HAL Id: jpa-00208246
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Submitted on 1 Jan 1975
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Effets hydrodynamiques associés à la barodiffusion
H. Dandache, M. Papoular
To cite this version:
H. Dandache, M. Papoular. Effets hydrodynamiques associés à la barodiffusion. Journal de Physique,
1975, 36 (3), pp.219-223. �10.1051/jphys:01975003603021900�. �jpa-00208246�
LE JOURNAL DE PHYSIQUE
EFFETS HYDRODYNAMIQUES ASSOCIÉS A LA BARODIFFUSION
H. DANDACHE
(*)
et M. PAPOULARCentre de Recherches sur les Très Basses
Températures C.N.R.S.,
BP166,
38042Grenoble,
France(Reçu
le 8 octobre1974)
Résumé. 2014 Le couplage
pression-concentration
est àl’origine
d’un certain nombre depropriétés dissipatives spécifiques
dans les mélanges. Nous présentons ici le calcul de deux effets de surface :a) atténuation acoustique à la réflexion sur une paroi rigide, b) caractéristiques des modes propres localisés à la surface libre du mélange. Mais, par l’intermédiaire du champ de pesanteur, le phénomène
de barodiffusion doit permettre également d’accéder directement à une
grandeur statique
importante : la compressibilitéosmotique.
Ainsi, dans les mélangesisotopiques
d’hélium, ondisposerait
d’uneméthode nouvelle de détermination de
l’exposant
tricritique associé (03B3 ~ 1). Dans les solutions diluées en3He,
onprévoit
unecompressibilité
osmotique élevée dont le comportement, en fonction de la pression et de la température, est lié aux interactions 3He-3He.Abstract. 2014 The
pressure-concentration coupling
entails somespecific dissipation properties
in mixtures. Here, two surface effects are considered : a) sound
damping
upon reflexion on arigid
wall, b) free surface eigenmodes. But through gravity, barodiffusion should also give direct accessto an important static quantity : the osmotic
compressibility.
Inisotopic
helium mixtures, this wouldprovide
us with an independent determination of the associated tricritical exponent (03B3 ~ 1). Indilute solutions of 3He in
4He,
a large osmoticcompressibility
ispredicted,
the behaviour of whichas a function of pressure and temperature, is linked to the effective 3He-3He interaction.
Classification
Physics Abstracts
7.740
1. Barodiffosion et
compressibilité osmotique. -
Dans un
mélange binaire,
une distribution inhomo-gène
depression p
et detempérature
T donne naissance à des courants irréversibles :p est la masse
spécifique,
D le coefficient de diffusion mutuelle. Les rapports de barodiffusion et de thermo-diffusion, kp
etkT respectivement,
sont sans dimensionet, en
général,
designe
arbitraire.Cependant,
alorsque
kT
est lié à un coefficientcinétique d’Onsager, l’expression
dekp
est purementthermodynamique [1] :
c est la concentration de masse du
mélange,
liée à laconcentration molaire x par :
et Il un
potentiel.chimique
relatif :où ml et m2, pl et p2 sont
respectivement
les massesmoléculaires et les
potentiels chimiques
des deuxconstituants.
(DCID,9)T,, qui
est donc lacompressibi-
lité
osmotique
dumélange (l’analogue
de la compres- sibilitémécanique
dans un fluidepur), diverge
engénéral
fortement aupoint critique
dedémixtion,
alors que
(Dplbc)
reste fini.kp diverge
donc comme(ocjÔP)T’
et nous avons montréqu’il
en va de mêmepour
kT [2].
Dans la
prochaine section,
utilisant la relation(2),
nous proposons une méthode
originale
de mesurede la
compressibilité osmotique,
basée sur l’effet duchamp
degravité.
Nous discutons ensuite(§§
2 et3) l’application,
auxmélanges isotopiques d’hélium,
de cette méthode
qui
devrait :a) près
dupoint tricritique,
redonnerl’exposant
y - 1 initialement déterminé parMeyer
et Goellner[3]; b)
dans les ,solutions diluées en
’He,
fournir une détermination directedu potentiel chimique,
et par là-même uneArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01975003603021900
220
illustration
supplémentaire
de la théorie des inter- actions effectives 3He-3He[4, 5].
Dans laquatrième partie
de cetarticle,
revenant à unmélange quelconque,
nous
présentons
le calcul de deux effets de surface liés à la barodiffusion :a)
ladissipation acoustique d’origine
diffusive à la réflexion sur uneparoi rigide ; b)
l’influence ducouplage pression-concentration
surles modes localisés à la surface libre du
mélange.
