CHAPITRE II
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
DE LA REPRODUCTION
F. RUTTNER V.-V. TRYASKO
Institut für Gytologie und Genetik, Akademie da I-1-’isswnschaftera,
Novosibivsk 90, U. R. S. S.
A. - LES ORGANES DE REPRODUCTION DE LA REINE
i. La chambre de
l’aiguillon
et la Bursacopulatrix (vestibule vaginal)
Les organes de l’orifice abdominal de la reine sont
profondément
enfoncés entreles deux derniers sternites.
L’appareil
vulnérant se trouve au milieu del’orifice,
l’anus dans unepoche
dans lapartie supérieure,
la chambre del’aiguillon
et l’orificevaginal
dans lapartie inférieure,
dans unepoche
nettementplus profonde.
Les deux orifices ne
peuvent
être rendus visibles que si l’on écarte les derniers sternites ettergites
de la reine. Même ainsi l’orificegénital
reste caché par la base ensaillie de
l’appareil
vulnérant. Il ne devient accessible quelorsqu’on déplace l’appa-
reil vulnérant tout entier en direction dorsale.
L’image qui
seprésente
alors est lasuivante
(fig. 2 ) :
la chambre del’aiguillon
estlargement
ouverte entre les courburesdes soies de
l’aiguillon
et le dernier sternite. Elle esttapissée
latéralement detégu-
ments mous dont la surface est couverte de courtes
épines
brunes de chitine. Cesépines disparaissent
- du moins à l’oeil nu — au fond de la chambre del’aiguillon
etle revêtement
tégumentaire
yprésente,
de cefait,
un aspect blanc et luisant(fig.
2Hf).
Deux
replis tégumentaires
bienmarqués partent
de la face extérieure de l’ai-guillon
par le fond de la chambre vers le milieu du sternite. Ils forment ainsi untriangle,
dont la base est délimitée parl’aiguillon
et les deux côtés par les deuxplis.
Ce
triangle
circonscrit un secteur interne de l’avant de la chambre del’aiguillon.
Ce secteur est
appelé
Bursacopulatrix (Bc,
vestibulevaginal).
Trois orifices débouchent dans la Bursa
co!utatrix :
levagin,
au centre, et lesdeux
poches latérales,
en fenteslongitudinales
sous lesplis.
Cespoches
entourent levagin
des deuxcôtés,
comme de vastes sacs(fig.
i et2 ).
Elles n’ont aucuneimpor-
tance pour
l’insémination,
mais il faut savoirqu’elles
existent pour ne pas les con-fondre avec le
vagin.
2
. Le
vagin
La
paroi
extensible duvagin présente
de nombreuxplis
et anses de sorte que sa forme varie considérablement selon ledegré
de dilatation de l’abdomen. Il débouche dans la chambre del’aiguillon
par l’orificevaginal,
fente transversale fermée au repos etqui n’apparaît
que comme un bourreletplissé
au milieu de la Bursaco!ulatrix.
Le diamètre de l’orifice
vaginal
mesure deo,65
ào,68
mm(L AIDLAW , Ig44)!
L’orifice
vaginal
se raccorde à un secteur court etétroit,
le passagevaginal.
Le
vagin présente
ensuite unélargissement
en forme de sac, la chambrevaginale,
où une excroissance de tissu
strié,
en forme dedoigt,
la valvulevaginale,
fait saillie dans le sens dorsal.I,orsque
l’orificevaginal
est ouvert, onpeut généralement
voirde l’extérieur la
pointe
de la valvule.(Elle
est mieux visible chez l’Abeille italienne que chez les abeilles des racesfoncées).
Munie de muscles
puissants,
la valvulevaginale peut
se dresser ou se rabattreen
arrière,
fermant ou libérant ainsi l’accès de l’oviducte(c’est-à-dire,
vue de l’inté-rieur,
la sortie de l’oviducte vers levagin).
La valvuledégénère
avecl’âge,
de sorteque sa fonction
principale
estprobablement accomplie
àl’époque
del’accouplement (
p
’yG, 19 66).
