Collecte totale des
contenusintestinaux chez le Porc
Automatisation de l’échantillonnage
et
de la restitution à l’animal
pour
uneétude cinétique de la digestion (1)
L. P. BORGIDA J.-P. LAPLACE
C.GERMAIN Monique DIEZ
Laboratoire de Technologie des Aliments des Animaux,
* Laboratoire de Physiologie de la Nutrition,
Centre national de Recherches zootechniques, 1.N.R...1., 78350 _Joi<y-e>i-_/osas (France)
Résumé
T,’intérêt potentiel du développement d’un système automatisé de collecte totale, échan-
tillonnage et restitution des contenus digestifs, est analysé dans la perspective de l’aitimal mono-
gastrique et plus spécialement de l’expérimentation chez le Porc. Cette réflexion repose sur l’étude
bibliographique des travaux d’ordre méthodologique réalisés chez les Ruminants, pour évaluer la technique de collecte totale et celle des marqueurs, face aux particularités physiologiques et comportementales du Porc.
Compte tenu des conclusions ainsi atteintes, la recherche des principes de fonctionnement d’un système automatisé de collecte des digesta est relatée. Leur mise en oeuvre a conduit à réa- liser un appareillage totalement automatique. L’analyse expérimentale de ses avantages et in-
convénients spécifiques amène enfin à l’élaboration d’un système sem.i-automatique qui s’avère
le mieux adapté à l’enregistrement chez le Porc. Cette semi-automatisation ne permet plus la parfaite simultanéité de la collecte, de l’échantillonnage et de la réintroduction qu’apporte l’auto-
matisme total; mais elle permet une parfaite représentativité de l’échantillonnage et une précision
meilleure (de l’ordre de 2à 3 p. ioo) des mesures de volume, et partant une meilleure estimation de la digestion de tel ou tel constituant alimentaire.
Les systèmes décrits restent assurément perfectibles. L’éventualité d’un asservissement de diverses manoeuvres à une mesure électromagnétique du débit des digesta est envisagée.
Introduction
L’une des deux
questions
essentiellesqui
seposent
pour l’étude del’absorp-
tion de tel ou tel nutriment concerne la nature, la distribution et
l’origine
dessubstances
présentes
dans l’intestin(R ERAT , CoxlttrrG, L APLACE , 197 6).
Lasimple
différence entre les
quantités ingérée
et excrétée d’un nutriment ne reflète pas (r) Requests for reprints to J. P. l!APLACr.nécessairement
l’absorption
par laparoi
intestinale.Aussi,
la connaissance de larépartition
des processus dedigestion
aulong
du tractusgastro-intestinal
estpri-
mordiale pour lacompréhension
desphénomènes d’absorption (F A icHrrEY, 1975 )
Une collecte
quantitative
des contenusdigestifs,
chez l’animalporteur
de canulesréentrantes,
autorise l’étudecinétique
du passage et de la transformation bio-chimique
desdigesta,
et celle de ladisparition
desproduits
de ladigestion.
Mais s’il est en théorie aisé de
réaliser,
dans ces conditions de collectetotale,
un
échantillonnage représentatif,
diverses difficultés doivent être surmontées : éventualité d’un effet lié à laprésence
même descanules, perturbation possible
desprocessus
physiologiques
par la dérivationtemporaire
desdigesta,
modification bien connue du débit à la canuleproximale
en fonction durythme
de restitution des effluents collectés. Nous avonsdéjà envisagé
l’influenceperturbatrice
de laprésence
des canules réentrantes(L APLACE , 1972 - 1975 ).
Il y a là une véritable certitude dans le cas de la fistulation de l’iléon terminal chez le Porc(L APLACE
et
B ORGIDA , z 97 6).
Il ne semble pasqu’il
en soit de même lors de fistulation duodé-nale,
sous réserve d’uneadaptation
à latopographie
viscérale del’espèce (L A rr.ncE, T
OMASSONE
, 1970 ),
mais cetaspect particulier
fait actuellementl’objet
de travauxexpérimentaux.
