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156 E cole Publiqu d o G ~N't! R··
Rue de la Mutugl!té, NANUS (L ·!. 1
Collection de brochures hebdomadaires pour le travail libre des enfants '..,
Documentation de BARBOTEU et M. ROULLEAU Dessins de Y. ROULLEAU
Adaptation pédagogique des Commissions de l'Institut Coopératif de l'Ecole Moderne
L'imprimerie à l'Ecole Cannes (A.-M.)
22 Mai 1951
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Dans la même co llectio n :
1. Chariots et carrosses.
2. Diligences et malles-postes.
3. Derniers progrès.
4. Dans les Alpages.
5. Le village Kabyle.
6. Les anciennes mesures.
7. Les premiers chemins de fer en France.
8. A. Bergès et la houille blanche.
9. Les dunes de Gascogne.
1 O. La forêt.
1 I. La forêt landaise.
12. Le liège.
13. La chaux.
14. Vendanges en Languedoc.
15. La banane.
16. Histoire du papier.
17. Histoire du théâtre.
18. Les mines d'anthracite.
19. Histoire de l'urbanisme.
20. Histoire du costume populaire.
2 1 . La pierre de Tavel.
22. Histoire de l'écriture.
23. Histoire du livre.
24. Histoire du pain.
25. Les fortifications 26. Les abeilles.
27 Histo<·e de navigation.
28. Histoire de l'aviation.
29. Les débuts de l'auto.
30 le sel.
31. L'or.
32. La Hollande.
33. Le Zuyderzée.
34. Histoire de l'habitation.
35. Histoire de l'éclairnge.
36. Histoire de l'automobile.
37. Les véhicules à moteur.
38. Ce que nous voyons au microscope.
39. Hi .. toire de l'Ecole.
40. Histcire du chauffage.
41. Histc.ire des coutumes funéraires.
42. H1sto11e des Postes
43. Armoiries, emblèmes et médailles.
44. Histoire de la route.
45. Histoire des châteaux forts.
46. L'ostréiculture.
4 7. Histoire du chemin de fer.
48. Temples et églises.
49. Le temps.
50. La houille blanche.
5 1 . La tourbe.
52. jeux d'enfants.
53. Le Souf Constantinois.
54. Le bois Protat.
55. La préhistoire (1).
56. A l'aube de l'histoire.
57. Une usine métallurgique en Lor- raine.
58. Histoire des maîtres d'école.
59. La vie urbaine au moyen âge.
60. Histoire des cordonniers.
61. L'ile d'Ouessant.
62. La taupe.
63. Histoire des boulangers.
64. L'histoire des armes de jet.
65. Les coiffes de France.
66. Ogni, enfant esquimau.
67. La potasse.
68. Le commerce et l'industrie au moyen âge.
69. Grenoble.
70. Le palmier dattier.
7 1. Le parachute.
7 2. La Brie, terre à blé.
73. Les battages.
74. Gauthier de Chartres.
75. Le chocolat. 76. Roquefort.
77. Cafe.
78. Enfance bourgeoise en 1789.
79. Béloti 80. L'ardoise.
81. Les arènes romaines.
82. La vie rurale au moyen âge.
83. Histoire des armes blanches.
84. Comment volent les avions.
85. La métallurgie.
86. Un village breton en 1895.
87. La poterie.
88. Les animaux du Zoo.
89. La côte picarde et sa plaine ma- ritime.
90. La vie d'une commune au temps de la Révolution de 1789.
9 i. Bachir, enfant nomade du Sahara.
92. Histoire des bains (1).
93. Noëls de France.
94. Azack.
95. En Poitou.
96. Goémons et goémonfers.
97. En Chalosse.
98. Un estuaire breton : la Rance.
99. C'est grand, la mer.
1 OO. L'Ecole Buissonnière.
101. Les bâtisseurs 1949.
102. Exolorations souterraines.
103. Dans les grottes.
(Voir auile poge 3 de la couverture)
BARBOTEU et M . ROULLEAU De s s in s d e Y. ROULLEAU
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
UNE SINGULIÈRE CROISADE
Lyon , aux premi ers jo urs de juille t de l'an 1209, se t ro uve nt rassembl és, venus du nord , vin gt mill e c heva li e rs. L e ur trou- pe desce nd la va ll ée du Rhô ne. Tous po rte nt. cous ue s ur le ur vê te me nt, une c roix de drap ro uge. Ce n' es t pas un gue rri e r qui les commande, c'es t un prê tre. Il s 'appe lle Arnaud Amaury. Le pape l'a nommé c hef d e cette c roi sa de.
