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LES
FAUX MÉNAGES
COMÉDIE
Représentée pourla premièrefois,à Paris, surleThéâtre-Français, parles comédiensoïdinaires
del'Empereur, le 7 janvier
1869
CALMAN.N LÉV», KDITEIR
DU MÊME AUTEUR
L'AGE IXGRAT,coiiiciliecutroisactes.
l'autre motif, comédie en unacte.
LE
CUEVALIER TRUMEAC,
coiiiédiceuuiiacte,envers.LEDÉPART,poésietlilcsurlascèneduTliiiàlre-Frani;ais,
LE
DERNIER
L'AR Tl ER,Comédie en deuxactes,envers.L'ÉTINCELLE,comcdic OU unacte.
LES lAL'x .MÉNAGES,comédic enquatre actes cu'^ers.
HÉLÈNE, tragédie bourgeoise,eatroisactes,envers.
LE
MONDE
or l'ons'amuse,couiédieenunacte.LE
MONDE
OU L'ON s'ENNU
IE,.coinédiccntrojsactes.le
mur
.MITOYEN, comédie en deu\actes,envers.LE l'ARA.siTE, coméiliecuunacte,envers.
PENDANT
LE B.\L,coniédlcen unacte,envers.PETITE PLUIE...,comédie en unacte.
LA l'oipÊi:, poésie.
PRIÈRE POUR
LA FRANCE, poèmedit ^llrlascène du Tliéàln Français.LESECOND
MOUVEMENT,
comédic entrois actes, envers.AMOURS
ET HAixE.s,un volume.DISCOURS ACADÉMIQUES,
un Voluffie.LES PARASITES,un volume.
LE
THEATRE
CHEZMADAME,
UO VolUmC.Imprimeriesvéunics,B,rueM'^rimn, f
,
0-'
LES
FAUX MÉNAGES
COMÉDIE
EN'
QUATRE ACTES EN VEKS
PAR
EDOUARD PAILLERON
HLIITimil- IvDlTION
PARIS
CALMANN LÉVY, ÉDITEUR 'l'^
^"^NUtlNNE MAISON MICHEL LÉVY FRÈREa /^l»
3,
RUE AUBER,
3l888
Droitsde reproductionetde traduction téser^iz
PERSONNAGES
PAUL ARMANI.
MM. Dklaunay.M.
ERNEST
BuESSANT.GEORGE
CoQUHiiN.M.
HENRI
Pbudhon.LE GÉNÉRAL
Kimb.L'ABBÉ Thiron.
UN DOMESTIQUE
Masquilier.MADAME ARMAND M""
Nathalie.ESTHER
Favart.FERNANDE
PONSIN.LA BARONNE
ROSEDbschampsMADAME HENRI
Lloyd.MADAME ERNEST
Mahquet.ALINE
#•• Rbichbmbbro.Vu
J '2T3
LES
FAUX MÉNAGES
ACTE PREMIER
Lbsalon.
—
Ameublememsimple,fauteuils,tableàjeuavec un canapé surledevantàdroite.Agauche, unpiano.—
Porte aufondnt portoslatérales.SCÈr^E PREMIÈRE.
MADAMK AH M AND, LABBÉ,
jouant aux caries;ALINE,
BU piano;ARMA.ND,
pcnclK'' sur elle.MADAME ARMAND,
quiregardeArmandetAline tout en jouant.Maisregardez-lt^sdonc, l'ablié; diraii-onpas,
A
lesvoir se parlerdes^i prèsetsi bas.Que
déjà ces enf;inlssnnl mariés ensemble?...Quelbeautoupieilsferont!.. Dites, quevous ensemble?
l'abbé.
Madame,excusez-moi,jenevous suivaispoint.
^
LES FAUX MÉNAGES.
Lafaute enestau jeu; pardon,jemarque un point.
Vous
me
faisiez l'iionneur, madame, deme
dire?MADAME ARMAND.
L'espritcroitaisément cequele
cœur
désire;Jedisais qu'elle etlui, l'abbé, doivents'aimer.
Lajeune demoiselle estfaitepourcharmer.
J'enconviens; cependant... mais,sijene m'abuse.
C'esta moi dedonner,
—
cependnnl,jem'accuse Dene pas rencontrer en monsieur votre fils...Leroi! quifaitdeux pointsavec cequejefis.
—
Ilestvraiquel'amoure.^td'tsseni-e si folle!...
—
Elcinq.
—
J'aileregretdeme
marquerlavole,HADAMb: ARMAND.
Oh! ne
me
parlez pasJemon
fils: ilestsûr;Nous l'avons élevé, l'abbé;sonC(T>ur est pur,
Il n'estpas de pensée, encelle
âme
ingénue, Quinesoitpresque mienneetneme
soitconnue.Songezdoncque mes yeuxnel'ontjamaisquitté.
D'ailleurs,elleest jolie,Aline, envérité, Et,s'ilne l'aimepas,qui voulez-vousqu'ilaime''
l'abué.
Dieu
me
garde decroireou de soupçonner mômf^Que
monsieurvotre filsdédaigne tantd'appas;Pourtant,dois-jeledire, ilne
me
semblait pas...Alors,ceseraitdonclajeune demoiselle?
MADAME ARMAND.
aimer
mon
fils!mon Armand!
eilelACTE PRl'MIER.
L'AfiBÉ.
Aurais-jedit cela,
madame?
Non!—
Pardon, Vousplairait-iljouer?MADAME ABMAND.
Mais regaidez-les donc!
Voyez
comme
ilécoute, et sourit,etsepenche^Etde queldouxregardilsuitceltemain blanche!
Que
vousfaut-il deplus, l'abbé?Que
voulez-vous?Qu'illaprenneensesbras? qu'iltombeàsesgenoux?
l'abbé.
Madame, uneaciion àce point insensée E-r, j'en laislesermont, bien loin de
ma
pensée!Je
me
suisabusé, sansdoute.—
Ali! celtefois, Cinqetdpux!J'ai eaizué,madame;
toutefois Nouspoursuivronslejeu, si lacliosevoustente.MADAME ARMAND.
Merci, l'abbé, plustard.
— Mon
Aline!ALINE.
Ma
tante?MADAME ARMAND.
Veux-tupas dire àJean denousservirle thé?
Alinesort.
SCÈNE IL
MADAME ARMAND, L'ABBÉ, ARMAND.
MADAME ARMAND,
ù Armand.Etvous, venezici, monsieur, à
mon
côté.4
LES FAUX MÉNAGES.
ARMANI).
Oui,
ma
mère.MADAME ARMAND,
lefaisantmettre àgenoux devantelle.Ven^zplusprès, plus près encore!
La,très-bien.
—
L'aimes-tu, tamèrequi t'adore?ARMAND,
l'embrassant Si je l'aime!...MADAME ARMAND,
l'embrassant.Un
bon point; maintenant, s'il vousplaît, Veuillezme
dire un peucequevous avezfait.A
peineon vousavu detoute lajournée!...Ah!
depuis quelque temps,jesuisabandonnée.ARMAND.
Oh!
ma
mère!MADAME ARMAND.
Oui,jesais,quelquetravail nouveau.
Es-tubeau! Voyez-donc, l'abbé,
comme
ilestbeau!L^ABBÉ.
Madame, ilest certainque lestraitsdu visage De mousieurvotrefils...
MADAME ARMAND.
A\ez-vousétésage?
ARMAND.
J'aifaitcequejefais,
ma
mère, touslesjours, D'.ibord,jesuisalléceniatinàmon
cours, El puisje suisreniréme
livrer a l'étude, Elj'en vais faireautant, selonmon
habitude.ACTE PREMIER.
