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Électrothérapie et radiographie · BabordNum

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(1)

FACULTÉ

DE

MÉDECINE

ET DE PHARMACIE

DE BORDEAUX

ANNÉE 1897H898 N» 88

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

Présentée et soutenue publiquement le 11

Mai 1898

PAR

à Ribérac (Dordogne), le 26 Février 1872 PRÉPARATEUR DE PHYSIQUE

MÉDICALE

MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE

EXAMINATEURS DE LA

THÈSE;

MM.

BERGONIÉ,

professeur,président VERGELY, professeur, PRINCETEAU, agrégé.

SIGALAS, agrégé,

lie Candidat répondra aux questions qui luiseront faitessurles diverses parties

de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE ET

LITHOGRAPHIE GAGNEBIN

72, Rue du Pas-Saint-Georges, 72 1898

(2)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES Doyen honoraire PROFESSEURS :

MM. MICÉ: ,

DUPUY... )

Professeurs honoraires.

moussoùs'.

Clinique interne Clinique externe Pathologie interne....

Pathologieetthérapeu¬

tique générale Thérapeutique

Médecineopératoire..

Clinique d'accouchements. ..

Anatonnepathologique

Anatomie

Anatoniie générale et histologie

MM.

PICOT.

PITRES.

DEMONS.

LANELONGUE.

N.

VERGELY.

ARNOZAN.

MASSE.

N.

COYNE.

BOUCHARD.

VIAULT.

Physiologie....

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Histoire naturelle Pharmacie Matièremédicale

Médecine expérimentale. ..

Clinique ophtalmologique ..

Clinique des maladies chi¬

rurgicales des enfants...

Clinique gynécologique....

Cliniq. des Maladies Médicales Enfants

MM.

JOLYET.

LAYET.

MORACHE.

BERGONIÉ.

BLAREZ.

GU1LLAUD.

FIGUIER.

de NABIAS.

FERRÉ,

BADAL.

PIÉCHAUD.

BOURSIER.

MOUSSOUS AGRÉGÉS EN EXERCICE :

section de médecine (Pathologie interne et Médecinelégale).

MM. MESNARD.

CASSAET.

AUCHÉ.

MM. SABRAZES.

Le DANTEG.

section de chirurgie et accouchements

Pathologie externe

MM. VILLAR.

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Accouchements. 1 MM.R1VIEBE.

CHAMBRELENT.

section des sciences anatomiques et physiologiques

) MM. PR1NCETEAU. I Physiologie MM. PACIION.

Anatomie

I

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Histoire naturelle BEILLE.

section des sciences physiques

Physique MM. SIGALAS. s Pharmacie

Chimie et Toxicologie.

DEN1GÈS. |

COURS COMPLÉMENTAIRES

Clinique des maladies cutanées et syphilitiques Clinique des maladies des voies urinaires Maladies dularynx, des oreilleset du nez Maladies mentales

Pathologie interne Pathologieexterne

Accouchements .' Chimie

M.BARTHE.

MM. DUBREUILH POUSSON.

MOURE.

RÉGIS.

RONDOT.

DENIJCÉ.

RIVIÈRE.

DENIGÈS.

Le Secrétaire de la Faculté: LEMAIRE.

Pardélibération du 5août 1819,laFaculté a arrêté queles opinions émises dans les Thèses qui lui sontprésentées doivent être considéréescomme propres à leurs auteurs etqu'elle n'en¬

tend leur donner niapprobation ni improbation.

(3)
(4)

'

(5)

A tous ceux qui ont droit à ma

reconnaissance je dédie

ce

modeste travail. Je serais heureux

de

penser

qu'ils ont, s'ils

daignent accepter cet

hommage, compris tout l'attachement

que j'ai pour eux.

L. ROUMAILLAC.

(6)
(7)

INTRODUCTION

Pendant mes études

médicales et

mes

fonctions de préparateur de physique, j'ai pu m'adonner, tout d'abord

et cela d'une

façon spéciale à l'Electrothérapie, puis à la Radiographie dès

que

Rôntgen eut fait connaître sa décou¬

verte

(Décembre 1895)

:

c'est dire que ces cinq dernières

années, à la Clinique Electrothérapique de mon maître le

professeur Bergonié j'ai fait de nombreux examens mus¬

culaires, traité

un

très grand nombre de malades et four¬

ni aux

chirurgiens toutes les radiographies qu'ils cro¬

yaient utiles avant leur intervention. Cette longue expéri¬

mentation m'a fourni

l'occasion de constater

une

quantité

de

petits faits et de détails techniques utiles au praticien.

J'en ai

déjà mentionné plusieurs dans les Archives d'Elec¬

tricitéMédicale

(1), deux autres feront aujourd'hui l'objet

de ma Thèse. Ils sont

l'un relatif à l'Électrothérapie,

l'autre à la

Radiographie. D'où la division naturelle de

mon travail endeux

chapitres.

Dans le

premier, je donnerai quelques indications

générales relatives à l'examen et au traitement électriques

et essaierai ensuite

de montrer combien peut être utile

un

examen musculaire

dans le

cas

où interviennent

pour

le

(il Unenouvelleélectrodeauriculaire.Archivesd'électricité médicale

février

I894.

Excitateurélectrostatique donnant des étincelles de longueurconnue. Archivesd'Electricité

médicale août 1894. maiI895.

De l'électrodiagnosticetdesonutilité. Quelquesremarquespratiquessurl'examen

électrique

Archivesd'électricitémédicale, mai 1867.

(8)

malade des

questions médico-légales. Dans le deuxième j'indiquerai très sommairement les rapports déterminés

par

la Radiographie des lignes cutanées palmaires

avec les

métacarpiens

en

voie d'ossification, puis

avec

les méta¬

carpiens de l'adulte, enfin je montrerai comment

on

peut

utiliser ces

lignes

comme

repères

pour

préciser le siège

d'un corps

étranger. J'ajouterai quelques mots

sur

les

ser¬

vices que

peut rendre

une

radiographie dans les

cas d'examens musculaires un peu

délicats.