2. Gradient de concentration dans le
champ
depesanteur :
détermination directe de lacompressibilité osmotique. Exemple
desmélanges 3He-4He près
dupoint tricritique.
- Nous nous étions initialement intéressés surtout à la thermo-diffusion enparticulier dans
lesmélanges isotopiques
d’hélium[6].
Mais desdifficultés
expérimentales,
liées à la mesureprécise
des
gradients
detempérature
VT et aux instabilités convectives[6],
ayant retardé cetteétude,
nous avonsreporté
notre attention sur lephénomène
de baro-diffusion : pour
kp,
legradient
depression hydrosta- tique
dans lechamp
degravité joue
le même rôle que VT pourkT.
Enrégime stationnaire,
et pour DT =0,
le rapport dugradient
depression
et dugradient
de concentration résultant(1) (voir éq. (8) ci-dessous)
fournira donc une mesure directe de lacompressibilité osmotique.
Enparticulier
dans lemélange 3He-4He près
dupoint tricritique,
ondispo-
serait ainsi d’une détermination
indépendante
del’exposant
associé y.Une fois établi ce
projet,
nous avonsappris
queMeyer
et Griffiths s’étaientindépendamment préoc- cupés
des effets de lagravité [7]
mais dans le souci de travailler sur desmélanges
aussihomogènes
quepossible.
Pour nouscependant,
ils’agit précisément
d’utiliser les
gradients
de concentration induits par lagravité
pour accéder directement à lacompressibilité osmotique (2).
Dans cette section et la
suivante,
nous nous inté-ressons auX
mélanges isotopiques
d’hélium. Nousexprimerons
lacompressibilité osmotique
par(ax/ae )T,P
OÙ X = x3 est la concentration molaire de3He
et d = M3 - MI la différence directe despotentiels chimiques. (ôx/ôd )T,p
est évidemment pro-portionnelle
à(OcjO/1)T.n
comme on le voit en écrivant :et en utilisant la relation de Gibbs-Duhem :
(1) Mesuré suivant une méthode capacitive différentielle [6].
(2) Bien entendu, près du point tricritique (ou du point critique
de démixtion dans le cas général), la réponse osmotique diverge et, pour préserver la quasi-homogénéité du mélange, il convient d’utiliser une cellule plate (en pratique quelques millimètres d’épaisseur).
sous la forme :
Avec ces
notations,
legradient
vertical isotherme de concentration estdonné,
àl’équilibre,
par[7] :
où V est le volume du
mélange rapporté
à une molé-cule
et g
l’accélération de la pesanteur. Le terme(OVjOX)T,P
p est, dans3He-4He, largement indépen-
dant de x et de
T,
etapproximativement égal
à(m4 - m3) [7].
On vérifie sur(8)
que(DXIDZ)T
estpositif,
comme(ôx/ôd )T, p
etkp (voir éq. (2)) : l’isotope léger, qui
est aussiplus
volumineux du fait de saplus grande énergie
depoint zéro, migre
vers le haut.Près du
point tricritique (xc
=0,67 ; Tc
=0,87 K),
nous pouvons évaluer
l’amplitude
de l’effetgrâce
aux mesures de
compressibilité osmotique
dues àMeyer
et ses collaborateurs[7] :
pour x
= x,,, T - Tc > 0
étantexprimé
endegrés
K.(Sur
la courbe de coexistence(T - Tc 0),
y =1,1
et le
préfacteur
estplus grand.) Donc, d’après (8), (oxjoz)
2 x10 - 4/cm
à la concentrationcritique
et à 10 mK au-dessus
de Tc.
Cetteestimation,
par- faitementcompatible
avec la sensibilitéexpérimentale,
montre
qu’on
a là une méthode nouvelle de mesurede la
compressibilité osmotique
et de son exposanttricritique.
Ils’agit
d’une déterminationdirecte, complémentaire
de celles du groupe de Duke[7]
(mesure
depression
de vapeursaturante),
du groupe de Comell[8] (intensité
de lumièrediffusée),
et dugroupe finlandais
[9] (chaleurs spécifiques).
Notons que cette
méthode,
comme les trois autresque nous venons de
citer,
serait certainementplus
difficile à
appliquer
enpratique
auproblème
de ladivergence
faible de(OXjOJ)T,p
à la transition Â[10],
sa sensibilité étant contradictoire avec les
exigences beaucoup plus
strictes[7] d’homogénéité
dumélange.
3.
Exemple
des solutions diluées en3He.
