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Dynamique Démographique et Marché du travail en 2017 au Mali

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Academic year: 2022

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(1)

MINISTERE DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA

POPULATION

REPUBLIQUE DU MALI

UN PEUPLE-UNBUT-

FOI

--- DIRECTION NATIONALE DE LA

POPULATION

Dynamique Démographique et Marché du travail en 2017 au Mali

Octobre 2018

SOMMAIRE

(2)

Octobre 2018... i

SOMMAIRE... ii

SIGLES ET ABREVIATIONS... ii

LISTE DES TABLEAUX... iii

LISTE DES GRAPHIQUES... iv

RESUME... v

INTRODUCTION... 2

METHODOLOGIE... 3

DEFINITION DES CONCEPTS... 4

I. SITUATION SOCIO-DEMOGRAPHIQUE... 7

II. SITUATION SOCIO-ECONOMIQUE... 9

III. SITUATION SOCIO-EDUCATIVE... 12

IV. SITUATION SOCIO-SANITAIRE... 16

IV. SITUATION POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE DE L’EMPLOI ET DU TRAVAIL...21

IV. SITUATION DU MARCHE DU TRAVAIL... 23

4.1. Populatoo eo âge de travailler...24

4.2. Populatoo actve ou Maio d’œuvre...25

4.3. Populatoo eo Emploi...26

4.4. Migratoo ioteroatooale de retour...36

ANNEXES... 44

SIGLES ET ABREVIATIONS

ANPE Agence Nationale pour l’Emploi

APEJ Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes

CEDEAO Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest CIPD Conférence Internationale sur la Population et le Développement

CREDD Cadre Stratégique pour la Relance Economique et le Développement Durable CSCRP Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté

CSLP Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté DEF Diplôme d’Etudes Fondamentales

DNP Direction Nationale de la Population

EDSM Enquête Démographique et de Santé du Mali

EMOP Enquête Modulaire Permanente auprès des Ménages

FAFPA Fonds d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Apprentissage INSTAT Institut National de la Statistique

ISF Indice Synthétique de Fécondité

MICS Enquête par Grappes à Indicateurs Multiples ODD Objectifs du Développement Durable

OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement ONEF Observatoire National de l'Emploi et de la Formation ONG Organisation Non Gouvernementale

PAIPP Programme d'Actions et d'Investissements Prioritaires en matière de Population PAM Programme Alimentaire Mondial

PEJ Programme Emploi-Jeune PIB Produit Intérieur Brut

PISE Programme d'Investissement Sectoriel de l'Education PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement

PPIP Programme Prioritaire d'Investissement en matière de Population PRODEC Programme Décennal de l'Education et de la Culture

RGPH Recensement Général de la Population et de l'Habitat TBA Taux Brut d’Accès à l’éducation ( au cycle fondamental) TBM Taux Brut de Mortalité

TBS Taux Brut de Scolarisation TMI Taux de Mortalité Infantile

(3)

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 2 : Cadrage Budgétaire « Emploi et Formation Professionnelle »...22

Tableau 3 : Répartition de la population en âge de travailler par sexe selon le milieu de résidence, le groupe d’âge et le niveau d’instruction en 2016 et 2017...24

Tableau 4 : Répartition de la population par sexe selon la situation par rapport à l'occupation ...25

Tableau 5 : Taux d’activité par sexe selon le milieu de résidence, le groupe d’âge et le niveau d’instruction en 2016 et 2017...25

Tableau 6 : Taux d’emploi selon le groupe d’âge et le niveau d’instruction par sexe en 2016...27

Tableau 7 : Les taux d’emploi selon le groupe d’âge et le niveau d’instruction par sexe en 2017...28

Tableau 8 : Ratio Emploi/ Population de 15 ans et plus par milieu de résidence, groupe d’âge, niveau d’instruction selon le sexe en 2016 et 2017...28

Tableau 9 : Taux d’emplois informel par milieu de résidence, groupe d’âge, niveau d’instruction selon le sexe en 2016 et 2017...29

Tableau 10 : Taux de chômage selon milieu de résidence, l’âge et le niveau d’éducation par sexe en 2016 et 2017...34

Tableau 12 : Evolution du taux de chômage de 2011 à 2017...44

Tableau 13: Le taux d'emploi suivant le sexe en 2017...44

Tableau 14: Le taux de chômage selon le sexe en 2016 et 2017...44

LISTE DES GRAPHIQUES

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Graphique 1 : Répartition de la population en emploi par secteur institutionnel en 2016 (en %)...23

Graphique 2 : Répartition de la population en emploi par secteur institutionnel en 2017 (en %)...24

Graphique 3: Taux d’emploi selon le sexe en 2017...26

Graphique 4 : Evolution du taux de chômage de 2011 à 2017...28

Graphique 5 : Taux de chômage selon le sexe en 2016 et 2017...29

(5)

RESUME

Le Mali comme la plupart des pays en voie de développement a une population à majorité jeune. Cette extrême jeunesse est révélatrice de l’énormité des besoins en matière de santé, d’éducation et d’emploi, etc. C’est pourquoi la connaissance de la dynamique démographique et ses conséquences sur le marché du travail permet de constater les progrès réalisés dans le cadre de la réduction de la pauvreté et de l’atteinte des Objectifs du Développement Durable.

Il ressort de cette étude que la population en âge de travailler augmente d’année en année.

Ainsi, entre 2016 et 2017, cette population a connu une hausse importante passant de 8 291 827 à

8 765 066, soit une augmentation de 473 239 personnes en âge de travailler. Le milieu rural demeure le milieu où la proportion des personnes en âge de travailler est la plus élevée. En effet, plus de sept individus de la population en âge de travailler sur dix vivent en zone rurale.

La répartition de cette population par groupe d’âge révèle un nombre élevé des jeunes âgés de 15 à 24 ans en âge de travailler en 2017 (2 789 373).

L’examen de la répartition de la population en âge de travailler par sexe selon la situation par rapport à l’occupation indique que 66,3% de la population en âge de travailler sont occupés, 6,6% sont des chômeurs et 27,1% sont des inactifs. En outre, les hommes sont plus nombreux que les femmes dans la population active occupée. La faible qualification des femmes à postuler pour des offres d’emploi et le rôle de femmes de foyer pourraient expliquer ces résultats.

L’analyse de la situation de l’emploi révèle qu’en 2016 et 2017 la proportion des personnes en emploi est plus élevée chez les personnes dont l’âge est compris entre 36 et 40 ans (respectivement 76,4% et 80,1%). En revanche, au cours de la même année les personnes de 15-24 ans sont les moins employées (respectivement 43,1% et 47,3%). Ces résultats pourraient s’expliquer par le fait que les jeunes de cette tranche d’âge n’ont pas encore fini leur formation et ne sont pas disponibles pour occuper un poste ou n’ont pas d’expérience professionnelle pour trouver un emploi.

La distribution de la population en emploi par sexe et le milieu de résidence montre la prédominance des hommes par rapport aux femmes et le milieu rural par rapport au milieu urbain.

L’analyse du taux d’emploi selon le niveau d’instruction indique que les personnes sans niveau d’éducation ont plus de chance d’obtenir de l’emploi (72,7%), suivies de celles qui ont un niveau supérieur (68,0%).

(6)

Quant à l’emploi informel, il occupe à lui seul 96,3% de la population en emploi en 2016 contre 94,4% en 2017. Il est plus important en milieu rural (96,3%) qu’en milieu urbain (87,8%) en 2017. Le district de Bamako est la localité où le taux d’emploi informel est de 86,6% en 2016 mais ce taux a légèrement baissé en 2017 pour s’établir à 85,6 %. Ces chiffres importants du taux d’emploi informel dénotent le dynamisme de ce secteur et nécessitent un encadrement et une meilleure organisation de ce segment de l’économie nationale. L’analyse selon le sexe révèle que la proportion de l’emploi informel féminin est plus importante que celle de l’emploi informel masculin quel que soit l’année et le milieu de résidence considérés.