Marchen t- il s ve rs Jéru salem comme e n 109 6 les premie rs c roisés, pour se bat- tre contre les T urcs qui ne c ro ie nt pas a u Chris t ? Non.
C'es t sur les .te rres
d'un se igne ur chré- ":/
tie n - le co mte de
/~.. _,,,,,.,
~Toulouse Raimond ~ ~ ::;::
VI - que pa rtent / / ~ ~
e n gue rre ces c hré- ·~,... - OCJ!f!j~~~
ti e ns c heva lie rs. ~"~~,~~~ ~ b~~lll~
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISLE PAYS ATTAQUÉ : L'ACTIVITÉ COMMERÇANTE
cette époque, tout voyageur du nord entrant dan s le midi, ouvrait des yeux surpris sur le pays nouveau qu'il découvrait.
Il s'étonnait des grandes foules accou- ru es chaque année aux foires de Beau- caire .. Là, des marchands de Lombardie offraient des épices et des étoffes orien- tales aux merveilleux dessin s de fleurs ou d'animaux.
D'autres, venus d'Espagne, présentaient des cuirs de Cordoue ou des armes de Tolède.
Dans les ports d'Agde et de Narbonne, le voyageur s'émervei li ait devant les grandes nefs. Elles gonflaient leurs voiles et s'en allaient vers l'Italie, vers Byzance ou la Palestine.
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
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marchandises que les nefs la issa ien t a u port, le voyageu r les retrouvait, plu s tard, sur l a route. Des c har iots les transpo rtaient vers Toulouse, ville plus grande et plus peuplée que ne l' était a lors Par i s.
L es marchand s éta ient nombre ux dans cette ville. Ils y fa isa ient construire des maisons à tourell e auss i f ières que des maisons nobles.
Et le voyage ur pensait
«Comb i en le commerce est actif dans ce pays ! »
... Ma is les gue rri ers qu i suivent la va ll ée du Rhône ne voudront pas voir tout ce la !
... Déjà, il s entrent dans Va lence.
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
LE PAYS ATTAQUÉ: LA RICHESSE COMMERÇANTE
~- ... ~ - UR la route, parfois, le voyageur curieux trouvait pour compagnon quelque clerc
(ll réfléchi et savant. Alors, il l'interrogeait :
- Pourquoi, dans votre pays, le com- merce est-il si prospère?
- Notre région, répondait l'homme.
est un lieu de passage entre l'Italie et l'Espagne. Voilà longtemps déjà que les Romains étaient maîtres de ces deux pays. Pour aller facilement de l'un à l'autre , ils s'installèrent chez nous bien avant Jules César.
L'excellente route sur laquelle nous cheminons, ce sont les Romains qui la construisirent, et si solidement qu'elle nous sert encore.
Penda nt plus de 500 ans, les marc handi ses furent charriées sur ces voies romaines à destination de · l'Es- pagne, de Rome et de l'Orient.
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( 1) Cherche dans ton dictionnaire.
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LA CROISAD=: CONTRE LES ALBIGEOIS
L'assernbléc des Capitouls
« Nos bourgeois, poursuivit le clerc, ont armé ces navires que vous avez vus dans nos ports. Les richesses qui nous v iennent de si loin, nous les revendons en Guyenne où commande le roi d'Angleterre. »
- Et nous aussi, les voyageurs, enrichissons votre pays, reprit l'autre. A Saint-Jacques de Composte lle, je m'en vais en pèlerinage . Comme les nombreux pèlerins qui se rendent à ce sa int li eu, j'achètera i à mon retour, des c uirs, du drap aux marchands de Tou louse.
- Les commerçants sont si puissants en cet te vi ll e, conc lut le c lerc, que ce sont e ux qui la commandent.
l l s en sont maîtres plus que le comte Raimond, son sei- gneur.
Chaque année, ils se réuni ssent : il s choisissent vingt · quatre d'entre eux. Ces vingt-quatre portent le t itre de Cap itou ls et font la loi çians la cité pour le plus grand profit des marchands .
