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modèles avec plusieurs ruptures d’un processus de
poisson
Alioune Top
To cite this version:
Alioune Top. Estimation paramétriques et tests d’hypothèses pour des modèles avec plusieurs ruptures d’un processus de poisson. Statistiques [math.ST]. Université du Maine; Université de Saint-Louis (Sénégal), 2016. Français. �NNT : 2016LEMA1014�. �tel-01400781�
Alioune TOP
Mémoire présenté en vue de l’obtention du
grade de Docteur de l’Université Gaston Berger et de l'Université du Maine
sous le sceau de l'Université Bretagne Loire
École doctorale : Sciences et Technologies de l’Information, Mathématiques Discipline : Mathématiques et leurs interactions
Spécialité : Mathématiques Appliquées
Unité de recherche : Laboratoire Manceau de Mathématiques (LMM)
Soutenue le 20 juin 2016
Estimation Paramétriques et Tests d’Hypothèses pour des
Modèles avec Plusieurs Ruptures d’un Processus de Poisson
JURY
Rapporteurs : Delphine BLANKE, Professeur, Université d’Avignon (France)
Gennady MARTYNOV, Directeur de Recherche, Institut des problèmes de transmission d’information(Russie)
Examinateurs : Aboubakary DIAKHABY, Professeur, Université Gaston Berger (Sénégal)
Abdou Ka DIONGUE, MCF-HDR, Université Gaston Berger (Sénégal) Saïd HAMADENE, Professeur, Université du Maine (France)
Claude DEPOLLIER, Professeur Emérite, Université du Maine (France)
Directeur de Thèse : Yury A. KUTOYANTS, Professeur Emérite, Université du Maine (France)
Co-directeur de Thèse : Ali Souleymane DABYE, Professeur, Université Gaston Berger (Sénégal)
Remerciements
Voici enfin une page sans math´ematiques, une occasion pour remercier et saluer tout ceux ou celles qui, par leurs r´eflexions, leurs remarques, ou juste par leurs pr´esences, m’ont aid´e au bon d´eroulement de ce modeste travail.
Je tiens tout d’abord `a remercier mes directeurs de th`ese Yury A. Kutoyants et Ali Souleymane Dabye, pour leurs soutiens constants, leurs encouragements et pour leurs disponibilit´es. J’ai pu b´en´eficier de leurs comp´etences, de leurs qualit´es humaines et de leurs conseils pr´ecieux tout au long de ces ann´ees de th`ese. Je tiens `a remercier vivement le Professeur Yury A. Kutoyants de m’avoir accueilli au Mans pour des s´ejours de recherches et d’avoir fourni les efforts n´ecessaires pour la r´ealisation de ce projet malgr´e la difficult´e du travail `a distance et son emploi du temps charg´e. Mention sp´eciale au professeur Ali Souleymane Dabye qui, en plus d’ˆetre un encadreur, est devenu aujourd’hui un parent `a moi. Merci infiniment mes chers Professeurs. Je profite de cette occasion pour remercier tous les membres du Laboratoire Manceau de Math´ematiques de l’Universit´e du Maine et ceux du Laboratoire d’Etude et de Recherche en Statistique et D´eveloppement de l’Uni-versit´e Gaston Berger. Un grand merci `a tous les membres des deux laboratoires (doctorants, docteurs, MCF, professeurs, personnels administratifs et techniques) pour service rendu, pour leur soutien moral, pour les ´echanges fructueux lors des s´eminaires et discussions.
Je remercie l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) pour avoir par-ticip´e grandement au financement de cette th`ese. Leur soutien a ´et´e vraiment de taille. Je remercie ´egalement le Professeur Claude Lishou, pr´esident du comit´e de pilotage de l’Horizon Francophone et l’ensemble des membres de son ´equipe.
Je remercie ´egalement le comit´e CEA-MITIC qui a aussi particip´e au finance-ment de cette th`ese. Je suis tr`es reconnaissant aux efforts fournis par Professeur Moussa Lˆo, le coordonnateur du comit´e CEA-MITIC et les membres de son ´equipe pour m’avoir accord´e un soutien financier tr`es cons´equent pour l’aboutissement de ce modeste travail.
de leurs nombreuses contraintes (et nul ne peut contester la difficult´e de la vie de chercheur avec les contraintes scientifiques, p´edagogiques, familiales et autres) m’ont accord´e une partie de leur pr´ecieux temps pour lire et commenter mon manuscrit de th`ese. Je remercie le Professeur Delphine Blanke. Cela m’a fait un ´enorme plaisir qu’il ait accept´e de rapporter mon travail. Je remercie, en outre, le Professeur Gennady Martynov d’avoir accept´e aussi de rapporter ma th`ese. J’´etais tr`es ravi qu’il ait accept´e cette tˆache sans aucune h´esitation. Je le remercie ´enorm´ement de l’int´erˆet qu’il a port´e `a mes travaux de recherches.
Je tiens `a exprimer ma grande gratitude aux Professeurs Aboubakary Diakhaby, Said Hamad`ene, Claude Dipollier et Abdou Kˆa Diongue qui m’ont fait l’honneur et le plaisir d’ˆetre membre de mon jury de th`ese.
Mes plus profonds remerciements vont `a l’endroit de mes parents. Tout au long de mon cursus, ils m’ont toujours soutenu, encourag´e et aid´e. Ils ont su me donner toutes les chances pour r´eussir. Qu’ils trouvent, dans la r´ealisation de ce travail, l’aboutissement de leurs efforts ainsi que l’expression de ma plus affectueuse gratitude. Je remercie mes fr`eres, mes sœurs, cousins, mes cousines et tous mes amis pour m’avoir fait partager leur joie de vivre et m’avoir ainsi soutenu dans mes efforts.
Merci `a tous ceux qui ont contribu´e, de pr`es ou de loin, `a l’aboutissement de ce travail.
R´
esum´
e
Ce travail est consacr´e aux probl`emes d’estimation param´etriques, aux tests d’hy-poth`eses et aux tests d’ajustement pour les processus de Poisson non homog`enes. Tout d’abord on a ´etudi´e deux mod`eles ayant chacun deux sauts localis´es par un param`etre inconnu. Pour le premier mod`ele la somme des sauts est positive. Tandis que le second a un changement de r´egime et constant par morceaux. La somme de ses deux sauts est nulle. Ainsi pour chacun de ces mod`eles nous avons ´etudi´e les propri´et´es asymptotiques de l’estimateur bay´esien (EB) et celui du maximum de vraisemblance(EMV). Nous avons montr´e la consistance, la convergence en distribution et la convergence des moments. En particulier l’estimateur bay´esien est asymptotiquement efficace. Pour le second mod`ele nous avons aussi consid´er´e le test d’une hypoth`ese simple contre une alternative unilat´erale et nous avons d´ecrit les propri´et´es asymptotiques (choix du seuil et puissance ) du test de Wald (WT) et du test du rapport de vraisemblance g´en´eralis´e (GRLT).
Les d´emonstrations sont bas´ees sur la m´ethode d’Ibragimov et Khasminskii. Cette derni`ere repose sur la convergence faible du rapport de vraisemblance nor-malis´e dans l’espace de Skorohod sous certains crit`eres de tension des familles de mesure correspondantes.
Par des simulations num´eriques, les variances limites nous ont permis de conclure que l’EB est meilleur que celui du EMV. Lorsque la somme des sauts est nulle, nous avons d´evelopp´e une approche num´erique pour le EMV.
Ensuite on a consid´er´e le probl`eme de construction d’un test d’ajustement pour un mod`ele avec un param`etre d’´echelle. On a montr´e que dans ce cas, le test de Cram´er-von Mises est asymptotiquement ”parameter-free” et est consistent. Mots cl´es
Estimateur bay´esien, estimateur du maximum de vraisemblance, processus de Pois-son non homog`enes, mod`ele de rupture, rapport de vraisemblance, test d’hypo-th`ese, test d’ajustement.
Abstract
This work is devoted to the parametric estimation, hypothesis testing and goodness-of-fit test problems for non homogenous Poisson processes.
First we consider two models having two jumps located by an unknown para-meter. For the first model the sum of jumps is positive. The second is a model of switching intensity, piecewise constant and the sum of jumps is zero. Thus, for each model, we studied the asymptotic properties of the Bayesian estimator (BE) and the likelihood estimator (MLE). The consistency, the convergence in distribution and the convergence of moments are shown. In particular we show that the BE is asymptotically efficient. For the second model we also consider the problem of a simple hypothesis testing against a one- sided alternative. The asymptotic proper-ties (choice of the threshold and power) of Wald test (WT) and the generalized likelihood ratio test (GRLT) are described.
For the proofs we use the method of Ibragimov and Khasminskii. This method is based on the weak convergence of the normalized likelihood ratio in the Skorohod space under some tightness criterion of the corresponding families of measure.
By numerical simulations, the limiting variances of estimators allows us to conclude that the BE outperforms the MLE. In the situation where the sum of jumps is zero, we developed a numerical approach to obtain the MLE.
Then we consider the problem of construction of goodness-of-test for a model with scale parameter. We show that the Cram´er-von Mises type test is asympto-tically parameter-free. It is also consistent.
Key Words.
Bayesian estimator, maximum likelihood estimator, non homogenous Poisson process, change-point model, likelihood ratio, hypothesis testing, goodness-of-fit test.