(9)

CHAPITRE I.

ÈLECTROTHÉRAPIE

La

plupart des publications concernant l'Electro-

thérapie sont précédées en général d'un préambule de

Physique Médicale et d'Elcctrophysiologie. Je crois inutile

de

répéter ici

ce

que l'on a parfaitement décrit ailleurs :

en

effet, d'excellents livres existent où l'on indique au

médecin

électricien les notions sur l'outillage nécessité

par sa

spécialité, les réactions musculaires, etc. Laissant

donc de

côté

ces

questions si bien traitées, je tiens seule¬

ment à

compléter quelques idées que j'ai développées dans

un article paru

dans les Archives d'Electricité Médicale

intitulé : De

VElectro-diagnostic et de son utilité. Quelques

remarques

pratiques sur l'Examen Electrique.(Archives

d'Elect.

Médicale fêv. 1897).

A propos

d'une question fort bien étudiée, car elle a

suscité

beaucoup de travaux de la part de spécialistes en

renom,

j'ai nommé les Points Moteurs, je disais qu'ils ne

me

paraissaient pas très utiles et j'avançais qu'il valait

mieux savoir son

anatomie, s'aider de la topographie des

régions et des indications si précieuses employées en

médecine

opératoire

que

d'apprendre à reporter sur le

vivant des

points indiqués sur un tableau. J'insistais alors

sur la nécessité

de bien connaître les mouvements

déterminés par

les muscles lors de leur contraction et de

(10)

préciser leurs

insertions et les

gaines tendineuses

sur

lesquelles

on doit mettre le

doigt

pour

sentir la

tension ou le

glissement

du tendon. Je donnais à la

question

un peu

plus de développements qu'il

ne

convient ici, j'appliquais

des notions

générales à

des cas

particuliers

et

choisissais

la main pour

la démonstration.

A cette

époque je n'ai

pu accompagner cette note des

quelques réflexions

suivantes: Si ces

points

ne sont pas

utiles à

mon avis et si

je

trouve

qu'il

est

préférable de

faire

appel à

ses connais¬

sances et au raisonnement que

de consulter

des tableaux

qui n'ont

pas

été faits

pour

le sujet

que

l'on

examine

(1)

et

qui seraient

différents pour

chaque individu, je dois

reconnaître que

la

mémoire

peut faire défaut

et que

pressé,

on

puisse oublier

surtout l'innervationdes muscles.

Il faut donc avoir un moyen

très rapide de suppléer à

cet oubli momentané. J'ai trouvé très commode ce schéma du Plexus Brachial que

je reproduis ici. Il indique d'où

naissent les

nerfs, quels

sont

les

filets

qu'ils échangent,

les muscles

qu'ils innervent

et

grossièrement

à

quel niveau

ils se

bifurquent, deviennent

sensitifs ou musculaires etc.

Avec un schéma

identique

au

Plexus

Sacré et du Nerf

Sciatique,

que

je publierai incessamment,

on a,

je crois,

toutce

qu'il faut

pour

bien

mener un examen desmembres

supérieur

et

inférieur.

Ces schémas vrais pour

tous les

individus

peuvent être reproduits

par

la photographie

et avec deux

petites planches placées près du poste

d'examen

électrique,

on

remplace

un gros

volume

d'Anatomie

plus difficile à

consulter et

plus encombrant.

Ces

quelques

mots

étant

dits sur les

points

moteurs

je voudrais

maintenant montrer comment un traitement

électrique pourrait être

conduit et savoir de deuxtraite- (I) Je suissur cepoint d'accordavecle DrSchatzky qui, dans unarticle intitulé, Apropos despointsd'élection, parudansles Archives d'électricité médicale 4 décembre1896 aexpliquéen détails,pourquoi les pointsmoteurs étaient défectueuxetaproposé pourremédierauxdéfauts qn'il signalait, des planches rappelant aumédecin les rapportsanatomiques des muscleset des nerfsentreeuxetavecla peau.

(11)

11

ments

quel est le meilleur et cela d'une façon méthodique

et sûre.

Le traitement d'un malade étant

fixé, toujours, cela s'entend,

en

s'inspirant des réactions musculaires il faut,

% au

moment de l'examen et ensuite tous les huit jours et

dans les mêmes

conditions, inscrire les

secousses

des

muscles malades. Un

graphique des muscles sains homologues, si la lésion est uni latérale, pourra n'être pris qu'une fois. Le traitement terminé, le médecin aura

donc sous les yeux

la marche suivie

par

la contraction pendant la guérison, il

pourra

alors noter les longueurs

des différentes ordonnées

maxima, les étudier

en

fonction

du

temps. Il lui

sera

ainsi facile de

se

rendre compte de

cet étalement de la courbe dans

les

cas

de réaction de dégénérescence, de cette augmentation du temps perdu qui indique

une

lésion profonde des disques, de cette

paresse,

de cette lenteur de la secousse (secousse ver- miculaire), signe vraiment sérieux de la réaction de dégénérescence et enfin

pourra

remplacer par des valeurs

les mots : secousses

forte,

moyenne,

faible; diminution, augmentation de l'excitabilité qui

ne

parlent qu'au médecin

électricien suffisamment

expérimenté.

Etant donnés deux malades

présentant des réactions

musculaires presques

identiques (le fait n'est pas rare

: deux

paralysies faciales légères) toutes choses étant égales d'ailleurs,

on

peut instituer pour chacun d'eux un

traitement

électrique différent, enregistrer les étapes

successives par

passe

la contraction et, de la durée du

traitement et de l'allure

générale de la courbe,

onpourra

se faire une

opinion

«sur

la valeur respective de

ces

deux

traitements.

