lentase :
LALOCALISATIOI{
DES SERVICES
f\n u
assisté, depuisles
dernières décennies,à
une hausse très rapide dela part
des\*,fservices
dansI'emploi, le PIB,
et les échanges intemationaux;
et ce, quel que soit le niveau de développement. Les services assurent aujourd'hui près des ffois quarls du PIB des économies les plus développées, et cette part représente rarement moinsd'un
tiers dans les pays en voie de développement. Les productions industrielle et agricole incorpgrent elles- mêmes de plus en plus de services, en amont ou en aval de la fabrication. On parle d'une ter- tiarisation de l' économie.Cette tertiarisation
s'explique par un
faisceaude
facteurs. Certains correspondentà
des mutations techniques (l'essor de nouvelles technologies del'information,
commeI'infor-
matique), économiques (élévation des niveaux de vie, accentuation de la division du travail), géographiques (l'urbanisation)
ou
socioculturelles (apparition dela
société deloisir
et de nouveaux besoins, etc.).Même si
l'on
s'intenoge sur les rôles respectifs des secteurs secondaires et tertiaires dans la croissance, les servicesn'en
sont pas moins le secteur qui domine, et de plus en plus nette- ment,l'économie. La localisation
des activitésde
services constitue donc une question essentielle en géographie économique.La localisation des services ne peut être présentée en même temps que celle des industries :
les deux activités présentent de profondes différences de nature,
qui
se traduisent par des facteurs de localisation différents. La première partie du chapitre présentela
spécificité del'activité
de service et examine, de manière théorique, les logiques de localisationqui lui
correspondent, particulièrement celle identifiée dans
le
modèle de Christallerdit
des lieux centraux.Bien
sûr, les modèlessimplifient
les processus de localisation de manière à les expliquer. Sans nécessairement remettre en cause la pertinence de la théorie deslieux
cen- traux, et souvent à la lumière de celle-ci, c'est en prenant en compte le contexte historiqueet culturel, en
intégrantles
mutations de I'espace, queI'on
peut espérer comprendre lagéographie des services. Les trois parties suivantes examinent cette géographie dans le cadre de
trois
grands types de sociétés (agricoles, industrielles, tertiaires). Tout comme dans les chapitres qui précèdent, cette typologie ne constitue pas une chronologie universelle, même si elle correspond grosso modo àI'histoire
du monde occidental.BIBLIOGRAPHIE DU CHAPITRE
Ouvroges de bose
BERRY B.J.L., Géogrophie des morchés et du commerce de dêî0i1, Poris, Armond Colin,
l97l
(éd. ongl. 1967),255 p.
GADREY J., L'Economie des services, Poris, Lo Découverte, 1992,127 p.
GHOST A. er MAC IIFFERTY 5.L., Locorion Sfrotegies for Retoil ond Service Firms, Lexington (MA) Lexington Books,1987,2l2 p.
MÉRENNE-SCHOUMAKER 8., Lo Locolisotion des services, Poris, Nothon, 1 9?6, I 91 p.
Ouvroges de rêférence
CHRISTALLER \N., Die zenlrolen 1rfe in SUddeutschlond, léno, G. Fischer, I 933 ; trod. ongl.: Cenlrol Ploces in Soulhern Germany, Englewood Cliffs (Nl), Prentice Holl, 1966, 230 p.
CIAVAL P., Lo Logique des villes. Essai d'urbanologie, Poris, Litec, 1 981. 633 p.
FOURASïÉ J., Le Grond Espoir du xre srêcle, Poris, Gollimord, I 963 (1
"
êd. 1947) , 37 5 p.I,ABASSE J., L'Espoce finoncier, Psris, Armond Colin, i 9/4. 302 p.
L0SCH A., Die roumiche lrdnung der Wirrschoft,lens, G. Fischer,
I940;
trod. ongl.:
Ihe Economics of Loculion, New Hoven, Yole UniversiTy Press, I 954, 520 p.T0RNQVIST G., Conloct Systems ond Regionol Developmenf, Lund. C.W.K. Gleerup, I 970, 1 48 p.
Ouvroges et qrlicles spéciolisés
ASCHERt elol.,LesTenifoiresdufutur,Poris,Éditionsdel'Aube/Dotor,
1993,i82p.
BAILLY A. et MAILIAT D., Le Secteur turtioire. en queslion, Poris, Économico, 1986, 133 p.
BECKOUCHE P., < De l'industrie ù l'industry. Élorgir l'ocception de l'industrie dons lo géogrophie fronçoise >, Géogrophie, économie, société, vol.1,
n'
2, 1 999, pp. 307-328.BONAMY
l.
et IMY N. (dir.), Services et mutstions urboines, Poris, Anthropos, 1994,283 p.DE BANDT J., Les Services dons les sociérés industtiel/es, Poris, Économico, 1985,237 p.
Dl MÉ0 G., Géogrophie sociole el lenilolet Poris, Nothon, 1998, 31 7 p.
JONES K. et SIMM0NS J., Locolion, Locotion, Locofion, Analyzing rhe Reloil Envirohmenf Scorborough (0N), Nelson Conodo, 1993,479 p.
SASSEN S., La Ville globole : New York, Londres, Tokyo, Poris, Descorïes et Cie, I 996 (éd. ongl. I 99 1 ), 531 p.
LES
DÊwmots
rccæur les (primafuel
(
positive- à
la
satiIl n'i
Gpoct y est
tuniàe i
&
sen-iceglrun
Th rdàe
bFitrs
3rr
Itt+sn
rÉÛ
LES LOGIQUES DES SERVICES
le cadre dqns les 1même
t967),
Fo
Et
Mim,
t),
'31 p.
