S ÉMINAIRE N. B OURBAKI
P IERRE D ELIGNE
Formes modulaires et représentations `-adiques
Séminaire N. Bourbaki, 1971, exp. n
o355, p. 139-172
<
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FORMES MODULAIRES ET
REPRÉSENTATIONS
l-ADIQUESpar
Pierre
DELIGNESéminaire BOURBAKI
21e
année, 1968/69,
n~ 355 Février 1969N° 1 - Introduction.
Soient
On sait que la fonction 0394 est à un facteur constant
près l’unique
forme modulaireparabolique
depoids
12 pour le groupe Posons, pour ppremier,
H
P
~~~ - ~ -
+p11 ~2 ~
D’après
la théorie deHecke,
la série de Dirichletse
prolonge
en une fonction entière de s et la fonctionest invariante par s r.~-> 12 - s .
La
conjecture
deRamanujan
affirme que les racines dupolynôme Hp
sont de valeur absoluep 201411 ’ /9 (i.e. que 2p ~ 11 /9 ).
Ces
propriétés,
démontrées ouconjecturales,
sont similaires auxpropriétés conjecturales
des fonctions zêta des variétésalgébriques
sur Q . Cecisuggère,
en
première approximation,
de tenterd’interpréter
la fonctionL~,
comme la fonc-140
tion zêta d’une telle variété.
Pour
chaque
nombrepremier t,
soitC ~
laplus grande
extension de Q non ramifiée en dehors de l et, pour soitFp l’inverse,
dans le groupe de Galois de l’élément de Frobenius~p
relatif à p . Ce dernier est bien défini àconjugaison près.
Traduisant ce
qui précède
en terme decohomologie ~-adique,
Serre aconjecturé l’existence,
pourchaque l ,
d’unereprésentation
de dans un Q - vectorielWl
de rang 2 telle que, pourchaque p 1 t ,
on aitdet(1 - FpX ;
De
plus,
lareprésentation W ~
devrait être dans lechamp d’application
desconjectures
deWeil,
et laconjecture
deRamanujan
un casparticulier
de ces dernières.Ce programme avait été mené à
bien,
parXuga-Shimura ~4~,
dans le casanalogue
des formes modulaires relatives à certains sous-groupes àquotient compact
du groupeSL2(R) .
Réduite au casprésent,
l’idée fondamentale deSato-Kuga-Shimura
est lasuivante : si E est la courbe
elliptique
universelle sur le schéma de module S des courbeselliptiques (oublions qu’elle
n’existepas)
et siEk
est leproduit
fibré itéré
k-uple
de E avec elle-même surS ,
alorsLT(s)
est essentiellement la fonction zêta deEk
pour k = 10 = 12 - 2 .On
explique
dans cequi
suit comment résoudre les difficultés créées par lespointes,
et comment construire desreprésentations W ~
ayant lespropriétés
indi-quées plus
haut. Pourplus
de détailshistoriques
et pour desapplications,
onrenvoie à Serre
[6 ].
Notations.
- On
désigne
par A l’anneau des adèlesde Q ,
parlA f
l’anneau des adèles"à distance
finie", produit restreint,
étendu aux nombrespremiers,
des corpsQp
et, pour S ensemble de nombres
premiers,
on pose S=
peS
Px
pis
PAf .
Pour S
= ~ ,
on écritZ
=A~ .
- Si X est un espace
topologique (ou
le site étale d’unschéma)
et G unensemble,
ondésigne par G
le faisceau constant sur X défini par G .- On
désigne
parG a
etC m
les groupes additifs etmultiplicatifs.
- Une courbe
elliptique
est une variété abélienne de dimension un, enparticu-
lier est munie d’une
origine.
- Si
.t’est
un faisceau inversible et sin E Z ,
ondésigne
parif
sapuissance
tensorielle n-ième~
- On
désigne
par Q la clôturealgébrique
de Q dans C . . - Lesigne D
marque la fin d’une démonstration ou son absence.N° 2 -
L’isomorphisme
de Shimura.(2.1)
Unecourbe elliptique
sur un espaceanalytique complexe
S est unmorphisme
propre et
plat d’espaces analytiques
f : E -~S ,
muni d’une section e , dont les fibres sont des courbeselliptiques.
Une courbeelliptique
sur S admet une et uneseule loi de
S-groupe ~, :
E E -~E ,
dont l’unité soit la section e . A une courbeelliptique
sont associés :(a)
Le faisceauinversible ~
=e*Q~/c . L’algèbre
de Lie relativeLie (E)
est lefaisceau
inversible ~ ~
dual On a --~ w .(b)
Lesystème
local de Z-modules libres de rang 2R~f~Z .
