Evolution de la composition corporelle
des jeunes bovins mâles entiers de
raceLimousine
entre9
et19 mois.
I.
—Composition anatomique
J. ROBELIN, Y. GEAY C. BERANGER
Roland JAILLER Robert JAILLER
Laboratoire de la Production de Viande Centre de Recherches de Clermont-Ferrand, LN.R.A., Theix, Saint-Genès Champanelle, 63IIOBeaumo!at (France)
Résumé
I,’éeolution de la composition anatomique de jeunes bovins mâles de race Limousine entre 9et ig mois (300à 650kg de poids vif) est décrite grâce à la méthode des abattages (5 animaux
abattus et disséqués à 4 stades). Cette évolution est exprimée selon la relation allométrique (coefficient d’allométrie : b).
On retrouve la hiérarchie classique dans la croissance du squelette (b = o,!¢), des muscles
(b = 1,01) et de l’ensemble des dépôts adipeux (b « moyen x ! i,59). Cependant, la croissance relativE de ces derniers augmente entre 300 et 650kg de poids vif de r,z5 à z,i5.
Ce sont les dépôts adipeux sous-cutanés qui ont la croissance relative la plus élevée (b = 2,¢¢)
suivis par les dépôts péritonéaux et périrénaux (b ! 1,80), enfin par les dépôts intermusculaires et mésentériques (b = i,¢8).
Les masses musculaires du dos et du membre postérieur ont une croissance relative plus
lente que celle de l’ensemble de la musculature.
Les particularités des jeunes bovins de race Limousine sont discutées en relation avec les
données antérieures : état d’engraissement, répartition de la musculature et des dépôts adipeux.
Introduction
Nos
conceptions
sur la croissance et ledéveloppement
des bovinsreposent
essentiellement sur des résultats obtenus avec des animaux castrés de raceAngus
ou
Hereford,
àdéveloppement
musculaire faible(TxowsxiDG!,
Moui!TON etHAIGH,
IgIg;CAIIOW, 1948; BUTTERFIELD, 1963; TULLOH, 1963; ANONYME,
1966; SEEBECK, 1967).
Une étude que nous avons réalisée avec des animaux mâles entiers
(R OBELIN ,
G
EAY et
BkxArrG!R, 1974 ),
etplus
récemment les travaux d’AKDERSEK( 1975 )
ont
permis
de mettre en évidence lesprincipales particularités
dudéveloppement
de ce
type
d’animal.Toutefois,
ces travaux ont été effectués avec des animaux de racesprécoces (Frisonne
ouRouge Danoise),
dont lepotentiel
de croissance musculaire est encore faible parrapport
à celui des races à viande utilisées en France C’estpourquoi
dans le cadre d’une étude de laproduction
de viande àpartir
d’ani-maux de race Limousine
(i),
nous avons effectué unedescription
détaillée de lacroissance des
jeunes
taureaux de cette race àpotentiel
de croissance musculaireélevé,
en insistantparticulièrement
sur la croissance des différentesrégions
mus-culaires et des différents
types
dedépôts adipeux
au cours de lapériode d’engrais-
sement entre 9 et 19 mois.
Matériel et méthodes
Stades
d’abattage
Nous avons mesuré l’évolution de la
composition corporelle
des animaux par la méthode desabattages comparatifs.
Nous avons abattu au total 20 animaux à4
stades
compris
entre le sevrage( 9 mois; poids
vif voisin de 300kg)
et unâge qui apparaissait
maximal pour laproduction
dejeunes
bovins à croissance intensive(i
9 mois; poids
vif voisin de 700kg).
Les deux stades intermédiaires ont été choisis defaçon
à diviser lapériode
étudiée ensous-périodes
de duréevoisine,
maiséga-
lement sur la base de considérations
zootechniques :
d’unepart,
àl’âge
de r3mois(poids
vif voisin de 450kg) correspondant
en moyenne à celui d’untype
deproduc-
tion très
répandu
dans la race Limousine(veaux
deLyon) ;
d’autrepart,
àl’âge
de 16 mois
(poids
vif voisin de 55okg) correspondant
àl’âge
moyend’abattage
destaurillons en France.