LES LOGIQUES DES SERVICES
| - 'Lrs Acnv[És DE sERvtcE
r DÉprnrpNs
DEssERVlcEs
Le
secteurtertiaire,
constituépar les
services,peut
sedéfinir en creux : il
rassemble les activités
qui
ne sontni
liées à I'exploitation des ressources natu- relles (primaire)ni
aux activités de production et de transformations des biens matériels (secondaire).On
oppose ainsi < cols blancs> et
<< cols bleus >. De manière positive, ondéfinit le
service comme un produit deI'activité
humaine, destiné àla
satisfaction de besoins ne reposant pas surI'acquisition
de biens physiques.Il
n'implique pas de transformation de la matière et se présente sous un aspect immatériel (ce qui le distingue de l'industrie). Le recours à I'informa- tion y est constant : on y reçoit, donne, enregistre, vérifie, traite de l'information.Cette dernière intervient de deux manières dans
l'activité
de service. Le presta- taire de service peut simplement transmettre une information au client (presse, publicité, enseignement...).Il
peut égalementlui foumir
une prestation concrète fondée sur un savoir-faire, c'est-à-dire sur de I'information (médecine, réparation, et même commerce...).Activités tertiaires et secondaires sont souvent mêlées. Dans une usine, la fabri- cation relève du secondaire,
la
sécurité et le nettoyage sont des activités de ser- vice. Une usine qui fabrique du pain reléve du secteur industriel, le boulanger qui vend les pains fabriqués par l'usine relève des services ; le boulanger qui fabrique et vend son pain partage ses tâches entre le secondaire et le tertiaire.r CrasseuENTs
DEs sERVtcEsLe secteur tertiaire présente une grande hétêrogénéité:
s'y
retrouvent aussi bien le coiffeur, le garagiste, le restaurateur, le pilote d'avion, le banquier, I'assureur,l'agent
immobilier,l'informaticien, le
chercheur,le militaire, le
professeur, le médecin, l'éboueur, le comédien, etc.On peut classer les services de différentes façons. On distingue les services aux entreprises (recherche, conseiljuridique, gestion) de ceux rendus aux particuliers (santé, éducation, agence
de
voyages).On
opposeles
services marchands (commerce, professions libérales) aux services non marchands (administration, religion), dont la participation à l'économie ne passe pas par un marché : leurprix
n'est pas déterminé par I'adéquation deI'offre
et la demande etil
ne vise pas àcouvrir les coûts de production. Par ailleurs,
économistes, sociologues ou géographes ont isolé, au sein des services, certains sous-secteurs. Le secteur qua- temaire, ou tertiaire supérieur, est constitué par les services rares, de haut niveau, faisant appel à une main-d'æuvre très qualifiée (expertise, recherche, création...).A
I'opposé, on parle de secteur informel pour désigner des services qui ne sontI ,.,tffi
12. LA LOCALISATTON DES SERVICESpas intégrés dans l'économie
officielle
: ils demandent peu de capitaux, de maté- riel et de qualification ; ils se font souvent < au noir > (vente à la sauveite dans la rue' services domestiques, petites réparations, etc.). Les services informels peu- vent représenter plus de la moitié de l'économie de certains pays pauvres.2 - Lrs ExtGENcEs EN INFoRMATIoN
Qu'il
s'agisse d'utiliser la main-d'æuvre adéquate ou de contacter une clientèle,il
est toujours question d'acquérir et de donnei de I'information dans
I'activité
de service.r lnronunrx
Comment I'espa
vité
de service : l'interdépendanc dans I'informatir service nécessitt échange informi partout aussi far déterminant daa différemment se site et les échaq qu'elle mobiliseLes
activités&
naturelles,
et
fa dépendantes du rtourisme.
Tourisme
etrtourisme déperd milieu. Certaines visites guidées,
r
i
des sites naturd]
mauvaise gestilI
I
3-
Les logiques de différentes de c exemple cherch logiques de
loc
pour partieimr
problème du co du
fait
du rôle dr Locelrsan
Le
tableaucid
d'échange
d'inl
respondent-ils '!
face est nécessr des robots qui n effectuer un bq sont fréquents. l
se localiser à
p
liers,
il
suffrtç
munications
ç
port internador de la région
pe
la gare de RERBIENS N/ATÉRIELS emplacement équipement
BIENS IN/N/ATÉRIELS qualification, technologre, capital financier
vnncHÉ PHYSIOUE clientèle
r Urue MAIN-D'cEUVRE auAuFtÉE
L'activité de
service nécessite souventI'utilisation
debiens o,
équipementsmutériels:des
locaux, des ordinateurs, des véhicures...NéanmoiÀ, tour.",
équipements jouent un rôle moins central que dans la fabrication industrielle. Le service repose essentiellement sur du travail, et plus par-ticulièrement sur la partie immatérielle de celui-ci (qualifications, expérience). L'énergie physique importe moins. La première exigence des activités de service est donc ôelie d'une main_
d'æuvre disposant des qualifications nécessaires.
r Des Écnlxees
ENTRE pREsTATAIRES ET cLrENTsLe
service passe par un échange entre le prestataire et le consommateur (entre- prise, particulier). L échange porte souvent sur des informations:
les résultatsd'une
recherche,d'une
expertise, cl'un examen médical.Le
commerçantlui-
même produit essentiellement de I'information ; du point de vue du clieni. recou-rir
à un commerçantplutôt qu'à
un catalogue d,achat permet l'obtention d'informations supplémentaires surle
produitqu'il
désire acheter.L'activité
de service a besoin de se mettre en contact avec des usagers pour réaliser l'échange d' information.Le tableau du chapirre 5 (p. 166) identifiait quarre rypes d'informations, seion
la
fréquenceet la fàcilité
avec laquelleon
l'échange.On
peutfaire
correspondre un type d'activité de service à chaque type d,information.HÉrÉnoeÉruÉrÉ L'équipement, la main-d'æuvre qualifiée, Ies clients ne sont pas ubiqujstes et ieur prix et leur nature varient
main-d'æuvre qualifiée aux clients esl plus ou moins possible, difficile et coûteui
l-rrr*, l--->
objectirs+
besoinsLes biens et équipements matéricls nécessaires à I'ac- tivité de service expliquent
que
la
tertiarisation des sociétés contemporaines ne s'accompagne pas de désin- dustrialisation.Rythme
échange rare échange fréquent
.o.=
échange difficile et c0mplexe
1
bureau d'étude, centre de congrès,
centre d'examen
2 service financier,
coiffeu r
échange facile 3
archivage
4 service bancaire
simple
pitaux, de maté- iauvette dans la
'
informels peu-i
pauvres.TION
r une clientèle,
il
nns 1'activité de
CE
iû
équipements SmLrins. tous ces n industrielle. Le ment sur ia partie 3ily sique importe::lie
d'une main-oinmateur (entre- rns
:
les résultats;ommerçant
iui-
: Ju client, recou-;atalogue d'achat rp1émentaires sur
tiié
de service aies
usagers pourifiait
quatre types rtla facilité
avec"-orrespondre un çæ d'information.