... Mais la terrible armée qui vient va ruiner la fortune de Toulouse.
Déjà, e lle campe dan s Montpe llier.
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISLE PAYS ATTAQUÉ :
LA CIVILISATION MÉRIDIONAL E
N traversan t les villes, les de ux compagnons admiraient les s uperbes constructions qui
les e mbellissa ient.
Certaines d'entre e ll es ava ient été dressées jad is par les Romain s : a rè nes, a rcs d e tri omphe, te mpl es des dieux païens.
Ces monuments étonnaient nos voyageurs qui n'en conna issa ien t plus l'utilité.
Mai s ils visitaient avec respect les magnifiques ég lises romanes. é le vées pendant le cours du X
11~sièc le : Saint- Gill es du Ga rd . Sa int-Sern in de Toulouse, l'abbaye d e Moissac parmi les plus célèbres, et d'a utres, nombre uses.
qui é taient plu s anc i e nnes.
L'étranger se senta it tro ublé par la sainteté d e ces li eux et par le ur étrange beauté.
L'église de Saint-Sernin, à Toulouse
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
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- Ces voût es , di sait le c l e rc t out en vi s ita nt Sa int - Se rnin, nos o uvri e rs les o nt fa ites a uss i solides q ue ce ll es des m onum ents rom a ins.
Voye z, su r c e c ha p iteau, ces deux o i- seaux affrontés .. .
Motif d'une riche étoffe orientale
Chapiteau de Saint-Sernin
l ls reproduisent le d essin d 'un e riche é tof - fe or ien ta le.
- Et sur ce t a utre c ha p it eau, c es 1 i gn es entre lacé es .. .
Ell es c opien t les c ise lures que l'on
vo it s ur l es a rmes a rabes .
Chapiteau de MoissacOrnement arabe
Nos m a îtres ouvri e rs o nt e mprun té à
tous le s peup les a vec lesque ls nous com -
m erçons les orn em en ts les plus d é l icat" s
pour en d écore r nos ég li ses.
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISLes troub:idours
... Mais les guerriers qui vont attaquer cetle t erre ne se laisseront pas toucher par la beauté de ses monuments.
l ls ne comprennent pa s, non plus, le langage des hab i- tants, la « langue d'oc » que l'on y parle encore de nos jours. l l s n'entende nt pas les poésies écrites par ses poètes : les troubadours .. bien qu'elles soient connues jus- qu'en Poitou et jusqu'au nord de I' 1 ta lie et d e l' Espagne.
C'est sans apprécier cette brillante civilisation du
midi que, déjà, il s mettent le siège devant Béziers.
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
Raimond, fouetté devant le portail de Saint-Gilles
QUE FAIT LE COMTE DE TO ULOUSE ?
Le chef du pays at taqué, le comte Raimond de To u l o use. ira -t -il avec ses gue rriers com ba ttre l'armée ennemie ?
Non. Raimond , excommunié, se rend près de l'envoyé du pa pe, le légat Arnaud Amaury, qui commande cette croisade.
Ra imond promet obé issance au pape ; pu is il do it fa ire pén iten ce : devant le portail de Saint-Gi lles, Raimond VI est frappé de verges. Alors, l'excomm unicat i on levée, le c omte doi t se joindre à la cro isade.
Ains i, parmi les étrangers, il va combattre ses vas- sa ux ! Peu t-être pensa it- il q u'a insi la gue rre ne désolera it que les terres de Raimond Roger, v icom te de Béziers, de Carcassonne et d u Ra zes? Peut-ê tre pe nsa it- il préserver Toulouse?
Lé légat du pape fut habi le de pardonner à Raimond ·
les se igneurs du midi , sé parés de leur chef, seront, l' un
après l'au tre, p lus aisément vaincus !
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
LES DERNIÈRES NÉGOCIATIONS
Le 22 juill et 1209, les croisés sont devant Béziers.
Raimond Roger, seigneur de Béziers, n'a pu éviter cette guerre. Comme le comte de Tou louse, Raimond Ro- ger est allé près du légat. Raimond Roger était bon catho- liqu e ; le légat, pourtant, a refusé de l'entendre.
Alors Roger s'enferme dan s Carcassonne, la plus forte - de ses villes.
