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Contribution à l'étude de la réfraction et de la dispersion

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00240576

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Submitted on 1 Jan 1901

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Contribution à l’étude de la réfraction et de la dispersion

A. de Gramont

To cite this version:

A. de Gramont. Contribution à l’étude de la réfraction et de la dispersion. J. Phys. Theor. Appl.,

1901, 10 (1), pp.97-116. �10.1051/jphystap:019010010009700�. �jpa-00240576�

(2)

97

CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA RÉFRACTION ET DE LA DISPERSION;

Par M. A. DE GRAMONT.

Je me suis proposé de représenter graphiquement la déviation et la dispersion dans un prisme et d’étudier les propriétés des courbes ainsi obtenues. La question est susceptible d’applications fréquentes

en spectroscopie et dans toute construction d’appareil figure une

arête réfringente.

J’ai donc construit, pour les radiations considérées, des courbes où les incidences successives, depuis la normale à la face d’entrée du prisme, sont portées en ordonnées, et où les déviations correspon- dantes, comptées à partir de la direction du rayon incident, forment

les abscisses.

Ces coordonnées ont été déterminées concurremment par l’expé-

rience et par le calcul. Après avoir exposé ces deux manières d’obte- nir les mêmes courbes, nous étudierons les propriétés de celles-ci et

les conséquences qui en découlent.

DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL CT MESURES.

Plusieurs prismes en flint, d’angle voisin de 60", avaient été étu-

diés au point de vue des indices de réfraction et de la variation de

dispersion apparente ohservée sur des échelles de spectroscope pour des incidences diverses. L’un de ces prismes, désigné par 3 W,

dont les faces, polies avec le plus grand soin par 1B1. ~~erlein, don-

naient des franges d’interférence absolument droites par réflexion, a

servi à l’établissement des courbes de déviations et à la constatation de la parfaite concordance de l’observation et du calcul.

Les mesures d’indices, d’incidences et de déviations ont été faites

sur un cercle de 28 centimètres de diamètre portant le degré divisé

en trois, avec verniers au vingtième; la minute était donc lue direc-

tement. Le collimateur dont la position déterminait la direction du rayon incident, prise pour origine des mesures, était assujetti à

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019010010009700

(3)

98

une position fixe, au zéro du cercle. Le prisme à étudier était main-

tenu avec de la cire sur la plate-forme de l’appareil, et le centre de

celle-ci passait par l’arête réfringente, rendue verticale, du prisme.

Lors de la détermination des indices, la plate-forme était rendue

indépendante du cercle, et sa rotation complète assurée dans tous

les azimuts.

Pour les mesures d’incidences et de déviations, elle était, au con- traire, solidarisée avec un vernier donnant les positions sur le

cercle.

La lunette d’observation était celle d’un spectroscope ordiriaire et

portait un réticule à fils croisës ; éomme le collimateur, elle reposait

par deux tourillons sur un pivot à fourchette permettant l’établisse- ment, dans le plan d’une section droite du prisme, des axes optiques

de la lunette et du collimateur. Pour ce dernier un trait de repère,

pour la lunette un vernier avec vis de rappel, étaient solidaires des

pivots et lus sur le cercle. Les tirages à crémaillères des mises au

point du collimateur et de la lunette portaient une même division en 1/2 millimètre avec vernier au ~.,~’~?0. L’ensemble du cercle, lesté par

un poids de plomb, reposait sur trois vis calantes, et son horizonta-

lité était vérifiée au niveau.

Indices.

-

L’angle réfringent du prisme une fois obtenu par ré-

flexion, on mesurait, pour avoir les indices, les déviations minima.

Celles-ci étaient lues doublement : une première fois, à partir de la

direction du rayon incident, déterminée par visée directe de la fente du collimateur, et une seconde fois en prenant la moitié de l’écart

entre les positions des déviations minima à droite et à gauche, le prisme occupant alors successivement, par la rotation de la plate- forme, deux positions symétriques par rapport à l’axe optique du

collimateur. J’ai pris ainsi une série d’indices répartis dans tout le spectre, en choisissant les raies les plus brillantes ou les plus com-

modément placées du sodium dans la flamme de l’hydrogène en

tube de Plücker, et de différents métaux dans l’étincelle condensée :

aluminium, zinc, argent, étain, plomb.