C’est pour
répondre
aux deux autres difficultés que nous avons tenté de déve-lopper
unsystème
automatisé decollecte, échantillonnage
et restitution desdigesta
à
l’usage
du Porc. Mais ilparaît
utile de situer ici l’intérêt de cetteapproche
parrapport
aux autrestechniques
courammentemployées
chezl’animal,
en l’envisa-geant
dupoint
de vue desMonogastriques,
enparticulier
duPorc,
àpartir
desdonnées
disponibles
chez les Ruminants. Ce n’est en effet que chez ces derniersqu’ont
été réalisées demultiples
étudesméthodologiques.
I. - Intérêt
potentiel
de l’automatisation desopérations
lors de collecte totale des
digesta
Schématiquement,
deuxméthodologies permettent
l’étude du débit desdigesta
en tel ou tel
point
du tubedigestif,
et d’unefaçon générale
du déroulement de ladigestion.
L’une consiste à extérioriser le flot desdigesta
en vue d’une mesuredirecte,
et utilise la fistulationréentrante;
l’autre fournit par le calcul l’estimation de cedébit,
par référence à des marqueursindigestibles (K OTB
etLucKE Y , 1972 ).
1
. -
Usage
des marqueursCette seconde
méthodologie
a été clairementdéveloppée
etcritiquée
par FA
icHNFi
( 1975 )
dans le cas des Ruminants. Ellepeut
être utilisée sousquatre
formes résultant des combinaisons de deux modes d’administration
(apport
continu ou dose
unique)
et de deux modes deprélèvement (prélèvement
inter-mittent des contenus en un site choisi ou
prélèvement
de tout le tubedigestif plein
au moment de
l’abattage). L’usage
combiné de la doseunique
de marqueur et del’abattage
n’estguère
utilisable que chez lespetites espèces
telles que leLapin (LA
PL A
CE
etL EBAS , 1975 ).
L’association de laperfusion
continue du traceur et del’abattage
estplus spécialement
intéressante pour l’étude des mouvements d’eau etd’électrolytes.
Des deux
techniques
utilisant leprincipe
deprélèvements intermittents,
l’une(apport continu)
s’avèreparticulièrement
intéressante pour la mesure des débitsde
digesta
chez lesRuminants,
et l’autre(dose unique)
pour la mesure destemps
de rétention ou des
rythmes
d’écoulement hors decompartiments
réservoirs.Mais toutes les
deux, quoique
bénéficiant del’avantage
de ne nécessiterqu’une
canule
simple
comme toutes lestechniques
de marqueurs, et contrairement auxRuminants,
conviennent très mal au Porc. En effet unprélèvement discontinu,
parexemple
de 5 mn toutes les 2 heures(E HO UI NSOU , 197 6)
a, chez cedernier,
fort peu de chance de
représenter
un volumesignificatif
au delà de la troisièmeheure
après
le repas en raison de l’intermittence des évacuationsgastriques (A UF -
F R A Y
,
MARTINET, R ERAT , I(!67
-L APLACE , T OMASSONE , I(!70). L’inadéquation
de ces
techniques
résulte de la discontinuité liée aux « repas n peu nombreux chez leMonogastrique (du
fait de laconjugaison
del’organisation
ducomportement
alimentaire propre à
l’espèce
et de l’influence des horaires dedistribution)
paropposition
aurégime
d’écoulementbeaucoup plus régulier
dans l’intestin despoly- gastriques.
z. - Fistulation réentrante
C’est donc
préférentiellement
vers laméthodologie
fondée surl’usage
decanules réentrantes que s’oriente l’étude de la
digestion
chez le Porc.L’analyse critique
de cetteméthodologie
n’aguère
été effectuée que chez les Ruminants.Mais toutes les données recueillies et discutées par MACRAE
( 1975 )
montrent que des collectes brèves de l’ordre de 12à 24 h sontresponsables
de réductions du débit dedigesta
de l’ordre de 15 à 30 p. 100, aveccompensation
ultérieure. Ilsemble même selon les résultats de EHOUINSOU( 197 6)
que laperturbation
du transitpersiste
durant4 8
henviron,
en raison d’uneinadaptation
de l’animal à la situation de collectetotale,
toute anomalie de réintroduction étant écartée. Cettepertur- bation, postulée
sur la base degrandes
variations de la concentration des mar-queurs dans les contenus
digestifs,
est confirmée lors de mesure directe du transit de la matière sèche.Il y a donc
là,
outre laplus grande complication
desmanipulations
liées à descanules
réentrantes,
un élément en défaveur de cetteméthodologie.
