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La vigilance « crues »

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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BILAN 2020

La vigilance

« crues »

(2)

L

es événements météorologiques dangereux qui touchent régulièrement le territoire français peuvent avoir des conséquences graves pour les personnes, les biens et l’ac- tivité économique. Le dispositif de vigilance mis en place vise à informer la population et les pouvoirs publics en anticipa- tion d’un phénomène pour adapter les comportements et limiter les impacts. En traduisant le niveau de danger estimé pour un territoire donné, la vigilance complète les prévisions météorolo- giques.

La vigilance progresse par retours d’expérience. Le bilan de la vi- gilance « crues » est diffusé pour la première fois à l’intention du grand public pour l’année 2020 et il le sera désormais chaque année. Il s’articule avec le bilan de la vigilance météorologique publié chaque année par Météo France, qui intègre tous les phé- nomènes couverts par une vigilance et le précise pour les crues.

Ce bilan spécifique est ainsi une occasion de mieux faire connaître le dispositif de vigilance propre aux débordements de cours d’eau et les événements marquants de 2020.

Cette année 2020 a été marquée par deux épisodes cévenols majeurs, de niveau rouge, en septembre dans le Gard et en oc- tobre dans les Alpes-Maritimes. Le secteur du sud-ouest a été, quant à lui, concerné par plusieurs épisodes de niveau orange.

Les épisodes hydrométéorologiques ont été nombreux ces der- nières années, en particulier sur l’arc méditerranéen. En 2018, 12 des 19 services de prévision de crues (SPC) ont été mobilisés en janvier par des vigilances de niveau orange ; 5 à nouveau en juin ; l’Aude et ses affluents ont connu des crues exceptionnelles avec un niveau de vigilance rouge en octobre. Durant le dernier trimestre 2019, ce sont plusieurs épisodes consécutifs qui ont mobilisé 11 des SPC avec un niveau de vigilance orange et 2 avec un niveau de vigilance rouge, dans le sud-ouest et surtout le sud- est de la France.

Tous ces événements soulignent – par leur gravité, leur étendue et leur fréquence – l’importance du dispositif de la vigilance

« crues », qui s’appuie sur un travail de longue haleine, hors crue, pour assurer que le réseau de surveillance soit opérationnel et en amélioration continue. La fréquentation du site Internet Vigi- crues, avec des pics de consultation de 15 millions en 2018 lors des crues sur le bassin parisien, et de 10 millions en 2020 atteste également de l’utilité de cette information.

Le dispositif de la vigilance « crues » a connu, en 2020, des avan- cées : ouverture du service en Corse en septembre, intégration de nouveaux cours d’eau surveillés – Canche, Arve et Vendée notamment –, intégration de la Guyane sur le site Vigicrues. Des avancées techniques ont été programmées, début 2021, avec la possibilité de recevoir des avertissements personnalisés pour chaque citoyen.

Ce dispositif a vocation à encore progresser pour répondre aux besoins du grand public et des autorités en charge de la sécurité des personnes et des biens.

ÉDIT ORIAL

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

La Garonne à Toulouse.

(3)

LA VIGILANCE, EN AMONT DE LA CHAÎNE D’ALERTE

Un dispositif

d’avertissement qui contribue à la culture du risque

Des événements météorologiques dangereux touchent régulièrement le territoire français et peuvent entraîner de graves conséquences pour la sécurité des personnes, l’intégrité des biens et l’activité économique. Mise en place en octobre 2001 par Météo France, la vigi- lance est conçue pour informer la population et les pouvoirs publics en cas de phénomènes météorologiques dangereux en métropole dans les prochaines 24 heures.

En traduisant le niveau de danger estimé pour un territoire donné, l’information de vigilance complète les prévisions météorologiques. Les critères de déclenchement sont définis ex ante, en lien avec les autorités locales de ges- tion de crise. La vigilance vise à attirer l’atten- tion de tous sur les dangers potentiels d’une situation météorologique et à diffuser les pré- cautions pour se protéger. La vigilance est également destinée aux autorités (services de la sécurité civile, autorités sanitaires, élus lo- caux) qui peuvent ainsi alerter et mobiliser respectivement les équipes d’intervention et les professionnels et structures de santé.