Les opportunités offertes aux femmes et les stratégies développées par celles-ci pourraient expliquer ces résultats.

Le chômage est l’un des problèmes auxquels la jeunesse est confrontée. De l’analyse de ce phénomène, il apparait qu’il augmente au fil des années. Ainsi, entre 2011 et 2017, le taux de chômage est passé de 6,92% à 10,1% de la population active. Toutefois entre 2016 et 2017, il a diminué légèrement, passant de 10,1 % à 9,1%. Le milieu urbain est le plus touché par le chômage. En effet, en 2016, le taux de chômage est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (12,3% contre 9,3%).

Cette tendance reste la même en 2017. Le district de Bamako est le milieu où le taux de chômage demeure aussi important (11,2% en 2016 et 11,9% en 2017).Ces résultats s’expliqueraient par le fait que les centres urbains offrent moins d’opportunités que le milieu rural où l’agriculture occupe une grande partie de la population active. Par ailleurs, le chômage touche plus les femmes (10,4%) que les hommes (8%) en 2017.

En considérant la répartition des chômeurs par groupe d’âge en 2016 et 2017, l’on constate que les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont plus touchés par le phénomène de chômage que les autres groupes d’âge (respectivement 30,5% et 21,9%).

Le chômage augmente au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente. En effet, le taux de chômage varie de 6,6% de la population active à 25,0% selon que la personne soit sans niveau d’instruction ou ait un niveau supérieur.

(7)

INTRODUCTION

Au cours des trente dernières années, la population africaine s’est de plus en plus rajeunie.

Cette extrême jeunesse a entrainé des besoins en investissements importants dans les domaines sociaux (éducation, santé, emploi, logement etc.).

Au regard de ce constat, les autorités maliennes dans leur volonté d’améliorer les conditions socioéconomiques des jeunes ont élaboré et mis en œuvre plusieurs politiques, programmes et projets et ratifié des Conventions relatives aux droits des femmes, enfants et des jeunes. Il s’agit notamment de la Convention relative aux droits de l’enfant, de la Charte africaine des Droits et Bien-être de l’Enfant et de celle de la jeunesse des Nations-Unies.

De plus, d’autres mesures relatives à la promotion de l’emploi des jeunes et à l’amélioration de la santé reproductive des adolescentes ont été prises à travers la création des Agences pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes et d’un centre d’écoute et d’information et d’orientation des jeunes dans les services de santé.

En dépit de ces efforts fournis, les jeunes demeurent confrontés à beaucoup de situations difficiles: la non scolarisation et la déscolarisation, la santé, la vulnérabilité, la prostitution, la drogue, la mendicité, le chômage, et le radicalisme et l’extrémisme violent etc.

La connaissance de la dynamique démographique et ses conséquences sur l’emploi notamment celui des jeunes permettra de suivre et d’évaluer les indicateurs du CREDD, des ODD et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine relatifs à l’emploi des jeunes ainsi que les politiques, programmes et projets en faveur de cette couche sociale. Elle permet également à ces différents programmes de mieux intervenir dans les domaines sociaux pour améliorer les conditions de vie de ce groupe vulnérable et favoriser l’atteinte du dividende démographique.

L’objectif de cette étude est d’analyser l’impact de la dynamique démographique sur les indicateurs du marché du travail au Mali en 2017.

Le présent rapport s’articule autour de quatre (04) points : le point (I) décrit la situation sociodémographique ; le point (II) fait un rappel de la situation socioéconomique du pays ; le point (III) porte sur la situation socioéducative et le point (IV) fait une analyse de la situation politique et institutionnelle de l’emploi et de la formation professionnelle. Enfin le point (V) analyse les indicateurs du marché du travail.

METHODOLOGIE

(8)

La démarche méthodologique a consisté d’abord, à échanger avec le commanditaire (DNP) sur la base des termes de référence pour mieux orienter l’étude. A la suite de ces échanges, un canevas de rédaction a été retenu. . Ensuite, le Consultant a procédé à la revue documentaire et l’exploitation de certaines bases de données des enquêtes pour élaborer un premier draft du rapport. Ce rapport a été soumis à un atelier technique de finalisation et de validation avec la participation des services techniques et l’ensemble des points focaux population et développement. A la suite de cet atelier, des informations complémentaires de certaines structures ont été intégrées sur la base des observations faites pour produire le présent rapport.

DEFINITION DES CONCEPTS

Le concept de jeunesse diffère d’un pays à un autre. L’organisation des Nations Unies définit comme jeune tout individu âgé de 15 à 24 ans.

(9)

Cette tranche d’âges est celle retenue par la Charte africaine de la jeunesse et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de L’Ouest (CEDEAO).

Au Mali, une personne est considérée comme jeune lorsqu’elle a un âge compris entre 15 et 35 ans. Dans le but de comparer nos indicateurs à ceux retenus sur le plan international, nous ferons ressortir la tranche d’âges 15-24 ans dans les différents tableaux.

Population active : c’est l’ensemble des personnes des deux sexes qui fournissent la main d’œuvre pour la production des biens et des services durant une période de référence donnée.

La population active comprend, la population active occupée et les chômeurs (BIT, 2013- 2014).

Population active occupée : Elle caractérise la main d’œuvre du moment. Il s’agit des personnes ayant exercé une activité économique ne serait-ce qu’une heure au cours de la période de référence (BIT, 2013-2014).

Chômage : trois critères sont utilisés pour considérer quelqu’un comme chômeur : a. La personne est sans emploi pendant la période de référence ;

b. La personne a entrepris des démarches pour chercher du travail pendant la période de référence ;

c. La personne était prête à travailler immédiatement s’il trouvait du travail (en général moins de 15 jours) (BIT, 2013-2014).

Chômeur : est chômeur, toute personne qui est sans emploi, a entrepris des démarches pour chercher du travail pendant la période de référence et qui est prêt à travailler immédiatement s’il trouvait du travail (BIT, 2013-2014).

Travail : Toutes les activités effectuées par des personnes de tout sexe et tout âge afin de produire des biens ou fournir des services destinés à la consommation par des tiers ou à leur consommation personnelle (BIT, 2013-2014).

Le marché du travail est l’espace virtuel dans lequel se rencontrent, d’une manière plus ou moins organisée, la demande et l’offre de toutes les formes de travail (BIT, 2013-2014).

Emploi : Personnes en âge de travailler qui au cours de la semaine de référence (des 7 derniers jours) ont réalisé une activité pour produire des biens ou fournir des services en échange d’une rémunération ou d'un profit (BIT, 2013-2014).

(10)

Incidence de la pauvreté : Cette mesure appelée aussi taux de pauvreté est l’indicateur standard le plus courant. Il correspond au pourcentage de la population dont les revenus ou les dépenses de consommation par habitant se situent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à- dire au pourcentage de la population qui n’a pas les moyens d’acheter un panier de biens de base (EMOP, 2016-2017).

Seuil de pauvreté : Le gap de la pauvreté mesure la gravité de la situation des pauvres. Il indique à quel niveau au-dessous du seuil de pauvreté se situe leur consommation. L’écart par rapport au seuil de pauvreté, qui lui est apparenté, mesure le déficit total de tous les pauvres : leur insuffisance de ressources par rapport au seuil de pauvreté. Autrement dit, il correspond au montant nécessaire pour amener tous les pauvres au seuil de pauvreté. Cet écart est donc une mesure beaucoup plus parlante que la simple comptabilisation des pauvres parce qu’elle prend en compte la répartition des pauvres (EMOP, 2016-2017).