- Dans cette limite(x 1),
et à bassetempérature (T
100mK),
la théorie deBardeen, Baym
etPines
[4]
nouspermet
deprévoir
unecompressibilité osmotique élevée,
accessible à la méthode décrite ci-dessus. Selon cette théorieoù
est le
potentiel chimique
d’un gazparfait
de fermions de masse effective m* et de densité n3 = xn ;Eo
estl’énergie
de condensation d’un atome de He enphase liquide; Vo
la moyennespatiale
de l’interaction effective3He-3He qui
est attractive(Vo 0)
etfaible
[4] :
(s ri
240m/s
est la vitesse du son, et m* --2,5 m,).
A faible
concentration, Eo
etVo
sontpratiquement indépendants
de x. Dans la relation(10)
on anégligé
une correction
d’échange,
faible à bassetempéra-
ture
[4].
Utilisant la relation de Gibbs-Duhem(7),
on a :
soit, d’après (11)
et(8),
ungradient
de concentration dans lechamp
de pesanteur de l’ordre de10- 5/cm (3).
Cette valeur est encore accessible
expérimentalement,
d’autant
plus
que la conditiond’homogénéité
dumélange
est maintenant moinscontraignante.
Il est donc
possible
de cettefaçon
d’étudier direc- tement 1l3, c’est-à-direVo, indépendamment
desmesures de solubilité maximum
(6%àr==0)et
de diffusion de
spin [4].
Enparticulier,
ladépendance
en
pression
de(ÔXIDZ)T permettrait
de vérifier laprédiction
de Bardeen et coll. :(diminution
de l’interaction effective souspression).
De même la
dépendance
entempérature
dupotentiel chimique jusqu’à
1 Kpermettrait
de vérifier l’allurespatiale
del’interaction3He_3 He prédite
par Ebner[5].
(Dans
ce cas, il faudraitcependant
dans(10)
et(12)
lever la
dégénérescence complète
du gaz de fermions et rétablir le termed’échange [4, 5] :
négligé
à bassetempérature.)
Deux remarques pour conclure cette section
a)
dans la limite x -->0,
on voit sur(12)
ques’annule
(en xl/3),
comme il sedoit ; b)
dans la limiteopposée
des solutions diluées en4He,
lacompressi-
bilité
osmotique
est trèsfaible ;
ce cas est d’ailleursmoins intéressant car les atomes de
4He,
extrêmement raréfiés à bassetempérature,
y obéissentsimplement
à la
statistique
de Boltzmann.4. Effets de surface. - 4.1 ATTÉNUATION ACOUS- TIQUE A LA RÉFLEXION SUR UNE PAROI RIGIDE. -
L’expression générale
de l’atténuation du son dansun
mélange
est la suivante(voir
réf.[1],
p.304) :
west la
fréquence
de l’onde sonore, qet 03BE
les visco-sités de cisaillement et de
volume,
x la conductibilitéthermique, C,
etCp
les chaleursspécifiques
par unité de masse à volume oupression
constants. Les autres notations ontdéjà
été définiesplus
haut.Dans
(13),
le deuxième terme entre crochets est évidemment propre auxmélanges :
ilreprésente
l’effetdes processus irréversibles de baro- et thermo-diffu- sion. Nous avons
analysé
lecomportement
de ceterme à
l’approche
dupoint
de démixtion[ 11 a]
etnous avons montré en
particulier
que, dans lesmélanges 3He-4He,
ilpermettait
une mesure acous-tique
desexposants critiques
du coefficient D aupoint tricritique
et à la transition[llb].
Revenantici à un
mélange quelconque,
nous avons calculé lacontribution diffusive
ED
à l’atténuation d’une ondesonore dans un
mélange
à la réflexion sur uneparoi rigide (4).
Nous partons de la source
d’entropie
par unité de volume :où vi sont les composantes de la vitesse d’écoulement et i le courant de masse donné par
l’éq. (1). (Noter
que,
s’agissant
ici dedissipation
ensurface,
nouspouvons omettre dans
(14)
le terme en(.)
Portant(1)
dans
(14),
on voit que, par unité de surface deparoi :
x étant la coordonnée normale à la
paroi.
222
’ Il y a deux
longueurs caractéristiques
dans ce pro- blème : leslongueurs
de cohérence liées à la conduc- tivitéthermique
et à la viscosité :2 x /cw et , ,,,/2 vlco,
respectivement,
avecCes
longueurs
de cohérence fixent leprofil
desfluctuations de
vitesse,
depression
et detempérature
au
voisinage
de laparoi.
Parexemple :
On est
pratiquement toujours
àfréquence
assezbasse pour que la
longueur
d’onde sonore = 2nez
soit très
supérieure
auxlongueurs caractéristiques (16).
Dans ces
conditions,
la contribution de xet 1
àl’énergie dissipée
à la réflexion est donnée par(réf. [lJ,
p.
