AVERTISSEMENT
Ne sont pas abordées dans cet ouvrage les questions de politique industrielle et de politique agricole qui feront l'objet de publications ultérieures.
De même, le CLUB 89 publiera prochainement deux études consacrées aux dénationalisations d'une part, aux politiques d'accompagnement en faveur de l'emploi d'au- tre part ; ces deux problèmes ne sont donc pas traités de manière approfondie dans le présent livre.
A L A I N J U P P É
Président de la Commission Economique
Présentation JACQUES C H I R A C
L A D O U B l E R U P T U R E
REDRESSEMENT DE L'ECONOMIE
RESPONSABILITÉ POUR CHAQUE FRANÇAIS LIRERTÉ POUR L'ENTREPRISE
CONFIANCE POUR LA FRANCE
ECONOMICA 49, rue Héricart, 75015 Paris
1983
© Ed. ECONOMICA, 1983
Tous droits de reproduction, de traduction, d'adaptation et d'exécution réservés pour tous pays.
P R E S E N T A T I O N
par Jacques Chirac
Le monde est en crise : il doute de son avenir.
La crise économique déroule ses effets pernicieux depuis près de dix ans. La coexistence durable du chômage et de l'inflation est générale. La chute de la croissance mondiale déstabilise les relations internationales. Seul un endettement massif des pays en voie de développement a permis de masquer — pour un temps — les effets de la crise sur l'avenir du Tiers-monde. Quelle que soit la responsabi- lité des chocs pétroliers de 1973 et de 1979 dans cet état de fait, il est inquiétant de constater qu'à ce jour, aucune politique, dans aucun pays, n'a pu mettre un terme aux enchaînements destructeurs de la crise. Les succès appa- rents de certains pays et les échecs des autres ne sont que relatifs. Ils apparaissent comme autant de tentatives avor- tées vers l'objectif proclamé par tous : mettre un terme à l'inflation et au chômage, en un mot sortir l'économie de la crise.
La crise économique s'est doublée d'une crise morale dont l'un des symptômes est la lassitude de l'opinion publique : lassitude devant les discours, lassitude devant l'effort, lassitude devant les générations futures dont le renouvellement n'est plus assuré.
La crise morale est marquée — au plan économique — par l'abandon de beaucoup de disciplines héritées du passé. Depuis plus de dix ans, faute de telles disciplines, les
mauvaises gestions n'ont plus de sanction systématique : le flottement généralisé des monnaies permet des dévalua- tions discrètes et indolores, pour combien de temps encore ? L'excès d'endettement n'entraîne plus nécessaire- ment la faillite. Le profit n'est plus reconnu comme le moyen et la mesure de l'efficacité ; les chefs d'entreprises le savent pourtant, sa loi est la plus rude des disciplines.
L'abandon progressif des règles du jeu accroît le désar- roi face à la crise. Il élargit le domaine du subi au détriment du voulu, celui de l'incertain au détriment du certain. Les Etats eux-mêmes subissent plus qu'ils ne contrôlent les effets de la crise. Les entreprises ont perdu la maîtrise de l'avenir. Les individus enfin, même s'ils n'en ont pas encore pris pleine conscience, se sont vu imposer par l'accroisse- ment des prélèvements obligatoires et par l'inflation une diminution de la part du revenu librement disponible.
La diminution du pouvoir d'achat des salaires a été acceptée depuis de nombreuses années aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne. La France y avait échappé. Le gouvernement socialiste a dû s'y résoudre pour tenter d'effacer une année de laxisme. Le développe- ment du chômage et la baisse du pouvoir d'achat contri- buent au développement de la crise morale en entretenant dans les esprits le doute sur l'avenir et une certaine résigna- tion à la fatalité de la crise.
C'est dans ce contexte que le CLUB 89 a entrepris de définir les principes sur lesquels pourrait être fondée une nouvelle politique économique pour la France.