J’ai préféré ne pas recourir au spectre solaire à cause de la diffi-

cultë d’éviter les méprises et les confusions entre les différentes raies

de Frauenhofer, quand on opère, comme c’était le cas, avec une faible

dispersion. Les indices donnés ici ont permis de construire des

courbes où, les longueurs d’onde étant portées en ordonnées, les

indices correspondants forment les abscisses (flg. i). Les princi-

(4)

99

pales raies du spectre électrique du plomb peuvent même suffire à construire une courbe de ce genre en réunissant d’une manière con-

tinue les indices fournis par une substance transparente. On peut

FiG. 1.

ainsi obtenir les valeurs interinédiaii~es des points déterminés par

l’expérience, et obtenir la correspondance avec les raies de Frauen- hofer, généralement choisies pour repères. Le simpl-e aspect de la

courbe permet aussi de constater les erreurs.

(5)

100

J’ai inscrit, à côté de celles qui correspondent aux chiffres ci-dessus,

deux autres courbes : l’une concerne le prisme ~, qui m’avait anté-

rieurement servi à des études de réglage de dispersion du spectres-

cope ; ses principales constantes sont : i

Densité : 3,68.

Indices : C = 1.6188, D = 1.6327, F

=

1.6362, G’

-

1.6466

h (H~~a

=

410,2)

=

1.6~32.

l,’autre courbe se rapporte au flint Feil 1249, dont les indices

sont donnés dans du Bureau des Longitudes. On voit que l’allure des quatre courbes est sensiblement la même.

I~~czdenc~a et déviations. - Le but à atteindre était de déterminer les déviations des différentes raies pour une série de positions suc-

cessives du rayon incident, par rapport à la normale à là face d’en- trée. Il était donc important d’établir exactement la situation sur le’

cercle lu vernier de l’alidade de la plate - forme porte-prisme, pour

cette incidence normale.

,

On faisait usage de la méthode de M. Cornu, pour l’observation,

sous l’incidence normale, des prismes (2) et des réseaux(3) ; on enlevait la (1, ~lilieui des deux raies.

(2) Annales de l’Ecole nonnale supérieicre, 2e série, t. IX.

(3) Etudes szcr les bandes telluriques du spectre solaire (Annales de Chimie et

cle Ph?~si~ue, 6, série, t. VII, p. 48 ; 1886).

(6)

101

fente du collimateur, qui, destiné à rester fixe pendant la durée des

mesures, fournissait le rayon incident, et l’on envoyait, à l’aide d’une

glace sans tain, un faisceau de lumière dans l’axe ; l’apparition de points brillants sur l’objectif indiquait la bonne direction du fais-

ceau ; on faisait alors tourner lentement le prisme au moyen de l’ali-

dade, et l’illumination de sa face faisait constater le voisinage très proche de l’incidence normale. La fente étant alors remise en place,

on achevait le réglage en la faisant coïncider avec son image réfléchie

sur la face du prisme, en opérant d’abord avec la fente largement

ouverte, puis en la rétrécissant graduellement et observant, avec

une loupe de foyer convenable, à travers la glace sans tain, qu’il est

commode de fixer sur un support. On vérifie alors la solidarité com-

plète du prisme, de la plate-forme et de l’alidade, dont le vernier donne sur le cercle l’incidence normale cherchée, origine des mesures.

Il est bon de vérifier, au cours de celles-ci, que cette valeur origine

n’a pas subi de changement dû à un choc ou à un ballottement des

pièces de l’appareil. On fait alors varier l’incidence sur le prisme depuis l’incidence normale jusqu’à celle qui donne les premières

déviations observables, c’est-à-dire au-delà de l’incidence limite.

On peut encore commencer par se placer à 90° de la normale,

c’est-à-dire à l’incidence rasante. Celle-ci ne peut être directement

observée; mais à un faible écart angulaire, 21 par exemple, à 88°,

tout le spectre visible est assez lumineux pour permettre les poin-

tés des raies déterminés à l’intersection de la croisée des fils du réticule. On observait ainsi d’abord l’image fine et brillante de la fente du collimateur par visée directe de celle-ci, image dont le pointé donnait la direction du rayon incident, à partir de laquelle

était mesurée la déviation, après réfraction, d’une des raies choisies.