Mais il se trouvelargement compensé
par le fait quel’échantillonnage qui peut
être réalisé lors deprélèvement
continu(collecte totale)
estbeaucoup plus représentatif
des contenusdigestifs.
On évite en effet d’échantillonner un contenuparticulièrement
riche ensolides,
ou inversement trèsliquide,
comme cepeut
être le cas enprélèvement
dis-continu. Or nous avons vu
l’importance
chez le Porc de cephénomène
normal deséparation
desphases liquide
et solide(L APLACE
etT OMASSONE ,
1970 -LAPLACE,
I9%5) !
3
. - Vers un choix raisonné
En somme,
malgré
l’incertitudepesant
sur latechnique
de fistulation réen- trante(effet
de laprésence
descanules)
et saplus grande complexité
de mise enoeuvre, c’est bien la collecte totale des contenus, dans le cadre d’un
prélèvement continu, qui
est à rechercher chez le Porcprincipalement
en raison del’inges-
tion de repas peu
nombreux,
et en raison d’unequalité d’échantillonnage précieuse
dans une étude de la
digestion
de constituants alimentaires soumis à évolutionrapide (amidon,
matièresazotées...).
Il convient donc de parer auxperturbations
décrites chez les Ruminants lors de collecte totale à court terme
puisque l’analyse
du transit
gastro-intestinal
d’un repasd’épreuve
chez le Porcportera
sur 10 à12 h.
Deux solutions sont utilisables
qui
ont étéenvisagées
par MACRAE( 1975 ).
La correction des débits mesurés en collecte totale par
l’usage
de marqueurs en estune. Mais elle ne sera pas nécessairement
adéquate
en raison durisque
demigra-
tion non simultanée du traceur. L’automatisation des
opérations
deprélèvement, échantillonnage
et réintroduction constitue laseconde,
et sans doute laplus
inté-ressante, des deux
possibilités.
4
. - Les essais d’automatisation
Indépendamment
duproblème
de la durée desenregistrements
et de la con-trainte
qu’elle implique,
la collecte totale des contenusdigestifs,
avec échantil-lonnage
et restitutionautomatisés, apparaît
donc comme latechnique
de choixpour une étude
cinétique
de ladigestion
chez unmonogastrique
tel que le Porc.Cet intérêt
potentiel
est tel que diversappareillages
ont étéproposés
dans le cas desRuminants pour
lesquels
d’autresméthodologies
sontpourtant
satisfaisantes.Ainsi
EVANS,
AXFORD et OFFER(197 1 )
estimant nécessaire une correction des débits dans le cas de collectemanuelle,
ontproposé (A XFORD ,
Evnxs etO FFER , 1971
)
unappareillage automatique
mis en oeuvre chez le Mouton.Parallèlement,
T H
mExv et PorrcET
( 1971 )
ontdéveloppé
un autretype d’appareillage,
àl’usage
du Veau et du
Mouton,
avec tambour rotatif decollecte ; T AYLOR ,
WELLER etR
EID
( 1971 )
ont décrit unsystème ingénieux, porté
par leMouton,
avec réservoird’homogénéisation
au niveau de la canule elle-même etdispositif
d’échantillon- nage sur leprincipe
de laseringue. Puis,
CORSE et SuTTO!rqui soulignaient
en 1971la difficulté
d’interprétation
des résultats obtenus chez les Ruminants lorsd’usage
de marqueurs, ont dressé
(CORSE, 1974 )
un bilan deséquipements semi-automatiques
ou
automatiques;
sur cettebase,
ils ont élaboré pour la Vache unsystème
dérivé decelui d’AxFORD Evnrrs et OFFER
( 1971 )
dontl’usage (Su TTO rr,
YOUSSEF et Or.D-H A M
,
197 6)
fournit de meilleurs résultatsqu’une
correction des débits parl’usage
demarqueurs.