A
chaque
staded’abattage,
les animaux devant être abattus ont été choisissur la base de leur
poids
vif et de leurâge,
defaçon
à cequ’ils
soientreprésentatifs
de l’ensemble de la
population.
Les mesures effectuées à
l’abattage (poids
vifvide, poids
des différents élé- ments ducinquième quartier,
dissection de la carcasse,répartition
des musclesselon leur
localisation)
ont été définisprécédemment (R OBELIN , G!a!-etBÉRawGEx,
z97q.; ROBELIN etGEAY, 1976).
En outre, nous avonsséparé
chacun desdépôts adipeux
sous-cutanés et intermusculaires en troisparties (membre antérieur,
membre
postérieur
ettronc)
selon desrepères anatomiques précis, correspondant
aux limites définies pour les
régions
de la musculature(R OBELIN
etG>~!1!, 197 6).
Conduite des animaux
Les animaux utilisés dans cette étude ont été achetés au sevrage
à mois,
dans des
élevages
où ils avaient étépesés
à différentsâges
et choisis en liaisonavec une commission
d’éleveurs,
afin d’êtrereprésentatifs
des animaux « moyens » de la race. Ils avaient étéalimentés,
en liberté aupâturage,
au lait de leur mère(r) Action concertée avec la Station de Recherches sur la Viande, financée par la Rénovation Rurale.
et à l’herbe
jusqu’à l’âge
de 9 mois. Leurpoids
vif variait à cetâge
entre 275 et3ro kg.
Au cours de la
période expérimentale,
les animaux ont ensuite reçu àvolonté, individuellement,
en stabilisationentravée,
une rationcomportant
73 p. cent d’alimentconcentré,
20 p. cent de luzernedéshydratée (ces
deux aliments étantcondensés)
et 7 p. cent de foin deluzerne,
afin de réaliser entre 9 et y mois une croissancepondérale
voisine de leurpotentiel
maximal.A nalyse
des résultatsNous avons utilisé une relation
logarithmique
du seconddegré
pour décrire l’évolution dupoids (Y)
des différentesparties
del’organisme,
parrapport
aupoids
vif vide
(X) :
Ce modèle
permet
de tenircompte
de l’évolution de la croissance relative de Y parrapport
à X. Ilpeut
être considéré comme une extension de la ration allomé-trique classique :
En
effet,
lerapport
b entre les taux de croissance de Y et celui de X :!Y!X .
,!logY , ,
, ! !, , !, , . ,, ,dVldX
soit d
lo g g X
estégal d’après l’équation (z) à :
v x
og X
Lorsque b
2
n’est passignificativement
différent de o, la relation( I )
devientlinéaire et b coefficient d’allométrie au sens strict est
égal
àb 1 .
Dans le cas contraire(b
2
! o),
le coefficient de croissance relative b tiré del’équation ( 3 ) peut
être assimilé à un coefficient d’allométrie « instantané ». Nous avons donnéà b 2
dans lestableaux la valeur o,
lorsqu’elle
n’était passignificativement
différente de o auseuil P < o,oi.
Dans le cas
où b 2
était différent de o, nous avons toutefois calculé àpartir
del’équation ( 3 )
un coefficient b que nous avonsappelé
« moyen »,correspondant
àla valeur moyenne de X. Ce coefficient n’a pas de
signification statistique,
mais ilpermet
toutefois de comparer les éléments dont le coefficient de croissance relativevarie,
à ceux pourlesquels
il demeure constant.Nous avons utilisé le même modèle
(i)
pour décrire l’évolution dupoids
desdifférentes
régions
musculaires et desprincipaux
muscles parrapport
à la mus-culature
totale,
celle dupoids
de différents os parrapport
ausquelette,
et celle desdifférents
dépôts adipeux
parrapport
à l’ensemble de cesdépôts.
