FACULTÉ
DEMÉDECINE
ET DE PHARMACIEDE BORDEAUX
ANNÉE 1897H898 N» 88
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE
Présentée et soutenue publiquement le 11
Mai 1898
PAR
Né à Ribérac (Dordogne), le 26 Février 1872 PRÉPARATEUR DE PHYSIQUE
MÉDICALE
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
EXAMINATEURS DE LA
THÈSE;
MM.
BERGONIÉ,
professeur,président VERGELY, professeur, PRINCETEAU, agrégé.SIGALAS, agrégé,
lie Candidat répondra aux questions qui luiseront faitessurles diverses parties
de l'Enseignement médical.
BORDEAUX
IMPRIMERIE ET
LITHOGRAPHIE GAGNEBIN
72, Rue du Pas-Saint-Georges, 72 1898
FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX
M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES Doyen honoraire PROFESSEURS :
MM. MICÉ: ,
DUPUY... )
Professeurs honoraires.
moussoùs'.
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Pathologieetthérapeu¬
tique générale Thérapeutique
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DENIJCÉ.
RIVIÈRE.
DENIGÈS.
Le Secrétaire de la Faculté: LEMAIRE.
Pardélibération du 5août 1819,laFaculté a arrêté queles opinions émises dans les Thèses qui lui sontprésentées doivent être considéréescomme propres à leurs auteurs etqu'elle n'en¬
tend leur donner niapprobation ni improbation.
'
A tous ceux qui ont droit à ma
reconnaissance je dédie
cemodeste travail. Je serais heureux
de
penserqu'ils ont, s'ils
daignent accepter cet
hommage, compris tout l'attachement
que j'ai pour eux.
L. ROUMAILLAC.
INTRODUCTION
Pendant mes études
médicales et
mesfonctions de préparateur de physique, j'ai pu m'adonner, tout d'abord
et cela d'une
façon spéciale à l'Electrothérapie, puis à la Radiographie dès
queRôntgen eut fait connaître sa décou¬
verte
(Décembre 1895)
:c'est dire que ces cinq dernières
années, à la Clinique Electrothérapique de mon maître le
professeur Bergonié j'ai fait de nombreux examens mus¬
culaires, traité
untrès grand nombre de malades et four¬
ni aux
chirurgiens toutes les radiographies qu'ils cro¬
yaient utiles avant leur intervention. Cette longue expéri¬
mentation m'a fourni
l'occasion de constater
unequantité
de
petits faits et de détails techniques utiles au praticien.
J'en ai
déjà mentionné plusieurs dans les Archives d'Elec¬
tricitéMédicale
(1), deux autres feront aujourd'hui l'objet
de ma Thèse. Ils sont
l'un relatif à l'Électrothérapie,
l'autre à la
Radiographie. D'où la division naturelle de
mon travail endeux
chapitres.
Dans le
premier, je donnerai quelques indications
générales relatives à l'examen et au traitement électriques
et essaierai ensuite
de montrer combien peut être utile
unexamen musculaire
dans le
casoù interviennent
pourle
(il Unenouvelleélectrodeauriculaire.Archivesd'électricité médicale
février
I894.Excitateurélectrostatique donnant des étincelles de longueurconnue. Archivesd'Electricité
médicale août 1894. maiI895.
De l'électrodiagnosticetdesonutilité. Quelquesremarquespratiquessurl'examen
électrique
Archivesd'électricitémédicale, mai 1867.
malade des
questions médico-légales. Dans le deuxième j'indiquerai très sommairement les rapports déterminés
par
la Radiographie des lignes cutanées palmaires
avec lesmétacarpiens
envoie d'ossification, puis
avecles méta¬
carpiens de l'adulte, enfin je montrerai comment
onpeut
utiliser ces
lignes
commerepères
pourpréciser le siège
d'un corps
étranger. J'ajouterai quelques mots
surles
ser¬vices que
peut rendre
uneradiographie dans les
cas d'examens musculaires un peudélicats.
CHAPITRE I.
ÈLECTROTHÉRAPIE
La
plupart des publications concernant l'Electro-
thérapie sont précédées en général d'un préambule de
Physique Médicale et d'Elcctrophysiologie. Je crois inutile
de
répéter ici
ceque l'on a parfaitement décrit ailleurs :
en
effet, d'excellents livres existent où l'on indique au
médecin
électricien les notions sur l'outillage nécessité
par sa
spécialité, les réactions musculaires, etc. Laissant
donc de
côté
cesquestions si bien traitées, je tiens seule¬
ment à
compléter quelques idées que j'ai développées dans
un article paru
dans les Archives d'Electricité Médicale
intitulé : De
VElectro-diagnostic et de son utilité. Quelques
remarques
pratiques sur l'Examen Electrique.(Archives
d'Elect.
Médicale fêv. 1897).
A propos
d'une question fort bien étudiée, car elle a
suscité
beaucoup de travaux de la part de spécialistes en
renom,
j'ai nommé les Points Moteurs, je disais qu'ils ne
me
paraissaient pas très utiles et j'avançais qu'il valait
mieux savoir son
anatomie, s'aider de la topographie des
régions et des indications si précieuses employées en
médecine
opératoire
qued'apprendre à reporter sur le
vivant des
points indiqués sur un tableau. J'insistais alors
sur la nécessité
de bien connaître les mouvements
déterminés par
les muscles lors de leur contraction et de
préciser leurs
insertions et lesgaines tendineuses
surlesquelles
on doit mettre ledoigt
poursentir la
tension ou leglissement
du tendon. Je donnais à laquestion
un peuplus de développements qu'il
neconvient ici, j'appliquais
des notions
générales à
des casparticuliers
etchoisissais
la main pour
la démonstration.