En 2017, le seuil de pauvreté était de 178 343 FCFA.

IDH : L’IDH est un indice statistique composite, crée par le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en 1990 pour évaluer le niveau de développement humain des pays du monde. L’IDH se fonde sur trois critères majeurs : l’Esperance de vie à la naissance, le niveau d’éducation et le niveau de vie (ODHD, LCP)

Indice de Gini : L’indice de Gini mesure l’inégalité d’une situation donnée. Ses valeurs extrêmes sont 0 et 1. Le 0 traduit une situation d’égalité parfaite alors que le 1 correspond à une situation d’inégalité complète ou maximale (EMOP, 2016-2017).

Taux d’activité : est défini comme le ratio de la population active (population économiquement active) à la population en âge de travailler (BIT, 2013-2014)

Taux de chômage : c’est le rapport entre l’effectif total des personnes de 15 ans et plus et la main d’œuvre totale (BIT, 2013-2014).

Secteur Informel : Ensemble d’unités de production ne possédant pas de numéro d’identification fiscal et/ou ne tenant pas de comptabilité écrite formelle (bilan, compte d’exploitation).

Emploi informel : l’emploi informel se définit surtout par rapport aux conditions d’exercice des employés aussi bien dans leur emploi principal que secondaire. De façon opérationnelle, dans les unités de production (formelle, informelle) et dans les ménages, les employés sont

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considérés être pourvus d’un emploi informel si au moins l’une des conditions suivantes n’est pas remplie :

- paiement par l’employeur d’indemnité de protection de sécurité sociale ; - congés de maladie rémunérés ;

- congés annuels rémunérés ou compensation éventuelle.

Taux d’emplois informel : le nombre d’actifs occupant un emploi informel rapporté à l’effectif total des actifs occupés.

I. SITUATION SOCIO-DEMOGRAPHIQUE

Au cours des cinquante dernières années, la population du Mali a augmenté considérablement.

De 3,5 millions d’habitants en 1960, l’effectif de la population est passé à 6,3 millions d’habitants en 1976, à 7,6 millions d’habitants en 1987, à 9,8 millions d’habitants en 1998, et à 14,5 millions d’habitants en 2009. En effet, estimé à 1,7 % en moyenne entre 1976 et 1987,

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le taux d’accroissement de la population a atteint 3,6 % sur la période intercensitaire de 1998 à 2009, en passant par 2,2 % entre 1987 et 1998.

Si cette tendance se poursuit, la population qui était de 18,8 millions d’habitants en 2017 atteindra 23,5 millions d’habitants en 2025 et 30,3 millions d’habitants en 2035 d’après les projections démographiques réalisées par la DNP sur la période 2012 - 2035.

Comme la plupart des pays en développement, la population malienne est caractérisée par une extrême jeunesse. En effet, en 2017, la proportion des moins de 20 ans est estimée à 57,83

%.

La population est inégalement répartie sur l’étendue du territoire national. En effet en 2017 les régions à faible densité étaient Gao (4,1 habitants au km²), Tombouctou (1,8 habitants au km²) et Kidal (0, 6 habitants au km²), alors que cet indicateur se situait à plus de dix habitant au km² pour les régions de Mopti, Ségou, Sikasso, Koulikoro, Kayes. La capitale Bamako enregistre une forte concentration de la population où la densité est de 10446,1 habitants au km². L’exode rural vers cette ville explique en partie cette situation. Il semble constituer par ailleurs un déterminant important des mouvements migratoires internes.

Le taux d’urbanisation1 (pourcentage de la population urbaine) est passé de 22,5 % en 2009 à 39,62 % en 2017.

La mortalité des enfants demeure toujours élevée malgré une tendance générale à la baisse depuis quelques années. Ainsi, Elle a été estimée à 95 décès d’enfants de moins de cinq ans sur 1000 naissances vivantes en 2012-2013 (EDSM V).

Quant à la mortalité maternelle, 368 décès en liaison avec la grossesse et l’accouchement ont été enregistrés pour 100 000 naissances vivantes en 2012-2013. Cet indicateur connait une légère baisse par rapport à la valeur estimée à l’issue de l’EDSM 2006 (464 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes).

Bien qu’une baisse remarquable ait été observée ces dernières années, la fécondité se situe encore à un niveau très élevé. Le nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer se situait à 6,0 en 2015 et le taux brut de natalité à 45,2‰ (MICS-Mali 2015).

S’agissant des mouvements migratoires internationaux (émigration), l’on constate qu’ils étaient très importants au Mali et touchaient particulièrement la région de Kayes. L’exode

1 Le milieu urbain ici est composé des communes urbaines des collectivités territoriales et des localités de 5 000 habitants et plus.

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rural en direction des grandes villes notamment la capitale Bamako caractérise l’essentiel des migrations internes que connait le pays.

Face au déséquilibre visible entre l’évolution de la population et celle des ressources disponibles, le pays a élaboré et adopté en 1991 une politique nationale de la population qui a été révisée respectivement en 2003 et 2015.

En tant que composante de la politique de développement au Mali, la Politique Nationale de Population actualisée doit contribuer à l’atteinte du Dividende Démographique via l’accélération de la Transition Démographique à travers cinq (05) objectifs prioritaires:

- accélérer la transition démographique pour une meilleure exploitation du potentiel du Dividende Démographique.

- renforcer la qualité du capital humain des femmes et les filles.

- soutenir l'amélioration de la gouvernance des politiques éducative, économique et sociale.

- renforcer les stratégies de Communication pour le Changement Social et Comportemental.

- renforcer la coordination et le suivi-évaluation de la mise en œuvre de la Politique Nationale de Population.

II. SITUATION SOCIO-ECONOMIQUE

Le Mali a une économie à vocation essentiellement agro-sylvo-pastorale avec plus de 2/3 de la population occupée dans le secteur. Les productions agricoles sont fortement tributaires des aléas climatiques. Depuis 2007, les performances macroéconomiques du pays ont été appréciables. Depuis la fin des années 1990, le gouvernement du Mali avec l’appui des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), a orienté sa politique de développement sur la lutte contre la pauvreté. Cette volonté s’est manifestée par l’élaboration en 1998 de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Pauvreté (SNLP) qui a ouvert la voie au Cadre

(14)

Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté dont la troisième génération a été adoptée en 2011 et couvre la période 2012 – 2017. Avant l’échéance de cette période, un nouveau document de référence de toutes les stratégies de développement englobant les Objectifs du Développement Durable (ODD) et la Stratégie Commune d’Accompagnement Pays (SCAP) dénommé Cadre pour la Relance Economique et le Développement Durable (CREDD 2016 -2018) a vu le jour.

L’économie du pays repose principalement sur l’agriculture qui reste de type familial. La principale richesse du Mali est basée sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. En effet, le secteur primaire occupe environ 80% de la population active et représente un peu moins de 38% du Produit Intérieur Brut (PIB) au coût des facteurs. (Comptes économiques, INSTAT, 2017).

En plus des ressources agricoles, le Mali a d’énormes potentialités énergétiques, touristiques, artisanales et minières. Dans le domaine minier, le sous-sol malien renferme d’importants gisements parmi lesquels l’or, le phosphate, le sel gemme, le calcaire, la bauxite, le fer, le manganèse et l’uranium etc., l’or représente actuellement la première ressource d’exportation (avant le coton et le bétail sur pied) avec une valeur totale des exportations de 1287,0 milliards de FCFA en 2017, ce qui place le Mali au rang de troisième pays exportateur africain d’or, derrière l'Afrique du Sud et le Ghana. (Statistiques du commerce extérieur, INSTAT, 2017).