La vigilance s’appuie sur un travail mené par Météo France, à la demande de l’État, après les tempêtes de décembre 1999 qui ont mis en évidence qu’une information sur le niveau de danger aurait pu limiter les conséquences dramatiques de ces événements pour la po- pulation. Il a été alors décidé de mettre en place un dispositif visant à informer simulta- nément la population, les pouvoirs publics et

SOMMAIRE

les médias. En apportant l’information qui permet à chacun d’adapter son comporte- ment, la vigilance est une composante impor- tante de la culture du risque.

AVERTISSEMENT OU ALERTE ?

La vigilance météorologique est souvent assimilée à un dispositif d’alerte. Les deux termes renvoient pourtant à des informations et des procédures distinctes. La vigilance

constitue en effet un avertissement, une première information qui peut conduire à l’activation d’une procédure d’alerte des populations accompagnée de consignes comme l’ordre d’évacuation ou de mise à l’abri. Celle-ci est du ressort des autorités de gestion de crise.

LA VIGILANCE, EN AMONT

DE LA CHAÎNE D’ALERTE

LA VIGILANCE

« CRUES »

Un dispositif d’avertissement qui contribue

à la culture du risque 5

Un dispositif partenarial, qui bénéficie

d’enrichissements successifs 6

Un dispositif spécifique de surveillance

des cours d’eau 7

La vigilance « crues » en bref 9

2020 : une année marquée par des crues

fréquentes, localisées dans le sud 12

Les épisodes saillants de l’année 2020

(niveau orange ou rouge) 17

La vigilance « crues » outre-mer 19

Les principales évolutions de 2020 20

La vigilance crues est produite par le réseau VIGICRUES qui regroupe le Service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations (Schapi) du Ministère de la transition écologique, les services de prévisions des crues et les unités d’hydrométrie, ainsi que les cellules de veille hydrologiques en outre-mer des directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) et DEAL. La carte de vigilance crues et les bulletins d’information associés sont disponibles en permanence sur le site Vigicrues : www.vigicrues.gouv.fr

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

(4)

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

Un dispositif partenarial,

qui bénéficie d’enrichissements successifs

Le dispositif, qui requiert à la fois l’apport de compétences techniques et l’écoute des bé- néficiaires, est copiloté par la Direction géné- rale de la prévention des risques du ministère de la Transition écologique, la Direction géné- rale de la sécurité civile et de la gestion de crise du ministère de l’Intérieur et Météo France, avec le concours des ministères en charge de la Santé et des Outre-mer, et de l’ensemble des organismes techniques contributeurs. Le co- mité de pilotage, qui les réunit au moins une fois par an, évalue les performances de la vigi- lance sur la base des retours d’expérience des épisodes marquants de par leur bilan humain ou en matière de dégâts ou de difficultés de

gestion, et décide des éventuelles évolutions du dispositif.

Depuis sa création, le système de vigilance s’est considérablement enrichi. Conçu à l’ori- gine pour prendre en charge cinq phéno- mènes – vents violents, fortes précipitations, orages, neige-verglas et avalanches –, il a été étendu en 2004 aux canicules et aux grands froids. En 2007, le paramètre « fortes précipi- tations » a été modifié en « pluie-inondation », pour intégrer la vigilance inondation. En 2011, il a été décidé de différencier « pluie-inonda- tion » et « inondations » pour mieux décrire deux phénomènes différents, l’inondation concernant les débordements de cours d’eau du réseau surveillé. Cette même année, une vigilance « vagues-submersion », produite avec une contribution du Service hydrogra- phique et océanographique de la Marine (SHOM), a vu le jour. En 2020, la vigilance

« inondations » a été rebaptisée vigilance

« crues » car le retour d’expérience a montré que la terminologie devait être clarifiée pour permettre la bonne compréhension de l’in- formation. La vigilance « pluie-inondation » a vocation, quant à elle, à traiter les phéno- mènes de pluies intenses, éventuellement accompagnés d’inondations par ruisselle- ment ou débordement de cours d’eau, non pris en compte par la vigilance « crues ».

UN DISPOSITIF PRÉCURSEUR En 2001, la vigilance météorologique était le premier dispositif d’information de ce type hors zones cycloniques.