Selon MACRAE
( 1975 )
il est encoretrop
tôt pourprocéder
à l’heure actuelle àune évaluation
critique complète
del’usage
de ces diverssystèmes
pour les Rumi- nants. En l’absence totaled’expérience
chez lesMonogastriques,
onpeut ajouter,
aux motivations du choix
déjà évoquées,
que l’automatisationapporte l’avantage
de la simultanéité des manoeuvres de collecte -
réintroduction,
de leur repro-ductibilité,
et de la continuité d’unéchantillonnage rigoureux
sanstemporisation
excessive
(Z EBROWSKA
etal.,
1975 :prélèvement
d’unaliquote
de 5 p. 100 desdigesta
collectés en 30mn —H OLMES ,
BnYLEYetHO RNEY ,
1974 :prélèvement
d’unaliquote
de io p. 100 desdigesta
collectés en 15 à 60mn).
Compte
tenu de tous cesaspects,
unappareillage
utilisable pour les contenusduodéno-jéjunaux
du Porc a été réalisé.II. -
Développement
d’unsystème
automatiséà
l’usage
des contenusdigestifs
du porcI
. - Recherche des
Principes de fonctionnement
Le
problème
essentiel rencontré dans nos conditions avec unappareil identique
à celui de THmExD et PONCET
( 1971 ) réside, compte
tenu descaractéristiques
physiques
des aliments et des contenus de duodénum duPorc,
dans la décantationqui
survient dans lesgodets
du tambour rotatif de collecte. Cette décantation est d’autantplus
intense que l’évacuation desdigesta
estplus
lente et parconséquent
la rotation du tambour moins
fréquente.
Ces difficultésimpliquent
d’avoir recoursà une
agitation
continue desdigesta
recueillis et à unpompage
de lasuspension
ainsi entretenue, en accord avec
A XFORD ,
EVANSet OFFER( 1971 ).
Leurtechnique prévoit cependant
l’inversionpériodique
du sens de pompage pour lutter contre lesblocages
de la pompe. Face à ceproblème persistant,
nous avons choisi d’utiliser leprincipe
d’unbullage régulier
fractionnant la colonne fluide afin de réduire leplus possible
laséparation physique
desparticules
et duliquide.
Sur ces bases
(agitation continue,
pompage avecbullage)
unpremier appareil
a été élaboré
(fig. i) qui comporte
une pompeproportionnante
assurantparallè- lement,
defaçon synchrone,
trois fonctions par des tubes de calibre différent :a) prélèvement
de la fractionaliquote (5
p.100 ), b)
restitution à l’animal( 95
p.100 )
et
c) bullage
par 2 tubesdistincts, proportionnellement
aux débits à l’entrée des2autres voies. L’échantillon ainsi
obtenu,
et recueilli sur un collecteur de fractionsen fonction du
temps, présente
unecomposition
effectivement trèsproche
de cellede la collecte totale dont il
provient (tabl. z).
Lesdigesta
sontrenvoyés
à l’animalde
façon continue,
avec un faible délai(temps
de franchissement des tubes de 30 à 50sec.),
au travers d’un manchon chauffant thermostaté( 39 °C).
La réintroduc- tion dans l’intestin s’effectue pargravité
àpartir
d’uneampoule
ouverte à l’airlibre dans
laquelle
se déversent lesdigesta pompés.
L’utilisation de cet
appareillage
pour la mesure du transit de repasd’épreuve
nous a
cependant
montré la médiocrité des mesures de volume. Celles-cireposent
sur la seule lecture du volume de la fraction
aliquote,
rendue délicate etimprécise
en raison de
l’opacité
duproduit.
2
. - Automatisation
complète
L’application
desprincipes
retenusprécédemment
aguidé
la réalisation del’appareillage automatique
schématisé dans lafigure
2. Lesystème
utilisécomporte
en
particulier
la mise en oeuvre d’une mesure des volumes restitués à l’animal.Cette mesure est obtenue en
plaçant
à la base du réchauffeur une vanne à voielarge (diam.
int. 22mm)
et passagedirect,
dont le fonctionnement est commandépneumatiquement
par une électrovannepilote.
L’ouverture est déclenchée par des contactsplongeurs lorsque
le volume maximum admis(ajustable
de 2o à 100ml)
est atteint. La fermeture est tributaire du
réglage
d’un relaistemporisateur.
