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Ensemble, c est mieux

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Ensemble, c’est mieux

Illustré par

Stephanie Graegin

Kallie George

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HÔTEL HEARTWOOD Ensemble, c’est mieux

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Casterman

Cantersteen 47, boîte 4 1000 Bruxelles Belgique www.casterman.com ISBN : 978-2-203-15747-7 N° d’édition : L.10EJDN001885.N001 Publié aux États-Unis par Disney Hyperion, selon un accord avec Folio Literary Management, LLC.

sous le titre : Heartwood Hotel: Better Together

© Kallie George 2018 pour le texte

© Stephanie Graegin 2018 pour la couverture et les illustrations réalisées au crayon Design de couverture : Phil Caminiti Lettrage : Sarah Pierson

© Casterman 2019 pour la présente édition

Achevé d’imprimer en avril 2019, en Lettonie, par Leporello – PNB Print Sia (Jansili Silakrogs, LV-2133-Ropazu novads).

Dépôt légal : mai 2019 ; D.2019/0053/45 Déposé au ministère de la Justice, Paris (loi n°49.956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse).

Tous droits réservés pour tous pays.

Il est strictement interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie ou numérisation) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.

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Kallie George

Illustrations de Stephanie Graegin Traduit de l’anglais (Canada)

par Alice Delarbre

Ensemble, c’est mieux

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Pour Tiff K. G.

Pour Kristina et Kayley S. G.

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Table des matières

1. Le départ de M. Heartwood 9

2. Ménage et messages 16

3. Ted Linotte apporte des nouvelles 27 4. Le festival de printemps 37 5. Agitation chez les Robinson 46 6. Le concours de l’œuf le plus mignon 55 7. Petits mais de grand talent 70 8. Le concours de la plus belle fleur 87

9. L’escargot Illico 102

10. Bisbille avec Tilly 116

11. Mona à la rescousse 128

12. Attaque nocturne 136

13. Ensemble, c’est mieux 143 14. Les lucioles à l’œuvre 156 15. La convalescence de Mona 166

16. Le bal de Heartwood 175

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LE D…PART DE M. HEARTWOOD

LHÔTEL HEARTWOOD était une vraie ruche. Mona la souris en avait la pointe des moustaches qui frémissait. Le printemps était arrivé ; les clients, les employés et même l’arbre étaient en efferves- cence. Les bourgeons éclataient sur les branches, la sève perlait sur l’écorce et les planchers

donnaient l’impression de rebondir sous les pattes. On pouvait même entendre un

véritable bourdonnement : celui des abeilles embauchées pour fabriquer du miel destiné aux visiteurs.

Une seule personne ne débordait pas d’énergie, M. Heartwood, le directeur de l’hôtel. L’hiver avait été exceptionnellement mouvementé et, depuis,

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le blaireau traînait la patte. Par chance, il venait enfin d’accepter, à la demande générale, de prendre des vacances et de partir rendre visite à un ami.

Tout le personnel était réuni dans le hall pour lui faire ses adieux. Un peu comme s’il s’agissait d’un client… très important.

Mona lissa son tablier pour se rendre parfaite- ment présentable, puis elle redressa la clé autour de son cou.

Pour une fois, M. Heartwood ne portait pas son uniforme de directeur. Il avait troqué son gilet contre un tricot et une casquette. À côté de lui se trouvait sa valise, faite d’un rondin de bois, avec des racines pour poignées. Mona en avait vu de toutes les sortes, mais jamais d’aussi imposante.

Étrangement, M. Heartwood ne semblait pas désireux de partir. Il continuait à vouloir tout diriger.

− Le grand ménage de printemps a-t-il… ?

− Il est en cours, monsieur Heartwood, lui répon- dit Mme Higgins, la gouvernante hérisson.

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− Pour la nourriture…

− Nous venons de recevoir une livraison, monsieur Heartwood, l’informa Mlle Prickles, la cuisinière porc-épic. Les réserves sont pleines et bien rangées.

− Et les réservations…

− Nous n’en avons pas encore beaucoup pour cette période de l’année… commença Mme Higgins.

− Mais vous n’avez aucune raison de vous en faire, l’interrompit Gilles, le lézard qui s’occupait de la réception et tiendrait les rênes de l’hôtel en l’absence de M. Heartwood. Le bal approche, et j’ai quelques idées pour le rendre plus attrayant.

− Le bal ? s’étonna Mona dans un murmure.