Nous avons
calculé,
pour chacune deséquations,
àpartir
de son écarttype
résiduelS,
un coefficient de variationrésiduelle,
C.V.R. = 100 X(i-io s ), qui
représente
la variabilité résiduelleexprimée
enpourcentage
de Y. Ce coefficient est un meilleur reflet de la liaison entre Y et X que le coefficient decorrélation,
dépendant
de l’étendue de variation de X.Résultats
A. - Résultats
généraux
Nous avons
rapporté
au tableau z, la moyenne des mesures lesplus importantes correspondant
auxquatre
stadesd’abattages.
La vitesse de croissance moyenne des animaux est élevée( 1
226g /j)
et elle ne diminue que faiblement avecl’âge
desanimaux : 1
367 g Ii (a
=22c!),
1 219g /j ( 6
=129)
et 1 225g /j ( 6
=93)
respec- tivement au cours des troispériodes
9-13,13 - 1 6
et1 6-ig
mois.B. - Croissance relative des
différents
éléments ducorps
videpar rapport
aupoids vif
vide(tabl. 2 )
La carcasse a un coefficient d’allométrie
supérieur
à celui ducinquième
quar- tier(b
= 1,03 contre0 , 94 ).
Cephénomène
semble assezgénéral
chez les bovinspuisqu’il
adéjà
été observé chez des boeufs de raceAngus (S E E B E CK , zg6 7 ),
chezdes
jeunes
taureaux de race Frisonne(R OB E LIN ,
GEAY etBÉ R A N GE R , 1974 ),
demême que chez des bovins mâles entiers de race
Rouge
Danoise(AND!xs!rr,
I975) !
Comme nous l’avions
déjà
observé chez lesjeunes
taureauxFrisons,
laplupart
des organes ont un coefficient d’allométrie inférieur à i
(compris
entre 0,5 eto,g).
Le cuir a une croissance
pratiquement isométrique (b
=i), plus rapide
semble-t-il que chez les animaux detypes plus précoces
tels que les taurillons Frisons(ROBE-
LIN
, G!:!y et
B!xArrG!R, 1974 )
ou les bœufsAngus (SEE B EC K , rg6 7 ).
Nous retrouvons chez les taurillons
Limousins
la hiérarchie de croissanceclassique
entre lesquelette (b
=0 , 71 ),
la musculature(b
=1 , 01 )
et l’ensembledes
dépôts adipeux (b
« moyen » =1 ,5 9 ).
Ces différentes croissances relatives ont pour
conséquence,
uneaugmentation
lente du
pourcentage
dedépôts adipeux
dans la carcasse(8, 5
à 13,3 p.cent)
oudans le corps entier
( 7 , 4
à12 ,8
p.cent),
une diminution lente dupourcentage
dusquelette
dans la carcasse( 15
à 11,7 p.cent)
et une relative constance du pour-centage
de muscles dans la carcasse( 75 ,8
à 74,5 p.cent) (tabl.
3A).
Le
pourcentage
dedépôts adipeux
dans legain
depoids
évolueplus rapide-
ment, entre
i2,6
et 22,5 p. cent dans legain
depoids
de carcasse et entre m,3 et23
,6
dans legain
depoids
vif vide(tabl.
3B).
C. - Croissance relative des
di#érents types
dedépôts adipeux
La croissance relative de l’ensemble des
dépôts adipeux (carcasse
et 5e quar-tier) augmente
parrapport
à celle dupoids
vif vide entre 300 et 600kg (tabl. z).
Le coefficient b passe de 1,25 à 2,15.
L’amplitude
de cephénomène
estplus grande
dans les
dépôts
du 5equartier (b augmente
de 1,14 à2 , 5 6)
que dans ceux de lacarcasse
(b augmente
de 1,30 à1,99).
