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ATLAS. des PHARES DU BOUT DU MONDE

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Academic year: 2022

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ATLAS

PHARES des

DU B OU T

DU MON DE

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Publié en langue originale sous le titre : Breve Atlas de los Faros del Fin del Mundo

© 2020, Ediciones Menguantes www.menguantes.com

Literary Agent : Casanovas & Lynch Literary Agency S. L.

ISBN : 978-2-7467-6330-2

© Autrement, un département de Flammarion, 2021.

87, quai Panhard et Levassor, 75647 Paris Cedex 13 www.autrement.com

Dépôt légal : octobre 2021

Tous droits réservés. Aucun élément de cet ouvrage ne peut être reproduit, sous quelque forme que ce soit, sans l’autorisation expresse de l’éditeur et du propriétaire, les Éditions Autrement.

Graphisme : José Luis González Macías Maquette : Axel Buret

Coordination éditoriale : Anne Lacambre Fabrication : Margot Jourdan

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ATLAS

PHARES des

DU B OU T DU MON DE

González Macías

Textes, illustrations et cartes

Traduit de l’espagnol

par Nelly Guicherd

(8)

Avant-propos 11 Carte de localisation 14

1 •

Phare d’Adziogol 16

2 •

Phare Amédée 20

3 •

Phare d’Aniva 24

4 •

Phare de Bell Rock 28

5 •

Phare de Buda 32

6 •

Phare de Cabo Blanco 36

7 •

Phare de Clipperton 40

8 •

Phare de Columbretes 44

9 •

Phare d’Eddystone 48

10 •

Phare d’Eldred Rock 54

11 •

Phare Evangelistas 58

12 •

Phare des îles Flannan 62

13 •

Phare de Godrevy 66

14 •

Phare Great Isaac Cay 70

15 •

Phare de Grip 74

16 •

Phare du cap Guardafui 78

Sommaire

(9)

17 •

Phare de la Jument 82

18 •

Phare de Klein Curaçao 86

19 •

Phare de Lime Rock 90

20 •

Phare de Longstone 94

21 •

Phare de Maatsuyker 98

22 •

Phare de Matinicus Rock 102

23 •

Phare de la Navasse 106

24 •

Phare de l’île Robben 110

25 •

Phare du Rocher aux Oiseaux 114

26 •

Phare de Rubjerg Knude 118

27 •

Phare de San Juan de Salvamento 122

28 •

Phare des Smalls 126

29 •

Phare de Stannard Rock 130

30 •

Phare de l’île Stephens 134

31 •

Phare de Svyatonossky 138

32 •

Phare de Tillamook Rock 142

33 •

Phare de la Vieille 146

34 •

Phare de Wenwei Zhou 150

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Il va sans dire que le phare du bout du Monde possédait un feu fixe. Il n’était pas à craindre que le capitaine d’un navire pût le confondre avec un autre feu, puisqu’il n’en existait aucun sur ces parages.

Jules Verne Le Phare du bout du monde

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Avant-propos

Quand, au cours d’un repas de famille, j’ai évoqué mon intention d’écrire un livre sur les phares, mon père m’a regardé, un peu sceptique, avant de s’exclamer : « Sur les phares ? Mais, enfin, tu es comme moi, tu n’aimes pas l’eau ! » Il a raison. Je suis né à l’intérieur des terres de la péninsule Ibérique et, mis à part quelques courtes périodes, j’ai toujours vécu loin de la mer. Je dois donc signaler au lecteur que, derrière ces pages, se cache un imposteur. Je me suis peut-être laissé séduire par les phares il y a fort longtemps, et j’ai parfois ressenti, comme vous, peut-être, le besoin impérieux de m’évader vers un cap galicien ou asturien pour les atteindre. N’empêche, j’ai le regret de vous informer que, malheureusement pour vous, je suis loin d’être un expert en la matière.

Ça faisait un moment déjà que j’avais envie de réaliser un livre avec des sup- ports qui me sont familiers : textes, dessins, cartes, images… des éléments que j’ai constamment entre les mains dans mon activité quotidienne. J’avais une idée qui me trottait dans la tête, une idée qui s’inspirait des livres que j’ai appréciés – des atlas poétiques illustrés de cartes et bourrés de courts récits capables de vous transporter dans des lieux reculés depuis le confort de votre canapé –, mais il me fallait un sujet pour la consolider. Si ce livre sur les phares reculés est aujourd’hui entre vos mains, c’est dû à deux coïncidences. Tout d’abord, j’ai été chargé de concevoir la jaquette d’un disque pour un groupe appelé North of South et, instinctivement, il m’a semblé opportun de dessiner l’image onirique de plusieurs phares érigés sur des astéroïdes, qui flottaient dans le ciel et répandaient de la lumière sur l’espace extérieur. En me documentant pour réaliser ces illustrations,

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mon regard a été captivé par un flot de beauté extraordinaire. Je contemplais les phares les uns après les autres, et je ne pouvais pas m’empêcher de les admirer.