Je ne peux pas

ici fournir les graphiques, les résultats obtenus, ni donner d'indications

sur

la réalisation d'un appareil enregistreur simple presque réalisé et destiné

à

remplacer le cylindre de Marey

un peu

volumineux dans

une

clinique et qui exige l'emploi d'un signal et d'un

4

(12)

17

diapason chronographe, mais je tenais à faire connaître

cette

façon de procéder.

Il est enfin un troisième

point qui m'a particulièrement

intéressé et que

je voudrais

surtout

développer

:

c'est

celui de savoir si un examen

électrique. est vraiment

utile.

J'ai, dans l'article

cité

plus haut, donné quelques exemples destinés à

montrer

qu'il est

souvent

nécessaire

d'examiner les muscles pour

porter

un

diagnostic

ou donner au

chirurgien des indications utiles, soit

pour discuter son

intervention, soit même

pour

l'aider. Ici, j'envisagerai la même question, mais d'une façon toute spéciale. Je tiendrais

à

montrer, et les observations

seront là pour

confirmer

ce que

j'avance,

que

dans des

cas douteux et

lorsque

pour

le malade interviennent des questions où les

tribunaux

peuvent être appelés à jouer

un

rôle,

souvent un examen

électrique doit être fait

par le médecinpour

apporter des renseignements plus précis.

Ainsi, la plupart des ouvriers, et

ceux

dont je rapporterai

les observations étaient dans ce cas,

sont assurés

par leurs

patrons

contre

les

accidents.

Si, pendant leur travail, ils

contractent une maladie ou sont victimes d'un traumatisme

quelconque, qui les empêchent momentané¬

ment de continuer leur

besogne, la Compagnie leur donne

demi-solde et

paie les frais de maladie.

A trois

mois,

cette solde subit une diminution et

après six mois, le

malade n'est

plus payé. L'assuré

est

examiné chaque

semaine par

le médecin

:

si

ce dernier reconnaît

qu'il peut reprendre

son

travail, la Compagnie lui supprime la

solde. Or il

arrive, surtout dans les

cas

d'impotence

fonctionnelle à la suite de fractures ou de

luxations,

que,

ou bien le maladecherche à

prolonger

sonrepos, ou

bien

le médecin n'admet pas

la guérison complète. Je précise.

Deux ouvriers dans un mêmechantier ont eutous les deux

une luxation de

l'épaule suivie d'une dégénérescence du

deltoïde. L'un

d'eux, malingre

et

chétif, quoique guéri

au bout de six

mois, cherche à bénéficier de l'impression de

(13)

- 13

faiblesse

qu'il donne et prétend qu'il ne peut élever le

bras ;

le médecin qui n'a pas recours à un examen élec¬

trique, croit, la raideur articulaire provoquée par un

repos

absolu aidant,

que

ce malade n'est pas entièrement

guéri et lui fait donner un emploi qui ne le fatigue pas trop et lui permette de vivre en attendant1 son complet

rétablissement.

L'autre, fortement musclé, un peu gras,

dont

l'atrophie

ne

frappe

pas

l'œil mais dont la lésion est

profonde,

ne

peut reprendre son travail; s'il ne peut

mouvoir le

bras,

on en

conclut à la mauvaise volonté de

sa

part

:

les six mois s'écoulent et cet homme est privé

de tout secours.

Dans ces deux cas, un examen

électrique aurait été

sinon

indispensable, du moins d'une très grande utilité. La

nécessité de cetexamen

s'accuse davantage, dès que des

procès vont s'engager entre le malade et la Compagnie.

Et si l'on y

avait plus souvent recours, leurs intérêts res¬

pectifs seraient mieux sauvegardés ; de plus, la superche¬

rie reconnue et,

la subvention supprimée, les véritables

malades

pourraient en bénéficier.

Dans les

observations suivantes destinées à mettre plus

en reliefce que

signale, et accompagnées de quelques

commentaires

je

ne

mentionnerai dans l'histoire du

malade que ce

qui a trait à sa musculature, à l'examen

électrique et à ses rapports avec la Compagnie dont il

dépend.

OBSERVATION I.

Prise àla Clinique

Electrothérapique du professeur Bergonié

A. H. 33 ans, sellier

(Ateliers de la Compagnie du Midi) adressé

parle docteur

de la Compagnie le 22 mars 1893 avec le diagnostic

de névrite traumatiquedu

deltoïde.

•Jamais aucune maladie

obligeant le malade à garder le repos.

Il ya23ans

qu'il est à la Compagnie, où il est entré à 10 ans, sans

avoir faitunjourde

chômage.

(14)

14

Le 10 Janvier le malade travaillaitdans unwagon enrépara¬

tion; voulant en

descendre,

il tomba de tout son poids surl'épaule droite, son pied ayant glissé surlepetit marchepied. Le malade s'est relevénepouvant plus remuer son braset est rentré chez lui.

Le médecin de la

Compagnie

du Midi l'avu lelendemainet apres¬

critdes frictions ; mais,la maladies'aggravant cartoutmouvement dubras étaitdevenu

impossible,

il estadmis àl'hôpitalSaint-André dans le service du docteur Baudrimont (18Janvier). On procède à l'immobilisation du membre quel'on laisse ainsi pendant 28jours.

Au bout de ce temps, on constate que le malade commence à pou¬

voir remuer sonbras et l'on prescrit le traitement

électrique.

A la clinique, on constate qu'il n'y a pas de différence bien sen¬

sible dans la forme, levolume et l'attitude des deux épaules. Le brasl'avant-bras des deux côtés sont absolument

identiques.

A l'e¬

xamen électrique on trouve une excitabilité

faradique

conservée pour tous les musclesde l'épaule, du bras et de l'avant-bras. Cette excitabilitéesttrèslégèrement diminuéepour lemuscle deltoïde seul.

Pas de K D. Sa situation vis-à-vis de la

Compagnie

estla suivante:

il est à la demi-solde sans être astreint à aucun service et il ditne

pouvoir pas encorereprendresontravail.