MADAME ARMAND.
Ahl oemaudit«éjour,quand sera-l-ilfini?
Quand retournerons-nouslà-bis, dans notre nid?
litail-il doncbesoin, pourculuverses roses, Devenirà Parisapprendretantde clioses?
ARMAND.
Lavie estun métier qu'un
homme
doit savoir,Ma
mère, et, pourl'apprendre, au moinsfaut-illa voir.MADAME
\KM
ANU.Entendez-vous,l'abbé,
comment
monsieursenomme?
Un homme! Mon
Armand,toi,mon
enfant, unhomme?
Hélas!c'est vraipourtant... Oh!
mon
Di'U, sepeut-il Qu'on changeainsi?Toutjeune, ilétnitsi gentil.Quand. lesmains dansmes mains, ilfaisnitsaprière, Il avaitde cesmotsqui
me
rendaientsi fière:«
Comment
d<mcest-cefait lebon Dieu?C'esl-il grand?Ella viergeMarieet son petit enfant?»
Çane finissaitplus!... Etses cris, et seslarmes.
Quand
oni'aPaitcoucher!... Peureux!... quelles alarmes\ son moindre bobo!Monsieur pa\aitcela Avec un beau baiser deslèvresquevoilà.
A
présent, ça vousade la barbe, ettrè—dure, C'estun homme!...déjà!...C^mme
lachevelure Brunit!...Comme
les\eux. .Qui croirait quesesyeux, Quand on les voitsi noirs, jadis étaientsi bleus?...Ah! vivant.«ouvenirde mesjeunes années, Seuletderniertrésor de--amours ruinées,
Mon
cherfis,mon
passé,mon
avenir,mon
tout, Reste bon, restepur,aime-moi bien, surtout!Ç
LES FAUX MÉNAGES.
ARMAND.
Ne
VOUSforgez,sur moi, nicrainte,nichimère, TelQue vous m'avezfait,jere-^terai,ma
mère.Âh! cesdeuxans passés avecvous àParis, Nelesregreltezpas, ils m'ontbeaucoupappris.
Je croisquel'onse prend,dansleSfjourdesvilles,
D'uneliorreurplus profondeencor des chosesviles,
MADAME AUMAXD.
Cher petit!...Mais causons, nous
sommes
entre nous.Vousavez aujourd'hui vmgt-troisans, savez-vous?
C'estl'époque attendueetque, dan?
ma
pensée, Je m'étais,pourparler,depuislongtemps fixée.Écoute, cher enfant:Nous changeons de chemins;
Jeremets aujourd'hui tavie entretesmains.
Je t'avais,jusqu'alors, pourgardertajeunesse, Scque.^trédans
mon
cœur,cloîtrédansma
tendresse, Je terendsàtoi-même.— mon
enfant biencher,Tu
n'es passeulementde lachairdema
chair, C'était pou demon
sang,jet'ai donnémon
âme.Pourlaconserverpureetcalme, celteflamme, J'ai veillénuitetjour avecunsoinjaloux, Seule,je l'avivaisd'un soufflechasteetdoux.
Lepassénousléguaitpour uniquehéritage Lalutte etla douleur;j'enaifait
mon
partage.Tu
nesaisriendumal, c'étaitlamon
honneurQue
l'innocenceunjourtecédât au boniieur.Le passé,sesmalheurs, l'avenir. se>alarmes, Jai toutpris;ton sourireétaitfaitde meslarmes,
Tu
n'as rienvu de sombreen ton clieinin vermeil, Jet'aitoujourslaissélecôtédusoleil,ACTE PREMIER.
1 Etjemarchaisàl'ombre, anxieuseet ravie,Faisantta vieav'cles morceaux de
ma
vie!...Elibien,espoirscraintifs,souvenirs dou'oureux, Veux-tu
me
payer toutd'un seulcoup?Sois heureux!ARMAND,
l'embrassant.Chèremère!
MADAME ARMAND.
Câlin! Suivez-moi,jevousprie.
Donc, vousêtesunhomme...
Un
homme... semario.-.Armandserelèvesurpris.
Ehbien?
Bas,à l'abbé.
Est-ce assezclair,l'abbé?
AArmand.
Que
fais-tulà?ARMAND.
Mais,
ma
mère,...pourquoime
dites-vous cela?MADAME AllMAND,
gravement.Parcequelebonheur
—
qu'on l'ignore oul'oublie—
Est
œuvre
de raison etnon pasde folie;Quelavie a ses loisd'ordreetdedévoùmenl Qu'onne décline pasau moinsimpunément!
Parce que, si, sortantdela routesuivie, Quelques-unsonttrouvé d'autre porte àlavie.
Moi quit'yvoisentrer,enfant, jeveuxtevoir Frapper àlaplushaute, àcelledudevoir!
L'attin nti\elle etsouriant.
Et puis...
comment
tedire?...Enfin... quoiquej'en aie, Un grand fils,c'estbiengrand!—
Jeveuxdela monnaie,8
LES FAUX MENAGES.
Il m'en fautdepetits; car,vois-tu,
mon
Armand, Jp t'aimpbien... maistoi... tu nedisplus: aMaman!
»Cesmots-là nousfontvivreetni)usrendent plus jeune;
Un
vipillard sansenfanis, c'estun pauvre quijeune...Vraiment, àtout cela, n'as-tu penséjamais?
ARMAND,
gravement.Si,
ma
mcrelMADAME ARMAND,
ml'abbé.L'abbé,voyez-vous?
Elibien, mais...
J'attends, parle..
A
KM
AND.C'estque...vousêtes,vous,
ma
mère,A
decertains sujetstellementétrangère...MADAME ARMAND.
Tu
croio?ARMAND.
Comprendrez-vous?vous,unange?
MADAME ARMAND,
souriaDt.Obstiné!
L'angen'estqu'un
démon
quin'apasmaltourné.Parle.
Ml
MANU.
Pardon noz-moi,maisjesensquplque entrave
A
par'eraussitôtdun^-chose ausisirave.Plustard! Oii'ilvous-utlise,à présent,de savoir
Que mou
aiiiour estjuate etgrunJcomme
undevoir;ACTE PnEMlER.
Etque
mon âmp
estbien dansla route tracé*Decedévoùmentten^lreoùvousl'avezpoussée.
Que,sijusqu'à ce jourenfin je
me
suistu,Cen'est pas,croyez-moi, sans avoir coml)attu.
Maisjeveuxtoutvous dire En depareilles choses,
On
ne peut raconterles effetssanslescauses, Cerécit seraitlong; plustard...tenez...demain.MADAME ARMAND.
Oui,
mon
cherfils,demain,oui,donne-moita main.De
tonbonheur,enfant,depuisquej'ailagarde, J'aifaitcequej'aipu,...lensteteregarde.Eussps-tu malchoisi,quejen'ypourraisrien;
Carn'es-tupastonmaître,etmênie...un peulemien' Maisva,j'aiconfianceenton
âme
divine.Garde donctessecrets, quepeut-êtreondevine;
Jesaiscequetuveux, sachant cequetuvaux, Remontedanstachambreetreprendstestravaux.
J'auraispeut-êtreaussimessecrets 5tedire, Ceuxd'untristepassé,quinefuntpassourire.
ARMAND.
Comment?
MADAME ARMAND,
souriant.Ah!
curieux,unhomme
sidiscret!Non.J'attends ton secret, etgarde
mon
secret.Ah! pourlesé«hanger,je suistropgénéreuse.