A Béziers, les bourgeoi s ont approfond i les fossés. A l' abr i des murailles, ils se sentent presque tranquilles.
L'évêque de la ville leu r propose : « Les armées s'é loi - gneront sa ns nous faire aucun mal. Dénonçons se ul e ment au légat tous ceux qui n'obéi s 'sent plus aux prêtres, ceux qui croient aux idées que nous déclarons fausses. Livrons aux croisés les Cathares. »
Mai s les habitants, même les catholiques, répondent :
«Plutôt nGus noyer dans la mer que de trahir un seul de nos compatr iotes. »
Alors l'évêque, s uivi de quelques bourgeois, â qu itté
Béziers. De rrière eux, les portes de la ville son t so igneu-
sement refermées.
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
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LE MASSACRE DE BÉZIERS
Téméraires, les bourgeois d e Béziers sorten.t en criant de la vil le e t co urent attaquer l'armée. Les va le ts d'armée des cro isés, ceux qu'on appel le les riba uds, ripostent et a rrê tent l'offe ns ive.
Les bourgeois re fluen t e n désordre vers la ville. Par les portes res tées ouvertes, il s y rentrent e t, sur le urs ta lons, les ribauds, suivi s des c heva li ers a rmés e n hâte, co mmencent le pil lage e t la p lus épouv antab le tu erie ! Après le combat, l e légat pourra éc rire au pape en lui annonçant la victo ire :
«Sans égard pour le sexe et pour l'âge. presque vin gt mil le de ces gens furent passés au fil de l' épée ! »
Au soir, la ville brûlait.
Au milie u d'un pays épou- vanté, l'armée s'ava nça it vers Ca rcassonne ; sur son passage, les seigneurs effrayés vena ien t livrer leurs c hâteaux pour évi- ter le sor t de Béziers.
La prise de Béziers (dessin de «La chanson de la Croisade»)
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISHaut-reliefs de !'Abbaye de Saint-Sernin (Musée des Augustins, à Toulouse)
Q u'é tai e nt ces Catha res q ue les gens d e Béz ie rs refusè rent d e 1 ivre r e t pour lesque ls il s pé rirent?
T u sa is qu' il e xis te d e par le monde un grand nombre d e reli g ions. Sans doute.
conna is-tu le nom d es tro is princ ipales pra tiquées a ujourd'hui en France : la re l i- gion ca tho li q ue , la re li g i on protestante, la reli gion juive.
Le cathar isme fut auss i un e reli gion.
On appe lait Cathar es tou s ceux qui c royai e nt au Cathar isme.
Ce tte religion a au jourd 'hui di sparu.
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
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LA ooc·rRINE CATHARE
OUT catholiqu e cro it que sa reli" ion fut prêchée, voilà bi e n lon gtemps, par un ho:-nm e appe lé Jésus-Chri s t qu i, dise'1 t- ils, es t un d ie u .
L es Cathares croyaient aussi a u C hrisL Mais les paroles de Jésus n'étaient pas compri ses de rnê me ma- niere par les Cathares et par les Cathol iques.
Les Catho liques pe nse nt q ue le monde a é té créé par un seul dieu, un di e u t rès bon, « infiniment bon ».
di se nt-ils.
Les Cathares, eux, rai sonnai ent à peu près a ins i
« Tout ne va pa s très bien sur terre. Certa ins hommes sou ffrent de ma- ladi e, d'a utres d e µauvre - té. Ce rtains hommes son
i·ma lhonn ê t es, d'autres men teurs o u cr ue ls. Jésus . d ieu très bon. n'a pu créer tant d e choses mauvai ses.
Le ma l es l l'œ uvr e d'un fa ux d ie u , d'un di e u mau- va i s. »
Les Cathares croyaient a uss i que le dieu du mal se rait un jour vaincu pa r le dieu du bien q uand tous les hommes se se- rai ent 1 ibérés du ma l, se- raient d evenu s purs. Ca- thare vie nt d'un mot grec q ui signifi e pur.
Christ en majesté (Saint-Sernin)
LA CROISAD~ CONTRE LES ALBIGEOIS
LA MORALE CATHARE
ES Cathares disaient :
«Notre intelli gence , notre esprit· sa it re- connaître ce qui est juste : l'espr it est l'œu- vre du dieu bon.