On poseraT (E)
= etT Q (E~ - T Z (E~ ~ Q (système
local del’homologie
de Esur
S ).
L’application .exponentielle
définit une suite exacte de faisceaux de sections0 -+
-~
-+ E -+ 0de sorte que la courbe
elliptique
E se reconstitue àpartir
de la flèche 03B1 . Lesystème
localR2f.Z
estcanoniquement isomorphe à
Z. Unisomorphisme entre x
et sera ditpermis
s’il induit -1(sic)
sur lespuissances
extérieures secondes.Désignons
par l’ensemble desisomorphismes (de R-vectoriel)
entreR2
et Cqui
nerespectent
pas(sic)
les orientations naturelles deR2
et C(définies
pare1A e~
> 0 et 1 Ai> 0).
Un telhomomorphisme
est déterminé parsa restriction à
Z2 ,
et on poseraCet espace est muni de la structure
complexe
déduite de son inclusion dans le vec-toriel
complexe
Au-dessus de cet espace, ondispose
d’une suite exacte"universelle"
-~ E -~ 0 .
- a o
PROPOSITION 2.2.-
(i)
Le foncteurqui,
àchaque
espaceanalytique S ,
associe l’ensemble des classesd’isomorphie
de courbeselliptiques
E surS ,
muniesd’isomorphismes
etR~f~~ ~ Z2 (ce
dernier étantpermis)
estreprésen-
té par
l’espace analytique
muni de la courbeelliptique
universelleEo
(ii)
Le foncteurqui,
à chaque espaceanalytique S ,
associe l’ensemble desclasses
d’isomorphie de
courbeselliptiques
surS ,
munies d’unisomorphisme permis
R~f~2 ~ Z2 ,
, estreprésenté
parl’espace analytique
X =(demi-plan
de
Poicaré).
(iii) L’espace
est un espaceprincipal homogène
de groupe Gm
sur X . 0
On peut encore
regarder
X commé l’ensemble des structurescomplexes
surR~ .
Cet espace est, par
(ii),
muni d’une courbeelliptique
universelleEx ,
dont lesystème
local decohomologie
réelle estcanoniquement isomorphe à ~2 .
Soit cu le faisceau inversible associé àEX .
Le faisceau
analytique
cohérentR~f,~R 0-.
est le faisceau decohomologie
de De Rham relative de
EX
surX ,
et comme tel s’insère dans une suite exacte(filtration
deHodge)
La
description
fonctorielle 2.2(ii)
rend évidente une action à droite du groupeSL2(Z)
sur Y ESL2(Z)
et à la courbeelliptique E ,
munie deZ2 -.~ R~ f,~Z ,
on associe oy) .
Si onregarde X ,
muni decomme classifiant les structures
complexes
surR2 ,
on met de même en évidence uneaction à droite du groupe sur
(X,~2,uu,q~
.(2.3~
Choisissons une base(x ,x ~
deR~
telle quex~ ~
0 . Unpoint
(
f :R~ -~ C ,
mod~~" ~
de X estrepéré
par z =( Im(z~
>0 ~
etla flèche q s ’ identifie à
Ceci met en évidence une
trivialisation,
nonéquivariante, de 03C9-1
sur X . Rela- tivement à cettetrivialisation,
une section de03C9k
sur X est transforméepar un élément
a c
-1
de
GL+(~2~ (matrice
dans la base(x ,x ~ ~
enon déduit que dz est une section de invariante sous le groupe
Cette section est partout non nulle et définit un
isomorphisme
deSL2(R)-faisceaux
équivariants
entretu2
et03A91X.
(2.4)
Soit r un sous-groupediscret,
sans élément d’ordre fini et àquotient
de volume
fini,
du groupeSL2(R) .
On sait alors quel’espace quotient X~r
s’iden-tifie à une courbe
projective
lisse moins un nombre fini depoints.
Le groupe Fopère
sanspoints
fixes sur X. Lesystème
localéquivariant ~~
surX,
ainsi que la suite exacte
équivariante
0 -3 tu
-3 R2 ~R
(~~ w ~
-~ odéfinissent donc sur un
système
local U et une suite exacte( 2 . 5 )
0 -+ cu -~ -~c~ ~ .~
o .Dans le cas
particulier
où r cSL~(2~ ,
ces structures sont déduites de la courbeelliptique
E surX~r d’image réciproque
la courbeelliptique équivariante
EX
sur X. °(2.6)
Lespoints
à l’infini deX/T
se décrivent comme suit(voir [9 ]) : (a)
Ilscorrespondent
aux classes deconjugaison,
dansr ,
des sous-groupes non triviaux der ,
maximauxparmi
les sous-groupes de r formés d’élémentsunipo-
tents.
