N
o
d'ordre: 000
THÈSE
présentée
DEVANT L'UNIVERSITÉ BLAISE PASCAL - CLERMONT II
pour obtenir
legrade de : DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ BLAISE PASCAL
Mention: Visionet Robotique
par
JONATHAN COURBON
Équiped'aueil :GRAVIR (LASMEA,UMR 6602 CNRS)
ÉoleDotorale:SienesPour l'Ingénieur
Titre de lathèse:
Navigation de Robots Mobiles par Mémoire Sensorielle
COMPOSITION DUJURY
M. : El Mustapha Mouaddib Président
MM. : Simon Laroix Rapporteurs
Patrik Rives
M. : Philippe Martinet Direteur de thèse
MM. : Niolas Guénard Examinateurs
Youef Mezouar
Table des matières 5
1 Introdution 1
1.1 Navigation des robots mobiles . . . 3
1.1.1 Pereption. . . 7
1.1.2 Cartographie . . . 9
1.1.3 Loalisation . . . 13
1.1.4 Planiation . . . 14
1.1.5 Commande . . . 14
1.2 Approhe ognitive . . . 16
1.2.1 Carteognitive etnavigation . . . 17
1.2.2 Organisationde lamémoire . . . 18
1.3 Cadre detravail . . . 20
1.3.1 Motivations . . . 20
1.3.2 Approhe proposée . . . 21
1.3.3 Organisationdu manusrit. . . 24
2 Navigation à l'aided'une mémoiresensorielle 27 2.1 Représentation globaledel'environnement par une mémoire sensorielle . 28 2.1.1 Quelquesdénitions . . . 29
2.1.2 Dénitionsdesartes. . . 30
2.1.3 Propriétés desarêtesdesartestopologiques. . . 31
2.2 Systèmeomplet de navigation à l'aided'unemémoire . . . 33
2.2.1 Construtionde lamémoire sensorielle . . . 33
2.2.2 Loalisation initiale. . . 37
2.2.3 Navigation autonome . . . 37
2.3 Conlusion. . . 40
3 Commande de robots le long d'unhemin sensoriel 43 3.1 Commandedes robotsmobiles . . . 43
3.1.1 Commande desrobotsmobiles àroues . . . 43
3.1.2 Commande desquadrirotors . . . 46
3.2 Casdesrobots àroues non-holonomes . . . 47
3.2.1 Objetif de ommande . . . 47
3.2.2 Modélisationdesrobotsà roues . . . 50
3.2.3 Commande . . . 52
3.3 Résultats desimulation . . . 56
3.3.1 Inuenedesparamètres intervenant danslaommande . . . 57
3.3.2 Inuenedesparamètres relatifs à l'estimationdes variables d'état 67 3.3.3 Inuenedesparamètres relatifs à lapereption . . . 75
3.4 Cas desdronesquadrirotors . . . 77
3.4.1 Notations . . . 77
3.4.2 Modélisationdesquadrirotors . . . 78
3.4.3 Objetif de ommande . . . 80
3.4.4 Commande . . . 81
3.5 Résultats desimulation . . . 83
3.5.1 Inuenedesparamètres intervenant danslaommande . . . 84
3.5.2 Inuenedesparamètres relatifs à l'estimationdes variables d'état 89 3.5.3 Inuenedesparamètres relatifs à lapereption . . . 94
3.5.4 Inuenedesperturbations . . . 96
3.6 Conlusion. . . 101
4 Navigation par mémoiresensorielle : as d'une améra grand-angle 103 4.1 Séletiondes imageslés . . . 105
4.1.1 Détetion etmiseen orrespondanedansles imagesgrand-angle 105 4.1.2 Séletion desimageslés . . . 111
4.2 Loalisation initiale. . . 112
4.2.1 Étatde l'art. . . 112
4.2.2 Stratégie deloalisation proposée . . . 113
4.2.3 Performanes . . . 115
4.3 Estimationd'état ave une améra grand angle . . . 120
4.3.1 Modèlede projetion uniéetreonstrution eulidienne . . . 122
4.3.2 Modèleuniéetaméra sheye . . . 127
4.4 Conlusion. . . 135
5 Mise en ÷uvre et expérimentations 139 5.1 Environnement logiiel . . . 140
5.1.1 Présentation brève du logiielSOVIN . . . 140
5.1.2 Gestion delamémoire sensorielle . . . 140
5.1.3 Modeopératoire . . . 143
5.2 Conditionsexpérimentales . . . 144
5.2.1 Matériel informatique . . . 144
5.2.2 Robotsmobiles . . . 144
5.2.3 Capteurs visuels . . . 148
5.3 Sites de navigation . . . 150
5.3.1 Phases d'apprentissage ave lePioneer . . . 150
5.3.2 Phases d'apprentissage ave leRobuCab . . . 150
5.4 Validation . . . 155
5.4.1 Navigation en intérieur ave une améra atadioptrique . . . 155
5.4.2 Navigation en milieu urbain . . . 155
5.4.3 Navigation du drone . . . 157
5.5 Évaluation desperformanes . . . 164
5.5.1 Gestion delamémoire . . . 164
5.5.2 Temps dealul. . . 165
5.5.3 Robustesse . . . 166
5.5.4 Navigation dansdes environnements de grandetaille . . . 167
5.5.5 Boulage. . . 172
5.5.6 Reprodutibilité . . . 172
5.6 Conlusion. . . 173
6 Conlusion et perspetives 179
A Résultats de loalisation initiale 183
B Comportement dans l'image 191
Bibliographie 209
Table des gures 211
Introdution
Letermerobotestentrédepuislongtempsdanslelangageourant.Ilest,ependant,
employépourdésignerdeshosesparfoistrèsdiérentes. Eninformatique,unrobotest
une omposante d'un moteur de reherhe qui parourt internet, an d'alimenter en
donnéessonindex.Unrobotinlutplusfréquemmentunestrutureméanique.Ilpeut,
par exemple, servir à mixer ou pétrir des aliments (voir Fig. 1.1 (a)) ou à nettoyer le
sol tandis qued'autres robots sont dédiés au divertissement ommele grand Éléphant
de Nantes (voir Fig. 1.1 (b)). Dans les laboratoires de reherhe, on peut également
renontrerdesrobotsbio-mimétiquesàlaformede salamandre,depoissonoud'insete
(voirFig.1.1(),(d),(e)).Letermeanimat (pourAnimalartiiel)estalorsemployé.
Dans les ÷uvres littéraires et inématographiques de siene tion, les robots et les
mahines 1
sont parfois dotés d'une intelligene hors norme. Dans Transformers et
dansMatrix (Fig. 1.1(f),(g)),les mahines sont aupouvoir. Bender, du dessinanimé
Futurama, est un robot tordeur qui boit de l'alool, fume des igares et qui peut être
égoïste, pervers et vulgaire. C-3PO de Star Wars est un robot d'apparene humaine
maîtrisant plus de six millions de formes de ommuniation. Dans le lm I, Robot,
se déroulant en 2035, les robots assistent les êtres humains avant de se rebeller. Ce
omportement est bien sûr en désaord ave les trois élèbres lois régissant l'éthique
d'unrobot 2
:
Loi I: Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser
etêtrehumain exposéau danger.
LoiII: Un robot doit obéir aux ordres donnéspar les êtres humains, saufsi de tels
ordressont en ontradition ave laPremière Loi.
LoiIII: Unrobotdoitprotégersonexistenedanslamesureoùetteprotetionn'entre
pasenontradition ave laPremière ou laDeuxièmeLoi.
1
Ondiéreniealorsles mahinesdes robots:unrobotestunemahinefabriquée pourimiterde
sonmieuxl'êtrehumain (IsaaAsimov).
2
Cesloisontétédéritesparl'auteurdesiene-tionI.AsimovdanslanouvelleMenteurpubliée
enmai1941.
(a)Robotménager (b)ÉléphantdeNantes () Robot Sala-
mandre(EPFL)
(d) Robot Carpe (université
del'Essex)
(e) Robot Mouhe (université
d'Harvard)
(f) Une mahine
deTransformers
(g)UnemahinedeMatrix (h) C-3PO et R2-
D2 deStarWars
(i)BenderdeFuturama (j)Unrobotde
I,Robot
Fig. 1.1 Desrobots?
À l'heure atuelle, nous sommes enore loin de la robotique de siene-tion ar
l'autonomiedesrobotsestrelativementlimitée.Andelariernospropos,nousutilis-
eronsladénition suivantepour unrobot :
Un robot est un dispositif méanique équipé d'ationneurs et de apteurs,
apable d'eetuer des tâhes de façonautomatique.