« Notre corps, au cont ra ire, la richesse, les beaux vêtements nous empêchent de pen- ser à bien faire. Ces choses maté rielles ont été faites par le dieu du mal. »
Aussi les Cathares privaient- ils leur corps de tout plaisir : ils ne mangeaient jamais de viande et souvent, d'un jour en ti er, n e prenaient pas de nourriture.
Il s s'h abillaient d'une triste robe noire. Il s ne pos- sédaient pas de ri chesses. Il s ne vivaient pas en famille.
Pour servir le dieu du bien , ils exerça ient des métiers util es : parmi les paysans, ils é tai ent paysans ou parfois ti sserand s. Certains, devenus médec ins, pouvaient secou- rir les malades ; d'autres instruisai ent la je unesse.
Par leur bonne conduite. ils pensaient aider le dieu du bien dans sa ·lutt e contre le mal. 1 l s pensaient auss i, après leur mort, s'en a ller a uprès
du dieu bon.
Quant à ceux qui ne se condu i- sa ie nt pas comme eux, les Ca tha- res croyaient · qu'après la mort ils éta ient condamnés à revenir sur te rre dans un autre corps.
l ls pouvaient a ins i revivre deux fois, tro is fo is, ou davantage, ju s- qu'à ce que, complètement dé ta- chés du mal, il s pui ssent à le ur tour prendre· place a uprès du di e u du bien.
Un Cathare parmi les paysans:
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
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L'EGLISE CATHARE
N grand nombre de gens croyaient que le Catharisme était la vraie rel ig i on du Christ. On les appelait l es «croyants».
Un petit nombre seulement de Catha- res était assez courageux pour se pr i ver , leur vie durant, de tous plai sirs. Ces que lques -uns étaient appelés les « purs chrétiens » ou parfois encore les « bonshommes ».
Les « bonshommes » enseignaient leur rel igion et se dévouaient à leurs semb lab les.
Les «croyants» recevaient les conseils des «bons- hommes » et écouta ient leurs prédications.
Les « bonshommes» éta ient donc, parm i les Cathares, des sortes de prê tres. Il existait aussi des évêques Catha- res : un à Toulouse, un à Albi, un à Carcassonne, un à Agen.
LES V AUDO IS
la même époque existait une autre religion , celle des Vaudo is, qui ressemblait beau - coup au Cathar isme.
Cependant, les Vaudois ne croyaient pas aux vies successives. l ls admet- taient, comme les Catholiques, l'exis- . tence d'un c ie l et d'un enfer mais refusa ient de croire au purgatoire. 1 l s ne célébraient pas la messe et ne faisaient pas de prière pour les morts.
Souvent, sous le nom d'Albigeois, on a confondu
Vaudois et Cathares. Pourta~t. il s'agit de deux cu ltes
différents. Les Vaudois se sont détachés d u Catholi c isme,
ils ont eu des croyances qui, sur que lques points, resse m-
blaient au Catharisme. Plus tard, il s se son t rapprochés
des protestants.
IG
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISLA « CONSO LAT ION » CATHARE
Tout «croyant», s' il le voulait, pouvait devenir «pur c hrét ie n ». Alors avait li e u, pour lui, la cé rémon ie de la
«con sola tion ». Un « bonhomme » récitai t le « Pate r » t out e.-i imposant les mains sur le front du nouvel ade pte.
Ce d 2rn ier receva it enfin la «vêture» (un vêtement noi r ava n t la cro isad e, un simp le cordon pendant la persécu- tion) .
Le «croyan t », d evenu « pur chrétien », devait suivre la vi e sévère d es «bonshomm es».
Bien des «croyan t s » ne demandai ent la consolat i on q ue près de mourir.
Danc; ce ca s . le malade - s'il guéri ssait - n 'était pas ob ligé d ::! v i vr e e n « pur c hré tien » .
11pouvait recevoir à nouvea u la «consolation ».
La consolation
On a dit parfoi s que le ma lade « consolé » se lais- sait mourir de faim. Ce la est faux, sans doute. Pen - dant la persécution, certai ns
« bo nshommes », e mpri son- né s, se s uicidè re n t en se privant de no urriture . l ls év itè rent a in si les tortures et la mort sur le bûcher.