Dans la coupe de la chambre
vaginale
débouche le Ductuss!erncaticus,
le canalde raccordement au
réceptacle
séminal ouspermathèque.
En cetendroit,
laparoi
antérieure de la chambre
vaginale
sedirige abruptement
vers le bas pour marquer ensuite un nouveaupli
vers l’avant. Les voiesgénitales
de la reine ne constituent donc pas un canalrectiligne,
mais sont coudées en forme de baïonnette. Les deux sections horizontalescorrespondent
auvagin
et à l’oviductemédian,
la section ver-ticale à la
partie
située entre laparoi
antérieure de la chambrevaginale
et la valvulevaginale (cette partie
est souvent considérée comme relevantdéjà
del’oviducte, I,mD!,aw, 1944).
3. L’oviducte
L’oviducte de la reine d’abeilles est en forme de Y : l’oviducte médian se scinde
en deux oviductes latéraux
qui
assurent à leurs extrémités antérieures la liaison avecles ovaires. Ces sections sont d’une constitution
histologique
nettement différente.a)
L’oviducte médian.Le tube extensible du
vagin, exempt
demuscles,
se rétrécit dans l’oviducte médian en un passage étroit en forme deT,
enrobé dans une trèspuissante
muscula-ture et solidement relié par celle-ci au dernier sternite.
Le diamètre de l’oviducte médian
qui
mesure 0,33mm à son ouverture antérieure(LmDr,nw, 1944 )
est dès lors àpeine
extensible.L’oeuf,
dont le diamètre est de o,39à 0,
42 mm, doit donc subir une déformation
longitudinale
en passant par l’oviducte médian.b)
Les oviductes latéraux.Ils
n’ont,
par contre,qu’un
réseau très lâche de faisceaux musculaires en coucheunique
dans leur minceparoi.
Ils constituent des sacssouples
à nombreuxplis longi- tudinaux,
de sorte que leur volumepeut augmenter
considérablement. Ils sont for- tement étirés enlongueur
chez lajeune reine,
aux ovaires encorepetits. Après
ledébut de la ponte ils sont tassés sur eux-mêmes par les ovaires
agrandis.
4
. Insémination et
renifilissage
de laspermathèque
Dans la
copulation naturelle,
le sperme est introduit avec laparticipation
activede la reine
(ouverture
de la Btcrsacofiulatrix,
descente de la valvulevaginale)
direc-tement du
pénis
dans l’oviducte au travers duvagin.
Lapartie
terminale dupénis
avec les
plaques
de chitinepénètre
alors dans la Bitrsacopitlatrix,
mais non dans levagin.
Dans l’insémination
artificielle,
pourremplir
l’oviducte de sperme, il faut intro- duire la canule d’inséminationjusque
dans l’étroit orifice de l’oviducte médian. Laparticipation
active de la reine faisantdéfaut,
la valvulevaginale
et le canal sinueuxet
plissé
duvagin
lui-même constituent un obstacle insurmontable à unremplissage
de spernte si celui-ci est
déposé plus
vers l’extérieur.Des notions exactes de la structure
anatomique
des voiesgénitales
de la reine sont la condition de la réussite de l’insémination. La valvulevaginale
doit d’abord êtrepoussée
vers le bas par l’introduction d’une sonde(fig.
29 p.2 8 7 ).
Cecifait,
l’extrémité de la
seringue
d’insémination doit être introduite exactement dans l’ori- fice de l’oviducte médian. Il estindispensable,
à cettefin,
de mettre la reine dansune
position irréprochable
enréglant
exactement son axe et en introduisant correc- tement le crochet. A la différence duvagin,
laparoi
de l’oviducte médian nepeut guère céder,
enrobée comme elle l’est dans depuissants
faisceaux de muscles. Si la reine n’est pas correctementplacée
et si lapointe
de laseringue
d’insémination n’est pas enposition
centrale exacte dans le sens de l’axe del’oviducte,
le sperme sera refoulé vers l’extérieur au travers duvagin
lors del’injection.