Celle-ci était l’objet d’un second pointé, dont la lecture, retranchée

de la première, donnait cette déviation cherchée. J’ai borné mon

étude à trois raies :

Dans le rouge : la raie Ha de l’hydrogène, C de

Frauenhofer ... X

~

656,3 Dans l’orangé : la raie Na~, milieu du doublet du

sodium D, de Frauenhofer... 1 ~ 589,3 Dans l’extrême violet: la raie :~12, la plus refrangible

du doublet de l’aluminium ...

=

394,4

Bien entendu, les visées successives de la fente et de la ra i

réfractée étaient effectuées sans toucher à la mise au point.

(7)

102

1 C

0

~

s

(8)

103 Voici un tableau donnant les valeurs observées et en regard les

nombres calculés de la manière que nous exposerons plus loin.

La concordance entre le calcul et les mesures est complète dans

les limites d’exactitude du dispositif expérimental, c’est-à-dire à une

minute près. Un certain défaut de stabilité dans les pièces de l’appa- reil, un léger ballottement des lunettes sur leurs tourillons ne per- mettaient pas une précision supérieure.

CALCUL DES DÉVIATIONS

Les équations bien connues, dites

«

du Prisme », nous permettront d’obtenir facilement les déviations cherchées. Disposées, comme ci- dessous, sur le conseil de 1~1. Cornu, les opérations qu’elles expriment

sont rapidement effectuées par logarithmes.

Soient :

A, l’angle réfringent du prisme;

e, l’angle d’incidence à partir de la normale à la face d’entrée ; e’, l’angle d’émergence à partir de la normale à la face de sortie ;

r et r’, les angles du rayon cheminant à l’intérieur du prisme avec les

normales : r avec celle de la face d’entrée, r’ avec celle de la face de sortie;

D, la déviation cherchée, comptée à partir de la direction du rayon

incident ;

n, l’indice de la radiation considérée.

Prenons pour exemple le prisme 3 W (A

=

59, ~9’) : l’incidence

e

=

45°, et la raie jaune du sodium considérée comme simple

n - ~.. ô~9’7 .

(1) Un résumé de ce qui suit a été publié dans les Comptes l’endus de l’Aca-

démie des Sciences (séance du f2 février 1900: Sui quelques conséquences des

fo~~nules du pî-isme, par 1~Z. A. DE UR~?~70~1T~..

>

(9)

104

Ces équations se simplifient encore dans certains cas.

Cas particuliers.

-

Minimum de déviation Dm; on sait qu’alors

e

=

e’, soit e,n, et, par suite,

on a ainsi l’émergence e"t au minimum ; elle serait difficile à déter- miner avec précision par l’observation, sa valeur en ce point variant rapidement pour des changements très faibles de la déviation au voisinage de son minimum.

Incidence rasante, c’est-à-dire pour e

=

90°, les expressions (1)

et (4) deviennent, 1. étant alors l’angle limite :

Incidence limite, nous désignerons ainsi celle qui, pour le prisme d’angle et d’indices considérés, correspond à l’émergence rasante.

Pour une incidence plus voisine de la normale, le rayon réfracté à l’intérieur du prisme ne sortirait plus. Les équations (3) et (4) deviennent, r’ étant cette fois l’angle limite :

Comme on le verra dans la suite, les valeurs (4~) et (4y) de D sont égales et forment une limite, un maximum de déviation. On l’obtient successivement à l’incidence rasante et à l’incidence limite qui correspond à l’émergence rasante ; nous le désignerons par Di.

L’affaiblissement considérable de la lumière réfractée dans ces

conditions permet seulement de s’approcher de ce maximum sans

l’atteindre expérimentalement.

(10)

105

CONSTRUCTION ET PROPRIÉTÉS DES COURBES DE DEVIA1’ION.