302) :
A est
l’amplitude
de l’onde et 0l’angle
d’incidence. Le calcul est entièrementparallèle
pour la contribu- tionED.
Nous donnons donc directement le résultat :où
est le coefficient de dilatation
thermique.
Il est facile de
reprendre
surl’expression (19)
ladiscussion des références
[lla]
et[11b]. Indiquons
simplement
que, auvoisinage
d’unpoint critique
ordi-naire, ED
varie essentiellement commeet domine donc
asymptotiquement
parrapports
4.2 MODES
PROPRES
A LA SURFACE LIBRE D’UN MÉLANGE. -Négligeant
poursimplifier
les fluctua- tions detempérature,
nous cherchons des solutionsaux
équations
de Navier-Stokes d’une part et àl’équation
de diffusion :d’autre
part, qui
soient localiséesprès
de la surface(z
=0),
donc de la forme[12] :
.
Les conditions aux limites
prescrivent :
a)
l’annulation en z = 0 des contraintes normale ettangentielle :
où
p’
est la fluctuation depression, 03B6’(x, t)
la coordon- née locale instantanée de la surface et a la tensionsuperficielle ;
b)
l’annulation en z = 0 de la composante verti- cale du courant diffusif i donné parl’expression (1) :
Cette dernière condition
permet
de relier les fluctua- tions depression
aux fluctuations de concentrationqui,
à leur tour sontcouplées
aux variableshydro- dynamiques
par l’intermédiaire de(23).
La loi dedispersion
des modes de surface est alors obtenueen écrivant la
compatibilité
des conditions(22)
et(23) :
.où :
Supposant,
comme c’est le cas engénéral : D/v 1,
nous
obtenons, quel
que soit a, un mode trèslent,
purement relaxationnel :Dans la limite où l’on
néglige kp,
ou bien si lecouplage (ôa/ôc)
est faible - cequi
est le cas dansl’hélium - on retrouve le mode de volume purement diffusif : w = -
iDq2.
Aucontraire, quand
le mode
(27)
se banalise(co --> 0,
fluctuations évanes-centes)
etdisparaît.
Pour les autres modes de
surface,
nousdistinguons
deux
régimes [12] :
a) ap/ri2 q >
1 : forte tension desurface,
faibleviscosité,
modescapillaires propagatifs :
Dans cette
expression
de E, il faut choisir lesigne
+ou - suivant que
kp(ôa/ôc)
estpositif
ounégatif.
Noter que le
couplage (ôa/ôc)
introduit unepetite
composante réactivequi
réduit la vitesse depropagation.
b) apll’ q «
1 : faible tension desurface,
forteviscosité,
modesdissipatifs
essentiellement relaxa- tionnels :Ici,
laperturbation d’origine
diffusive :est
purement
réactive : elle dédouble le mode purement relaxationnelen deux modes fortement amortis mais dotés d’une faible
composante propagative.
Iln’y
a pas là deparadoxe :
comme pour(28),
c’est à la force derappel (aa/ôç) qu’est
dû cet effet réactif.Remerciements. - Nous tenons à remercier le Pro- fesseur Horst
Meyer qui
nous a transmis de nom-breuses informations de
première main,
et avecqui
nous avons
toujours
eu de très enrichissantes dis- cussions.Bibliographie [1] Voir par exemple : LANDAU, L. et LIPSCHITZ, E., Fluid Mecha-
nics, Chap. VI (Pergamon Press) 1959.
[2] PAPOULAR, M., J. Chem. Phys. 60 (1974) 86.
[3] GOELLNER, G. et MEYER, H., Phys. Rev. Lett. 26 (1971) 1534.
[4] BARDEEN, J., BAYM, G. et PINES, D., Phys. Rev. 156 (1967) 207.
[5] EBNER, C., Phys. Rev. 156 (1967) 222.
[6] DANDACHE, H. et al., J. Physique 34 (1973) 635, 643.
[7] GOELLNER, G., BEHRINGER, R. et MEYER, H., J. Low. Temp.
Phys. 13 (1973) 113.
[8] LEIDERER, P., WATTS, D. R. et WEBB, W. W., Phys. Rev. Lett.
33 (1974) 483.
[9] ALVESALO, T. A. et al., Phys. Rev. A 4 (1971) 2354.
[10] GRIFFITHS, R. B. et WHEELER, J. C., Phys. Rev. A 2 (1970)
1047.
[11] PAPOULAR, M., a) J. Chem. Phys. 59 (1973) 979; b) Colloq.
Int. Hélium Liquide et Solide, Haïfa 1974.
[12] Référence 1, p. 100;
PAPOULAR, M., J. Physique 29 (1967) 81.