Si l’insémination a
réussi,
le sperme estinjecté
à travers l’oviducte médianjusque
dans les oviductes latéraux. Ces sacs extensiblesspacieux peuvent
accepter degrandes quantités
de sperme,jusqu’à
environ 20!,1.
Les deux branches sontpresque
toujours remplies,
mais le sontfréquemment
à desdegrés
différents.Au cours des 24 heures
qui suivent,
le sperme, refluant par l’oviducte médianpénètre
dans laspermathèque
par le Ductusspennaticus.
On ne connaît pas encore exactement les détails de cephénomène.
Il est évident que la reine y contribue acti- vement enexerçant
unepression.
Le rôle de la valvulevaginale consiste,
dans cettephase,
àempêcher
que le sperme soitexpulsé
vers l’extérieur au lieu demigrer
versla
spermathèque.
Cette obturation duvagin
n’estcependant qu’incomplète.
Degrandes quantités
de sperme sont évacuées dans la chambre del’aiguillon,
d’où ellessont bientôt
éjectées
sous forme de « bâtonnets » desséchés. Onconsidère,
engénéral,
que seulement 10 p. 100 de la
quantité
de sperme introduite dans les oviductesatteignent
laspermathèque,
tant par l’insémination artificielle que parcopulation
naturelle.
B. - LES ORGANES DE REPRODUCTION DU
MÂT a E
I
.
L’organe
decopulation
Alors que les insectes mâles
possèdent généralement
unpénis
externe et dur(ectophallus),
cet organe estparticulièrement dégénéré
chez l’abeille mâle : il n’en reste que deuxpaires
deplaques
de chitinetendre,
lisses et étroitement collées aucorps, dont la face inférieure forme l’extrémité de l’abdomen
(plaquette paramérale
et
plaquette aedeagale = plaquette
d’obturationsupérieure
etplaquette
d’obtura-tion
inférieure, fig. 4 ).
Chez l’Abeille cesplaquettes
nejouent plus
aucun rôle direct dans la transmission du sperme.Cette fonction est assumée entièrement par
l’endophallus (pénis), reporté
àl’intérieur de l’abdomen et considérablement
agrandi. I,’endophallus
est un sac mou, d’un tissu semblable à de la peau etprésentant
de nombreux et bizarresappendices
et
champs pileux. Presque
aussilong
que la totalité de l’abdomen dumâle,
il estretroussé dans celui-ci à la manière d’un
doigt
degant (fig. 3 ).
Son extrémité estélargie
et munie deplaquettes
de chitine en forme devirgule (bulbe
del’endophallus).
La liaison avec les testicules et les
glandes
muqueuses est assurée par lelong
canaléjaculateur (Ductus ejaculatoritfs).
Du fait de leurlongueur,
les organes dereproduc-
tion du mâle sont
repliés
en forme de S : la courbe inférieure de cette S estreprésentée
par le bulbe de
l’endophallus,
la courbe médiane par le canaléjaculateur
et la courbesupérieure
par les testicules et lesglandes
muqueusesdisposés
enpaires.
La forme de
l’endophallus
est mieux visible enposition complètement retroussée, position qui peut
être obtenue par unepression
sur le thorax d’un mâlepubère (fig. 4 c).
Il estplus large
à la base(vestibulum)
où les deux cornules font saillie.La section suivante du
pénis
estgrêle
etlégèrement
courbée vers le haut : c’est le cervix(col).
L’extrémité courbée vers le haut et vers l’avant du
pénis
est constituée par le bulbe retroussé. Lesplaquettes
de chitineégalement
retroussées sont situées sur saface
supérieure,
leurspointes
tournées vers l’avant. Lafigure inontre
laposition
et l’indication des différents
champs pileux.
Le
pénis
en éversion esttransparent
etgonflé
d’air etd’hémolymphe.