Contents
Introduction 1
0.1 Estimation param´etriques pour les processus de Poisson: Cas d’un
mod`ele avec deux ruptures dont la somme est nulle . . . 4
0.2 Un mod`ele avec deux sauts dont la somme est nulle . . . 9
0.2.1 Estimation param´etriques . . . 9
0.2.2 Tests d’hypoth`eses . . . 11
0.3 Test de type Cram´er-von Mises pour un processus de Poisson non homog`ene avec un param`etre d’´echelle . . . 13
1 Auxiliary results 19 1.1 Introduction . . . 19
1.2 Processus de Poisson non homog`enes . . . 19
1.3 Int´egrale stochastique et rapport de vraisemblance . . . 24
1.4 Estimation param´etrique: Cas r´egulier et non r´egulier . . . 30
1.5 Tests d’ajustements . . . 32
2 On Multiple change-point estimation for Poisson process: case of non zero jumps sum 35 2.1 Introduction . . . 35
2.2 Statement of the problem and some preliminary results . . . 37
2.3 Asymptotic properties of Bayesian estimator . . . 40
2.3.1 Mains results . . . 40
2.3.2 Proofs of theorems . . . 41
2.4 Asymptotic properties of MLE . . . 49
2.4.1 Weak Convergence in D0(R) . . . 50
2.4.2 Consistency and convergence in law . . . 51
2.5 Simulations . . . 59
3 On multiple-change point estimation and hypothesis testing for Poisson process: case of zero jumps sum 65
3.1 Introduction . . . 65
3.2 Change-point model with two jumps of zero sum . . . 67
3.2.1 Preliminaries . . . 67
3.2.2 Asymptotic behavior of the normalized likelihood ratio . . . 67
3.2.3 Description of the limit process . . . 77
3.3 Parametric estimation . . . 79
3.4 Arguments for weak convergence criterion and uniform integrability 83 3.5 Simulations . . . 87
3.6 Hypothesis testing . . . 90
3.6.1 Preliminaries . . . 90
3.6.2 The GLRT and Wald’s Tests. . . 92
3.6.3 Weak convergence under alternative. . . 95
4 On the Cram´er-von Mises test for Poisson processes with scale parameter 103 4.1 Introduction . . . 103
4.2 Asymptotically parameter free test . . . 105
4.3 Consistency of the Cram´er-von Mises test with scale parameter. . . 118
Introduction
La fr´equence des changements de situation dans plusieurs domaines scientifiques explique l’int´erˆet port´e `a l’analyse statistique des points de rupture et de l’estimation. En effet, dans la pratique, lorsque les structures de contrˆole r´ev`elent qu’il y’a des ruptures quelque part dans l’´evolution du ph´enom`ene ´etudi´e, il est naturel que l’on veuille localiser la position de ces ruptures qui est `a l’origine du changement de r´egime. Ainsi, cette localisation va permettre aux d´ecideurs de modifier le prob-l`eme initial pour assurer une meilleure interpr´etation des donn´ees et ´eventuellement faire des pr´evisions. Du point de vue statistique, une rupture est un lieu ou un temps de sorte que les observations suivent une distribution jusqu’`a ce point et suivent une autre distribution apr`es celui-ci. Plusieurs probl`emes peuvent ˆetre d´efinis similairement. Ainsi l’approche est double: on peut se contenter de v´erifier s’il y’a rupture (souvent consid´erer comme un probl`eme de test d’hypoth`ese) ou bien de localiser le point de rupture s’il y’a lieu (vu parfois comme un probl`eme d’estimation).
Par ailleurs les processus de Poisson mod´elisent des jets de points al´eatoires sur des ensembles mesurables tr`es g´en´eraux qui peuvent repr´esenter la projec-tion d’´etoiles sur la voute c´eleste, les posiprojec-tions d’arbres dans une forˆet, des sites arch´eologiques ou des commutateurs t´el´ephoniques. Les points semblent ˆetre dis-tribu´es au hasard dans le plan et on remarque une forme d’inhomog´en´eit´e dans leur r´epartition. Des situations pareilles peuvent se produire dans d’autres di-mensions ou dans d’autres g´eom´etries plus compliqu´ees. Les processus ponctuels mod´elisent de tels ph´enom`enes en tant que r´epartitions de points au hasard et permettent de d’´ecrire leurs propri´et´es `a l’aide de la th´eorie des probabilit´es. Il existe de nombreux processus ponctuels adapt´es aux divers formes de mod´elisa-tion. Parmi eux, nous avons les processus d’inhibition (par exemple processus de Gibbs ) qui permettent de mod´eliser des ph´enom`enes de r´epulsion entre des particules, les processus de cluster (par exemple processus de Cox ) qui four-nissent des mod`eles adapt´es `a l’´etude des ph´enom`enes d’attraction entre points, les processus de Poisson . . ..
Ces derniers, en plus d’ˆetre des processus ponctuels, poss`edent des propri´et´es similaires `a celles des processus de comptage d’´evˆenements espac´es par des dur´ees ind´ependantes et ´equidistribu´ees de loi exponentielle. Ils mod´elisent des r´eparti-tions al´eatoires sur R+. Ainsi donc les processus de Poissson non homog`enes mod-´elisent tous les processus ponctuels dont les ´evˆenements sont localis´es de mani`ere ind´ependante. Ils sont enti`erement caract´eris´es par leur mesure d’intensit´e et sont utilis´es dans beaucoup de probl`emes appliqu´es notamment en t´el´ecommunication optique, en astronomie, en biologie, en m´edecine, en analyse d’image, en fiabilit´e.
Les premi`eres ´etudes concernant les mod`eles de ruptures remontent aux an-n´ees 1950. Depuis cette date jusqu’`a nos jours, plusieurs articles et livres ont ´et´e publi´es dans de nombreux journaux. Plusieurs d’entre eux traitent les prob-l`emes d’estimations dans le cas de variables al´eatoires identiquement distribu´ees. Un autre sujet tr`es populaire de ce genre est l’´etude des mod`eles de r´egression tels que la r´egression lin´eaire et l’auto regression. Dans cette mˆeme perspective, plusieurs r´esultats int´eressants ont ´et enr´egistr´es en th´eorie asymptotique des pro-cessus stochastiques avec des mod`eles de ruptures notamment les propro-cessus de Poisson, les processus de diffusion et les ´equations diff´erentielles. Les m´ethodes utilis´ees sont souvent bas´ees sur le rapport de vraisemblance.
Conjoncture
On sait que le nombre d’appels dans une centrale t´el´ephonique peut ˆetre mod´eliser par un processus de Poisson.
Ainsi admettons les hypoth`eses suivantes:
• dans une ville il y’a k > 1 centrales t´el´ephoniques C1, C2,· · · , Ck et que le nombre d’appel dans chacune d’entre elles suit une loi de Poisson de param`etre λ1, λ2,· · · , λk respectivement entre 8H et 12H,
• de 8H `a 10H toutes les k centrales fonctionnent et chacune re¸coit l’appel de ses clients,
• de 10H `a 11H, pour des raisons diverses, les centrales C1, C2,· · · , Ck−1 ne fonctionnent plus et que leurs clients utilsent pendant cette dur´ee la centrale Ck,
• de 11H `a 12H la situation est revenue `a la normale comme entre 8H et 10H. Ainsi dans Ck l’intensit´e du processus qui la caract´erise est λk entre 8H et 10H et entre 11H et 12H. Elle vaut λ0 entre 10H et 11H (λ0(t) lorsqu’elle d´epend du temps) diff´erente de λk. Cette diff´erence est due `a la rupture op´er´ee au niveau des centrales C1, C2,· · · , Ck−1 `a partir de 10H.
Figure 1: Sch´ematisation de la centrale Ck
Question: Si l’instant de rupture t=10H n’est pas connu i.e. t=θ, comment l’estimer?
Cette th`ese tente d’apporter entre autres des r´esolutions aux probl´ematiques similaires `a la question susvis´ee. Il faut noter aussi qu’il y’a plusieurs types de mod`eles de rupture et que le choix d´epend en g´en´eral du contexte pratique de la probl´ematique en question. Mais il peut d´ependre aussi par le fait de vouloir am´eliorer les propri´et´es des estimateurs qui sont mis en jeux. Typiquement nous allons consid´erer plusieurs mod`eles particuliers d’un processus de Poisson non ho-mog`ene avec deux ruptures localis´ees par le param`etre inconnu θ. Ainsi, le travail repose sur l’estimation de ce param`etre. Le rapport de vraisemblance normalis´e de chaque mod`ele converge vers une fonction exponentielle compos´ee de la dif-f´erence entre deux processus de Poisson affect´es des coefficients. La pi`ece maitresse des m´ethodes utilis´ees est la convergence faible du rapport de vraisemblance nor-malis´e dans un espace m´etrique adapt´e. En particulier, nous allons v´erifier la convergence des distributions finies dimensionnelles et les crit`eres de tension des familles de mesures correspondantes dans la m´etrique de Skorohod. Ces r´esultats nous permettront de prouver que l’estimateur bay´esien et celui du maximum de vraisemblance construits `a partir de n r´ealisations d’un processus de Poisson, sont consistants , convergent en loi et leurs moments aussi convergent avec une vitesse ´egale `a n. Des simulations seront propos´ees pour illustrer les r´esultats th´eoriques obtenus et comparer les performances de l’estimateur bayesien par rapport `a celles de l’estimateur du maximum de vraisemblance.
Pour le second mod`ele (deux ruptures dont la somme des sauts est nulle), nous avons consid´er´e les tests d’hypoth`eses avec une alternative unilat´erale. Ainsi nous avons ´etudi´e les propri´et´es asymptotiques (optimalit´e pour une classe de niveau asymptotique fix´ee et puissance suivant le crit`ere de Neyman-Pearson) des tests du rapport de vraisemblance (GRLT) bas´e sur le maximum de la fonction de
vraisemblance et le test de Wald (WT) bas´e sur l’estimateur du maximum de vraisemblance. Les propri´et´es de ces tests d´ependent enti`erement des propri´et´es asymptotiques du rapport de vraisemblance normalis´e.