LES LOGIQUES DES SERV1CES
r lruronultloN, sERVlcEs
ET ESPAcEcomment I'espace géographique
joue-t-il
sur ce qui constituele
cæur de I'acti-vité
de servicà: I'informâtion
? Lhétérogénéité etl'opacité
de I'espace, dont I'interdépendance â déjà été soulignée, se traduisent par des variations spatiales dans I'information disponible et dans I'aptitude à la transmettre. Telle activité de service nécessitetel
savoir-faire : elle ne le trouve pas partout.Elle
suppose tel échange informationnel entrele
prestataire etle client ;
cet échange n'est pas partoui aussi facile. Les besoins en matière d'informations jouent donc un rôle àéterminant dansla
localisation des activités de service.Or'
ces besoins jouent différemment selon la nature del'activité,
selon les qualifications qu'elle néces- site et les échanges sur lesquels elle se fonde, c'est-à-dire selon les informations qu'elle mobilise.Les
activitésde
service sont faibles consommatrices d'espace, de ressources naturelles,et
faibles productrices de rejets polluants.Elles
sont donc moins dépendantes du milieu que les activités agricoles ou industrielles, à I'exception du tourisme.Tourisme et milieu.
[activité de service que constitue le tourisme dépend parfois des ressources et des contraintes du milieu. Certaines activités touristiques (hôtels, restauration, visites guidées, vente de souvenirs...) sont directement liées à des sites naturels (Grand Canyon, Mer de Glace, etc')' Leur mauvaise gestion (constructions non contrôlées"'), la sur-fréquentation (réserves animalières) ou simplement leur évo- lution naturelle (ensablement de la baie du Mont Saint-Michel) peuvent conduire à terme à la disparition des activités touris- tiques. Les petites entreprises touristiques locales ferment et les investisseurs se délocalisent vers d'autres sites plus attrac tifs et prometteurs.
3 - Lrs tootctuEs DE tocALlsATloN
Les logiques de localisation des activités de services ne sont pas nécessairement différentès de celles des industries. Les acteurs des deux secteurs peuvent par exemple chercher à minimiser les coûts du transport et de la main-d'æuvre' Les logiques de localisation se distinguent toutefois souvent du
fait
dela
dimensionpoiiputti"
immatérielle deI'activité
de service, qui par exemplela
détache du p.oUtème du coût de transport des biens matériels, important pour I'industrie, et àufait
du rôle de I'information dans le secteur tertiaire'r LocALlsATloN
DEssERVlcEs sELoN
LEryPE o'Écueruee
Le
tableau ci-dessus distinguait quatre types de services selon les quatre types d'échange d'informationsùr
tesquelils
sè fondent.À
quelles localisations cor- respondént-ils ? Lorsque les échanges d'informations sont complexes, un face-à- facà est nécessaire. Un coiffeur ne peut par exemple pas commander à distance des robots qui réaliseraient des coupes pour sa clientèle, ni un médecin spécialiste effectuer un bon diagnostic sans rencontrerle
malade. Lorsque ces face-à-face sont fréquents, le pre-stataire de service, à I'exemple du coiffeur de quartier, doit se localiser àproiimité
de sa clientèle (tableau, 2).Lorsqu'ils
sont moins régu- liers,il
suffit que le prestataire se situe dans un lieu bien relié aux voies de com- municationsqui uttu."nt le
déplacement des personnes :TGY
autoroute, aéro- port international (tableau, 1). Àinsi, le centre d'examen de l'éducation nationale, àe ta région parisienne, se trouveàArcueil,
en proche banlieue etjuste à côté dela
gare de RER.J
12. LA LOCALISATION DES SERVICES
, tu;:ë isnllei lt&9îl94l9j',:"'
1
grapheéèsnomii&àlie'!,fiând .,qt:,. déyÈ,,lirpPt Tne-i
, théoiie:,absù.9iid,rdèr1àrbea,i.' ,,lisatoq
&s
$$,s.q!-uflèr:'iaf1uens..,âaièure,; en 1
,,géog
éc1dqgiq1tll :::ljàs,,1:itac.à,i:,:,:g,it4tfli!ë:.,è:t:'Âile@ '$
,ûr933L],,r,ç6,;:r,1$..l11,!h€or-iéÀt,tXt
1666le&1); {fl}-.;{.ffi::,,,.:,
Aire de chalnndise.' zone où
se trouve 1'essentiel des clients d'un service ou d'un bien. Actuellement, le rayon de l'aire de chalandise est par exemple de 300 m envi- ron pour un magasin d'ali- mentâtion et de 500 m Pour une supérette.
Les semices banah sont bon mæché, leur fréquentation
es régulière et leur Portée- limite courte (éPicier, bou- langer). Les semices << ano' msux >, (sàns règle), à forte valeur ajoutée, sont d'une fïéquentation inégulière, ou sélective selon 1a catégorie de population, leur Portée- limite est grânde (avocat,
médecin spécialiste...).
Lorsque
les
échanges d'informations sont facileset
fréquents,ils
peuventx
réaliser en utilisant les technologies de télétransmission de
I'information'
Po'u:rendre des services bancaires simples,
il
suffit par exemple à une centrale ba'r'- caife de disposer, 1à où elle est implantée, d'infrastructures de télécommunicatic- la reliant à des distributeurs automatiques pour échangerl'information
avecs+
clients dispersés (tableau, 4). En revanche, si les échanges sont faciles mais rare!- le prestataire de service peut adopter une logique de localisation indépendante
o:
1a distribution de sa clientèle (tableau, 3).
r L'IMPÉRAIIF
DELA DEMANDE : tA
THÉORIE DES LIEUX CENTRATIXÀ
I'exception des services fondés sur des échanges simples et ra"res, la localisa- tion des iervices s'effectue donc en fonction de 1'accès à la demande. commen:répartir
les
services de manière à desservir les clients ? Durant I'entre-deur-gùr.,
puis dans les années 1950, la localisation des services et des marché-s eL ionction dela
demande est au cceur de la réflexion d'une série d'économistes : Hotelling, Wulter Christaller,Palander, Lôsch. La plupart de ces réflexions furen:ensuite ràssemblées en un modèle cohérent dit théorie des lieux centraux oÛ dè>
places centrqles. On parle aussi du modèle de Christaller'
Cette théorie
part
de I'hypothèsed'une
population dispersée dans une plaine homogène.Efe
met"n *uu."
les notions de portée-limite et d'aires de chalan'itise,ét
démontre quela
meilleure solutionpour
queles
services dessen'eni I'ensemble de la population est une structure en nid d'abeilles, composéed'hela-
gones réguliers d^onl le centre est occupé par les prestataires de servjce. La tailleâ., h"*ugon.s
varie selon quele
service estbanul ou unomal.
