et x2 Eet
z,et z2
ESsrM’,
par définition :enfin ft est
l’application
deox
dansqui
résulte de lastructure
d’algèbre
deSrs J.H.
(11)
PROPOSITION. Il existe uneapplication (x, y)
t-7i(y).x qui vérifie
lestrois
propriétés (10) ci-dessus;
de même il existe uneapplication (x, y)
«--
i(x) y qui vérifie
les troispropriétés analogtoees. Les produits
intérieursi(y) ~ x
eti(x) ~ y
onttoujours
mêmecomposante
dans K -désignons
cettecomposante
parB(x, y) ;
ainsi B estprolongée
en une
application
bilinéaire de X dans K. Si M et lVl’sont
libres
et de rangfini
surK,
et si B met M et M’endualité,
alors Bmet et dualité pour tout n E N.
DÉMONSTRATION. Soit .E
(resp. E’)
un sous-ensemblegénérateur
de M(resp. 1Vl’) ; je reprends
lesobjets N, Ni
etSN1 que j’ai
définisau 9
3 àpartir
de
E,
etje
définis de mêmeN’, N’
etSN’
àpartir
de E’. Enoutre j’introduis
une famille d’indéterminées
(xee’)’
indexée par lescouples (e, e’)
EE X E’,
j’introduis
l’anneauA2 = [xee,] qui
contient toutes les indéterminées, j’introduis
encoreN2
=A2[B], et qui
est unealgèbre
libre surA2;
je
définis demême N2
etSN. 2
Lesalgèbres SN 2
etSN2 (qui
sont aussi desalgèbres
surQ(~))
sont trivialement munies desystèmes
depuissances partiel-
lement divisées de
type (r, s)
et(s, r) respectivement.
SoitO2 l’application
bilinéaire de dans
A2
telle queC2(e, e’)
= xee’quel
que soit(e, e’)
egrâce
àC2 ,
onpeut
construire unproduit
intérieur de XSN’
dans
SN2,
yqui
vérifie les trois identités(10),
à conditiond’y remplacer
epar q et B par
C2 ; j e
peux aussi construire unproduit
intérieur à valeursdans
SN 2
1 et l’on sait que ces deuxproduits
intérieurs onttoujours
mêmecomposante
dans Revenons aupremier produit
inté-rieur,
yque je préfère
maintenant traiter comme uneapplication
linéaire deSN2 SN2’
dansSN21
ou encore comme uneapplication
de,SNI x (D A2 (produit
tensoriel surQ(r~))
dansSNl 0 A2 (idem).
Le faitcapital
à cetendroit de la démonstration est que, si x E
SrsN (sous-algèbre
de définieau
§ 3 )
et siYESsrN’,
alorsl’image
de dansappartient
à la
sous-algèbre [xee’] ;
d’où uneapplication:
les
produits
tensoriels quej’écris
sanspréciser
l’anneau de base se font surl’anneau En faisant des
produits
tensoriels par K(qui
est unealgèbre
sur
Z[q]), j’obtiens
uneapplication:
Je peux faire de g une
algèbre
surK[x,,,] grâce
àl’homomorphisme
dedans K
qui
envoiechaque
indéterminée xee, surB(e, e’) ;
en faisantdes
produits
tensoriels par g sur l’anneauj’obtiens
maintenant uneapplication:
cette
application
vérifie les trois conditions(10), à
condition deremplacer B
par
l’application
bilinéaire C de dans J5" induite par B.Je
rapelle
que est lequotient
de K par un certain idéal J que l’on construit àpartir
du noyauNo
del’application if;
demême où J’ est l’idéal construit à
partir
deNô
== ker K -
M’); puisque b)
= 0 si a ENo
ou si b EN§ ,
on déduitdes identités
(10)
que J et J’ vérifient les conditionsqu’il
faut pour que l’ on obtienne à la fin uneapplication
deSrsMcg)K 8,, M’
dansSi M et sont libres et de rang
fini,
et si B les met endualité,
onpeut
exiger que E
et E’ soient des basesduales;
c’est-à-direB(e, e’)
vaut 1 ou 0selon que e et e’ sont associés ou non; on
peut
traiter ce cas avec les mêmesméthodes que
ci-dessus,
mais sans avoir besoin des indéterminées xee’.La
proposition (11)
mepermet
de dire que les foncteursS"s
etSs"
sontduaux l’un de l’autre. La dualité bien connue des foncteurs S et T est un cas
particulier
de la dualité entre deux foncteurs etSs".