Sans entrer ici dans la discussion des propositions que contient cet ouvrage et qui vont souvent à l'essentiel, au risque de sembler sans nuance, je voudrais insister sur deux idées sous-jacentes à la réflexion du CLUB 89, qui m'apparaissent capitales.
La première est le refus de la fatalité qui n'est, selon le mot de Romain Rolland, que «l'excuse des âmes sans volonté». La crise, ou plutôt la mutation que vit notre pays, n'est pas une fatalité. Encore faut-il, pour engager le redressement, prendre garde aux faux remèdes, aux thé-
ories que les circonstances nouvelles rendent caduques, à l'étatisme envahissant et sclérosant, au monétarisme intransigeant, à la tentation du repli sur soi qui nous mène, par les chemins du protectionnisme et de l'autarcie, à l'appauvrissement collectif et à l'amoindrissement des libertés. Aucun de ces scénarios n'est inévitable. Encore faut-il avoir la volonté inébranlable de les éviter, et pren- dre la voie de l'effort et du travail.
La deuxième idée forte, c'est que le redressement natio- nal exige aujourd'hui une double rupture. Rupture avec les politiques contradictoires mais également dangereuses que conduit, depuis bientôt deux ans, le gouvernement socialo-communiste. Mais aussi rupture avec l'évolution plus ou moins voulue, plus ou moins subie, des années 70 qui nous a menés à une forme de socialisation à peine déguisée de l'économie et de la société française.
Le socialisme, qu'il soit avoué ou inavoué, n'est plus apte à répondre à la double aspiration des Françaises et des Français pour demain : recherche de plus de liberté et d'autonomie personnelle d'un côté, besoin de plus de jus- tice dans la responsabilité et l'action communautaire de l'autre.
Concilier cette double aspiration, en rompant avec les schémas hérités du passé, telle est l'ambition que doivent se fixer désormais tous ceux qui voient dans les valeurs républicaines le levain du progrès.
— I —
D ' O U V I E N T L A C R I S E ?
1. La crise de l'économie mondiale résulte de l'interac- tion d'un grand nombre de facteurs. Il serait illusoire d'attendre d'un quelconque remède-miracle qu'il résolve les difficultés comme par enchantement. En sens inverse, la résignation n'est pas de mise : les chemins du progrès technique, économique et social de l'humanité restent lar- gement ouverts.
On ne dénoncera jamais assez le caractère pernicieux des idées lancées par le Club de Rome à la fin des années soixante. A cette époque, on commençait à percevoir les premiers signes d'essouflement d'un mode de croissance qui avait dominé depuis la fin de la guerre ainsi que les dangers d'une démographie excessive dans de nombreux pays du Tiers-monde. Le cri d'alarme se justifiait, mais les remèdes proposés, d'inspiration malthusienne, étaient radicalement erronés. C'était une erreur de préconiser la croissance-zéro de la population ; un tel message, qui avait peu de chances d'être entendu par les pays les plus concer- nés, a en revanche accéléré le déclin démographique des pays développés. Dans le domaine économique, l'erreur d'analyse était tout aussi flagrante : on avait confondu l'épuisement d'un certain mode de croissance avec la fin de la croissance elle-même.
Or le progrès scientifique et technologique ne s'est pas arrêté, bien au contraire. Chacun connaît les mutations
qui sont apparues depuis quelques années dans la filière électronique : la baisse spectaculaire des coûts des compo- sants électroniques a permis le développement de multi- ples activités (informatique, télématique, bureautique, robotique...) qui sont appelées à transformer en profon- deur aussi bien les modes de consommation que les modes de production. Dans la biotechnologie, les applications économique en sont encore à leurs débuts, mais les pers- pectives ouvertes à plus long terme sont d'une importance également décisive.
Le paradoxe essentiel qui caractérise la crise est ainsi mis en évidence : la croissance économique s'arrête alors que les potentialités de développement sont plus présentes que jamais.