On voit àl’intérieur le canal
éjaculateur
uniforme et mince(fig. 4 ).
Il sort de la cavité abdo-minale,
s’étire dans lepénis
au cours du processus de renversement et débouche à l’extérieur à lapointe
dupénis.
Le méatgénital
extérieur dumâle,
parlequel
s’écoulent le sperme et le mucus, est donc situé à cet endroit. Le canaléjaculateur
étant
plus
court que lepénis,
lesglandes
muqueuses et les testicules sortentégale-
ment de la cavité abdominale et sont attirés dans la
large
base dupénis.
2
. TesticuLes et
glandes
muqueusesLes
spermatozoïdes
se forment dans les testicules ovales et de couleurcrème,
situés de
part
et d’autre del’intestin,
loin en avant dans l’abdomen. Ce sont des corps extrêmement mous,spongieux, longs
de 5 à 6 mm(chez
le mâlenouveau-né)
et
composés
chacun d’environ 200 testioles(tubes séminifères) (fig. 3 ).
Les sperma-togonies
y donnent naissance aux cellules séminifères(spermatocytes),
stadespréli-
minaires des
spermatozoïdes,
au cours de lanymphose.
Le conduit de sortie des testicules estappelé
canal déférent(vas deferens).
Ils’élargit
à mi-chemin en vésicule séminale.Le canal déférent débouche
plus bas, après
un méandre enS,
dans la section inférieure de laglande
muqueuse ferme etélastique,
d’un blanc brillant. Lesglandes
muqueuses droites et
gauches
sont solidement reliées entreelles,
formant un corpsen forme de
U,
l’élément leplus
volumineux et leplus apparent
de toutl’appareil génital
du mâle.La
paroi
du canal déférent et de laglande
muqueuse est constituée d’une muscu-lature très
puissante, disposée
en deux ou trois couches. A l’intérieur et vers lacavité,
la
paroi
esttapissée partout
d’une couche de hautes cellulesépithéliales
à fonctionglandulaire.
Ces cellules sécrètent unliquide
nutritif et desuspension
pour les sper- matozoïdes dans la vésicule séminale et la sérosité dans lesglandes
muqueuses.Le conduit commun à la
glande
muqueuse et au canal déférent aboutit à l’extré- mité fourchue du canaléjaculateur,
parlequel
le sperme et la sérositépeuvent
arriver dans le bulbe dupénis.
L’extrémité du canaléjaculateur
est obturée par une mem- brane de chitinetendre, qui
ne se déchirequ’au
moment del’éjaculation.
3
. Le
processus
de maturation chez les mâlesLes mâles ne sont pas sexuellement mûrs dès leur naissance. Leurs cellules sémi- nales
(spermatocytes)
immatures ont sans doutedéjà
constitué desspermatozoïdes parfaits,
mais lamigration
deceux-ci,
des testicules vers les vésiculesséminales, débute
seulement(B ISHOP , ig2o).
Selon Kux!rrrroi(ig5 3 )
et MmDT(ig6i),
lamigra-
tion des
spermatozoïdes
ne commence même que deux ou troisjours après
la nais-sance. C’est la raison pour
laquelle
desmanipulations appropriées peuvent
provoquer chez unjeune
mâle le renversement dupénis,
mais neparviendront
pas à le faireéj aculer.