Un autre casparticulier
est lapropriété
deS11
d’être son propre dual.6. -
L’algèbre lorsque
r > s etp ~ 2.
Si m est un entier
pair
non nul et si2, l’égalité (2)
nouspermet
d’écrirep(m,
parce quex(m) ~ 2 ;
si en outre r>s, alors:cette
inégalité
sera essentielle dans ceparagraphe.
Soit M un module sur
K; l’algèbre S,., M
estgraduée
sur le groupeZ,
donc aussi sur
Z/2Z;
pour la commodité des notationsje remplace
le groupe additifZ/2Z
par le groupemultiplicatif ~--f-, 2013}y
etje
pose:ceci est de
façon
évidente unealgèbre augmentée.
(12)
PROPOSITION.l’algébre
M = K(B
M il existe unsystème
depuissances
diviséesclassiques (notées ~.c~’~~),
enplus
des six conditions
(4),
les deux conditionssuivantes,
dacnslesquelles
aet
si m est
pair ~ 2,
si l et m sont
impairs,
DÉMONSTRATION.
Rappelons
que est lequotient
d’une certainealgèbre
par un certain idéalJ,
et que est unesous-algèbre
d’une certaine
algèbre SNI
sur le corpsQ(r¡),
où~s+r =
p; cettealgébre
est donc munie d’un
système
depuissances complètement
divisées detype (p; 0, r +
s ; Grâce àl’inégalité
quej’ai indiquée
au début de ceparagraphe,
on démontre que cesystème
depuissances
detype (0,
r+ s) respecte
lasous-algèbre N;
en outre il vérifie les deux identitésanalogues
à celle écrite dans
(12),
à conditiond’y
omettre les facteurs Il setransmet à et de là il passe à
l’algèbre
parcequ’il respecte
l’idéal Il ne resteplus qu’à
associer à cespuissances
detype (0, r + s)
despuissances
diviséesclassiques (voir §2);
c’est là que s’introduisent les facteurs
Revenons à la situation décrite
au § 5 :
on se donne uneapplication
bili-néaire B de dans et l’on définit un
produit
intérieur de X dans soient1/¡ES;sM
etpuisque
r ~ s etp=l=-2, je
peux définir pour tout m E N et
je
me propose de calculerU(m) lorsque
Je pose et úJ= B(a, b)
=B(u, b2)
EH;
j’aurai
besoinau § 10
de la formule suivante:Pour démontrer
rapidement
cetteformule,
il vaut mieux commencerpar le cas trivial où K est le corps
Q(,q);
dans ce cas onpeut
démontrer par récurrence sur n que:on passe ensuite au cas
général
en refaisant la construction duproduit
inté-rieur que
j’ai présentée au §5.
Ayant
maintenant défini les foncteurs etindiqué
leurspropriétés essentielles,
yje
désire montrer que ces foncteurs méritent notreattention,
et dans ce
but je
vais donner deuxapplications
de ma théorie. Lapremière
concerne les foncteurs
polynomiaux
de Monsieur J. L. Koszul(§8);
pouren
parler j’aurai
besoin dequelques
résultatstechniques que j’expliquerai au §
7. La deuxièmeapplication (§ 10)
concerne unproblème
deproduit
intérieurd’exponentielles,
dont lesorigines
serontexpliquées au §
9. Lesparagraphes
9 et 10 sontindépendants
des deuxprécédents.
7. - L’ensemble
N[z~
destypes
deproduits généralisés.
Ce
paragraphe,
essentiellementtechnique,
est seulement nécessaire à lacompréhension du §8.
Soit d’abord A unequelconque algèbre
sur E munie d’un
système
depuissances
detype (r, s).
Soit a EA’,
soitn E N et soit n
== 1
son écriture dans lesystème
de numération de base p; on a:cela résulte du fait que les
exposants n,
et sont synonymes(puisque
des
égalités suivantes,
que l’onpeut
déduire de(1)
et(2):
On
peut
donc faire tous les calculs en nemettant jamais
entre crochetsd’autres
exposants
que despuissances
de p.Soit
(~iy ~2? ... , nk)
une suited’exposants (entiers > 0); je
lui associe leproduit généralisé
défini ainsi: c’estl’application qui
à toute suite(al,
ac2, ... , yak)
d’éléments de A’ associe leproduit
de toutes lespuissances (1 -_ j k);
par extension
j’appelle
aussiproduit généralisé
la valeur de cetteappli-
cation sur une suite
particulière
...,ak),
quej’appelle
alors la suite des facteurs de base. Ecrivonschaque
dans lesystème
de numération de base p : nj lepolynôme
a estappelé
letype
dui 3
’
produit généralisé (ou
letype
de la suite desexposants);
c’est un élémentde
N[z] :
oc== 1 ai zi,
avec ai E N pour touti;
si on transformel’egpression
du
produit généralisé
de tellefaçon
que tous lesexposants
soient despuis-
sances de p
(voir (14)), chaque
coefficient ai estégal
au nombred’exposants égaux
àp i.