A cetteépoque je n'ai
pu accompagner cette note desquelques réflexions
suivantes: Si cespoints
ne sont pasutiles à
mon avis et sije
trouve
qu'il
estpréférable de
faireappel à
ses connais¬sances et au raisonnement que
de consulter
des tableauxqui n'ont
pasété faits
pourle sujet
quel'on
examine(1)
et
qui seraient
différents pourchaque individu, je dois
reconnaître que
la
mémoirepeut faire défaut
et quepressé,
onpuisse oublier
surtout l'innervationdes muscles.Il faut donc avoir un moyen
très rapide de suppléer à
cet oubli momentané. J'ai trouvé très commode ce schéma du Plexus Brachial queje reproduis ici. Il indique d'où
naissent les
nerfs, quels
sontles
filetsqu'ils échangent,
les muscles
qu'ils innervent
etgrossièrement
àquel niveau
ils se
bifurquent, deviennent
sensitifs ou musculaires etc.Avec un schéma
identique
auPlexus
Sacré et du NerfSciatique,
queje publierai incessamment,
on a,je crois,
toutce
qu'il faut
pourbien
mener un examen desmembressupérieur
etinférieur.
Ces schémas vrais pourtous les
individus
peuvent être reproduits
parla photographie
et avec deux
petites planches placées près du poste
d'examenélectrique,
onremplace
un grosvolume
d'Anatomieplus difficile à
consulter etplus encombrant.
Ces
quelques
motsétant
dits sur lespoints
moteursje voudrais
maintenant montrer comment un traitementélectrique pourrait être
conduit et savoir de deuxtraite- (I) Je suissur cepoint d'accordavecle DrSchatzky qui, dans unarticle intitulé, Apropos despointsd'élection, parudansles Archives d'électricité médicale 4 décembre1896 aexpliquéen détails,pourquoi les pointsmoteurs étaient défectueuxetaproposé pourremédierauxdéfauts qn'il signalait, des planches rappelant aumédecin les rapportsanatomiques des muscleset des nerfsentreeuxetavecla peau.— 11 —
ments
quel est le meilleur et cela d'une façon méthodique
et sûre.
Le traitement d'un malade étant
fixé, toujours, cela s'entend,
ens'inspirant des réactions musculaires il faut,
% au
moment de l'examen et ensuite tous les huit jours et
dans les mêmes
conditions, inscrire les
secoussesdes
muscles malades. Un
graphique des muscles sains homologues, si la lésion est uni latérale, pourra n'être pris qu'une fois. Le traitement terminé, le médecin aura
donc sous les yeux
la marche suivie
parla contraction pendant la guérison, il
pourraalors noter les longueurs
des différentes ordonnées
maxima, les étudier
enfonction
du
temps. Il lui
seraainsi facile de
serendre compte de
cet étalement de la courbe dans
les
casde réaction de dégénérescence, de cette augmentation du temps perdu qui indique
unelésion profonde des disques, de cette
paresse,
de cette lenteur de la secousse (secousse ver- miculaire), signe vraiment sérieux de la réaction de dégénérescence et enfin
pourraremplacer par des valeurs
les mots : secousses
forte,
moyenne,faible; diminution, augmentation de l'excitabilité qui
neparlent qu'au médecin
électricien suffisamment
expérimenté.
Etant donnés deux malades
présentant des réactions
musculaires presques
identiques (le fait n'est pas rare
: deuxparalysies faciales légères) toutes choses étant égales d'ailleurs,
onpeut instituer pour chacun d'eux un
traitement
électrique différent, enregistrer les étapes
successives par
où
passela contraction et, de la durée du
traitement et de l'allure
générale de la courbe,
onpourrase faire une
opinion
«surla valeur respective de
cesdeux
traitements.
Je ne peux pas
ici fournir les graphiques, les résultats obtenus, ni donner d'indications
surla réalisation d'un appareil enregistreur simple presque réalisé et destiné
à
remplacer le cylindre de Marey
un peuvolumineux dans
une
clinique et qui exige l'emploi d'un signal et d'un
4
— 17 —
diapason chronographe, mais je tenais à faire connaître
cette
façon de procéder.
Il est enfin un troisième
point qui m'a particulièrement
intéressé et que
je voudrais
surtoutdévelopper
:c'est
celui de savoir si un examen
électrique. est vraiment
utile.J'ai, dans l'article
citéplus haut, donné quelques exemples destinés à
montrerqu'il est
souventnécessaire
d'examiner les muscles pourporter
undiagnostic
ou donner auchirurgien des indications utiles, soit
pour discuter sonintervention, soit même
pourl'aider. Ici, j'envisagerai la même question, mais d'une façon toute spéciale. Je tiendrais
àmontrer, et les observations
seront là pourconfirmer
ce quej'avance,
quedans des
cas douteux etlorsque
pourle malade interviennent des questions où les
tribunauxpeuvent être appelés à jouer
un
rôle,
souvent un examenélectrique doit être fait
par le médecinpourapporter des renseignements plus précis.
Ainsi, la plupart des ouvriers, et
ceuxdont je rapporterai
les observations étaient dans ce cas,
sont assurés
par leurspatrons
contreles
accidents.Si, pendant leur travail, ils
contractent une maladie ou sont victimes d'un traumatismequelconque, qui les empêchent momentané¬
ment de continuer leur
besogne, la Compagnie leur donne
demi-solde etpaie les frais de maladie.