Allons, va,
mon
enfant,bonsoir!Annandl'embrasisp, saluel'abbé et sort
10
LES FAUX MÉNAGES.
SCÈNE
III.MADAME ARMAND, L'ABBÉ.
MADAME ARMAND.
Je -uisheureuse!
Avais-je,à votreavis, prédithorsdesaison?
l'abbé.
Chèredame,ilest vrai, toutvousdonneraison...
Mais...
MA nA.AIE AR
M
AN1) .Quandjevousdisais qu'ilaimesacousine.
D'autrepart,vousverrez cequeva dire Aline;
Vousverrez.Touts'arrangeainsiquejeleveux.
Ilvientdoncce
moment
qu'appelaient tousmes vœux.Ali!Dieu
me
devaitbien,aprèsma
longueattente, Quelque peu debonheur!l'abbé.
Oui, madame.
SCÈNE
IV.Les
MÙ.MI^S;ALINE,
suMed'undomestique«jnposn lethésurlatnbleets'enva.Ma
tante, Voicilethé.ACTE PREMIER.
M
ADAM
KARMAND.
Veux-tunousledonnerici?
Al'abbé.
A
votretour,i'abbe;confessezcelle-ci.l'abbl.
Se peut-il?vousvoulez, madame, quejetente...?
MADAME ARMAND.
Je
me
portegarantde votrepénitente.Ouvrezce jeunecœur,etparlezhardiment.
AAline,qui restedanslefond.
Que
cherches-tudonclà,ma
petite? est-ceArmand?
Al'abbé.
Allons1
ALINE.
Moi,je cherchais... non,
ma
tante.MADAME ARMAND,
h part.Au
conlrairo.Haat.
T'ai-je ditquecesoir j'attendsGeorge, tonfrèrel Qui, pour notreavenir, etsurtout pourletien,
A
de graves projets?Alinebousculelestasses.
La!la!ne casserien.
Al'abbé.
Maisallonsdonc,Tabbé!
AAline.
Tu
penseras sansdoute...ALINE, avec empressement, versantduthé.
Vouslepreneztrès-fort?
42
LE^ FAUX MÉNAGES.
MADAMn: ARMAND.
Comme...
ALINE.
Encore unegoutte.
MADAME ARMAND.
...
Comme
lui,qu'ilesttempsde s'occuperdetoi.Maisl'abbé, là-des<us,ensaitpluslongquemoi, Et veutleconsulter.
Al'abbé.
Avez-vouspas peurd'elle?
Mais puisquejenréponds.
l'abbé.
Ma
chère demoiselle.^ALT
X
E, luitendantunetasse.Ht vous,monsieurl'abbé?
l'abbé.
Volontiers;s'ilvousplail, Jeleprendraitrès-faible,avecbeaucoup delait.
Machère demoiselle,ilestvenucetâge Oijlesaintsacrementappelémariage (^ouronne bienunfrontde pudeurrevêtu.
Vousunissezen vouslagrâceàlavertu;
Lecielvousaf.iitdond'unefoipeu
commune,
Etd'aMraitsfort...nombreux, etqu'envîrait plus d'une.
Pour vous-mêmesoulTiezqui' jem'arrèleici, .\prèsce premierpoint, jepasseà celui-ci...
M
A D AM
F. a RMAND, Al'flbhA.Onvous égarez-vous?
ACTE PREMIER.
43 l'abbé.Etjp dis qu'il est juste Quel'onsongepour vous 5celienauguste, Quidoitmettreen son jourt<int de donséclatants;
iMais
—
etc'est là lesigne elîroyable des temps, Les unsfontde l'hymen unvil objetdelucre,D'autres...
—
pourrais-je avoirun peu,très-peudesucre?D'autresqui...
MADAME ARMAND,
arrêtantAlineaupassage.Mon
enfant, tut'aimes, dis-le-nous.AUNE.
Ma
tante!Ellelaissetomberlesucredanslatassedel'abbé.
l'abbé.
Oh
!beaucouptrop!MADAME ARMAND.
Eh
bien, la,voyez-vous?Cejeune
amour
brillaitsouscellecandeur douceComme
unefleurde maiqui s'ouvre souslamousse.Netremble pasainsi,voyons, rassure-toi.
ALINE.
Oh!
ma
tante,ma
tante!MADAME ARMAND.
Elle ahonte,etpourquoi?
Lavoilàtout
émue
ettoute rose encore...Pur amour!astredontlapudeurestl'aurore!
Ne
tremblepas, te dis-je, enfant. Mais sur ce pointt4
LES FAUX MENAGES.
Vois-tuclairdanston
cœur? Ne
tetrompes-Ui point?L'aimes-tutout à fait?
Alinefaitsi^equeoui.
Cen'estpas
comme
un trère?Alinefatfsignequenon.
C'estbien
comme
un époux?Aline baisse latt^tesans répondre.
Cetteréponseest claire, Alors,parle;dis tout, etmetston
âme
ànu :Depuis quandcetamour?...
Comment
t'est-ilvenu?ALINE,
timidement.Jenesais.
A
présentquej'enai connaissance,Jecroisquec'estdepuis... toujours,... c'estdenaissance.
Jevivaisaveclui,c'est-à-direavec vous.
Nousjouionssipetits, toustrois,sur vos .senoux!
Etpuis,un peupluslard,
mon
frèrem'alaissée, Vousensouvrnez-vous?pouralleraulycée.Alors...nousétions seuls.
— Quand
lafemme
grandit, Ellen'enlend pas bientoutcequ'ellese dit...Jel'appelais
Armand,
il m'appelaitAline...Puisvousétiezsibons pourlapauvreorpheline.
Parinstants je songeais...il
me
semblaitparfois Qu'il neme
parlaitpas aveclamî^mevoix...Cen'estqued'àprésentd'ailleursquej'en suis sûre.
Oh!jenel'ai pasfaitexpiés,jevouslejure...
Maisjevous aimaistant!...jene vois qu'aujourd'hui
Que mon amour
pour vousestdel'amourpourlui...MadameArmandregarde l'abbé.
Vousdétournezle>yeux! ost-cequejevousfâche Infaisant cetaveu?...Oh!jenesuispaslâche.
ACTE PREMIER.
45 Vous pouveztoutme
dire, allez,moa cœur
c-tfort.Est-cequejefaismal?est-cequej'avaistort?
Voussaveztout celabeaucoup mieux que
moi-même;
Est-cequ'ilnefaut pas,
ma
tante,quejel'aime?C'est qu'alorsdans cecas, etsicen'estpasbien, le ne l'aimerai plus. Vous ne répondez rien?
MADAME ARMAND.
Jerépondraideux fois.
L'attirant à eUe.
Voici d'abord,
ma
chère.Sa réponse..
.
EUel'embrasse.
ALINE.
Ah!
ma
tante.MADAME ARMAND,
luidonD.intun bouquetde marine qu'elle tenait caché.Etlamienne.
ALIÎVK, sejetantdanssesbras.
Ah!
ma
more!MADAME ARMAND.
Tantpis!jen'ytiensplus! Sans remettreàdemain.
Jeveuxlesrendreheureuxparleplus court chemin.
Inutile d'ailleurs, je crois,d'en plusentendre:
r.ebonheurestun roiquineveut pasattendre.
ALINE.
ilm'aime donc!
MADAME ARMAND.
S'ill'aime!aveccettedouceur Etcettepureté!Chèreenfantde
ma
sœur,16
LES FAUX MÉNAGHS.
Taplareétaitmarquéeauseinde
ma
famille;Tu
ne iovipndra< pas,turestera*ma
fille.Peul-èireaurais-jedûne [uisparlerencor;
Maisje crois,en cecas,quela()arolee»t d'or.