Les premiers robotsont été développés aumilieu duXX ème
sièle an de répondre
à des besoins industriels. Le rle de es robots dits manipulateurs est d'aomplir des
opérations d'usinage, d'assemblage, de déplaement ... La base de es robots est xe
parrapportàl'environnement(voirFig.1.2).Ilseetuentdestâhesrépétitivesetsont
don réduits à l'état d'automates. De plus, ils agissent dans un environnement étudié
spéiquement pour haque robot et haque appliation. Contrairement aux robots
manipulateurs, les robots mobiles, apparus un peu plus tard, eetuent de grands dé-
plaementsdansdesenvironnementsaprioriinonnus.Lesappliationsprinipalessont
l'exéution de tâhes dans des zones diiles d'aès (espae, exploration planétaire),
des zones dangereuses (zones ontaminées) ou des zones à petites éhelles (robotique
hirurgiale) ainsiquel'exéutiondetâhesdiilesà réaliser(déplaement deharges
lourdes par exemple). Jusqu'aux années 2000, les reherhes ont porté prinipalement
surles robots à roues,robots simplesdu point de vue méanique et se déplaçant dans
un espae limité à deux dimensions. Pour ette raison, le terme robotique mobile est
souvent employé pour désigner uniquement les robots à roues. De notre té, il sera
utilisé pour désignertouslesrobotsà basemobiledontles robotsaériens,sous-marins,
marheurs ou bipèdes(voir Fig.1.3).
Ave les progrès dansle domaine de l'informatique, l'autonomie des robots a aug-
menté. Les progrès informatiques ouplés à lamaturité des reherhes sur les robots à
roues ont permis d'envisager des appliations de plus en plus omplexes. En l'absene
d'intervention humaine dans le proessus de déision, es robots sont alors qualiés
d'autonomes. Trois types d'autonomie sont ii impliqués : l'autonomie de puissane
(le robot possède ses propres réserves énergétiques an de se déplaer), l'autonomie
sensorielle (le robot possède ses propres apaités de pereption) et l'autonomie déi-
sionnelle (le robot déide des ationsqu'il doit réaliser). Une grande partie deseorts
dansle domaine de la robotique ont don porté etportent toujours sur l'amélioration
del'autonomie etdesapaités d'adaptation dessystèmesrobotiques.
Danslasuitede ehapitre,nousdisuteronstoutd'abord lanavigation desrobots
mobiles.Nousnousintéresserons ensuiteauxméanismes impliqués danslanavigation
hez les êtres humains (Setion 1.2). Enn, nousprésenterons leadre de nos travaux
dethèse danslaSetion 1.3.
1.1 Navigation des robots mobiles
La navigation, terme emprunté au domaine de la marine, onsiste à diriger de
(a)RX200(Staübli) (b)H4(LIRMM)
Fig. 1.2Des robotsmanipulateurs àstruture (a)sérielle, (b) parallèle.
(a) RobuCab
(Robosoft)
(b) Pekee (Wany
Robotis)
() Pioneer 3-AT
(AtivMedia)
(d)Trilobit(Eletrolux)
(e) MiniQuad (Huazhong
University)
(f) HRP2(AIST) (g) Ut1 Ultra Trenher (Soil
MahineDynamis)
(h)X4-Flyer(CEA-List) (i)MER(NASA) (j)SAM(CEA-List)
en robotique est de rendre ette navigation la plus autonome possible. Plusieurs do-
maines d'appliations sont onernés par ette problématique : systèmes de transport
intelligent, servies,assistane, surveillane....
Dans ledomaine destransports,des propositions de véhiules urbains en libreser-
vie voient le jour an, entre autres, de désengorger les entres-villes mais également
andediminuerlapollutionatmosphérique.Cetypedetransport,situéentrelestrans-
ports en ommun, les véhiules lassiques et les déplaements pédestres apporte une
omplémentarité par rapport aux servies atuels. Un par de voitures életriques en
libre servie, Lisele 3
, est ainsi proposé dans l'agglomération de La Rohelle depuis
unedizaine d'années.De même,lamairie de Paris envisagede mettre enplae unsys-
tème équivalent au Vélib' maisave des véhiules életriques (Autolib'). Une solution
plusambitieuse onsiste àmunir esvéhiules d'uneintelligene embarquée an de les
rendre totalement autonomes. On parle alors de yberar [Fraihard 05 ℄. Le yberar
permettrait d'optimiser les déplaements, d'augmenter le onfort des utilisateurs mais
également d'aroître le nombre de gares. Bien entendu, une telle approhe pose de
nombreux problèmes du point de vue tehnologique. Parmi es problèmes, ledéplae-
ment des véhiules doit être totalement sûret autonome etla otte desvéhiules doit
êtregérée de manièreeae.
Une appliation des robots mobiles relativement diérente est la téléprésene et
la télésurveillane dansles maisons ommuniantes. Ces maisons sont munies d'outils
adaptésan defailiterlaréalisation desdiérentestâhes etde rendreles habitations
plusonviviales.Entreautres,ellessontonnetéesàl'extérieur,équipéesd'objetsom-
muniants et ont un omportement autonome. Elles peuvent être également équipées
d'aspirateurs automatiques, de nettoyeurs de pisines et de robots mobiles omme le
robot Pekee développé par Wany Robotis. Le projet exploratoire Waif a onsisté à
réaliseretypededémonstrateurand'étudierlafaisabilitéetl'utilitéd'objetsmobiles
ommuniantsau sein d'unetellemaison.
La navigation autonome des robotsmobiles peutégalement intervenir dansle on-
textedel'aideauxpersonnesàmobilitéréduitevialamiseaupointdefauteuilsroulants
autonomesfailitantlesdéplaements(ommedans[Nuttin01 ℄parexemple)oulasaisie
d'objets(ommelerobotSAM,développéauCEA-ListdansleadreduprojetANSO 4
).
De nouvelles appliations pour les robots mobiles sont apparues ave les engins
aériensautonomes. Dans[Sarris 01℄, huitdomaines d'appliation ivils sont proposés :
surveillanedesfrontières, reherheetseoursenasd'aidentoudedésastres,déte-
tiondesfeuxde forêts,relaisdeommuniation, appliationdeslois,gestiondesdésas-
tres et des urgenes (surveillane), plateforme pour la reherhe sientique (étude de
l'environnement,del'atmosphère)etappliationsindustrielles(surveillanedepipelines,
surveillane de entralesnuléaires) etagrioles (traitement de ultures). À ette liste,
on peut ajouter la reonstrution 3Dde sites arhéologiques ou de villes. Ces applia-
tionsnéessitent ledéveloppement destratégies denavigationadaptées quifont l'objet
3
Lisele:http://www.lisele.fr/http://www.lisele.fr/
4
ANSO:http://www.approhe-asso.om/page.php?pagegroup=25&pageontenu=77http://www.approhe-
Niveau
fontionnel
Niveau
matériel Niveau
déisionnel
Ationneurs Capteurs
Superviseur
Planiation Loalisation
Commande Pereption
Cartographie
Fig. 1.4 Éléments d'unsystèmede navigation.
denombreuxtravauxauxÉtats-UnisetenEurope.Ainsi,leprojeteuropéen muFly 5
a
pourambitiondedévelopperunpetithélioptèreautonomedetailleetdepoidsompa-
rablesàeuxd'unoiseau.Leprojeteuropéen
µ
Drones6apourobjetifdedévelopperdenouveaux onepts an de rendre les robots volants autonomes. Le projet AVCAAF 7
menéàl'universitédeFlorideenollaborationave d'autresinstitutsamériainsétudie
plusieurssénarios:ladétetionetlaartographie dezonesontaminées,lasurveillane
etlesuivi ainsiquel'évaluationde dégâts suite àun onit.
Cesappliationsmontrent ladiversitéetlaomplexitéassoiéesàunetâhedenav-
igationderobotsmobiles.Cettetâhe néessitequelerobotdisposeàlafoisdemoyens
depereptionetd'unmodèlede l'environnement an quesaloalisationpuisseêtreef-
fetuée etquesesdéplaementspuissent être planiésetexéutés.Le système omplet
impliqué et ses éléments sont représentés Fig. 1.4. Ce système, inspiré de l'arhite-
tureLAAS [Alami98℄, omportetroisniveaux. Le premier niveau (niveau déisionnel)
inlue un superviseur gérant les modules du niveau fontionnel. Ces modules peuvent
êtreregroupésen plusieursélémentsprinipaux:artographie,loalisation,pereption,
planiation etommande.Chaque moduleintègre unensembledefontions reliéesau
niveaumatériel. Cedernierniveau ontient lesapteursainsiqueles ationneurs.Nous
détaillonsdanslasuitedeettesetionlesdiérentsélémentsduniveaufontionnel,les
niveauxdéisionnel etmatériel n'ayant pasététraités dansnostravaux.
5
muFly:http://muy.ethz.h/http://muy.ethz.h/
6
µ
Drones:http://www.ist-mirodrones.orghttp://www.ist-mirodrones.org 71.1.1 Pereption
An de réaliser une tâhe de navigation, le robot doit perevoir son déplaement
ainsiquel'environnement qui l'entoure. Pour ela, ilpeutêtreéquipé dedeuxtypesde
apteurs:lesapteursproprioeptifs(ouidiothétiques)etlesapteursextéroeptifs(ou
allothétiques).Lesapteursdupremier typedonnentuneinformation surl'étatinterne
du robot tandis que eux du seond type permettent de mesurer l'état du robot par
rapportà sonenvironnement.
