Janvier 2011 – Après quelques mois en Lettres supérieures (première année), les étudiants du lycée Chateaubriand ont été invités à s’adresser aux élèves des classes de terminale afin de témoigner de leur expérience.
Voilà, je suis en classe préparatoire depuis maintenant cinq mois et qu'est ce que j'en retiens ? Beaucoup de nouveauté, d'enrichissement, de surprises aussi, et beaucoup d'inquiétudes certaines fois.
J'ai choisi la prépa parce que j'aimais l'école et lire. En arrivant, j'étais complètement déroutée par le rythme des cours, je me suis dit que je ne parviendrai jamais à suivre, à comprendre et à faire cette montagne de travaux inconnus que l'on me demandait. Une fois ce coup de panique passé, je m'y suis plutôt bien faite.
Parce que si j'angoissais en pensant à la difficulté que cela représentait, finalement cette année m'a fait découvrir un tas de choses qui me plaisent beaucoup. Les cours sont intéressant (et denses !), le travail demandé est certes lourd mais il s'agit aussi beaucoup de recherches personnelles, de lectures (pour ce qui est d'étudier tranquille et de me débrouiller dans mon travail, j'y trouve mon compte bien plus qu'au lycée.) Si j'ai pu être rebutée par le sérieux de la classe (tellement ennuyant !) et bien je découvre ce que cela fait d'être entourée pas des personnes qui partagent le même intérêt pour ce que l'on nous donne en cours. Je sais bien que vu la masse de connaissances que l'on nous déverse dans la tête à longueur de journées il est impossible que je retienne tout, ni même que tout m'intéresse. Mais ce que j'apprécie le plus c'est de découvrir l'immensité de tout ce qu'on peut étudier, pas en un an, ni en deux, mais plus tard oui. Finalement ce que j'ai trouvé ici ce sont des idées, pour continuer à apprendre.
Souvent aussi je trouve cette densité pesante, parce que cela demande beaucoup d'investissement, d'énergie et que c'est décourageant de voir que non, malgré tous les efforts possibles on ne pourra pas lire les dix livres demandés, aller au cinéma (très important), faire une grasse matinée (dormir aussi), rédiger une dissertation (pas si terrible), aller courir (pas si souvent), faire des recherches aux champs libres (super bibliothèque !) et... dans la même journée, quel dommage ! Je pense que ce qui aide à ne pas se laisser submerger du stress de ne pas pouvoir humainement tout faire et d'avoir l'impression de ne faire plus que du rébarbatif et d'oublier que l'on peut aimer ce qu'on fait, c'est d'étaler le travail, de prévoir, de trier, de faire quelque chose d'horrible, vraiment inhumain et si triste : s'organiser. Donc depuis cette année, j'essaye de planifier et c'est sans doute la difficulté la plus grande que j'ai rencontrée jusqu'ici.
Une fois cela fait, j'ai découvert que je pouvais continuer à dormir, à manger, à rire, à parler aux gens, à sortir, à voir des amis de la fac, (qui ont une si belle vie, les chanceux), à lire.
Sinon j'habite à l'internat, il y a de l'eau chaude dans les douches, une cafetière et trois étages à monter, une armoire qui déborde, les colocataires sont invivables, toujours à travailler, à déchirer les rideaux de mon box, voler mon chocolat, et laisser pourrir les sardines en boîte dans le frigo. Je rigole ça se passe très bien, et c'est même une des meilleures surprises de cette année, parce qu'ils rappellent toujours que l'on est pas seul, quelle chance !
Je pense maintenant que si cette année m’apparaît toujours difficile et très exigeante quant à ce que l'on me demande de faire, elle serait invivable si tout ce que j'en tirais était de la frustration et de la douleur.
Cette année ne m'a pas contrainte à oublier tout ce que j'aime, pas du tout, cela reste une année d'étude et il me semble qu'il est vraiment très important de ne pas dramatiser ce qui arrive et de garder à l'esprit que nous restons simplement des jeunes qui font des études. Et c'est bien.
--- Une vie à Chatô
Faire une classe préparatoire est avant tout une expérience. Une expérience de travail, une expérience humaine, une expérience d'apprentissage.
J'ai compris quelques semaines après mon arrivée à Chateaubriand qu'il fallait vraiment envisager cette année comme cela. Une année d'enrichissements, de nouveautés, de rencontres.
L'hypokhâgne, est une rupture complète avec le lycée. Au début, nous nous sentons déroutés, le rythme n'est pas le même, beaucoup de travail, nouvelles méthodes … Il est vrai que l'on peut se poser beaucoup de questions : « Ai-je vraiment fait le bon choix ? Et si la fac c'était mieux ? ». Le premier trimestre fut assez difficile car le rythme était soutenu, et dur à gérer...
Puis les semaines passent... Et on commence à s'habituer, et à sentir de mieux en mieux.
Ce qui est vraiment important, c'est de trouver son rythme et un beau compromis pour se sentir bien.
Aller au théâtre, au cinéma, aller en soirée, faire du sport... Continuer ce qu'on aime faire. Bien sûr, ce sera
des sorties limitées, mais il est important de se trouver des petits moments de détente dans la semaine car c'est ainsi que l'on retrouve une énergie parfois perdue.