Les réactions

électriques permettent de

penser que

si

son muscle ne

peut

encore

faire

un service très

actif, cependant le travail pourrait être repris

en

partie

au moins tout de suiteet

complètement dans

un

temps très

court. Un traitement par

les

courants

faradiques fut ins¬

titué et les

prévisions

se

réalisèrent.

Le malade

qui,

au début semblait nepas

vouloir

reconnaître

l'amélioration,

abandonna bientôt cette

façon d'agir,

se

rendant

bien

compte

que

l'on était,

en

droit

de lui affirmer

qu'il pouvait

travailler. Or ce

qui fait la supériorité de

l'examen élec¬

trique

sur

la simple inspection, c'est

que

le malade qui

ne

peut

pas

discuter

sur

les

secousses

musculaires, est tout surpris

que

l'on découvre qu'il simule

une

impotence

etest

obligé d'avouer, tandis qu'au contraire, il sait fort

bien

qu'avec de l'entêtement, du mauvais

vouloir et le mcnson-

(15)

- 15

ge

aidé du reste des conseils des autres ouvriers, il

pourra faire naitre un doute dans

l'esprit du médecin et l'empê¬

cher de se prononcer

d'une façon catégorique.

OBSERVATION II.

Prise à la Clinique Electrothérapique duprof1'

Bergonié.

M. V. 37 ans, couvreur, adressé par le Prof1' Pitres le

17 mai

1893avec le diagnostic: troubles sensitifs et moteurs des membres supérieurgaucheetinférieurdroit consécutifsàun

traumatisme.

En 1881, le malade tomba d'une hauteur de 5 mètres et se

frac¬

turatrois côtes. 11 futsoignéau service du Prof1' Lanelongue et au bout de deux mois reprit son travail.

Le 14 février 1893 il réparait une couverturelorsque l'entable¬

ment sebrisa sous ses pieds. Il tomba dans le vide d'une hauteur

de 10 mètres et vînt s'aplatir à 3 métrés du solsur unpetittoit qu'il

brisa.

Son camarade vint lerelever, le descendit et le conduisit chez

lui où plusieurs médecins l'ont vu successivement; le

malade

se plaignaitsurtout de la jambe droiteet du bras gauche.

Le soirmême del'accident, le médecin de la

compagnie vient le

voir, ordonne des sangsues à

placer

sur

la jambe droite, des fric¬

tions à l'arnica pourles blessures de la figure, des cataplasmes

laudanisés au bras gauche. Le lendemain il

prescrit des bains d'eau

douce. Il est ànoter que le malade n'apas perdu connaissance lors

de l'accident et qu'il n'a pas eu de fièvre durant sa

maladie.

Le

médecin de la Compagnie ne

revint

que dix

jours

après ;

mais

dansl'intervalle, M.V.estvu par un

docteur envoyé

par

la Chambre

Syndicale des

ouvriers

couvreurs pour

faire

un rapport.

Le traite¬

mentprescritestcontinué,en y

ajoutant des frictions

à

la belladone.

Vingt.tours après, le D1'

de la Compagnie ordonne

un

emplâtre bel¬

ladone, et le laisse douzejours. Le malade souvent au lit se levait

difficilement et ne se sentant pas de mieux, se fit conduire à l'hôpi¬

tal. Là, il fut examiné et on

prescrivit des frictions

à

la

pommade camphrée, des bains

sulfureux

et

le

repos

absolu. Le D1'

de

le Com-

(16)

16

pagnie continue pendant unmois à surveillersonmalade, maissans

prescrire detraitement. Le 28 Avril, M. V. commence à sortir avec desbéquilles et vient voir le professeur Démons qui lui ordonne des bains sulfureux,de la pommade camphréeetlui recommande de revenir dans douze jours. A cette époque, le professeur Démons

l'examine devantle médecin de la Compagnie et décide de l'en¬

voyer au prof1' Pitres qui l'adresse àla

clinique

électrothérapique

avecle diagnostic donné plushaut.

L'examen électrique donne les résultats suivants : tous les

muscles répondent normalement à l'excitation faradique, l'ex¬

tenseur commun des doigts seul présente une excitabilitéun peu diminuéeauxcourantsgalvaniques,réactions normales qualitatives

et quantitatives. Un traitement statique est ordonné.

Ces réactions et les troubles de la sensibilité que

l'on

constatechez ce malade amènent àpenser

qu'il s'agit bien

d'un cas

d'hystéro-traumatisme à moins

que

la simulation

ne

puisse entrer

en

ligne de compte. Si

nous

examinons

les circonstances

qui peuvent donner

un corps

à cette

dernière manière de

voir,

nous

trouvons

que

le malade appartenant à

un

atelier assuré contre les accidents reçoit régulièrement de

son

patron toutes les semaines

une

somme de 15 francs à titre de secours et cela

depuis le

début de sa

maladie,

sans

qu'il

y

ait de terme bien fixé.

Après,

un

traitement statique, le malade

va

beaucoup mieux, mais

ne

veut

pas

reprendre

son

travail, bien

que les médecins soient de cet avis;

il prétend qu'il est loin

d'être

guéri. Le Dr de la Compagnie,

pour

savoir s'il

y a lieu de délivrer un

certificat, l'adresse

au

professeur Pitres qui avant de

se prononcer,

l'envoie

encore

à la clinique (2 Juin)

en

demandant

un

second

examen

dont les

résultats sont

identiques

au

premier. Le malade comprit qu'il n'y avait

pas

lieu d'insister et reprit bientôt

son travail.

Cette observation montre nettement que

les médecins

consultés ont reconnu la nécessité de s'entourer des ren-

renseignements

que

peut fournir

un

traitement électrique.

(17)

OBSERVATION III.

Prise à la Clinique

Electrothêrapique

du Prof1- Bergonié.

L. C. 35 ans, représentant en vins, adressé par le D1- de la Compagnie, le 5 Juillet 1893 sans diagnostic mais avec prière de voir si l'ankylose du poignet et de la main du malade n'est pas

problématique.

Pas de névropathes danssafamille.