Les principaux produits d’exportation du Mali sont l’or et le coton et les produits d’importations sont les produits alimentaires, les équipements, les produits pétroliers et intermédiaires

L’artisanat et le tourisme font partie du paysage économique du pays. En efet, ces deu, secteurs qui font vivre une partie signiicative de la population active malienne, participent à la création de la richesse nationale bien qu’il soit comple,e pour l’heure d’en évaluer précisément la contribution du fait de leur caractère parfois informel. L’artisanat malien est reconnu comme étant de grande qualité.

En professionnalisant davantage ce secteur, des progrès substantiels sont attendus (CREDD 2016-2018).Quant au secteur du tourisme, il a été durement impacté par la dégradation du conte,te sécuritaire

notamment dans le pays Dogon. Il convient désormais de développer « un nouveau tourisme (de

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nouveau, circuits touristiques)», tout en consolidant ses fondamentau, qui sont appréciés depuis des décennies par les touristes étrangers. Le retour de la sécurité sera un paramètre déterminant pour le développement de ce secteur (CREDD 2016-2018).

En ce qui concerne l’artisanat, les objectifs spéciiques du Gouvernement consistent à améliorer

l’environnement institutionnel, réglementaire et organisationnel du secteur, faire de l’artisanat un vecteur de stimulation de la croissance et du développement, développer un système d’information performant sur l’artisanat et prendre en compte le genre dans le secteur. Le Code de l’artisanat de l’UEMOA est en cours de transposition dans le dispositif national (CREDD 2016-2018).

Malgré ce potentiel, le Mali figure parmi les pays les moins avancés de la planète. Son Indice de Développement Humain est de 0,442 et le classe 175ème sur 188 en 2017 selon le rapport sur le développement humain (2018). Au Mali, 44,9% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté avec 178 343 FCFA par an et par habitant et un indice de Gini de 0,34 (EMOP 2017).

Selon les résultats de l’Enquête Modulaire et Permanente auprès des Ménages (EMOP) 2017, la pauvreté monétaire est un phénomène qui touche 44,9 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. L'incidence (taux de la pauvreté c'est à dire la proportion de la Population malienne qui n'arrive pas à dépenser 178 343 FCFA par an nécessaires pour satisfaire ses besoins de base).

La volonté du Gouvernement d’améliorer le niveau de pauvreté des populations se matérialise depuis 2000 par la mise en œuvre de stratégies pour l’accélération de la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Toutefois, malgré tous les efforts consentis, l’objectif de réduire de moitié la pauvreté à l’horizon 2017 n’a pu être atteint. Le niveau de pauvreté au Mali fait apparaitre un contraste entre milieu urbain et rural et entre sexes.

(Rapport 2017 de la mise en œuvre du CREDD 2016 – 2018).

Les résultats de l’enquête EMOP 2017 font état (i) d’une incidence de la pauvreté de 4.7 à Bamako contre respectivement 32, 9 et 53,6% dans les autres villes et en milieu rural, (ii) d’une pauvreté plus élevée dans les régions de Sikasso (67,8%), Mopti (59,5, et Koulikoro (52,2). La pauvreté touche plus les femmes que les hommes, l’indice de Gini2 (qui mesure les inégalités) se situant à 0,34.

2 Sa valeur se situe entre 0 (égalité) et 1 (inégalité totale)

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Le taux de croissance annuel du PIB en 2014 était estimé à 7,0 %. Le taux le plus faible a été celui de 2012, année du déclenchement de la crise multidimensionnelle, avec -0,8 %, où le Mali est officiellement entré en récession économique pendant un an. Depuis 2014, en dépit des aléas climatiques qui déterminent les performances du secteur agricole moteur de la croissance économique au Mali, le PIB réel par tête était de 461 555 FCFA en 2016 contre 495 888 FCFA en 2017. Cette fluctuation, à la hausse et à la baisse, des PIB réels par tête au Mali prouve qu’il est difficile de maintenir ou de relever les niveaux de vie individuels, sur le moyen et le long terme, avec un taux de croissance démographique de 3,6 % par an (Comptes économiques, INSTAT, 2016).

Au cours de la période 2007-2017, soit une décennie, le taux d’accroissement annuel moyen de la population malienne (3,6 %) a pratiquement annulé les taux de croissance annuels du produit intérieur brut (PIB) et a laissé très peu de marge pour améliorer les niveaux de vie individuels et pour réduire la pauvreté.

III. SITUATION SOCIO-EDUCATIVE

Dans la perspective des Objectifs de Développement Durable et particulièrement de l’Agenda 2030 de l’Education sur lesquels le Mali s’est récemment engagé, un premier défi qui se pose au pays est de pouvoir accueillir tous ceux qui sont en âge d’être scolarisé et de leur assurer un minimum d’éducation fondamentale de 9 années, dans des conditions d’enseignement qui leur permettent d’acquérir les savoirs de base requises et nécessaires à leur développement

(17)

socio-économique. Ce défi ne date assurément pas d’aujourd’hui, et c’est pour y répondre qu’un programme décennal de développement de l’éducation (PRODEC) avait été élaboré et mis en œuvre à partir de 2001. Le PRODEC a couvert la période 2001-2010 et s’étalait sur trois phases appelées Programme d’Investissement du Secteur de l’Education (PISE 1, PISE 2 et PISE 3). La 3ème phase du programme d’investissement pour le secteur de l’éducation (PISE 3) a pris fin en 2013. Un programme intérimaire de relance de l’éducation et la formation professionnelle, élaboré en 2014 pour couvrir la période 2015-2016 a été prorogé pour couvrir l’année 2017. Si la mise en œuvre de ces programmes a certainement permis au Mali de progresser en matière de solarisation, elle n’a toutefois pas permis de résoudre tous les problèmes, dans un contexte où la crise socio-politique dans le pays est venu anéantir les acquis éducatifs et les années d’investissement dans le secteur. La prise compte des défis actuels pour le système apparait donc essentiel pour permettre à tous les maliens de bénéficier au moins d’une éducation fondamentale correspondant aux attentes souhaitées.

Malgré ces avancées significatives,

La croissance démographique rapide de la population malienne n’est pas sans conséquences directes sur le système éducatif. Le tableau 4 ci-après permet de s’en rendre compte à travers l’analyse des populations scolarisables par niveau d’enseignement.

On s’aperçoit en effet qu’au recensement de 2009, la population scolarisable au préscolaire représentait environ 13,7% de la population totale, celle du 1er cycle du fondamental environ 16,7% de la population totale, celle du 2nd cycle du fondamental environ 7,0%, et enfin celle du secondaire environ 6,3%. Selon les projections, ces proportions n’auraient pas significativement changé en 2015 et ne subiront pas un changement remarquable à l’horizon 2030. Cependant, la pression sur le système éducatif s’observe à travers l’accroissement du nombre d’enfants à accueillir. Il est par exemple anticipé que la population scolarisable au préscolaire, estimée à environ 2 441 000 enfants en 2015, passera à près de 3 346 000 enfants en 2030, soit une hausse de 37% entre 2015 et 2030. De façon similaire, cette augmentation de la population scolarisable est estimée à près de 46% au 1er cycle du fondamental, 59% au 2nd cycle du fondamental et à 68% au secondaire.

