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Essai (10 points)

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Essai (10 points)

L’humanité peut-elle se définir par la notion de progrès ?

Structure : exposez d'abord votre propre position, envisagez ensuite 2 à 4 objections auxquelles vous répondrez, sur le modèle objection 1 / réponse 1, obj. 2 / rep. 2, etc

Texte avec questions (10 points)

27. Encore que la terre et toutes les créatures inférieures soient communes et appartiennent en général à tous les hommes, chacun pourtant a un droit particulier sur sa propre personne, sur laquelle nul autre ne peut avoir aucune prétention. Le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains, nous le pouvons dire, sont son bien propre. Tout ce qu'il a tiré de l'état de nature, par sa peine et son industrie, appartient à lui seul : car cette peine et cette industrie étant sa peine et son industrie propre et seule, personne ne saurait avoir droit sur ce qui a été acquis par cette peine et cette industrie, surtout, s'il reste aux autres assez de semblables et d'aussi bonnes choses communes.

28. Un homme qui se nourrit de glands qu'il ramasse sous un chêne, ou de pommes qu'il cueille sur des arbres, dans un bois, se les approprie certainement par- là. On ne saurait contester que ce dont il se nourrit, en cette occasion, ne lui appartienne légitimement. je demande donc : Quand est-ce que ces choses qu'il mange commencent à lui appartenir en propre? Lorsqu'il les digère, ou lorsqu'il les mange, ou lorsqu'il les cuit, ou lorsqu'il les porte chez lui, ou lorsqu'il les cueille ? Il est visible qu'il n'y a rien qui puisse les rendre siennes, que le soin et la peine qu'il prend de les cueillir et de les amasser. Son travail distingue et sépare alors ces fruits des autres biens qui sont communs; il y ajoute quelque chose de plus que la nature, la mère commune de tous, n'y a mis; et, par ce moyen, ils deviennent son bien particulier. Dira-t-on qu'il n'a point un droit de cette sorte sur ces glands et sur ces pommes qu'il s'est appropriés, à cause qu'il n'a pas là-dessus le consentement de tous les hommes? Dira-t-on que c'est un vol, de prendre pour soi, et de s'attribuer uniquement, ce qui appartient à tous en commun? Si un tel consentement était nécessaire, la personne dont il s'agit, aurait pu mourir de faim, nonobstant l'abondance au milieu de laquelle Dieu l'a mise. Nous voyons que dans les communautés qui ont été formées par accord et par traité, ce qui est laissé en commun serait entièrement inutile, si on ne pouvait en prendre et s'en approprier quelque partie et par quelque voie. Il est certain qu'en ces circonstances on n'a point besoin du consentement de tous les membres de la société. Ainsi, l'herbe que mon cheval mange, les mottes de terre que mon valet a arrachées, et les creux que j'ai faits dans des lieux auxquels j'ai un droit commun avec d'autres, deviennent mon bien et mon héritage propre, sans le consentement de qui que ce soit. Le travail, qui est mien, mettant ces choses hors de l'état commun où elles étaient, les a fixées et me les a appropriées.

John Locke, Second Traité du Gouvernement Civil, 1690

(1) Qui est John Locke ? Dans quelle conditions et pourquoi rédige-t-il le Second Traité du

Gouvernement Civil ? Qu’est-ce qui distingue le premier traité du gouvernement du second ? (2 points) (2) Pourquoi faut-il des propriétés privées à l’état de nature selon Locke ? Pourquoi le consentement ne peut-il fonctionner pour assurer la légitimité des appropriations privées ? Expliquez la relation entre propriété privée et consentement ? (2 points)

(3) Si ce n’est par le consentement, comment se justifie, selon Locke, l’existence de la propriété privée à l’état de nature ? La justification de Locke vous paraît-elle valable ?(2 points)

(4) Pourquoi la clause « surtout, s'il reste aux autres assez de semblables et d'aussi bonnes choses communes » peut-elle poser problème à certains libéraux contemporains ? Pourquoi ne pose-t-elle pas problème dans la construction de Locke ? (2 points)

(5) En quoi la philosophie politique de Locke peut-elle être considérée comme l’expression du renversement du rapport au travail que détecte Weber dans l’éthique protestante ? (2 points)

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