Toutes les d´emonstrations reposent sur les m´ethodes d’Ibragimov-Khasminski [32] dans le cadre de l’estimation de la densit´e discontinue de variables et celles de Kutoyants [41] dans le cadre de l’estimation param´etrique pour un mod`ele d’intensit´e d’un processus de Poisson non homog`ene.
Par ailleurs on a ´etudi´e les tests d’ajustements d’hypoth`eses param´etriques compos´ees pour la statistique de Cram´er-von Mises. Pour un mod`ele avec un param`etre d’´echelle, nous avons propos´e un test de type Cram´er-von Mises qui est asymptotiquement ”parameter free” i.e. la statistique limite ne d´epend pas du param`etre inclus dans le mod`ele. Ce test est aussi consistent.
Voici le r´esum´e des diff´erents r´esultats obtenus dans cette th`ese.
0.1
Estimation param´
etriques pour les
proces-sus de Poisson: Cas d’un mod`
ele avec deux
ruptures dont la somme est nulle
Dans leChapitre 2on ´etudie un mod`ele ayant deux sauts localis´es par un param`etre inconnu et dont la somme des sauts est positive.
On suppose que les observations X(n) = (X
1, . . . , Xn) sont des processus de Poisson non homog`enes ind´ependants Xj=Xj(t), 0≤ t ≤ T , j = 1, . . . , n avec la mˆeme fonction d’intensit´e
λ (θ, t) = λ0+ λ1(t)1I{θ≤t≤θ+τ0}, 0≤ t ≤ τ. Ici
θ∈ Θ = (α, β), τ = T − τ0, 0 < α < β < β + τ0 < τ.
Sous cette condition la fonction d’intensit´e admet deux sauts sur l’intervalle des observations et ceci pour tout θ∈ Θ. Rappelons que
EθXj(t) = Λ (θ, t) = Z t
0
Figure 2: comportement de la fonction d’intensit´e λ (θ, t) .
Ce mod`ele est souvent utilis´e en statistique de la radiophysique: la fonction λ1(t)1I{θ≤t≤θ+τ0} est un signal de longueur τ0 et λ0 > 0 est un bruit Poissonnien. Il est aussi utilis´e en t´el´ecommunication optique: le param`etre (l’information) θ est transmis `a travers un canal optique avec une intensit´e λ1(t)1I{θ≤t≤θ+τ0} et λ0 repr´esente l’intensit´e du bruit.
Le param`etre θ est suppos´e ˆetre inconnu et nous devons l’estimer par les ob-servations Xn. Ainsi on s’int´eresse au comportement asymptotique (n → ∞) de l’estimateur bay´esien (BE) et celui du maximum de vraisemblance (MLE).
Notons par P(n)θ la mesure induite dans l’espace des observations de n r´ealisa-tions d’un processus de Poisson de fonction d’intensit´e λ (θ, t), 0≤ t ≤ τ. Comme λ0 > 0 et λ1(t) est born´ee les mesures P(n)θ sont ´equivalentes et la fonction de rapport de vraisemblance L θ, θ1, X(n) = dP (n) θ dP(n)θ1 (X (n)) est L θ, θ1, X(n) = exp ( n X j=1 Z τ 0 ln λ0+ λ1(t)1I{θ≤t≤θ+τ0} λ0+ λ1(t)1I{θ1≤t≤θ1+τ0} dXj(t) −n Z τ 0 λ1(t)1I{θ≤t≤θ+τ0}− λ1(t)1I{θ1≤t≤θ1+τ0} dt ) . Puisque le rapport de vraisemblance L θ, θ1, X(n)
est une fonction discontinue de θ, nous d´efinissons le MLE ˆθn comme ´etant la solution de l’´equation suivante:
maxnLθˆn+, θ1, X(n) , Lθˆn−, θ1, X(n) o = sup θ∈Θ L θ, θ1, X(n) .
Ici θ1 est une certaine valeur fix´ee et L ˆ θn+, θ1, X(n) , Lθˆn−, θ1, X(n) sont respectivement les limites `a gauche et `a droite de la fonction L θ, θ1, X(n) au point ˆθn.
Pour introduire l’estimateur bay´esien, nous supposons que le param`etre inconnu est une variable al´eatoire avec une densit´e p(θ) θ∈ Θ, connue, positive et continue. Ainsi le BE eθn est une esp´erance conditionnelle qui peut ˆetre ´ecrite comme suit:
e θn = E θ/X(n) = Z β α θp(θ)L θ, X(n) dθ Z β α p(θ)L θ, X(n) dθ !−1 .
Pour d´ecrire les propri´et´es des estimateurs nous avons besoin des notations suiv-antes: Zθ0(u) = exp ρ1 X+(u) + ρ2 Y+(u)− ru u≥ 0 exp −ρ1 X−(−u) − ρ2 Y−(−u) − ru u < 0,
o`u X+(·), X−(·), Y+(·) et Y−(·) sont des processus de Poisson sur R
+d’intensit´es respectives λ0+ λ1(θ0), λ0, λ0 et λ0+ λ1(θ0+ τ0) et ρ1 = ln λ0 λ0+ λ1(θ0) , ρ2 = ln λ0+ λ1(θ0+ τ0) λ0 , r = λ1(θ0+ τ0)− λ1(θ0). Notons u = v r, X ± 1 (v) = X±(vr) et Y ±
1 (v) = Y±(vr). Ainsi par un changement de temps lin´eaire , nous obtenons
Zρ∗(v) := exp ρ1X1+(v) + ρ2Y1+(v)− v v ≥ 0 exp −ρ1X1−(−v) − ρ2Y1−(−v) − v v < 0 (1)
o`u X1+(·), X1−(·), Y1+(·) et Y1−(·) sont des processus de Poisson ind´ependants sur R+ d’intensit´es respectives λ0
reρ1, λ0r , λ0r et λ0e ρ2 r .
Introduisons les variables al´eatoires eu, ˆu euρ et ˆuρ d´efinies par e u = Z +∞ −∞ uZθ0(u) du Z +∞ −∞ Zθ0(u) du !−1 ,
max{Zθ0(ˆu−), Zθ0(ˆu+)} = sup u∈R Zθ0(u) e uρ= Z +∞ −∞ vZ∗ ρ(v) dv Z +∞ −∞ Z∗ ρ(v) dv !−1 et maxZρ∗(ˆuρ−), Zρ∗(ˆuρ+) = sup v∈R Zρ∗(v).
Nous avons ´egalement ˆu≡ uρˆr et eu≡ uρer . Notre objectif maintenant est de trouver les propri´et´es asymptotiques des estimateurs eθn et ˆθn de θ lorsque n−→ +∞.
Introduisons la condition C0
1. Les constantes λ0 and τ0 sont connues et strictement positives.
2. La fonction λ1(·) est strictement positive, strictement croissante et continue pour tout t∈ [0, τ].
Les principaux r´esultats de cette partie sont les suivants.
Tout d’abord, on ´etablit une borne inf´erieure du risque moyenne quadratique pour tous les estimateurs de ce mod`ele.
Si la condition C0 est satisfaite, alors lim
δ→0n→+∞lim infθn |θ−θ0|<δsup n 2E θ θn− θ 2 ≥ Eθ0eu2 = Eθ0 eu2ρ r2 (2)
o`u la borne inf est prise sur tous les estimateurs possibles θn du param`etre θ. L’in´egalit´e (2) nous permet d’introduire un estimateur asymptotiquement effi-cace pour ce probl`eme.
On dit que l’ estimateur θn est asymptotiquement efficace si pour tout θ0 ∈ Θ nous avons lim δ→0n→+∞lim |θ−θ0|<δsup n 2E θ θn− θ 2 = Eθ0 eu 2 ρ r2
Le premier estimateur ´etudi´e est l’estimateur baysien eθn et ses propri´et´es sont d´ecrites comme suit
Si la condition C0 est satisfaite, alors l’estimateur Bay´esien eθn v´erifie uniform´e-ment en θ0 ∈ K (K un compact dans Θ) les relations:
la consistence Pθ0 − lim n→+∞θen= θ0, la convergence en loi Lθ neθn− θ0 ⇒ L e uρ r
et le polynˆome des moments converge lim n→+∞Eθ0|n e θn− θ0 |p = Eθ0|euρ| p |r|p pour tout p > 0. Il est aussi asymptotiquement efficace.
Le second est l’estimateur du maximum de vraisemblance et ses propri´et´es sont les suivantes:
Si la condition C0 est satisfaite, alors l’estimateur du maximum de vraisem-blance ˆθn v´erifie uniform´ement en θ0 ∈ K les relations:
la consistance Pθ0 − lim n→+∞ ˆ θn= θ0, la convergence en loi Lθ nθˆn− θ0 ⇒ L ˆ uρ r
et le polynˆome des moments converge lim n→+∞Eθ0|n ˆ θn− θ0 |p = Eθ0|ˆuρ| p |r|p
pour tout p > 0. Les simulations nous montrent que dans ce cadre l’estimateur bay´esien est meilleur que celui du maximum de vraisemblance car pour les moyennes empiriques bas´ees sur N = 104 r´eplications, nous avons la relation suivante
σM LE2 = 1 N N X l=1 ˆ u2l > σ2BE = 1 N N X l=1 e u2l.