Cette pratique, que l' on ap-
pelle a ujourd'hui la «grève
de la faim», fut 1 a remen t
suivi e.
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
FORCE DU MOUVEMENT CATHARE
Un conci le, assemblée d e prêtr es, d e moines. d'évê- ques ca tholi- ques se réunit à Reim s, e n
1148.
Ce concile décide : « Le Catharisme est une cro- yance fausse
(une hé rés ie, di sent les reli - g ieux). Tro p de gens du mi- di y croien t : ce sont de:;
h érétiques. 11 faut qu'il s abandonnent cette e rreur.»
Un concile
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Souve nt, lorsq u'un conc ile déclarait fausse une idée reli gie use, cette idée n'était plus enseignée par personne : e l le di sparaissa it.
11 en fut a utrement avec le Cathar isme. Deux ans a près le co nc ile d e R e im s, il y a des Cath a res e n Ita lie . troi s ans après, en Ang le te rre et en E spagne .
Trois autres conc iles condamnent e ncore le Catharis- m e. Ma is , dan s le midi, les seigne urs cat ho li ques e ux- mêmes la isse nt les « bonshommes» prêcher libre ment.
Le comte Raimond de Toulouse est de ceux-là.
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISFORCE DU MOUVEMENT CATHARE
E pape a envoyé dans le midi des ambas- sadeurs pour prêcher contre l es Ca- thares, contre les Albi geois. comm e o n les appelait·.
Ces e nvoyés viven t comme de g rands se igne urs, sont richement ha- billés , s uivis de nombre ux domestiques: Auss i les Catha- res le ur reproc hen t- il s leur luxe. Ces e nvoyés ne ramè nent personne au catholicisme.
Alors un moin e espagnol, Dominique, a l'idée, pour combattre les Cathares, d'al I e r prêc he r, a uss i pa uvrement vêtu qu'eux et viva nt de mendic ité.
A Béz iers, à Carcassonne , dan s les loca lités voi s ines , Dominique et quelques compagnons
qui le s uive nt, o rgani sent des ré unions publiques. Des Cathares viennent y défendre le urs croyances. A ceux qu'il convert issa it , Dominique imposa it des punitions très dures. Mai s l es co nve rti s é tai en t peu nombreux.
« 11 faut que je le d ise, ces ge ns-là ne font pas plus d e cas des se rmon s que d'une pomme gâ tée », écr it un troubadour.
L'église, le pape devront trouver d'autres moyens de combat tre le Catha -
rr sme.
Le moine DominiqueLA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
CAUSES DU SUCCÈS DU CATHARISME RICHESSE DE. L'ÉGLISE
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ANS le midi, tout un peuple était devenu Cathare. Pourquoi ?
En cette région, l'église était très riche. Il n'y avait alors qu'une manière d e l'ê tr e : posséder d e la te rre. Or, les moin 2s bénédictins, par exemple , déte- naient d es propriétés dont cha cun e fait aujourd'hui le territoire d e p·usi 2urs commun es, comme l'a bbaye de Grand -Selve (Tarn -et-Garonne), la Caze-Dieu, Nizors, Gimont (Gers), Lagrasse (Aude). ·
Si g rands étaient ces domaines que terres incultes et bois y occupaient d e vastes étendues.
Ces propriétés, les seigneurs en avaient fait don aux religieux, morceau par morceau, en deux cents ans.
Au début, lorsque le prieur ou l'abbé , chef d'un couvent, mourait, son successe ur était nommé par le sei gneur qui avait donné le sol. Mais, bien vite. le pape voulut désigner les pri eurs et les abbés. Les seigneurs perdirent toute autorité sur les abbayes.
L'abbaye de la Grâce (Photo Roudière)
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISCAUSES DU SUCCÈS DU CATHARISME LUXE DU CLERGÉ CATHOLIQUE
Si riches étaient les moines qu'ils oubli aient les conse ils de l' égli se : mépri s du luxe et des biens maté-
riels.
« Les abbés de Cluny (département actuel de Saône- et-Loire) ne se déplacent en voyage qu 'avec une escorte de soixante chevaux. l ls font porter da ns le urs baga ges du linge de table, des coupes, des aiguières, des candé- labres, le grand coffre rempli de tous les ornements de le ur lit», écr it d 'eux Saint-Bernard.