Deux autres traits marquent en outre la période actuelle : d'une part, toutes les nations sont touchées peu ou prou par la crise, bien que leurs divergences économi- ques s'accentuent, et l'interdépendance des économies a atteint une ampleur telle qu'il est difficile de démêler, dans cette situation, ce qui revient à des facteurs spécifiquement internationaux de ce qui revient à des facteurs internes ; d'autre part, les remèdes appliqués dans le passé, illustrés par les politiques de stop and go, sont devenus inopérants, puisque l'on observe à la fois, une montée du chômage et de l'inflation ; ce mélange détonant restreint les possibilités d'action et manifeste une crise d'un type nouveau, radica- lement différente de celle des années trente comme des pauses que marquait de temps à autre la croissance des
«trente glorieuses» (Jean Fourastié).
Nombreux sont les facteurs auxquels on peut attribuer une responsabilité dans la crise : mutations technologiques et démographiques, baisse des taux de profit, délitement du système des relations internationales mis en place à Bretton Woods, chocs pétroliers de 1973 et 1979, etc... A chacun de ces facteurs peut être imputé un effet précis qui, sans conteste, a joué un rôle dans le processus de crise.
Mais pour tenter de comprendre, il convient d'analyser comment le mode cohérent de croissance et de relations
internationales qui prévalait antérieurement s'est graduel- lement déréglé.
2. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis disposaient d'une suprématie incontestée. Par une mobilisation industrielle sans précédent, ils avaient non seulement joué un rôle décisif dans la victoire des Alliés mais aussi acquis une avance considérable, leur permettant de prendre le relais de l'Angleterre, dans la mise en œuvre de la seconde révolution industrielle. Fon- dée sur le pétrole, structurée par les industries électromé- caniques et les industries chimiques, celle-ci se caractérisait par la consommation de masse de biens dura- bles par les ménages (automobiles, électroménager), un niveau élevé de productivité (travail à la chaîne, organisa- tion scientifique du travail). De 1945 à la fin des années soixante, c'est ce modèle de croissance que les autres pays avaient l'ambition de suivre. Les pays de l'Est avaient même alors la prétention de le surpasser.
Les Etats-Unis jouaient également un rôle essentiel dans les relations économiques à l'échelle mondiale : le système monétaire international reposait pour sa plus grande part sur le dollar, substitut à l'étalon-or, qui pouvait alors être durablement surévalué par rapport aux autres monnaies grâce à la puissance industrielle américaine. Les investisse- ments des Etats-Unis à l'étranger — en partie gagés sur un excédent de leur balance courante — contribuaient à régu- lariser la croissance mondiale et à assurer un transfert de technologie des Etats-Unis vers le reste du monde, en particulier vers l'Europe. L'ouverture des frontières et l'instauration progressive du libre échange permettaient le développement de la spécialisation internationale.
1. Faut-il rappeler à ce sujet la prescience du Général de Gaulle : « Car la France n'est pas seule... Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis» (Appel aux Français du 18 juin 1940).
C'est à la fin des années soixante que cette cohérence générale est graduellement remise en cause. Les industries motrices de la croissance commencent à s'essouffler, en raison de phénomènes de saturation dans les pays dévelop- pés. On se rend compte que ce mode de croissance consomme beaucoup d'énergie et de matières premières — importées à faible prix du Tiers-monde — et qu'il ne pourra se poursuivre indéfiniment ni s'étendre tel quel à l'ensemble de la planète on commence également à entre- voir les potentialités d'un nouveau mode de croissance qui va permettre de faire face à ces problèmes : fondée sur de nouvelles formes d'énergie et sur l'électronique, la troi- sième révolution industrielle incorporera davantage de matières grises que de matières premières et elle permettra ainsi de conjurer les risques de dégradation des milieux naturels et d'épuisement des ressources.