En Septembre

1891,

L. C. fitune chûte de voiture; il s'en suivit

uneentorse du poignet

gauche,

entorse du reste légère, lui per¬

mettantde faire exécuter àson poignet desmouvements seulement

unpeulimités. Cette entorsefutsoignéeparlemassage,des frictions

à l'eau-de-vie camphrée, etc. Après 15 jours de traitement le malade reprit complètement ses occupations qu'il n'avait du reste pas abandonnées. Au mois de Novembre 1892, vers 6 heures du soirau moment de la nuit, L. C. marchaittrès vite lorsque son

pied heurtauntuyaude vidanges couchésurle trottoiret qu'aucune lumière ne permettait de distinguer. Lachûte fut très violente et le malade se relève avec une entorse de son poignet gauche. Un pharmacien lui donne les premiers soins. Un docteur est appelé et pendant huit mois ordonne frictions, massage, bains sulfureux, douches, etc. Enfin le 4 Juillet le Dr de laCompagnie consulté par le malade l'envoie à la Clinique Electrothêrapique, On fait un examen électrique des muscles et des nerfs dubras, de l'avant- bras et de la main: l'excitabilité galvaniqne et faradique est conservée aupoint devue qualitatifet quantitatif,mais la sensibilité

estun peudiminuée. Pas de ED.

L C. immobilise complètement son bras, maintient sa main étroitement gantée et se refuse à tout mouvement volontaire. Il est en procès avec la Compagnie et a refusé une indemnité de 200 fr. On lui faituntraitement statique etcomme l'amélioration

aubout de deux outrois séancesesttrès nette (bien que le malade

mette beaucoup de mauvais vouloir à se faire soigner), il ne revient plus.

(18)

18 _

Le23 Octobre 1893 le D1' de laCompagnie lerenvoiedenouveau:

on ne trouve aucune différence dans l'état du malade.D'aprèsce dernier et pourjustifier la cessation du traitement, sa situation se serait même aggravée; ilse plaint de douleurs de l'épaule qu'il

n'avait pas auparavant. Je traite ce malade: comme la séance avait

donné detrop bons résultats, je ne le revis plus mais sa cause était <•

entendue etla Compagnie informée ne subit pas

les

exigences de

son mauvais vouloir.'

OBSERVATION IV.

Prise à la Clinique Electrothérapique du Prof1' Bergonié.

B. P. 61 ans, marin, envoyé parle Dr de

la Compagnie

avec diagnostic de parésie du deltoïde (suite de traumatisme).

N'a pas fait de maladies jusqu'à présent. Pas d'excès de

boisson.

Le 19 Juin 1892 à 9 heures du soir le malade étanten service

sur le bord duquai vertical a faitun fauxpas et est tombé

d'une

hauteur de20 pieds environ sur le bord d'une vaste voûte en ma¬

çonnerie sur laquelle a porté son épaule gauche ;

rejeté

sur

le

bord d'un bateau, la tête la première, il aété ensuite

précipité dans

l'eau d'oùses compagnons l'ont retiré. Transporté auposte

de la

rue Lucien Faureil y reçoit les premierssoins et est

reconduit chez

lui. Après lui avoir prodigué tous les soins que nécessitaient sôn état (frictions, bains sulfureux, bains de vapeur etc.) pendant un certain temps le médecin de la Compagnie l'envoie à laClinique Electrothérapique pour ysuivre un traitement.

A cettedate lesréactions électriques donnentles renseignements

suivants : Excitabilité faradique sensiblement diminuée, pas de RD. Légère atrophie. Douleurassez grande.

Traitement: Courantsfaradiques. Massage.

16 Décembre. Amélioration notable. On continue les courants

faradiques etoninsiste sur lemassage.

Le malade étant au service d'un entrepreneur et versant régulièrementpour une assurance surles accidents a obtenu

deux

moisde convalescence à demi-solde.

(19)

9 Janvier 1893; Nouvel examen sur la demande du D1' de la Compagnie pour donner un avis sur la possibilité ou l'impossibilité pourle malade de reprendreson service.

Alavue on ne constate aucun amaigrissement au niveau de l'épaule malade. Au toucher la consistance du deltoïde est la même des deux côtés. Lorsqu'on essaie d'imprimer des mouvements passifs à l'articulationonconstateune trèslégère raideur articulaire augmentée encore par les contractions volontaires du malade qui s'oppose àdes mouvements légèrement douloureuxpour lui.

Réactions électriques. Aux courants faradiques l'excitation des muscles deltoïde droit et gauche ne donne aucune différence de réaction, la contractionest aussibrusque d'un côté que de l'autre.

Auxcourants galvaniques, ni diminution de l'excitabilité, ni RD.

Si l'on songe que le malade a tout intérêt à faire durer son im¬

potence fonctionnelle aussi longtempsquepossible, cartout service pénible et même actif lui est épargné depuis son accident, les

fonctions de concierge du chantier qui lui ont été données ne

l'obligent qu'à faire acte de présence, on comprendra qu'il n'avoue

pas sa guérison comme il le devrait. L'immobilité voulue de son bras n'est pas faitepour diminuer lalégère raideur articulaire que l'onpeutencoreconstater. Donc dans ce castoutecontestation entre le malade et la Compagnie peutêtre nettement tranchéé par les réactions électriques.

17 Février 1893. Le malade ne veutpas guérir.

17 Mars. Un examen fait devant le Dr de la Compagnie lui permet deconstaterqu'iln'yarien

d'exagéré dans

nos constatations optimistes et enréfère à la

Compagnie.

OBSERVATION V.

Prise àla Clinique Electrothérapique du Prof1' Bergonié.

B. N. 40 ans, tonnelier, envoyé par le Dr de la Compagnie le 18 Novembre 1892 avecdiagnostic d'impotence fonctionnelle à la suite de fracture.