A troismois,
cette solde subit une diminution et
après six mois, le
malade n'est
plus payé. L'assuré
estexaminé chaque
semaine par
le médecin
:si
ce dernier reconnaîtqu'il peut reprendre
sontravail, la Compagnie lui supprime la
solde. Or il
arrive, surtout dans les
casd'impotence
fonctionnelle à la suite de fractures ou de
luxations,
que,ou bien le maladecherche à
prolonger
sonrepos, oubien
le médecin n'admet pas
la guérison complète. Je précise.
Deux ouvriers dans un mêmechantier ont eutous les deux
une luxation de
l'épaule suivie d'une dégénérescence du
deltoïde. L'und'eux, malingre
etchétif, quoique guéri
au bout de sixmois, cherche à bénéficier de l'impression de
- 13 —
faiblesse
qu'il donne et prétend qu'il ne peut élever le
bras ;
le médecin qui n'a pas recours à un examen élec¬
trique, croit, la raideur articulaire provoquée par un
repos
absolu aidant,
quece malade n'est pas entièrement
guéri et lui fait donner un emploi qui ne le fatigue pas trop et lui permette de vivre en attendant1 son complet
rétablissement.
L'autre, fortement musclé, un peu gras,
dont
l'atrophie
nefrappe
pasl'œil mais dont la lésion est
profonde,
nepeut reprendre son travail; s'il ne peut
mouvoir le
bras,
on enconclut à la mauvaise volonté de
sa
part
:les six mois s'écoulent et cet homme est privé
de tout secours.
Dans ces deux cas, un examen
électrique aurait été
sinon
indispensable, du moins d'une très grande utilité. La
nécessité de cetexamen
s'accuse davantage, dès que des
procès vont s'engager entre le malade et la Compagnie.
Et si l'on y
avait plus souvent recours, leurs intérêts res¬
pectifs seraient mieux sauvegardés ; de plus, la superche¬
rie reconnue et,
la subvention supprimée, les véritables
malades
pourraient en bénéficier.
Dans les
observations suivantes destinées à mettre plus
en reliefce que
signale, et accompagnées de quelques
commentaires
je
nementionnerai dans l'histoire du
malade que ce
qui a trait à sa musculature, à l'examen
électrique et à ses rapports avec la Compagnie dont il
dépend.
OBSERVATION I.
Prise àla Clinique
Electrothérapique du professeur Bergonié
A. H. 33 ans, sellier
(Ateliers de la Compagnie du Midi) adressé
parle docteur
de la Compagnie le 22 mars 1893 avec le diagnostic
de névrite traumatiquedu
deltoïde.
•Jamais aucune maladie
obligeant le malade à garder le repos.
Il ya23ans
qu'il est à la Compagnie, où il est entré à 10 ans, sans
avoir faitunjourde
chômage.
— 14 —
Le 10 Janvier le malade travaillaitdans unwagon enrépara¬
tion; voulant en
descendre,
il tomba de tout son poids surl'épaule droite, son pied ayant glissé surlepetit marchepied. Le malade s'est relevénepouvant plus remuer son braset est rentré chez lui.Le médecin de la
Compagnie
du Midi l'avu lelendemainet apres¬critdes frictions ; mais,la maladies'aggravant cartoutmouvement dubras étaitdevenu
impossible,
il estadmis àl'hôpitalSaint-André dans le service du docteur Baudrimont (18Janvier). On procède à l'immobilisation du membre quel'on laisse ainsi pendant 28jours.Au bout de ce temps, on constate que le malade commence à pou¬
voir remuer sonbras et l'on prescrit le traitement
électrique.
A la clinique, on constate qu'il n'y a pas de différence bien sen¬
sible dans la forme, levolume et l'attitude des deux épaules. Le brasl'avant-bras des deux côtés sont absolument
identiques.
A l'e¬xamen électrique on trouve une excitabilité
faradique
conservée pour tous les musclesde l'épaule, du bras et de l'avant-bras. Cette excitabilitéesttrèslégèrement diminuéepour lemuscle deltoïde seul.Pas de K D. Sa situation vis-à-vis de la
Compagnie
estla suivante:il est à la demi-solde sans être astreint à aucun service et il ditne
pouvoir pas encorereprendresontravail.
Les réactions
électriques permettent de
penser quesi
son muscle ne
peut
encorefaire
un service trèsactif, cependant le travail pourrait être repris
enpartie
au moins tout de suiteetcomplètement dans
untemps très
court. Un traitement par
les
courantsfaradiques fut ins¬
titué et les
prévisions
seréalisèrent.
Le maladequi,
au début semblait nepasvouloir
reconnaîtrel'amélioration,
abandonna bientôt cette
façon d'agir,
serendant
biencompte
quel'on était,
endroit
de lui affirmerqu'il pouvait
travailler. Or ce
qui fait la supériorité de
l'examen élec¬trique
surla simple inspection, c'est
quele malade qui
ne
peut
pasdiscuter
surles
secoussesmusculaires, est tout surpris
quel'on découvre qu'il simule
uneimpotence
etestobligé d'avouer, tandis qu'au contraire, il sait fort
bienqu'avec de l'entêtement, du mauvais
vouloir et le mcnson-- 15 —
ge
aidé du reste des conseils des autres ouvriers, il
pourra faire naitre un doute dansl'esprit du médecin et l'empê¬
cher de se prononcer
d'une façon catégorique.
OBSERVATION II.
Prise à la Clinique Electrothérapique duprof1'
Bergonié.