Cetensemble
permet
de libérer lesdigesta
par fractions constantes( 27
ml en o,jsec.).
La
fréquence
des ouvertures estenregistrée
parpériode
de io mn sur uneimpri-
mante à
horloge.
Aucune décantation au-dessus de la vannepneumatique
n’a étéobservée
grâce
àl’agitation
liée aubullage
dans la tubulure de retour à l’animal.Enfin,
à titrecomplémentaire,
il faut mentionnerl’usage
d’une enceinteréfrigérée
à - 30 °C dans
laquelle
estplacé
le collecteur des fractionsaliquotes
afin d’assu-rer un refroidissement très
rapide
desdigesta
destinés àanalyse.
Ainsi
complété,
cetappareillage
autorise deux contrôlesvolumétriques
com-plémentaires :
de la fractionaliquote
d’unepart ( 5
p. 100théoriques)
et de la frac- tion restituée au porc d’autrepart ( 95
p. 100théoriques).
Mais l’absence de toutsystème mécanique
alternatif ouintermittent,
obtenue par la continuité des 3 fonc- tions de pompage,permet
d’avoir une totale simultanéité de la collecte propre- mentdite,
del’échantillonnage,
et de la réintroduction.3
. - Précisio!z et inconvénients de l’automatisme total
La
précision
dusystème
a été testée par pompage etéchantillonnage
« invitro » d’un
mélange
alimentaire ou d’un contenu stomacalprélevé antérieurement,
additionnéd’oxyde
de chrome(Cr 2 0,)
adsorbé surpoudre
de cellulose(TissE-
RAND, CoLEOU et
Z ELTER , 19 6 2 ).
Ces essais ont été réalisés pour diverses condi- tions dedébit
de pompe afin de vérifier la nonséparation
des constituants à étu- dier dansl’appareillage.
Les échantillonsaliquotes prélevés
sur le collecteur de fractions ont fait individuellementl’objet
d’unepremière
estimation de la matière sèche parlyophilisation.
Les échantillonsregroupant,
pour un intervalle detemps plus long,
lesprises aliquotes initiales,
ont faitl’objet
ensuite desdosages
suivants :matière sèche
( 2 q
h à 70°C),
amidon selon EwERS( 1972 )
etCr 2 0 3
selon STEVEN-SON et CLARE
( 19 6 2 ).
Les résultats des diversdosages
effectués sur les fractionsaliquotes
sont étroitement corrélés avec ceux réalisés sur lemélange d’épreuve
initial
(tabl. i).
Cependant,
cette bonne estimation de la teneur des contenusdigestifs
en leursdivers
constituants,
àpartir
des fractionsaliquotes,
se trouve entachée de deuxdéfauts
qui
ont pu être constatés à l’occasiond’enregistrements
effectués chez5 porcs
préparés
selon LAPLACE et TOMASSONE( 1970 ) :
l’un concerne larigueur
del’échantillonnage;
l’autre tient à laprécision
des mesures de volume.Dans
l’appareillage décrit,
la continuité du pompagepermettrait,
enthéorie,
d’assurer le fractionnement de
chaque jet
de contenudigestif
sans délai et sansqu’intervienne
unmélange
avec l’écoulement immédiatement consécutif. Le pompage éventuel d’air entre deux évacuations dedigesta
nepourrait
provoqueraucune
perturbation compte
tenu de laconception
dusystème.
Mais il est excludans la
pratique
d’atteindre cesystème
« idéal » en raison de la nécessité del’agi-
tation continue évitant toute décantation nuisible tant
mécaniquement
que pour laqualité d’échantillonnage.
De ce fait lerécipient
decollecte,
danslequel
s’effec-tuent
agitation
etaspiration
par les tubes de pompe,comporte
nécessairementun volume mort minimum nuisant à la
rigueur
del’échantillonnage.
La
précision
relative des mesures de volume obtenues dans le cadre d’un telenregistrement automatique peut
être estimée par le coefficient de variation de lapente
de la droite derégression
entre les volumes libérés par la vanneélectropneu- matique
à la réintroduction et les volumes fournis par un contrôle manuel inter- médiaire a la sortie de la canule. Cetteprécision
reste modéréepuisque supérieure
à 5 p. 100
(tabl. 2 ).