Le 21 Septembre

1892

le

malade employé

à la charge de fûts de

(20)

résine sur le quai faitun faux mouvement et un fût luitombe sur la jambe. Contusion très violente. Le malade ne pouvant plus marcher est transporté à son domicile oùun médecin appelé cons¬

tate une fracture des métatarsiens

(?)

etmet un appareil plâtré où

le pied restehuit jours.

La Compagnie La France qui assure le chantier dont le malade fait partie lui alloue uneindemnité de demi solde.

L'appareil plâtré enlevé le médecin prescrit des bains prolongés,

des bains sulfureux, des frictions qui n'amènent pas un bien grand résultat.

Le 18 Novembre, le malade est envoyé à

la

Clinique

Électro- thérapique

car

il

se

plaint

d'une impotence

fonctionnelle

absolue

et marche très difficilemént. A l'examen on constate un œdème considérableremontantjusqu'augenouetaffectant relative¬

ment peu la partie supposée fracturée. Les réactions électriques indiquent seulement une très légère diminution del'excitabilité faradique ce qui peuttrèsbien s'expliquerparl'obstacle mécanique opposé par l'œdème à la contractionmusculaire. Pas de RI).

Les contractions musculaires ne sont pas douloureuses. Malgré

cela et sur les instances du médecin de la

Compagnie

on fait pendant quelque temps etirrégulièrement parsuite de l'inexactitude du malade, des applications faradiques qui ne donnent pas de

résultats bien sensibles.

L'indemnité de la Compagnie a été payée au maladejusqu'au

200nie jour àpartir de la fracture c'est-à-dire le 10 Avril, depuis il

n'a rien touché. Pour continuerà toucher demi soldeil varetrouver le médecinqui l'envoie de nouveauà la Clinique.

Les réactions

électriques recherchées

avec soin donnent les mêmes résultats

qu'antérieurement.

L'œdème

a

plutôt augmenté et

en

cherchant à s'expliquer l'ag¬

gravation de

ce

symptôme

on

aperçoit

que

le malade porte à

peu

près

vers

le milieu de la cuisse

un

lien très

fortement serré faisant trois tours

complets. Ceci peut

presque

suffisamment expliquer l'œdème

que

Ton

cons¬

tatait

depuis longtemps et aussi pourquoi les réactions

(21)

21

électriques sont si

peu

d'accord

avec

l'impotence fonc¬

tionnelle absolue que

le malade

accuse

depuis longtemps.

De

plus, l'élève chargé de

son

traitement dit avoir

souvent

remarqué des différences d'état considérables

:

tantôt œdème énorme tantôt presque

nul. Lundi dernier

c'est-à-dire avant hier l'œdème avait si

complètement disparu qu'il l'a

cru

guéri.

Je n'ai

plus

revu

le malade et il

y a

tout lieu de croire qu'il

a

repris

son

travail.

OBSERVATION VI.

Prise à laClinique Electrothérapique du Prof1'

Bergonié.

B. L.27ans, serrurier, estadressé

le 6 Mars 1893

avec

diagnostic

d'impotence fonctionnelle

du bras.

Le 21 Février

pendant la grande tempête qui eut lieu à Bordeaux

lemaladedéchargeaitunbâteau

de merrains

et

mettait des planches

sur une charrette qu'il traînait

ensuite

aidé d'un compagnon. Au

moment la charrette était en marche survintun coup de vent desplus violents qui renversa

l'homme placé

aux

brancards

et

enleva notre malade quise tenait derrière la charretteetle projeta

sur le quai où il tomba sur

l'épaule

à peuprèsau

niveau de la

partie moyenne du

deltoïde. Il

neput se

relever seul,

on

le

trans¬

porta auposte de secours de

la

rue

Lucien Faure où il fut soigné,

surtout pour quelques légères

blessures

à

la main. Le lendemain il

entrait à l'hôpital dans le service

du professeur Démons

oùonne constata ni luxation ni fracture maisune simple contusion qui fut

traitée par le massage.Au bout de onze

jours

onle renvoyacomme guéri et deux jours après

il

se présenta à

la Clinique Électro¬

thérapie adressé parle

professeur Démons.

Le maladese plaint denepouvoir élever lebras et d'êtredans l'impossibilité absolue de travailler.

Si

on essaie de mouvoir passivement son

articulation

on enest empêché par unecontraction

volontaire de tous les muscles qui s'y

insèrent. L'atrophie

mus¬

culaire n'est pas marquée et l'on ne distingue aucune différence

(22)

22

de volume pas plus que de forme entre les deux épaulesetles deux

bras. Les réactionsélectriques prises de chaque côtéavec beaucoup

desoin sont les suivantes : excitabilité faradique exactement la même des deux côtés pourle deltoïde le biceps, le triceps. Pas de

RD. Le deltoïde donne les plus belles réactions normales qu'il

soitpossible de voir avec uneintensité de 9 m. A.

Sa situation vis-à-vis du patron qui l'employait estla suivante :

le propriétaire des merrains prend notre malade à sonservicetoute les fois qu'ilse présenteunbateau à décharger etle garde jusqu'à

la fin du déchargement. Au moment de l'accident il y avait déjà

troisjours que B. travaillait auxgagesdece patron.il a adresséàce

patron une

demande d'indemnité, celle qui lui

a été offerte étant dérisoire prétend-il, il veut en obtenirune plus forte si posssible.

Voyant

quele

doute

sur son état

n'existait

pasdans notre esprit et qu'aucun certificat nelui serait donné il n'a pas donné suite à ses idées.

OBSERVATION VII.

Prise à laClinique Electrothérapique du Prof1- Bergonié.

P. L. âgé de 50 ans, tonnelier, envoyé par le D1- de la Compagniele 29 Juillet

1892

avecle diagnostic: Parésie du deltoïde, suite deluxation.

Le 16juilletnotre malade aidait à charger une voiture attelée

d'un cheval, on

n'avait

pas encore câblé les tonneaux que l'on plaçait sur la

charrette lorsque le cheval

voulut partir ; notre malade, pour éviter un accident, le saisit à la bride; le cheval donna un

vigoureux

coup

de tête

et

P. L.

eut

le bras

démis.