(b)
Soitfo
c r un tel sous-groupe et choisissons une base(x 1 ,x2?
deR~
telle que, dans cette
base, F
sereprésente
comme l’ensemble des matricesSoit z la coordonnée
(2.3)
sur X définie par(x1,x2).
Il existe N tel que lapartie ~z~Im(z~
>N)
de X soitdisjointe
de sesconjuguées
pour touty E
r,r
de sorte queX/T .
. La fonction q =e203C0iz
établit un iso-morphisme
entre et ledisque épointé
0 qe -203C0N .
SiP
est lepoint
_ . 0
de
X/r
associé àI" 0
cetisomorphisme
s’étend en unisomorphisme
d’unvoisinage
dePr
avec ledisque
p s qo
En vertu de
(2.3),
les sections de w sur invariantes pario ,
s’iden-tifient aux fonctions
holomorphes périodiques
depériode
un surX..
Ondésigne
encore par w le faisceau inversible sur
X~r
quiprolonge
w et telqu’au
voi-sinage
d’unepointe
, la section de w sur définie par la fonction1 se
prolonge
en une section inversible sur(2.7)
SurX/T ,
ondispose
des deux faisceauxinversibles 01
et ou , et d’unisomorphisme 03C6 (2.3)
entre les restrictions de ces faisceaux àX/r .
De laformule
dq - 2rtiq
dzrésulte que la flèche
se
prolonge
à etprésente
un zérosimple
en chacun despoints
à l’infini.DÉFINITION
2.8.-L’ espace
des formesautomorphes paraboliques
depoids
k +2 ,
relatives au groupe
r
t estl’espace
de sectionsglobales
@
En vertu de
(2.7),
cet espace s’identifie encore àl’espace
des sectionsglo-
bales
de 03C9k+2 qui
s’annulent à l’infini(i.e.
à chaque"pointe").
(2.9) Désignons
parU
lesystème
local surXfr’ puissance symétrique
k-ième du
système
local U . La flèche(2.5)
induit une flèchek : 03C9k
~ Uk ~R ,d’où une
flèche,
encoredésignée par L
:ni (~~
de but le faisceau des formes différentielles
holomorphes
surX~I’ ,
à coefficients dans lesystème
localU~_ .
La résolution de De Rham de C
0-~I~_~~-~Uk~- 0’~Uk®f~’
-~ 0induit une flèche
$ :
~3~ (Uk~~ -~ H~ (X~r , C) .
De
plus, l’espace
decohomologie H~(X~T , C)
est muni d’uneconjugaison complexe naturelle,
de sorte que à définit uneapplication
linéaireconjuguée
6 de
l’espace complexe conjugué
à tQ~ (U~))
dansH~ (X~r , ~~ .
On obtient ainsi une flèche
sh o =
CQuel que soit le faisceau
F
sur un espaceY,
ondésignera
parl’image
de lacohomologie
àsupport compact Hi(Y,F)
dans lacohomologie
sanssupport
Le théorème 4.2.6 de
[9 ]
est essentiellementéquivalent
au théorème suivant(dans
loc.cit.,
k estsupposé pair,
mais la même démonstration marche engénéral) :
THÉORÈME
2.10(Shimura [7 ]).-
Il existe unisomorphisme
sh rendant commutatifle
diagramme
suivant :On
appelle
shl’isomorphisme
de Shimura.(2.11)
Dans le casparticulier
où r est un sous-groupe d’indice fini deSL2(Z) ,
la courbeelliptique
E surprovient
d’un schéma en courbesellip- tiques
sur la courbealgébrique X~r (i.e.,
son invariant modulaire estméromorphe
à
l’infini) ;
elle admet donc un modèle de NéronÉ
surX%I’ .
On peut montrer que les fibres de E en lespoints
à l’infini sont de typemultiplicatif,
et que, surX/r
toutentier,
on a w = .Dans ce cas
particulier,
on a U = , de sorte que le but de l’isomor-phisme
de Shimura se réécrit :N° 3 -
Opérateurs
de Hecke etreprésentation l-adique
fondamentale.(3.1) Rappelons (cf. [3])
que lacatégorie
desZl-faisceaux
"localement cons-tants" constructibles
(en abrégé,
1. c.c.)
sur un schéma S est lacatégorie
dessystèmes pro jectifs
de faisceaux sur le site étaleSet
de Squi
vérifient :
(i)
F est un faisceau localement constant de detype fini ;
(ii)
si n s m , alorsFm ~ Z/(ln) Fn .