3. Pourquoi dans un tel contexte a pu s'instaurer et se développer la crise ? Les causes en sont à la fois nationales et internationales. A l'intérieur des économies occiden- tales, c'est à cette époque qu'apparaît une crise morale, illustrée par le déclin démographique presque simultané dans la plupart des pays et par les événements de mai 1968 en France et dans de nombreux pays industriels. Cette crise morale a des répercussions profondes dans le domaine économique : d'une part, la chute de la natalité pèse sur la consommation et freine le dynamisme, alors même que la demande d'emplois s'accroît avec l'arrivée des générations nombreuses d'après-guerre et l'élévation des taux d'activité fénimins. D'autre part, la peur de l'ave- nir accentue les conflits pour le partage du revenu natio- nal. Les taux de profit commencent à baisser tandis que l'inflation s'accélère brutalement. Ainsi les conditions du dynamisme économique s'altèrent au moment même où les mutations technologiques exigent de faire face à de nouveaux défis.
Une telle dégradation est particulièrement marquée
dans le cas de l'économie américaine, qui aurait été la première capable d'entamer la troisième révolution indus- trielle. On observe un mouvement de désindustrialisation, le secteur tertiaire asphyxiant l'industrie dont les profits régressent fortement. La guerre du Vietnam et les erreurs de politique économique font sans doute sentir ici leurs effets. mais, plus fondamentalement, il apparaît que les Etats-Unis ne sont plus en mesure d'exercer leur responsa- bilité de pôle de dynamisme de l'économie mondiale. En partie parce qu'elle a investi massivement à l'étranger, et en partie parce qu'elle a privilégié des investissements rentables à court terme, l'industrie américaine perd son avance sur celle de l'Europe occidentale et celle du Japon.
Elle n'est plus en mesure de garantir la surévaluation du dollar ; la dégradation de la balance courante des Etats- Unis provoque, à partir de 1971, la dépréciation du dollar, clé de voûte du système monétaire institué à Bretton Woods.
L'abandon des disciplines d'un système stable, établis- sant des parités fixes entre les principales monnaies, reflète alors le changement des rapports de forces économiques entre les grands pays industriels. Non seulement, leurs rythmes d'inflation tendent à diverger de plus en plus, mais les objectifs de croissance intérieure des uns et des autres ne sont plus compatibles avec les contraintes extérieures qui découlent de la structure de leurs échanges. En atten- dant que puisse se définir de façon durable une nouvelle configuration de l'économie mondiale, on entre dans une ère d'instabilité, caractérisée par d'amples variations des taux de change et par la prédominance du marché sur les institutions nationales et internationales. Ce système monétaire informel, qui s'établit de facto, offre l'avantage d'une grande souplesse, mais il présente deux inconvé- nients majeurs : la discipline des parités fixes laisse la place à un laxisme qui accentue les divergences de comporte- ments nationaux ; le flottement erratique et généralisé des monnaies depuis mars 1973 perturbe les calculs de rentabi- lité et paralyse de ce fait l'investissement.
4. C'est dans ce contexte dégradé qu'intervient le pre- mier choc pétrolier à la fin de 1973, entraînant le monde dans un processus de hausses brutales et répétées du prix du pétrole après plus de vingt ans de stabilité. Profitant de leur position dominante et manifestant l'émergence politi- que du Tiers-monde, les pays de l'O.P.E.P. modifient en leur faveur le partage du revenu mondial et provoquent une perturbation majeure dans l'ensemble des relations économiques internationales. Autant il serait abusif d'im- puter la crise mondiale aux seuls chocs pétroliers, autant il serait fallacieux de vouloir en minimiser les effets.
Le prélèvement opéré par les pays producteurs de pétrole perturbe de multiples façons l'équilibre de l'écono- mie mondiale. Il se répercute d'abord au niveau des échanges internationaux, l'excédent brutal de l'OPEP engendrant dans l'ensemble des autres pays un déficit qui ne peut se résorber que lentement. C'est pourquoi, après le premier choc, les pays occidentaux laissent leur croissance fléchir afin de rétablir le plus rapidement possible l'équili- bre de leurs balances courantes, de sorte que le déficit se reporte sur un nombre limité de pays du Sud (nouveaux pays industriels) ou de l'Est (principalement la Pologne) : ceux-ci maintiennent leur rythme de croissance en bénéfi- ciant du «recyclage» des capitaux par les banques privées.