0.2
Un mod`
ele avec deux sauts dont la somme
est nulle
Dans le Chapitre 3nous avons consid´er´e un mod`ele avec un changement de r´egime et constant par morceaux ayant deux sauts localis´es par un param`etre inconnu. La somme des sauts est nulle. Ainsi on se donne n r´ealisations de processus de Poisson ind´ependants X(n) = (X 1, . . . , Xn) o`u les Xj= Xj(t), 0 ≤ t ≤ T , j= 1, . . . , n des processus de Poisson
EθXj(t) = Λ (θ, t) = Z t
0
λ (θ, s) ds. La fonction d’intensit´e est
λ (θ, t) = λ0+ λ11I{θ≤t≤θ+τ0} o`u
θ ∈ Θ = (α, β), τ = T − τ0, 0 < α < β < β + τ0 < τ.
L’importance de ce mod`ele r´eside au fait que la r´esultante des sauts est nulle; ce qui laisse entendre que les deux sauts sont en opposition de phase. Par cons´equent, on note une am´elioration des qualit´es des estimateurs offrant ainsi des r´esultants plus int´eressants en pratique.
0.2.1
Estimation param´
etriques
Le param`etre θ aussi bien que θ + τ0 correspond chacun `a la localisation d’un saut dans la fonction d’intensit´e λ (θ, t). Ainsi, les instants de sauts sont inconnus et nous devons estimer la vraie valeur correspondant au param`etre θ. La vraisem-blance du mod`ele est donn´ee par
L θ, X(n)= exp ( n X j=1 Z τ 0 ln λ0+ λ11I{θ≤t≤θ+τ0} dXj(t) −n Z τ 0 λ0+ λ11I{θ≤t≤θ+τ0}− 1dt ) .
Pour d´ecrire les propri´et´es des estimateurs nous avons besoin des notations suiv-antes:
Introduisons le processus Z(v) := exp ρ (Y+(u)− X+(u)) u≥ 0 exp ρ (Y−(u)− X−(u))) u < 0
o`u ρ = lnλ0+λ1λ0 . Les processus de Poisson X+(·), X−(·), Y+(·) et Y−(·) sont ind´ependants R+ d’intensit´es respectives λ0+ λ1, λ0, λ0 et λ0+ λ1.
Soient eu, ˆu des variables al´eatoires telles que : e u = Z +∞ −∞ uZ(u) du Z +∞ −∞ Z(u) du !−1 , Z(ˆu) = sup u∈R Z(u) o`u ˆul < ˆu < ˆur. L’intervalle [ˆul, ˆur] est l’intervalle le plus ´elev´e Z(u).
Admettons la condition B0
• a. La constantes λ0 et λ1 sont t connues et strictement positives. Les r´esultats obtenus dans cette partie sont les suivants:
lim
δ→0n→+∞lim infθn |θ−θ0sup|<δn 2E θ θn− θ 2 ≥ Eθ0ue2 = Eθ0 ue2 (3) o`u la borne inf est prise sur tous les estimateurs possibles θn du param`etre θ.
On dit que l’ estimateur θn est asymptotiquement efficace si pour tout θ0 ∈ Θ nous avons lim δ→0n→+∞lim |θ−θ0|<δsup n 2E θ θn− θ 2 = Eθ0 ue2 L’estimateur baysien eθn :
Si la condition B0 est satisfaite, alors l’estimateur bay´esien eθn v´erifie uniform´e-ment en θ0 ∈ K (K un compact dans Θ) les relations:
la consistance Pθ0 − lim n→+∞θen= θ0, la convergence en loi Lθ nθen− θ0 ⇒ L (eu)
et le polynˆome des moments converge lim n→+∞Eθ0|n e θn− θ0 |p = Eθ0|eu|p pour tout p > 0. Il est aussi asymptotiquement efficace.
l’estimateur du maximum de vraisemblance
Si la condition B0 est satisfaite, alors l’estimateur du maximum de vraisem-blance ˆθn v´erifie uniform´ement en θ0 ∈ K les relations:
Pθ0 − lim n→+∞ ˆ θn= θ0, Lθ nθˆn− θ0 ⇒ L (ˆu) lim n→+∞Eθ0|n ˆ θn− θ0 |p = E θ0|ˆu|p pour tout p > 0.
0.2.2
Tests d’hypoth`
eses
Dans cette partie, on reconduit le mˆeme mod`ele d’observation et on s’int´eresse au sch´ema de test suivant
H0 : θ = θ1, et l’alternative
H1 : θ > θ1,
o`u θ ∈ Θ = [θ1, β). On consid`ere ainsi comme alternatives une suite de mod`eles statistiques index´ee par n et on utilise le changement de variable pour le param`etre θ = θ1+un o`u u∈ Un= [0, n(β− θ1)]. Le probl`eme initial devient
H0 : u = 0,
H1 : u > 0.
Fixons ε ∈ [0, 1]. On note Kε la classe des fonctions Ψn(Xn) de niveau asympto-tique ε i.e. Kε = n Ψn: lim n→∞Eθ1Ψn= ε o ;
et la fonction de puissance βn de la statistique de test est β Ψn, u = Eθu Ψn , θu = θ1 + u n
o`u Eθ1 and Eθu sont respectivement les esp´erances math´ematiques sous les hy-poth`eses H0 and H1. L’estimateur du maximum de vraisemblance ˆθn est d´efinie comme une solution de l’´equation
Lθˆn, θ1, X(n)
= sup θ∈[θ1,β)
L θ, θ1, X(n).
Par ailleurs pour u, u∗ > 0, on introduit X(·), Y (·), X∗(·) et Y∗(·) quatre processus de Poisson ind´ependants tels que
EX(u) = (λ0+ λ1)u, EY (u) = λ0u EX∗(u∗) = λ0u∗ EY∗(u∗) = (λ0+ λ1)u∗. D´efinissons les processus al´eatoires
Z(u) = exp ρ (Y (u)− X(u)) , Z∗(u∗) = exp ρ (Y∗(u∗)− X∗(u∗)) et e Z(u, u∗) = Z∗(u ∗) Z∗(u)1I{u≤u∗}+ Z(u) Z(u∗) 1I{u>u∗}. On pose ˆ Gn = L ˆ θn, θ1, X(n) = sup θ∈[θ1,β) L θ, θ1, X(n).
Ainsi le test du rapport de vraisemblance g´en´eralis´e (GRLT) est donn´e par la fonction de descision suivante
Ψn = 1I{ ˆGn>cε} et le test de Wald (WT) par celle-ci
ˆ
Ψn = 1I{n(ˆθn−θ1)>bε}.
Les seuils cε and bε sont choisis respectivement selon la condition Ψn ∈ Kε et ˆ
Test de GRLT:
Supposons que la valeur cε est une solution de l’´equation P{sup
u>0
Z(u) > cε} = ε. Alors le test
Ψn ∈ Kε et sa fonction de puissance converge
β Ψn, u∗ −→ P{sup u>0 Z∗(u∗) eZ(u, u∗) > cε}. Test de Wald:
Supposons que la valeur bε est une solution de l’´equation P{ˆu > bε} = ε.
Alors le test
ˆ
Ψn ∈ Kε et sa fonction de puissance converge
βΨˆn, u∗
−→ P{ˆuu∗ > bε}. Les variables al´eatoires ˆu et ˆuu∗ sont telles que
Z(ˆu) = sup u∈R+
Z(u), Z(ˆe uu∗, u∗) = sup u∈R+
e
Z(u, u∗).
0.3
Test de type Cram´
er-von Mises pour un
processus de Poisson non homog`
ene avec un
param`
etre d’´
echelle
Dans leChapitre 4, nous pr´esentons un test d’ajustement asymptotiquement ”parameter-free”et consistent dans le cas d’un processus de Poisson non homog`enes. L’hypoth`ese de base est param´etrique compos´ee. La statistique de Cram´er-von Mises avec le param`etre remplac´e par l’estimateur du maximum de vraisemblance est consid´er´ee. Ainsi nous montrons que dans le cas d’un param`etre d’´echelle, la distribution limite de la statistique de test ne d´epend pas du param`etre inconnu.
Introduisons la fonction d’intensit´e Λ0(t, θ) = θ Z t −∞ λ0 s θ ds θ = θΛ0 t θ . et une famille param´etrique
L (Θ) = Λ0(t, θ) = θΛ0 t θ , θ∈ Θ = (α, β)
o`u Λ0(·) est une certaine fonction croissante avec les propri´et´es suivantes:
Λ0(−∞) = 0, Λ0(∞) < ∞, Λ0(t) = Z t
−∞
λ0(s) ds.
Nous observons n processus de Poisson non homog`enes ind´ependants X(n) = (X1, . . . , Xn), Xj = Xj(t), t ∈ R avec la mˆeme fonction moyenne Λ (·). Le param`etre inconnu θ est remplac´e par son estimateur du maximum de vraisem-blance ˆθn et notre statistique est d´efinie comme suit:
∆n= n ˆ θ2 n Z +∞ −∞ h b Λn(t)− Λ0 t, ˆθn i2 λ0 t ˆ θn dt = ∆en ˆ θ2 n . Ainsi le test de type Cram´er-von Mises est:
ˆ
Ψn(Xn) = 1I{∆n>cε}.
Le seuil cε doit ˆetre choisi de sorte que ce test appartiendra `a la classe des tests de niveau asymptotique ε Kε= n Ψn : lim n→∞EθΨn= ε, θ ∈ Θ o .
Comme nous utilisons le MLE ˆθn, nous avons besoin des conditions de r´egularit´e. Supposons que la fonction d’intensit´e λ0(·) est strictement positive et suffisamment r´eguli`ere. Sous ces conditions le MLE est asymptotiquement normal et le polynˆome des moments converge (voir [41]).
Cel`a ´etant, nous devons tester l’hypoth`ese param´etrique compos´ee H0 : Λ(·) ∈ L (Θ)
contre l’alternative
Plus pr´ecis´ement nous supposons sous l’alternative que inf
θ∈ΘkΛ(·) − Λ0(·, θ)k > 0.