Il

ressentit aussitôt une vive douleur, on le conduisit chez un phar¬

macienpuis chez undocteur qui réduisitsaluxation etappliquaun bandage pour conserverl'immobilité. Le médecin de laCompagnie

vint le voir pour constater l'accident: quelques jours après il lui fit despointes de feu, ordonna des bains sulfureuxetenfin l'adressa

au service électrothérapique.

La situation du malade vis-à-vis de laCompagnieest la suivante.

(23)

23

Il gagnait 5 fr. par

jour

;

dans la période de maladie il touchait

demi solde; il

s'occupait de

son

travail

en

donnant des ordres et dès

qu'ilapumettre

la main à l'ouvrage il s'est empressé de le faire.

Son patron lui a alors donné

2 fr. 50

et

la Compagnie

a

réduit de

moitiéc'est-à-direa alloué 1 fr. 25.

Réactions électriques, 29 Juillet

1892. Abolition de l'excitabilité

faradiquedu deltoïde,

RD.

80 Novembre. Excitabilité faradique réapparait

mais très

diminuée, pas de RD.,

les mouvements volontaires sont bien

revenus.

30 Décembre. L'atrophie

deltoïdienne

a

complètement dis¬

paru; les

épaules du malade sont symétriques. Et la con¬

tractionvolontaireexiste. Malgré tousces

symptômes qui semblent

indiquer quela

guérison est à

peu

près complète le malade ne peut

soulever une chaise avec le bras

malade tandis

que

de l'autre il

soulève unpoids 10 fois

plus lourd

;

la contraction faradique reste

aboliecomplètementet

l'on

trouveune

réaction ambiguë de dégéné¬

rescence avecdiminution

considérable de l'excitabilité galvanique

:

I= 25 m.A.

29 Mars 1893.Le malade revient à

la consultation après avoir

suivi letraitement d'une façon

régulière depuis le 30 Décembre.

Les réactions électriques

recherchées

avec

soin

sont

les suivantes

: Aux courants faradiques ;

diminution considérable de l'excitabilité

par rapport aux

muscles sains symétriques; avec des courants

forts le muscle estàpeine

excitable

:aux

courants galvaniques

pas

de RD. Réactions très différentes aupôle

positif

et au

pôle négatif

: la secousse à lafermeture du pôle

négatif

est

beaucoup plus forte

qu'à lafermeture

du pôle positif. Diminution légère de l'excitabilité.

Tousles mouvements volontairesse font avec

la même facilité

d'un côté commedel'autre, lemalade se sert

de

son

bras

pour

tous

les mouvements de lavie ordinaire.L'atrophie est

nulle

et

les deux

épaules sont

parfaitement symétriques.

17 Avril. Pas de RD. Diminution encore

considérable de

l'excitabilitéfaradique. Retour complet

des

mouvements

volontaires

sauf de l'énergie

musculaire qui est

encore

très amoindrie. Le

malade porte très

facilement 10 kilog. à bras tendu de la main

(24)

_ 24

gauche tandis qu'il en porte trèsdifficilement6 dela main malade.

5Mai.Diminutionencore considérabledel'excitabilitéfaradique,

pas de RD.

26 Mai. Mêmesconstatations.

28 Juillet. Excitabilité faradique encore très diminuée, pas de RD. mais diminution encorenotable de l'excitabilité faradique.

Cette observation est très intéressante au

point de

vue des réactions

musculaires,

car

le deltoïde

a

présenté des

alternatives de

dégénérescence

et de

réparation

sans que

l'atrophie

en

soit marquée et

que

le malade soit obligé

d'abandonner entièrement son travail. Les résultats

électriques communiqués à

son

médecin

et les bonnes références de ce maladeont fait

qu'il n'a

pas

été inquiété

par

la Compagnie.

OBSERVATION VIII.

Priseà la

Clinique Electrothérapique

du Profr

Bergonié.

C. P. arrimeur, 58ans,

envoyé

par le docteur de la

Compagnie

le 15

juin

1895 avecla

diagnostic d'atrophie

traumatique dubrasdroit»

Il y a

deux

mois, le 9 Avril, le malade était à bord d'un bateauà vapeur

lorsqu'en

fermant le panneau

de

la cale, ilfut

précipité

au fond de cette cale à peu près

vide. Après avoir buté

de

l'épaule

contre le bord de l'ouverture de

l'entrepont, il

est tombé à

plat

sur l'abdomen. On releva le malade

qui

était sans connaissance ; il

avait lecorps et

le bras

contusionnés, et ne

pouvait

remuer son bras.

Après lui avoir donné les

premiers

soins on le transporta en voiture

chez lui où lemédecin de l'assurance vint le voir. Il n'avait ni frac¬

ture, ni luxation; une ecchymose s'étendait de

l'épaule jusqu'au

coude et

l'impotence

fonctionnelle était absolue.

La

Compagnie

à

laquelle le

patron paie pour ses ouvriers donne

aumalade 3 fr. par

jour. Celui-ci

croitne pas

pouvoir

se servir de

son bras

malgré

tous

les

traitements

qu'on

puisse lui

(appliquer,

(25)

25

aussi n'a-t-il rien voulu toucher de son indemnité pour «

garder

tous

ses droits vis-à-vis de la

Compagnie.

»

Le malade fléchit l'avant-bras surle bras, remue les

doigts mais

ce sont les seuls mouvements qn'il peut exécuter.

Une douleur

non localisée se manifeste d'une façon

continue

surtout

la nuit

et

dès

que C. P. veut faire

quelques

mouvements

d'épaule.

Réactions électriques.

Excitation faradique conservée

pour

tous

les muscles, pas

de RD, ni de diminution sensible de l'excitabilité.

Ces réactions sont d'accord avec

l'aspect général du muscle,

pas

d'atrophie sensible

;

le malade est relativement

peu

musclé.