Les
Ze-faisceaux
l, c, c, forment unchamp
encatégories
abéliennes surS ;
le
champ
desQl-faisceaux
1. c. c. est lequotient
de cechamp
par lesous-champ
épais
desZl-faisceaux
1. c, c. tués par unepuissance
Ondésigne
par®
~~
le foncteurcanonique
de lacatégorie
desZe-faisceaux
l, c. c. dans celledes
~~-faisceaux
1. c. c.. °Si S est connexe et muni d’un
point géométrique
s, lacatégorie
desZl-
faisceaux
(resp. Ql-faisceaux)
1. c, c. sur S estéquivalente,
par le foncteur"fibre en s
"
, à lacatégorie
desreprésentations
continues du groupe fondamen-tal sur un
Zl-module
de type fini(resp,
unQl-vectoriel
de rangfini) .
Si T est un ensemble fini de nombres
premiers,
un4i$-faisceau
1. c, c.consiste en la
donnée,
pourchaque
nombrepremier l ,
d’unZl-faisceau
1, c, c.T ,
d’unQl-faisceau
1, c. c. si l E T . Pour T= Ø ,
onparlera
de-faisceau
l. c. c.plutôt
que deAfØ-faisceau
l. c. c..Pour T
quelconque,
lacatégorie
desAfT-faisceaux
1, c. c, est la limiteinductive des
catégories
deAfT,-faisceaux
1. c, c. pour T’ fini dans T . Onpose :
Le
champ
des courbeselliptiques
àisogénie près
sur S est lechamp
déduitdu
champ
des courbeselliptiques
sur S en "inversant formellement lesisogénies".
On
désigne par ~ Q
le foncteur associant à une courbeelliptique
la courbeellip- tique
àisogénie près sous-jacente.
Pour Squasi-compact,
on aF ~ Q~ ,
et, pour S
normal,
toute courbeelliptique
àisogénie près
sur S est sous-jacente
à une courbeelliptique
sur S.(3.2)
Soit f : E -~ S une courbeelliptique
sur un schéma S. Ondésigne
par T(E~
lesystème projectif
des noyaux En
de la
multiplication
paré~
dans
E ,
la flèche de transition de En
dans E
m m)
étant lamultipli-
cation par Procédant de même pour on pose
Zl(1) .
Si lest inversible sur
S,
etZl(1)
sont desZl-faisceaux
sur S. Ondéfinit
T~(E~
comme étantl’algèbre
de Lie relative de E sur S(le
faisceauinversible dual du faisceau inversible w de
(2.1 (a)).
Supposons
S decaractéristique
Q . On définit alors leZ-faisceau
sur S comme étant le
système
des et on poseVf(E)
= Siu : E F est une
isogénie,
u induit unisomorphisme
de surVf(F)
et de sur ; les foncteurs
Vf
etT~
se factorisent donc par lacatégorie
des courbeselliptiques à isogénie près
sur S.PROPOSITION 3.3.- Soient S un schéma de
caractéristique 0 ,
tE1(S~
lacatégorie
des courbes
elliptiques
sur S etE~(s)
lacatégorie
destriples
formés d’une courbeelliptique à isogénie près
E surS ,
d’unZ-faisceau T ,
forme tordue deJj~
et d’unisomorphisme S ~ Vp(E) ~
T ~ lA . Le foncteurI : E -+
(E ~ Q , Tf(E) ,
dans est uneéquivalence
decatégories.
La
question
est locale surS, qu’on peut
supposerquasi-compact.
Sif : E -+ F est un
morphisme
de S-courbeselliptiques,
et si f est uneisogénie,
on
dispose
d’une suite exacte(3.4)
0 -+ -+Ker(f~ -~
0 .Le
morphisme
f est divisible par n si et seulement si il annule le noyauEn
de lamultiplication
par n , car la flèche"multiplication
par n " deE/E n
dans E est un
isomorphisme.
Par(3.4),
ceci a lieu si et seulement siTf(f)
estdivisible par n , et on en déduit que
Homs(E,F)
est le sous-groupe deformé des
morphismes
f tels queVf(f)
envoieTp(E)
dansTf(F) .
Le foncteur I est doncpleinement
fidèle.Soit X E
Ob(E2(S)) .