«Les dignitaires se traitent bien : à eux l'argent, la viande, les gros poissons», dit un autre .
Le pape Innocent 111 lui-même, le pape de la croi- sade, reprochait violemment au clergé catholique du midi -de trop aimer le luxe et l'argent.
«Ces aveugles, écrivait-il , ces chiens muets qui ne savent plus aboyer, ces s imoniaques (Il qui vendent la
justice, absolvant le riche et condamnant le pauvre, n'ob- servent même pas les lois de l' église ; ils cumul ent les bénéfices !Il et confient les sacerdoces !Il et les dignités ecclés iast iques
(IJà des prê tres indignes , à des e nfants illettrés : de là l'insolence des hérétiques, de là le mépri s.
des seigneurs et des peuples pour Dieu et son église.
Les prélats!
1l sont dans cette région la fable des laïques!
1l.
( l) Cherche sur le dictionnaire eu fais-to' ~xpliquer par ton maitre.
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
CAUSES DU SUCCÈS DU CATHARISME : SITUATION DES DIVERSES CLASSES SOCIALES
LES SE I GNEURS
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IEN des seigneurs du m id i n'avaient que peu de te rres. Alors, il s pensa ient :
« Dans le nord, les nobles ont pris l'h ab itude de ne jamais partager leurs biens. Lorsqu'un seigne ur vi ent à mou- rir, son fils aîné hérite de toutes les propriétés.
Dans notre midi, au contraire, nos biens appartien- nent égaJement à tous nos enfants.
Au~sis uis- je mo_ ins à l'aise que mon père, et c hacun de mes cinq fils se ra moins riche que moi. Déjà, le châtea u voisi n appa rtient à tre nte-s ix chevaliers et te l autre à c inquante ! Certains seigneurs sont ob ligés de l oue r le urs terres au x mar- chands de Toulouse, parfois même de les le ur vendre
(ll.Et pendant que les barons s'appa uvri s- sent, les moines, mes voisins, mènent be lle vie.»
( 1) Les grands bourgeois, enrichis par le commerce, ache- taient, pour placer leur fortune, des terres et des fiefs qu'ils louaient ensuite. Quand ils ne pouvaient acheter la terre, ils achetaient le «bénéfice», c'est-à-dire qu'ils payaient un loyer à un seigneur et donnaient la propriété à bail à des paysans.
Ils s'assuraient ainsi des revenus solides qu'ils pouvaient vendre comme les titres de rente actuels. C'est une forme primitive du
t< c:apitalisme ».
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LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOISLES PAYSANS
E paysan , lui, p ensa it :
« On me dit moins malh eure ux que les laboure urs de Fl andre ou de Lorraine parce qu 'on me croit plus libre. Là-bas, beaucoup de paysa ns sont serfs. Il n'y a presqye plus de serfs dans le midi. Mais s i le serf ne pe ut quitte r la te rre d e son se igneur , la terre de son seigne ur, en revanche , ne pe ut lui manqu e r.
S'il n'est pa s libre, du moins est-il sûr d'avoir toujours son c ha mp à c ultive r e t un e pa rti e de la récolte à pre ndre.
Ic i, nous sommes trop nombreux s ur d es proprié tés trop é troites, ta ndis qu e d es sol s appa rte nant au couve nt vo isin sont la issés san s la bour ni semence. »
Et le paysan , comme le chevalier, n'écou - ta it plus les se rmon s d es mo ines. 11 pré fé - ra it protéger les Ca tha res et c roire ce qu ' il s ensei gn a ie nt
Un paysan
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
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LES MARCHANDS
E riche comme rçant, à son tour, pensa it :
« Je gagne d e l'or en ve ndant du cuir, du dr ap ou d es a rmes. Mai s ava nt d e pouvoir vendre , il me faut ac he te r tout cela . Je va is, une foi s l'an , m'a pprovis ionne r e n ma rc handises a ux foir es d e B eauca ire .
Po ur mes a chats, j'ai besoin d e très g rosses sommes d 'a rgent . Je suis obli gé d e les emprunte r à ceux qui fon t métier d'e n prê te r, c'es t-à-dire aux b anquie rs juifs ou lombards. Ces sommes, je les re nds plus ta rd, bien e nte n- du a ugmentées d ' un inté rê t.