Ainsi, alors que le système éducatif n’arrive pas à répondre encore aux défis actuels en matière de scolarisation cette augmentation significative attendue de la population scolarisable ajoute un défi supplémentaire auquel le système doit faire face afin que le Mali puisse atteindre les objectifs de l’agenda 2030 pour l’éducation. Ce défi supplémentaire va nécessairement au-delà du nombre croissant d’élèves à accueillir, au regard des implications

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en termes de constructions de nouvelles classes, recrutements des enseignants, achats de matériels didactiques et pédagogiques, transferts, etc.

Tableau 1: Evolution de la population scolarisable par niveau d’enseignement

RGPH 1998

RGPH 2009

Projection

* 2015

Projection*

2030

2015 par rapport

à 2009

2030 par rapport

à 2015

Population totale 10 444

822

14 528

662 17 599 694 27 369 962

Population scolarisable (en effectifs)

Préscolaire 1 396 194 2 010 167 2 441 308 3 345 955 21,4% 37,1%

Fondamental 1er cycle 1 676 184 2 431 284 3 051 873 4 444 039 25,5% 45,6%

Fondamental 2nd cycle 743 262 1 027 470 1 262 451 2 001 048 22,9% 58,5%

Secondaire (général, technique,

professionnel) 675 529 928 255 1 114 050 1 865 565 20,0% 67,5%

Population scolarisable (en % de la population totale)

Préscolaire 13,4% 13,7% 13,9% 12,2%

Fondamental 1er cycle 16,0% 16,5% 17,3% 16,2%

Fondamental 2nd cycle 7,1% 7,0% 7,2% 7,3%

Secondaire (général, technique,

professionnel) 6,5% 6,3% 6,3% 6,8%

Source : calcul des auteurs à partir des données RGPH 1998 et 2009 et des projections démographiques.

Note : * les projections utilisées dans ce tableau sont celles des Nations Unies.

Selon l’annuaire statistique 2016-2017, le Taux Brut de Scolarisation (TBS) au préscolaire est de 6,1%. Quant au premier cycle de l’enseignement fondamental il est estimé à 68,0%.

L’analyse selon les régions montre que la région de Koulikoro reste de loin la région qui affiche le taux brut le plus élevé 80,2%. La région de Koulikoro est suivie de la région de Kayes (78,5%), du District de Bamako (76,4%) et de la région de Sikasso (74,7%).

La disparité est assez prononcée entre le milieu urbain et rural (respectivement 106,2% contre 66,8%). Ces écarts seraient également dus à l’insuffisance de l’offre mais aussi à d’autres facteurs qui entraveraient la scolarisation forte des enfants dans les zones rurales. La disparité entre garçons et filles au niveau de la fréquentation scolaire, s’atténue. Les taux brut de scolarisation des garçons et des filles s’élevaient respectivement à 74,8% et à 77,2%. L’écart entre fille et garçon est de 2,4 points. Or le droit à l’éducation pour tous les enfants est un droit inscrit dans la constitution du Mali.

A l’instar des taux bruts, le taux nets de scolarisation était de 60,9% en 2017. En outre, les garçons sont relativement plus scolarisés que les filles (61,4% contre 60,4%).

Au niveau de l’enseignement fondamental 2, le taux brut de scolarisation s’élève à 54,6%. Ce taux, largement en deçà de celui du premier cycle.

Au niveau des régions, Bamako se détache avec 86,5 % contre 39,1 % à Mopti qui de ce fait est la région qui affiche un mauvais taux net de scolarisation. Les régions de Koulikoro et de Gao se positionnent derrière Bamako avec respectivement 74,6 % et 67,5 %.

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A l’instar des taux bruts, les taux nets de scolarisation sont plus élevés en milieu urbain qu’en milieu rural, soit 81,1 % contre 54,7 %. L’analyse selon le sexe indique qu’il n y a pas des écarts importants entre les filles et les garçons en ce qui concerne le taux net de scolarisation.

L’accès au second cycle de l’enseignement fondamental mesuré par le taux net de scolarisation était estimé à 29,5 %. Ce résultat montre qu’un peu plus de sept enfants sur dix âgés de 13 à 15 ans n’étaient pas sur le chemin de l’école au moment de l’enquête. Ce taux déjà faible, cache des disparités au niveau des régions, du milieu de résidence et selon le sexe des individus.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, l’on constate depuis plus de vingt ans une augmentation significative de l’effectif des étudiants.

Avec un taux brut d’accès (TBA) de 69% au fondamental en 2017, alors que ce cycle est obligatoire, près de 31% des enfants n’y accèdent pas. A la fin du fondamental 2nd cycle, on ne retrouve plus que 35%. Près de 2/3 des enfants n’achèvent pas l’ensemble du fondamental, pourtant obligatoire pour tous.

Les filles sont en proportion bien plus faible à achever le fondamental, comparativement aux garçons: 31% pour les filles contre 40% pour les garçons. Cette situation montre une rétention des filles dans le 2nd cycle du fondamental plus élevée

Des disparités sont à relever également dans la dimension géographique : les ruraux accèdent et achèvent nettement moins le fondamental,

Alors que l’ensemble du fondamental est obligatoire, près de 40,8% (soit environ 1 867 000) enfants d’âge scolarisable sont hors de l’école en 2016.

Au niveau du secondaire général, les effectifs scolarisés ont été multipliés par 4 en passant de près de 53 000 en 1999-2000 à près de 191 000 en 2016-2017, soit un accroissement de près de 8,6% par an sur la période.Cependant, le TBS s’établit autour de 15% en 2016-2017.

Les effectifs ont doublé dans le secondaire technique et professionnel en passant de près de 66 000 en 2008-2009 à près de 126 000 en 2016-2017. Les filières du tertiaire enregistrent plus de la moitié des jeunes dans le secondaire technique et près de 60% dans le secondaire professionnel.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, l’on constate depuis plus de vingt ans une augmentation significative de l’effectif des étudiants passant de près de 20 000 étudiants en 1999-2000 à près de 75 000 en 2015-2016, soit un accroissement de 8,9% par an. Les filières associées aux lettres, sciences humaines, sciences juridiques et politiques enregistrent plus de la moitié des étudiants, une tendance à la hausse au regard des besoins du marché. Ce même constat reste valable en 2017 avec 79% des étudiants dans le domaine des Lettres, Langues, Droit, Sciences Sociales et de Gestion.

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La réforme de l’Enseignement supérieur en système LMD (Licence-Master-Doctorat) en 2008 a permis la redéfinition de l’architecture des filières. L’enseignement supérieur reste toutefois confronté aux difficultés conjoncturelles et structurelles et techniques : la non maîtrise des effectifs d’étudiants rendant difficile toute planification allant dans le sens de l’élaboration d’un plan de développement et de gestion crédible ; l’insuffisance des capacités d’accueil des résidences universitaires ; l’insuffisance d’amphithéâtres et de salles spécialisées (l’insuffisance des infrastructures et des équipements de laboratoire, de réseaux informatiques et de matériel pédagogique).