Localement surS ,
X est défini par une courbeellip- tique à isogénie près
E ~Q ,
, et par un "réseau" T dansVf(E) , qui,
pourpresque
tout 8 ,
coïncide avec Pour q EQ , (E 8) Q , T)
estisomorphe
à(E ~ ~ , qT) ,
cequi permet
de supposer queTf(E)
ci T .Le
quotient K = T/TfCE)
est alorscanoniquement isomorphe
à un sous-groupe fini deE ,
et X estimage
par I deE/K (cf. 3.4~. 0
COROLLAIRE 3.5.- Le foncteur
F1(S) (resp. F1(S~ ~ qui,
à chaque schéma S decaractéristique 0,
associe l’ensemble des classesd’isomorphie
de courbesellip- tiques
Esur S
y munies d’unisomorphisme Qf : T (E~ ~ ~ (resp.
et d’unisomorphisme 03B1~ : T~(E) Ca)
estisomorphe
au foncteurF2(S) (resp.
F~(S~ ~ qui, à S ,
associe 1‘ensemble des classesd’isomorphie
de courbesellip- tiques
àisogénie près
F surS ,
munies d’unisomorphisme
P : V (F) ~ ~lf~ , (resp.
et d’unisomorphisme T~(F~ -~
PROPOSITION 3.6.- Le foncteur
F (resp. F’ )
estreprésentable
par un schéma(resp. M’~)
sur Q .Soit n un entier ~ 3 . Le foncteur
qui,
à chaque schémaS ,
associe l’en- semble des classesd’isomorphie
de courbeselliptiques,
munies d’unisomorphisme
Of
: E n-~ (2/n) (resp.
et de :T~(E) -> t~S ),
estreprésenté
par une courbe affineM (resp.
par une surtace affineM’ )
sur Pournlm ,
lemorphisme
deM
dansMn
défini par(E ,
a : E/ (Z/m)2)
l- oe : E(Z/n)2)
est fini et étale au-dessus de et on a
M = lim H
eOn
procède
de pourreprésenter
©(3.7)
Le schémaM~ (resp. !~~ ~
est muni d’une courbeelliptique
universelleMm
et d’unisomorphisme
a :Z2 (resp.
ainsi que d’un iso-morphisme , : ~(Em~ ~ 6a ).
D’après (3.5),
le schéma~ (resp. ) représente
le foncteurF2 (resp.
F2 ),
cequi
met en évidence une action à gauche du groupe adéliqueSafarevic ,
lepremier,
t a noté ce fait.Soit
Y un schémasur C ,
limiteprojective
de schémasYi
detype
fini surC ,
les flèches de transition étant finies.L’espace
annelé localement compactYan ,
limiteprojective
desY.
, nedépend
que de Y et non de sareprésenta-
tion comme limite
projective.
Si Y est un schémasur Q ,
limiteprojective
desschémas
Yi
detype
finisur Q ,
les flèches de transition étantfinies,
on poseY~ = ~Y ®
Cecis’applique
àI~
etM~ .
PROPOSITION 3.8.- On a
canoniquement
soient,
moinscanoniquement
où
K~
est le sous-groupecompact
maximal àl’infini, augmenté
des homothéties réelles. Cesisomorphismes
sontcompatibles
à l’action deGL2(Af) .
La notion de courbe
elliptique
àisogénie près,
et leursorite,
s’étendenttels quels au cas
analytique complexe.
En outre, uneisogénie
cp : E -~ F induitun
isomorphisme
entre lessystèmes
locaux decohomologie
rationnelle de E etF ,
cequi
permet de définir ce dernier pour une courbe àisogénie près.
SoitS un espace
analytique complexe.
On voit à l’aide de(2.1) qu’il
revient au mêmede se donner une courbe
elliptique à isogénie près
surS ,
ou de se donner unfaisceau inversible
T ,
unsystème
local de ~-vectorielsT~
et unmorphisme
u :
T~
-+T~
induisantpoint
parpoint
unisomorphisme
entre R etT~ .
Soit n un entier et soit
K n
le noyau del’application
naturelle de fl surGL2(Z/(n)) .
.Soit
G~
le foncteurqui
à S associe l’ensemble des classesd’isomorphie
de courbes
elliptiques
f : E -+ S surS ,
munies d’unisomorphisme
cp :
-> T (E~ ,
d’unisomorphisme .~ :
..->Qy
et d’unisomorphisme
:
En -~ (Z~(n~~2 .
On voit comme en(3.3)
queG~
estisomorphe
au foncteurG~ qui
à S associe l’ensemble des classesd’isomorphie
de courbeselliptiques
àisogénies près
E surS ,
muniesde : ~2 -~ T (E~ ,
dec~ : T=(E) -~ ~-S
et d’un
isomorphisme A2 ,
donné localement sur S à lacomposition
par un élément deKn près.