Cette
augmentation
de la croissance relative desdépôts adipeux peut
être caractérisée avecplus
deprécision grâce
à lareprésentation
de BARTON et LAIRD(ig6g) (Equation
deGoMP!xTZ).
Selon ce moded’expression,
le taux de croissance dupoids
vif vided P) P
1 diminue de 0,3 p. cent parjour
chez les taurillonsLimousins
entre 9et igmois,
alors que celui desdépôts adipeux
ne diminue que de 0,
1p. cent par
jour.
C’est cette différencequi explique
que la relationallométrique
linéaire ne
peut représenter qu’imparfaitement
l’évolution dupoids
desdépôts adipeux
en fonction dupoids
vif vide.La croissance relative de la masse
adipeuse
n’est pas uniforme pour les diffé- rentsdépôts (tabl. 4 ).
Ce sont lesdépôts adipeux
sous-cutanésqui
ont la crois-sance relative la
plus
forte(b
!2 , 44 ),
suivis par lesdépôts péritonéaux
etpéri-
rénaux
(& 2! 1 ,8 0 ), puis
par lesdépôts
intermusculaires(b
=1 , 49 )
et mésenté-riques (b
=1 , 4 8).
Au-delà des différences entre
types
dedépôts adipeux,
il existeégalement
des
gradients
de croissance à l’intérieur de certainsdépôts
selon leur localisation.Ainsi
(tabl. 4 ),
lesdépôts
intermusculaires et sous-cutanés ont une croissance relativebeaucoup plus
élevée au niveau du tronc(b
=z,r8
etz,o8 respectivement)
que dans les membres. En
particulier,
la croissance relative desdépôts
intermus-culaires est très faible
(b
=o,66)
dans le membrepostérieur.
D. - Croissance relative des
différentes régions
musculairespar ya!poyt à La
vr2usculature totaleI,a croissance relative des muscles est très variable selon les
régions corporelles (tabl. 5).
Elle estsupérieure
à 1,2 dans lesrégions
cervicale etpectorale.
En par-ticulier,
les musclesRhomboïdeus, Trapezius
et Cutanéus Troncï ont des coeffi- cients d’allométrie très élevés(respectivement
z,5g;l ,6o
et1 , 30 ).
Les
régions abdominale,
intercostale et le membre antérieur ont une crois-sance relative voisine de celle de la musculature totale.
Enfin,
larégion
dorsale et le membrepostérieur
ont des croissances relativesplus
faibles que l’ensemble de la musculature(b compris
entreo,8
eto,g).
Deplus,
dans le cas
particulier
du muscle psoas, elle diminuesignificativement
entre 9 etig mois de 1,05 à
o,65.
E. - Croissance relative des
différentes parties
dusquelette
Schématiquement,
nous observons ungradient
de croissancepartant
des extrémités des membres vers les ceintures :o, 7 8, 0 ,8 0 , 1 , 0 8 respectivement
pour leradius,
l’humérus etl’omoplate
dans le cas du membre antérieur :0 , 7 6, o,8o, 1
, 1
6 respectivement
pour letibia,
le fémur et le bassin dans le cas du membrepostérieur.
C’est au niveau du tronc que la croissance relative est laplus
élevée(b
= 1,24 dans le cas desvertèbres).
F. - Tlaviabilité du
poids
desdi!érents
éléments ducorps
videA même valeur du
poids
vifvide,
la variabilité dupoids
des différents éléments estgénéralement comprise
entre 10et 20p. cent de cepoids (tabl. 2 ).
Elle atteint30
à 40 p. cent pour les différents
dépôts adipeux,
mais seulement io,g p. cent pour l’ensemble de cesdépôts.