M. V. 37 ans, couvreur, adressé par le Prof1' Pitres le
17 mai
1893avec le diagnostic: troubles sensitifs et moteurs des membres supérieurgaucheetinférieurdroit consécutifsàun
traumatisme.
En 1881, le malade tomba d'une hauteur de 5 mètres et se
frac¬
turatrois côtes. 11 futsoignéau service du Prof1' Lanelongue et au bout de deux mois reprit son travail.
Le 14 février 1893 il réparait une couverturelorsque l'entable¬
ment sebrisa sous ses pieds. Il tomba dans le vide d'une hauteur
de 10 mètres et vînt s'aplatir à 3 métrés du solsur unpetittoit qu'il
brisa.
Son camarade vint lerelever, le descendit et le conduisit chez
lui où plusieurs médecins l'ont vu successivement; le
malade
se plaignaitsurtout de la jambe droiteet du bras gauche.Le soirmême del'accident, le médecin de la
compagnie vient le
voir, ordonne des sangsues àplacer
surla jambe droite, des fric¬
tions à l'arnica pourles blessures de la figure, des cataplasmes
laudanisés au bras gauche. Le lendemain il
prescrit des bains d'eau
douce. Il est ànoter que le malade n'apas perdu connaissance lors
de l'accident et qu'il n'a pas eu de fièvre durant sa
maladie.
Lemédecin de la Compagnie ne
revint
que dixjours
après ;mais
dansl'intervalle, M.V.estvu par un
docteur envoyé
parla Chambre
Syndicale desouvriers
couvreurs pourfaire
un rapport.Le traite¬
mentprescritestcontinué,en y
ajoutant des frictions
àla belladone.
Vingt.tours après, le D1'
de la Compagnie ordonne
unemplâtre bel¬
ladone, et le laisse douzejours. Le malade souvent au lit se levait
difficilement et ne se sentant pas de mieux, se fit conduire à l'hôpi¬
tal. Là, il fut examiné et on
prescrivit des frictions
àla
pommade camphrée, des bainssulfureux
etle
reposabsolu. Le D1'
dele Com-
— 16 —
pagnie continue pendant unmois à surveillersonmalade, maissans
prescrire detraitement. Le 28 Avril, M. V. commence à sortir avec desbéquilles et vient voir le professeur Démons qui lui ordonne des bains sulfureux,de la pommade camphréeetlui recommande de revenir dans douze jours. A cette époque, le professeur Démons
l'examine devantle médecin de la Compagnie et décide de l'en¬
voyer au prof1' Pitres qui l'adresse àla
clinique
électrothérapiqueavecle diagnostic donné plushaut.
L'examen électrique donne les résultats suivants : tous les
muscles répondent normalement à l'excitation faradique, l'ex¬
tenseur commun des doigts seul présente une excitabilitéun peu diminuéeauxcourantsgalvaniques,réactions normales qualitatives
et quantitatives. Un traitement statique est ordonné.
Ces réactions et les troubles de la sensibilité que
l'on
constatechez ce malade amènent àpenser
qu'il s'agit bien
d'un cas
d'hystéro-traumatisme à moins
quela simulation
ne
puisse entrer
enligne de compte. Si
nousexaminons
les circonstances
qui peuvent donner
un corpsà cette
dernière manière de
voir,
noustrouvons
quele malade appartenant à
unatelier assuré contre les accidents reçoit régulièrement de
sonpatron toutes les semaines
unesomme de 15 francs à titre de secours et cela
depuis le
début de sa
maladie,
sansqu'il
yait de terme bien fixé.
Après,
untraitement statique, le malade
vabeaucoup mieux, mais
neveut
pasreprendre
sontravail, bien
que les médecins soient de cet avis;il prétend qu'il est loin
d'être
guéri. Le Dr de la Compagnie,
poursavoir s'il
y a lieu de délivrer uncertificat, l'adresse
auprofesseur Pitres qui avant de
se prononcer,l'envoie
encoreà la clinique (2 Juin)
endemandant
unsecond
examendont les
résultats sont
identiques
aupremier. Le malade comprit qu'il n'y avait
paslieu d'insister et reprit bientôt
son travail.Cette observation montre nettement que
les médecins
consultés ont reconnu la nécessité de s'entourer des ren-
renseignements
quepeut fournir
untraitement électrique.
OBSERVATION III.
Prise à la Clinique
Electrothêrapique
du Prof1- Bergonié.L. C. 35 ans, représentant en vins, adressé par le D1- de la Compagnie, le 5 Juillet 1893 sans diagnostic mais avec prière de voir si l'ankylose du poignet et de la main du malade n'est pas
problématique.
Pas de névropathes danssafamille.
En Septembre
1891,
L. C. fitune chûte de voiture; il s'en suivituneentorse du poignet
gauche,
entorse du reste légère, lui per¬mettantde faire exécuter àson poignet desmouvements seulement
unpeulimités. Cette entorsefutsoignéeparlemassage,des frictions
à l'eau-de-vie camphrée, etc. Après 15 jours de traitement le malade reprit complètement ses occupations qu'il n'avait du reste pas abandonnées. Au mois de Novembre 1892, vers 6 heures du soirau moment de la nuit, L. C. marchaittrès vite lorsque son
pied heurtauntuyaude vidanges couchésurle trottoiret qu'aucune lumière ne permettait de distinguer. Lachûte fut très violente et le malade se relève avec une entorse de son poignet gauche. Un pharmacien lui donne les premiers soins. Un docteur est appelé et pendant huit mois ordonne frictions, massage, bains sulfureux, douches, etc. Enfin le 4 Juillet le Dr de laCompagnie consulté par le malade l'envoie à la Clinique Electrothêrapique, On fait un examen électrique des muscles et des nerfs dubras, de l'avant- bras et de la main: l'excitabilité galvaniqne et faradique est conservée aupoint devue qualitatifet quantitatif,mais la sensibilité
estun peudiminuée. Pas de ED.