Les valeurs ainsi obtenues par le calcul et l’expérience, pour le

prisme 3 ~~V, ont été reportées sur deux axes de coordonnées rec-

tangulaires, à l’échelle de 1 millimètre pour 6’ d’arc, les incidences

en ordonnées de 0 à 90°, et les déviations en abscisses de 0 à t 200. Les

points, déterminés de cette manière et aussi rapprochés qu’on veut,

sont réunis par un trait continu, formant ainsi des courbes, réduites

ici (fig. 2) au 1 l13 environ.

,

Fio. 2.

Pour plus de clarté dans la figure, la courbe de la raie Naa a été supprimée.

En E,.mEI est représentée la courbe de la raie rouge de l’hydro- gène Mot, et en Er~m~Et~ celle de la raie violette extrême de l’alumi- nium A12..

Cas général.

-

Considérons une incidence quelconque e. L’équa-

tion (4) est symétrique en e et e’, et, pour une même déviation D, ces valeurs peuvent s’échanger; c’est l’expression du fait expérimental

du retour inverse des rayons. On voit en effet, par suite de cette rever-

sibilité, l’ordonnée correspondant à une déviation donnée D couper

(11)

106

la courbe en deux points E et E’, tels que DE et DE’ représenteront

les valeurs réciproques de e et de e’. Les courbes donnent donc aussi les émergences. Nous pouvons, d’autre part, écrire l’équation (4) en

divisant les deux membres par 2 : :

Mais la demi-somme de e et de e’ est l’ordonnée du point milieu

de la corde qui a pour abscisse D ; il en est de même pour toute

autre déviation, telle que D 1. Nous exprimerons donc cette propriété

en disant :

Les points milieux de toutes les cordes parallèles aux ordonnées

sont sur une droite qui est, pour chaque courbe, le diamètre con-

jugué de l’axe des incidences.

Nous l’appellerons

«

droite des minima » ; nous allons voir

pourquoi.

Cas du ~z~~M/~. 2013 L’équation (4cx) considérée, pour deux indices différents et, par suite, pour deux courbes successives,

nous donnera :

et

ce que nous pouvons encore exprimer en différentiant l’expres- sion(4~):

l’angle A du prisme étant une constante. On voit que la diffé- rentielle de la déviation minima est le double de celle de l’inci- dence correspondante.

Si, dans les équations (4Õ), nous faisons e - o, nous aurons:

D =-A.

Nous pourrons donc énoncer les propriétés suivantes :

Droite des minima. - 1° Le point de chaque courbe correspon- dant au minimum de déviation est situé sur une droite commune

à toutes ces courbes. Cette

«

droite des minima

»

n’est autre que le diamètre conjugué de la direction de l’axe des incidences dans le cas général ;

-

2° La droite des minima fait avec l’axe des abscisses-dévia-

(12)

107

tions un angle B w

_

’26, 33’ 3~’’~~, dont la tangente est égale à un demi;

n

3° Elle rencontre cet axe des déviations en un point, dont l’abs- cisse A est égale à l’angle réfringent du prisme.

Nous trouverons encore facilement les propriétés suivantes : En faisant D == o, nous aurons :

la droite des minima rencontre donc l’axe des ordonnées à une dis- tance de l’origine égale à la moitié de l’angle du prisme.

Elle rencontrera une parallèle à l’axe des abscisses, menée à la

distance e

=

90 (incidence ou émergence rasante), au point dont

l’abscisse est ’180

-

A; en effet, pour e,,1 = 90°, on a D = 180 - A.

Enfin, le système (43) nous donnant :

nous voyons qu’en comparant deux radiations quelconques la dif-

férence de leurs déviations minima est le double des incidences

correspondantes.

Droite des émergences.

-

Si, pour une même incidence e, nous

comparons deux radiations, nous aurons à considérer deux courbes

correspondant chacune à un indice différent. Les intersections de celles-ci avec la

«

droite d’incidence », c’est-à-dire celle qui, paral-

lèle à l’axe des abscisses, a pour ordonnée l’incidence choisie, nous

donneront deux déviations D et Dl, dont les émergences respectives

seront e’ et e’ et les relations données par (4) :

ce que nous pouvons représenter encore, par différentiation de l’une de ces équations, et en remarquant que A et ici e sont constants :

ou

donc : pour une même incidence, si l’indice varie, la différentielle de la déviation est égale à la différentielle de l’émergence.