Ici et dans tout le reste du travail la notation k·k est la norme L2 suivante kfk2θ = Z ∞ −∞ f (t)2λ0 t θ dt.
Nous montrerons que pour de telles alternatives le test est consistant. Il sera aussi consistant pour une autre classe d’alternative
Hρ 1 : Λ(·) ∈ Fρ= Λ(·) : inf θ∈ΘkΛ(·) − Λ0(·, θ)kθ > ρ . Ici ρ > 0 est un nombre donn´e. Nous supposons aussi que Fρ est telle que
sup Λ∈Fρ
Λ (∞) < ∞. Introduisons la variable al´eatoire suivante:
∆0 = Z ∞ −∞ " W (Λ0(t)) + (Λ0(t)− tλ0(t)) Z ∞ −∞ I0−1s ˙λ0(s) λ0(s) dW (Λ0(s)) #2 dΛ0(t) o`u W (·) est un processus de Wiener standard. La constante cε est la solution de l’´equation
P{∆0 > cε} = ε. Conditions A.
• a1. La fonction pλ0(·) ∈ L2(R) est strictement positive et trois fois con-tinument diff´erentiable.
• a2. Ces d´eriv´ees appartiennent `a l’espace L2(R) . L’information de Fisher I(θ) = 1 θ Z +∞ −∞ t2 ˙λ 2 0(t) λ0(t) dt > 0. • a3. La condition ˙λ0(·) ∈ L1(R) .
A la lumi`ere de tout ce qui pr´ec`ede nous avons les r´esultats principaux suivants: - Sous la condition A nous avons le test
ˆ
appartient `a la classeKεc’est-`a-dire le test de Cram´er-von Mises avec un param`etre d’´echelle est asymptotiquement de niveau ε. Ainsi pour tout ε > 0, on peut calculer cε.
- Sous la condition A le test ˆ
Ψn = 1I{∆n>cε}
est consistant sous l’alternative H1, c’est-`a-dire, pour tout Λ6∈ L (Θ) nous avons: βΨˆn, Λ
−−−→n→∞ 1,
et il est uniform´ement consistant sous les alternatives H1ρ,c’est-`a-dire, inf Λ(·)∈Fρβ ˆ Ψn, Λ −−−→ n→∞ 1.
Les r´esultats de ces chapitres ont fait l’objet de publications et de pr´esentations orales.
Articles:
1. Dabye, A.S., Tanguep, D.W. and Top, A., On the Cram´er-von Mises test for Poisson process with scale parameter. Far East Journal of Theoritical statistics, accept´e avec ”minors revision”.
2. Chernoyarov, O.V., Kutoyants, Yu.A. and Top, A., On multiple change point estimation for Poisson process: case of non zero jumps sum. Soumis pour publication.
3. Dabye, A.S., Dachian, S., and Top, A., On multiple change point estimation for Poisson process: case of zero jumps sum. Soumis pour publication. 4. Dabye, A.S., Tanguep, D.W. and Top, A., On Asymptotically Parameter free
test of the Kolmogorov-Smirnov type stattistic for Poisson process.Soumis pour publication.”non inclus dans la th`ese”
Posters et Communications orales:
1. On the Cram´er-von Mises test for Poisson process with scale parameter. Conf´erence en Probabilit´es et Statistiques `a l’Universit´e Gaston Berger de Saint-louis (S´en´egal), mars 2014
2. Dabye, A.S., Tanguep, D.W. and Top, A., On Asymptotically Parameter free test of the Kolmogorov-Smirnov type stattistic for Poisson process.”Dakar In-ternational Conference on Recent Development in Applied Statistics ”(DIC-DAS) `a l’universit´e Cheikh Anta Diop de Dakar (S´en´egal), mars 2014.
3. On the Cram´er-von Mises test for Poisson process with scale parameter. Con-gr`es de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) sur les sciences fon-damentales (Math´ematiques ,Informatiques) `a Antananarivo (Madagascar), octobre 2014.
4. On multiple change point estimation for Poisson process: case of non zero jumps sum. Conf´erence internationale sur la th´eorie asymptotique des pro-cessus stochastiques, Le Mans (France), mars 2015.
5. On multiple change point estimation for Poisson process: case of non zero jumps sum. Congr`es de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) sur les sciences fondamentales (Math´ematiques ,Informatiques), `a Cotonou, ( Benin), octobre 2015.
6. On multiple change point estimation for Poisson process: case of non zero jumps sum. Statistical Methods For Dynamical Stochastic Models, DYN-STOCH 2016 June at Rennes (France).
Chapter 1
Auxiliary results
1.1
Introduction
Dans ce chapitre, nous commen¸cerons par ´etudier les processus de Poisson non homog`enes. Nous donnerons ensuite les d´efinitions et propri´et´es li´ees `a l’int´egrale stochastique et au rapport de vraisemblance au sens des processus de Poisson. Ces r´esultats seront utilis´es dans les chapitres suivants. Enfin, nous ferons un rappel de certains resultats d´ej`a obtenus sur l’estimation param´etrique des pro-cessus stochastiques dans le cas regulier comme dans le cas singulier et des tests d’ajustements.
1.2
Processus de Poisson non homog`
enes
Processus ponctuel et fonction al´eatoire de comptage.
Un processus ponctuel sur [0,T] se d´ecrit, pour entier M, par la donn´ee d’une suite croissante de points al´eatoires 0 < t1 < t2 <· · · < tM ≤ · · · dans [0,T] qui sont des variables al´eatoires d´efinies sur un espace de probabilit´e (Ω,F, P).
Posons s1 = t1 s2 = t2 − t1 ... sM = tM − tM −1, ... 19
t0 = 0 et les variables al´eatoires ti, 1 ≤ i ≤ M, sont les instants o`u se produisent un ´ev´enement. Les si, 1 ≤ i ≤ M, sont les d´elais ou les temps d’attente entre deux ´ev´enement successifs. On dit que (ti)1≤i≤M d´efinit un processus ponctuel. D´esignons par Xt le nombre d’´ev´enement qui se sont produits au cours de la p´eriode de temps [0, t] et supposons que X(0) = X0 = 0. On d´efinit la fonction al´eatoire de comptage XT={X t, 1≤ t ≤ T } du processus ponctuel {ti, 1≤ i ≤ M} de la fa¸con suivante: Xt= M X j=1 1I{tj≤t},
Xt est ainsi le nombre d’´ev´enements qui se sont produits avant l’instant t
- Notons que X0=0 puisque t1 > 0, XT <∞. S’il n’y pas de point (d’´ev´enement) dans l’intervalle [0,T], alors on pose M=0 et Xt=0, 1 ≤ t ≤ T . Bien entendu, M=XT.
- Pour 0≤ s ≤ t, Xt− Xs est le nombre d’´ev´enements qui se sont produits dans l’intervalle de temps ]s, t].
- La trajectoire XT est continue `a droite et admet une limite `a gauche. C’est une fonction croissante, constante par morceaux avec des sauts de hauteur 1 c’est-`a-dire Xt= Xt−+(1 ou 0).
-Notons que la donn´ee {Xt, 1 ≤ t ≤ T } est ´equivalente `a celle de la suite {ti, 1≤ i ≤ M}, et que pour tout entier n, l’on a les relations suivantes:
1) {Xt≥ n} = {tn≤ t}
2) {Xt= n} = {tn ≤ t ≤ tn+1} 3) {Xs < n≤ Xt} = {s < tn ≤ t}. Processus de Poisson homog`ene
On dit que le processus ponctuel{ti, 1≤ i ≤ M} ou sa fonction al´eatoire comp-tage XT est un processus de Poisson homog`ene si XT est une fonction al´eatoire `a accroissements ind´ependants et stationnaires c’est-`a-dire si
a) X0=0 p.s.;
b) quels que soient 0 ≤ s0 < s1 < · · · < sN ≤ T , les accroissements Xs2 − Xs1, · · · , XsN − XsN−1 du processus sur des intervalles disjoints [s1, s2],· · · , [sN, sN −1] sont des variables al´eatoires ind´ependantes;
c) pour 0 ≤ s < t, Xt− Xs ∼ L(P oisson) et cette loi ne d´epend de s et de t que par la diff´erence t− s
La propri´et´e b) est appel´ee la stationnarit´e des accroissements de {Xt}. La d´efi-nition du processus de Poisson est justifi´ee par la proposition:
Soit XT ={X
t, 0≤ t ≤ T } la fonction al´eatoire de comptage d’un processus de Poisson homog`ene. Il existe λ > 0 tel que pour tous 0 ≤ s < t, la loi de Xt− Xs est la loi de Poisson de param`etre λ(t− s), c’est-`a-dire
P(Xt− Xs = k) = e−λ(t−s)
[λ(t− s)]k
k , k∈ N
Nous remarquons ´egalement que ce param`etre λ est appel´e l’intensit´e du processus de Poisson homog`ene {Xt, 0≤ t ≤ T }. Il est ´egal au nombre moyen d’´ev´enements qui se produisnet pendant un intervalle de temps de longueur unit´e, ce qui signifie:
E(Xt+1− Xt) = λ. Processus de Poisson non homog`ene
Soit (Ω,F, P) un espace de probabilit´e. Un processus stochastique XT = {Xt, 0 ≤ t ≤ T } d´efini sur cet espace est un processus de Poisson non homog`ene de mesure d’intensit´e Λ(·, ·) si les conditions suivantes sont satisfaites:
- X0=0 p.s.
- Pour tout i ∈ N et pour tout 0 ≤ t0 < t1 < . . . < ti = T , les variables al´eatoires Xt0, Xt1 − Xt0,· · · , Xti − Xti−1 sont ind´ependantes.