Un telobjet
est déterminé par la flèchecomposée cp’
(donnée, localement,
modK ) qui
s’en déduit :_
de sorte que
(cf. 2.2) G~
etG2
soientreprésentés
parSupposons
maintenant que n ~3 ,
de sorte queGL~(~~ agisse
librement surl’espace précédent. L’espace analytique I~ (resp. représente
le fonc-teur
analogue,
engéométrie analytique,
au foncteur quereprésente ~In (resp. Mn )
car ce
foncteur,
soitX ,
estreprésentable
et la flèche X -~M~n (resp.
X -~
Mn~ ~
induit unebijection
sur les ensembles depoints à
valeurs dans unequelconque algèbre
de rang fini sur C .On déduit dès lors de ce
qui précède
queProcédant de même pour
M ,
on obtient lapremière
assertion de(3.8)
par passageà la limite sur n .
Un
point
x deIsom(Q2 ~ A , C
xAf2)/GL2(Q)
s’identifie à un "réseau"L
de T x
A ,
et la courbecorrespondant
à x estmunie de . De
là,
sort aisément la dernière assertion de(3.8~. o
Désignons
parf :
E -+M
la courbeelliptique
universelle surM .
L’entierk étant
fixé,
on pose laDÉFINITION
3.9.- Ondésigne
par w(ou
par s’il y arisque
deconfusion)
leQ-vectoriel
Ce vectoriel ne
dépend
que de la courbeelliptique (à isogénie près)
univer-selle f : E ~ M de sorte que, par
transport
destructure,
il est muni d’une action àgauche
du groupeadélique
Si l est un nombre
premier,
le vectorielWl
=W ~ Ql
admet une définitionpurement
algébrique,
en terme decohomologie l-adique
des schémas sur la clôturealgébrique Q
de Q déduits par extension des scalaires des schémas M :n
de sorte que le groupe de Galois de Q sur Q
agit,
par transport de structure,sur
V.
et lesnWl .
Enfin, l’espace Mann
est sommedisjointe
dequotients
dudemi-plan
de Poincarépar des sous-groupes de congruence du groupe
SL2(Z) ,
de sorte que,désignant
parw le faisceau inversible sur
M n
défini parE,
la théorie de Shimura(2.10)
donne
Cette
décomposition
de W 0 (E en deux sous-espacescomplexes conjugués,
dont l’unest
l’espace
de toutes formesautomorphes holomorphes paraboliques
depoids
k +2 ,
relative à unquelconque
sous-groupe de congruence du groupeSL~(z) ,
estanalogue
à une
décomposition
deHodge ("de
type(0,k
+1)
+(k
+1,0) ").
L’action du groupe
adélique
commute à l’action du groupe de Galois et respecte ladécomposition précédente.
Bien que le
système
locall-adique R1f*Ql
soit trivial surM , j’ignore
s’il existe une relation entre W. et 0
Q ,
, 0K
(3.12)
Soient n ~ 3 un entier et K comme en(3.8).
On a alorsV ~
= W .n n
Cela se vérifie par passage à la
limite,
et résulte de cequ’en cohomologie
ration-nelle,
lacohomologie
d’unquotient
d’un espace par un groupe fini s’obtient enprenant
les invariants de ce groupe dans lacohomologie.
Posons, pour p
premier,
= . Parpassage à
lalimite,
on obtientSur cet espace de
cohomologie agissent
encore :(i)
le sous-groupe de car ce sous-groupe centralisel’algèbre
de Hecke~i(GL~(~p~,GL~(~p~~ , algèbre
des entières surl’espace
discret invariantes àgauche
par cette sous-algèbre
del’algèbre
du groupeGL2(Qp) agit
sur W enrespectant W(p)
. Cettealgèbre agit déjà
sur chacun desri
pour npremier
à p ,L’algèbre
de Hecke admet pour base les(mesures
associées aux fonctions carac-téristiques des)
doubles classes de dansGL2~~p~ ,
et on sait queoù T et R sont les doubles classes de
P P
(3.13)
Soient p un nombrepremier,
n ~ 3 un entierpremier à
p , etFn,P
le foncteur
qui,
àchaque
schémaS ,
associe l’ensemble des classesd’isomorphie
de
diagrammes
commutatifs de S-schémasoù 03C6
est unep-isogénie
entre courbeselliptiques
et a unisomorphisme.