L’analyse doit permettre d’identifier les défis réels auxquels le secteur de l’éducation est confronté (voir rapport « resen » du MEN, rapport de la revue CREDD 2016-2018, rapport du diagnostic du CREDD 2019- 2023, rapport de mise en œuvre des ODD voir Madame SYLLA)

Le groupe propose d’insérer un point sur la situation socio-sanitaire

Evoquer dans la situation économique le rapport de dépendance économique (se référer au profil DD 2015 et la dimension ; couverture à la dépendance économique voir Dramane)

IV. SITUATION SOCIO-SANITAIRE

Une situation sanitaire peu reluisante malgré des efforts considérables

Le cadre de gestion de la politique nationale en matière de santé est le Plan décennal de développement socio sanitaire (PDDSS 2014 – 2023) mis en œuvre à travers des programmes quinquennaux (PRODESS). L’objectif du PDDSS est de contribuer à l’amélioration de l’état de santé et de bien-être de la population. Il prend en compte, dans une approche sectorielle, les questions de développement social et d’équité femmes – hommes. Suivant la loi n°02 – 049 AN-RM portant Loi d’orientation sur la santé, le système de santé au Mali est structuré en trois niveaux : central, régional et subrégional. Il comprend les établissements publics hospitaliers, les centres de santé de référence et les établissements de santé privés parmi lesquels l’on compte les CSCOM. Ce système pyramidal de santé est en pleine reforme depuis quelques années. Le Mali a adhéré à plusieurs engagements sur le plan international en matière de promotion de la santé : Déclaration d'Abuja sur le VIH/sida, la tuberculose et les autres maladies infectieuses (2001), la Feuille de route pour accélérer la réalisation des

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objectifs du Millénaire pour le développement, relatifs à la santé maternelle et néonatale en Afrique (2008), le Partenariat de Ouagadougou (2011), les ODD.

De nombreux acquis ont été obtenus avec la mise en œuvre de la politique sectorielle de santé et de population (1990), la loi d’orientation sur la santé (2002) et le Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social. Toutefois, (i) la demande croissante du fait de la croissance rapide de la population, (ii) la faiblesse des ressources financières, matérielles et humaines et leur mauvaise répartition sur le territoire, et (iii) la disponibilité des services et des produits limitent l’atteinte des objectifs fixés. En 2016, le Mali n’a pas encore réalisé l’engagement pris à Abuja (2001) d’allouer au moins 15% de son budget à la santé et plus de la moitié (56,9%) des besoins du secteur de la santé – développement social – promotion de la famille a été financée par l’aide extérieure, rendant tributaire des financements extérieurs, la santé et le bien-être des populations maliennes.

En 2015 (annuaire SNISS), le Mali comptait 1 335 infrastructures sanitaires publiques et communautaires. Cependant, les régions du centre et du nord (Mopti, Gao et Tombouctou) ne comptaient qu’environ 28% des 1 296 CSCOM fonctionnels dénombrés.

En termes de ressources humaines, le Mali est loin de réaliser la norme OMS de 23 personnels de santé pour 10 000 habitants. En effet, le ratio personnel de santé pour 10 000 habitants s’est établi à 4,3 en 2015 avec de fortes disparités suivant les régions (13,5 à Bamako contre 3,2 à Kayes, 3,6 à Gao et 5,4 à Kidal) et suivant le type de personnel.

Des réformes sont en cours dans le secteur de la santé afin d’améliorer la couverture sanitaire et de renforcer l’offre de services, la rendant inclusive et accessible.

Une faible couverture sanitaire et un accès inégal aux soins de santé

Le milieu de résidence, le statut de bien-être et le niveau d’instruction des ménages déterminent fortement l’état de santé des populations. Des inégalités existent également entre Bamako, la capitale et les autres régions du Mali du fait de la concentration des infrastructures et des ressources humaines. La crise sécuritaire dans les régions du nord et du centre a particulièrement affecté la situation sanitaire des populations du fait de la destruction des infrastructures et du départ des personnels. Cette crise a également affecté la qualité des services dans les régions d’accueil des populations déplacées du fait de la pression sur les ressources déjà déficitaires.

Une période de vie plus longue augmente le temps et la qualité de la contribution économique des personnes d’une part et d’autre part, indique une plus grande efficacité des services de

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santé, signe d’un niveau de développement plus élevé dans le pays. La durée de vie moyenne attendue à la naissance au Mali a augmenté de 20% entre 2000 et 2015, passant de 49 ans au début des années 2000 à 55,6 ans en 2009 (INSTAT, RGPH) et à 58 ans en 2015 (World Bank Indicators).

Malgré cette augmentation de l’espérance de vie à la naissance, la couverture sanitaire reste encore très faible au Mali. L’accessibilité physique des services de santé ne s’est pas beaucoup améliorée malgré la création de 56 nouveaux centres de santé communautaires (CSCOM) entre 2015 et 2016. En 2015 comme en 2016, seulement 58% de la population se trouve dans un rayon de 5 km d’une structure offrant un paquet minimum d’activités (PMA) et 9% de la population sont encore éloignés de plus de 15 kms d’un centre de santé (EMOP 2017). Cette situation s’explique d’une part par la crise sécuritaire dans la partie nord du pays avec la destruction d’infrastructures sociales de base, le départ du personnel et les déplacements massifs de population et d’autre part par la forte croissance démographique et l’étendue du territoire national.

La mortalité est en baisse mais reste élevée. Le taux de morbidité a augmenté, passant de 23,4% (EMOP 2014) à 25,5% (EMOP 2017). Même s’il reste plus faible en milieu urbain (24,1%) qu’en milieu rural (26%), les habitudes et comportements de vie en milieu urbain ont sans doute un effet positif sur la fréquence des recours aux soins de santé. Cette morbidité réduit les capacités productives des travailleurs de même que leur rendement.

Tout comme les aptitudes professionnelles des travailleurs, la fréquence des maladies, en particulier le paludisme, et les accidents ont un impact considérable sur le niveau du capital humain et la productivité de la main-d’œuvre. Au Mali, en 2013 (EDSM V), l’on estime à 6%

de la population totale, la proportion de malades ou de blessés avec une prédominance chez les enfants de moins de 5 ans et chez les personnes âgées. Dans seulement 40% des cas, les malades ou blessés ont recherché des soins ou des conseils dans des formations sanitaires. Le niveau de pauvreté des ménages et la non disponibilité de structures de santé de proximité accroissent la probabilité du recours à l’automédication (61%) ou de l’absence totale à un recours aux soins (14%). En 2013, au moment de l’enquête EDSM, les dépenses privées de santé par malade ou blessé sont de l’ordre de 19 904 fcfa (sur les 30 jours précédant l’enquête) alors que près de 44% de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté de 172 000 fcfa soit 14 330 fcfa / mois (EMOP, 2011).

Même si son impact sur l’économie nationale n’est pas clairement évalué, le VIH SIDA constitue un obstacle au développement économique par les effets financiers de sa prise en

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charge et ses répercussions sociales dans les communautés (stigmatisations…). La pandémie connait une progression à la baisse mais reste préoccupante : sa prévalence au sein de la population de 15 – 49 ans est passée de 1,7% en 2001 à 1,1% en 2012 avec des disparités suivant le niveau de résidence (1,9% en zone urbaine contre 0,9% en zone rurale) et le sexe.

La prévalence est de 1,9% chez les femmes enceintes en 2012 avec le risque de le transmettre à leur enfant. Il faut noter que dans la population générale, plus de 8 personnes séropositives sur 10 ne connaissent pas leur statut sérologique du VIH.

La consommation des stupéfiants et de l’alcool constitue de plus en plus des facteurs de risques de maladies avec un impact considérable sur la productivité de la population malienne, de même que les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d’activités physiques en particulier chez les jeunes.

L’état de santé des populations est de plus en plus affecté par des facteurs dont les plus importants sont la persistance d’une incidence élevée des maladies transmissibles, l’augmentation fulgurante des taux des maladies non transmissibles (dont les cancers) et l’impact des mauvaises habitudes de consommation.

L’extension progressive de la protection sociale pour tous les maliens est un axe majeur de la politique sociale du Mali. Depuis 2009, avec la loi n° 09 – 015 du 26 octobre 2009 instituant la mise en place d'un régime d'Assurance maladie obligatoire (AMO) et d'un Régime d'assistance médicale (RAMED), des résultats encourageants sont perceptibles mais il reste à la politique de la protection sociale la plus inclusive possible dans un cadre d’accès universel.