- Pour tout 0 ≤ s < t ≤ T il existe une fonction Λ(s, t) ≥ 0 telle que pour tout k ∈ N on ait:
P(Xt− Xs = k) = e−Λ(t,s)
Λk(t, s) k . On remarque ´egalement que
1. la mesure d’intensit´e Λ(·, ·) est absolument continue, si elle est de la forme Λ(t, s) =
Z t s
λ(u)du,
o`u λ(u), u ≥ 0 est une fonction non n´egative. La fonction λ(·) est alors appel´ee fonction d’intensit´e.
2. Le processus de Poisson{Xt, 0≤ t ≤ T } de mesure d’intensit´e Λ(·, ·) v´erifie E(Xt) = Λ(t) et V ar(Xt) = Λ(t)
3. Si λ(u) est une constante c’est-`a-dire λ(u) = λ > 0, on a un processus de Poisson homog`ene
P(Xt− Xs= k) = e−λ(t−s)
[λ(t− s)]k
k , k ∈ N Processus de Poisson dans le cadre g´en´eral:
Soit (Ω,F, P) un espace de probabilit´e et (X, ρ) un espace m´etrique complet (ρ une m´etrique) muni de la tribu des bor´eliens. Notons parM l’espace des mesures σ-finies d´efinies sur (X, ρ) et par M0 le sous-espace des mesures σ-finies d´efinies sur (X, ρ) et prenant ses valeurs dans N, c’est-`a-dire que:
X ∈ M0 ⇐⇒ X = X
i δti o`u ti ∈ X et δt est la mesure de Dirac au point t.
Notons par B(X) la plus σ-alg`ebre des sous-ensembles de M telle que: ΠB :M0 → N,
avec ΠB(X) = X(B), B ∈ B soit mesurable. Soit Λ ∈ M. Une variable al´eatoire X d´efinie sur (Ω,F, P) et `a valeurs dans M0 est un processus de Poisson de mesure d’intensit´e Λ si et seulement si on a:
- Pour chaque choix des ensembles finis disjoints B1, B2,· · · , Bm ∈ B, les vari-ables al´eatoires X(B1), X(B2),· · · , X(Bm) sont ind´ependantes.
- Pour tout B ∈ B avec Λ(B) < ∞, X(B) est une variable al´eatoire qui suit la loi de Poisson de param`etre Λ(B) c’est-`a-dire que
P(X(B) = k) = e−Λ(B)Λ(B) k
k , k ∈ N Exemples.
Voici quelques exemples d’applications de processus de Poisson non homog`enes. Pour une pr´esentation exhaustive des processus de Poisson non homog`enes voir Kutoyants [41].
La d´esint´egration radioactive. L’´emission de photons par une source ra-dioactive peut ˆetre consid´er´ee comme un processus de Poisson de fonction d’intensit´e
o`u a > 0 d´epend de la quantit´e et du type de la source et b > 0 est la moyenne de survie de la source.
La th´eorie de la fiabilit´e. La suite d’´echecs λ(t) = atb, t≥ 0,
o`u b > 1, correspond au cas o`u les ´echecs deviennent de plus en plus fr´equents. Un processus de Poisson avec une telle intensit´e est appel´e processus de Weibull.
La d´etection optique. le flux de photons produit lorsque un rayon de lumi`ere est concentr´e sur une surface photosensible peut ˆetre mod´elis´e par un processus de Poisson non homog`ene (voir Mandel [45]). Il existe trois cas particuliers int´eres-sants pour les t´el´ecommunications optiques et les syst`emes de radar:
- Mod´elisation d’amplitude. La fonction d’intensit´e du processus de Poisson est d´efinie par
λ(ϑ, t) = ϑg(t) + λ0, t≥ 0
o`u g(·) est une fonction positive connue et le param`etre λ > 0 suppos´e connu est appel´e courant d’obscurit´e.
- Mod´elisation de phase, t´el´em´etrie optique. Le processus de Poisson d´ecrivant la vitesse de g´en´eration des ´electrons `a la sortie d’un photon d´etecteur est d´efini par
λ(ϑ, t) = g(t− ϑ) + λ0, t≥ 0 o`u g(·) et λ0 sont d´efinis comme pr´ec´edemment.
- Mod´elisation de fr´equence, vitesse de t´el´em´etrie optique. Dans une d´emarche visant `a mesurer la vitesse d’un objet, l’intensit´e d’un faisceau de lumi`ere dirig´ee vers celui-ci est modul´ee sinuso¨ıdalement. La lumi`ere r´efl´echie a toute sa fr´equence d´ecal´ee en raison de l’effet du Doppler, la fr´equence de modulation est d´ecal´ee par une quantit´e proportionnelle `a la modulation de fr´equence et `a la mesure des variations des taux de la lumi`ere r´efl´echie de l’objet. La vitesse de g´en´eration des ´electrons `a la sortie d’un photo-d´etecteur utilis´e pour observer la lumi`ere r´efl´echie est alors de la forme
λ(ϑ, t) = α{1 + m cos[2π(ωm+ ϑ)t]} + λ0, t ≥ 0,
o`u α et m sont des constantes (α > 0,| m |< 1), ωmest la modulation de fr´equence, et ϑ est l’effet de Doppler.
La diversit´e des mod`eles suppose aussi la diversit´e d’´etudes de probl`emes statis-tiques d’identification de ces mod`eles.
1.3
Int´
egrale stochastique et rapport de
vraisem-blance
Int´egrale stochastique
Soient (Ω,F, P) un espace probabilis´e et XT ={X(t), 0 ≤ t ≤ T } un processus de Poisson de mesure d’intensit´e Λ(·) sur R+.
Si la mesure d’intensit´e du processus de Poisson Λ(·) est absolument continue, alors il existe une fonction λ(·) telle que
Λ([a, b]) = Z b
a
λ(t) dt.
La fonction λ(·) est appel´ee fonction d’intensit´e du processus de Poisson. Cette fonction est positive ou nulle.
Notons Lp(Λ), p≥ 1, l’ensemble des fonctions mesurables f : [0, T ] → R telles que Z T 0 |f(t)|pΛ(dt) < +∞. Soit f ∈ L1(Λ), on d´efinie I(f ) = Z T 0 f (t) dX(t)
comme l’int´egrale de Lebesgue–Stieltjes car la fonction{X(t), 0 ≤ t ≤ T } est crois-sante et `a variation finie. Si t1,· · · , tm sont les instants du processus de Poisson alors
I(f ) = X 0≤ti≤T
f (ti).
On peut d´efinir l’int´egrale stochastique par rapport au processus de Poisson centr´e Π(t) = X(t)− Λ(t) sur l’intervalle [0, T ] par
I⋆(f ) = Z T 0 f (t) dΠ(t) = I(f )− Z T 0 f (t)Λ(dt). ´
Enon¸cons quelques propri´et´es de ces int´egrales qui joueront un rˆole important dans la suite.
Proposition 1 Soit f (·) ∈ L1(Λ), alors les int´egrales stochastiques I(f ) = Z T 0 f (t) dX(t), I⋆(f ) = Z T 0 f (t) dΠ(t) sont bien d´efinies et v´erifient
EI(f ) = Z T
0
f (t) Λ(dt), EI⋆(f ) = 0. Les fonctions caract´eristiques sont
φ(µ) = E exp{iµI(f)} = exp Z T
0
[exp{iµf(t)} − 1] Λ(dt)
et
φ⋆(µ) = E exp{iµI⋆(f )} = exp Z T
0
[exp{iµf(t)} −1−iµf(t)] Λ(dt)
Si les fonctions f (·), g(·) ∈ L1(Λ)TL2(Λ) alors EI⋆(f )2 = Z T 0 f (t)2Λ(dt), E I ⋆(f ) I⋆(g) = Z T 0 f (t)g(t) Λ(dt). Pour toute fonction f (·) ∈ L1(Λ) telle que ef (·)− 1 − f(·) ∈ L1(Λ), nous avons
E exp Z T 0 f (t) Π(dt) = exp Z T 0 ef (t)− 1 − f(t)Λ(dt)
Preuve : voir Kutoyants [41]
Le polynˆome des moments de I⋆(f ) peut ˆetre major´e `a l’aide de la proposition suivante
Proposition 2 Soit f (·) ∈ L2p(Λ), alors il existe une constante Cp > 0 ind´epen-dante de f (·) et de Λ(·) telle que :
E Z T 0 f (t) Π(dt) 2p ≤ Cp Z T 0 f (t)2pΛ(dt) + Z T 0 f (t)2Λ(dt) p
Preuve : Voir Kutoyants [41, Lemme 1.2, page 21]
Sur la filtration naturelle (Ft)t∈[0,T ] d´efinie par Ft = σ{Xs|s ≤ t}, les processus Π(t) = X(t)− Λ(t) et M(t) = X(t)2− Λ(t) poss`edent les propri´et´es suivantes:
Proposition 3
1. Π(t) est une Ft–martingale r´eelle de carr´e int´egrable, continue `a droite et poss´edant une limite `a gauche.
2. M (t) est une Ft–martingale. 3. Si f (·) ∈ L1(Λ), le processus ηt= Z t 0 f (u)Π(du) = Z T 0 1{u<t}f (u)Π(du) est une Ft–martingale.
4. Si f (·) est une fonction born´ee, alors pour tout N > 0, nous avons: P sup 0≤t≤T ηt> N ≤ exp −N + 1 2 Z T 0 ef (t)− 1 − f(t) Λ(dt) et P sup 0≤t≤T|ηt| > N ≤ exp −N + 1 2 Z T 0 ef (t)− 1 − f(t) Λ(dt) + + exp −N +1 2 Z T 0 e−f (t) − 1 + f(t) Λ(dt) . Rapport de vraisemblance
Consid´erons (D[0, T ],DT) l’espace mesurable des fonctions continues `a droite, admettant une limite `a gauche, ayant au plus des discontinuit´es de premi`ere esp`ece, d´efinies sur l’intervalle [0, T ] et munie de sa tribu bor´elienne DT.