On voit que la droite joignant les points de deux courbes corres-

pondant aux émergences d’une incidence commune a pour tangente

(13)

108

l’unité; nous l’appellerons

«

droite des émergences », et nous résu-

merons ses propriétés en disant :

1° Pour une même incidence, les points représentatifs d’émer-

gence E et E’ de deux radiations d’indices différents sont, sur une même droite d’émergence, à 45~ des axes de coordonnées ;

2° Les différences des angles d’émergence sont égales aux diffé-

rences des angles de déviation ; les unes pourront être indifférem-

ment substituées aux autres pour la mesure de la dispersion.

Pour une incidence donnée, les rapports de dispersion du spectre

résultant seront représentés par les rapports des longueurs inter- ceptées par les courbes des radiations considérées soit sur la droite

d’incidence, soit sur celles des émergences. La position de cette

dernière sera déterminée comme il suit :

La droite d’incidence menée pour une valeur donnée de e paral-

lèlement à l’axe des abscisses rencontrera celle des émergences correspondantes, sur la droite des minima, ~en un point dont l’abscisse s’obtient en faisant e

=

e’ dans l’équation de la droite d’émergence, qui devient:

expression d’un point de la droite des minima, par lequel il suffira donc de tracer une droite à 4~°, qui sera celle des émergences.

Droite des limites.

-

L’incidence rasante e

=

90° présente un cas particulier les points représentatifs des incidences, tels que

Er, E1.4 correspondent, sur leurs courbes respectives, à des émergences

limites Ei et El,, au-delà desquelles aucun rayon ne pourra plus

sortir du prisme.

On a ainsi, pour chaque radiation, un maximum de déviation Di

donné deux fois : en premier lieu, par l’incidence rasante, et, en second lieu, par son incidence limite correspondant à l’émergence

rasante.

Les points représentatifs de limites, soit d’émergence, soit d’in- cidence, seront donc situés, pour toutes les courbes, sur une droite

à 45", que nous appellerons « droite des limites », cas limite, en effet,

des droites d’émergence, et au-delà de laquelle, avec le prisme con- sidéré, aucune radiation n’aura plus de point d’émergence.

Suivant la façon dont on la considère, et à cause de la reversi-

bilité des phénomènes, elle a pour équation :

(14)

109 1° Dans le cas de l’incidence rasante :

c’est l’émergence limite pour laquelle l’angle de réfraction est

l’angle limite rl:

~° Dans le cas de l’émergence rasante, donnée par l’incidence

limite,

.

les incidences plus rapprochées de la normale donneraient la réflexion totale, et, cette fois, c’est l’angle du rayon réfracté dans le

prisme avec la normale de la face de sortie qui est l’angle limite ri :

Di a la même valeur maximum dans les deux expressions (.4~)

et (4y). Si nous prenons l’une ou l’autre de ces formes de l’équation

de la même droite, nous lui reconnaîtrons les propriétés suivantes : 1° Pour e’

=

o, son point de rencontre avec l’axe des abscisses

nous est donné et a pour valeur la déviation :

2° Pour e’

=

901, elle coupe la droite d’incidence (ou émergence)

rasante en un point dont l’abscisse est :

et, par suite, au même point que la droite des minima, comme nous

l’avons vu plus haut. Bien entendu Di est différent de D’l.

3° Pour D = o, son point d’intersection avec l’axe des ordonnées

a pour valeur l’incidence :

ce point est donc au-dessous de l’axe des x, si, comme dans la pra-

tique habituelle, l’angle du prisme est inférieur à 90°.

J’ajouterai qu’il est facile de démontrer géométriquement que la

droite des minima concourt en un même point avec la droite des

(15)

110

limites et la droite d’incidence rasante. En effet, dans les triangles

semblables CE,.EL et CE,., Elt, la droite des mirtima partage les

bases E,.El et E,., Ei,, en parties égales et, par suite, se trouve bien la

médiane de ces triangles. Une démonstration semblable s’appli- querait au fait de la rencontre d’une droite quelconque d’émer-

gence, avec la droite d’incidence correspondante, sur un point de

la droite des minima. Nous avons déjà établi ce fait précédemment

en le déduisant de l’équation (4.) pour e

=

e’.