Le second choc intervient en 1979, alors que les conditions de l'offre et de la demande de pétrole n'ont pas encore été profondément modifiées, mais tandis que la concentration de l'endettement sur un nombre restreint de pays interdit de reproduire le même type de recyclage.
Les perturbations sont tout aussi importantes pour les revenus intérieurs des pays consommateurs de pétrole. Un premier effet résulte de la ponction globale exercée sur le revenu national, qui provoque une hausse directe des prix et une baisse de la croissance — et donc de l'emploi — dans la mesure où l'on écarte le recours à un endettement concerté de ces pays auprès des pays producteurs. C'est surtout en aggravant les tensions internes pour le partage du revenu national que les chocs pétroliers accélèrent
l'inflation, à des degrés divers selon les cas, mais c'est dans les économies où la majeure partie du prélèvement est supportée par les entreprises que s'amplifie le chômage de type classique.
5, Les mécanismes de développement du chômage sont à la fois de type keynésien (excès d'épargne dans les pays de l'O.P.E.P.) et de type classique (rentabilité insuffisante des investissements) ; ils se greffent en outre sur des fac- teurs structurels. Aux conséquences des mutations démo- graphiques, s'ajoutent en l'occurrence des distorsions d'origine technologique entre les modes de production et les modes de consommation. D'une part, en effet, les transformations de la demande mondiale créent simulta- nément des excédents de capacité et des goulets d'étrangle- ment. D'autre part, dans un contexte de croissance faible et d'incertitude, les entreprises préfèrent davantage les investissements qui économisent la main-d'œuvre à ceux qui permettent de créer de nouvelles capacités de produc- tion et de satisfaire de nouvelles formes de consommation.
Le rythme d'accroissement de la productivité demeure ainsi trop élevé par rapport à celui de la production, indiquant par là-même que les économies n'ont pas encore trouvé la cohérence d'un nouveau régime de croissance.
Il n'est pas étonnant que, dans cette phase de transition entre deux révolutions industrielles, marquée par l'effon- drement d'un système stable de relations internationales et ponctuée par les chocs pétroliers successifs, les entreprises soient déroutées par l'instabilité des signaux du marché.
Mais il est plus grave encore que les Etats contribuent souvent à aggraver la crise : aveuglés par des mythes héri- tés du passé, ils s'avèrent incapables d'appréhender les problèmes dans leur complexité et ils s'engagent de ce fait dans des politiques inadaptées, qui constituent autant de facteurs aggravants de la crise.
J e v o u d r a i s i n s i s t e r s u r d e u x i d é e s s o u s - j a c e n t e s à l a
réflexion du CLUB 89, qui m'apparaissent capitales. La première est selon le n'est,té qui le refus de la fatali mot de Romain Rolland, que «l'excuse des âmes sans
volontés». La crise, ou plutôt la mutation que vit notre pays, n'est pas une fatalité. Encore faut-il, pour engager le
redressement, prendre garde aux faux remèdes, aux thé- ories que les circonstances nouvelles rendent caduques, à
l'état isme envahissant sclérosant,et au monétarisme intransigeant, entation du repli à la tsur soi qui nous mène, par l es chemins du protectionnisme et à de l'autarcie,
l'appauvrissement collectif 'amoindrissement des et à l libertés. Aucun de ces scénarios n'est inévitable. Encore
faut-il avoir la volonté inébranlable de les éviter, et pren-
dre la voie de l ' e f f o r t e t d u travail.
La deuxième iest c'dée forte, que l e r
edressement onal exige aujourd'natihui une double Rupture avec lmais rupture. tiques contradictoires également es polidangereuse que conduitdeux ans, bientôt le gouvernement , depuis socialo-communistMais on plus ou moins voulue, rupture avec le. 'évolutiaussi plus ou moins subie des années 70
qui nous a m e n é s à une forme de s o c i a l i s a t i o n à peine
déguisée de l'économie et de la société française. Jacques C H I R A C
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