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Academic year: 2022

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Texte intégral

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La revue pour l’histoire du CNRS 

14 | 2006

Le patrimoine scientifique

Éditorial

André Kaspi

Édition électronique

URL : https://journals.openedition.org/histoire-cnrs/446 DOI : 10.4000/histoire-cnrs.446

ISSN : 1955-2408 Éditeur

CNRS Éditions Édition imprimée

Date de publication : 3 mai 2006 ISBN : 978-2-271-06350-2 ISSN : 1298-9800 Référence électronique

André Kaspi, « Éditorial », La revue pour l’histoire du CNRS [En ligne], 14 | 2006, mis en ligne le 07 mars 2006, consulté le 20 mai 2021. URL : http://journals.openedition.org/histoire-cnrs/446 ; DOI : https://

doi.org/10.4000/histoire-cnrs.446

Ce document a été généré automatiquement le 20 mai 2021.

Comité pour l’histoire du CNRS

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Éditorial

André Kaspi

1 L’année 2005 a pris fin sur une triste nouvelle. Robert Naquet nous a quittés. C’était un homme de science, un homme de culture et un homme de cœur. Figure emblématique et spécialiste mondial de l’étude des mécanismes de l’épilepsie photosensible, il n’avait pas cessé d’encourager le Comité pour l’histoire du CNRS. Grâce à ses efforts, nous avions pu recueillir des témoignages passionnants sur l’histoire des neurosciences. Il nous pressait de poursuivre, d’approfondir nos enquêtes, de recueillir d’indispensables informations sur l’histoire des sciences du vivant. Et tout en évoquant le laboratoire qu’il avait dirigé, il ne manquait jamais de manifester son inclination pour la littérature, pour ces écrivains de talent qu’il avait fréquentés. Sa disparition nous attriste profondément. Au revoir, Monsieur Naquet.

2 Il aurait sans doute aimé le dossier que nous présentons sur le patrimoine scientifique.

À vrai dire, c’est un sujet capital. Le monde de la recherche, quel que soit le domaine qu’il aborde, laisse derrière lui des traces matérielles, des instruments et des machines, des documents écrits qui constituent le patrimoine. Bien entendu, ce patrimoine appartient directement aux chercheurs, indirectement au CNRS et, pourquoi ne pas le dire, à la nation. Il suffit de visiter tel ou tel laboratoire pour découvrir les richesses laissées en héritage par les physiciens, les chimistes, les biologistes, les archéologues d’hier, sinon d’avant-hier. Nous pouvons ainsi reconstituer la démarche des chercheurs, l’atmosphère dans laquelle ils ont travaillé, et par comparaison les bouleversements qui nous conduisent jusqu’à la situation d’aujourd’hui. Ce patrimoine est en péril. Il nous revient de le préserver de la destruction. C’est notre responsabilité.

Nous ne pouvons pas y échapper.

3 De là, surgissent deux difficultés. La place manque. Il convient, en conséquence, de faire un tri, ce qui suppose la collaboration d’un historien et d’un homme de terrain. Un lieu d’entreposage est nécessaire. Il est impensable de couvrir le territoire national de musées, de dépôts d’archives et de pieux conservatoires. Mais il n’est pas irréalisable que les laboratoires, surtout ceux qui disposent de locaux spacieux, créent des lieux spécifiques. D’ailleurs, ici et là, ils existent déjà. Il suffirait que la communauté scientifique soit un peu plus sensibilisée, qu’elle accepte de franchir le pas pour que des

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La revue pour l’histoire du CNRS, 14 | 2006

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pièces inimitables et des documents irremplaçables ne soient pas abandonnés, voire jetés à la poubelle. C’est ce que souhaite le Comité pour l’histoire du CNRS. C’est la mission de sauvegarde que la Direction générale lui a confiée.

4 Outre le dossier, le présent numéro de La Revue propose notamment la première partie d’une histoire du CAES et la présentation d’une entreprise de longue haleine, menée par le ministère des Affaires étrangères, en l’occurrence la publication des documents diplomatiques français. Nous continuons à offrir à nos lecteurs des textes qui illustrent la vie du CNRS. Ce qui me permet de rappeler que nous venons de publier le premier tome de l’Histoire documentaire, un recueil des principaux textes qui ont jalonné l’histoire du Centre.

5 Voilà donc la preuve concrète qu’en cette année 2006, le Comité poursuit sa tâche. En redonnant vie au passé sous ses différentes formes, il contribue, du moins je l’espère, à insuffler un supplément d’âme. Tout en se tournant résolument vers l’avenir.

AUTEUR

ANDRÉ KASPI

Président du Comité pour l'histoire du CNRS

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