Elle estbeaucoup plus
faible pour la musculature totale( 2 ,8
p.cent) qui représente
la moitié du corps vide. A mêmepoids
de musclestotaux, la variabilité du
poids
des différentesrégions
musculaires estcomprise
entre2
,8
et8,8
p. cent(tabl. 5).
Discussion
Un certain nombre de conclusions
importantes
sedégagent
de cesrésultats,
tant sur le
plan général
de la croissance debovins,
que sur lesparticularités
desjeunes
bovins mâles de raceLimousine :
1
)
La relation d’allométrie linéaire ne semble paspermettre
de décrire par- faitement l’évolution desdépôts adipeux,
dont la croissance relative s’accélèreau cours de la
période
que nous avons étudiée. Cephénomène
est assezgénéral puisqu’on peut
l’observerégalement
dans les résultats deS CHUL z,
OSLAGE et DAENICKE(1974)
et que GANTIER et al.(ig6g)
l’ontdéjà
mis en évidence chez leslapins.
Ces derniers auteurs n’ont pas observé une évolution continue deb,
maisplutôt
unchangement brusque
d’allométrie. Tous ces résultats sontcependant
très
cohérents;
il semblequ’après
un stadephysiologique
que l’onpeut
situerproche
de lapuberté (environ
350kg
dans le cas des taurillonsLimousins),
durantlequel
la croissance musculaire est maximale(A LMQUIST
etal.,
Ig7I ;AND!xsW ,
I g 75
),
on observe une diminution de la vitesse de croissance relative des musclesau
profit
d’uneaugmentation
de la croissance de la masseadipeuse.
2
) Après
lespremiers
résultats que nous avons obtenus sur des taurillons derace Frisonne
(ROBF,1,1!N,
GEAY etB!Rm.rG!R, 1974 ) puis
de races Charolaise etLimousine
(R OBEWN
etGE AY , 197 6),
ilapparaît
clairement maintenant que la croissance musculaire estbeaucoup plus rapide
dans lesrégions
antérieures de l’animal(régions pectorale
etcervicale)
que dans larégion
dorsale et le membrepostérieur.
Il semble par ailleurs que ce sont les musclesplats
ousuperficiels (Rhomboïdus, Trapezius,
PectoralisAscendeus,
CutaneusTrunci,
Rectus Abdo-minis,
Tensor FaciaeLatae) qui présentent
laplus
forte croissance relative.Enfin,
il est curieux de constater que les muscles dont la croissance relative est laplus
faible sont
généralement
classésparmi
les muscles lesplus
tendres(I,ongissimus Dorsi, Psoas).
L’ensemble de ces résultats concorde
parfaitement
avec ceuxqu’AxD!RS!:!
( I g 75
)
a observés sur des taurillonsRouge
Danois.Toutefois,
à mêmepoids
demuscles dans la demi-carcasse
( 100 kg),
les taurillons Limousinscomportent plus
de muscles dans la
région
dorsale et le membrepostérieur
que les taurillonsRouge
Danois
( 4 8,g
contre 43,Ikg). D’après
cette constatation et les résultatspréliminaires
que nous avons obtenus avec des taurillons de races Frisonne et
Charolaise,
il semblerait que la variabilité entre races, dans larépartition
des massesmusculaires,
ne serait pas
négligeable,
et en tout cas biensupérieure
à celle observée par BERG et BUTTERFIELD
( 197 6).
3
)
La hiérarchie dans ledéveloppement
des différentsdépôts adipeux
quenous avons observée semble assez
générale
chez les différentstypes
de bovinsd’après
les résultatscomparatifs
que nous avonsrapportés
au tableau 6.Toutefois,
la croissance relative très élevée des
dépôts périrénaux
etpéritonéaux (b
voisinde
1 ,8) peut paraître surprenante.