Ensuite, j’ai découvert, encore une fois dans le cadre professionnel, l’œuvre Sexta extinción. Atlas sobre biodiversidad ausente 1 de José Luis Viñas, un projet artistique qui aborde l’extinction de certaines espèces d’oiseaux. Voilà comment j’ai connu le récit au sujet du Xenicus lyalli et du phare de l’île Stephens, qui raconte la mystérieuse disparition de tous les spécimens d’un petit oiseau néo-zélandais.

Ça m’a tellement fasciné que j’ai commencé à chercher plus d’informations sur cet étrange événement. Je me suis plongé dans cette histoire et, d’une certaine façon, je l’ai faite mienne. Peu de temps après, je me suis surpris en train de la raconter à mes amis. C’était le signe évident que j’allais bientôt me retrouver coincé dans un phare isolé et que je finirais par ressembler au personnage prin- cipal du merveilleux conte de Ray Bradbury La Corne de brume (The Fog Horn), dans lequel un monstre des mers répond à l’appel du son et de la lumière d’une tour, et émerge des profondeurs dans le seul but de l’étreindre.

Il y a quelque chose de beau et de sauvage dans ces architectures inouïes. Peut-être parce que nous pressentons que ce sont des êtres à l’agonie.

Leurs feux s’éteignent, leurs corps s’effondrent. Et même si plusieurs sentinelles s’obstinent encore à accomplir leur mission en éclairant les eaux, aujourd’hui, les nouvelles technologies de communication maritime rendent leur fonction de plus en plus superflue. Les bateaux n’ont plus besoin d’être sous leur tutelle romantique ; de nouveaux guides sont arrivés – satellites en orbite, navigation par GPS, sonars, radars – pour nous faire oublier que les phares ont été le foyer et le lieu de travail d’hommes et de femmes bien souvent anonymes. Avec le temps, le nombre de signaux automatisés augmente. Certains d’entre eux abandonnent leur objectif initial pour se transformer en destinations touristiques. D’autres, moins chanceux, sont purement et simplement détruits. La plupart des gardiens de phare, symboles de surveillance et de protection, ont cessé leur activité. Si ce mode de vie est sur le point de disparaître, leurs histoires, elles, resteront. Les ruines sous forme de mots d’une époque où technicité et héroïsme ne faisaient qu’un. Parce que, dans les phares, surtout dans les phares isolés, les êtres humains ont toujours été à la merci des caprices de la nature.

Ceci n’est donc pas seulement un livre sur les phares. C’est aussi une façon de nous voir reflétés dans le miroir de la condition humaine, de nous interroger sur l’expérience de la vie solitaire, d’admettre notre dépendance aux autres dans ce défi que constitue la survie, d’explorer les mesquineries et les grandeurs

1. Sixième extinction. Atlas sur une biodiversité absente.

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dont nous pouvons faire preuve dans des situations extrêmes. Ce vide que nous ressentons quand nous nous trouvons loin de la protection de nos semblables représente, pour certains, un enfer. Pour d’autres, en revanche, comme Charles Bukowski, « l’isolement est le cadeau ».

Jules Verne a écrit le roman d’aventures Le Phare du bout du monde en s’inspirant d’un petit phare qui brilla de façon éphémère à la fin du xixe siècle en Patagonie. Il a décrit l’île des États sans avoir jamais mis les pieds en territoire argentin – pas plus qu’il ne l’a fait sur la Lune, au centre de la Terre ou sous les mers –, ce qui ne l’a pas empêché de construire un magnifique récit. Je me suis, de façon similaire, plongé dans un océan d’informations pendant près de deux ans, à tenter de distinguer les lumières des ombres afin de rendre vraisemblables des histoires parfois difficiles à démontrer. Rien n’a été inventé, et tout ce qui est écrit dans ce livre a déjà été écrit auparavant, ailleurs. Bien que je ne me sois pas rendu dans ces phares isolés, je me suis permis de les aborder comme si je les connaissais, et j’ai senti – bien installé dans mon confort contemporain – la tempête frapper les vitres, l’isolement se présenter derrière les orages et la solitude guetter à travers la brume.

Une immense mappemonde Michelin est accrochée au mur. En ces temps étranges, je laisse chaque jour mon regard se perdre à sa surface et le hasard me guider. La lecture d’un nom inscrit près d’un point noir ou l’observation d’un espace délimité par une ligne m’oblige à m’engager dans un voyage imaginaire et, l’espace d’un instant, j’y suis transporté. Mais, contrairement à l’extension infinie qu’il me semble voir sur ma carte, ce livre est court et limité. Le choix des points que j’allais mentionner sur ma carte et ceux que je laisserais de côté a été une des questions les plus compliquées. Je suis conscient du fait que plusieurs phares remarquables et fascinants, capables de nous transmettre des histoires captivantes, ne figurent pas dans ce livre.

