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La Déclaration de Charm El-Cheikh sur la Nature et la Culture

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Academic year: 2022

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DÉCLARATION FINALE

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La Déclaration de Charm El-Cheikh sur la Nature et la Culture 22-24 Novembre 2018

Plus de deux cents participants d’horizons divers, unis par leur passion pour la nature et la culture, se sont réunis au Sommet sur la nature et la culture pour faire avancer une alliance pour sauver la vie sur la terre, dans toute sa beauté et sa diversité.

Nous, les participants au Sommet sur la Nature et la Culture tenu à Charm El-Cheikh, en Égypte, une terre ayant un riche patrimoine naturel et culturel, berceau de civilisations anciennes et lieu de naissance de l’agriculture irriguée;

En exprimant une profonde gratitude au Gouvernement d’Égypte et aux communautés autochtones et locales de cette terre ancienne;

Reconnaissant et tirant parti des leçons tirées du Programme de travail conjoint entre le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique et l’UNESCO sur les liens entre la diversité biologique et culturelle (2010-2020);

Rappelant la Déclaration du Sommet Muchtanbal de décembre 2016; Malama Honua-le parcours Nature-Culture de septembre 2016; la Déclaration Ishikawa sur la diversité bioculturelle d’octobre 2016;

la Déclaration de Florence sur les liens entre la diversité biologique et culturelle d’avril 2014, qui ont examiné et promu les liens entre la diversité biologique et culturelle pour la résilience des écosystèmes et des paysages ainsi que la place de l’humanité en leur sein;

Reconnaissant les initiatives de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour reconnaître les droits et la participation des peuples autochtones par la mise en place d’une nouvelle catégorie de membres UICN, Organisations de peuples autochtones;

Reconnaissant que la diversité biologique et culturelle sont non seulement étroitement liées, mais se renforcent mutuellement et que des éléments culturelles forment une partie fondamentale de la vie et de la vision cosmologique des peuples autochtones et des communautés locales, qui poursuivent activement une relation intrinsèque et équilibrée entre Mère nature, les êtres humains et l’Univers.

Considérant qu’aborder la diversité biologique et culturelle séparément aboutit à des priorités divergentes, voire contradictoires, et que cette double approche a conduit à des intérêts divergents et parfois contradictoires au sein d’un même lieu géographique;

Soulignant que l'inversion des tendances actuelles en matière de perte dramatique de la biodiversité et d'affaiblissement de la diversité culturelle nécessite des approches innovantes pour combler le fossé artificiel entre la diversité biologique et culturelle qui persiste dans les pratiques sectorielles compartimentées, les institutions, l'élaboration des politiques, la gestion et l'interprétation;

Reconnaissant que le renforcement de la prise de conscience et de la connaissance des liens entre la diversité biologique et culturelle nécessite une collaboration par le biais du partage et de l’adaptation de bonnes pratiques sur les relations réciproques entre nature et culture;

Reconnaissant les peuples autochtones et les communautés locales en tant que partisans de la diversité biologique et culturelle et le rôle crucial des femmes des communautés autochtones et locales dans la conservation de la nature et de la culture;

Soulignant que le succès de la vision de la Convention sur la diversité biologique et des Objectifs de développement durable nécessite la participation pleine et effective des peuples autochtones et des communautés locales ainsi que la reconnaissance de leurs droits aux territoires, aux ressources naturelles, à l'utilisation coutumière durable et aux connaissances traditionnelles connexes;

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Reconnaissant l’importance des instruments normatifs pour la protection de la diversité biologique et culturelle du monde, y compris les conventions relatives à la diversité biologique et les conventions relatives à la culture;

Réaffirmant que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et l’Agenda 2030 pour le développement durable offrent un cadre pour respecter et reconnaître les droits des peuples autochtones pour assurer et promouvoir à la fois la diversité biologique et culturelle dans la réalisation de ses Objectifs de développement durable;

Reconnaissant l’importance d’une approche fondée sur les droits pour la résilience des systèmes de vie, la santé, l’éducation ainsi que l’utilisation, la gestion et la conservation des ressources naturelles;

Reconnaissant la gestion coutumière de la biodiversité, le droit coutumier, les connaissances traditionnelles et les modes de vie représentés par les procédures coutumières et les protocoles communautaires bioculturels;

Réaffirmant que l’Accord de Paris1 reconnaît la valeur des connaissances traditionnelles et des systèmes de connaissances locales pour l’adaptation aux changements climatiques, ainsi que la nécessité de créer une plateforme sur les communautés locales et les peuples autochtones au titre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques;

Reconnaissant les Perspectives locales de la diversité biologique comme des outils utiles pour la mobilisation des connaissances, innovations, technologies et pratiques traditionnelles, ainsi que comme des méthodologies participatives qui aident à rendre visibles les voix, les actions et les histoires des peuples autochtones et des communautés locales dans les ensembles de données et les rapports nationaux et internationaux;

Reconnaissant que les langues autochtones, traditionnelles et locales incarnent les liens entre la diversité locale et biologique, tel que reconnu par l’Année internationale des langues autochtones (Résolution 71/178) en 2019;

Soulignant que le plein exercice des droits de l’homme, notamment les droits à la vie, à la santé, à la nourriture et à l’eau, dépend des services fournis par les écosystèmes;

Le Sommet a examiné des visions de futurs pour vivre en harmonie avec la nature; les contributions de la conservation communautaire et les approches qui améliorent la diversité bioculturelle et les indicateurs pertinents, ainsi que les droits de l’homme pour des peuples autochtones, des communautés locales et des écosystèmes florissants.