Par
définition,
ledegré
duproduit généralisé (ou
de la suite des expo-sants)
= aussi besoin desdegrés tronqués (où
j E N),
définis ainsi:Pour tout
n E N, j’appelle
l’ensemble desa E N[z]
tels quece(p)
= n;sur
chaque Nn[z] je
mets la relation d’ordre suivante: si(par définition)
pour
Soit maintenant M un module libre de rang fini h sur K et soit E =
- (el,
...,eh)
une base de.ltT;
il résulte de(5)
que admet pour base la famille E’ de tous lesproduits généralisés
dont la suite des facteurs de base est la suite des éléments deE;
donc à tout élément est associéun
type fJ
EN[z] ;
enparticulier
à l’unité 1 est associé letype 0 ;
ledegré
de e’est
précisément P(p).
Après
cespréliminaires,
voici leproblème
dont nous devrons connaitre la solutionau §8.
Soit(ml,
...,mk)
une suited’exposants
detype
oc, soitune famille d’indéterminées telle que
1 i h
et1 j k,
et soitle
polynôme
obtenu en faisant dansl’algèbre K[xiiJ
leproduit généralisé
que voici:dans ce
polynôme
on ne trouve que des monômes X =Il
telsque!
Tn;; =t~ i
= mi pour
tout j;
posonsm’
et soite(X)
leproduit
deseï ïl ;
c’est:i
un élément de E’
auquel
est associé untype
lepolynôme P(xij) peut
S’écrire ainsi:où
h(X)
est un entier non divisible par p, et que pour cette raisonje
n’aipas besoin de
connaître,
et où seull’exposant k(X)
m’intéresse. En fait la valeur exacte dek(X)
ne me sera pasutile,
carje
n’aurai besoin que desrenseignements qui
résultent de la seule connaissance destypes
a etPx.
Je trouve d’abord que
l’image
dek(X)
dansZI(r + s)Z
nedépend
que de oc etPx.
Posons 1 =ot(p) =
soitY(«, 8) l’application
deNn(z)
Xdans
Z,
dont la formule(15)
propose deux définitionspossibles:
remarquez que
l’égalité a(p) == P(p) implique
quece(1)
- est divisiblepar
p - 1,
et que est divisible parp ~+1; l’égalité
des deuxderniers membres de
(15)
résulte de l’identitéMon
premier renseignement
surk(X)
est le suivant:DÉMONSTRATION. Soit la suite de
longueur
hk obtenue en écrivant bout à bout les k suites(7n~; , ... ,
et soit yg letype
de la suited’exposants
avec les notations du
§ 1,
on a:A cause de
(3c)
et(3e),
y on a par ailleurs :Grâce à
(1)
on obtient uneexpression
dek(X)
oùfigurent
les entiersZ(mj),
et
x( mi;);
on reconnait alors que:De là on passe facilement à
(16).
Je veux maintenant connaître la valeur minimale de
quand
onimpose
àPx
une valeur donnée.(17)
LEMME. Soit e’ un élément de E’ detype fi
EN,,[z]. L’ensemble
desmonômes X tels que
e(X)
=e’,
n’est pasvide,
etquand
X décrit cet en-semble,
la valeur minimale dek(X)
est le nombre0(ot, fi) défini
dans laformule (18)
ci-dessous.Pour définir
0(ce,
besoin des fonctions «partie positive
» et«partie négative >>, qui
à tout x E Z associentrespectivement
x+ = sup(0, x)
etx- - - inf
(0, x) ;
avec ces notations :Il résulte tout de suite de
(15)
et(18)
que:Avant de démontrer
(17), je
vais en tirerquelques conséquences lorsque
.g est de
caractéristique
p ;puisque
-0,
on nes’occupe
que des monô-mes X tels que
k(X)
=0(oc,
Si ils’agit
depuissances
non divisées(r
=0,
e’ =
0),
on ne trouve dans que des éléments de E’ dont letype
est inférieur ouégal
à 0153(pour
la relation d’ordreindiquée plus haut);
au con-traire si il
s’agit
depuissances complètement
divisées(s
=0, e’
=0),
onn’y
trouve que des éléments de E’ detype supérieur
ouégal
à a. Si rs #0,
on ne trouve dans
P(xij)
que des éléments de E’ detype supérieur
ou inférieurou
égal
à a, et ils sonttoujours accompagnés
d’unepuissance
de e distinctede 1 si leur
type
est distinct de a; enparticulier
si a = 0 et r = s =1,
onn’y
trouve que des éléments de E’ de mêmetype
0153.Pour
préparer
la démonstration de(17)
et leparagraphe suivant, je
vaisdire des choses sur les ensembles finis ordonnés en
général,
et surNn[z]
enparticulier.