J’espère cependant que ces histoires, ces dessins et ces cartes vous feront vivre un voyage épique dans des époques et des lieux lointains, et que le confinement, tantôt réconfortant, tantôt ténébreux, que renferment ces pages vous procurera autant de plaisir qu’il m’en a procuré.

José Luis GonzáLez Macías

Septembre 2020

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Phare de Buda

Île de Buda, San Jaime de Enveija, Tarragone (Espagne)

L’île de Buda est une île mobile, qui se déplace lentement sur la Méditerranée. Elle avance et recule, rétrécit et grandit au fil du temps. Buda est une île de vase. Elle jaillit du fond du delta de l’Èbre au début du xviie siècle grâce à la patiente accumulation de sédiments à l’embouchure du fleuve. Elle parvint à occuper près de mille cinq cents hectares et, à la fin des années cinquante, une quarantaine de familles s’y installèrent pour cultiver du riz. Aujourd’hui, les rizières continuent à s’étendre sur la terre, mais la fête annuelle, la messe dans la chapelle et l’équipe de football ont disparu ; il ne reste pratiquement plus personne.

Avant l’arrivée des feux, les bateaux échouaient fréquemment dans ces sables mouvants. Embourbés dans un limon grisâtre, après une longue agonie, ils finissaient par se précipiter au fond. Au xixe siècle, trois phares métalliques furent installés sur ce littoral vacillant, fixés à des pieux vissés, pour éclairer le delta de l’Èbre. L’un au nord, à l’extrémité d’El Fangar, l’autre au sud, à l’extrémité de La Baña, et le plus rayonnant à l’est, sur l’île de Buda.

C’est l’usine de John Henderson Porter qui fabriqua, à Birmingham, ce phare métallique rêvé par un Madrilène, l’architecte Lucio del Valle. La tour, la plus haute de ce type, voyagea en bateau depuis l’Angleterre et dressa ses cent quatre-vingt-sept tonnes au bord de la Méditerranée. En novembre 1864, un gardien de phare gravit les trois cent soixante-cinq marches jusqu’à la lanterne et alluma pour la première fois la mèche d’une lampe Degrand alimentée à l’huile d’olive. Puis, pendant près d’un siècle, les gardiens du phare de l’île de Buda gravirent ces mêmes marches toutes les huit heures pour remonter le mécanisme de rotation qui contrôlait le système optique.

Le phare de Buda fut installé à l’extrémité du cap Tortosa, alors que, si le delta grandissait trop vite, le feu se retrouverait rapidement éloigné de la mer. Les sédiments ne cessèrent de progresser pendant vingt ans. À l’époque, le phare était tellement enfoncé dans l’île que, depuis sa base, on ne pouvait distinguer les vagues. Mais, vers 1940, la mer commença à dévorer fortement le delta. Les barrages-réservoirs, les centrales hydroélectriques et les canaux d’irrigation arrachèrent des tonnes d’alluvions à l’embouchure de l’Èbre. Et les tempêtes et les crues firent reculer le littoral. L’île rapetissa et le phare plongea progressivement dans la mer.

Il résista à la dynamite placée par l’armée républicaine pendant la guerre civile espagnole. Il supporta des années de rouille et de corrosion, ses fondations immergées. Mais une tempête l’emporta définitivement le jour de Noël de l’année 1961. Maintenant, un autre phare brille au-delà du cap Tortosa. L’ancien phare métallique gît à environ quatre kilomètres de la côte et repose, oublié, « éclairant » un fond marin fluctuant.

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plan focal du feuniveau de la mer Phare de Buda

Mer Méditerranée Europe

40° 43’ 07’’ N 00° 54’ 55’’ E

Ingénieur : Lucio del Valle Construction : 1864 Mise en service : 1864 Désactivation : 1961 Tour cylindrique en fer forgé Hauteur de la tour : 50 m Hauteur focale : 53 m Portée : 20 mn

Une maquette du phare de Buda d’environ deux mètres de hauteur est conservée à l’université polytechnique de Madrid. Elle fut construite à Barcelone et présentée – avec les maquettes de sept autres phares espagnols dont Finisterre, Corrubedo, Tour d’Hercule, Cabo de Palos, Sisargas ou Illa de l’Aire – à l’Exposition universelle de Paris de 1867.

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Punta de l’Àliga Punta Espín

Buda

Illa de Gràcia

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Cap Tortosa San Antonio L’ Estrela

La Baña Salinas

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Golf de l’Ampolla Cap Roig

Punta de l’Àliga Punta Espín

Buda

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M A R M E D I T E R R Á N E O

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La Baña Salinas

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ESPAÑA

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