Lorsque
les mâles sontâgés
de 8jours,
les vésicules séminales sontdéjà remplies
de
spermatozoïdes,
mais les testicules vidés ont diminuéjusqu’à
environ unquart
de leur volume initial. Un second processus de maturation desspermatozoïdes,
d’ordrephysiologique, s’accomplit
dans les vésicules séminales.Les
spermatozoïdes
se fixent par la tête aux cellulesglandulaires
de laparoi
etrestent
pendant quelques jours
dans un état de repos. Pendant cetemps,
les cellulesglandulaires
se vident de leur contenu entre lesspermatozoïdes
au sein de la vésicule séminale. La vésicule se transformeainsi,
d’uneglande
àparoi épaisse,
en unepoche
à
paroi
minceremplie
deliquide
séminal. La mobilité individuelle desspermatozoïdes augmente
à mesure que la maturation progresse.Un
phénomène
tout à fait semblable se déroule en mêmetemps
dans lesglandes
muqueuses. La sécrétion de sérosité des cellules
glandulaires
a commencé ici peu avant lanaissance,
en débutant à lapointe
de laglande
etprogressant
ensuite vers la base. Les cellulesglandulaires
se dissolventpratiquement
toutentières,
de sorteque les
glandes
muqueuses sont entièrementremplies
d’un mucusliquide
à peuprès
àpartir
du5 e jour
suivant lanaissance,
moment où elles ont atteint leurpleine taille,
soit unelongueur
de 5,5 mm.Ces processus de
maturation, qui
se déroulent à l’intérieur des organes repro-ducteurs,
se reflètent dans les résultats variables de l’érection artificiellement pro-voquée
chez lesjeunes
mâles : au5 e
ou 6ejour
suivant lanaissance,
lepénis
renversén’expulse qu’exclusivement
du mucus : ce mucus est trèsliquide
et nonhomogène,
c’est-à-dire
qu’on
y trouve desplaquettes
de mucus blanc dans unliquide
aqueux.Entre le 8eet le roe
jour
onpeut
obtenir du sperme immature de couleurblanchâtre, généralement
encoremélangé plus
ou moins fortement de mucus, lui aussi encoretrès
liquide.
Ce sperme secoagule
très vite de ce fait et n’estguère propice
à l’insémi-nation. Du sperme
mûr,
de couleurjaune
crème et nonmélangé
de mucus, nepeut
être obtenu par une éversion artificiellementprovoquée
que de mâlesâgés
d’aumoins 12
jours.
4. Le
sperme
Le sperme est donc
composé
de deux éléments différents selon leur provenance :a)
Lesspermatozoïdes produits
par les testicules. Ce sont des filamentslongs
de 250
y (1 / 4 mm)
animés de mouvements ondulatoires tantqu’ils
sont vivants.Les
spermatozoïdes
morts sontgénéralement
lovés. Leurtête, qui
contient le noyau cellulaire est trèspetite.
b)
Leliquide
séminalprovenant
des vésicules séminales et du bulbe dupénis.
Grâce à sa couleur
jaunâtre
et à sa structure - lesspermatozoïdes
sontdispo-
sés en faisceaux - le sperme est facile à
distinguer
du mucushomogène,
d’un blancde
neige.
Plus sa teneur enspermatozoïdes
estgrande
etplus marquées
seront sacoloration et sa viscosité. Le
rapport volumétrique
deliquide
et de corps solides del’éjaculat
se situe entre i : i et i : 2, selon la saison(N OVAK
etal., ig6o).
La réaction du sperme d’abeille mâle est neutre(pH 6,8- 7 , 1 : T IRNOV , 1951 ) ;
il semélange
aisé-ment à
n’importe quel
milieu aqueux. Alors que laplupart
des diluantsabrègen.
lalongévité
desspermatozoïdes (B ISHOP ,
zg2o ;J AY C OX , 19 6 0 ; T AB E R , 19 6 1 ),
la mobi-lité de ceux-ci est accrue par les sécrétions de la vésicule séminale et du bulbe et par la sécrétion
légèrement
alcaline desglandes
de laspermathèque (Pr,nND!RS, 1939 )
mais
aussi, passagèrement,
par toute autre dilution(LE N S KY
etScHtrrD!,ER, 19 67).
Non dilué et
protégé
contre ladessiccation,
le spermepeut
se conserver en viependant
2-3jours
sous lame de verre et àtempérature
du laboratoire. La dessicca- tion tue lesspermatozoïdes
en peu de minutes(Jn y cox, ig6o).
A la différence d’autres spermes, parexemple
debovins,
le sperme d’abeille nesupporte
pas bien laréfrigé-
ration
(T ABER , 19 6 0 ).