Ondésigne
parq1
) et :F n,p
-~Mn
lesmorphismes
de foncteurs associant àun
diagramme (3.14)
lessous-diagrammes
ou(F,F n ,a’) .
PROPOSITION 3.15.- Le foncteur F est
représenté
par un schéma MW P
, --- et
lesmorphismes q1
-~Mn
sont finis.L’automorphisme
a deF n,p
envoyant E -+ F sur F -~ Eéchange
q~
’ etq2 ;
il suffit donc de considérerq, . 1
* Cemorphisme
identifie aufoncteur des sous-groupes d’ordre p de la courbe
elliptique
universelle E surM~ ,
de sorte que, par la théorie des schémas deHilbert
Fn~P est
représentable
et propre sur
M~ .
* Si s est unpoint géométrique
den , q~~(s~
estl’ensemble des sous-groupes d’ordre p de
E ,
et a p + 1 éléments sicar(k(s)) /
p , un seul(le
noyau deFrobenius)
sicar(k(s)) =
p .IlOn peut montrer que est
régulier,
et queq
1 etq 2
sont finis etplats ;
’nous n’utiliserons pas ce résultat
délicat,
nous contentant ici de noterqu’au-
dessus dechaque q, i
fait de M n,pun revêtement étale de
degré
p + 1 de
M .
Ces
morphismes q.
s’insèrent dans undiagramme
commutatif, où
(t~,u,v~
est unepartie
dudiagramme (3.14)
universel.On
désignera
parIp
lemorphisme
de~In
dansM n correspondant
aumorphisme
de foncteur :
(E,a)
r-~(E,a~p~ :
I’* est un
automorphisme
dei(Mann , Symk(R1 fp* Z)) .
p --- - n n
~ Il est
pénible,
maisroutinier,
de démontrer quePROPOSITION 3.18.- (i) L’endomorphisme T de W s’exprime,
à l’aidede (3.16),
comme la flèche
composée
où
q1*
est le"morphisme
trace" pour le revêtementq1 . (ii)
Demême,
R =p~
I* . DP P
Le lecteur méfiant
pourrait
oublier lespréliminaires adéliques
et définirT par
(1) .
P
K
Lorsque
n = 1 ou2 ,
on pose V =de
sorte que nSi
Sk+2 désigne l’espace
des formes modulairesparaboliques,
pour le groupeSL2(Z) ,
depoids
k +2 , l’isomorphisme
de Shimura(3.Il)
induit unisomorphisme
Il est
pénible,
maisroutinier,
de démontrer que PROPOSITION 3.19.-L’endomorphisme
TP
s’identifie,
parl’isomorphisme
de
Shimura,
à la somme directe del’opérateur
de Hecke surSk+2 (y compris
lefacteur
pk ~ ~ ,
, et de sonconjugué.
o(3.20)
On acanoniquement
de sorte que est muni d’une forme bilinéaire
(symétrique
pour kpair,
alternée pour kimpair) à
valeurs dans~~-k~ .
La formequi
s’en déduit par tensorisation parQ~
est nondégénérée.
Si F est un
Ql-faisceau
1. c, c. sur un schéma X lisse purement de dimen- sion n sur un corpsalgébriquement
closk
t alors la dualité de Poincaré donneFaisant X =
M
n
et F =
Symk(R1fn *Ql)
dans cesconsidérations,
on définitsur
w
une forme bilinéairen( , )
nondégénérée à
valeurs dansQ C (-k - 1) .
Cette forme est
symétrique
pour kimpair,
alternée pour kpair.
C’est l’ana-logue e-adique
duproduit
scalaire de Peterson. Sin~m ,
et si le revêtement03C8 :
M -M
est dedegré d,
on aN° 4 - La formule de congruence.
On se fixe dans ce n° des entiers k ~ 0 et n ~
3 ,
et des nombrespremiers
p et ¿. On suppose p
premier
à ~ et n. Ondésigne
parf :
E -~M
lacourbe
elliptique
universelle surM ,
munie de ûf : E nZ/(n)2 .
Quel que soit le schéma Y , on
désigne
par al’unique morphisme
de Y dansSpec(Z) ,
ou, le caséchéant,
dans un sous-schéma deSpec(Z) .
Si Y estséparé
et de type fini sur et si
F
est unZl- ou Ql-faisceau
sur Y , ondésigne
par(resp.
resp. leZl-
ouQl-
faisceau sur
Spec(Z)
i-ièmeimage
directesupérieure de F
par a(resp.
i-ième
image
directe àsupports
propres, resp.).
On pose, pour m
Y[l/m] =
Y xSpec(Z[1/m]) .