Capteurs proprioeptifs Le déplaement eetué par le robot dans son environ-
nement peutêtreestiméà partirdel'intégrationdesdonnéessurl'étatinterne fournies
paresapteurs(vitesse,aélérationourotationsdesrouespar exemple).Leprinipal
inonvénient desapteurs proprioeptifsprovient de l'aumulation des erreurslors de
es intégrations suessives qui se traduit par une dérive de l'estimation du déplae-
ment. Ces erreurs peuvent être lassées en deux atégories : les erreurs systématiques
proviennent deserreurs de modélisation etde mesuretandis que les erreursnon systé-
matiquessont aléatoires. Les erreurssystématiquespeuvent être modéliséesan d'être
prisesenompteequiestdiilementpossiblepourleserreursdelaseondeatégorie.
Les apteurs proprioeptifs les plus utilisés dans le domaine de la navigation de
robotsmobiles sont les odomètres pour les véhiules à roues et les entrales inertielles
dansleasdesengins aériensou sous-marins.
Les odomètres mesurent les vitesses de rotationdes roues du véhiule. Le déplae-
ment peutalorsêtre estiméàpartir deelles-i etdumodèlededéplaement durobot.
Cetteestimationsubitdesdérivesimportantesenraisondesinévitableserreursdemod-
èle(erreurs surle diamètre desroues,sur leuralignement,sur lalongueur de l'entraxe
...), de mesure (résolution des enodeurs, fréquene d'aquisition inexate ...) etaux
hypothèses souvent simpliatries sur la dynamique (glissement des roues sur le sol
parexemple).Pourette raison,l'odométrieestgénéralementutiliséeuniquementpour
estimer loalement ledéplaement.
Une entrale inertielle est omposée de troisaéléromètres et de troisgyromètres.
Lesaéléromètres mesurent les aélérations en translation tandis que les gyromètres
fournissent les vitesses en rotation. Il est néessaire de ltrer les données fournies par
esapteursarelles sonttrèsbruitées. Diérentsoutilssont utilisésàette nomme
les ltres de Kalman, les ltres à partiule ou le ltre omplémentaire non-linéaire
[Hamel06b ℄. En pratique, l'orientation peutêtre estimée de façon orrete tandis que
lavitessedetranslation divergerapidement e quirendl'estimationde laposition inu-
tilisable.
Capteurs extéroeptifs An de limiter ladérive des données aquisespar les ap-
teurs proprioeptifs, une solution onsiste à realer es informations à partir d'autres
données omme elles fourniespar les apteurs extéroeptifs. En eet, les données a-
quisespar lesapteursextéroeptifsouimages sont,elles, traitées sansintégrationan
desobservations ave une qualité onstante dansle temps.Cependant,ils sourent du
problème d'ambiguïté pereptuelle (pour deux lieux diérents de l'environnement, le
ontenu des images aquisespar leapteur peutêtre similaire). Il est alors impossible
d'estimerlaloalisationdurobotsansavoirreoursàdesinformationsomplémentaires.
Enoutre,ommeuneimageestunereprésentationdel'environnementtelqu'ilestperçu
par leapteur à uninstant donné pour une prise devue donnée,une image est sujette
à lavariabilité pereptuelle due auxvariations de l'environnement au ours du temps.
Ces variations proviennent des hangements d'apparene (hangement d'illumination
par exemple) et des hangements de ontenu (déplaement, apparition ou disparition
d'éléments).
Les apteurs extéroeptifs les plus usités en robotique mobile sont les apteurs de
positionnement par satellites(enmilieu extérieur), les télémètreslaseret lesaméras.
Les systèmes de positionnement par satellites ommele GPS (Global Positionning
System) ouGalileo sont très intéressantsar ils permettent d'obtenirpar un proessus
detriangulationunpositionnementgéo-référené.Unepréisiondequelquesentimètres
peutêtre atteinte à l'aide d'un GPS Diérentiel inématique temps réel (RTK-DGPS
pour Real Time Kinemati Dierential GPS) tandis que desGPS àbas oûtsont une
préision de l'ordre de 10 mètres. Il est à noter que l'utilisation des GPS requière une
bonne ouverture satellitaire. Cette ondition dépend entre autres du type d'environ-
nement etn'est pasremplie danslesenvironnementsd'intérieuretdansles anyons ur-
bains(routesenadréesdehautsbâtiments).Deplus,enattendantl'arrivéedeGallileo,
le système GPS, propriété de l'armée amériaine, n'est pas assuré et peut être inter-
rompuà toutmoment.
Un apteur largement utilisé dans le adre de la navigation de robots mobiles à
roues navigant dans des environnements struturés est le télémètre laser. La arte de
profondeurobtenueparletélémètrepeutêtreutiliséedanslesapprohesdeloalisation
et artographie simultanées ainsi que pour la détetion d'obstales. Les apteurs em-
ployéssontgénéralementdestélémètreslaser2D,situésdansleplanhorizontalmaison
trouve également des télémètres multi-ouhes qui permettent d'aquérir des données
surplusieursplans2D.Lestélémètres3Dapparaissent dansdesappliationsspéiques
tellesquelessystèmesdeartographiemobilemaisnéessitentdegrosmoyensdestok-
age etde traitement desdonnées.
Les améras sont également largement utilisées. Un état de l'art sur les stratégies
de navigation de robotsmobiles basées surun apteurde vision jusqu'en2002 est pro-
posé dans [DeSouza02℄. De nombreux ateliers (omme, par exemple, [Wor 08 ℄) ainsi
que de nombreux numéros spéiaux dansdes revues (omme, par exemple, [TRO08℄)
traitent de e sujet. Ave l'augmentation des apaités de aluls des ordinateurs, le
traitementdesimagesestdevenususammentrapideetleurutilisationpourlanaviga-
tion desrobotsa don ru. Nostravauxexploitant largement e type de apteur,nous
1.1.2 Cartographie
La arte est un support de navigation pouvant ontenir des informations de types
très diérents. Les prinipaux types de artesseretrouvent dansl'approhe de hiérar-
hie sémantique spatiale 8
développée dans [Kuipers00℄ : la arte sensorielle, la arte
ommande, laarteausale, laarte topologique etlaartemétrique.
Une arte sensorielle ontient des informations prohes des données aquises par
les apteurs. Il peut s'agir, par exemple, des images visuelles ou de grilles d'oupa-
tion loales onstruites à partir des distanes mesurées par les télémètres 2D. Étant
donné que e type de arte ontient un ensemble d'images, on parle également de mé-
moire enréféreneauxapprohesbiologiques (voirSetion1.2.1).Unearteommande
déritl'environnementavedessegments. Cessegmentsassoientauxdonnéesapteurs
les ations envoyées aux ationneurs. Une arte ausale est un modèle abstrait disret
ontenant des shémas d'ation. Un shéma est un triplet
< I , A, I ′ >
qui dénit lepassagedel'image
I
àl'imageI ′
vial'ationA
.Uneartetopologiquepermetdedénir les lieux, hemins etrégions de l'environnement ainsiqueleur onnetivité. Enn, uneartemétriquepermetdedénirlagéométrieglobaledel'environnementdansunrepère
de référene.
Les représentations de l'environnement utilisées dans la littérature exploitent une
ou plusieurs de es artes. La plussimple onsiste àassoier une arte sensorielle on-
tenantunélément unique(unobjetvisible[Braitenberg84 ℄oulaongurationspatiale
d'amers 9
[Cartwright 83 , Gourihon 04 ℄) à une arte ommande ontenant la om-
mandeà utiliser pour atteindreet élément (voirFigure 1.5 (a)). Cettereprésentation
estloaleausensoùellenepeutêtreutiliséequesil'objetàatteindreoulesamerssont
visibles.
Lesartessensorielleetommandepeuventégalementêtreexploitéesonjointement
anderejoindreunobjetiflointain.Pourela,uneséquened'informationsextraitesde
laartesensorielle assoiéesauxations extraitesde laarteommande, appeléeroute
danslalittérature,peutêtreutiliséeommeproposédans[Matsumoto 96,Gaussier 97,
Giovannangeli 06℄(voirFig.1.5()).Cesstratégiespermettent uneautonomieplusim-
portantemaissontlimitéesà unobjetif unique.Andedénirunnouvelobjetif,une
nouvelle route doit être apprise. An de surmonter ette diulté, les artesmétrique
et topologique ontiennent des réseaux de routes. Cette dernière approhe est très in-
téressante ar les possibilités d'adaptation et d'optimisation fae aux hangements de
l'environnement sont importantes. Ces deux types de artes permettent de modéliser
des environnements de grande taille ainsi que de planier des trajets vers un objetif
lointain maisils sont,en ontrepartie,plus omplexesà mettreen ÷uvre.