La soustraction duliquide
parcentrifugation
à 20 00otours/
minute durant 20 minutes
n’est,
par contre, pas nuisible auxspermatozoïdes, qui peuvent
encore être utilisés pour l’insémination artificielle(NovAK
etcoll., 19 6 0 ).
Essayant
diverses méthodes deconservation,
TABER( 19 6 1 )
a découvert que le sperme se conserve leplus longtemps (jusqu’à
6semaines) lorsqu’il
estenfermé,
non
dilué,
dans descapillaires
de verre etgardé
à latempérature
ordinaire. Ce résul- tat a pu être amélioré par l’addition au sperme d’unantibiotique (chlorotétracycline) empêchant
ledéveloppement
des bactéries. L’insémination artificielle d’une reinea réussi dans un cas où le sperme utilisé avait été stocké
pendant
68jours.
Laplu- part
des essais d’insémination à l’aide de spermeexpédié
par avion à des distances considérables ont été couronnés de succès(T ABER , 19 6 1 ).
La condition est l’utilisa- tion de sperme pur, sans mucus.D’après
Mncx!NS!rr( 19 64) ;
TRIASKO( 195 6)
et WOYKE(ig6o),
i!,1 (=
i mm3 )
de sperme contient de !,5 à g,4 millions de
spermatozoïdes.
Laquantité
de sperme d’un mâle s’élève en moyenne à r,7p.1,
mais on neparvient généralement
pas àaspi-
rer
plus
de i, au maximum 1,5V .1
de sperme dans laseringue
d’insémination(W OYKE , 196
0 ).
Le
comptage
desspermatozoïdes
s’effectue au moyen d’un des hématimètres courants(Mncx!NSEN
etROBERTS, 194 8).
Le sperme(provenant
del’éjaculat
oude la
spermathèque
de lareine)
estdilué,
avant lecomptage,
d’unequantité
d’eaudéterminée
(généralement
10ml).
Woyx!signale qu’il
estavantageux,
pour éviter lesagglutinations,
de diluer d’abord avec unepetite quantité
de solutionphysio- logique
de chlorure de sodium et seulement ensuite dans laquantité
d’eaurequise.
5.
Éversion et éjaculation a)
Le yetournement du!énis (éversion).
L’éversion est déclenchée par la contraction simultanée de l’ensemble de la musculature très
puissamment développée
de l’abdomen. Sous lapression
de l’hé-molymphe
et de l’air refluant des sacs àair,
laparoi
ventrale de l’abdomen se bombevers l’avant et les
plaquettes
d’obturationsupérieures
et inférieures sedressent,
élargissant
ainsi l’ouverture dupénis.
Lepénis
est ensuiteexpulsé
versl’extérieur,
ce mouvement
commençant
à sa base : enpremier
lieuapparaissent
lelarge
ves-tibule,
sespilosités pointées
vers l’extérieur et les cornules avec leur revêtementjaunâtre
etpoisseux.
Lapremière phase
se termine avec ou avant l’éversion de l’étroit col dupénis (Cervix)
et il seproduit régulièrement
une pause de courtedurée ;
c’est lestade
généralement
atteint dans l’anesthésie des mâles au chloroforme ou à l’éther(fig. 4 a).
Le bulbe avec ses anneaux de
chitine,
encore libre à ce moment de sperme et de mucus, apénétré
de l’abdomen dans le vestibule. Lapression
dans lepénis
doitencore
augmenter
pour que ce gros bouchon force l’étroit passage du cervix. Le bulbe finit par franchir d’un coupbrusque
cetétranglement
et lespointes
despla- quettes
de chitineapparaissent
aupoint
leplus
extrême - à ce moment — dupénis
éversé. Ces anneaux
rigides
écartent lesplis
de la vastepoche
du bulbe etdégagent
ainsi la sortie du lumen : le sperme et le mucus,
qui
ont étépropulsés entre-temps
dans la cavité dubulbe, peuvent
désormais êtreéjaculés
vers l’extérieur(fig.