ALINE.
Ilm'aime!
MADAME ARMAND.
Et jusqu'au boutjeveux
me
satisfaire.Ils'agitde surprendreArmand,et,pourcefaire, Improviseunco>tuine,enfant;jeveuxtevoir
En
jeunemariée.ALINE.
Oh!
ma
tante,ce soir?l'abbé.
Quoi! vous voulez...?
MADAME ARMAND.
Jeveuxlavoir ot qu'illavoie.
Ceseratoujoursçadeprissur notrojoie.
ALINE.
(Jomme vousêtesbonne!...
MADAME ARMAND.
Enfant!...quand onestvieux, Lesourireestencor ce quinousvalemieux.
Labonté,c'estlelarddesvieilles,vos amios.
Puislecœur,ànotre âge,a tantd'économies!
Allons,vat'habiller,quecenesoit paslong.
Moi, jeferai descendre
Armand
dans cesalon.J'ai
mon
plan; allons,va!ACT^ PREMIER.
47ALlNt;.
Je rêve! Moi,sa
femme
I...MAOAME ARMAND,
lapoussantdoucementverssachambre.Allez, mademoiselle,et levei-ez, madame.
SCENE
V.MADAME ARMAND, L'ABBÉ.
MADAME ARMAND.
Jelesavais bien,moi. que, grâceàcetamour, Nos deux malheursferaientun bonheurquelque jourî
Eh
bien, quepensez-vous, l'abbé,demon
idée?l'abbé.
Ne
vousseriez-vouspas...un peutôtdécidée?MADAME ARMAND.
Un peutôt,eneiïef.
Quand
depuissilongtempslepréparecetteheureetl'espère et l'attends, .fcn'ciqu'unmotàdire, unseul mot,etj'y touche, Etvous voulez encorquejt>frmelabouche!
l'abbé.
Teln'éfaitpoint
mon
but! JedisaisseulementQue
monsieurvotrefils...peutêtre...MADAME
AlîMAND.Encore
Armand
!Comment! même
àprésent,vousconsirvezundoute!Pouiquoi?...quepensez-vousenfin?,.. Parlez, j'écoute.
«8
LES FAUX MÉNAGES.
l'abbé.
Jevoudraisqu'il?ùt bien...
MA DA
ME
A RMAND.A
quoi ff^rtdeprêcher Unconverti? Tenez,allezme
lechercher.l'abbé.
Mon
Dieu' pardonnez-moilafiçondontj'insiste;Maislepassé,madame,encorqu'ilsoit,bientriste.
Ne
conviendrait-ilpasqu'il l'apprîtdésormais?MADAME ARMAND.
Pauvreenfant! plûtauciel qu'ilnelesùijamais!
l'a bué.
Mais sonpère?
M
aPAME
abma:;d.11estmort,etn'aura pasd'his'.oire.
Iln'estetnesera pourluiqu'unemémoire.
Allez,vousdis-je,allez.
l'abbé.
De
grâce, unseulin=tantt Faudra-t-ilpas,unjour,tout révélerpourtant?madame ARMAND.
Comment,etde quelfrontoserais-jeluidire:
« Celuiquetu bénis,iltefautlemaudire...
Celui qui, grâceàmoi.fut toujoursrespecté, Estvil.Sije disais toutelavérité.
Leréciten pourraitsouillerton
âme
neuve.A
peineétais-jeépouse,et déjà j'étaisveuve.ACTE PREMIER.
/J9A
ppinetunais?ai« qu'il tefitorpltelin.Le voilàcesecretdont
mon cœur
étaitplein!D<mslespiresamour? où riiommeseravile
11vivait;chiquejour
me
donnaitpourrivale Quc!(|uefemme
sansnom,etdontrindi|,'nilé Frap[)aitmoinsma
tendresseencorquema
fierté.Ma
fortuneservait àrenterleurscaprices;Seuleparsesdédainsetpauvre parses vices, Sije \eillaissurtoi,jel'avoueaujourd'hui, C'étaitdans
ma
terreurdetevoircomme
lui.Cepassé,pourtoi clos etsscré
comme
un temple, N'étaitsi bien formé qu'enhainedel'exemple;Nous n'avonsrien delui, rien, pas
même
son nom...Puis-je direà sonfilsces choses-là? Non,non!
Certes,àvos raisonsje suisprêtà
me
rendre, Chère dame; pourtant,songezqu'ilpeutapprendre Parune autreque vous...MADAME AHMAND.
Et qui leluidirait?
\vecGeorge,vous seulconnaissez
mon
secret.l'abbé.
Mais... ne faudr;>it-ilpasconsulter, etpourcause, Monsieur votreneveu?
MADAME ARMAND,
leregardant fixement.Voussavezquelque chose, L'abbé, vous
me
cachezquthiue malsûrement.%0
LES FAUX MÉiNAGES.
l'a b b b.
Qui? moi,
madame?
cit^ll non,... pasprécisément.JJais
Armand
n'étantplus, oudu moinsétant, dis-je...MADAME
AllMAND.Expliquez-vous, 1abbe, cellefois,je lexige...
L'ABbÉ.
Chère damel...
Allantsu fond.
Ah!j'entendsmonsieur Georgevenir.
Apart.
(Ju est-cequetout cela,grand Dieu, vadevenir?
SCÈNE
VI.MADAME ARMAND,
L'AHniJ:,GEORGE.
Glioaut, gaiement<ilnhhi.
Bansoir,
mon
ennemi!A madnnieArm«u(J Bon^oi^, chèn- mairaino.
Illui baiselamainetregnrdeautour<lnlui.
Tranquilleinlerieui! maisoncalmeetsereineI Qu;indl'enire par busard s^ousvoscluisleslambris,
Il ne
me
semble plusquejesuisà l'arii*.La table à jeu,leihé >ousla lampe (idele,...
Est-ce assez pur?
Au
fait,ma
sœur, oùdoncest-elle? Sans douieelleestcouchéeàcetteheureI vertu!MADAME ARMAND.
Gessedepliisantcrpour uninstant, vcux-lu?
Jet'ai faitappelerpourchosed'miiiuriance.
ACTE PREMIËK.
2<GEORGE.
Lia tante, alorspardon de
mon
impertinence...Tirant lamontre.
Celrtsera-!-il Ion;:'je vou-lrni?lesavoir, Purcequel'onm'tllL'iid encertain lieucesoir.
l'abbé selève.
Monsicurl
GEORGE.
N'ayez pas peur! c'estpour unmariago!
Trisiemeot.
Voilàpourtantàquoi l'ons'exposeà
mon
âge!AUjOurdhui bien porlanl, etmariédemain.
Amadane Ann^ind.
Vousne m'envoulez pasd'êiretoujoursgamin?
Unedot asspz gras-e, un pèreapoiile(ti(iue, Maisunefiancée... étique... lilleest élique.
On
dit: oLe mariage arrangeracela. » La panacéeest bonne.— On
connaîtcelle-là:Lafuture est trop maigre,un mariage engraisse!
Tropgra^se, illa miigriil Do-sue, illa redresse!..
Non,jetiensdès cesoirà porter
mon
dédit.Ne
vous enallez pas, monsieurl'abbé,j'ai dit.MADAME ARMAND,
grovoment.George, gardepour toi cesrécitsd'escapade.
Tu
choisismalton tenps.GEORGID, vivement.
Ma
sœurn'estpas fnalade?MADAME ARMAND.
Non, cen'estpascela, rassure-toi...