Soient X1 et X2 deux processus de Poisson de mesure d’intensit´e Λ(1) =Λ(1)(t), 0≤ t ≤ T
et
Λ(2) =Λ(2)(t), 0≤ t ≤ T satisfaisant les conditions suivantes
Z T 0 Λ(1)(t)dt <∞, Z T 0 Λ(2)(t)dt <∞.
Soient Λ1(·) et Λ2(·) les deux mesures d’intensit´es correspondantes sur l’espace ([0, T ],BT) o`u BT est la σ-alg`ebre de Borel. Les deux processus de Poisson ainsi
d´efinis apparetiennent `a (D[0, T ],DT) et induits des mesures de probabilit´es not´ees respectivement P1 et P2. Notons respectivement E1 et E2 les esp´erances math´e-matiques par rapport `a ces probabilit´es.
Notons P1⊥P2 la singularit´e des mesures, P1 ≪ P2 l’absolue continuit´e des mesures et P1 ∼ P2 l’´equivalence des mesures.
Si Λ1 ≪ Λ2, alors il existe une d´eriv´ee de Radon-Nykodim λ(t) = dΛ1 dΛ2 (t). Proposition 4 Si Λ1 ≪ Λ2 et Λ2([0, T ]) < +∞ alors P1 ≪ P2. De plus dP1 dP2 (X) = exp Z T 0 ln λ(t) X(dt)− Z T 0 [λ(t)− 1] Λ2(dt) . Enfin si Λ1 ∼ Λ2 alors P1 ∼ P2.
Preuve : Voir Brown [6]
Soient X, X1 et X2 trois processus de Poisson d’intensit´e respectives Λ0, Λ1 et Λ2 et d´efinissant les mesures de probabilit´e respectives P0, P1 et P2. Si les mesures Λ1 et Λ2 sont ´equivalentes `a la mesure Λ0 i.e. Λ1 ≪ Λ et Λ2 ≪ Λ, alors la proposition pr´ec´edente implique l’existence des rapports de vraisemblance
Z1 = dP1 dP0 (X) et Z2 = dP2 dP0 (X).
Les mesures Λi, i = 1, 2 sont d´efinies pour tout bor´elien B dans R de sorte que Λi(B) =
Z B
λi(u) Λ(du) o`u λi(·) est la fonction d’intensit´e associ´ee `a Λi.
Nous avons alors la proposition suivante
Proposition 5 Si Λ1 ∼ Λ2 sur l’intervalle [0, T ], alors E0 Z 1 2 1 − Z 1 2 2 ≤ Z T 0 p λ1(t)− p λ2(t) 2 Λ(dt)
et E0Z 1 2 1 ≤ exp −12 Z T 0 p λ1(t)− 1 2 Λ(dt)
o`u E0(·) est l’esp´erance math´ematique par rapport `a la mesure de probabilit´e P0. De plus pour tout p > 1, nous avons
E0 Z 1 2p 1 − Z 1 2p 2 p ≤ ap Z T 0 l2(t) Λ1(dt) p + Z T 0 l2(t) Λ2(dt) p + + Z T 0 l2p(t) Λ1(dt) + Z T 0 l2p(t) Λ2(dt) + + (2p)−2p Z T 0 l2(t) Λ1(dt) + Z T 0 l2(t) Λ2(dt) , o`u ap = 12p−2pCp et la fonction l(t) = ln (λ2(t) λ1(t)−1).
Preuve : Grˆace `a la proposition4, la premi`ere in´egalit´e s’obtient en ´ecrivant E0 Z 1 2 1 − Z 1 2 2 2 = E1 (Z2Z1−1) 1 2 − 1 2 = 2− 2E1(Z2Z1−1) 1 2 = = 2− 2 exp 1 2 Z T 0 (λ1(t)− λ2(t)) Λ(dt) E1exp (Z T 0 ln λ2(t) λ1(t) 1 2 X(dt) ) = 2− 2 exp 1 2 Z T 0 2pλ1(t)λ2(t)− λ1(t)− λ2(t) Λ(dt) = 2− 2 exp −1 2 Z T 0 p λ1(t)− p λ2(t) 2 Λ(dt) ,
o`u E1(·) et E2(·) repr´esentent respectivement les esp´erances math´ematiques par rapport aux mesures de probabilit´es P1et P2. Compte tenu de l’in´egalit´e 1−e−x ≤ x pour tout x≥ 0, il s’en suit
EZ12 1 − Z 1 2 2 2 ≤ Z T 0 [pλ1(t)− p λ2(t)]2Λ(dt),
La deuxi`eme in´egalit´e d´ecoule de la premi`ere en posant Λ2 = Λ. Pour ´etablir la derni`ere in´egalit´e, nous utilisons l’in´egalit´e suivante valable pour tout p et tout x positifs : x2p1 − 1 2p ≤ (2p)−2p(ln x)2p (1 + x). En effet, nous avons
E Z 1 2p 1 − Z 1 2p 2 2p = E1 (Z2Z1−1) 1 2p − 1 2p ≤ ≤ (2p)−2pE 1 n ln(Z2Z1−1) 2p (1 + Z2Z1−1) o = = (2p)−2pE1 ln(Z2Z1−1) 2p + (2p)−2pE2 ln(Z2Z2−1) 2p En utilisant l’in´egalit´e x− 1 − ln x ≤ 1 2(ln x) 2(1 + x)
et la proposition 2, la derni`ere in´egalit´e peut ˆetre estim´ee de la fa¸con suivante
E2 ln(Z2Z1−1) 2p = E2 Z T 0 ln λ1(t) λ2(t) M (dt) − − Z T 0 λ1(t)− λ2(t)− λ2(t) ln λ1(t) λ2(t) Λ(dt) 2p ≤ ≤ 22p−1E 2 Z T 0 ln λ1(t) λ2(t) M (dt) 2p + + 22p−1 Z T 0 λ1(t)− λ2(t)− λ2(t) ln λ1(t) λ2(t) Λ(dt) 2p ≤ ≤ 22p−1Cp Z T 0 l2p(t) Λ2(dt) + Z T 0 l2(t) Λ2(dt) p + + 1 2 Z T 0 l2(t) Λ2(dt) + Z T 0 l2(t) Λ1(dt) 2p
1.4
Estimation param´
etrique: Cas r´
egulier et non
r´
egulier
L’inf´erence statistique en th´eorie asymptotique repose sur deux branches fonda-mentales. La premi`ere est la th´eorie de l’estimation et la seconde est la th´eorie des tests. La th´eorie de l’estimation est caractris´ee par trois approches: l’approche param´etrique, semi param´etrique ou non param´etrique.
Estimation param´etrique pour les mod`eles r´eguliers
En estimation param´etrique, les ´etudes sont orient´ees en fonction de la r´egularit´e du mod`ele. Autrement dit, dans les situations o`u la fonction d’intensit´e pr´esente des points de discontinuit´es(sauts) ou non. En situation r´eguli`ere, dans le cas i.i.d ([32]) comme dans le cas des processus stochastiques (voir [40], [41]), les familles de mesure sont localement asymptotiquement normales. De ce fait, il a ´et´e d´emontr´e que les estimateurs tels que celui du maximum de vraisemblance, Bayesien et de la distance minimale sont consistants, asymptotiquement normaux et sous certaines conditions, asymptotiquement efficaces. Par exemple dans le i.i.d., si on consid`ere ϕ(ǫ), (ϕ(ǫ) > 0, |ϕ(ǫ)| → 0 lorsque ǫ → 0) une certaine matrice de normalisation, ˆ u et eu v´erifiant Z(ˆu) = max u Z(u) u =e R Rkl(u)Z(u)du R RkZ(u)du
l(·) ´etant une certaine fonction de perte et Z(·) le processus limite du mod`ele. Ainsi, sous certaines conditions les estimateurs Bay´esien eθǫ et du maximum de vraismeblance ˆθǫ v´erifient les relations suivantes: la convergence en distribution
ϕ−1(ǫ)(ˆθǫ− θ) ⇒ ˆu, ϕ−1(ǫ)(eθǫ− θ) ⇒ eu et la convergence des moments
lim ǫ→0E (ǫ) θ w ϕ−1(ǫ)(ˆθǫ− θ)
⇒ Ew (ˆu) , limǫ→0E(ǫ)θ wϕ−1(ǫ)(eθǫ− θ)
⇒ Ew (eu) ; ceci uniform´ement dans θ∈ K (K un compact de l’ensemble des param`etres Θ et w(·) une fonction de perte).
En th´eorie asymptotique, plusieurs r´esultats ont ´et´e aussi obtenus. On peut citer par exemple un mod`ele issu des t´el´ecommunications optiques. Le flux de photons produit quand un rayon de lumi`ere est concentr´e sur une surface photosensible peut ˆetre mod´elis´e par un processus de Poisson non homog`ene (voir Mandel [45]), avec une fonction d’intensit´e de la forme:
o`u g(·) est une fonction positive connue et le param`etre λ > 0 suppos´e connu est appel´e courant d’obscurit´e. Hoversten et Snyder [31], Bar David [3] et Ku-toyants [39] ont ´etudi´e le probl`eme d’estimation de l’amplitude θ. On obtient pour ces types de mod`eles des r´esultats assez proches de la statistique classique des variables al´eatoires. Sous certaines conditions, l’estimateur du maximum de vraisemblance (EMV), l’estimateur Bay´esien (EB) et celui de la distance minimale (EDM) du param`etre θ du mod`ele sont consistants, asymptotiquement normaux et leurs moments d’ordre p convergent. C’est-`a-dire pour l’estimateur θn
Pθ− lim n→+∞θn = θ, Lθ I12(θ) (θn− θ) ⇒ L{ζ} lim n→+∞E|I 1 2(θ) (θn− θ) |p = E|ζ|p, o`u I(θ) est l’information de Fisher du mod`ele
I(θ) = Z A ∂λ(θ, t) ∂θ ∂λ(θ, t)T ∂θ λ(θ, t) −1dt
A est la fenˆetre d’observation du processus, J est une matrice unit´e, et L{ζ} = N(0, J).