8
SpatialSemantiHierarhy (SSH)
9
Unamerestunpointdistantremarquable(xe),naturelouartiiel,permettantdeserepérer.Ce
Carte ommande
Cartesensorielle
(a)
Carte sensorielle
(noeudnal)
A 1 A 2 A 3 A 4
A 5
A 6
A 7
A 8
Carte ausale
(b)
Carte sensorielle Carte ommande
(noeudnal)
()
Fig.1.5Représentationsouslaforme(a)d'uneartesimple,(b)d'unerouteexpliite
et () d'uneroute impliite. Dans lepremier as, l'objetif est de rejoindre l'image en
utilisant la loi de ommande. Un autre objetif onsiste à suivre une route, 'est-à-
dire à se déplaer d'une image à une autre. Cette méthode emploie alors, en plus de
la arte sensorielle, une arte ommande ou une arte ausale. Dans le premier as, la
représentation assure que l'image
I ′
est obtenue si on était àI
et que l'ationA
esteetuée, e quin'est pasle asde laseondereprésentation.
Bureau4008
Grandouloir Couloir 2
Couloir 3
Couloir 1
Rez-de-haussée
Bureau4009
(a)Environnementréeld'intérieur
Y
X
(b)Cartemétrique2D
B B
C
C
C
C
C
()Cartetopologique
Fig. 1.6 Représentation de l'environnement réel sous la forme d'un modèle
géométrique (b) en 2D ave des points et () sous la forme d'une arte topologique
Danslesartesmétriques,lastruturedel'environnementestdéritedansunrepère
absolu [Chatila85℄. Une première approhe onsiste à représenter l'environnement par
un ensemble de primitives géométriques auxquelles sont assoiées une position et une
orientation déniesdanse repère(voirFig.1.6(b)).Uneapprohealternativeonsiste
à représenterl'espae libreetnon les primitives géométriques. L'approhe la plus util-
isée dans e ontexte est basée sur la notion de grille d'oupation. L'environnement
est alors disrétisé en ellules auxquelles sont assoiées une probabilité d'oupation
[Elfes89℄.En pratique,ettedernièrereprésentation seheurteauxvolumesimportants
de donnéesà mémoriser,e qui rendsonutilisation plus adaptée en 2Dettrès diile
dansdesenvironnementsde grandetaille.
Les artes topologiquespermettent une représentation disrète de l'environnement
sous la forme d'un graphe [Kuipers 91, Choset01, Thrun 02 ℄ (voir Fig. 1.6 ()). Les
noeuds de e graphe représentent généralement les positions atteignables par le robot
tandisque lesarêtestraduisent lanavigabilité d'un lieu àunautre. Une autrepossibil-
itéonsisteàdénirunnoeudommeune transitionentredeuxlieux[Kortenkamp94℄.
Danseontexte,lesnoeudsd'unenvironnementd'intérieurorrespondentàdesportes
ou à des intersetions de ouloirs par exemple. De façon générique, un noeud peut
être étiqueté parmi un ensemble de possibilités. Un noeud peut également ontenir
desinformationsprohesdesdonnées apteursbrutes (arte sensorielle)ommelessig-
natures télémétriques [Kuipers 91 , Matari¢ 92 ℄, les images visuelles [Kortenkamp 94,
Santos-Vitor 99 ℄ ou les grilles d'oupation loales [Yamauhi97℄. Quant aux arêtes,
ellespeuvent aussiontenir desinformationsmétriques ommela longueur àparourir
entre deuxlieux.
Diversesfontionnalitéssontnéessairesandemeneràbienunetâhedenavigation
(loalisation, planiation, ommandepour ne iterqueellesquenousdérivonsdans
edoument).Ilestdenotrepointdevuesouhaitabled'utiliseronjointement plusieurs
typesde artes ande supporter l'ensemble de es fontionnalités. Ces artespeuvent
être hétérogènes. Un exemple typique est la ombinaison des artes topologiques et
métriques [Tomatis01℄. Une telle représentation orrespond,par exemple, à une arte
topologique dont les noeudssont desartes métriques loales [Simhon98,Bushka 04℄
(voirFig.1.7).Depuisquelquesannées,lesSystèmesd'InformationGéographique(SIG)
fontleurapparition.Ils'agitd'outilsinformatiquespermettantd'organiseretdereprésen-
terdesdonnéesréférenées spatialement (artesmétriques). UnSIGpeut êtreemployé
pour la navigation en milieu urbain omme il est proposé dans [Bonnifait08℄. Il peut
être omposé de artesontenant les supports denavigation, les amers, desimages, la
traversabilité et un modèle numérique de terrain (représentation proposée au LAAS).
Il est également envisageable de déomposer une arte hiérarhiquement en plusieurs
niveaux de détails.
Comme on le voit ave l'étiquetage des noeuds des artes topologiques, il est in-
téressant d'ajouter aux artes spatiales des onepts abstraits permettant de donner
B B C
C
C
C
C
X Y
X Y X
Y
X Y
X Y
Cartetopologique
Cartemétrique
Cartemétrique
Cartemétrique
Cartemétrique
Cartemétrique
Fig. 1.7 Représentation de l'environnement réel sous la forme d'une arte hybride
métrique-topologique où des artes métriques loales sont assoiées aux noeuds d'une
arte topologique.
est dénie ave une arte sensorielle et une arte topologique à deux niveaux. À ette
représentation spatiale estajoutée une seonde représentation hiérarhique modélisant
les onnaissanes sémantiques sur l'environnement et utilisant une ontologie 'est-à-
dire un modèle de données représentatif d'un ensemble de onepts et des relations
lesliant(voirFig.1.8).Lesélémentsdeshiérarhiesspatialeetsémantiquesont ensuite
reliéspardesanragesentrelesomposantesdehaquehiérarhie.Lahiérarhieséman-
tique permet d'avoir une représentation de haut niveau etde réaliser l'interfae entre
lerobot etles utilisateurs.Elle peutégalement être utiliséeande déteterdeserreurs
de loalisation en raisonnant à partir de la reonnaissane de lieux ou d'objets. Dans
[Rottmann05 ℄, une approhesuperviséepermet,par exemple,de lasser lesdiérentes
pièesd'unenvironnement d'intérieur (laboratoire, ouloir,porte, uisineou bureau)à
partirde donnéesvisuellesettélémétriques.
Constrution de la arte La onstrution des artes métriques se base sur l'ap-
pariement desdonnées ourantes aux données déjà présentes danslaarte. Cette on-
strution dépend don fortement de lapréision desapteursutilisés. Dans leontexte
desapteurs visuels, latehnique de reonstrution 3D àpartir d'uneaméra enmou-
vement (désignée en anglaispar Sfm pour Struture frommotion) onsiste à estimer
la struture 3D en analysant le mouvement de l'objet. Il est ensuite possible de min-
imiser l'erreur de reprojetion des points sur les images en faisant varier la struture
de la sène 'est-à-dire les poses des améras depuis lesquelles les images ont été a-
quises.Cette phase, appelée ajustement de faiseaux,a étéexploitée entre autres dans
Chose
B B
C
C
C
C
C
Tableau Chaise Table
Cafetière
Bibliothèque
Serétariat Objet
Cafetière-1
Bibliothèque-1
Anrage"Est"
Anrage"Contient"
Chaise-1
Bureau-4008 Bureau-4009 Tableau-1
Tableau-2
Pièe
Bar
Bureau Cartesémantique,niveau0
Cartesémantique,niveau2
Cartesémantique,niveau3
Cartetopologique
Cartesémantique,niveau1
Fig. 1.8Carte sémantiqueetarte spatialetopologique.
ennes(dont leSLAM 10
),lastruture etlaloalisationsont estimées simultanément en
tenant ompte d'unmodèlede déplaement. Le leteurpourra seréférerauxtutoriaux
deBailey etDurrant-Whyte [Durrant-Whyte 06 ,Bailey 06℄ pour les méthodes lesplus
lassiquesde SLAM. La plupart des travaux surle SLAM utilisent un télémètre laser
tandis que les premiers résultats dans le domaine du SLAM visuel ont été présentés
dans [Davison03 ℄. Dans e ontexte, les travaux exploitent une améra unique et des
primitives de type points d'intérêts ([Davison 03, Solà iOrtega 05 ℄), des systèmes de
stéréovision ([Lemaire07℄) oudesapprohesd'appariement dense([Silveira 08℄).
Lorsque la artographie porte sur des environnements de grande éhelle, il est
souhaitable d'intégrer à elle-i des informations onernant les éventuels retours du
robot à une situation déjà renontrée. La détetion et l'intégration de es événements
au proessusde artographie est un problème important etest largement abordé dans
lalittérature sous leterme de fermeture de boule. Celle-i peut permettre de orriger
les erreurs d'estimation aumulées omme dans [Vitorino 05 ℄. Le leteur pourra se
référerentre autres à [Beevers 05,Angeli08a ℄pour plusd'informations surette prob-
lématique.