Entre 2015 et 2017, les taux de couverture sont passés respectivement de 6 à 39,9% pour l’AMO, de 3,5 à 1,4% pour le RAMED et de 4,9 à 5% pour les mutuelles de santé. Les sociétés d’assurance entreprennent également de vastes campagnes d’enrôlement dans des systèmes d’assurance santé.

Sur le plan de la qualité de l’offre de services, l’enquête EMOP (2017) a indiqué que seulement 5,4% des personnes consultées ont affirmé avoir rencontré des difficultés d’accès aux soins. Ce faible niveau d’insatisfaction cache toutefois de grandes disparités entre régions (22,1% à Tombouctou contre 1,5% à Ségou). Pour les patients ayant rencontré des problèmes, les plus importants sont (i) le coût du traitement (près d’un patient sur deux), (ii) le temps d’attente pour près de trois patients sur dix et (iii) l'inefficacité du traitement reçu (un patient sur six ayant exprimé des griefs).

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Amélioration des indicateurs de santé de la mère et de l’enfant grâce à la politique de sécurité sociale et à la gratuité des soins mais toujours en deçà des objectifs

Même si elle est en baisse rapide, la mortalité maternelle et infantile reste élevée au Mali : l’Enquête Démographique et de Santé (EDS V, 2013) indique un taux de mortalité maternelle de 368 décès contre 582 pour 100 000 naissances vivantes en 2001 (EDS III). Le paludisme reste la première cause de mortalité et de morbidité en particulier chez les plus vulnérables, les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. A cause de la forte fécondité, les femmes connaissent une fréquence relativement élevée de grossesses et d’accouchements, accroissant la probabilité de décès maternel. En 2012, les décès maternels représentaient 32%

de tous les décès de femmes de 15 – 49 ans. Les adolescentes contribuent fortement à la fécondité (14% de la fécondité générale alors qu’elles représentent 18% de la population des femmes en âge de procréer) et sont les plus vulnérables aux risques de mortalité maternelle.

Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont estimés respectivement à 56‰ et à 95‰ en 2013 (EDSM V). Toutefois, les risques de décéder des jeunes enfants sont plus élevés en milieu rural qu’en milieu urbain (113‰ contre 64‰). La survie et l’état de santé des enfants sont déterminants dans la qualité du capital humain dont disposera le pays pour son développement. La vaccination contre les maladies constitue le premier facteur de développement de l’enfant : en 2015 (MICS), seulement 20,2% (1 sur 5) des enfants de 12 – 23 mois étaient complètement vaccinés et encore 20% des enfants de cette tranche d’âge n’avaient reçu aucun vaccin et n’étaient donc pas protégés contre la tuberculose, la rougeole, la poliomyélite, l’hépatite ou la fièvre jaune. Le milieu de résidence, le niveau de vie du ménage et le niveau d’instruction de la mère ont un effet sur les probabilités de vaccination des enfants. Les épisodes de maladie, en particulier du paludisme affectent également les capacités cognitives et d’apprentissage des enfants et à terme, leur capacité à être plus productifs. Les infections respiratoires constituent l’une des premières causes de mortalité chez les enfants.

Le taux d'accouchements assistés par les professionnels de santé est de 44% et de 60% si l’on prend en compte, outre le personnel qualifié, la catégorie de matrone (MICS 2015). Près de 23% des femmes enceintes n’ont pas fait l’objet de consultations prénatales. Les consultations prénatales effectuées par des sages-femmes ou des matrones atteignent à peine 57% des consultations effectuées, qui dépendent très souvent du niveau d’instruction, du statut de bien- être et du milieu de résidence (41% en milieu rural contre 78% en milieu urbain) du ménage.

Et dans l’ensemble, 63% de tous les nouveau-nés et leurs mères bénéficient d’un examen de santé post-natal. Concernant la planification familiale, seulement 15,6% des femmes en union

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utilisaient une méthode contraceptive, essentiellement moderne (MICS, 2015) avec de fortes disparités entre milieu urbain et milieu rural (28,1% contre 12,4%).

IV. SITUATION POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE DE L’EMPLOI ET DU TRAVAIL

L’accès à l’emploi est un enjeu majeur pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail avec ou sans qualification. Les créations d’emploi dans le secteur formel restent insuffisantes.

Plusieurs structures interviennent dans la promotion de l’emploi au Mali:

- Ministère en charge du travail et de la Fonction Publique ;

- Ministère de la Jeunesse, de l’emploi et de la construction citoyenne - Direction Nationale du Travail ;

- Direction Générale de la Fonction Publique des Collectivités Territoriales ; - Direction Nationale de l’Emploi et de la Formation professionnelle

- Observatoire National de l’Emploi et la Formation - Les Agences pour l’emploi : ANPE, APEJ,

- FAFPA ;

- Bureaux de placement.

3.1 Objectifs stratégiques et Programmes de promotion de l’emploi

Le cadre institutionnel pour la promotion de l’emploi dispose de nombreu, instruments et tente d’améliorer la cohérence des interventions des Départements comme ceu, en charge de (i) l’emploi et de la formation professionnelle, (ii) de la jeunesse, (iii) de la promotion de la femme, l’enfant et de la famille, (iv) du développement rural, (v) de la promotion des entreprises et de la micro inance et (v) de l’enseignement. Entre 2016 et 2018, près de 30 milliards de FCFA sont prévus par le budget d’Etat pour le développement du secteur de l’emploi au Mali (CREDD 2016 – 2018). Ce montant est réparti comme suit :

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2016 : 8 119 783 000 FCFA 2017 : 9 760 402 000 FCFA : 11 180 101 000 FC

Tableau 2 : Cadrage Budgétaire « Emploi et Formation Professionnelle » Prévisions des budgets-programmes

concernés (en milliers de FCFA)

2016 2017 2018 Moyenne 2016-

2018 Somme 2016-2018

Emploi et Formation Professionnelle

8 119 783

9 760 402

11 180

101 9 686 762 29 060 286

Consolidation et Diversification de l’Enseignement Technique et Professionnel

1 604 757

2 051

533 2 849 641 2 168 644 6 505 931

Amélioration du Cadre législatif du

Travail 639 147 710 869 771 012 707 009 2 121 028

Amélioration du Cadre Législatif et Promotion de l’Emploi

5 034 256

6 066

529 6 544 300 5 881 695 17 645 085

Formation Professionnelle 841 623 931 471 1 015 148 929 414 2 788 242

Source : DGB (CBMT 2016-2018)

Les principales interventions sont mises en œuvre à travers des cadres comme la Politique Nationale de l’Emploi, la Politique Nationale de la Formation Professionnelle, le Programme National d’Action pour l’Emploi en vue de Réduire la Pauvreté (PNA/ERP), le Programme Emploi-Jeunes (PEJ), le Programme de création d’une Cellule d’Appui aux Investissements à Haute Intensité de Main d’œuvre, le Programme Multisectoriel d’Investissements à fort coefficient d’emploi en milieu rural (PROMIER), le Programme d’Initiatives Locales pour l’Emploi (PILE), la Bourse de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, le Programme Décennal de la Formation Professionnelle pour l’Emploi (PRODEFPE), le Projet de Développement des Compétences et Emploi des Jeunes (PROCEJ) et le Fonds d’Insertion pour l’Entreprenariat des Jeunes Ruraux (FIER), le Programme de Transfert de Connaissance des Nationaux Expatriés (TOKTEN) entre autres.