Leslieux
de regroupeàent des services, au centre des hexagones, forment |es lieux centralL';qu"i oni donné son nom à cette théorie. Un grand hexagone, au
milieu
duquel :e irouu" on centre de service de haut niveau, se supelpose à des hexagones de taille moyenne, dans lesquels deslieux
centfaux fournissent des services de gamme intermédiaire, et à àe petits hexagones, dont leslieux
centraux offrent des ser- vices banals. La théoriè des lieux centraux a permis de comprendre pourquoi les villes, en tant que centres de services, se disposent de façon régulière et en réseau hiérarchisé, àia
surface des régions de peuplement homogène. Les modèles de gravité permettent, quant à eux, de mesurer la force d'attraction exercée par le:villes.
flques rassemblent aul
iu
Festival intematton irstribution des géogrt I-es services PeuYent :ertaines conformatio :rarlsparent, où la dig p-rpulation quelle queje
commerce ParIt
nême, dans un espa .'intérieur d'un cercl ru ésale à 2r Peutenl :érie"ur du cercle
:
il,dnsi,
au sein d'unesand stade ou d'unt
r
LES ÉCHELLES I Les critères et les I é;helles. Considém .elle. À l'échelle de inas, et où lescinq
lréer une universiti ']u en Périphénet
;ommerciale et de .ion déPend des i-n par aiileurs, on PrÉ Jans des rues alirn
sa1les' etc.
Les commerçants colnme les Pas:ai Français saYent
Ç
souvent auxan:l
Les kiosques de
I
géograPhie' au'si
F
Modèles de gravité et attraction urbaine'
Parmi les différents modèles gravitationnels qui visent à mesu- rer précisément la force d'attraction commerciale des villes et leurs aires de chalandise, le plus connu est celui de Reilly- Converse. Pour W.J, Reilly, la force d'attraction commerciale est proportionnelle aux masses urbaines en p' lsence (une ville
attire les clients de villes ou bourgs intermédiaires plus petits' en proportion de sa population). Cette force est inversement proportionnelle à la distance qui sépare la petite ville interm#
diaire de la grande ville {ci1 chap. 5). Dans le même cadre, PD Converse a élaboré une formule qui permet de délimiter la frontière des aires d'influence des villes.
i-*..',-,,,,
GI
n
Dans les s.'clË faibie Pan Je
I
de distrit''u:r.r tration.
jus:iJt
r DES
LOCAHSATTONStNDtFFÉnrrurrs À I'RCCÈS À le oçunruoc L
accès à la clientèle n'est pas nécessairement un problème Iil
n'est pas toujours un critère que les activités âe services doivent prendre en compte pour décider de leur localisation.certains types de services échappent à I'impératif de la demande. c'est, on I' a vu.
le cas des services fondés sur dès échanges simples et rafes. C'est aussi le cas des services uniques,
qui ne
connaissent pas de concurrenceet pour
lesquels les clients ou usagers sont prêts à parcourir de grandes distances' Les Jeux olym-s. ils
peuvent se nTormation. Pour .rne centrale ban- lécommunication ,rmation avec ses 'acilesmais rares,
r indépendante de
TX
CENTRAUX rares. 1a localisa- nande. Comment ent 1'entre-deux-t
des marchés en : d'économistes :ré1-lexions furent : ,etûrAUX OU deS dans une plaine aires de chqlqn-
lices
desservent omposée d'hexa-senjce. La taille ral. Les
lieux
de es iierlr- centreuxmilieu duquel se :\asones de taille :r'ices de gamme
r
tfTient des ser- rdre pourquoi les Liière et en réseauLes modèles de n e\ercée par les
t.A' DEMANDE r'est pas toujours e pour décider de
. C'est, on I'a vu, st aussi le cas des
rour
lesquels les Les Jeux olym-#
-r
:
.es plus petits, Ie
ef
inversement 1â:a
ville intermé- |] ne.ne cadre,
lilj.
FÊ'€1 de délimher
lâ
ET È È ÊI ...-.-**..-,.-!:GÉOGRAPHIE DES SERVICES DES SoCIÉTÉS AORICoLES
piques rassemblent autant de pays participants où
qu'ils
aient lieu. La localisation du Festival international de géographie à SainrDié-des-Vosges ne doit rien à la distribution des géographes.Les services peuvent également échapper à
I'impératif
dela
demande grâce à certaines conformations de l'espace géographique. Dans un espace parfaitement transparent, où la distance est abolie, un service peut desservir I'ensemble de la population quelle que soit sa localisation. Par exemple, les bureaux d'une société de commerce par Internet ne se localisent pas enfonction
de ses clients. De même, dansun
espace très hétérogène, oùla
population est très concentrée àI'intérieur d'un cercle de rayon r, les services dont la portée-limite est supérieure ou égale à 2r peuvent adopter indifféremment n'importe quelle localisation à
I'in-
térieurdu
cercle: ils n'en
desservent pas moins I'ensemble dela
population.Ainsi,
au sein d'une agglomération ou d'une région dense, la fréquentation d'un grand stade ou d'une grande salle de spectacle ne dépend guère de sa localisation.r Lrs Écuelles DEs LoereuEs
DELocAusATroN
Les critères et les logiques de localisation ne sont pas les mêmes à toutes les échelles. Considérons 1e cas d'une chaîne de cinémas qui veut créer une nouvelle sa[e.
À
l'échelle de la France, elle choisira uneville
oùil
y a encore peu de ciné- mas, et où les cinéphiles sont nombreux : par exemple, uneville
oùI'on
vient de créer une université.A
l'échelle de laville,
elle adopte une localisation au centre ou en périphérie en fonction des réserves et des coûts fonciers, dela
structure cornmerciale et de celle des réseaux de transport.À
l'échelle du quartier, la déci- sion dépend des immeubles disponibles et de leur prix, mais, toutes choses égales par ailleurs, on préfère situer une salle sur une place, à un carrefour très fréquenté, dans des rues animées de bars et de restaurants, à I'immédiate proximité d'autres sal1es, etc.Les commerçants savent bien que chaque rue a son bon ou son mauvais côté, tout comme les passants, qui préfèrent déambuler sur un trottoir plutôt que I'autre. Les Français savent que les bars
-
et, plus récemment, les succursales bancaires - sont souvent aux angles des rues, qui constituent des emplacements très recherchés.Les kiosques de presse se situent souvent aux sorties de métro, etc. Cette micro- géographie, aussi intéressante qu'elle soit, a peu été étvdrée.