Nous, les participants, nous engageons donc à travailler aux niveaux local, national, régional et mondial pour:

1. Atteindre, au cours de l’exercice biennal (2019-2020) et au-delà, tous les acteurs et les secteurs de la société2, pour construire un large partenariat et pour développer conjointement des éléments de travail qui visent un rapprochement de la nature et de la culture dans l’après- 2020;

1 Voir https://unfccc.int/sites/default/files/french_paris_agreement.pdf

2 Dirigeants de gouvernements, organisations, programmes et mécanismes des Nations Unies, et autres organes et entités intergouvernementaux, organisations de peuples autochtones et de communautés locales ou traditionnelles, ainsi qu'organisations non gouvernementales, universités, académies de recherche, organisations philanthropiques, communautés confessionnelles et secteur privé

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2. Exhorter la mise en place d’une Alliance international multipartenaire sur la nature et la culture, qui servira de plateforme de coopération internationale sur les liens entre la diversité biologique et culturelle pour réaliser la vision mondiale de l’humanité « vivre en harmonie avec la nature » d’ici 2050;

3. Inviter les partenaires stratégiques qui travaillent sur et/ou la culture, notamment les organisations culturelles internationales, à contribuer de possibles éléments de travail sur la nature et la culture;

4. Mobiliser des ressources financières et humaines pour renforcer la participation pleine et effective des peuples autochtones et des communautés locales et le développement et la mise en œuvre d’activités pour promouvoir les liens entre la diversité biologique et culturelle;

5. Recommander, reconnaissant l’importance des actions et des solutions locales, l’implication et la participation pleine et effective des peuples autochtones et des

communautés locales, en particulier les femmes et les jeunes, pour assurer que les liens entre la nature et la culture, les territoires traditionnels – les territoires de vie- et la vision

cosmologique des peuples autochtones et des communautés locales soient considérés dans le développement du Cadre de l’après-2020 pour la biodiversité;

6. Appuyer et promouvoir la transmission intergénérationnelle des langues3 et des connaissances autochtones et locales dans le but de régénérer, restaurer et revitaliser les systèmes de connaissances et les institutions pour promouvoir la récupération de la diversité biologique et culturelle;

7. Promouvoir un dialogue soutenu entre la science et les systèmes de connaissances autochtones et locales pour jeter les bases d’un nouveau paradigme, générant les meilleures connaissances et solutions possibles pour la résilience biologique et culturelle;

8. Davantage promouvoir la formation de sensibilisation interculturelle pour les

scientifiques et autres personnes travaillant avec les peuples autochtones et les communautés locales;

9. Continuer d’examiner l’intersection de la diversité biologique et culturelle et la prise de conscience grandissante du concept de « diversité bioculturelle »;

10. Promouvoir et développer davantage des indicateurs de suivi et de compte-rendu adaptés à la culture et à la communauté, pouvant fournir des preuves solides, engendrer un meilleur suivi et permettre une action significative sur le terrain pour s'attaquer aux problèmes locaux et aux principales menaces;4

11. Promouvoir des opportunités éducatives, de formation et de développement des capacités au travers de programmes et d’activités de sensibilisation sur les liens et les interactions entre la diversité biologique et culturelle, conformément aux perspectives des peuples autochtones et des communautés locales, en particulier des femmes et des jeunes;

3 En lien avec cette initiative, l’UNESCO accueille actuellement la Décennie internationale du rapprochement des cultures (2013-2022), voir: https://fr.unesco.org/decade-rapprochement-cultures

4 Ce qui peut inclure des indicateurs bioculturels.

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12. Préconiser une éducation pour un avenir durable qui habilite les apprenants et les parties prenantes à respecter, préserver et maintenir la diversité biologique et culturelle de notre planète dans le présent et dans le futur;

13. Continuer à prôner et à promouvoir l’intégration des liens entre la diversité biologique et culturelle au sein de tous les programmes et politiques de développement économique, social et culturel;

14. Continuer à prôner et à promouvoir des réformes qui appuient l’intégration,

l’harmonisation et l’adaptation des pratiques des secteurs du patrimoine naturel et culturel;

15. Améliorer les synergies entre les dispositions interconnectées des conventions et programmes internationaux qui traitent de la diversité biologique et culturelle;

16. Examiner davantage les contributions de la culture, des connaissances, innovations et pratiques traditionnelles ainsi que des initiatives collectives autochtones et de communautés autogérées à la conservation de la nature et à la diversité biologique et culturelle;

17. Examiner les liens entre l’harmonie entre les peuples (la paix) et l’harmonie entre l’humanité et la nature;

18. Examiner l’interaction et les conséquences entre les droits de l’homme et la

conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique, notamment le droit humain à un environnement sain;

19. Demander des mesures concrètes pour protéger les défenseurs des droits humains et environnementaux;

20. Demander des stratégies multipartenaires qui aspirent à une approche terre entière gouvernée équitablement et gérée durablement avec une protection accrue à la fois de la nature et de la culture au sein de paysages de mosaïques bioculturelles;

21. Demander aux Parties d’accélérer la reconnaissance des terres, des eaux et des territoires de vie des peuples autochtones comme moyen pour déclencher un changement transformationnel dans la protection de la diversité biologique et du patrimoine culturel, pour toute la vie sur Terre.

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