L C. immobilise complètement son bras, maintient sa main étroitement gantée et se refuse à tout mouvement volontaire. Il est en procès avec la Compagnie et a refusé une indemnité de 200 fr. On lui faituntraitement statique etcomme l'amélioration
aubout de deux outrois séancesesttrès nette (bien que le malade
mette beaucoup de mauvais vouloir à se faire soigner), il ne revient plus.
— 18 _
Le23 Octobre 1893 le D1' de laCompagnie lerenvoiedenouveau:
on ne trouve aucune différence dans l'état du malade.D'aprèsce dernier et pourjustifier la cessation du traitement, sa situation se serait même aggravée; ilse plaint de douleurs de l'épaule qu'il
n'avait pas auparavant. Je traite ce malade: comme la séance avait
donné detrop bons résultats, je ne le revis plus mais sa cause était <•
entendue etla Compagnie informée ne subit pas
les
exigences deson mauvais vouloir.'
OBSERVATION IV.
Prise à la Clinique Electrothérapique du Prof1' Bergonié.
B. P. 61 ans, marin, envoyé parle Dr de
la Compagnie
avec diagnostic de parésie du deltoïde (suite de traumatisme).N'a pas fait de maladies jusqu'à présent. Pas d'excès de
boisson.
Le 19 Juin 1892 à 9 heures du soir le malade étanten service
sur le bord duquai vertical a faitun fauxpas et est tombé
d'une
hauteur de20 pieds environ sur le bord d'une vaste voûte en ma¬
çonnerie sur laquelle a porté son épaule gauche ;
rejeté
surle
bord d'un bateau, la tête la première, il aété ensuite
précipité dans
l'eau d'oùses compagnons l'ont retiré. Transporté auposte
de la
rue Lucien Faureil y reçoit les premierssoins et est
reconduit chez
lui. Après lui avoir prodigué tous les soins que nécessitaient sôn état (frictions, bains sulfureux, bains de vapeur etc.) pendant un certain temps le médecin de la Compagnie l'envoie à laClinique Electrothérapique pour ysuivre un traitement.
A cettedate lesréactions électriques donnentles renseignements
suivants : Excitabilité faradique sensiblement diminuée, pas de RD. Légère atrophie. Douleurassez grande.
Traitement: Courantsfaradiques. Massage.
16 Décembre. Amélioration notable. On continue les courants
faradiques etoninsiste sur lemassage.
Le malade étant au service d'un entrepreneur et versant régulièrementpour une assurance surles accidents a obtenu
deux
moisde convalescence à demi-solde.
9 Janvier 1893; Nouvel examen sur la demande du D1' de la Compagnie pour donner un avis sur la possibilité ou l'impossibilité pourle malade de reprendreson service.
Alavue on ne constate aucun amaigrissement au niveau de l'épaule malade. Au toucher la consistance du deltoïde est la même des deux côtés. Lorsqu'on essaie d'imprimer des mouvements passifs à l'articulationonconstateune trèslégère raideur articulaire augmentée encore par les contractions volontaires du malade qui s'oppose àdes mouvements légèrement douloureuxpour lui.
Réactions électriques. Aux courants faradiques l'excitation des muscles deltoïde droit et gauche ne donne aucune différence de réaction, la contractionest aussibrusque d'un côté que de l'autre.
Auxcourants galvaniques, ni diminution de l'excitabilité, ni RD.
Si l'on songe que le malade a tout intérêt à faire durer son im¬
potence fonctionnelle aussi longtempsquepossible, cartout service pénible et même actif lui est épargné depuis son accident, les
fonctions de concierge du chantier qui lui ont été données ne
l'obligent qu'à faire acte de présence, on comprendra qu'il n'avoue
pas sa guérison comme il le devrait. L'immobilité voulue de son bras n'est pas faitepour diminuer lalégère raideur articulaire que l'onpeutencoreconstater. Donc dans ce castoutecontestation entre le malade et la Compagnie peutêtre nettement tranchéé par les réactions électriques.
17 Février 1893. Le malade ne veutpas guérir.
17 Mars. Un examen fait devant le Dr de la Compagnie lui permet deconstaterqu'iln'yarien
d'exagéré dans
nos constatations optimistes et enréfère à laCompagnie.
OBSERVATION V.
Prise àla Clinique Electrothérapique du Prof1' Bergonié.
B. N. 40 ans, tonnelier, envoyé par le Dr de la Compagnie le 18 Novembre 1892 avecdiagnostic d'impotence fonctionnelle à la suite de fracture.
Le 21 Septembre
1892
lemalade employé
à la charge de fûts derésine sur le quai faitun faux mouvement et un fût luitombe sur la jambe. Contusion très violente. Le malade ne pouvant plus marcher est transporté à son domicile oùun médecin appelé cons¬
tate une fracture des métatarsiens
(?)
etmet un appareil plâtré oùle pied restehuit jours.
La Compagnie La France qui assure le chantier dont le malade fait partie lui alloue uneindemnité de demi solde.
L'appareil plâtré enlevé le médecin prescrit des bains prolongés,
des bains sulfureux, des frictions qui n'amènent pas un bien grand résultat.