Depuis, de nombreux pays en Europe et ailleurs ont adopté des dispositifs plus ou moins similaires. La vigilance météorologique française a été valorisée par l’Organisation météorologique mondiale dans le cadre de la stratégie des Nations unies de réduction

des risques de catastrophes. À l’échelle de l’Europe, Météo France a également contribué à la création de Meteoalarm, une carte agrégeant les informations de vigilance (niveau de risque sous forme de couleur) élaborées par les services météorologiques européens.

LA VIGILANCE

« CRUES »

UNE ORGANISATION À L’ÉCHELLE DES GRANDS BASSINS HYDROGRAPHIQUES

Le périmètre surveillé est délimité dans les schémas directeurs de prévision des crues (SDPC) approuvés par les préfets coordonnateurs de bassin. Les SDPC, établis à l’échelle des grands

bassins hydrographiques, sont déclinés pour chaque service de prévision des crues en un règlement de surveillance, de prévision et de transmission de l’information sur les crues (RIC). Ce règlement, arrêté par le préfet sous l’autorité duquel est placé le SPC, décrit le territoire surveillé et précise les modalités d’intervention de l’État et, le cas échéant, celles des collectivités territoriales ayant développé des systèmes d’alerte locaux en cohérence avec le dispositif de l’État. Il décrit

les différents réseaux de mesures existant sur le territoire du SPC concerné, ainsi que les échanges de données entre le SPC et les autres gestionnaires de réseaux de mesure. Il détaille enfin le dispositif d’information mis en œuvre en cas de crue, centré sur la procédure de vigilance « crues ».

La vigilance « crues » est opérée1 par le réseau Vigicrues du ministère de la Transition écolo- gique. Ce réseau est constitué du Service cen- tral d’hydrométéorologique et d’appui à la prévision des inondations (Schapi) de la Di- rection générale de la prévention des risques (DGPR), des 18 services de prévisions des crues (SPC) et des unités d’hydrométrie (UH) en Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), et des cellules de veille hydrologique (CVH) en outre-mer, ainsi que du service de prévision des crues Méditerranée Est placé sous la res- ponsabilité de Météo France.

Les missions « Référents départementaux inondations » (RDI), dans les Directions dépar- tementales des territoires (DDT), constituent une interface indispensable entre le réseau Vigicrues et les préfectures, conformément à la circulaire interministérielle du 28 avril 2011.

Un dispositif spécifique

de surveillance des cours d’eau

ORGANISATION DES SERVICES DE PRÉVISION DES CRUES (SPC)

1. Instruction interministérielle du 11 juin 2014.

(5)

La vigilance « crues » en bref

L’élaboration de la vigilance « crues » repose sur l’analyse, dans chaque SPC, des scénarios hydrométéorologiques qui les conduisent à proposer au Schapi une couleur de vigilance pertinente sur chaque tronçon de vigilance.

Des échanges entre le Schapi et les SPC per- mettent d’assurer la cohérence nationale. Le Schapi valide et intègre les informations four- nies par les différents SPC et la couleur de la vigilance. Il en assure la diffusion, tant pour les informations nationales que locales.

Accessible en permanence sur le site Internet

« https://www.vigicrues.gouv.fr », la carte de vi- gilance « crues » et ses bulletins signalent si un phénomène dangereux menace un ou plu- sieurs cours d’eau dans les prochaines 24 heures et renseignent sur les précautions à prendre pour se protéger. Ils sont actualisés au moins deux fois par jour, à 10 h 00 et à 16 h 00, et plus fréquemment si la situation l’exige.

Pour faciliter la lecture de l’information, la carte de vigilance présente le niveau maximal de vigilance en France métropolitaine au cours des prochaines 24 heures.

La procédure de vigilance « crues » est active

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

Le réseau surveillé s’étend sur un linéaire cu- mulé des principaux cours d’eau d’environ 23 000 km et couvre 80 % de la population habitant en zone inondable. Chaque cours d’eau ou section de cours d’eau ou estuaire surveillé par l’État est découpé en tronçons de vigilance. Le tronçon de vigilance corres- pond à une portion d’un ou plusieurs cours d’eau réagissant selon un comportement hy- drologique homogène. Il en existe aujourd’hui environ 320.