Estimation param´etrique pour les mod`eles de ruptures
La situation est diff´erente dans le cas i.i.d. comme dans le cas d’un processus stochastique car le mod`ele est caract´eris´e par une fonction d’intensit´e discontinue et la famille de mesure correspondante n’est pas localement asymptotiquement normale. Dans ce cas les propri´et´es du MLE et du BE sont diff´erentes de celles d´ecrites dans le cas r´egulier. En plus le MLE n’est pas asymptotiquement efficace. Par ailleurs, des ´etudes sont faites sur les mod`eles de ruptures pour les processus de Poisson avec un saut de taille fixe. Kutoyants, dans ([41] a consid´er´e un mod`ele o`u l’intensit´e modul´ee S(t), t≥ 0 a une discontinuit´e (un saut) `a un certain point τ0 de la p´eriode et le r´ecepteur d´etecte les photons correspondant au processus de Poisson d’une certaine intensit´e. Ainsi, il montre que cette forme de modulation de phase est essentiellement meilleure que la transmission avec la modulation de fr´equence avec une fonction p´eriodique r´eguli`ere ( voir Exemple 2.2 dans [41]). Les vitesses de convergences dans les probl`emes de modulation de phase et de fr´equence avec une intensit´e discontinue sont plus grandes que les vitesses dans
les cas r´eguliers. C’est-`a-dire les exemple 2.2 et 2.3 dans [41]. Dans la mˆeme op-tique, Dabye dans [10] a consid´er´e plusieurs probl`emes d’estimation param´etriques bidimensionnelle pour des mod`eles particuliers d’un processus de Poisson non ho-mog`ene. Pour ces mod`eles, le rapport de vraisemblance limite est un log-processus de Poisson. Nous notons ´egalement des mod`eles de rupture pour les processus de diffusion. Ainsi pour le mod`ele de signal dans un bruit blanc gaussien, le rap-port de vraisemblance limite est un log-processus de Wienner. L’estimation des positions de singularit´es (singularit´es de type cusp, type ”0” et type ”∞”) a ´et´e con-sid´er´e dans plusieurs cas d’´etude notamment dans le cas i.i.d. (voir Ibragimov et Khasminskii [32]) mais aussi dans le cas des processus stochastiques avec Dachian dans ([14],[16] [15] et [19]), en collaboration avec Kutoyants ou avec Negri pour la plupart(d´en´eg´eresecnce, explosions, explosions de la d´erive).
1.5
Tests d’ajustements
Le probl`eme des tests d’ajustements est l’un des th`emes centraux en pratique et en th´eorie statistique. Il est important de v´erifier le degr´e de correspondance entre les r´esultats observ´es et les r´esultats attendus car ´etant le fondement de la statis-tique classique. L’approche non param´etrique classique li´ee ces probl`emes de tests d’hypoth`eses peut ˆetre trouv´ee dans Durbin [24] , Greenwood and Nikulin [30], Lehmann et Romano [44]. Les tests les plus connus sont: le test de Kolmogorov-Smirnov, le test Cram´er-von Mises et le test du Chi-deux. L’avantage de ces tests classiques s’explique par leur caract`ere ”distribution-free”, c’est-`a-dire la dis-tribution limite de la statistique en question ne d´epend pas du mod`ele de base choisie. Cette propri´et´e nous permet d’obtenir un seuil universel qui peut ˆetre utilis´e pour n’importe quel mod`ele. Dans [34], Insgter et Kutoyants ont ´etudi´e un test d’hypoth`ese non param´etrique pour une intensit´e d’un processus de Poisson. Leur travail est une extension de celui de Insgter [33] aux processus de Poisson. En effet, Insgter et Suslina [35] avaient fait les tests identiques mais pour un mod`ele de bruit blanc gaussien. Dans le mˆeme champs Dachian et Kutoyants dans [18] avaient pr´esent´e plusieurs r´esultats concernant les tests de Kolmogorov-Smirnov et de Cram´er-von Mises pour quelques processus `a temps continue. Comme mod-`eles, ils consid`erent une ´equation diff´erentielle avec un petit bruit, un processus de diffusion ergodique, un processus de Poisson ”self-exciting” et un processus Pois-son. Pour chaque mod`ele ils proposent un test qui fournit de niveau asymptotique α∈ (0, 1) et d´ecrivent le comportement asymptotique de la fonction de puissance sous des alternatives locales. Par exemple:
Supposons qu’on observe n processus de Poisson ind´ependants X(n)= (X
o`u Xj = (Xj(t) , t∈ R) sont les trajectoires d’un processus de Poisson avec la fonction moyenne Λ (t) = EXj(t). Rappelons que si l’hypoth`ese de base(nulle) est simple i.e.
H0 : Λ (·) = Λ0(·) ,
o`u Λ0(·) est une fonction connue avec Λ0(∞) < ∞ et l’alternative H1 : Λ (·) 6= Λ0(·) ,
alors la statistique de type Cram´er-von Mises est d´efinie comme suit: e ∆n= n Λ0(∞)2 Z +∞ −∞ h b Λn(t)− Λ0(t) i2 dΛ0(t) . Ici b Λn(t) = 1 n n X j=1 Xj(t)
est la moyenne empirique du processus de Poisson. Ainsi ils ont d´emontr´e entre autres que la statistique converge vers la limite suivante:
e
∆n=⇒ ∆ ≡ Z 1
0
W (s)2ds. o`u W (s) , 0≤ s ≤ 1 est processus de Wienner standard.
Par cons´equent le test e
ψn(Xn) = 1I{∆n>cεe }, P{∆ > cε} = ε,
est asymptotiquement ”distribution-free”. La valeur ε ∈ (0, 1) est la taille ou niveau du test.
Cependant, en pratique, les hypoth`eses `a tester sont parfois de nature plus complexes. Les premiers travaux orient´es aux probl`emes de tests d’ajustement avec des hypoth`eses compos´ees en statistique classique sont dus `a Rao (voir aussi Durbin [24]). Ce dernier avait propos´e un test d’hypoth`ese compos´ee dans le cas o`u la fonction de distribution d´epend des param`etres inconnus multidimensionnels. Ainsi, l’hypoth`ese de base devient compos´ee, c’est-`a-dire qu’elle ne d´etermine pas la distribution de l’´echantillon d’une mani`ere unique. Lorsque les param`etres sont estim´es, les tests de Kolmogorov-Smirnov et de Cram´er-von Mises ne sont pas ”distribution-free”. Il s’en suit que les valeurs critiques changent d’une hypoth`ese `a une autre. Diff´erentes valeurs du param`etre entrainent diff´erentes valeurs critiques souvent au sein d’une mˆeme famille param´etrique. La propri´et´e de ”distribution-free” devient alors cruciale puisque les valeurs critiques sont calcul´ees une seule fois
pour n’importe quelle distribution d´efinie sous l’hypoth`ese. Pour surmonter cette difficult´e plusieurs m´ethodes ont ´et´e d´evelopp´ees. Rao (voir aussi Durbin [24]) a sugg´er´e la m´ethode de l’´echantillon divis´e. Le probl`eme de Durbin entraine une transformation martingale du processus empirique qui fˆut propos´e par Khamaladge [36]. L’approche martingale de Khamaladge [36] permet de construire des tests d’hypoth`eses asymptotiquement ”distribution- free”. Cette approche est utilis´ee par diff´erents auteurs dont Bai [4] dans les mod`eles de r´egression, Koenker et Xiao [37]. D’autres m´ethodes (m´ethodes de translation) ont ´et´e d´evelopp´ees pour ´etudier le caract`ere asymptotiquement ”parameter-free” c’est-`a-dire la distribution limite de la statistique de test sous l’hypoth`ese de base ne d´epend pas du parm`etre inconnu.
Chapter 2
On Multiple change-point
estimation for Poisson process:
case of non zero jumps sum
2.1
Introduction
This work is devoted to the problem of parameter estimation by the observa-tions of n independent of inhomogeneous Poisson processes. It is supposed that these processes have the same intensity function and this intensity function has two points of discontinuity(jumps). The positions of these jumps depends on the unknown one-dimensional parameter and we have to estimate the value of this parameter. Our goal is to describe the asymptotic behavior of the maximum like-lihood estimator(MLE) and the Bayesian estimator (BE). We show that the rate of convergence of these estimators is n and the limit distributions are different. We propose a lower bound on the mean-square risk of all estimators and then we show that the BE is asymptotically efficient in the sense of this bound. We realize the program of the study of such estimators developed by Ibragimov and Khaminski [32]. Therefore we show that the normalized likelihood ratio process converges to some random process, which is exponential functional of four Pois-son processes with constant intensities. The statistical estimation problems with discontinuous intensity function are in some sense close to the similar problem of parameter estimation by independent observations of the random variables with discontinuous density function. Such study was initiated in the work of Chernov and Rubin [8](discontinuous density with one jump). The case of many disconti-nuities was studied in the work of Rubin [52], see as well Ermakov [27]. Further