Variation de l’indice.

-

La formule bien connue qui donne l’in

dice en fonction de l’angle du prisme et du minimum de dévia- tion D"r :

peut, en vertu de l’expression ~~a), prendre la forme :

qui fournit la valeur de l’émergence au minimum de déviation et la condition :

°

il y a donc un indice limite qui a pour valeur :

pour lequel :

l’incidence du minimum de déviation se confond alors avec l’incidence du maximum (incidence rasante), et la courbe se réduit à un point.

Appliquant ce qui précède à un prisme de ~0°, nous aurons pour indice limite :

et dans la figure le point correspondant auquel se réduit la courbe

est en C. On voit donc qu’un prisme de 60° permet seulement l’ohser-

vation d’indices inférieurs à 2.

(16)

111

Considérons maintenant les courbes correspondant à des indices au-dessous de cette limite. Pour la courbe dont le pied est situé en L, au point la droite des limites rencontre l’axe des abscisses, l’angle d’émergence compté à partir de la normale à la face de sortie

sera nul, c’est-à-dire le rayon émergent sera normal à celle-ci. Nous

aurons alors :

et, comme nous l’avons vu plus haut, r étant, dans le cas de l’incidence rasante, égal à l’angle limite, la formule (2) sera réduite à:

on sait en effet que la condition bien connue pour qu’un rayon tra- versant un prisme puisse émerger est (2) :

l étant l’angle limite.

La formule (1), qui peut s’écrire :

devient dans la circonstance considérée, e

=

90° et ~’

o :

Pour un prisme de 60°, l’indice correspondant à une pareille courbe

aura une valeur de 1, ~ ~47 . Pour cette valeur de A, c’est la limite des courbes situées toutentières au-dessus de l’axe des abscisses, c’est-à-

dire dont les émergences seront positives.

Courbes en partie négatives.

-

Nous sommes donc amenés à envi- sager des cas oà , par suite de la variation de n par rapport à A, nous

aurons des courbes en partie négatives. C’est-à-dire que si, pour une certaine valeur de e, on a ~- > A, alors r’ ~ o, et les deux membres de

l’équation (2) sont négatifs. Nous interpréterons ce résultat comme signifiant que, dans ce prisme, le rayon lumineux émerge de la face

de sortie du côté opposé de celui on l’a placé, par rapport à la normale, en établissant la formule.

Pour trouver les valeurs de l’indice donnant des courbes en partie positives et en partie négatives, ou tout entières positives, nous obser-

verons qu’à des valeurs croissantes de l’indice correspondent des

(17)

112

courbes placées de plus en plus loin de l’axe des ordonnées, c’est-à-

dire à des déviations de plus en plus considérables.

Pour n ~ coséc A, les courbes seront entièrement positives. La

réflexion totale aura lieu pour toutes les valeurs de l’incidence e

comprises entre o, incidence normale, et l’incidence limite el qui, sur

la figure, correspond aux points tels que El, E, situés sur la droite

des limites.

Pour n ! coséc A, comme nous venons de le voir, la courbe est entièrement positive. Il n’y a plus de réflexion totale depuis l’inci-

dence normale, qui donne alors l’émergence rasante, jusqu’à l’inci-

dence rasante qui, inversement, donne l’émergence normale dans

ce cas.

Pour n coséc A, on a une courbe en partie négative. L’incidence pourra prendre toutes les valeurs entre 0 et 90° sans fournir de

réflexion totale, et elle pourra, de plus, avoir des valeurs négatives,

c’est-à-dire de l’autre côté de la normale, tout en donnant cependant

encore un rayon émergent. La réflexion totale se produira pour celles de ces incidences négatives qui dépasseront une certaine limite dépendant de l’indice, sans que cette valeur négative de l’incidence

puisse dépasser, comme nous l’avons vu plus haut, 90° - A. Dans la pratique, ce cas ne trouverait sa réalisation que pour un prisme d’angle très aigu, car les indices des liquides ne sont pas inférieurs à 1,33 environ (eau, alcool), ou pour les quelques gaz ou vapeurs dont

l’indice, dépassant celui de l’air, est supérieur à l’unité.