22
LES FAUX .MÉNAGES
Gt:OUG E
Bien! bica!
\h\
Basàl'abbé.
Vousavez parlé?
L'abbéfaitsiçneqiisnon.
Je n'y comprendsplu*rien.
A madameArmand.
Ma
inarraino,excusez cesgaîtésdéplacées, Maisl'abbévous diraquec'e.>tdans noslycées.Dansces lieux réprou\és,qu'unprendcetonmoqueur.
S'asseyantauprès dV-Ue.
Voici
ma
bonneonille,allez,celledu cœur;J'écoute.
L'abbés'esquivedoucement.
MADAME ARMAND.
Mon
ami, lu saissijevousaime.Pourvoustrois,
mes
enfants,ma
tendresseestlamôme.
Devenusorphelins, tasœurettoi,
—
pardon,—
Parlamort,
comme Armand
l'étaitpar l'abandon,.levousairecueillis;
ma
fortuneétaitmince:Je
me
suis retiréeaufonddelaprovince.Jevoulais,
mes
malheursen disentlaraison, Vous élevertoustrois,chez moi, dansma
maison.Toi, tunousas quillespoursuivreuneautrevoie;
Mais
Armand
m'estresté.Jeledisavecjoie, J'aipugardermon
fils, heureuxetrespecté;Uece
quej'aisoulfertilaura profité.GIÎORGE.
J'aidebonnesraisonspournieren principe
ACTE PREMIER.
23 Ces éduratinnsàlafrère PI)ilippe,Qu'uncliasle mariiigeachève audénoùment.
MADAME ARMAND.
C'estquelemariagoestuncommencement;
C'estqu'à cepurlienilfautdesâmespures, Libres des souvenirs, desfautes,dessouillures, Qui par quelque innocenteunjour sontexjjiés.
On
n'entrepusau temple avecla boueaux pieds!GEOUG
K.Bah! Lecas échéant, onôie sa chaussure.
MADAME ARMAND.
Hélas! Quoi qu'il ensoit, pour
ma
part, je m'assure Quema
voieestlabonne, etquej'ai réussi.Armand
finitsondroit; ilpart, etnousaussi.Il n'aura pas bronché dansla routesuivie.
Je l'auraidérobé jusqu'au boutàlavie;
Ilé[)0use(asœur.Je t'aidittoutexprès Devenirpourparlerde ces chersintérêts.
(;i:O11GI-; lii irnintlamain.
Aprèsunsilence.
Ma
pauvretante!MADAMi: ARMAND.
Eh
bien?GEORGE.
Cela
me
désespère;Maisils'agit d'Alineet...je suisun peupore:
Je nesaisquerépondre, etsuis tou interdit...
Ah
çà! pourquoi l'abbénevousa-t-ilriendit?Ilsait tout d'hier...
24
LES FAUX MÉNAGES.
MADAME ARMAND.
Parle.
CEOBOe.
Eh bien,c'est impossible.
UADAME ARMAND.
Et.pourquoi?
GEORGE.
Parceque,... c'est triste,et c'est risiblo.
Armand
est... marié.MADAME ARMAND.
Ce nestpas sérieux!
GEORGE.
Ma
foi,s'ilnel'estpas,iln'en vaut guère mieux.MADAME ARMAND.
11estde mauvaisgoût, sic'estunbadinage.
GEORGE.
iMa tante,savez-vous cequ'estun fauxménage?
MADAME ARMAND.
Un ménage?
GEORGE.
Lefaux'C'est unacrotjplement De Heuxêtres
— comment
m'expliquer...décemment'^Quel'ardeurdela vieoubien salassitude Unit parlehasard, rivepar l'habitude.
C'est
comme
ua comprumiscuulreledevoirsec.ACTK PREMIER.
25 in(ina<TBmarronquitientPaufre en échec,VIai mal qui nousi,Jgne etdontle perii presse.
SI
AD
AME ARMAND.
Ouedis-lu là!
Mon
Cl^aur.iitunemaîlrcssoTUne maîtrejse! fil Vousen ôes foncer
A
lanielolàtie,à lainangi'usedor...Nousavons bienchange^ (oui cpla, jevousjuro.
L'espèce donts'aj.'ile>lde conduite pure, Ellel'St
môm
économe,elleviseau renom;On
luidonneson bras,onlui pnHesonnom,On
l'enttiuredesoin^dontv<.us s riez jalouse, Hors letitreetle rang,elleatoutdelé^jouse.MADAME ARMAND.
Qu'est-cequetout celaveutdire?
GEORGG.
Envéritét
Vousn'imaîinoz pi?
comme
ilesth.ibilé, Cetimmense p.iysoublié parleCode.LaSOI lieest>i près,iVniréeestsi
conmodel
Pensezdonc:ni >ouci, nifè-'le, nidevoir!Aussicombien soniprispresque sanslesavoir!
Comment
voiroù l'onva.deviner où l'on glis>e?On nesontpasIentraveet lechemin est lise:
C"n'était(ju'un capiice,on n'éliilqn'un
ammt.
Onsetrouve enm''nai;e,on n* s itpiscoiuuient;
C'immecesvova;j; ursqui,venusi^arenvie Devisiterlaville,y sontrealés leurvio.
26
LES FAUX MIXAGES.
Etpuis,dufaux
amour
naîtlafausse amitié, Faiieun peud'égoïsmeetbeaucoupdepitié.Parfoisonse révolte,onse quitte,onse fàiho!
Maisonrevienttoujours, l'habituderendlâche.
On
se dit:« Bah! plustard!...jen'y suispasforce.» Peuàpeul'onfinitparse faireunpassé.Ons'accoutumeàvivreen bâillant face à face, Desgriefsd'autrefoisle souvenirs'elTace, La
femme
vousenfermeen uncerclesavant,Làge
arrive,onlagarde, onl'épousesouvent, Et,la vieilles.-eaidant,onsedécideà faire L'unlabonneaction, l'autrelabonneaffaire.MADAME ARMAND.
Mais
mon
enfant?quefaitmon
filsdans tout cela?GEORGE.
Ilestavec tousceuxqui sontempêtréslà.
Danscetailliséftaisdesamoursbuissonnières, Despremières souventetsurtout des dernières:
Lesréhabilileurs naïfs ettriomphante.
Lesmalheureuxàqui sontvenusdesenfants, Les esseulésàqui cemarchérendservice.
Les drôlespi^ur lesquelsun
amour
estunvice, Lestravailleurstrouvant celienplusléger.Lesattardés tropvieuxpouren vouloirchang'M-, Les timides n'osant seleverdeleurchaise.
Etlesmalélevésqui sontlàplusàl'aise!
Etlesmal mariés,au moinsaussinombreux.
Quiviennentychercher cequ'ilsn'ontpas chez eux!...
C'estunmonde!le
monde
inconnu,maisprospère, Desépouxsansépouseetdes enfants sanspère,ACTE PREMIER.
27Où
l'estime s'égare,oùs'abîme l'amour,Etsigrand,sinombreux,qu'ilfaudraquelquejour,
Comme
ontfaitlesRomainspourleconcubinage, Annexerforcément ce faubourgdu ménage.MADAMK
AllMAXD.Maisàces hontcs-là
mon
filsestétranger!GEORGE.
Trop!c'estprécisément ce quifëitle danger.