LES ACTIVITÉS AU SERVICE DE LA VIGILANCE « CRUES »

L’activité opérationnelle de la vigilance

« crues » est la partie visible de l’activité de la prévision des crues et de

l’hydrométrie. Pour la rendre la plus pertinente possible, il est nécessaire de mener un travail de fond permettant notamment d’améliorer la connaissance du fonctionnement des cours d’eau, la modélisation des crues, la cartographie des zones d’inondation potentielle, les outils d’expertise et de prévision.

La production de la vigilance s’appuie également sur un réseau maintenu de près de 2 000 stations hydrométriques implantées sur tout le territoire

et sur des mesures hydrométriques fiables, y compris en crue, permettant de caler les relations hauteur d’eau/débit.

Enfin, la qualification des personnels contribue de manière essentielle à l’expertise de la production réalisée.

10 MILLIONS DE VISITEURS L’audience du site Vigicrues (https://www.vigicrues.gouv.fr), accessible directement et via le site général de Météo France, totalise, en 2020, 10 millions de visites depuis un smartphone ou un ordinateur, dont 1,7 million sur le seul mois de mars, période avec des épisodes de crues sur de nombreuses régions.

7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Les informations mises à disposition sur le site Vigicrues com- prennent :

• À l’échelle nationale : une carte de vigilance

« crues » avec un bulletin d’information qui comporte un commentaire de situation gé- nérale sur le territoire national, complété par un résumé de la situation et des prévisions hydrométéorologiques.

(6)

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

LES CONSEILS DE COMPORTEMENT

→ En vigilance jaune : Je me tiens informé auprès des autorités / J’évite de pratiquer des activités nautiques / Je ne m’engage pas sur une route immergée, même partiellement.

→ En vigilance orange : Je ne m’engage pas sur une route immergée, même partiellement / Je m’éloigne des cours d’eau et des ponts, je rejoins un point haut ou je m’abrite à l’étage / J’évite de me déplacer et je me tiens informé sur les conditions météo / Je surveille la montée des eaux / Je mets mes biens hors d’eau

et je localise mon kit d’urgence / Je ne descends pas dans les sous-sols.

→ En vigilance rouge : Je ne descends pas dans les sous-sols / Je reste chez moi

et je me tiens informé auprès des autorités / Je n’utilise pas ma voiture / Je ne vais pas chercher mes enfants à l’école / Je m’éloigne des cours d’eau, des points bas et des ponts et je rejoins le point le plus haut possible / Je me réfugie en étage, en dernier recours sur le toit / J’évacue uniquement sur ordre des autorités en emportant mon kit d’urgence.

• À l’échelle locale, dans le territoire de com- pétence de chaque SPC : une carte de vigi- lance et un bulletin d’information plus précis.

Le bulletin d’information du SPC, lorsqu’au moins un tronçon est en vigilance jaune, orange ou rouge, comprend :

→ un état de la situation et des prévisions hy- drométéorologiques ;

→ un commentaire pour chaque tronçon en vigilance, avec des prévisions tendancielles ou chiffrées de hauteur et de débit mises à jour autant que nécessaire ;

→ des conseils de comportement.

En complément, les données brutes mesurées aux stations utiles pour le suivi des crues et la gestion de crise sont accessibles sous forme de graphiques et de tableaux, quel que soit le niveau de vigilance sur le site Vigicrues. Pour toutes les stations de mesure, ces données brutes sont mises à disposition, sans valida- tion, dès leur disponibilité, en fonction du rythme de collecte des stations du SPC.

Les prévisions chiffrées sont fournies aux sta- tions de mesure et de prévisions à partir de la vigilance jaune. Elles sont disponibles :

• dans le corps du bulletin – soit dans le com- mentaire du tronçon, soit dans un fichier PDF associé ;

• pour certaines stations, sous forme graphique en prolongement des limnigrammes des ob- servations de hauteur d’eau ou de débit.

Un des enjeux de la vigilance est de faire des citoyens les acteurs de leur propre sécurité, en les informant largement sur les risques d’inondations identifiés. Pour ce faire, la vigi- lance « crues » a été construite sur la base d’une symbolique simple :

PAS DE VIGILANCE PARTICULIÈRE

VERT JAUNE ORANGE ROUGE

RISQUE DE CRUE GÉNÉRATRICE DE DÉBORDEMENTS

IMPORTANTS susceptibles d’avoir un impact significatif

sur la vie collective et la sécurité des biens

et des personnes

RISQUE DE CRUE MAJEURE.

