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es hormones, dans la vision classique de l’endocrinologie, sont des messagers : les taux d’hormones circulantes véhiculent des in- formations cruciales sur l’activité des glandes endocrines qui les ont synthétisées et sécrétées. Ces informations sont indispensables à la modulation de la fonction de leurs organes cibles, et les hormones parti- cipent ainsi de manière prépondérante au maintien de l’homéostasie de notre milieu interne. Lorsqu’on prend ceci en considération, il apparaît soudain que l’endocrinologie est une science de la communication : entre différents organes pour ce qui concerne l’en- docrinologie classique, mais également entre différentes cellules au sein d’un même organe lors d’interactions paracrines.L’article de Bettina Köhler Ballan et coll. sur le diabète insipide central, de même que celui de Rémy Martin-Du Pan et Patricia Berney sur les troubles de la mémoire induits par un excès de glucocorticoïdes dans le syndrome de Cushing, sont particulièrement illustratifs de cette fonction fondamentale des hormones. Ces deux articles démontrent, s’il en était encore besoin, le rôle très important que peuvent jouer les hormones dans la modulation du fonctionnement d’organes distants. Ce rôle modulateur est rendu possible par la communication des informations nécessaires au fonctionnement de ces organes. Et l’excès de cortisol, dans le syndrome de Cushing, va immanquablement entraîner une dysfonction au niveau de ces mêmes organes cibles, dans l’exemple de cet article, le cerveau.
L’importance d’une communication appropriée se révèle également cruciale pour l’activité médicale, et c’est l’un des messages véhiculés par les articles de Franziska Phan-Hug et coll. et de Vanessa Maby-Mottet et coll. Alors que la profession médicale est confrontée à des exigences de qualité toujours plus contraignantes, dans la clinique aussi bien que dans la gestion, l’article concernant la transition dans la prise en charge de jeunes patients pédiatriques devenant adolescents, puis adultes, illustre à merveille l’importance de la communication pour atteindre l’excellence dans la prise en charge des patients complexes. Une communication de qualité entre spécialistes de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte, ainsi qu’avec la famille et les proches de ces patients, sera ici la clé d’une prise en charge adéquate et satisfaisant aux plus hauts standards tout au long de l’évolution de ces enfants vers l’âge adulte. De manière similaire, la prise en charge des patients présentant une dysfonction thyroïdienne liée à l’amiodarone devra idéalement être coordonnée entre le médecin de premier recours, le cardiologue et l’endocrinologue.
Un parallèle similaire peut être tenté en face des avancées récentes dans la compréhension de la pathogenèse des différentes tumeurs endo- crines. Qu’il s’agisse de carcinomes corticosurrénaliens (voir l’article de Julien Ducry et coll.), ou plus généralement de quelque type de tumeur endocrine que ce soit, les approches utilisant la génétique et la géno- mique commencent à porter leurs fruits. Elles permettent d’ores et déjà d’affiner les diagnostics anatomopathologiques, et même dans certains
L’endocrinologie , une science de la communication
«… il apparaît soudain que l’endocrinologie est une science de la communication …»
éditorial
Revue Médicale Suisse – www.revmed.ch – 14 novembre 2012 2155
Editorial
F. Pralong P. Meyer
du professeur
François Pralong
Médecin-chef
Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme
CHUV, Lausanne et du docteur
Patrick Meyer
Médecin adjoint
Service d’endocrinologie, diabétologie, hypertension et nutrition
HUG, Genève Articles publiés sous la direction
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cas d’identifier les patients qui pourraient bénéficier de tel traitement plutôt que tel autre. Ces développements vont immanquablement s’ac- célérer, des thérapies de plus en plus individualisées et ciblées verront le jour, nous confrontant à des patients et des prises en charge présentant un degré de complexité encore difficile à appréhender pleinement.
Une bonne collaboration entre les différents spécialistes impliqués re- présentera probablement l’un des meilleurs garants pour faire face à cette
augmentation de la complexité. Ici encore, l’exi- gence d’une communication fluide et transpa- rente entre patients et soignants comme entre les divers spécialistes apparaît au premier plan.
C’est dans cet esprit qu’un contrat de collabora- tion réunissant tous les spécialistes du CHUV et des HUG impliqués dans la prise en charge des tumeurs endocrines a ré- cemment été élaboré. Les buts de cette collaboration sont d’augmenter la masse critique et l’expérience clinique des équipes, ainsi que de garantir une harmonisation dans la prise en charge des patients présentant ces pa- thologies rares et complexes. A l’heure de la médecine hautement spécia- lisée, des collaborations de ce type sont certainement destinées à devenir de plus en plus fréquentes dans toutes les spécialités et pas seulement en endocrinologie, science de la communication par excellence.
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«… des thérapies de plus en plus individualisées et ciblées verront le jour …»
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