Enfin,
lesprincipales
sources d’échec ou d’incidents onttoujours
été le fait des porcs dont le caractère très turbulent dans une situationexpérimentale exige
une surveillance
permanente.
Il est enparticulier
nécessaire de contrôler laposi-
tion de l’animal : le décubitus latéral
complet
sur le flanc fistulé conduit à l’arra- chement ou à l’écrasement des tubes. Les diverssystèmes
desuspension
ou balan-ciers ne
peuvent
limiter correctement les mouvementsprovoqués
des tubulures.Pour cette
raison, l’appareillage
a été remanié dans le sens d’une semi-automatisa- tion.q.. -- Semi-automatisation
Les modifications
apportées
dans le cadre d’un fonctionnement semi-automa-tique
concernent d’unepart
la collecteproprement dite,
d’autrepart
le pompage,comme le schématise la
figure
3.Les effluents
gastro-duodénaux
sont collectés pour des intervallesde
mnau cours de la
première
heurepost-prandiale,
ou de 10mnultérieurement,
dans uneéprouvette graduée
cequi
fournit une mesure du volume émis à la canuleproximale
avec une
précision
de l’ordre de 2 p. 100 seulement. Le contenu del’éprouvette
est transféré manuellement dans le
récipient d’homogénéisation (agitateur magné- tique)
où s’effectue unereprise
totale par les tubes de pompe avecbullage
selon leprincipe précédemment
décrit. Ce processuspermet,
à la différence dusystème automatique,
d’assurer que lesdigesta
soumis au fractionnement(!-gj
p.100 )
sontexclusivement ceux émis au cours de l’unité de
temps
considérée sanspossibilité
de
mélange.
Onpeut
donc dans ce cas être certain d’avoir un échantillonreprésen-
tatif du contenu recueilli
pendant
lapériode correspondant
au volumeprélevé.
Mais cet
avantage
est obtenu enrenonçant
à la continuité et à la simultanéité desopérations
auprofit
de latemporisation imposée
par la collecte(fractions
de 5 à10
mn).
La modification des
opérations
de pompage consiste à la fois enl’adoption
d’un pompage
séparé
des 2fractions(!
et 95p.100 )
et en la commande manuelle de l’un des inducteurs de débit. Leprélèvement
de l’échantillon est réalisé par unepompe
Minipuls
II GILSONHP 4 , équipée
de 4 tubes de même calibre( 2 , 7 g
mmint.).
L’un assure
l’injection
d’air par undispositif
en forme de « h »(Technicon R)
àl’entrée de
l’aspiration
desjus
intestinaux. Les trois autres sont destinés auprélè-
vement de l’échantillon.
L’opérateur
commande le fonctionnement de cette pompependant
untemps
constant de i mn à un débitaffiché,
déterminé par uneabaque
en fonction du volume mesuré. Ce contrôle
permanent
autorise unegrande préci-
sion de
l’échantillonnage (fraction aliquote
de 5,0p.ioo).
Le pompage des 95p. 100 restants est assuréséparément
par une pompeTransoméga
IIAqui
alimente le réservoir du réchauffeur au niveauduquel
intervientautomatiquement
latempo-
risation etl’enregistrement
desopérations
de restitution à l’animal. Laphotogra-
phie
del’appareillage (fig. 4 )
illustre lacomplexité
et l’encombrement actuels dusystème.
Dans ces
conditions,
les trois mesures devolume,
réalisées à lacollecte,
àl’échantillonnage
et à laréintroduction,
fournissent des résultatsconvergents
d’uneprécision
meilleure( 2
à 3p.100 )
que celle fournie par lesystème
entièrement auto-matique.
Les données ainsi obtenues en 8 h à la suite del’ingestion
d’un alimentpurifié, comportant
notamment 10,4 p. 100de caséinechlorhydrique
et6 7 ,5
p. 100 d’amidon de maïs, dilué par 2,5 fois sonpoids d’eau,
sontprésentées
dans lafigure
5. Laqualité
del’échantillonnage
assuré par cesystème semi-automatique
aété évaluée
(tabl. 3 )
de la mêmefaçon
queprécédemment
pourl’appareillage automatique,
pardosage
de la matièresèche,
del’amidon,
duCr 2 03,
ainsi que dupolyéthylène glycol (P EG 4000 )
selon SMITH(i 959 ).