Le 18 Novembre, le malade est envoyé à
la
CliniqueÉlectro- thérapique
caril
seplaint
d'une impotencefonctionnelle
absolueet marche très difficilemént. A l'examen on constate un œdème considérableremontantjusqu'augenouetaffectant relative¬
ment peu la partie supposée fracturée. Les réactions électriques indiquent seulement une très légère diminution del'excitabilité faradique ce qui peuttrèsbien s'expliquerparl'obstacle mécanique opposé par l'œdème à la contractionmusculaire. Pas de RI).
Les contractions musculaires ne sont pas douloureuses. Malgré
cela et sur les instances du médecin de la
Compagnie
on fait pendant quelque temps etirrégulièrement parsuite de l'inexactitude du malade, des applications faradiques qui ne donnent pas derésultats bien sensibles.
L'indemnité de la Compagnie a été payée au maladejusqu'au
200nie jour àpartir de la fracture c'est-à-dire le 10 Avril, depuis il
n'a rien touché. Pour continuerà toucher demi soldeil varetrouver le médecinqui l'envoie de nouveauà la Clinique.
Les réactions
électriques recherchées
avec soin donnent les mêmes résultatsqu'antérieurement.
L'œdèmea
plutôt augmenté et
encherchant à s'expliquer l'ag¬
gravation de
cesymptôme
onaperçoit
quele malade porte à
peuprès
versle milieu de la cuisse
unlien très
fortement serré faisant trois tours
complets. Ceci peut
presque
suffisamment expliquer l'œdème
queTon
cons¬tatait
depuis longtemps et aussi pourquoi les réactions
— 21 —
électriques sont si
peud'accord
avecl'impotence fonc¬
tionnelle absolue que
le malade
accusedepuis longtemps.
De
plus, l'élève chargé de
sontraitement dit avoir
souvent
remarqué des différences d'état considérables
:tantôt œdème énorme tantôt presque
nul. Lundi dernier
c'est-à-dire avant hier l'œdème avait si
complètement disparu qu'il l'a
cruguéri.
Je n'ai
plus
revule malade et il
y atout lieu de croire qu'il
arepris
sontravail.
OBSERVATION VI.
Prise à laClinique Electrothérapique du Prof1'
Bergonié.
B. L.27ans, serrurier, estadressé
le 6 Mars 1893
avecdiagnostic
d'impotence fonctionnelledu bras.
Le 21 Février
pendant la grande tempête qui eut lieu à Bordeaux
lemaladedéchargeaitunbâteau
de merrains
etmettait des planches
sur une charrette qu'il traînait
ensuite
aidé d'un compagnon. Aumoment où la charrette était en marche survintun coup de vent desplus violents qui renversa
l'homme placé
auxbrancards
etenleva notre malade quise tenait derrière la charretteetle projeta
sur le quai où il tomba sur
l'épaule
à peuprèsauniveau de la
partie moyenne dudeltoïde. Il
neput serelever seul,
onle
trans¬porta auposte de secours de
la
rueLucien Faure où il fut soigné,
surtout pour quelques légères
blessures
àla main. Le lendemain il
entrait à l'hôpital dans le service
du professeur Démons
oùonne constata ni luxation ni fracture maisune simple contusion qui futtraitée par le massage.Au bout de onze
jours
onle renvoyacomme guéri et deux jours aprèsil
se présenta àla Clinique Électro¬
thérapie adressé parle
professeur Démons.
Le maladese plaint denepouvoir élever lebras et d'êtredans l'impossibilité absolue de travailler.
Si
on essaie de mouvoir passivement sonarticulation
on enest empêché par unecontractionvolontaire de tous les muscles qui s'y
insèrent. L'atrophie
mus¬culaire n'est pas marquée et l'on ne distingue aucune différence
— 22 —
de volume pas plus que de forme entre les deux épaulesetles deux
bras. Les réactionsélectriques prises de chaque côtéavec beaucoup
desoin sont les suivantes : excitabilité faradique exactement la même des deux côtés pourle deltoïde le biceps, le triceps. Pas de
RD. Le deltoïde donne les plus belles réactions normales qu'il
soitpossible de voir avec uneintensité de 9 m. A.
Sa situation vis-à-vis du patron qui l'employait estla suivante :
le propriétaire des merrains prend notre malade à sonservicetoute les fois qu'ilse présenteunbateau à décharger etle garde jusqu'à
la fin du déchargement. Au moment de l'accident il y avait déjà
troisjours que B. travaillait auxgagesdece patron.il a adresséàce
patron une
demande d'indemnité, celle qui lui
a été offerte étant dérisoire prétend-il, il veut en obtenirune plus forte si posssible.Voyant
queledoute
sur son étatn'existait
pasdans notre esprit et qu'aucun certificat nelui serait donné il n'a pas donné suite à ses idées.OBSERVATION VII.
Prise à laClinique Electrothérapique du Prof1- Bergonié.
P. L. âgé de 50 ans, tonnelier, envoyé par le D1- de la Compagniele 29 Juillet
1892
avecle diagnostic: Parésie du deltoïde, suite deluxation.Le 16juilletnotre malade aidait à charger une voiture attelée
d'un cheval, on
n'avait
pas encore câblé les tonneaux que l'on plaçait sur lacharrette lorsque le cheval
voulut partir ; notre malade, pour éviter un accident, le saisit à la bride; le cheval donna unvigoureux
coupde tête
etP. L.
eutle bras
démis.Il
ressentit aussitôt une vive douleur, on le conduisit chez un phar¬
macienpuis chez undocteur qui réduisitsaluxation etappliquaun bandage pour conserverl'immobilité. Le médecin de laCompagnie
vint le voir pour constater l'accident: quelques jours après il lui fit despointes de feu, ordonna des bains sulfureuxetenfin l'adressa
au service électrothérapique.