D'après

ces

observations

et

les réactions le pronostic

est

très

favorable et saufuneraideur articulairede faibleimportance

dont la

causeest trop

facile

à

expliquer, le malade doit guérir complètement

et

rapidement,

22Juin.

Après la sixième séance le malade

va

déjà sensiblement

mieux mais ilse refuseabsolumentà laisser mouvoirson articulation

scapulo-humérale.

lor Juillet. Même état. Le malade demande un certificat cons¬

tatant que son

impotence

est

absolue,

on

le lui refuse et il reprend

bientôt sontravail.

OBSERVATION IX.

Prise à la Clinique

Electrothérapique du Profr Bergonié.

L. J. 55ans, chaudronnier.

Le 8

Septembre dernier le malade était employé dans

un

atelier

de

charpenterie métallique et de chaudronnerie quand du haut d'une

poutre

il tomba

sur une

cornière, placée debout, qui pénétra dans

les chairs au niveau de la tête humérale et une luxation se pro¬

duisit. On letransporta

aussitôt

à

l'hôpital où le Dr Villar réduisit

la luxation sousle chlorjforme.Le bras futimmobilisé

pendant

trente jours. Au

bout de

ce temps

les mouvements étant très mal

revenus

on

prescrivit des frictions qui n'amenèrent

aucun

bon résultat.

Au moment de l'accident le malade atouché une indemnité de maladie

égale

à

la moitié de

sa

journée ordinaire. Au bout d'un mois

(26)

26

l'impotence persistant, le médecin de laCompagnie «La Préservatrice»

qui voit le malade

est

d'avis de continuer l'indemnité mais l'envoie à

la Clinique

Electrothérapique

pour

subir

un examen

électrique.

Réactions

électriques. Au courant faradique: Tous les

muscles

répondent à l'excitation. Pas de RD. Le

pro¬

nostic est très

favorable, quelques séances d'électrisation

et de massage

doivent

amener

la guérison. Le malade

reprend bientôt

son

travail.

(27)

CHAPITRE II

RADIOGRAPHIE

J'ai

remarqué depuis

que

l'on fait des radiographies et

en

particulier des radiographies de la main, lieu de pré¬

dilection des

aiguilles,

que

le chirurgien, tout en étant un

peu

plus renseigné

sur

la situation du corps étranger,

éprouvait souvent

une

certaine difficulté à le découvrir,

l'incision ne

correspondant

pas

exactement à la place occupée

par

le

corps.

Cherchant à m'expliquer ce fait il

m'a semblé que

la

cause en

était dûe à la radiographie

elle-même : en effet tout

d'abord

sur ce

radiotype il est

très difficile de voir à

quel point de la

peau

correspond

le corps

à extraire

car

la silhouette des os seule est

reproduite, ensuite la main tuméfiée ne rappelle en rien

son

image radiographiée et de plus la palpation peut être

tellement douloureuse

ou

difficile que le chirurgien ne peut sentir les métacarpiens. Pour toutes ces raisons j'a^

pensé

que

si l'on obtenait avec la radiographie des os la

trace des

lignes de la main (1), la recherche serait rendue

plus facile. Dans

ce

but j'ai collé avec du collodion (2),

(!)J'ai choisi ces lignes pour la simple raisonqu'on les trouvesurtousles

sujets

et

qu'il

est préférable de repérerparrapport à des plis existantet subsistanttoujours

qu'à des ljgnes

fictives, tracéesaunitrated'argentou au crayon dermographique,souventdisparues le jour de l'opération.

(a) Le Prof. Bergonié a utilisé lemêmeprocédé pourétudier les épanchements pleuré"

tiques (comptes rendus de l'Académie des Sciences,

Janvier

97.

Archives d'Elect. méd"-

Janv. 97.)

(28)

des fils de

plomb dans les plis cutanés palmaires d'oppo¬

sition du pouce,

de flexion de l'index et des trois der¬

niers

doigts

et

j'ai ainsi obtenu des lignes très nettes.

Mais ces

lignes

ne

suffiraient

pas

et

on

serait seulement

autorisé à dire que

l'aiguille,

par

exemple, est plus ou

moins

rapprochée

ou

éloignée de tel pli, lui est perpen¬

diculaire ou

parallèle

; on

n'aurait là qu'une indication

manquant de précision, aussi je crois qu'il est utile de procéder de la façon suivante.

Moyen pratique

pour

déterminer le siège d'un

corps

étranger de la main.

On

applique

avec

du collodion

un

fil de plomb très fin

dans l'un des trois

plis de la main,

ce

qui est chose facile, puis

on

fixe de la même façon

un

petit

morceau

de plomb

au

point de pénétration du

corps

étranger,

un

autre fil

sur l'un des

plis de flexion des doigts. Il

sera

possible

au

chirurgien

sans se

livrer à des calculs (évaluer des angles,

mener

des circonférences) de porter deux lon¬

gueurs

mesurées

au

scalpel

sur

le radiotype, l'une allant

du corps

étranger

au

milieu du pli de flexion du doigt

choisi ;

l'autre allant du point de pénétration

au

corps étranger, à l'intersection

on aura

le point où il faut inciser.

D'où

l'avantage si la main est tuméfiée,

comme

la radio¬

graphie est

une

projection des

os

sur un plan, de mesurer

au compas

d'épaisseur et de reporter

sur

cette main ; on

évite aussi de cette

façon de déboutonner à partir du point d'entrée si le

corps en

est éloigné.

Fait impor¬

tant pour

la radiographie, les quatre derniers doigts

doivent être accolés les uns aux autres,

le

pouce

seul

étant enabduction

forcée,

car

tout mouvement d'éloigne-

ment oude

rapprochement

par

rapport à l'axe de la main

modifie la

position des lignes

par

rapport

aux

métacar¬

piens et

au

moment de l'opération il est difficile d'obtenir

du

sujet la position qu'il avait

au

moment de la photo¬

graphie

.

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