Ilestdanslesnaïfs;
— Armand
réhabilite, Ilrefaitlavertudequelque Marguerite, Qu'ilrécrépit àneufetcache... je saisoù;En
cecas,leplus sageesttoujoursleplusfou;De
lagrandeurdubutlacandeurest tentée, Quin'apas essayéd'animer Galatée?...C'est forcé.Peuou prou, tous ont passé parlà;
Quelques-uns ysontpris:
— Armand
estde ceux-là.MAOAMi:
AiniAM).Armand!...non!...Ehbien,non,jenepeuxpastecroire, Cherenfant,cherpetit;allonsdonc,quellehistoire!
Cela
me
faitrougir...Que
veutdirececi?Maisjenel'aijamaisquitté.Non, Dieumerci, Jesuis tranquille.
—
Maisc'estincompréhensible,Ilvientdem'embrassertout à l'heure.Impossible!
Gi;0UGE.
Oh!lesmères!c'e~tbiencela! Filleougarçon!
Jeuneouvieux, leur enfantresteleur nourrisson...
Vouslecroyezlà-haut, danssa(•hami)reàceltehcuro?
11estdans son ménage...0:1 m'aditsademeure,
A
réhabiliter, lespieds surleschenets;28
LES FAUX MÉNAGES.
Sademeure,c'estlàtoutcequej'enconnais.
Etvoilàplus d'un anqueceménagedure.
MADAME ARMAND.
C'estdoncvrai ? c'estdoncvra '
Mon
Diou, l'épreuve estdureIAinsij'aurai luilévainement! C'estfiit.il;
Onne peutlessousiiaireau baplème dumal.
Touts'écroule,dernierbonheur, espoirsuprême!
Maisilnous mentait donc, quandcesoir,ici
même,
Desonamour
si purilparlaitdevant nous, Etdece mariage?...Ah!mon
Dieu!GEORGE.
Qu'avez-vous?
MADAME ARMAND.
Ah! pourlecoup,voilàquiseraitbieninfâme!
George!est-ce qu'ilvoudraitl'épouser, cette
femme?
GEORGE.
Ilestdanslesnaïf>!Tl peutêtreconduit
A
vouloircommencerp^roù [)lusdun finit.MADAME ARMAND.
épouserceltefemme,allons! ungentilhomme!
GEORGE.
Arman'l sait-ilqu'ill'est?Eli!quf^«ait-il.ensomme?...
Qu'igriontitdelavie.il
tombeau
premierpas, Il n'estrien làqui doive etunner entout cas.MADA
M EARMAND.
Eh
bien, celamanquait!Oui... oui..jeme
rappelle, Jecro\aisqu'ilparlait d'Aline, c'était d'elle!89 Donc, a'nrs,sacandeur,sa pu'-eté. safoi,
Sonl auianl de peniset lounieiitcunlre moi!
MdisL|u'esl-tequil Uiul laire enfin, Dieu dejustice, El quel auraitd'aLiimo
exene
donclevice!Jlonfilsausi,
mon
ûln! l'enfantaprès l'épouxl Oli!cesfelimessansnom
etqui viventdenous, Et qui viennent soudier, jusque dansno:<akôves, Tous ceuxquenous aimons,deleurscaresses fauves!Sibien qu'ds nousfonthonteetquenotrebaiser Suileurs fronts avilisnesaitoîiseposer.
Donc, aujourd'hui, voilà
comme
onsemésallie!C'estnonlavanité,maisl'orgueilqu'onouuliel Ah!... l'amourqu'onnousvole,onleurenfaitprésent;
Cen'est rien,illeur fautdel'estime àprésentI
Ahl Tentantqu'oncherii,
comme
on caresseunrêve, La premièrevenueen pa>santnousl'enlève!Ah! nouslesfdisonspurs elgénéreuxetbeaux Pourservirde pàtuieaux goulesde Iui^seau^!
Ah
! mais non!non1— ïu
disquelusaissademeure?Mais,
ma
tante...UADAMB ARMAND.
Tu
dis qu'il s'y tiouve àcetteh«ure?C'est bien...atteuds-moilà.
Elle sort précipitait
30
LES FAUX MÉNAGES.
SCÈNE VIL
GEORGEî L ABCE,
apparaissant àlaporto(iuTond.L*A B DÉ, très-troiiblé.
GrandDieu! qu'avez-vousfait'
GEORGE.
Mon
devoir simplement...et j'en suissatisfait.Vousauriez,ce malin,dûtout direvous-même.
l'abbé.
Mais Aline, monsieur... votre sœur...
GEORGE,
devinantetavecangoisse.Ellel'aime^
SCÈNE
VIII.GEORGE, L'ABBÉ,
ALINI-:, sortantdesachambre encostumede mariée.ALINE,
apercevantGeorge,sejetlcdanssesbras, 4 h!George!GEORGE;
l'embrassantavecforce.Chèreenfouit!
ALI>'Ej un peuconfuse.
—
AprVsunsilence.Tu
connaisnos secrets?Silence.
Si jenet'airiendit,c'estqueje l'ignorais.
Tu
regardesma
robeetcomme
je suismise?ACTE PREMIER.
31 C'estma
tanfoqui veutlui faireunesurprise.Baissantlavoi.v.
Tu
nesaispas,il m'aime, ilva veniricil Senscomme mon cœur
bat...Georgebaisse latète,ellel'embrassa Jet'aime bienaussi!
Elleleregardeavec étonnomont.
Tu
neme
réponds pas?Ma
tante,oijdoncest-elle?Qu'avez-vousdonctousdeux?
l'abbé.
Ma
clièredemoiselle...(ÎEORGE.
Cen'est rien... unretard...unpetitembarras...
l'abbe.
Peude chose, en unmot.
A LlN E, avec force.
Armand
nem'aimepas!GEORGE,
avec unrireforcé.Armand
ne l'aime pas! voilàlesjeunesfilles!Ils'agitseulementd'affaires,... devétilles...
Qu
elleest enflint!Cen'est,te dis-je,qu'unrelard...Jet'enexpliquerailacauseunpeu plustard...
Embrasie-moi,voyons, ne crainsrien,tuteleurres...
ALINE.
.\h!tuvoisbien qu'Armandnem'aimepas,
—
tupleures1GEORGE.
Bon! Jepleureà présent.
—
Je pleurerais...pourquoi?31
LES FAUX MENAGiîS.
Va] parlehardimpntetnerrain- rionriemoi..
J'ai ir<pvileespeté,n'e^l-cepa>?CVst
ma
I.ute!Lnai-jel'u'il iiioin-:sec ellalètHmoinslinule
?
En douQaut
mou
amour,j'iiigarlémon
orirueii.Elle aie sonToili>,saronronne, son bouquet.
GEOKGB.
Aline,quefais-tu':'
ALINE,
tristement.Tu
vois!—
jeprendsledeuil.GEORGE.
Mais puisqueje tedis,... mais puisquejetejure...
Eh
bien,non,temimlirseraittefaireinjure;Ces détours, au surplus, sont aumoinsinsensés, Ettuvastout savoir.
ALINE,
laimettantlamainsurlabouche.Tais-loiI
—
J'ensaisassez.l'abbé.
Mais quel malheur,
mon
Dieu!AAliae.
Cen'estlàqu'uneépreu\
.Xrmandnoasreviendra.
ALINB.
N'importe,je suisveuve, EntremadameArmand.
ACTE PREMIER.
33SCÈNE
IX.Les Mêmes, MADAME ARMAND,
habiuée pourSOItir.MADAME ARMAND,
à George.El maintenant,allons!
ElleaperçoitAline.
Ma
pauvreenfant,pardon.Prenant Alinedansses bras.
Croyant ce
cœur
àmoi,je t'enavaisfaitdon.Mais on nes'attendpasàde tellesdéfailesl Les
hommes
n'aimant plusquelesvertusrefaites.Voilà
comme
aujourd'hui l'on comprendledevoir.Mais,cettefois,je lutte etnousallonsbienvoirl AGeorges.