GEOGRAPHIE DES SERVICES DES SOCIÉTÉS TCruCOLES
Dans les sociétés paysannes,
l'activité
de service n'occupe à plein temps qu'une faible part de la population, mais celle-ci détient un rôle clé, à travers la fonction de distribution (commerce), ou d'organisation économique et sociale (adminis- tration, justice).ffi
W
I2. LA LOCALISATION DES SERVICESDroit ile marché : au MoYen Âge, le droit de se réunir à des dates et horaires fixes, pour cornmercer, est fixé par les princes, contre Prélève- ments fiscaux.
| - LA DtFFlcutrÊ ors Écnanors
En l'absence de technologie de télécommunication, le déplacement de I'informa-
tion
n'est pas dissocié decelui
dela
matière.La
relation de service entre le prestataire èt l'usager ne peut être donc réalisée que par le déplacement de biens itettre) et de personnes (du prestataire ou du consommateur). Aussi' I'activité de service est très sensible à la distance.Comme le niveau technologique n'est pas très élevé, les qualifications nécessaires pour les activités de servicé nè sont pas rares : I'information technique, le savoir- iaire nécessaires pour effectuer le service sont rarement difficiles à mobiliser' Le problème,
"n .uiièrr
d'information, tient moins à la réalisation du service qu'ài'é.hung"
avec I'usager oule
client. Comment en effet être en contact avec la clientèlË alors quelei
moyens de transport sont encore élémentaires, et, que, du fait deI'activité
agricole dominante, la population est dispersée ?2 - Drs sERvtcEs lilNÊRANTS
OU INTERMITTENTS
Le colportage offre une première solution. Dans les sociétés agricoles, une grande part dàs
u.iiuitér
de seivicen'ont
pas de localisationfixe. La
dispersion de la population, la faiblesse de la demande, des capitaux, et le peu de transparence dei'rrpu"",
obligent beaucoup de vendeurs à être itinérants. Des colporteurs par- couient les viùages en colèc13nt ou distribuant du fer. des ustensiles de ménage, des instruments aratoires, des almanachs; les
services de dentiste, d'écrivain public, d'amuseur defoire
ou de réparations diverses peuvent être assurés de la même façon.ce
type d'échange se rencontre encore aujourd'hui dans I'espace rural, caractérisé par la dispersi,on de sa population et la faiblesse de sa demande : des services de commerce alimentaire, de prêt de livres, etc., sont ainsi assurés par des tournées de boulangers, d'épiciers et des bibliobus. Le commerce ambu-iant
demeure aussi uneforme
d'échange importante dans de nombreux pays d,Asie oud'Afrique. cette
solution est surtout bien adaptée aux échanges occa- sionnels.L
échange occasionnel peut aussi être opéré par une activitéfixe
mais intermit- tente.Ainsi,
dansle petit
bourg d'une campagne peu dense,la
faiblesse de la demande ne permet pas de tenir tous les jours un marché :il
n'est ouvert qu'un ou deux jours par seÀaine. Marchés aux bestiaux, foires diverses, etc., n'ont lieu que quelques jours Par an.3 - Drs sERvtcEs DISTRIBUES sELoN UNË TOGIGIUE CHRISTALLERIENNE
certains
services ont une localisation perÏnanente.une
partdu
commerce est localisée dansles villes. Ce
sont dansles
centres urbains également que se concentrent les fonctions administratives, ecclésiastiques et de justice.i t",
facteurs de localisation des services sont la protection qu'offrent les centresi
politiques d'une part, leur situation stratégique sur des voies de communication,, qul
pËrmettent l;approvisionnementet les
échanges avecla
campagneet
lesI
uutrËrvilles
d'autre part. Intervient aussi un aspect juridique, puisque ledroit
I
ale murché n'estdonné qu'aux villes. Cependant, de façon plus générale, c'est lathéorie des lieux cenr les sociétés agricoles Les hypothèses de d(
deux guerres, avant économies agricoles des Possibilités de n mentaires se situent possibles Par déPlac
Un
très grand noml mentaires àla
carnl chandises et des setqui
se démarquenr ffent les servicesrr
est occuPé Par ia c:
services adminisra faiblement différen
NOI
Toutefois,
certailr
rienne dans la mes Ainsi, au sein desoù que I'activit
chalandise le mèu
y
avoir recoursI
services n'est à a
industrielle donr r urbain est liée a
d
bourg marchand"tiques
et admhi
symbolique. .e
n
GI
DE$
Avec
f indrid
tion
dess:rf
réseau
chi"'C
tantes en
ri-'^{
{GES
3ment de I'informa- de service entre le iplacement de biens Aussi, I'activité de
ications nécessaires echnique, le savoir- :iles à mobiliser. Le ion du service qu'à
en contact avec la rntaires, et, que, du
TT5
rricoles, une grande La dispersion de la
de transparence de Es colporteurs par- tensiles de ménage, dentiste, d'écrivain rt êue assurés de la
l'hui
dans I'espace sse de sa demande :.
sont ainsi assurés e commerce ambu-de
nombreux pays aur échanges occa-fire
mais intermit-. la
faiblesse de la n'est ouvert qu'un rses. etc., n'ont lieuSEION {NE
t
du commerce est également que se e justice.L'oftient les centres de communication,
a
campagneet
les e. puisque ledroit
rs -eénérale, c'est la
GÉOGRAPHIE DES SERVICES DES SOCIÉTES I{DLSTR]E:]-- théorie des lieux centraux qui explique le mieux les localisations de service dans
les sociétés agricoles.