Soit d’abord 9 un ensemble fini ordonnéquelconque;
deuxéléments de 9 sont dits
adjacents
si l’un estsupérieur
à l’autre et si il n’existeaucun autre élément
compris
entre euxdeux;
une chaîne delongueur 1 joignant
ocet P
est une suite(ao,
«1, ...,«l )
telle que oeo = ocet oc, = ~,
etdans
laquelle
deux éléments consécutifs sonttoujours adjacents.
Soit G le
graphe
orienté dont les sommets sont les éléments de 9 et dont les arêtes(orientées)
sont lescouples ~3)
où ocet #
sontadjacents
et oùoc >
8.
Si legraphe
non orientésous-jacent
à G est connexe, on ditque 6
est
indécomposable;
onpeut
alors définir une fonction «distance »d(,X,
c’est la
longueur
de laplus
courte chaînejoignant
oc et~8.
Dans certains casil existe une fonction « différence de niveau »
V(ce, fl) (à
valeurs dansZ) ;
une telle fonction doit satisfaire les trois conditions
suivantes, qui impliquent
son unicité
lorsque 9
estindécomposable:
L’existence d’une telle fonction TT
signifie
que, dans toutchaîne,
la diffé-rence entre le nombre de maillons croissants et le nombre de maillons décrois- sants ne
dépend
que des extrémités. Unepartie
Y de 9 est dite fermée si les assertions et ocimpliquent toujours f3
E37;
lesparties
fermées de 8 forment un treillis(pour
la relation d’ordre del’inclusion).
L’ensemble ordonné
Nn [z]
est untreillis;
si parexemple
« etf3
ENn [z],
la borne
supérieure
de ocet f3
est l’élément y tel quey(p ; j)
= suppour tout
~.
L’ensemble ordonnéNn [z]
est doncindécomposable,
et il
possède
unplus grand
et unplus petit élément;
leplus grand
élémentest le
polynôme constant n ;
leplus petit
élément est lepolynôme Y ni zi
tel
que ~
soit l’écriture de n dans lesystème
de numération de base p.On passe d’une élément « à un élément
adjacent
inférieur(resp. adjacent supérieur)
en luiajoutant (resp. retranchant)
unpolynôme pzi (avec j E N),
cequi
estpossible chaque
fois que(resp. 1).
La fonction« distance » est celle-ci :
.. i"’B " .. , 1
Il existe une fonction « différence de
niveau »,
c’estprécisément
la fonction Vdéfinie dans
(15).
Entre lesfonctions 0,
d et V existe la relation:A cause de
(1)
la valeur maximale defi),
c’est-à-dire la différence de niveau entre leplus grand
et leplus petit
élément de estégale
àDÉMONSTRATION DE
(17).
Jereprends
les notations introduites dans la démonstration de(16);
la valeur de trouvée là-baspeut
encore êtreécrite ainsi:
Remarquez
que en effet si m’et m" sont deuxexposants
tels que7n’+
m" - mj, letype
de la suite(miy
...,m’, m",
..., estsupé-
rieur ou
égal
à oc. De même DoncV(,yx, oc)
etV(,yx, fi)
sont les di-stances de yx à ce et
/3.
Si il existe un monôme X tel quee(X)
= e’ et telque yx soit la borne
supérieure
de aet f3,
onpeut affirmer,
d’unepart
quek(X)
est minimal(si
onimpose e(X)
=e’),
et d’autrepart qu’il
a la valeur0(ce, fl) indiquée
dans(18).
Ils’agit
donc de construire une suite(mij)
telleque £
mu = Tn;et £
mij =(quels
que soient i etj),
et dont letype y
i ;
est la borne
supérieure
de ce etf3.