ViensI
GROBGE.
Que
voulez-vousfaire?MADAME ARMAND.
Ilfautdonc(el'apprendre?
Ellesm'ontpris
mon
fils.—
Jevaisleleurreprendre?Uadaine Annnndsortprécipitamment
—
Gf-orgeembrasseshsœuret suit satante.—
L'abbéconsole Aline quis'estassise".apleurant,ACTE DEUXIEME
Cne chambre. —Table àouvrage;chaises;bu: au,comtL'^de.
Mobiliermodeste.
SCENE PREMIERE,
ESTHER,
seule. Elletravailleàlaclartéd'unelampe, en comptant lescoupsd'unependulequisonne.Etsix! et sept!et huit!
Mon Armand
vavenir.IIne
me
resteplusqueces points àfinir,Etjepourrai cesoirreporter
mon
ouvrage.Mademoiselle Esther, vousflânez; du courage!
Elles'arriîte, Ilm'avait biensemblérecomiaîlre son pas.
Comme
ilestenretard!pourquoi nevient-ilpas?Elles'arrête.
Mon
Dieu!comme
jel'aime!... Ah! voilàqui s'achève;l'espère qu'il seracontentde stm élève;
Carel'ea travaillévaill.imment aujourd'hui.
Pourceltefois,voiciqu'ons'arrèle... C'est lui!
Elles'cUince verslaporte.
ACTE OEDXIEMlî,
35SCÈME
II.ESTIIER,
M.ERNEST.
ESTHER.
Non,c'estmonsieurErnest.
Elle se rassiedettravaille.
M.
ERNEST.
Oui,
ma
voisine.Ah! diantrelMa femme
n'estpaslà?ESTHER.
Non.
M.
ERNEST.
Très-bien;alors, j'cnlro.
Elleni'(\stchère; maisj'ailetempsdelavoir.
Ils'assied.
Ditesdonc,nous donnons unefêtecesoir.
jMadameErnost viendra vousinviter,Siinsdoute.
Est-ceqiievousirez,
Armand
etvous?ESTHER.
j'en*doute.
M.
ERNEST.
Ehbien,nimci nonplus!Cesjours-là, je sors,moi.
11esttoujours idouxd'êtrehorsde chezsoi.
Bâillant.
Ah!\)avceslewpsbrumeux,jenepeuxrienquivaille.
Que
faites-vousdonclà?36
LES FAUX MÉNAGES.
ESTHER.
Vousviiypz, je travaille.
M. ERNEï^T.
il lisvonstravaillezdoncsan-jrepo^et toujours?
l.f(Iroledoménageetlesdmlcs(i'Hinoursl Oi'puis lantôld uxans, haliilaiU porteàporte, Jenevois (juelnivau\, leçons detoute sorte:
Dessin, piano,coulure.Aliçà!maisvoireArmand, C'estun instituteur,cen'estpasunaruiintl Qu'espère-l-ddevousolipie \eut-il enlaire?
Quisait?peutôireunjoursafemme...Bonneaffaire.
ESTUER.
Moi, saferame?hélasI non.miisune (emme.
U. EU.
NES
T.Et vous.
Que
voulez-vousenfaire?hein? Voyons, entrenous?ESTIIER.
Jenevous comprendspas.
M.
ERNEST.
Bon.
Me
ferez-vouscroire Qu'uneenfantcomme
vous,jeuneet btilcàsagloire, S'enfcnnenuitotjmr,
enfinn^nonceà tout, Sans avoir quelque butetquel(|uerùveaubout!ESTIIER.
Mon
butestde l'aimeretmon
n'^veest qu'il m'aimo.M.
ERNKST.
Celanedéfend pas d'espérertoutdo
môme.
ACTE DEUXIEME.
37 ESTUER.
Qu'ilm'aime!
mon
espoir ne va pas audelà.M.
ERNEST,
laregardanttravailler.C'est très-dur,savez-vous, cequevousfaiteslà!
ESTIIER, avecémotion.
C'estpourquoijelefais,et toutcequej'implore C'estunlabeur plusduretplus ingratencore,
A
quijedonnerais,même
avec volupté, Eltoutema
jeunesseet toutema
beauté.Eh
bien, oui,j'aimon
but! ehbien, oui,j'aimon
rêve, Quime
donnelaforce, etm'exalteetm'élève, Quime
paîracentfois,s'ilpeutêtreaccompli :Dansleprésent,l'honneur! danslepassé, l'oubli!
M.
ERNEST.
Cequevousfaiteslà, sijecomprendsl'histoire, Serait...delacouturealors....expiatoire.
Sicen'estpastrès-neuf,au moinsc'est très-touchant,
ESTHER.
Vous avezdoncsouffert,quevousêtesméchant?
M.
ERXEST.
Les plus lourdesdouleurs sont-ce toujourslesnôtres?
Non,je n'aipissouffert;j'ai faitsouffrir lesautres!
Alors,c'estchosedite,
Armand
vousconvertit.J'ai faitcemétier-là, quandj'étaistoutpetit.
Etje sais lestraversoij l'onse laisseprendre.
L'homme
veutoublier,lafemme
veut apprendre;Luis'indigne,ellepleure; onesttrès-exalté,.
On mnuditlafaniilloetlasociété...
38
LES FAUX MÉNAGES.
Etdirequelequartde l'amour qu'ongaspille Suffiraitaubonheurdequelque honi>Kefille!
Que
leshommes
sontfousl ESTII ER.Ah! vousêtescruel!
M.
ERNEST.
Non.Mais,envérité,c'estdoncspirituel D'enfouir sajeunesse en des coins sans issue?
Où
celamène-t-il?C'estunechosesue,Que
tous ces grandsamours, tousuniformément, Quisontnésd'un hasard,meurentd'un bâillement.£t
comme
c'estheureux! Car,sil'undeuxpersiste, Regardez-moi,voyezsicen'estpas plustriste.Moi,je n'ai
même
pas cebonheur duconjoint.Fait d'un journal exactetd'un dîner àpoint.
Etl'onm'appelle Ernest,oui,
ma
chère,àmon
âge!Ernest! Etj'aiduventre, etj'aitoutun ménage.
Une
femme,unenfant; jenesaispas pourquoi.L'unen'estpasàmoi,l'autre n'estpas de moi, Et pourtantjeles ai,je lessors,chose grave;
Car,quandonsort l'enfant,on l'habilleen zouave!
Etjetraîne
ma
vieenpoussant deshelas!Voilà
comme
onfinitquandon n'enfinitpas.KsT11EII.
Ah!
mon
Dieu! Voulez-vousme
rendreun bonoffice?M.
ERNEST.
Ceseraitde
me
taire,hein?... A votre service.ACTE DEUXIÈME.
39ESTIIER.
Eh
bien, oui, parpitié,par grâce, taisez-vousl Qu'importequ'ilsoitfaux,simon
espoirestdoux?
C'est
ma
vie àprésent, laissez-moice mirage.Quelplaisirtrouve7;-vousàm'ôterlecourage!
Tousces raisonnements,nelesavez-vous pas?
Que
vousfaites tout haut, jeme
les faistoutbas, Etje pâlis à voir l'avenir face àface;Maisquepuis-je?
A
quoibon?Que
fart-ilqueje fasse?Tenez!tenez!unsoir... quand?jen'ensaisphisrien, J'étais...cequej'étais,je vivaismaloubien, Jel'ignorais.