Les hypothèses de départ de Christaller, qui avait travaillé sur la Bavière entre les deux guerres, avant I'exode
rural
etf
industrialisation, sont bien adaptées aux économies agricoles, où la population est très dispersée.À
cause de la faiblesse des possibilités de transport,il
faut que les centres qui rendent les services élé- mentaires se situent à moins de 20 à 30 kilomètres pour que les relations soient possibles par déplacement à pied.Un
très grand nombre de petits centres urbains assurent donc les services é1é- mentaires à la campagne. Commeil y
a peu de monnaie, de diversité des mar- chandises et des services, peu de transport,il n'y
a que quelques lieux centrauxqui
se démarquent. Ce sont lesvilles
de commerce international, où se concen- trent les services marchands et financiers liés à cette activité. Le niveau supérieur est occupé par la capitale politique où se localisent, en plus, un grand nombre de services administratifs, religieux et politiques. La hiérarchie des services est donc faiblement différenciée, et le réseau tÈs régulier.4 - Dss rocAusATtoNs NON CHRISTATTERIENNES EN VIttE
Toutefois, certaines activités de service peuvent échapper à la logique christallé- rienne dans la mesure où I'accès à la demande n'est pour elles pas problématique.
Ainsi, au sein des rares espaces urbains, la densité garantit une demande élevée :
où que I'activité de service se localise, elle inclut dans sa zone
de chalandise le même nombre de clients potentiels (toute la population urbaine peuty avoir
recours auprix
de quelques minutes de marche).La
localisation des servicesn'est à
cette échelle pas christallérienne. Commepour la
fabrication industrielle dontelle
est indissociable,la
distribution du commerce en milieu urbain est liée à des aspects socioculturels, qui la contraignent à demeurer dans le bourg marchand, dans des rues de métiers. Les fonctions ecclésiastiques,poli-
tiqueset
administratives, activités noblesqui
comportent uneforte
dimension symbolique, se regroupent quant à elles danslacité.
at
,n,
:ui
a)tGEOGRAPHIE DES SERVICES DES SOCIÉTÉS NVNUSTRIELLES
Avec I'industrialisation, les moyens de communication s'améliorent. La distribu-
tion
des services s'explique encore parla
théorie deslieux
centraux, mais le réseau christallérien se déforme. Les transformations sont encoreplus
impor- tantes en milieu urbain.il
ilI
I ffi;* -!r"j 12. LA LOCALISATION DES SERVICES
I - tA oÉronmATtoN ou nÉsrnu
CHRISTALTERIEN
r Ln nÉoucnoN
DEs AIREsHEXAGoNAIES
L
élévation de la consommation, des niveaux de vie et des densités qui accompagnef
industrialisation se ftaduit par une augmentation de la demande, et donc une dimi-et non plus seulement pour les habitants des campagnes environnantes.
La révolution des
transportsse
traduit d'autre part par la mise en place d'axes de transport privi- légiés, le long desquels les aires de chalandise s'allongent'2-Ltst
Les activités de se acquièrent une
plu tion
de l'espace u rural, la superficie pace urbain sont u à tous les services Puisquela
dessert I'impératif de la ,ù une logique christrAinsi,
au-delà du certaines actir ités répartissent ré-suli services banals '.'' I'acheteur est p1u merces de luxe, nAu
sein de 1'enre la périphérie urba gestion, commerc à elles, groupées i uns des autres.it
plexes. C'est au c pour les relati.rn
ailleurs, les
font exemple)tiennel
En conséquence.bureau se dét'ek Londres.
Coruu
s'éloigner de ces
DI
Les services s.rt fication de
la J
adopter des
niu
quasi-industria phique, cono'airGE (à
nution de la taille des aires de chalandise. Une superficie.&*r*;..'
plus réduite suffit pour rassembler la clientèle nécessaire à^^^
-L*-t],
ia rentabilité d'une activité de service. Des prestataires plusI ,i I O I O:l-â tÀ'Â,
nombreuxpeuventapparaîtreetentrerenconcunence;la maille du réseau des lieux centraux se resselre.r LR plus GRANDE
IRRÉGULARITÉDU
RÉsEAULa régularité géométrique du maillage hexagonal devient moins nette, parce que l'espace perd en homogénéité et en isotropie. Avec le début de l'industrialisation et de l-'urbinisation, la répartition de la population est moins égale sur le territoire.
Les services se concentrent là où s'agglomère la population (les métropoles)' La
ville
devient elle-même un marché important ; les services fonctionnent pour eller Uxe HtÉRARcHlsATloN oul sE MoDlFlt
La hiérarchie des
lieux
centraux évolue.Elle
s'accentue, à cause du poids plus important des centres de niveau supérieur, et elie s'affine avec la multiplication des niveaux de places centrales.L'information voyage plus sûrement et rapidement, grâce à I'apparition de nou- veaux moyens de communication tels que
le
chemin de fer, le télégraphe. Dans 1'adminislration, ou dans certaines entreprises,il
devient moins nécessaire d'en- tretenirdu
personnel dans des villes-relaisqui
collectent,trient,
résument et envoient les informations. Ce personnel peut désormais ne résider que dans les lieux centraux de niveau supérieur, par exemple dans les villes capitales.Une seconde évolution explique l'élévation de
la
concentration des activ.ités de service dans les grandes agglomérations. Le développement industriel, celui des échanges, s'accompagnent de l'essor d'une demande en services commerciaux, administratifs, financiers. Cette demande provient essentiellement des grandes entreprises,qui
sont implantées dansles
métropoles.L
échange complexe et fréquent d'iniormations réalisé par ces nouvelles activités de services avec leurs clients les conduit à une concentration urbaine. C'est dans ces mêmes grandesvilles
que les entreprises et les administrations trouvent la main-d'æuvre quali- fiée, apte à remplir ces fonctions d'échanges d'informations complexes' Au total,le
coniraste s'accroît donc entrela
gamme de services qu'offrent leslieux
cen- traux situés au sommet de la hiérarchie et celle des centres de niveau inférieur.Uaccroissement de la demarrde en services
lié
à celui du niveau de vie engendre aussi une diversificationde l'offre en
services.La
hiérarchie,plus fine,
des services, setraduit
géographiquement par unemultiplication
des niveaux des places centrales.r,r?riMw
EAU
sqtu
accompagne ,etdonc une dimi- æ. Une superficie mèle nécessaire à sprestataires plusr
concurrence ; la stetre.r netfe, parce que
ùstrialisation
et eslr
le territoire.s métropoles). La tirnnent pour elle s des campagnes
rynrts se
traduit le transportprivi- dise
s'allongent.ae du poids plus
h
multiplicationpuition
de nou- Éégraphe. Dansnécessaire d'en- gtrL ré5rrment et det que dans les qtitales.
des activités de ustriel, celui des
s
commerciaux, ent des grandesç
complexe etvices avec leurs rr€mes grandes
rd'æuwe
quali-ftxes.