Onpeut procéder
ainsi: ondécompose
les knombres mi
en sommes depuissances de p,
et avec cespuissances
de p on fait hpaquets
dont les sommes sontrespectivement
les nombresmi;
onpart
desdécompositions
des mi déterminées par leurs écritures dans le sy- stème de numération de base p ; ensuite on dresse la liste(par
ordre crois-sant)
desentiers g
E l~ tels queoc(p; g)
~fl(p; g);
sia(p; g) f3(p; g),
il fautfaire
apparaitre p (f3(p; g) 2013x(~; g)) puissances p 9 supplémentaires,
en décom-posant
en sommes depuissances p9 quelques puissances de p supérieures
à
pg;
si au contraireot(p; g)
>(p; g),
il faut mettre en réservep (ce(p ; g)
-- f3(p; g)) puissances
aveclesquelles
on pourra faireapparaitre
despuis-
sances de p
supérieures
àpg
dans ceux des hpaquets qui
en ontbesoin;
après
toutes cesopérations, chaque
mu est la somme despuissances de p qui proviennent
de ladécomposition
de mj etqui
contribuent ensuite à composermi.
8. - Les foncteurs
polynomiaux
Ici ~ est un corps infini. Un foncteur
polynomial
est un foncteur dela
catégorie
des espaces vectoriels de dimension finie sur I~ danselle-même,
vérifiant la
propriété
suivante:quels
que soient U et V dans cettecatégorie, l’application
de Hom( Û, V)
dans Hom(F(U), F(V))
définie par .F’ est uneapplication polynomiale (d’un
espace vectoriel de dimension finie sur K dans unautre).
Siquels
que soient U etV,
elle esthomogène
dedegré n,
on dit que F est
homogène
dedegré
n. Tout foncteurpolynomial
est sommedirecte de foncteurs
polynomiaux homogènes (éventuellement
en nombreinfini,
comme parexemple
dans le cas du foncteur «algèbre extérieure »).
La théorie des foncteurs
polynomiaux
fournit desreprésentations
ration-nelles des groupes
algébriques GL( U) ;
en effet si I’ est un foncteurpoly- nomial,
ce groupeopère
dansl’espace
vectorielF( U);
si la dimension de U est au moinségale
audegré
deF,
onpeut
obtenir toutes lespropriétés
dufoncteur F en étudiant l’action de
GL( U)
dansF(U).
On trouvera dans[7]
le contexte
qui
a amené J. L. Koszul à construire la théorie des foncteurspolynomiaux; malheureusement je
ne connais pas depublication
de lui surcette théorie.
Si .K est de
caractéristique nulle,
tout foncteurpolynomial
est sommedirecte de foncteurs
irréductibles,
et tout foncteur irréductible dedegré n
est
isomorphe
à un sous-foncteur de Tn(puissance
tensoriellen-ième);
par suite les classesd’isomorphie
de foncteurspolynomiaux
irréductibles sonten
correspondance biunivoque
avec lesdiagrammes
deYoung.
Les chosesse
passent
tout autrement si le corps K a unecaractéristique
p nonnulle;
par
exemple
si n > p, le foncteur n’est niirréductible,
ni même sommedirecte de sous-foncteurs
irréductibles;
la même remarques’applique
àet en outre ces deux foncteurs ne sont pas
isomorphes.
Dans toute la suitede ce
paragraphe, K
est un corps decaractéristique
p ;je
montrerai que lathéorie des foncteurs
(définis au § 3)
fournit des foncteurspolynomiaux
différents des foncteurs Sn et et de tous ceux
qu’on peut
en déduire par les deuxopérations
élémentaires que voici: faire desquotients
de deux sous-foncteurs
(le
second étant inclus dans lepremier), puis
faire des sommesdirectes.
Mais
auparavant je
voudrais introduire la notion de suite decomposi-
tion. Soit F un foncteur
polynomial
dedegré
n ; une suite decomposition
de F est une suite strictement croissante de sous-foncteurs
(polynomiaux),
où le
premier
estégal
au foncteurnul,
et le dernier àF,
et où lequotient
de deux sous-foncteurs consécutifs est
toujours
un foncteurirréductible;
ces foncteurs irréductibles
s’appellent
les facteurs irréductibles de.F’; plus
exactement les facteurs irréductibles sont leurs classes
d’isomorphie;
lesfacteurs irréductibles sont les même pour toutes les suites de
composition;
l’existence de suites de
composition (de longueur finie)
résulte du fait que tous les sous-foncteurs de Fapparaissent lorsqu’on
étudie l’action d’un seul groupeGL(U)
dansF U),
pourvu que dim Dans la suite nouspourrons
toujours
nous ramener à l’étude de foncteurs dont tous les fac- teurs irréductibles sont deux à deux nonisomorphes;
dans ce cas, si ~ estun facteur irréductible de