Variation de l’angle du ~rorisme. - Suivant que l’angle A du prisme

croît ou décroît, la limite des indices susceptibles de fournir des courbes de déviation observable augmente ou diminue. L’expres-

sion donnant l’indice maximum, -.

nous montre, en effet, que cet indice varie en sens inverse de A.

On trouvera, par exemple, pour le cinabre dont l’indice extraordi- naire pour la raie rouge du lithium est le plus élevé connu : 3,201,

que l’angle du prisme donnant cet indice maximum est de 36° 24’30’.

On devra donc étudier la réfraction de ce corps avec un angle infé-

rieur à celui-là.

La formule n - coséc A, qui détermine la limite entre les courbes

entièrement positives et les courbes partiellement négatives, nous

(18)

113 fait voir aussi que le nombre de ces dernières courbes augmente quand A diminue. Nous verrons ainsi que, pour l’indice de l’eau (raie

rouge Hx) : 1.331~, un prisme d’angle égal ou supérieur à ~8° 41’ ~1’’

fournira une courbe entièrement positive, le pied de celle-ci se trou-

vaiit, pour une pareille valeur de A, située sur l’axe des abscisses, et,

par conséquent, 1 émergence rasante correspondant à l’incidence nor-

male.

La simple inspection de la figure fait voir que, si l’angle A du prisme diminue, le système solidaire et invariable de la droite des limites et de la droite des minima se déplace en s’éloignant de l’axe

des ordonnées.

Laîne â fcLCes parallèles.

-

Si A tend vers zéro, les deux expres- sions ci-dessus de A grandissent indéfiniment, et les rayons de toutes les réfrangibilités passeront par toutes les incidences. Enfin, pour

A=o, on a :

et par conséquent :

"

quels que soient l’incidence et l’indice, l’angle d’émergence sera égal

et de signe contraire à l’angle d’incidence, et la déviation sera nulle.

C’est bien, en effet, le cas de la lame à faces parallèles.

Nature des courbes de dévicction.

-

A la première inspection de

ces courbes, on est tenté de les assinliler à des ellipses ou, mieux, à des paraboles, en raison de l’existence d’un diamètre conjugué. Un examen plus approfondi montre qu’il ne peut y avoir d’autres analogies et qu’une approximation serait illusoire. En effet, dans une ellipse ou une parabole, les tangentes menées par les extrémités d’une même corde vont se rencontrer sur le diamètre conjugué de leùr direction. Or,

dans nos courbes, non seulement le fait n’existe pas, mais il y a encore

un tel écart, quelle que soit la corde, que cela enlève l’idée d’assimi- lation avec une de ces coniques.

En réalité, comme a bien voulu me le faire remarquer M. Cornu,

l’équation de la courbe entre e et D est donnée par l’élimination de

e’ entre les deux équations :

(19)

114 et :

cette dernière équation résulte de celle désignée so u s le 1 ~ dans

le mémoire de M. Cornu ( ~ ) .

L’équation de la courbe est donc assez compliquée. Cependant, au voisinage du minimum de déviation, on pourrait tenter de la consi-

dérer comme une conique, et particulièrement une parabole; c’est ce

que j’ai essayé pour la courbe n _--.1.6~~’l correspondant à la raie H,

avec le prisme 3 W. - Je l’ai assimilée par le calcul à une para- bole rapportée à la droite des minima et à sa tangente au sommet de

ce diamètre, et en passant ensuite aux coordonnées rectangulaires, qui sont les données de l’expérience ou du calcul direct. Le paramètres

était déterminé soit au moyen d’une incidence et de sa déviation con-

nue, soit par les valeurs des incidences limite ou rasante. L’écart entre les déviations calculé au moyen de la courbe réelle et celles données par la parabole correspondante ne dépassait pas une minute entre

le minimum (50, 36’ 30") et 60° ; mais les différences croissaient ensuite rapidement. Plus l’indice qui correspond à une courbe est élevé; plus celle-ci est éloignée de l’axe des ordonnées (lequel figure

la limite n = 1 ), et plus sa courbure est accentuée, plus restreinte

sera alors la partie de la courbe pouvant être assimilée à un arc de parabole.