THÉORÈME
4.1(Igusa [1 ]).-
Le schémaM n
secompactifie
en un schéma en courbesM* , projectif
et lisse surSpec(2[1/n]) ,
tel que soit un revêtementétale de
Spec(Z[1/n]) .
Le schéma
Mn
est formellementlisse,
donc lisse surSpec(Z) .
L’invariant
modulaire j
de la courbe universelle surn
est unmorphisme
de
M n
dans la droite affineA
surSpec(Z[1/n]) .
Cemorphisme j
estfini,
et est un revêtement étale en dehors des sections 0 et
1728
deA~
; en effet :(a)
deux courbeselliptiques
sur un corpsalgébriquement
clos de mêmeinvariant j
sont
isomorphes (p.
ex.[8] 6.3),
donc les fibresgéométriques de j
sont finies.Les schémas
Mn
etA~
étant lisses de même dimension relative surSpec(Z) ,
j
estquasi-fini
etplat.
(b)
Si E est une courbeelliptique
sur le corps des fractions K d’un anneau de valuation discrèteR, d’invariant j
dansR,
et dont lespoints
d’ordren sont rationnels
sur K ,
alors E a une bonne réduction. Le critère valuatif depropreté
montre doncque j
est propre.(c)
Si E et F sont deux courbeselliptiques
sur un schémaS,
de même inva-riant j,
etsi j et j - 1728
sontinversibles,
alors le schémaIsom(S;E,F)
des
isomorphismes
entre E et F est étale sur S([8] 6.3).
Dans lediagramme
là
où j 1
U ,1728 ,
u et v sont étalessurjectifs,
doncpr
1 est étale et, par descenteplate, j
est étale.La section à l’infini de la droite
projective p1 ~ Aj
surSpec(Z[1/n])
estun diviseur
régulier,
depoint générique
decaractéristique 0 ,
t dans un schémarégulier.
Il résulte alors d’un théorèmed’Abyankhar (voir [5])
que, lelong
de cediviseur j
= eo ,M
est modérément ramifié surp1 ,
et que le normaliséM* n
de
P~
dansM n
vérifie(4.1).Q
Du même théorème résulte que les
Z -faisceaux
l, c, c. sur Mn[1/l]
sont modérément ramifiés à l’infini. De
là,
de(4.1)
et des théorèmes despéciali-
sation en
cohomologie t-adique (voir [5]),
il résulte queSymk(R1fn *Zl)) ,
Sym R f *7
et donc sont des 2 -faisceaux l, c. c. sur1/-l]) ,
de formationcompatible à
toutchangement
de base.COROLLAIRE 3.2.- Le module
galoisien W
est - la fibre en lepoint géométrique
--Q
de1/l])
du Q-faisceau
1. c, c. ,Symk(R1fn *Zl)) ~ Ql.
Il est non ramifié en dehors de n et de 8 . 0 Soient sur
Mn ~ Fp
les deuxdiagrammes
commutatifsoù F est le
morphisme
de Frobenius etV ,
sontransposé,
le"Verschiebung".
Cesdiagrammes
définissent desmorphismes ’1
et$~ 2
de pdans
M n,p
. Cesmorphismes
sontfinis,
en tant que section deq1
ouq2 ,
et définissent un mor-phisme
_
1 2 n p n p
~Soit
$
la restriction de t aux ouverts deH
etM
de M 0 F etn n,p n p
M n,p
0 F
p
correspondant
aux courbes d’invariant de Hasse h non nul.PROPOSITION 4.3.-
th
est unisomorphisme.
Soit
E~ -~ E~
unep-isogénie
entre courbeselliptiques
d’invariant de Hasse inversible sur un schéma S decaractéristique
p . Enchaque point géomé- trique
deS ,
ou bien le noyaude ~
est étale surS ,
ou bien sondual de
Cartier, isomorphe à Ker(tcp) ,
est étale sur S . Lapropriété " Ker((p)
est étale" est une
propriété
ouverte, de sorte que, localement surS ,
ou bienest
purement infinitésimal,
ou bienKer( cp)
l’est. Le seul sous-groupe infinitésimal d’ordre p deE
1 ouE2
étant le noyau deFrobenius,
dans lepremier cas, ~
estisomorphe
à F :E -~
" et dans lesecond, t~
estE -~
donc à V : E(P~ -~
E . 0PROPOSITION 4.4.-
(i)
Le schéma M ntP est lisse surSpec(Z)
en dehors despoints
de
caractéristique
p où h = 0 .(ii)
Lesmorphismes q1
etq
induisent desmorphismes
finis etplats q’1
et