Endéfinitive,
laprécision
d’es-timation de la teneur en amidon atteint 1,5 p. 100
(coefficient
de variation sur 10répétitions
de troiséchantillonnages
dumélange d’épreuve
et duprélèvement
aliquote).
Elle est de r,7 p. 100pourCr! Os,
de 7,7p. 100pour le PEG et de6,o
p. ioo pour la matière sèche.III. - Discussion et conclusion
A la lumière des essais et
expérimentations
réalisés chez lePorc,
avec l’un ou l’autre dessystèmes décrits,
onpeut
résumer leursavantages
et inconvénientsspécifiques
comme suit :- l’automatisation totale
garantit
une simultanéité de lacollecte,
de l’échan-tillonnage,
et de laréintroduction,
sans délai autre que letemps,
trèsfaible,
de franchissement des tubulures.Mais, indépendamment
du faitqu’une
surveillance étroite reste nécessaire en raison ducomportement
desanimaux,
larigueur
del’échantillonnage
n’est pas absolue et laprécision
des mesures de volume restemodérée.
- la semi-automatisation assure une
parfaite représentativité
de l’échantil-lonnage
et uneprécision rigoureuse
du volume de cette fractionaliquote, qualités particulièrement appréciables
pour une étudecinétique
de ladigestion.
Le contrôlehumain,
de toutefaçon nécessaire,
fournit aussi une utile lecture de volumepréa-
lable à toute
séparation.
Leprocédé
introduit unetemporisation ( 5
à 10mn) qui permet
en définitive d’obtenir lesqualités précitées
de l’échantillon.Si l’automatisme
complet
semble mieuxrespecter
la fonctiondigestive
enl’absence de toute
temporisation,
il faut reconnaître que, endépit
dudécalage
constant, lerythme
de restitution réalisé dans lesystème semi-automatique
resteaussi
proche
quepossible
durythme
d’émission à la canule. Aussi endépit
de cetinconvénient,
mineur en raison de larégularité
desopérations,
lesystème
semi-automatique paraît
le mieuxadapté
à toute étude dedigestion
chez le Porc en rai-son de la meilleure
précision (de
l’ordre de 2à 3 p.100 )
des mesures de volume et dela
représentativité
del’échantillonnage,
cequi
éviterait un recourssystématique
àune correction par des marqueurs.
Néanmoins,
il seraitprématuré
au terme de cetravail,
deporter
unjugement
définitif affirmant la
supériorité
dusystème semi-automatique
décrit. Sur unplan général,
il fautsouligner
que lesystème proposé
n’est pas actuellementapplicable
aux contenus de l’iléon du
Porc, compte
tenu desproblèmes
rencontrés à ce niveau(L
APLACE
etB ORGIDA , ig 7 6).
Ce casparticulier
devra être réexaminé en relationavec
l’application
de latechnique
de fistulationproposée
par IVAN(rg 7 q).
A noterque l’utilisation faite par ce dernier
(I VAN
etBowLArrD, 197 6)
de cette fistulation iléale consiste en une collecte parpériodes
de 60à 120mn cequi
suppose donc unerestitution différée d’autant. Il est vrai que
l’importance
des conditions derythme
et de volume à la réintroduction est très différente pour l’intestin
grêle
terminalde ce
qu’elle
est au niveau du duodénumproximal, point
dedépart
d’une intéro-ception particulièrement
riche.D’un
point
de vueplus technique,
onpeut s’interroger
sur l’éventualité d’une modification du transitdigestif
lors de mise en oeuvre de cesystème :
cette modi-fication est-elle
précoce
maistransitoire,
ou à l’inverse différée et liée à un usageprolongé?
Laquestion
estd’importance
chez le Porc àl’égard
destemps
d’évacua- tiongastro-duodénale
d’un repasd’épreuve.
Il seraégalement
intéressant de tes- ter le taux derécupération
d’un marqueuringéré
dans l’aliment. On pourra aussi examiner desaspects
de moindreimportance
tels que effet de la réintroduction parsimple gravité,
ou incidence dubullage (serait-il
àl’azote).