Ellecorrespond
à la valeur que nous avonsobservée par ailleurs
(R OB E LIN ,
GEAY etB!Rn:·rG!R, 1974 )
chez des taurillonsFrisons,
à celle observée chez les ovins parFO UR IE,
KIRTON etJURY ( 1970 )
etVE ZINH
ET et PRUD’HON
( 1975 )
sur lesdépôts péritonéaux. Ainsi,
cesdépôts,
dontle
développement
est trèsprécoce (nous
avonsdéjà
pu les observer sur des foetus de bovinsâgés
de 5 mois etpesant
4kg),
ont encore une croissance relative très élevée à un stadephysiologique
relativement avancé.4
)
Les taurillons de race Limousineprésentent
desparticularités
dont unedes
plus importantes
sur leplan pratique
est leur rendement en carcasse(carcasse / poids
vifvide)
trèsélevé,
de6g, 3
à70 ,6
p. cent contre 68 p. 100 chez les taurillons Charolais et6 4
p. cent chez les taurillons Frisons(G EAY
etM AI/TERRE , 1973 ).
Par
ailleurs,
le coefficient d’allométrie desdépôts adipeux
est bien inférieuraux valeurs obtenues
précédemment ( I ,8
à2 , 4 )
avec des taurillons de races lai- tières ou des animaux castrés de raceAngus (R OB E L IN,
GE9YetBÉ R anrGE R ,
Ig74;A ND E R SE N
,
1975; SEEBECK etTur,I,ox, 19 68). Corrélativement,
la croissance relative des muscles estplus
élevée(b
=1 , 01 )
que chez ces animaux(b
= o,79 à0 , 9 8) .
Enfin,
les taurillons Limousinscomportent
pour unpoids
de carcasse de 220kg (fig. I )
Io à I6kg
dedépôts adipeux
de moins et I3 à 15kg
de muscles deplus
que les taurillons Frisons(Scau l ,z,
OsI,!GE et D!ExICxE, 1974; RoBEUN, GEAY etB!RA!·G!R, 1974 )
ouRouge
Danois(A ND E RS E N , 1975 ). Comparés
aux boeufs derace
Angus,
les taurillons Limousinscomportent
40kg
dedépôts adipeux
en moinspour un même
poids
de carcasse(fig. I ).
Ces
différences, jointes
aux variations des coefficientsd’allométrie,
entraînentdes écarts considérables dans la
composition
dugain
depoids
de carcasse, et sur- tout dans laproportion
dedépôts adipeux.
Entre 180et 27okg
de carcasse, lekg
degain
de carcassecomporte
126 g dedépôts adipeux
chez les taurillons limousinscontre 23o à 3io g chez les taurillons Frisons ou
Rouge
Danois(RoB!r,t:V,
GEAYetB!xA:vG!R,
1974;A ND E R SE N ,
1975(tabl. 3b).
Cette estimation des différences de
potentiel
de croissance entreanimaux
deraces
différentes,
basée sur unecomparaison
à des résultatsbibliographiques, peut
êtrelégèrement
biaisée par des variations dans les conditionsexpérimentales.
Toutefois, l’importance
de cesdifférences,
notamment parrapport
à la variabilitéde la
composition
des animaux à mêmepoids
de carcasse(C.V.R.
= 10 p. cent pour lesdépôts adipeux),
nepeut
que refléter des différencesréelles,
liées augéno- type
de ces animaux. Ces différences ont une influence sur la valeur commerciale des carcasses; elles entraînent aussi des écartsimportants
dans le coûténergétique
de
production
de ces carcasses; ce dernierpoint
sera discuté sur la base de la com-position chimique
des animaux.En
plus
des différences dans laquantité
totale dedépôts adipeux
existentégalement
des différences dans larépartition
de cesdépôts
selon lestypes
de bovins(tabl. 6).
Pour un mêmepoids
de gras dans la carcasse( 4 o kg),
les taurillonsLimousins comportent
moins dedépôts
sous-cutanés( 13
p. cent desdépôts
adi-peux de la
carcasse)
que les taurillons Frisons(r5
p.cent),
mais surtoutbeaucoup
moins que les boeufs
Angus ( 35
à 37 p.cent).