1.1.3 Loalisation
L'étapedeloalisationonsisteàdéterminerlasituationdurobotdanssaarte.Les
approhesdeloalisationpeuventêtrediviséesendeuxatégories[Filliat01 ,Filliat 03 ℄:
l'inférene direte deposition :seules les données proprioeptives ourantes sont
dans e asutilisées pour loaliser le robot. Dansette approhe, on fait les hy-
pothèses que l'environnement n'est pas onfronté à des problèmes d'ambiguïté
pereptuelleetque lesalgorithmes utilisés sont robustesaux bruitsdemesure et
aux hangements deontenu.
10
lesuivideplusieurshypothèsesdeposition:lesdonnéesproprioeptivesetextéro-
eptivesprésentesetpasséessontdanseasutiliséespouralimenterleproessus
deloalisation. Plusieursalternativespeuvent êtreonservéesen mémoireeton-
frontéesen utilisant :
deshypothèsesexpliites[Arleo 00℄,
une distributionde probabilités de présenesurl'ensembledespositions.
Cette distribution permet de prendre en ompte les informations proprioep-
tives (déplaement des probabilités) ainsi que les informations extéroeptives
(modulation des probabilités). A. Angeli utilise e proédé dans [Angeli 08a ℄
an detraiter du problèmede fermeturede boule.
1.1.4 Planiation
Dans le as d'une arte topologique, la phase de planiation onsiste à dénir
une séquene de noeuds amenant le système robotique dansune situation souhaitée à
partirde lasituation initiale tandis que dansle asd'une arte métrique, elle onsiste
à dénirune séquenedisrète ouontinue desituations dénies danslerepèreabsolu.
Onpourraseréféreràl'ouvrage[Latombe 91℄pour lestehniquesdeplaniation dans
uneartemétrique.Danseontexte,l'approhelapluslassiqueonsistetoutd'abord
à disrétiser l'espae libre : l'environnement est déomposé en ellules ou en hemins
simples.Parmi lesméthodesdeonstrution dehemins,onpeutiterlediagrammede
Voronoï[Choset 95 ℄,l'extrationdesilhouettes,legraphedevisibilité[Latombe 91℄.La
planiations'apparentealors,ommedansleasdesartestopologiques,àlareherhe
dansungraphe. Lesalgorithmes utiliséspeuvent êtreles algorithmes deBellmanFord
ou deDijkstra(voir, par exemple,[Cherkassky96℄).
1.1.5 Commande
Les objetifs de la ommande peuvent être divers : suivre un hemin, éviter les
obstales,garder un objetdanslehamp de vueduapteur ...Plusieurs arhitetures
de ommandesont possibles pour réaliseres objetifs.
Parmi elles-i, on peut iter les arhitetures délibératives qui onsistent en un
déoupage modulaire des fontionnalités néessaires à la navigation. Les modules sont
agenésvertialement etreliésensérie(voirFigure1.9(a)).Onparlealorségalementde
shémapereption-planiation-ation 11
.Danseshéma,laouheavelahiérarhiela
plushauteestenontatdiretavelesapteursetmetenformelesgrandeursphysiques
mesuréespourlesrendreutilisablesparlaouhedemodélisation.Cesinformationssont
transformées et permettent de mettre à jour une arte interne de l'environnement. À
partir de ette arte, la ouhe de planiation met en plae les ations et la dernière
ouhe est responsable de leur exéution. Une telleapprohe est notamment proposée
11
Pereption
Modélisation
Planiation
Exéution
Commande CAPTEURS
ACTIONNEURS
(a)
Niveau0 Inhibition Inhibition Inhibition
ACTIONNEURS
CAPTEURS
Niveau1 Niveau2
(b)
Fig.1.9 Arhiteture de ommande(a)délibérative, (b)à subsomption.
dans[Novales 94 ℄.
Un inonvénient des arhitetures délibératives est qu'elles ne prennent pas en
ompteleshangementsdynamiquesdel'environnement danslaarte.Anderésoudre
e problème, des arhitetures dites réatives emploient diretement les informations
aquisesparlesapteurssanspasserparuneutilisationoumiseàjourdelaarte.Dans
l'arhiteture réative àsubsomption,proposéedans[Brooks 86℄,lesfontionssont dis-
tribuéessur plusieurs niveaux travaillant en parallèle (voir Fig.1.9 (b)). Cedéoupage
horizontal detypepereption-ation s'opposeainsiaudéoupagevertialvupréédem-
ment.Chaqueniveauutilise lesdonnéesissuesdesapteurs,etationne diretementles
eeteurs. Ces niveaux sont gérés automatiquement par priorité, un module inférieur
prenant lapriorité surun modulesupérieurs'ilest ativé.
D'un té, les arhitetures délibératives permettent de onstruire une représenta-
tion de l'environnement mais elles débouhent souvent sur une imbriation forte entre
lesdiérentesfontionnalités.Deefait,l'identiationdesinteronnexionsàmettreen
plaepeuts'avérerproblématique.D'unautreté,lesdiérentsniveauxd'unearhite-
tureréativesontsimplesàdéniretsontrelativement indépendantsmaisellesrendent
diile l'utilisation des modèles dénis dans un niveau diérent. Il est de plus nées-
sairededénirlesprioritésentrelesniveaux. D'autresarhiteturesontétédéveloppées
ommeleméanismedeoordinationd'ations[Pirjanian 99℄,laséletion d'ationspar
réseau d'ativation [Maes90℄ oul'arhiteture orientéeshéma [Arbib81 ℄.
Lesloisdeommandeimplémentéesdansesarhiteturespeuventutiliserdiérents
onepts. Les lois de ommande peuvent lassiquement être dénies dans l'espae des
ongurations. L'état du robot est alors estimé à partir de sa loalisation dans un
modèleglobalde l'environnement (voirFig.1.10(a)).An d'éliminerlaphasedeloal-
isationglobale,ilestpossibled'exploiter lesonepts relatifsà laommanderéférenée
Extration
desdonnées Calul
état
Calul
ommande
ACTIONNEURS
CAPTEURS Etat
ongurations Loalisation
dansespaedes
Situationourante
r
Consigne
r ∗
Donnéesourantes
s
(a)Commandelassique
Extration
desdonnées Calul
état
Calul
ommande
ACTIONNEURS
CAPTEURS Etat
Donnéesourantes
s
Consigne
s ∗
(b)Commanderéférenéeapteurs
Fig. 1.10 Commande lassique etommande référenée apteurs.
r
représentela sit-uation dansl'espaedes ongurations et
s
leveteur de données apteurs.gurations mais diretement dans l'espae du apteur (voir Fig. 1.10 (b)). De e fait,
ette atégorie de ommande est réputée plus robuste vis-à-vis des bruits de mesure
et des erreurs de modélisation que les ommandes appartenant à la atégorie préé-
dente. Lorsque leapteur estune améra, on parle alors d'asservissement visuel (voir,
parexemple,lestutoriaux[Huthinson 96,Cervera 04 ,Chaumette 06 ,Chaumette 07 ℄).
Depuisdenombreusesannées, etteapproheestappliquée ave suèsnotamment sur
les robotsmanipulateurs.
1.2 Approhe ognitive
Dans la majorité des as, l'homme a façonné l'environnement dans lequel navigue
unrobot.Il seloalise, planie sesdéplaementsetsedéplaedansesenvironnements
en mettant en orrespondane sa pereption ourante de lasène réelle observée ave
un modèle interne onstitué au furet à mesurede ses expérienes de navigation.Pour
ela, il dispose d'un système omplet de traitement et de mémorisation des données.
DansetteSetion,nousnousintéressonsàesystèmesouvent soured'inspiration des
développements enrobotique.
Nous présentons tout d'abord la représentation de l'espae employée par l'homme
ainsiqueses omportementslors desdéplaements(voirSetion 1.2.1).Cettereprésen-
tation est ontenue dansla mémoire (terme déni en psyhologie ommela faulté de
l'esprit de stoker, onserver et rappeler des informations et des expérienes passées)
qui peutêtredéomposéeen fontion dutype d'informationmémorisé etdeleur durée
1.2.1 Carte ognitive et navigation
D'après [Tolman 48 ℄, un individu possède une représentation mentale de l'espae
danslequelilsetrouve appeléearteognitive. Cetteartereprésentediérentsespaes
déritsrelativementàsoi[Tversky 01℄:l'espaeduorps,l'espaeautourduorps,l'es-
paedenavigationetl'espaeabstrait.L'espaeduorpsontientlesdonnéesrelativesà
l'étatinterne(données idiothétiques)obtenuesviaunmodèleorporel.L'espaeautour
duorpsontientlesélémentsdel'environnementquipeuventêtrevusetrejointsdepuis
la position ourante. L'espae de navigation est l'espae dans lequel l'homme peut se
déplaer.Ilenpossèdeune onstrutionmentale représentéesouslaforme d'unshéma
simplié.Enn, l'espae abstraitou espaedesgraphiques ontient desreprésentations
graphiques tellesque desartes,desshémas,desdessins etdesdiagrammes.