La situation du malade vis-à-vis de laCompagnieest la suivante.
— 23 —
Il gagnait 5 fr. par
jour
;dans la période de maladie il touchait
demi solde; il
s'occupait de
sontravail
endonnant des ordres et dès
qu'ilapumettre
la main à l'ouvrage il s'est empressé de le faire.
Son patron lui a alors donné
2 fr. 50
etla Compagnie
aréduit de
moitiéc'est-à-direa alloué 1 fr. 25.
Réactions électriques, 29 Juillet
1892. Abolition de l'excitabilité
faradiquedu deltoïde,
RD.
80 Novembre. Excitabilité faradique réapparait
mais très
diminuée, pas de RD.,les mouvements volontaires sont bien
revenus.
30 Décembre. L'atrophie
deltoïdienne
acomplètement dis¬
paru; les
épaules du malade sont symétriques. Et la con¬
tractionvolontaireexiste. Malgré tousces
symptômes qui semblent
indiquer quelaguérison est à
peuprès complète le malade ne peut
soulever une chaise avec le bras
malade tandis
quede l'autre il
soulève unpoids 10 fois
plus lourd
;la contraction faradique reste
aboliecomplètementet
l'on
trouveuneréaction ambiguë de dégéné¬
rescence avecdiminution
considérable de l'excitabilité galvanique
:I= 25 m.A.
29 Mars 1893.Le malade revient à
la consultation après avoir
suivi letraitement d'une façon
régulière depuis le 30 Décembre.
Les réactions électriques
recherchées
avecsoin
sontles suivantes
: Aux courants faradiques ;diminution considérable de l'excitabilité
par rapport aux
muscles sains symétriques; avec des courants
forts le muscle estàpeine
excitable
:auxcourants galvaniques
pasde RD. Réactions très différentes aupôle
positif
et aupôle négatif
: la secousse à lafermeture du pôlenégatif
estbeaucoup plus forte
qu'à lafermeturedu pôle positif. Diminution légère de l'excitabilité.
Tousles mouvements volontairesse font avec
la même facilité
d'un côté commedel'autre, lemalade se sert
de
sonbras
pourtous
les mouvements de lavie ordinaire.L'atrophie est
nulle
etles deux
épaules sontparfaitement symétriques.
17 Avril. Pas de RD. Diminution encore
considérable de
l'excitabilitéfaradique. Retour complet
des
mouvementsvolontaires
sauf de l'énergie
musculaire qui est
encoretrès amoindrie. Le
malade porte très
facilement 10 kilog. à bras tendu de la main
_ 24 —
gauche tandis qu'il en porte trèsdifficilement6 dela main malade.
5Mai.Diminutionencore considérabledel'excitabilitéfaradique,
pas de RD.
26 Mai. Mêmesconstatations.
28 Juillet. Excitabilité faradique encore très diminuée, pas de RD. mais diminution encorenotable de l'excitabilité faradique.
Cette observation est très intéressante au
point de
vue des réactionsmusculaires,
carle deltoïde
aprésenté des
alternatives de
dégénérescence
et deréparation
sans quel'atrophie
ensoit marquée et
quele malade soit obligé
d'abandonner entièrement son travail. Les résultatsélectriques communiqués à
sonmédecin
et les bonnes références de ce maladeont faitqu'il n'a
pasété inquiété
par
la Compagnie.
OBSERVATION VIII.
Priseà la
Clinique Electrothérapique
du ProfrBergonié.
C. P. arrimeur, 58ans,
envoyé
par le docteur de laCompagnie
le 15
juin
1895 avecladiagnostic d'atrophie
traumatique dubrasdroit»Il y a
deux
mois, le 9 Avril, le malade était à bord d'un bateauà vapeurlorsqu'en
fermant le panneaude
la cale, ilfutprécipité
au fond de cette cale à peu prèsvide. Après avoir buté
del'épaule
contre le bord de l'ouverture de
l'entrepont, il
est tombé àplat
sur l'abdomen. On releva le maladequi
était sans connaissance ; ilavait lecorps et
le bras
contusionnés, et nepouvait
remuer son bras.Après lui avoir donné les
premiers
soins on le transporta en voiturechez lui où lemédecin de l'assurance vint le voir. Il n'avait ni frac¬
ture, ni luxation; une ecchymose s'étendait de
l'épaule jusqu'au
coude et
l'impotence
fonctionnelle était absolue.La
Compagnie
àlaquelle le
patron paie pour ses ouvriers donneaumalade 3 fr. par
jour. Celui-ci
croitne paspouvoir
se servir deson bras
malgré
tousles
traitementsqu'on
puisse lui(appliquer,
— 25 —
aussi n'a-t-il rien voulu toucher de son indemnité pour «
garder
tousses droits vis-à-vis de la
Compagnie.
»Le malade fléchit l'avant-bras surle bras, remue les
doigts mais
ce sontlà les seuls mouvements qn'il peut exécuter.
Une douleur
non localisée se manifeste d'une façon
continue
surtoutla nuit
etdès
que C. P. veut faire
quelques
mouvementsd'épaule.
Réactions électriques.
Excitation faradique conservée
pourtous
les muscles, pas
de RD, ni de diminution sensible de l'excitabilité.
Ces réactions sont d'accord avec
l'aspect général du muscle,
pasd'atrophie sensible
;le malade est relativement
peumusclé.
D'après
cesobservations
etles réactions le pronostic
esttrès
favorable et saufuneraideur articulairede faibleimportance
dont la
causeest trop
facile
àexpliquer, le malade doit guérir complètement
et
rapidement,
22Juin.