− Une énorme fête, un peu comme celle du Gland, lui apprit tout bas Tilly, sa meilleure amie.

L’écureuil était la servante en chef… et la plus grande râleuse de Heartwood. Dernièrement, toute- fois, elle passait plus de temps à sourire qu’à ronchonner : elle avait retrouvé Henry, son petit frère dont elle avait été séparée de longues années.

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− J’adore les fêtes ! s’exclama celui-ci, qui parlait souvent très fort.

Ça ne semblait pas déranger M. Heartwood, qui sourit au jeune écureuil avec tendresse.

− J’allais oublier ! Tiens, dit-il en ouvrant sa valise pour en sortir un petit gland et le remettre à Henry. Voici un fruit de notre chêne avec lequel t’amuser, pendant que je serai chez mon ami…

Il s’interrompit, à la recherche d’une rime.

M. Heartwood faisait toujours rimer ses phrases.

Cette fois, Henry ne lui en laissa pas le temps.

− Merci, monsieur Heartwood ! Regardez ! lança- t-il en se tournant vers Mona et Tilly, d’une voix plus retentissante que jamais.

− Chut ! lui intima sa grande sœur. On jouera plus tard…

Tout en refermant sa valise, le directeur poursuivit :

− Et quant à la sécurité…

− Aucune inquiétude à avoir, monsieur Heartwood, le rassura Tony le pic, qui veillait sur l’hôtel.

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Il fit un clin d’œil à Mona, et les moustaches de la souris se redressèrent de fierté. Elle n’était peut-être qu’une domestique, mais elle avait déjà sauvé Heartwood, à deux reprises même, d’une attaque de loups à l’automne et d’une menace de famine pendant l’hiver.

− Bien. Je n’ai aucun souci à me faire, avec vous tous qui…

Une fois de plus, M. Heartwood peinait à trouver une rime. Ça ne lui ressemblait guère…

− Allons, allons, intervint Mlle Prickles. Vous feriez mieux de vous mettre en route. Vous n’êtes vraiment pas dans votre état normal, vous avez besoin de repos.

− En effet… Même si l’ami que je vais voir est du genre plutôt remuant, vous savez…

Il ajusta sa casquette avant de soulever sa valise.

− N’oubliez pas : « Dormez tranquille, mangez votre comptant et… »

− « … prenez du bon temps à l’Hôtel Heartwood ! », complétèrent-ils en chœur.

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− « Du très bon temps ! », rectifia Gilles en virant au vert foncé. Je m’y engage !

Moi aussi, songea Mona.

− Au…

Elle n’eut pas le temps d’aller au bout sa phrase, car Henry lui coupa la parole :

− Au revoir, monsieur Heartwood ! AU REVOIR ! Mona regarda le directeur de l’hôtel disparaître dans la forêt des Fougères. Il ne part pas longtemps, pensa-t-elle. Que pourrait-il bien arriver en son absence ?

Elle semblait oublier, bien sûr, qu’à l’Hôtel Heartwood on ne savait jamais à quelles surprises s’attendre…

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M…NAGE ET MESSAGES

APPORTEZ

-

MOI CE MIEL

!

Et je veux de la vélo- cité ! De la vivacité ! De la discipline ! bourdonnait Rubis, la reine des abeilles, qui aimait aussi se faire appeler la « capitaine ». Vous connaissez les règles !

Mona entendit l’escadrille d’abeilles en dévalant, avec Tilly, l’escalier qui menait à la cuisine.

Peu importaient les règles, tout était poisseux après le passage de Rubis et de ses petites ouvrières.

Elles fabriquaient un miel délicieux, mais le désordre qu’elles causaient s’ajoutait à la liste déjà longue de corvées pour le ménage de printemps.

Mona et son amie étaient censées s’y attaquer à présent que M. Heartwood était parti. Mais Tilly avait d’autres projets.

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− Par ici, dit-elle en entraînant Mona dans un couloir.

− On ne doit pas ranger la réserve ? s’étonna la souris.

− On n’en a pas pour longtemps. Fais-moi confiance… ce que j’ai à te montrer vaut le coup d’œil, ajouta l’écureuil en souriant.

Elles avaient atteint l’extrémité du couloir. Tilly lui indiqua le plafond.

− Je ne vois rien, répliqua Mona.

− Regarde bien, insista son amie.

La souris aperçut une minuscule étoile… Il s’agissait en réalité d’une goutte d’un liquide doré qui tomba et, plouf !, atterrit dans un bol. Celui-ci était rempli de miel.