Un
soir,jepassaisdansla rue, Deshommes
m'insultaient, etluim'asecourue,Ilm'adonnésonbras, ilm'adonne';lamain,
Ilm'aparléd'honneurpendanttoutlechemin.
Ilm'atraitée,enfin,
comme
unehonnêtefemme.Et moi, pendantcetemps,je sentaisen
mon âme
S'éveiller,à savoix,
comme
unsens inconnu.Jenesaisquoidedoux,defieretd'ingénu.
Quifaitque larougeuràlafacenousmonte.
Oui,c'étaitdel'orgueilet c'étaitdelahonte.
Et plus tard
—
seulealors—
je n'oubliraijamais, Jeme
suisregardéeetj'aipleuré.—
J'aimais!Cettedouceur, au moins, ne m'est pasdéfendue?
Allons,décidément,vousêtesbienmordue.
Voussavez, tout cela
me
touchevaguement...Ah
! voicilejeunehomme
1.10
LES FAUX MÉNAGES.
SGÈME
III.ESTHEU,
M.ERNEST, ARMAND.
ESTHER,
courant àlui.Enfin!Armand,
Armand!
Comme
vousveneztard,vilain!ARMAND.
C'est vrai,
ma
chère.Je
me
suis,àcauser,oubliéchezma
mère.ApercevantM.Ernest.
Vousêteslà, monsieur?
M.
ERNEST,
àpart.Ilne peut pas
me
voir...Haut.
Oui,
mon
voisin, c'estmoi;jesuisvenucesoir,Madame
Ernestdonnantson routhebdomadaire, Vousinvitertousdeux,sicelapeut vousplaire.On
pose, on joue,ontriche... enfin,à part cela.C'est
comme
danslemonde
etpas plusgai.Voilà.ARMAND.
Nousn'allonsnulle part.
M.
ERNEST.
Vousrefusezlafôte?
Vouspréférezalors resterentète-k-tête, RelireMarion Delormeau coindufeu, Vousaimer à huisclos,en bâillantquelque peu, Savourerenun motlesbonheursdu ménage.
ACTE DEUXIEME.
4lARMAND.
l'ûiirvous-mêi^ie, monsieur, cessezce badinage;
A
votre âge,ilsiedmal.M.
ERNEST.
Au
vôtre, ilsiéraitmieux:Oui,je suis trop plaisant, etvoustrop sérieux.
ARMAND.
Laissonscela,monsieur;je suis
comme
ilfaut être;Mais,puisquelehasardnousafaitnousconnaître.
Etquevous revenez toujours sur ce propos, Jevousparleraifranc:vous perdez vosbonsmots.
J'aipassé
ma
jeunesse entreunvieux maître austère Etma
mère, bienloind'ici,dansuneterre, Etjen'appartiens pasàcemonde moqueur
Quidéserte,enraillant,lesactesde soncœur;Dontlasottepudeurse croirait offensée Parlesincèreaveu d'unebonnepensée;
Oîi,jeuneetvieux,tous sontàl'affûtd'undétour Quilesmette en dehorsdecelteloid'amour
Que
noussanctionnons parlerireouleslarmes.J'ignore quelmériteetjenesaisquelscharmes
On
peut trouver au fond de cestérile effort;Carvivre, c'est sentir; sentir, c'est êtrefort.
Je
me
vante bien hautd'êtrejoyeuxoutriste:Jepleure,doncje suis, et jeris,doncj'existe!
Etj'aime, et je l'avoue, et jem'envanteaussi.
C'estDeul-êlrendïf, maisonm'afaitainsi.
M.
ERNEST.
Jem'expliqueàprésent ce sérieux précoce;
Alors, c'est différent,sic'estunsacerdoce.
42
LES FAUX îklÉNAGES.
Oui,monsieur,c'en estun, etleplusdouxquisoit,
Que
de sauveruneàme
enl'élevant àsoi, Et,quelquenom
plaisanldontlemonde
lenomme,
Sil'acteestd'un eiifani,lapenséeestd'un
homme.
M.
ERNEST.
Votre vieux maître austèreetsonenseignement Ontfaitmerveille, alors.Je vousfaiscompliment.
Maisc'estEliacin!
—
Ah!jeunehomme
incurable!Croyez-enunvieillardqui n'estpas vénérable, Maisqui, s'ytrouvant mal, connaît bien cepétrin;
Vousêtesde province?
Eh
bien,prenezletrain.Lecourage, enamour,consistedanslafuite.
Et,là-dessus, voisin,bonsoir. Bonsoir,petite.
ARMAND,
sérieusemen Ditesmadame
Armand, monsieur,sivousvoulez.M. i:
UN
EST.Quandjevousledisais!Prenezletrain,allez!
Madame
Ernest m'attend.Vousn'avez pasl'idéeDe
veniràsonrout, c'estchose décidée?...Non? —
Je vaislarejoindrealorsavecentrain...Ilvalentement verslaporte, puis seretournant.
C'est égal.
Mon
voisin...ARMAND.
Monsieur?
II.
ERNEST.
Prenezletrain!
nsort.
ACTE DEUXIÈME.
43SCÈNE IV.
ESTHËU, ARMAND.
ARMAND.
Cet
homme
estàlafoishargneuxetvil;ensomme.C'estleviceattardé.Je n'aimepascet
homme. —
Mais qu'as-tudonc?
ESTIll-R.
Moi,rien, c'estfini,c'estpassé.
Jet'aime, je tevois, ettout est effacé.
ARMAND.
Restelà,prèsdemoi.
i:sthi::r.
Jedemande unetrêve Pourvousmontrerd'abord ce qu'afaitvotreélève.
Elleluiapportedes papiers.
Voicitousmesdevoirs, monsieurleprofesseur.
Maintenant, grondez-moi. J'écoute avec douceur.
Puis, quandce serafait,sivousèlesbien sage, Vousirezavecmoireporter
mon
ouvrage.Disdonc,aumagasin,on nouscroitmariés...
Maisallonsdonc, monsieur, parlez-moi,souriez, Ditesque vousl'aimezunpeu,cet être infime, Maismeilleur,grâcehvous.
ARMAND.
Jefaismieux,je l'estime.
LES FAUX
31KN AGES.
i\'est-ce pas,quel'onpeiUencore m'e>tinier?
Ah!situpouvaisdonc toujours,toujoursm'aimer!
Mais, tiens, veux-tusavoirunepensée anière?
Quandtu pars,lemalin, quandtuvaschezta mère,
Quand
j'aiperdudetoijusqu'aubruitdetespas, Jopensealors: «Peut-êtreilne reviendrap;is.» Aussi,quandtureviens, jesouriset jepleure;le dis:'< Encore unjour depris,encoreuneheure!» Oh!jelesaisbien, va,quetu
me
quitteras;Mais,quandtulevoudras,et
comme
tuvoudras.Tu
m'aimes,etc'est toutce dontjeme
soucie;C'estplusquejene vaux, etje t'enremercie;
C'estassezdebonheurpourtout
mon
avenir, Cartune pourras pas m'ôterlesouvenir.Jenesuispasdeceuxqu'un capricedélie,
Ne
crainsriendemon
cœur.Et pourtantc'estlavie;
Tu
t'enirasunjour,illefaudra bien;miiisDanslongtemps,n'est-cepas?longtemps?dis-moi:«Jamais!« Mais,tu vois,tu
me
faisparler et jem'attarde,Et nousnefaisons rienpendantquejebavarde.
Jevaisrangerl'ouvrage. Il faut,dansuninstant,
Que
nousl'allionsporter touslesdeux.On
l'attend.ARMAND.
Alors, je vais t'aider.