Après la sixième séance le malade
vadéjà sensiblement
mieux mais ilse refuseabsolumentà laisser mouvoirson articulation
scapulo-humérale.
lor Juillet. Même état. Le malade demande un certificat cons¬
tatant que son
impotence
estabsolue,
onle lui refuse et il reprend
bientôt sontravail.
OBSERVATION IX.
Prise à la Clinique
Electrothérapique du Profr Bergonié.
L. J. 55ans, chaudronnier.
Le 8
Septembre dernier le malade était employé dans
unatelier
de
charpenterie métallique et de chaudronnerie quand du haut d'une
poutre
il tomba
sur unecornière, placée debout, qui pénétra dans
les chairs au niveau de la tête humérale et une luxation se pro¬
duisit. On letransporta
aussitôt
àl'hôpital où le Dr Villar réduisit
la luxation sousle chlorjforme.Le bras futimmobilisé
pendant
trente jours. Aubout de
ce tempsles mouvements étant très mal
revenuson
prescrivit des frictions qui n'amenèrent
aucunbon résultat.
Au moment de l'accident le malade atouché une indemnité de maladie
égale
àla moitié de
sajournée ordinaire. Au bout d'un mois
— 26 —
l'impotence persistant, le médecin de laCompagnie «La Préservatrice»
qui voit le malade
estd'avis de continuer l'indemnité mais l'envoie à
la Clinique
Electrothérapique
poursubir
un examenélectrique.
Réactions
électriques. Au courant faradique: Tous les
muscles
répondent à l'excitation. Pas de RD. Le
pro¬nostic est très
favorable, quelques séances d'électrisation
et de massage
doivent
amenerla guérison. Le malade
reprend bientôt
sontravail.
CHAPITRE II
RADIOGRAPHIE
J'ai
remarqué depuis
quel'on fait des radiographies et
en
particulier des radiographies de la main, lieu de pré¬
dilection des
aiguilles,
quele chirurgien, tout en étant un
peuplus renseigné
surla situation du corps étranger,
éprouvait souvent
unecertaine difficulté à le découvrir,
l'incision ne
correspondant
pasexactement à la place occupée
parle
corps.Cherchant à m'expliquer ce fait il
m'a semblé que
la
cause enétait dûe à la radiographie
elle-même : en effet tout
d'abord
sur ceradiotype il est
très difficile de voir à
quel point de la
peaucorrespond
le corps
à extraire
carla silhouette des os seule est
reproduite, ensuite la main tuméfiée ne rappelle en rien
son
image radiographiée et de plus la palpation peut être
tellement douloureuse
oudifficile que le chirurgien ne peut sentir les métacarpiens. Pour toutes ces raisons j'a^
pensé
quesi l'on obtenait avec la radiographie des os la
trace des
lignes de la main (1), la recherche serait rendue
plus facile. Dans
cebut j'ai collé avec du collodion (2),
(!)J'ai choisi ces lignes pour la simple raisonqu'on les trouvesurtousles
sujets
etqu'il
est préférable de repérerparrapport à des plis existantet subsistanttoujours
qu'à des ljgnes
fictives, tracéesaunitrated'argentou au crayon dermographique,souventdisparues le jour de l'opération.
(a) Le Prof. Bergonié a utilisé lemêmeprocédé pourétudier les épanchements pleuré"
tiques (comptes rendus de l'Académie des Sciences,
Janvier
97.Archives d'Elect. méd"-
Janv. 97.)
des fils de
plomb dans les plis cutanés palmaires d'oppo¬
sition du pouce,
de flexion de l'index et des trois der¬
niers
doigts
etj'ai ainsi obtenu des lignes très nettes.
Mais ces
lignes
nesuffiraient
paset
onserait seulement
autorisé à dire que
l'aiguille,
parexemple, est plus ou
moins
rapprochée
ouéloignée de tel pli, lui est perpen¬
diculaire ou
parallèle
; onn'aurait là qu'une indication
manquant de précision, aussi je crois qu'il est utile de procéder de la façon suivante.
Moyen pratique
pourdéterminer le siège d'un
corpsétranger de la main.
On
applique
avecdu collodion
unfil de plomb très fin
dans l'un des trois
plis de la main,
cequi est chose facile, puis
onfixe de la même façon
unpetit
morceaude plomb
au
point de pénétration du
corpsétranger,
unautre fil
sur l'un des
plis de flexion des doigts. Il
serapossible
au
chirurgien
sans selivrer à des calculs (évaluer des angles,
menerdes circonférences) de porter deux lon¬
gueurs
mesurées
auscalpel
surle radiotype, l'une allant
du corps
étranger
aumilieu du pli de flexion du doigt
choisi ;
l'autre allant du point de pénétration
aucorps étranger, à l'intersection
on aurale point où il faut inciser.
D'où
l'avantage si la main est tuméfiée,
commela radio¬
graphie est
uneprojection des
ossur un plan, de mesurer
au compas
d'épaisseur et de reporter
surcette main ; on
évite aussi de cette
façon de déboutonner à partir du point d'entrée si le
corps enest éloigné.
—Fait impor¬
tant pour
la radiographie, les quatre derniers doigts
doivent être accolés les uns aux autres,
le
pouceseul
étant enabduction
forcée,
cartout mouvement d'éloigne-
ment oude
rapprochement
parrapport à l'axe de la main
modifie la
position des lignes
parrapport
auxmétacar¬
piens et
aumoment de l'opération il est difficile d'obtenir
du