Plutôt que de
figer l’appareillage
décrit enmultipliant
les études méthodolo-giques
à sonsujet,
ilparaît opportun
d’enenvisager
dès àprésent
l’amélioration.La récente mise au
point
d’un débitmètreélectromagnétique spécialement adapté
aux débits de contenus
digestifs (PorrcE’r
etat., 1977 ) pourrait
en être l’instrument.Cette
technique
de débitmétrie estparticulièrement adaptée
à des études dephy- siologie
du débit dedigesta
en relation parexemple
avec desphénomènes
moteurset à l’exclusion de toute biochimie des contenus. Elle
peut
éventuellement chez les Ruminants autoriser une étude de bilandigestif
établi surplusieurs jours
avec desprélèvements
discontinus. Ce dernierprocédé
étantinadéquat
chez lePorc,
on nepeut
décrire par ce moyen lacinétique
de transformation des matériaux alimen- taires et dedisparition
desproduits
de ladigestion,
corollaire de lacinétique d’absorption
des substancesapparaissant
dans le sangportal (R ERAT , 1975 ).
Par contre, on
peut
tenter de réunir lesavantages
de la collecte totale selon unsystème plus
ou moins automatisé et ceux de la débitmétrieélectromagnétique.
Dans ce sens a été
envisagée (T HIVEND ,
communicationpersonnelle 1977)
l’association chez le Mouton de
l’appareillage portable
deT AYLOR ,
WELLERet
R
EID
( 1971 )
et du débitmètreélectromagnétique (Po!rcET
etal., 1977 )
pour par-venir à un
échantillonnage plus représentatif.
Dans le cas del’appareillage
semi-automatique
décritplus
haut àl’usage
duPorc,
la lecture effectuée au niveau durécipient
de collecte manuellepourrait
êtreremplacée
parl’enregistrement
du débitimmédiatement en amont de la canule ou sur la canule
proximale
elle-même. Cetenregistrement quantité /temps /débit pourrait
aisément déclencher le fonction- nement de la pomped’échantillonnage
en déterminant aussi son débit pour uncalibre standard de tube. Enfin ces mêmes informations mémorisées
pourraient
servir à
réguler
la réintroduction selon un modèle fidèle à l’émission des contenus.En
conclusion,
la collecte totale desdigesta
chez l’animaléquipé
d’une fis-tule réentrante s’avère
préférable
à toute autretechnique
chez le Porc pour une étudecinétique
de ladigestion.
En l’état actuel des travaux, c’est par une automa- tisationpartielle
des manoeuvresqu’est
obtenu le meilleuréchantillonnage
desdigesta
et non dans le cadre d’unsystème
entièrementautomatique.
En lui-mêmeperfectible
et devant fairel’objet
de diverses vérificationsméthodologiques,
lesystème proposé
devraitcependant
évoluer vers un automatismeplus complet
parasservissement de diverses manceuvres à une mesure
électromagnétique
du débitdes
digesta.
Accepté pour publication en mai 1977.
Summary
Total collection
of
intestinal contents inthe Pig.
Automatie
sampling
and restitutionof digesta
to the animalfor
kinetic studieso digestion
An analysis is made of the potential interest of developing an automatic device for total collection, sampling and restitution of digesta in monogastric animals and more especially in pigs. A
bibliographical
study of methodological works made in ruminants was carried out in order to estimate the most fitted technique for pigs (total collection or use of markers) on accountof the physiological and behavioural particuliarities of these animals.
The working principles of an automatic sampling system of digesta were determined and
a full-automatic apparatus was developed. After having analysed experimentally the specific advantages and disadvantages of this apparatus, a semi-automatic system, better adapted to recordings in pigs, was elaborated. Contrarily to the full automatization, this semi-automatic device did not lead to a perfect simultaneousness in the collection, sampling and reintroduction of digesta. However, the samples obtained were perfectly representative, and the measurements of volumes more accurate (2-3per cent more) leading to a better estim.ation of the digestion of such
and such dietary constituent.
The systems described can obviously be further improved. The possibility of using an electromagnetic device (digesta flow measurement) for controlling an automatic apparatus is
considered.