-

La région de la courbe entre le minimum et l’incidence limite est toujours, quel que soit l’indice, la portion qui diffère le plus

d’une conique.

Cour°bo de d2~S’~e~~’20n totale.

-

Cette courbe a été construite avec

les résultats donnés dans les dernières colonnes du tableau du prisme

n° 3 ~~, en portant en abscisses les différences des déviations des raies extrêmes Al2 (394.4) et IIX (6~)6.3), et en ordonnées les angles du

rayon incident avec la normale à la face d’entrée du prisme (~,~, 3).

La courbe représente ainsi les variations corrélatives de la disper-

(1) De La ~°é frccction à tr°uve~~s un pl’isJne suiuunt une loi quelconque (Ann. Ec.

~or~m., ~° série, t. I; p. 240; 1872).

(20)

115 sion totale apparente et de 1 incidence. Cette dispersion, qui est mi-

nimum pour l’incidence rasante, croit lentement jusqu’aux minima de déviation; elle augmente ensuite très rapidement jusqu’à la première

incidence limite, au-delà de laquelle les différentes radiations cessent successivement d’être observables et disparaissent tour à tour en com-

mençant par les plus réfrangibles.Nous avons vu précédemment que

FIG. 3.

ces incidences limite dépendent non seulement de l’indice, mais aussi

de l’angle du prisme. Ainsi nous pourrions encore observer la raie A]2’

qui avait pour indice, dans nos expériences, 1.6872, sous l’incidence normale, si l’angle A du prisme était rendu inférieur à 36° 20’ o5~.

Semblablement, en donnant à un prisme un angle de 30°, on pourrait

faire réfracter sous l’incidence normale et observer des radiations

d’indice supérieur à 2.

(21)

116

On voit donc à quel point on pourra faire croître la dispersion dans

un spectroscope, lorsqu’on rapprochera l’incidence de la normale.

SUR LA LOI DE DISTRIBUTION DE LA COMPOSANTE HORIZONTALE DU MAGNÉTISME TERRESTRE EN FRANCE ;

Par M. E. MATHIAS.

1. -Depuis six ans environ, j’ai entrepris, d’accord avec M. B. Bail-

laud, directeur de l’Observatoire de ’roulouse, l’étude détaillée de la

distribution du magnétisme terrestre dans la région toulousaine.

Comme M. Moureaux, dont j’ai suivi les errements, j’ai effectué les

mesures au moyen de deux boussoles de voyage construites par Brünner : les admirables instruments qui m’ont servi appartiennent

au Laboratoire de Physique de l’Ecole normale supérieure et

m’avaient été très gracieusement prêtés par MM. Violle et Bril-

louin, que je prie de bien vouloir agréer mes sincères remercie- ments.

Conformément au système de cartes que j’ai proposé (~), j’ai rap-

porté toutes les localités à une station de référence et déterminé la différence entre chacun des éléments magnétiques mesurés en un

endroit X et l’élément correspondant (2) de l’Observatoire de Tou- louse. A cet effet, je déterminais la différence (X - Parc), grâce à l’obligeance de M. Moureaux, et, en retranchant de cette différence la différence (Toulouse - Parc) contemporaine, j’obtenais la différence c’lerchée (X - Toulouse) (~). Cette différence étant une fonction très lente du temps, on peut considérer comme comparables entre eux

les nombres obtenus à quelques années d’intervalle; l’influence de l’altitude étant excessivement faible, il s’ensuit que les différences

(X - Toulouse), pour un élément donné et un intervalle de quelques

années, sont exclusivement fonction des différences de longitude et

de latitude géographiques de l’endroit X et de l’Observatoire de Toulouse.

(1) Voir J. cle Phys.. série, t. VII, p. 455; 1898.

(~) Les éléments correspondants se rapportent à des heures locales identiques.

(~3) Cette manière de procéder permet de prendre comme station de référence

une station dépourvue d’un service régulier d’enregistreurs magnétiques, mais

o l’on fait des mesures magnétiques absolues périodiquement.

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