− Il provient de la ruche, au-dessus. Il y a une fissure dans le sol. C’est moi qui ai placé le bol ici, précisa Tilly.

− Tu crois qu’il faut prévenir madame Higgins ? Ou Gilles ? Ils pourraient demander aux fourmis charpentières de réparer le plancher.

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− Le réparer ? Pour quoi faire ?

L’écureuil sortit deux aiguilles de pin de la poche de son tablier et en tendit une à Mona. Elles les plongèrent dans le bol, et le miel sirupeux s’y accro- cha. Un pur délice… Mona dut bien reconnaître que son amie avait raison.

− Le miel, dit Tilly en se léchant les babines, c’est fait pour être mangé. Pas pour être nettoyé.

− Comment as-tu découvert ce trésor ?

− Je n’y suis pour rien, c’est…

− Moi !

Henry venait de surgir dans le couloir, avec sa queue presque aussi grosse que son corps. Tilly lui adressa le plus grand des sourires.

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− Je suis le meilleur découvreur au monde, expliqua-t-il. J’ai quasiment identifié toutes les pièces et tous les passages secrets de l’hôtel. C’est grâce à mon odorat hors pair. J’ai ce qu’on appelle le nez CREUX ! se vanta-t-il. J’ai senti votre présence ici. Il est déjà l’heure de faire une pause ? On peut jouer ? Tu as promis…

− Pas encore, lui répondit Tilly.

− Allez-y, proposa Mona, d’humeur généreuse.

Je peux ranger la réserve toute seule.

Elle regarda les deux écureuils descendre l’escalier d’un pas sautillant, avec leurs queues également touffues − celle de Tilly était malgré tout beaucoup plus fournie.

Si Mona avait eu encore de la famille, elle aurait pu prendre une pause avec son frère ou sa sœur. Pour autant, ça ne la dérangeait pas de rendre service à son amie…

Même si pour cela elle devait mettre les bou- chées doubles. Lorsque Mona ouvrit la porte de la dernière réserve, elle retint son souffle devant

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l’ampleur du désastre. Ce n’étaient pas des bouchées doubles mais triples qu’elle devrait mettre ! La pièce, immense, était en grand désordre, avec des livres et des cartons partout… Il y avait même un lit ! Sans oublier une pile chancelante de parapluies en roseaux tissés, une immense boîte poussiéreuse contenant des décorations de Noël en houx et un vieux coffre avec une étiquette « bric-à-brac ».

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Par chance, Mona débordait d’énergie grâce au délicieux miel qu’elle venait de manger. Elle passa vigoureusement son balai-pissenlit tout en rangeant ce qui lui tombait sous la main. Elle ne pouvait pas, contrairement à Tilly, épousseter en même temps avec sa queue, mais elle s’en servait pour aligner les objets. À force d’entraînement, elle s’améliorait de jour en jour.

Mona prenait du plaisir à ce grand ménage de printemps. Et à mettre un tablier parfaitement repassé, celui que Tilly lui avait confectionné, avec un cœur dessus. La souris trouvait aussi très exci- tant de découvrir sans arrêt de nouvelles pièces.

Elle avait moins l’impression de travailler que d’explorer l’hôtel et ses secrets.

Alors qu’elle se faisait cette réflexion, elle remar- qua soudain quelque chose. Le long de l’un des murs se dressait une grande bibliothèque avec des livres en écorce de bouleau. Un cœur était gravé sur chacun des dos. De quoi peut-il bien s’agir ? se demanda Mona.

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Poussée par la curiosité, elle posa son balai et se dressa sur la pointe des pattes pour sortir un ouvrage.

Il était très lourd pour une souris. Elle faillit d’ailleurs tomber à la renverse sous son poids.

Elle réussit cependant, avec un grand effort, à le transporter jusqu’au lit. Sous la couverture en écorce de bouleau, qu’elle souleva délicatement, les pages étaient déformées par le temps. Mona réussit néanmoins à lire les premières lignes.

Nous avons été si heureux de célébrer notre mariage ici. Mille excuses pour les odeurs. Nous étions très nerveux… Tout s’est déroulé selon nos souhaits. Nous sommes impatients de revenir chaque année fêter l’anniversaire de cet heureux événement.

Les Savonbull

Mona connaissait les Savonbull ! Elle avait pré- paré la suite nuptiale pour ce couple de mouffettes à

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