En plus des structures techniques nationales en charge du secteur, d’autres acteurs du développement, en particulier les ONG, conduisent avec l’appui des PTF, des programmes d’apprentissage et de renforcement des capacités économiques des jeunes avec une priorité accordée au milieu rural et aux populations les plus vulnérables.

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Insérer la situation sur l’insertion des migrants de retour (voir Amadou DIAKITE, DGME).

3.2. Politique Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle

Politique Nationale de l’Emploi

La Politique Nationale de l’Emploi et son plan d’actions opérationnel (2015-2017) ont été adoptés le 18 mars 2015 en Conseil des ministres. Son objectif général est de contribuer à l’accroissement des opportunités d’emplois décents. Elle intègre les orientations nationales en matière de développement de richesses stimulé par une croissance économique équilibrée d’ici l’horizon 2018, porteuse de création d’emplois massifs et durables, en faveur notamment des jeunes et des femmes dans tous les secteurs d’activités.

Pour réaliser cet objectif général, quatre (04) objectifs spécifiques ont été retenus, à savoir : (i) établir et renforcer les liens avec toutes les politiques nationales et les politiques de développement sectoriel; (ii) renforcer les actions de promotion et de création d’emplois, (iii) améliorer l’employabilité et l’offre de formation professionnelle et technique; (iv) améliorer la gouvernance du marché de l’emploi.

Politique nationale de formation professionnelle :

La Politique Nationale de Formation Professionnelle a été adoptée le 29 juillet 2009. Son objectif général est de développer les ressources humaines pour la productivité et la compétitivité par la formation des acteurs des secteurs productifs, des agents de l’Etat et des Collectivités Territoriales, et par l’insertion socio-économique des femmes et des jeunes. . Pour réaliser cet objectif général, sept (07) objectifs spécifiques ont été retenus, à savoir : (i) tendre vers l’adéquation formation/emploi; (ii) améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises et des services ; (iii) améliorer les compétences des acteurs des secteurs productifs ; (iv) satisfaire les besoins du marché du travail en main-d’œuvre qualifiée ; (v) favoriser l’insertion professionnelle des acteurs en milieu rural et urbain ; (vi) assurer la formation permanente (tout au long de la vie) de la communauté ; (vii) consolider et développer la formation professionnelle par apprentissage.

Insérer les besoins induits en matière de création d’emploi au Mali (voir présentation Keffing DABO sur le DD Dramane,Isac Maimouna Kanté, Sylla et Barry ).

La mise en œuvre de la Politique Nationale de Formation Professionnelle se réalise à travers le Programme Décennal de Développement de la Formation Professionnelle pour l’Emploi (PRODEFPE) dont le premier plan d’actions a été adopté en 2014.

Aussi, un cadre législatif et réglementaire a été mise en place à travers la promulgation de la Loi N° 2016-026 du 14 juin 2016 relative à la formation professionnelle.

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IV. SITUATION DU MARCHE DU TRAVAIL

Le marché du travail peut être défini comme un lieu "théorique" de rencontre entre l'offre et la demande de travail qui émane respectivement des individus et des entreprises. Ce marché est réglementé par le code du travail, les conventions collectives et le statut général de la fonction publique. Par exemple, le statut général des fonctionnaires définit les conditions de recrutement dans la fonction publique et le code du travail régit les relations de travail entre les travailleurs et les employeurs en ce qui concerne le secteur privé.

4.1. Population en âge de travailler

Cette partie traite la population en âge de travailler et sa répartition selon différentes caractéristiques.

Tableau 3 : Répartition de la population en âge de travailler par sexe selon le milieu de résidence, le groupe d’âge et le niveau d’instruction en 2016 et 2017.

2016 2017

Masculin Féminin Total Masculin Féminin Total

Milieu de résidence

Urbain 1 069 438 1 221 221 2 290 659 1 129 426 1 268 150 2 397 576

Bamako 554 108 621 114 1 175 221 574 085 643 758 1 217 843

Autres villes 515 330 600 108 1 115 437 555 341 624 392 1 179 733

Rural 2 702 943 3 298 225 6 001 168 2 891 879 3 475 610 6 367 490

Total 3 772 381 4 519 446 8 291 827 4 021 305 4 743 761 8 765 066

Groupe d'âge

15 - 24 ans 1 093 433 1 400 275 2 493 708 1280499 1508875 2789373

25 - 34 ans 982 323 1 465 266 2 447 589 1025892 1554841 2580733

35 - 54 ans 455 150 506 808 961 957 465088 532957 998046

55 - 64 ans 1 241 475 1 147 097 2 388 572 1249827 1147087 2396914

Total 3 772 381 4 519 446 8 291 827 4 021 305 4 743 761 8 765 066

Niveau d'éducation

Aucun niveau 1 093 433 1 400 275 2 493 708 1 280 499 1 508 875 2 789 373

Primaire 982 323 1 465 266 2 447 589 1 025 892 1 554 841 2 580 733

Secondaire 455 150 506 808 961 957 465 088 532 957 998 046

Supérieur 1 241 475 1 147 097 2 388 572 1 249 827 1 147 087 2 396 914

Total 3 772 381 4 519 446 8 291 827 4 021 305 4 743 761 8 765 066

Source: EMOP 2017

La population en âge de travailler a augmenté et continue d’augmenter au fil des années.

Ainsi, entre 2016 et 2017, la population en âge de travailler a connu une hausse considérable, en passant de 8 291 827 à 8 765 066, soit une augmentation de 473239 personnes en âge de travailler. Le milieu rural demeure le milieu qui a le plus grand nombre de personnes en âge

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de travailler. En effet, plus de sept individus de la population en âge de travailler sur dix vivent en zone rurale.

La répartition de cette population par groupe d’âge montre un nombre élevé des jeunes de la tranche d’âge 15 à 24 ans en âge de travailler en 2017 (2 789 373). Environs six individus sur dix de la population en âge de travailler ont moins de 35 ans. De plus, l’effectif de ce groupe d’âge continue de croitre d’année en année. Ces données posent un défi aux décideurs en matière de création d’emploi.

En examinant cette répartition selon le niveau d’instruction, l’on constate que les personnes sans niveau d’instruction sont très nombreuses. Quant aux personnes ayant un niveau supérieur, elles représentent un nombre non négligeable dans la population en âge de travailler.

Tableau 4 : Répartition de la population par sexe selon la situation par rapport à l'occupation

Situation par rapport à l'occupation

Masculin Féminin Total

Effectif % Effectif % Effectif %

Actif occupé 3 169 405 78,8 2 637 697 55,6 5 807 102 66,3

Chômeur 275 770 6,9 304 774 6,4 580 544 6,6

Inactif 576 130 14,3 1 801 290 38,0 2 377 420 27,1

Total 4 021 305 100 4 743 761 100 8 765 066 100

Source: EMOP 2017

La répartition de la population par sexe selon la situation par rapport à l’occupation indique que 66,3% de la population en âge de travailler sont occupés, 6,6% sont des chômeurs et 27,1% sont des inactifs. Les hommes sont plus nombreux que les femmes dans la population active occupée. Par ailleurs, les femmes en âge de travailler inactives sont 3 fois plus nombreuses que les hommes inactifs. La faible qualification des femmes à postuler pour des offres d’emploi et le rôle de femmes de foyer pourraient expliquer ces résultats.

4.2. Population active ou Main d’œuvre

Nous entendons par population active, la fraction de la population en âge de travailler (15 - 64 ans) pourvue d'un emploi ou en situation de chômage.

Tableau 5 : Taux d’activité par sexe selon le milieu de résidence, le groupe d’âge et le niveau d’instruction en 2016 et 2017

2016 2017

Masculin Féminin Total Masculin Féminin Total

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