L'organisation de l'espae de navigation nous intéresse ii plus partiulièrement.
D'après [Golledge01 ℄, etespae est organisé sous laforme d'une base de données in-
dexée.Iln'estpassûrqueettereprésentationsoitenregistréeommeuneartespatiale
maisl'analysedesellulesde lieuxsuggère queleslieux diérentssont mémorisés dans
diérentespartiesduerveau[O'Keefe 78℄.Desexpérimentationssurdesratsontmon-
tré qu'un système d'intégration du mouvement n'est pas néessaire pour se loaliser
dansl'espae de navigation [Redish99℄. En outre, l'estimation de lapositionmétrique
etdel'orientation n'aqu'un rle desupport danseproessus d'après[Kuipers91 ℄.
Cette représentation de l'espae de navigation est employée pour réaliser des dé-
plaements. Chezles hommes,troisomportementsspatiauxressortent desétudes:les
personnes peuvent avoir une onnaissane des amers, desroutes ou desongurations
[Golledge01℄. Dans le premier as, elles sont apables de reonnaître un lieu mais ne
peuventplanierunheminentredeuxnoeuds.Ellesdoiventalorsfaireappelàd'autres
souresd'informations pourlaplaniation(demanderàd'autrespersonnes,reherher
surune arte extérieure ...). Dansle deuxième as, lespersonnesmémorisent leslieux
maiségalement lesheminspour allerd'unlieuau suivant.Ellessont donapablesde
suivreunerouteapprise.Par ontre, ellesnesontpasapablesdehangerderouteune
fois queelle-i a étéplaniée, ni de prendre desraouris. Enn, les personnes de la
dernière atégorie peuvent développer de nouvelles routes à partir de la onnaissane
de lanature du réseau de routes. Cette dernièreapprohe est ertainement laplus in-
téressante ar les possibilités d'adaptation et d'optimisation fae aux hangements de
l'environnement sont trèsimportantes.
Ons'aperçoitque l'homme n'utilise pasuniquement une représentation spatiale de
l'environnement pour se déplaer. Il emploie également des shémas généraux et des
gabaritsde lieuxaquislorsd'expérienespassées.Mêmedansunlieuoùiln'est jamais
venu,unhommeestapablederetrouverdesrepères.Ilpeutainsiserepérerfailement
dans un magasin ou dans un réseau de transport ar il a déjà fait fae à e genre de
situation auparavant. D'autre part, le omportement de l'homme est également inu-
Boule
phonologique Buer
épisodique
Calepin
visuo-spatial Administrateur
entral Mémoiredetravail
Emotions Transfert
Inonsiente
Sémantique Proédurale Mémoireà
Réupération
Impliites Expliites
Mémoires
Carteognitive longterme
Episodique Répétition
Attention sensoriel
Registre CAPTEURS
Transfert ourante
Image
ACTIONNEURS global Controlleur
Commandes
Fig. 1.11 Représentation shématique du modèlede lamémoire.
diérents pour sedéplaerentredeux mêmeslieux.
1.2.2 Organisation de la mémoire
La représentation de l'espae de navigation est obtenue à partir de phases d'ap-
prentissage où les éléments utiles sont mémorisés. D'après le modèle formulé dans
[Atkinson 68℄,lamémoire peutêtredéomposée enfontiondu typed'informationmé-
morisé et de la durée de rétention. Dans e modèle qui a émergé dans la psyhologie
ognitive de la n des années 1960, le système de mémorisation peut être déomposé
en troismodules :le registre sensoriel, lamémoire àourt terme(MCT) - mémoire de
travail etlamémoire à longterme(voir Figure1.11).Conernant lanavigation,lamé-
moire à longterme (MLT) ontiendrait entre autres laarte ognitive, les expérienes
passéesainsique leshabitudes.
Registre sensoriel Le registre sensoriel réalise un pré-traitement des informations
reçues par les apteurs (ou stimuli) et les ode. L'information du stimulus sensoriel
est onservée pendant une durée dépassant sa durée de présentation. Les stimuli les
plus importants onernent les informations visuelles (onservées durant environ 300
milliseondes) et les informationsauditives(onservées pendant une àdeux seondes).
Lorsquel'êtrehumainexéuteuneation,ilfoalisesonattentionsurertainséléments,
e qui inueneles pré-traitementsréalisés parle registre sensoriel.
Mémoire à ourt terme et mémoire de travail La mémoire à ourt terme est
-Gestionattention
-Coordination
-Com.MLT
Boule
phonologique
Buer
épisodique
Calepin
visuo-spatial Administrateur
entral
-Stokagephono-
logique
-Réapitulation
artiulatoire
-Stokagevisuel
-Réapitulation
spatiale
Fig. 1.12Composantes de lamémoire detravail.
retenues dans l'empan mnésique) [Miller 56 ℄ et par une durée de onservation de es
informations relativement ourte (de l'ordre d'une dizaine de seondes). C'est dans la
mémoiredetravailquelesinformationsstokéesdanslaMCTenprévisiond'uneation
sont manipulées.Dans lasuite,nousinlurons lamémoire de travail danslaMCT.
Plusieurs représentationsde lamémoirede travailontétéproposées danslalittéra-
tureomme, par exemple, lemodèledes proessusemboîtés[Cowan 99℄etlemodèleà
omposantes multiples [Baddeley74℄. Nous nous foaliserons ii sur le modèle à om-
posantesmultiples,ommunémentemployé.Dansettereprésentation,laMCTestom-
poséed'unadministrateurentraletdedeuxsystèmeseslaves:laboulephonologique
etlealepinvisuo-spatial[Baddeley74℄(voirFig.1.12).Laboulephonologiqueestdes-
tinée au stokage temporairede l'information verbale.Le méanisme de réapitulation
artiulatoire permet de rafraîhir ette information et de transférer l'information ver-
baleprésentéevisuellement.Lesystèmeresponsabledesinformationsvisuo-spatialesest
impliquédanslagénérationetlamanipulationdesimagesmentales.Enn,l'administra-
teurentral ouentreexéutifestresponsabledumaintientemporaire desinformations
etutilise pour ela les deuxsystèmes eslaves. Dans lemodèle de Luria [Luria 85 ℄, les
fontionsd'exéutionprinipalesde l'administrateursont l'identiation etlemaintien
d'unobjetif,laplaniation,l'exéutionduprogrammeplaniéetlavériationduré-
sultat.Lebuerépisodiquepeutêtreassoiéàestroismodules.Ilestdédiéaustokage
temporaire d'informations multimodales et à l'intégration des informations provenant
desautres systèmeseslaves etdelamémoire à longterme.
Mémoire à long terme Le proessus de transfert des données de la mémoire de
travail vers la MLT passe par une phase de odage des informations. Seules les infor-
mationsles plus pertinentes etles plussigniativessont onservéesetorganisées. Ces
informations peuvent ensuite être restituées lorsqu'il est néessaire. Cette mémoire a
Mémoires
ւ ց
EXPLICITE IMPLICITE
Expérienes person-
nelles
Épisodique Inonsiente Mesures indiretes
d'expérienes passées
Faits et onnais-
sanes générales
Sémantique Proédurale Habiletés motries et
savoir-faire
Tab.1.1 Déompositionde lamémoire à longterme.
La MLT peut être déomposée en quatre atégories : les mémoires épisodique, sé-
mantique, inonsiente etproédurale [Tulving85℄ (voir Tab.1.1). Lesdeux premières
atégories sont expliites et permettent de garder les événements liés à l'apprentis-
sage (savoir que) tandis que les deux autres atégories sont impliites et permettent
d'apprendresansretenirlesouvenirdel'apprentissage (savoir omment).Lamémoire
épisodique ontient les souvenirs d'événements véus (expérienes personnelles). Elle
dépenddon duontextedanslequel lesinformationsont étémémorisées. Lareprésen-
tation mentaledel'espae (laarteognitive)estontenue dansettemémoire.Lamé-
moiresémantique porte surles faits etles onnaissanesgénérales. Elle fontionne par
desoneptsobjetifs,equilarendplusableetplussûrequelamémoire épisodique.
La mémoire inonsiente ontient des mesures indiretes de la rétention d'expérienes
passées. Enn, la mémoire proéduraleportesur les habiletés motries, les savoir-faire
et les gestes habituels. Elle permet ainsi de mémoriser l'exéution d'une séquene de
gestesan de réaliserunetâhe donnée.
1.3 Cadre de travail
Dans leadre de ette thèse,nousnous sommes intéressésà l'amélioration de l'au-
tonomieetdesapaités d'adaptationdessystèmesrobotiques etpluspartiulièrement
aux stratégies de navigation référenée apteurs de robots mobiles dans des environ-
nements a priori inonnus. La navigation adresse des problématiques omplexes qu'il
est diile dedéoupler pour bâtir un systèmeautonome omplet. Nousnoussommes
donfoaliséssurladénitiond'uneapproheomplèteallantdel'apprentissagedesite
àla ommandeautomatique durobot.