Menace directe et généralisée de la sécurité des biens

et des personnes RISQUE DE CRUE

GÉNÉRATRICE DE DÉBORDEMENTS

ET DE DOMMAGES LOCALISÉS OU DE MONTÉE RAPIDE

ET DANGEREUSE DES EAUX, nécessitant une vigilance particulière,

notamment dans le cas d’activités exposées

et/ou saisonnières

• une échelle de quatre couleurs (vert, jaune, orange, rouge) pour indiquer le niveau de dan- ger maximal prévu sur la période ;

• un découpage par tronçon de cours d’eau, en cohérence avec leur fonctionnement hydraulique ;

• une échéance de 24 heures.

(7)

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

2020 : une année marquée par des crues fréquentes, localisées dans le sud

> La vigilance a été au moins de niveau jaune 65 % des jours l’année. Le nombre de jours où l’ensemble du réseau était en vigilance verte, au niveau national, n’a représenté en 2020 que

35 % du temps. Le nombre des jours en vigi- lance jaune, orange et rouge est supérieur, de façon significative, à la moyenne des cinq der- nières années.

> Les événements exceptionnels concernent en premier lieu l’arc méditerranéen. À l’in- verse, les bassins du Rhône amont et de la Saône, le bassin parisien, les Pays de la Loire et les bassins de la Vienne et de la Dordogne ont été très faiblement impactés, avec uni- quement des vigilances de niveau jaune.

La vigilance « crues » est appréciée au moyen de plusieurs indicateurs :

- Relatifs aux épisodes :

• le nombre de jours passés sur un niveau maximum de vigilance sur le plan national et par territoire correspondant à chaque service de prévision des crues ;

• la répartition dans l’année des phénomènes

hydrométéorologiques sur le plan national et par territoire ;

• les évolutions dans le temps des épisodes de niveau orange ou rouge.

- Relatifs à la qualité de la vigilance produite :

• les productions réalisées par tronçons ;

• le taux de fausses alarmes et le taux de non- détection.

Une forte mobilisation en 2020

La répartition par territoire peut être représentée ainsi (en nombre de jours par couleur de vigilance) :

> Les épisodes hydrométéorologiques se sont déroulés toute l’année à l’exception des mois de juillet et d’août et du mois de novembre, à la différence de l’année 2019 où les événe- ments avaient été concentrés essentielle- ment sur les trois derniers mois de l’année.

NOMBRE DE JOURS PASSÉS EN VIGILANCE

0 50 100 150 200 250 300 350 400

National 2020

127 177 58

4

National 2019

150 173 40

2

National (2015-2019)

163 167 33

2

Vigilance rouge Vigilance orange Vigilance jaune Vigilance verte

Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre

Vigilance rouge Vigilance orange Vigilance jaune Vigilance verte 2

19 18 7

10 13

28 22 21 3

18 3

25 2 2

10 13

21 2

12 9

12 5

3 9

8 1

25 2 1

12

13 15

(8)

Cette répartition des événements durant l’année peut également être appréciée par territoire (en nombre de jours), à l’aide des cartes ci-dessous :

> En 2020, 798 publications de cartes de vigilance ont été réalisées (732 en heures nominales et 66 hors heures nominales).

Cela représente environ 250 000 productions de couleur de tronçon, dont 3,1 % de jaune, 0,2 % d’orange et 0,008 % de rouge.

La crise sanitaire liée au Covid-19 a nécessité d’adapter l’organisation et les procédures du réseau Vigicrues de manière à maintenir la production de la vigilance « crues » tout au long de l’année, et notamment en période

Les évolutions dans le temps des épisodes de niveau orange ou rouge

Les productions de vigilance réalisées

Le suivi dans le temps des crues de niveau orange et rouge permet d’apprécier les éventuelles évolutions des phénomènes graves.

crise avec le même niveau de qualité. Le dis- positif de vigilance fait l’objet d’une évalua- tion a posteriori systématique par un comité de suivi réunissant tous les partenaires de la vigilance. Trois fois par an, tous les épisodes de niveau orange ou rouge sont examinés, ainsi que les épisodes de niveau jaune pour identifier les éventuels cas de non-détection : ceux qui auraient dû être placés en vigilance orange.