Au total,t
leslieux
cen- rcau inférieur.de vie engendre ,
plus fine,
desbs
niveaux des2 - Lrs rocAusATtoNs cHRrsrArrÉRENNEs EN VIttE
Les activités de services profanes, jusque-là reléguées dans re bourg marchand, acquièrent une plus grande liberté dans leur localisation du fait de la désacralisa-
tion
de l'espace urbain. Par ailleurs, à cause de l'industrialisation, de I'exode rural, la superficie des villes croît considérablement. Les distances au sein de I'es- pace urbain sont trop importantes pour permettre à chacun d'accéder facilement à tous les services présents dans la ville, dans quelque quartierqu'ils
se trouvent.Puisque la desserte de la population urbaine par les services est problématique,
l'impératif
de la demande pèse sur les localisations de ceux-ci, qui adoptent donc une logique christallérienne à l'échelle de l'espace urbain.Ainsi,
au-delàdu vieux
centre, dans les nouveaux faubourgs, se développent certaines activités de services venuesy
desservir les consommateurs:
elleJ s,y répartissent régulièrement selon la logique christallérienne.Il
s'agit surtout des services banals (comme les communes de proximité), pour lesquels le rapport à I'acheteur est plus fréquent et direct. Les services anomaux (comme les com- merces de luxe) restent au centre.Au
sein de I'entreprise, les fonctions de fabrication tendent à se délocaliser vers la périphérie urbaine. Les fonctions de service, internes à l'entreprise (direction, gestion, commercialisation) ou externes (finance, conseil juridique) restent, quant à elles, groupées au centre-ville. ces services doivent se localiser à proximité les uns des autres, carils
échangent fréquemment entre eux des informations com- plexes.c'est
au centre des grandes villes que I'accessibilité est aussi la meilleure pour les relations avec des partenaires économiques venus de I'extérieur. parailleurs, les fonctions de
commandement (sièges sociaux des banques, par exemple) tiennent à rester au centre pour des raisons d'image de marque.En conséquence, des quartiers presque exclusivement occupés par les activités de bureau se développent dans
les
centres des grandesvilles, ainsi ra city
ite Londres. commela
demande en bureaux est très forte et queI'on
se refuse às'éloigner de ces quartiers, on y construit de buildings de plus en plus haut.
GEOGRAPHIE DES SERVICES DES SOCIÉTÉS TENUAIRES
Les services sont désormais touchés par les progrès de la productivité. La massi- fication de
la
demande, les progrès techniques (informatique) les conduisent à adopter des modes de production proches de ceux de I'industrie, à devenir des quasi-industries.ces
évolutions, alliées à celles que connaît I'espace géogta- phique, conduisent à un bouleversement de la localisation des services.GEOGRAPHIE DES SERVICES DES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES
w
La Ciû de Landres es| le premier exemple historique
de
spécialisation, quasi exclusive, d'un quartier cen-tral. dans les fonctions de services financiers et direc- tionnels. Le terrne de ci4t
désigne aujourd'hui tout phénomène du même fype.
Les
premiers buililings apparaissent à Chicago età New York à
la fin
duxrxe siècle,
à
I'initiatived' entreprises de services.
Quasi-indtstrie .. activité de service dont
le
fonction- nement (organisation de la production, logique de ioca- lisation, etc.) rappelle celui des industries.ffi
t2. LA LOCALISAT]ON DES SERVICES| - HlttousrRlAttsATloN DEs sERvlcEs r LrS
CAUSES DE L'INDUSTRIALISAIION DES ACTIVITÉS OE SCNVICES Les activités de service ont tendance à < s'industrialiser >, c'est-à-dire à emprun- ter à I'industrie ses modes de production' Cela tient à trois facteurs'Le
premier est I'accroissement dela
demande des particuliers. conformémenr au* théo.ies d'Engel et declark (cf.
chap.4), l'élévation des revenus conduit à celle de la consommation de services : c'est désormais à une demande de masse que les services doivent répondre. Elle ne peut être satisfaite par les méthodes qui prévalaient jusqu' alors.Ledeuxièmeestl'augmentationdesbesoinsenservicesdelaproductionindus.
trielle elle-même. Avec la mise en place des modes de production postfordiste:'
""tt"-"1
s'organise en fonction deia
demande.La flexibilité
etla
qualité de la proàu.tion tËnt"nt de répondre à ses exigences. Les fonctions de commerciaiisa-iion,
Oe recherche-déveioppement, celles qui favorisent les interactions (senice aprjs_vente, conception avèc te client, transport) acquièrent une importance nou- vel1e ; les activités de service se développent au sein de I'entreprise industrielle (tertiaire industriel) ou en relation avec celle-ci (services marchands aux entre-prises).Lesentreprisesindustrielles,quiincorporentdésormaisl'activitédeser-
vice à celle de production, appliquent à la première les logiques de rationalisation de la seconde.De la standarl
masse: I'exen;
demande touristique i voyages, comme le O dardisation des Prod sélours tout-comP'ri années 1980, les cu s'accommodent md t
Recherche-iléveloPPement i (R-D).'ensemble du Proces- l sus qui, de
la
recherche 1 fondamentale à ia recherche i appliquée et au déveloPPe- ! ment industriel, Permetla
Idécouverte. I'invention et ses : appiicationséconomiques. ;
lndustrialisation des services.
un exemple deschangements d'organisation des activités de services peut être
trouvé dans le développement d'une logique taylorienne' assez paradoxalement au moment oùr elle décline dans les activités de fabrication.
périphériques à la production (étude, méthode, administration des ventes). lJobjectif est de les rendre désormais transparents à la direction, de manière à ce qu'elle puisse mesurer la pre ductivité de ses ingénieurs et cadres et pouvoir aisément les remplacer. Par exemple, on peut évaluer strictement le temps nécessaire à un ingénieur pour concevoir un dessin grâce à un logiciel.
i
Dans certaines entreprises, on tente ainsi de normaliser' de1
i
aetnit strictement les tâches et les postes, dans les domainesË
;*, *"*",,*"-,'*
Le
deuxième efiet possiblela
séParr composantes relatit division du travail I\a séparation enue, coordination entre tbrme postfordiser gie la
coordinati'r
rentes formes ded
années 1980et l!