1.3.1 Motivations
CettethèseaétéproposéeonjointementparleLAboratoiredesSienesetMatéri-
auxpourl'Életroniqueetd'Automatique(LASMEA)etparleLaboratoiredeTéléopéra-
tion et Cobotique (LTC) du Commissariat à l'Énergie Atomique, Laboratoire d' Inté-
grationdesSystèmesetdesTehnologies(CEA-LIST)etaétéréaliséepourmoitiédans
laboratoires travaillent depuis de nombreuses années sur la problématique de la navi-
gation autonome desrobots, l'objetif étant d'augmenter l'autonomie du robot. Leurs
iblesappliatives peuvent être lasséesen troisatégories :
les robotsà rouesdans lesmaisons ommuniantes.
Lesdeuxlaboratoires ont,parexemple,partiipéauprojetexploratoire Waifoù
ils ont étudié et développé un assistant robotiqueà roues réalisant des tâhesde
téléprésene etde surveillane dansunenvironnement d'intérieur.
les véhiules urbains autonomes.
Dans e ontexte, le LASMEA a partiipé à de nombreux projets dont Mo-
biVIP 12
.LeLASMEA travailleatuellementsurlamiseàdispositiond'uneotte
de véhiules totalement autonomes dans le adre duprojetVIPA (Véhiules In-
telligents PublisAutomatiques).
les robotsaériens.
LorsduprojetfrançaisRobVolInt(RobotVolantd'Intérieur)[Hamel 06a ℄,leCEA
adéveloppéundronequadrirotor.Anderendrelaommanded'unteldroneplus
abordable aux personnes novies, N.Guénard a réalisé lors de sa thèse desalgo-
rithmes de ommandepermettant une téléopération simple dee type d'appareil
[Guénard 06 ℄. Les travaux atuels, dont eux eetués dans le projet européen
µ
Drones, portent surlanavigation autonome dees engins.1.3.2 Approhe proposée
Notreobjetifestdebâtiruneapprohedenavigationomplètemaiségalementsu-
isamment souple etlégère d'un point de vue algorithmique pour être intégrée sur une
életroniquedédiée destinéeàéquiperunrobotautonome.La omplexitédestâhesde
navigation résulte en partiulier de l'étendue spatiale de l'environnement detravail du
robotetdelanaturedynamiquede etenvironnement. Cependant,etespaeontient
généralement desélémentsxespermettantdelearatériseretdontl'observationpeut
s'avérer très utileàla loalisation.
Danslesappliationsenvisagées,lesrobotssedéplaent dansdesespaesurbainsou
domestiques façonnés par l'homme. Comme nous l'avons vudans le paragraphe 1.2.1,
l'hommeen onnaîtunmodèleinterne issudeproessusomplexesdemémorisationde
donnéesallothétiquesetidiothétiques aquisesaufur etàmesurede esexpérienesde
navigation. Il seloalise etplanie ses déplaements en mettant en orrespondaneles
modèlesissusdesesexpérienespasséesetsapereptionde lasèneréelleobservée.De
lamême manière, le développement d'une stratégie de navigation pour les robots mo-
bilesnéessitel'utilisationd'unereprésentation del'environnement. Assezlogiquement,
ette représentation peut s'inspirer de la représentation de l'espae de navigation que
l'onretrouvehezl'homme.Cettereprésentationdoit,bienentendu,permettreaurobot
d'alimenter tous les proessus néessaires à sanavigation (voir Setion 1.1) maispeut
également être vueomme un moyen de ommuniation entre l'utilisateur et lerobot.
12
L'utilisateur peut notamment spéier un objetif de navigation au robot en désig-
nant diretement une situation à atteindre dans la représentation. Le robot est alors
àmêmedeproposerunevisualisationdesaloalisationdansettemêmereprésentation.
Le suèsdes approhes référenées apteurs pour leontrle des mouvements des
robotsmanipulateurs,s'aranhissant d'uneloalisationgéométriqueabsolue durobot,
enourage latransription des méthodesformalisées dans e adre à la navigation des
robotsmobiles.Commenousl'avonsvudanslaSetion 1.1.5,lesapprohesréférenées
apteurs onsistent à spéier la tâhe robotique dans l'espae d'observation du sys-
tème depereption. Lesinformationssensoriellesaquisesontinuellement par lerobot
alimentent diretement uneloi deommandedestinéeà stabiliseresinformationssen-
sorielles sur une onsignede même nature. Les approhes référenées apteursdoivent
leurpopularitéàleurrobustesseintrinsèque.Spéiéeàl'aided'informationssensorielles,
la tâhe robotique ne néessite pas de modèle omplexe de la sène ni de proessus
d'estimation d'une poseabsolue du robot,oûteuse etinertaine, pour êtreaomplie.
Cependant,l'utilisation d'approhesréférenéesapteursenrobotiquemobileseheurte
àdeux problèmes majeurs :
D'une part, le robot est sujet à de grands déplaements, e qui induit que les
informationssensoriellesde onsignenepeuvent pasforément être misesenor-
respondaneave les informationssensorielles ourantes.
D'autrepart, les robotsmobiles searatérisent engrande majorité par deson-
traintesdedéplaementfortes(non-holonomie,sousationnement,
. . .
).Lanaturenonlinéairede esontraintesimposealorsuneremise enausedesapprohesde
ommandeommunément utilisées en robotiquemanipulatrie.
Lessolutionsaupremierdeesdeuxproblèmesreposentsurlaoneptiond'unereprésen-
tation de l'environnement adéquate pour la navigation, de manière à e que le robot
puissedisposerd'unedesriptiondelatâheàaomplirsousformed'unensembled'ob-
jetifsàatteindreonséutivement,spéiésdansl'espaed'observationdesonsystème
de pereptionextéroeptif.Le deuxième problème est biensouvent ontourné. Par ex-
emple, en dotant le apteur extéroeptif embarqué de degrés de liberté par rapport
à une base mobile non-holonome,la inématique non-holonome de elle-i est intégrée
dans une modélisation onférant au apteur une inématique holonome. La tâhe de
ontrle des déplaements du robot onsistant à réguler les informations apteurs sur
une référene, la non-holonomie de la base mobile n'aete alors pas la tâhe. En re-
vanhe,laposedelabasemobilen'estpasexpliitement ontrléedansetteapprohe.
Il est à noter que ette solution se traduitsouvent par une augmentation du poids du
apteur ainsiquede sonenombrement, e qui peutêtre problématique dansertaines
appliations (pour les robotsaériens parexemple).
L'approhe denavigation quenoussuggérons apourobjetif de proposerune solu-
tionviableenréponseauxproblématiquesénuméréespréédemment.Ellereposesurune
représentation topologique originale de l'environnement appelée mémoire sensorielle.
Cette arte ontient les informationsextéroeptives issues desapteurs embarqués sur
Image courante
Objectif
courante Situation
de chemin Recherche
Carte topologique niveau 1 Carte topologique
niveau 0
Modele du capteur
Image courante
Commande Modele du robot
Modele du capteur
sensoriel Chemin
Image cible intermediaire
Phase hors−ligne
CARTOGRAPHIE
Phase en−ligne
LOCALISATION
Memoire sensorielle
Carte sensorielle
Sequences acquises lors de l’apprentissage
COMMANDE
Fig.1.13 Notre approhe de navigation par mémoiresensorielle.
sensorielle permet alors de dénir une stratégie globale de navigation basée surles in-
formationsdesapteurs.Cettestratégie,représentéeFig.1.13,peutêtrediviséeentrois
étapes:
1) Construtiondelamémoiresensorielle(horsligne):lorsd'undéplaementtéléopéré,
uneséquened'images estaquiseparleapteurextéroeptifembarqué surlerobot.
An de réduire laomplexité de ette séquene, des images lés sont séletionnées,
organisées et ajoutées à laarte. L'ensemble de es images forme alors la mémoire
sensorielle durobot.
2) Loalisationinitiale(enligne):avantledéplaementautonome,lesystèmerobotique
est loalisé. Cette étape onsiste à déterminer l'image de la mémoire sensorielle la
plusressemblante à l'image ouranteaquise par leapteur extéroeptif.
3) Navigation autonome (en ligne,en temps réel): étant donnée une image ible on-
tenue dans lamémoire sensorielle, la mission de navigation est dénie omme une
suessiond'imagesintermédiairesappeléeheminsensoriel, amenant lerobotde sa
situation ouranteà lasituation ible.Le robot estensuite ommandélelongde e
hemin en utilisant lesonepts de laommande référenéeapteur.
Toutomme lareprésentation spatialedel'environnement s'intègredansunshéma
global detraitement desstimulietde mémorisationhez lesêtres humains,lamémoire
sensorielle doit s'insérer dans un shéma de traitement des informations apteurs. Ce
shéma peut, par exemple,s'inspirer dumodèle dela mémoire déritSetion 1.2.1.