Une analyse complémentaire pour la vigilance

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

> Les épisodes de niveau de vigilance orange et rouge survenus pendant l’année posi- tionnent 2020 dans les années les plus tou- chées. Le suivi dans le temps permettra de constater d’éventuelles tendances pour les années à venir, tout en ayant à l’esprit que le

nombre de tronçons surveillés progresse lé- gèrement depuis quelques années et que les niveaux de vigilance sont adaptés au regard des aménagements à proximité des cours d’eau et des retours d’expérience des épi- sodes de crues.

2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020

0 10 20 30 40 50 60 70 80

38 31 27 30 30 32 22 69 54 27 28

8

62 40 58 2

2

2

3 16

6

4

2 4

Nombre de journées avec vigilance

maximale rouge Nombre de journées avec vigilance

maximale orange

(9)

« crues », menée sur les productions de niveau jaune, permet d’appréhender, pour les trois niveaux de vigilance jaune-orange-rouge, deux indicateurs essentiels : les fausses alarmes et les non-détections.

→ Les fausses alarmes de niveau jaune, orange et rouge

On considère qu’il y a fausse alarme lorsqu’un tronçon de cours d’eau a été placé en vigi- lance et que le phénomène d’inondation pré- vu ne s’y est pas produit, ou s’est produit avec une intensité moindre. Cela ne signifie pas que le niveau de vigilance publiée ne se justi- fiait pas au moment de l’évaluation du danger potentiel, mais que les caractéristiques propres à l’événement et les évolutions des scénarios météorologiques n’ont pas permis d’appréhender assez finement l’évolution de la situation, et que le choix a été prudent.

En 2020, le taux de fausses alarmes a été esti- mé à 12 % sur les productions réalisées.

Les évaluations du dispositif de la vigilance révèlent au fil des années que les fausses alarmes correspondent généralement à des cas où le phénomène se produit avec une in- tensité légèrement en dessous des critères correspondant à la vigilance publiée ou à des localisations difficiles à appréhender sur des phénomènes méditerranéens.

Les épisodes saillants de l’année 2020 (niveau orange ou rouge)

22 et 23 janvier – Crues de l’Agly et de la Haute vallée de l’Aude – départements des Pyrénées-Orientales et de l’Aude

• Pic de crue à 7,42 m à Rivesaltes le 22 janvier

• Pic de crue à 5,95 m à Limoux le 22 janvier

3 au 7 février – Crues de l’Aisne –

départements de la Meuse, des Ardennes et de la Marne

• Pic de crue à 3,30 m à Varennes le 4 février

5 au 15 mars – Crues de la Canche – département du Pas-de-Calais

• Pic de crue à 1,98 m à la station de Brimeux le 12 mars

10 au 15 mai – Crues de la Midouze et de l’Adour moyen – département des Landes

• Pic de crue à 3,64 m à Tartas le 13 mai

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

→ Les non-détections concernant les niveaux jaune, orange et rouge

Un épisode est qualifié de non-détection lorsque des conséquences significatives sont constatées sur un tronçon de cours d’eau non placé dans la vigilance requise pour les consé- quences constatées.

Ainsi, on parlera d’épisode qui touche effec- tivement un tronçon de cours d’eau en comp- tabilisant les non-détections et les bonnes détections, mais pas les fausses alarmes.

En 2020, le taux de non-détection a été de 1,8 %.

Pour être fiable, le dispositif de la vigilance

« crues » doit limiter autant que possible à la fois le nombre de fausses alarmes et le nombre de non-détections. Cependant, une fausse alarme est préférable à une non-détection pour la sécurité des biens et des personnes.

12 %

le taux de fausses

alarmes en 2020

1,8 %

le taux de non détection en 2020

(10)

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

La vigilance « crues » outre-mer

Outre-mer, la vigilance météorologique cohabite, en zone tropicale, avec le dispositif d’alerte cyclonique (sous la responsabilité des autorités locales).

Cinq départements et régions d’outre-mer (DROM) disposent d’une cellule de veille hydrologique (CVH) : la Guyane, La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et Mayotte.