tâches spécialiséei d'information. chr
2 - MUT,
r UN esPRce
tAutant
-
etmêr
bénéhcient de
l'l
En effet, les
seni rent
unerelaiior
plus sensible àia
Ents, car ils Perr l'échanged'inla
désormais être
tl
rlettre, voYager:rl
r De ruourrg
La diminution d l'hétérogénéité
I
ser à Peu Près P
creusent entre
I
jours Plus inégC pays déveloPPÉ les consommalt Une seconde év dans les sen'icr monùe,\esPa;
plus rare dans régions disPoa risée Par un ni
Lenjeudecetteréorganisationestcrucialpourdesentreprisesindustriellespour
f"rqu"ft"t
les activitéi de fabrication proprement dites ne procurent plus souventil{;"
part réduite de la valeur ajoutéè, et qui comptent plus d'employés dans ies bor.uo^ d'étude que dans les ateliers'Enfin, cette évolution vers < I'industrialisation > des activités de services est favo-
;A ;"t
le progrès technique. Uinformatique, la bureautique' la télématique ontp"r,ni,
d,élËueipour laprÀière
fois la productivité dans les services.c'est
dans ies activités de tiaitement de I'information que le mouvement est le plus net'r
LES EFFETS DE L'INDUSTRIALISATION DES ACTIVITÉS OT SCNVICçS Unpremiereffetdel'industrialisationpor.tesurlastandardisationdesproduitsdeservice. Celle.ci est toutefois limitée par deux facteurs. Premièrement, 1'activité à"
."rui."
incorporant de plus en plus àe matière grise, elle devient plus complexe"i ," prêt"
moins àla
standardisation' Deuxièmement' l'élévation du revenu se poursuivant, les consommateurs demandent de la différence et sont plus exigeantsiu.
taqu*iie.
La solution adoptée par I'entreprise de service consiste souvent à standardiser à l'amont, et àdiffér;ncier
le produit de service àI'aval' on
parlede sur-mesure de masse.
t'kaw
GÉoGRAPHIE DES SERVICES DES SoCÉTÉS TERTIAIRES
vlcEs
DE SERVICES
dire
à emprun- trs.Conformément çenus conduit à nande de masse es méthodes qui nduction indus- rn posrfordistes,
la
qualité de la commercialisa-?ctions (service mporlance nou-
rise
industrielle rands aux entre- l'activité de ser- le rationalisationle. administration rais transparents e mesurer la pro- volr aisément les ctement le temps
De la standardisation au sur-mesure
demasse : l'exemple du tourisme.
L'explosion de la demande touristique et la formation de grandes agences de voyages, comme le Club Méditerranée, a conduit à une stan- dardisation des produits touristiques:
voyages organisés, séiours tout-compris, destinations privilégiées... Dans les années 1980, les consommateurs, devenus plus exigeants, s'accommodent mal de cefte uniformité, ressentie comme uncarcan. Nouvelles Frontières obtient une grosse part de marché en proposant des produits plus individualisés (pour les ama- teurs de trekking, pour les amoureux des vieilles pierres...) dans le cadre de petits groupes et vers des destinations plus origi- nales. ll s'agit de sur-mesure de masse, car les réservations pour les hôtels et les avions sont toujours négociées dans les mêmes (grandes) quantités : c'est sur place, dans le pays de destination, que les agents différencient le produit touristique.
Le
deuxièmeeffet, lié à la
productionde
massede
services,est de
rendre possiblela
séparationdu
processusde
productionde
servicesen
plusieurs composantes relativement autonomes. Comme dans I'industrie, deux formes de division du travail sont employées. Celle de type taylorien ou fordiste privilégie laséparation entre les fonctions de cadre et les tâches peu qualifiées, avec peu de coordination entre elles;
Ç'estle
cas dans les banques et les assurances. La forme postfordiste repose sur une structure plus organique, en réseau, qui privilé- giela
coordination entre des tâches moins nettement différenciables. Ces diffé- rentes formes de division du travail ont progressé dans les services, au cours des années 1980et
1990. Comme une activité de service donnée se segmente en tâches spécialisées, chacune caractérisée par des besoins spécifiques en matière d'information, chaque tâche peut suivre une logique de localisation différente.2 - MurATroNs DE L'EspAcE GÊoGRApHtcluE r
UTrI ESPACEMOINS
OPAQUEAutant
-
et même plus-
que toutes les autres branches d'activité, les services bénéficient de l'amélioration des moyens de transport et de télécommunication.En effet, les services se fondent sur un échange d'informations qui implique sou- vent une relation humaine. Or,
le
déplacement des hommes est celuiqui
est le plus sensible à la distance.L
automobile, I'avion, le TGV ont des impacts impor- tants, car ils permettent un déplacement plus rapide des personnes engagées dans l'échange d'informations complexes. Parallèlement,I'information
simple peut désormais être transportée très vite, et sans passer par un intermédiaire matériel (lettre, voyageur), grâce aux télécommunications.r De ruouvELLEs FoRMEs D'HÉTÉRoeÉruÉrÉ
sPATIALELa diminution des écarts entre les genres de
vie
des populations tend à réduire l'hétérogénéité spatiale de la consommation. Les prestataires peuvent doncdiffu-
ser à peu près partout les mêmes produits. Cependant, les écarts de revenus se creusent entre les pays, et la répartition des consommateurs de services est tou- jours plus inégale à l'échelle mondiale. Ils sont de plus en plus nombreux dans les pays développés. Au sein de ceux-ci, les grandes métropoles urbaines concentrent les consomrnateurs de services les plus riches et les plus exigeants.Une seconde évolution porte sur le marché du travail. La main-d'æuvre employée dans les services est de plus en plus différenciée dans I'espace.
A
l'échelle du monde, les pays développés proposent une abondance de main-d'æuvre qualifiée, plus rare dins les puyt"n
voie de développement.À
1'échelle des pays, certaines régions disposent d'une main-d'æuvre spécialisée dans un domaine, ou Çaracté- risée par un niveau de qualification homogène. Dans les grandes métropoles, lesDans les banques et les assurances,
la
séparation entre les tâches qualifiées, de direction, d'échanges avec le client, et celles peu quali- fiées, de traitement de don- nées, est connue sous les termes de : front ffice/back ffice.I-es contacts entre les deux types de fonction sont seulement directifs ou de routine.ctement le temos
'*
I dessin grâce àun
Fi
--:
ndustrielles pour ent plus souvent mplol és dans les ten'ices est favo- r télématique ont vices. C'est dans
;t le plus net.
DË SERVICES n des produits de rement, 1'activité
nt plus complexe