1.3.3 Organisation du manusrit
Outre etteintrodution,e mémoire de thèse omporte inq hapitresqui portent
respetivement surles pointssuivants :
LeChapitre2apourobjetifdeprésenterleoneptdemémoiresensorielle.Nous
exposons tout d'abord la représentation de l'environnement (appelée mémoire
sensorielle) exploitée dans notre stratégie de navigation. Le système global de
navigationbasésuremodèleetinspirédesapprohesognitivesestensuitedérit.
Dans le Chapitre 3, nous présentons des stratégies de ommande pour le suivi
d'unhemin sensorielpourdeuxtypesderobots:lesrobotsmobiles àrouesnon-
holonomes de type har ou biylette et les robots aériens de type quadrirotor.
Pour haun d'entre eux, nous préisons tout d'abord l'objetif de ommande
puisnousproposons desshémas de ommande permettant deles atteindre. Des
simulations permettent nalement de valider les approhes proposées ainsi que
d'analyserleurs limites.
Dans le Chapitre 4, nous étudions le asdes apteurs visuels grand-angle. Nous
dérivonsalors leséléments misen plaepour haque étape denotrestratégie de
navigation ave e typede apteur.
LeChapitre5estdédiéàlamiseen÷uvreomplètedenotresystèmedenavigation
(a) (b) ()
Fig. 1.14 Trois types de robots utilisés lors de nosexpérimentations :(a) un robot
Pioneer,(b)unvéhiuleurbainéletriquedetypeRobuCabet()undronequadrirotor.
Pioneer 3-AT, un RobuCab et un X4-yer (voir Fig. 1.14). Nous analysons les
résultats obtenus dansdiérents ontextes.
Finalement, le sixième hapitre dresseun bilan de nosontributions et présente
les perspetivesqui en déoulent.
Navigation à l'aide d'une mémoire
sensorielle
La navigation onsiste à déplaer le robot de manière sûre vers une destination
donnée. Noussupposons que lerobot disposepour ela d'unereprésentation de l'envi-
ronnement. Lesbesoinsauxquelsdoitrépondreette représentation sont divers omme
nousl'avonsévoquédansl'introdution.Toutd'abord,laartedoitpermettrelaspéi-
ationdel'objetifdenavigationdurobot.Elledoitégalementsupportersaloalisation
etlaplaniation de sesdéplaements. Enoutre, anqueses déplaementssoient réal-
isésdemanière sûre, laartepeutintégrer les notions denavigabilité (lerobot peutse
déplaer sans entrer en ollision ave des obstales) mais également de ommandabil-
ité (il existe une ommande, appliquée sur un intervalle de temps ni, qui permet de
rejoindre la situation ible en partant de la situation initiale). Le robot étant sujet à
de grands déplaements, ette représentation peut fournir une desription de la tâhe
à aomplir sous forme d'un ensemble d'objetifs à atteindre onséutivement. Enn,
pour améliorer les possibilités d'adaptation etd'optimisation faeauxhangements de
l'environnement, laarte doitontenir desréseaux deroutes.
La représentation par arte sensorielle permetde répondreà esbesoins. En eet,
une telle arte est diretement dénie dans l'espae d'observation du système de per-
eption. De e fait, e type de représentation est aisément interprétable etpermet de
désigner un objetif diretement dans et espae. De plus, les déplaements du robot
peuvent être diretement générés en utilisant les onepts de la ommande référenée
apteurs qui est réputée plus robuste vis-à-vis des bruits de mesure et des erreurs de
modélisationquelesommandeslassiques.Danslebutderépondreauxautresbesoins
quenousavonsdénis,ilestnéessaired'assoieràettereprésentationd'autresartes.
Comme nous l'avons évoqué dans l'introdution, plusieurs solutions sont possibles
pour rejoindre un objetif lointain. La première solution onsiste à exploiter onjoin-
tement les artessensorielle etommande. Une image sensorielle est alors assoiée ex-
pliitement à une ation omme proposé dans [Matsumoto 96℄ ou impliitement via
Lieu1
Lieu2 Lieu3
Lieu4 Lieu5
Lieu6 Lieu7
Lieu8 Lieu9 Ehelletopologique
Ehellesensorielle
(a)
Ehellesensorielle
Ehelletopologique
(b)
Fig.2.1Cartes sensorielleettopologique:représentation (a)parlieu,(b)parimage.
un réseau de neurones omme dans [Gaussier 97, Giovannangeli 06 ℄. Une seonde so-
lution onsiste à assoier une arte topologique à la arte sensorielle. Un noeud de
la arte topologique peut alors représenter un lieu ('est-à-dire un ensemble d'images,
omme dans [Ulrih00 ℄) (Fig. 2.1 (a)) ou une image unique (Fig. 2.1 (b)). Une arête
de la arte topologique dénit généralement la navigabilité entre deux noeuds. Dans
[Valgren 06,Zivkovi 06,Briggs06℄,lesarêtesrelientlesimagesontenantsusamment
d'amersommuns.Dans[Booij07,Remazeilles 04 ℄,leoûtentredeuxnoeudsestdéni
ommelapossibilitéderéaliserlatâhedenavigationentreesnoeuds.Dans[Booij07℄,
il dépend de lapossibilitéde reonstruire la géométrie loale entre lesdeux noeudsde
façonrobustetandisquedans[Remazeilles 04℄,ilestdénidefaçonempiriqueàpartirde
onsidérations surles déplaements du robot.Dans[Gaspar 00, Argyros05,Blan 05℄,
ladénitionde l'arêteprendenomptelanavigabilité etlaommandabilitéentredeux
noeuds. Dans [Santos-Vitor 99 , Vassallo00 ℄, les arêtes de la arte topologique onti-
ennent également une notion omportementale (suivi de mur, entrage au milieu du
ouloir, suivide laséquene d'images ...).
Pour obtenir une représentation de plus haut niveau, plusieurs approhes ont été
proposées dans la littérature. Une première approhe onsiste à regrouper les noeuds
par lieux(voirFig. 2.2(a))manuellement omme dans[Zhou03 ℄ou automatiquement
omme dans [Zivkovi 06, Booij07 ℄. Les noeuds peuvent également être regroupés en
hemins simples (voir Fig. 2.2 (b)) omme proposé dans [Gaspar00, Blan 05℄ . Ces
hemins peuvent, par exemple, représenter une route (en environnement extérieur) ou
un ouloir(enenvironnement d'intérieur).
Nousdétaillons lareprésentation quenousavonsadoptéedanslaSetion 2.1.Dans
laSetion2.2,nousdérivonslesystèmeompletdenavigation,inspirédel'organisation
de lamémoire hez l'homme, danslequel s'intègrelamémoire sensorielle.
2.1 Représentation globaledel'environnement parune mé-
moire sensorielle
Anderépondreauxbesoinsénonéspréédemment,nousproposonsdereprésenter
l'environnement par un modèle appelé mémoire sensorielle (
M S
) omposé de troisCartesensorielle
Cartetopologique,niveau1 Cartetopologique,niveau0
(a)
Γ 1
Γ 3
Γ 4
Γ 5
Γ 7
Γ 2
Γ 6
Γ 8
Ehellesensorielle
Ehelletopologique,niveau1 Ehelletopologique,niveau0
(b)
Fig. 2.2 Regroupement des éléments de la arte topologique (a) par lieux, (b) en
hemins simples.
artes(
M S = { CS , CT 1 , CT 0 }
) :une arte sensorielle (CS
) etune arte topologique à deux niveaux (CT1
etCT 0
). Ces trois artesCS
,CT1
etCT 0
sont formalisées en utilisantlathéoriedesgraphesetserontdéritesendétaildanslasuitedeettesetion.2.1.1 Quelques dénitions
Nousrappelons tout d'abord quelquesdénitions de basede lathéorie desgraphes
permettant deformaliser lanotion demémoire sensorielle.
Un graphe
G = (N, A)
est un ensemble ni non vide de n÷uds (ou sommets)N = { N 1 , N 2 , . . . , N n n }
assoié à un ensemble (possiblement vide) d'arêtes (ou ars)A = { a 1 , a 2 , . . . , a n a }
où haque arête peutêtre dénie par deux sommetsa r = a s,t = { N s , N t }
.La taille d'ungrapheest lenombre
n a
de sesarêtes.G
estun graphe orienté ou digraphe si touslesélémentsdeA
sont desarêtesorien-tées(
a s,t 6 = a t,s
).Un pseudo-graphe est ungraphe danslequel aumoins deuxn÷uds sont liéspar au
moinsdeuxarêtes.Ungraphesimple estungraphesansbouledanslequeldeuxn÷uds
sont liéspar auplus une arête.
Une haîne
Γ
d'un grapheG
est une suite de sommets adjaents. Un hemin d'ungraphe orienté
G
est une suite ordonnée de sommets reliés par desarêtes (identique àune haîne dansungraphe orienté).
Un graphe onnexe est un graphe dans lequel toute paire de sommets distintsest
reliéepar une haîne.
Ungraphe pondéré estungraphe
G
supplééd'unefontion quiassoieunpoidsauxarêtes(