Ces différences sont inversées auniveau des
dépôts
internes etpérirénaux,
mais surtout au niveau desdépôts
intermusculaires. Une
grande partie
de ces différences(entre
taurillons etboeufs)
est
probablement
liée à lacastration,
mais une certainepart
doit être due augénotype
de ces animaux. Eneffet,
CHARLES etJ OHNSOX ( 197 6)
ont observéégalement
des différences trèsimportantes
entre des boeufsAngus, Hereford,
Frisons et Croisés Charolais. Il estprobable
que cesdifférences,
dansl’importance
du gras
sous-cutané,
sont surtout le résultat de la sélection des animaux. EnFrance,
les animaux de races à viande ont été sélectionnés essentiellement sur
l’importance
de la masse
musculaire,
alors que dans les paysAnglosaxons,
la sélection tendait surtout à favoriserl’augmentation
de l’étatd’engraissement,
dont le reflet extérieur estl’épaisseur
du gras sous-cutané.Les taurillons de race Limousine sont donc caractérisés par un faible état
d’engraissement,
notamment au niveau du grassous-cutané,
et unpourcentage
de muscle élevé. Par
ailleurs,
ils renferment unequantité
de muscles dans lesrégions
dorsale etpostérieure plus
élevée que les animaux de races laitières.La faible
quantité
dedépôts adipeux
dans legain
depoids entraîne,
sur leplan alimentaire,
des besoins pour la croissanceplus
faibles que chez les animauxplus précoces (JaRRrG>!
etal., 1970 ). Toutefois,
cepoint
pourraplus largement
être discuté
après
l’étude de l’évolution de lacomposition chimique
de ces animaux.A
capté pour publication ezz juin I977.
Summary
Evolution
of body composition
iya young Limousine bulLs between 9 and I9 monthsof
ageThe evolution of body composition in young limousine bulls between 9 and 19 months of age is described. hive animals were slaughtered at 304, 440, 543 and 646 kg body weight.
The weight of offals, carcass, various fatty tissues, total muscles and various parts of muscu- lature and bone were measured after dissection (Table i). Evolution of body composition is expressed in terms of allometric relationship of different measurements with empty body weight.
Classical patterns of growth (Table 2) were found for the skeleton (b = o.!r), musculature
(b -- i.oi) and fatty tissues (b « mean ;; ! i.59). However, the grcwtli of fat deposits was
better described by the quadratic relationship of logarithm of body weight; the relative growth
increased from 1.25 to 2.15 between 300 and G5o kg body weight.
Subcutaneous fat showed the highest relative growth (b = 2.44), followed by kidney and peritoneal fat (b = r.8o) then by intermuscular and omental fat (b ! i.48) (Table 4).
Muscles located along the spinal cord and in the hind limb showed the lowest relative
growth, 0.89and o.S3respectively (Table 5). This result was already found with Friesian males
(Roamix et al., iq74) or Red Danish males (AwDEttsi:,w, 1975).
Some particularity of Limousine male cattle are discussed and mainly theirfat content.
At the same carcass weight (2zo kg) (fig. i),Liinousine cattle have io to 16 kg less fat than Friesian
or Red Danish entire male (SCHGLZ et al., i9!4; ANDKRSEX, ig75) and 40kg less than Angus
steers (SEEBECK and TUU.OII, ig68). At the same fatty tissue weight (40 kg), Limousine male cattle have less subcutaneous fat (r3p. cent of carcass fatty tissue weight) than Friesian males
(
15p. cent) or Ai.gus steers (35to 37 p. cent) (Table 6). At the same muscle weight (ioo kg in
half carcass) Limousine male cattle have more muscle located in the loin and the hind limb
(qS.
9
kg) than Red Danish cattle (I3.i kg; ANDERSEN, r9!5).
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