Actuellement, La Réunion et la Guyane opèrent la vigilance « crues ». La Martinique et la Guadeloupe ont également vocation à le faire dans les années à venir. Les phénomènes hydrologiques à Mayotte sont trop rapides pour pouvoir mettre en œuvre une vigilance

« crues ».

Le site Vigicrues intègre depuis le début de l’année 2020 les productions de la CVH Guyane durant la période allant du 15 janvier au 30 juin, saison à risque pour les crues sur ce territoire.

Le présent bilan n’intègre pas, à ce jour, de statistiques sur les vigilances pratiquées en outre-mer.

11 au 15 juin – Crues de l’Allier – département du Puy-de-Dôme – Crues du haut Tarn et du Lot amont – département de la Lozère

• Pic de crue à 5,64 m à Vic-le-Comte (Allier)

• Pic de crue à 6,31 m à Montbrun (haut Tarn)

• Pic de crue à 2,06 m à Bagnols-les-Bains (Lot amont)

19 septembre – Crue du Gardon d’Anduze – département du Gard

• Pic de crue à 5,78 m à St-Jean-du-Gard

2 octobre – Crues du Var et de ses affluents Tinée et Vésubie – département

des Alpes-Martitimes

• Pic de crue à 4,97 m à Nice

10 au 17 et 28 au 31 décembre –

Crues de l’Adour moyen et de la Midouze – département des Landes

• Pic de crue à 4 m à Tartas le 2 janvier 2021

• Pics de crue à Dax à 5,50 m le 14 décembre et 5,90 m le 1er janvier 2021.

5

départements et régions

d’outre-mer disposent d’une cellule de veille hydrologique

(11)

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

Les principales évolutions de l’année 2020

Le site Vigicrues permet de disposer, depuis mars 2020, au niveau de chaque territoire surveillé, d’une cartographie dynamique, visible également sur smartphone, permet-

tant de zoomer sur des secteurs géogra- phiques particuliers et de bénéficier ainsi d’une approche beaucoup plus fine des territoires.

Le réseau surveillé est pertinent et connaît des ajustements à la marge. Il a été étendu en 2020 sur les nouveaux tronçons de cours d’eau suivants :

- En mars, outre les cours d’eau de Guyane, Maroni et Lawa, présentés dans le paragraphe 3.5 :

LA CANCHE DANS LE PAS-DE-CALAIS L’ARVE ET LA GIFFRE EN HAUTE-SAVOIE

LES COUZES DANS LE PUY-DE-DÔME LE GOLO AMONT, LE GOLO AVAL ET LE TAVIGNANO - En septembre en Haute-Corse :

(12)

LA VENDÉE

- En décembre en Vendée :

LA VIGILANCE « CRUES »BILAN 2020

Des ajustements sont aussi prévus en 2021 notamment dans les Alpes-Maritimes, après le retour d’expérience de l’épisode de crue de début octobre 2020 sur ce territoire.

LE PÉRIMÈTRE DU RÉSEAU SURVEILLÉ

La vigilance « crues » actuelle s’applique aux principaux cours d’eau du territoire, incluant 80 % des personnes habitant en zone inondable. Ce dispositif, qui nécessite des moyens humains et matériels importants pour produire ce niveau de service, est complété pour les autres cours d’eau par la vigilance « pluie-inondation » qui a vocation à traiter les phénomènes de pluies intenses éventuellement accompagnés de phénomènes d’inondations par ruissellement ou débordement de cours d’eau.

Par ailleurs, le réseau Vigicrues met également à disposition un service automatique d’information sur les crues soudaines pour les cours d’eau

non traités par la vigilance « crues » qui sera ouvert dès 2021 au grand public. Enfin, les collectivités

territoriales développent des systèmes d’alerte locaux, en cohérence

et en complémentarité avec le dispositif de l’État.

Les développements techniques se sont poursuivis en 2020 afin de mettre en œuvre un « espace membres » sur le site Vigicrues qui permettra en 2021, à chaque citoyen,

de paramétrer son compte abonné pour recevoir les bulletins d’information et pour être averti

notamment d’un changement de couleur de vigilance ou de l’atteinte d’une hauteur d’eau donnée à une station hydrométrique.

Avril 2021 – Rédaction : réseau VIGICRUES - Conception et réalisation : Citizen Press Photo de couverture : Getty Images. Crédits photo : P. 2 - DR ; P. 4 - DR ;

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