4b).
C’est à ce stade de l’éversion que le sperme est transmis à la reine dans la
copulation
naturelle
(T RYASKO ,
r957 ; WOYKEet RUTTNUR,195 8).
Dans les conditions
expérimentales
habituelles - déclenchement de l’éversion parpression
surl’abdomen,
l’éversion évolue désormaisrapidement jusqu’à
son terme, le bulbe et lesplaquettes
de chitine subissent aussi une éversioncomplète
et se retroussent vers l’extérieur
(fig.
4c).
Laparoi
du bulbepeut
finalement éclateravec un
claquement
nettement audible.b) Éjacaclation.
L’évacuation des voies
génitales
est le résultat de lacontraction,
débutant à l’extrémitésupérieure,
de la musculature de laparoi
de la vésicule séminale et de laglande
muqueuse, de sorte que le contenu des voiesgénitales
estexpulsé
sousl’effet d’une
pression
considérable. Ce processus peut être déclenché chez le mâlepubère
par unelégère pression
surl’abdomen,
voire par unsimple
attouchement.L’éjaculation
commencetoujours
chez le mâleintact,
seulementaprès
la contrac-tion de la musculature du ventre. Il est presque
impossible
d’obtenir de ces animauxune
éjaculation régulière
du sperme par un moyenpurement mécanique,
sans con-traction de la musculature du ventre nettement
perceptible
au durcissement de l’ahdomen tenu entre lesdoigts.
Le processusd’éjaculation
ainsi déclenché etqui se poursuit
par réflexepeut
seul fournirapproximativement
la totalité du sperme dumâle,
sansmélange
de mucus.Lorsque l’éjaculation
s’effectue dans des conditionsnormales,
elleexpulse régu-
lièrement du sperme pur et seulement
ensuite,
tout à faitséparément,
du mucus. Lastructure
anatomique
del’organe explique
le mécanisme de ce processusjudicieuse-
ment
réglé (BisHo P ,
IQ20; RuTT!rEx,i g 6i).
Le sperme et le mucus
parviennent
dans la vastepoche
du bulbe par lelong
etétroit canal
d’éjaculation (Duct2cs ejaculatorius).
Ceci est visible à travers laparoi transparente
du vestibule et dubulbe,
dans lepénis
à demi retourné du mâle. Si le bulbe de ces mâles estvide,
celasignifie qu’ils
ne sont paspubères
ouqu’ils
ont étémal
soignés
et il n’estguère possible
d’en obtenir du sperme. Le bulbecontient,
luiaussi,
des tissusglandulaires internes,
dont la sécrétion se mêle au sperme et aug- mente la mobilité desspermatozoïdes.
Aussitôt que les
plaquettes
de chitine ont franchi legoulot
du col dupénis,
lesperme et le mucus sont
exprimés
de la cavité du bulbe à travers l’ouverturequi
seforme à ce moment. Il se forme à la
pointe
dupénis
retourné unegoutte sphérique
de mucus
blanc,
recouverte à sa surface d’une mince couche de sperme de couleur crème. Si l’éversion est arrêtéeprématurément, il n’apparaîtra
souvent que du sperme mais pas de mucus, à l’extrémité dupénis.
I,’admission du sperme dans la canule d’insémination est évidemment aisée dans ce cas, mais laquantité
totale n’estgéné-
ralement pas
éjaculée,
de sorte que la récolte n’est pasoptimale.
Le bulbe se retourne aussi chez des mâles très mûrs ou sous une forte
pression
continue exercée sur l’abdomen.
I,’éjaculat
se trouve dans le creux desplaques
dechitine courbées en forme de
cuiller,
à lapartie supérieure
dupénis ( f ig.
4c).
Lesperme
pouvant
seperdre
totalement ou enpartie lorsque
l’éversion esttrop
vio-lente,
il estplus
efficace de provoquer l’arrêt du processus d’éversiondéjà
nvant leretournement du bulbe en