Or, prêtr es e t moin es catholiqu es disen t que di eu dé fe nd de prê te r de l' a rgent avec inté rê t . Ce tr af ic de l'a rgent qu'il s interdi sent es t indi spe nsable à mo n corn- me rce. Le ur o bé ir sera it voulo ir de meure r
pa uvre. Eux qui possède n t d'imm enses t e rres voudra ient m' empêche r de gagne r de l'o r !
Les « bonshomm es» Catha res vive nt plu s sa inte ment qu e les prê tres Ca th oli - q ues e t il s ne m 'ob ligen t pas à me ruine r pour le ur o bé ir. » •
Et beaucoup de ri ches comme rçant s a ida ient les Ca thares ou même deven a ie nt
«croyan ts».
Un marchand
LA CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS
LE PAPE DÉCIDE D'EMPLOYER LA FORCE Le pape Innocent 111 était décidé à détruire le Catha- risme.
Puisque les sermons ne convertissaient personne, res- tait à employer la force .
Le pape envoya près de Raimond VI deux religieux , Pierre de Castelnau et Arnaud Amaury. Ils demandèrent au comte de faire emprisonner et juger les Cathares.
Raimond promit mais n'obéit pas. Pouvait- il emprisonner tant de gens ?
Alors, au début de janvier 1208, Pierre de Castelnau excommunie Raimond, puis se prépare à quitter les terre s de Toulouse. Près d'Avignon, un chevalier, vassa l de Raimond VI, se jette sur l'envoyé du pape et le tue . Dès qu'il apprit ce meurtre, le pape accusa Raimond d'avoir commandé l'assassinat. Contre lui, contre les Albigeoi s, il fit prêcher la croisade.
Le comté de Toulouse fut «exposé en proie». Tout seigneur qui, dans le combat, aura conquis une se igneu- rie, pourra la garder en toute propriété.
Alors, de France, d'Allemagne, des chevaliers se sont mis en route ; les uns, pour obéir aveuglément au pape, pour leur religion ; les autres, par intérêt, pour conquérir des terres.
Les combats, comme ncés à Béziers, brûleront le midi
pendant dix-huit ans et leurs dernières étincelles ne
s'éteindront qu'après un demi -siècle.
Dans la même coll ection:
(Suite)
104. Les arbres et les arbustes de chez nous.
105. Sur les routes du ciel.
1 06. En plein vol.
1 07. La ·vie du métro.
108. La bonneterie.
109. Le gruyère.
1 1 O. La tréfilerie.
1 1 1 . La ci té lacustre.
1 1 2. Le maïs. 113. Le kaolin.
114. Le lissage à Armentières.
1 15. Construction du métro.
116. Dolmens et menhirs.
117. Les auberges de la jeunesse.
1 18. La mirabelle.
119. Dar Chaâbane, village tunisien.
120. Alpha, le petit noir de Guinée.
121. Un torrent alpestre : l'Arve.
122. Histoire des mineurs.
123. Le Cambré-;is.
124. La gare.
125. Le petit pois de conserve.
1 26 Le cidre.
127 Annie la Parisienne.
1 :n~ Sam, esclave noir.
129 - 130 - 131. Bel oiseau, qui es-tu?
132. Je serai marinier.
1 33 Le chanvre.
134. Mont Blanc, 4.807 mètres.
135. Serpents.
1 36. Le Cantal.
J j7. Yantot, enfant des Landes.
138. Le riz.
139. A la conquête du sol.
140. L'Alsace.
141. La ferme bressane.
142. Vive Carnaval 1 143. Colas de Kinsmuss.
144. Guétatcheou, le petit éthiopien.
145. L'aluminium.
146 - 14 7. Notre corps.
148. L'olivier.
149. La Tour Eiffel.
1 50. Dans la mine.
1 51. Les phares.
1 52. Les animaux et le froid.
153. Les volcans.
154. Le blaireau.
155. Le port du Havre.
156. La Croisade contre les Albigeois.
1 57. En Champagne.
La brochure :
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40 fr.La collection Cl)mplète : remise
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%Le gérant: C. FREINET
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27, rue Jeiln-Jaur~s. 27 CANNES (Alp.-Marit.)