Je pense qu'il ne faut pas avoir peur de venir faire une classe préparatoire, car c'est une expérience très riche, et même si on y vit parfois des moments durs, de doute, de stress, de fatigue... nous arrivons à les surmonter, et nous retrouvons le moral . Toutes les nouveautés que l'on a appris en peu de temps, notre culture qui s'élargit, nos amis, et l'internat sont des points très positifs.
Car oui, venez à l'internat ! C'est un lieu de bon entente, où l'on se sent entourée et qui permet aussi d'être dans une ambiance de travail. En première année et pour les filles, ce sont des chambres à quatre, ce qui, je l'accorde, fait très peur au début ! Mais finalement, c'est très agréable de se sentir entourée, il y a une bonne ambiance entre nous, où des liens forts se sont crées. Nous pouvons travailler ensemble ce qui est un grand avantage, et lorsque nous avons des baisses de moral, nous trouvons aussitôt du réconfort ! Nous possédons une cuisine commune, ce qui permet de nous retrouver, ou de faire nos repas quand nous en avons marre de la cantine ( ce qui arrive régulièrement !). Nous nous sommes intégrés très vite au lycée, qui devient notre petit village ! Le seul inconvénient justement, c'est aussi que nous restons parfois trop enfermés dans ce
« petit village », un peu trop excentré du centre de Rennes, mais quand même accessible (15 minutes de bus), seulement le soir, il faut rentrer à 23h … Et là, nous rencontrons un problème, car il est vrai que cet horaire n'est vraiment pas pratique, que ce soit pour nos sorties culturelles ou les sorties entre amis.
Ceci étant dit, pourquoi ne pas tenter la prépa? Il faut se jeter à l'eau, car nous n'avons rien à perdre...
Même si il y a des hauts et des bas, je me rends compte aujourd'hui que je ne regrette pas d'avoir choisi cette hypokhâgne, car nous poussons nos propres limites, ce que nous n'aurions pas fait à l'université par exemple.
Et même si nous travaillons beaucoup, ne vous en faites pas, nous nous trouvons aussi des moments de sorties et de détente. Et quels que soient les résultats, ce ne sera pas un échec, mais au contraire beaucoup d'enrichissements, que ce soit culturellement, mais aussi humainement !
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pré - patatra ? pré - pas facile
pré - paradigmatique et tous ces mot qu'on ne comprend pas pré - pas de vie sociale
...
Mais non voyons !!
Pas à pas, avec de la patience, la prépa devient synonyme de : Pré - passionnante , pré - par ici la culture G ! pré - pas si horrible quand on s'organise bien... et puis, on n'est pas lâchés comme en parachute : y a les parrains !
vous verrez, la prépa, on s'en lasse pas ! On parie ?
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Beaucoup de préjugés circulent sur la prépa ; certains s'avèrent plutôt vrais, d'autres dépendent vraiment des lycées, je crois. En Lettres Supérieures, il est évident que le travail est conséquent (il faut de la régularité et de l'effort) mais rien d'infaisable ; les notes sont, certes, en général plus basses que celles que certains pouvaient avoir l'habitude de recevoir au lycée, cependant elles ne sont pas nécessairement en dessous de la moyenne. En ce qui concerne « la pression », elle n'est pas continuellement présente (les professeurs sont plutôt conciliants). Il est vrai que certains s'adaptent mieux que d'autres mais cela n'est pas une fatalité. Je crois qu'il ne faut pas avoir peur de l'effort lorsque l'on vient en prépa. C'est une année où l'adaptation n'est pas la même pour tout le monde mais je crois qu'elle reste, dans tous les cas, très enrichissante (d'autant plus que les matières littéraires sont, dans l'ensemble, abordées bien différemment du lycée).
Pour ceux qui auraient peur de l'ambiance de classe, je pense qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir. On ne se piétine pas. Il règne d'ailleurs plutôt un esprit d'entraide, dans l'ensemble. Et pour ceux qui auraient peur que la prépa prenne trop de place dans leur vie à côté, sachez qu'il est encore possible d'avoir des activités en dehors et de sortir aussi. Tout est une question de mesure et d'organisation à mon avis.
En ce qui concerne le logement, il me semble qu'il est préférable d'habiter près du lycée pour éviter des trajets trop longs (voire même le bus même si les réseaux de Rennes sont bien desservis) et y aller a pied.
Cela permet des allers et retours plus facilement. De plus, le lycée n'est pas situé très loin du centre ; il est donc facile de s'y rendre lorsqu'on le souhaite.
A noter aussi que le lycée Chateaubriand est un lieu agréable et vivant : un certain nombre d'activités sont proposées comme beaucoup de conférences sur des sujets diverses et variés.
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L'hypokhâgne est, pour ma part, une bonne expérience - même si le travail s'intensifie beaucoup par rapport à ce que j'ai pu connaître auparavant, et que parfois cela peut paraître très dur, j'apprécie ce que nous faisons (approfondir des connaissances, être plus en autonomie...). En général, nous avons tous eu des moments de doute en ce qui concernait notre place en hypokhâgne, mais vraiment, c'est une année à part où l'on acquiert des connaissances en peu de temps et durant laquelle on peut encore réfléchir sur ce que l'on souhaite faire par la suite.
En ce qui concerne ce lycée, je pense que c'est un endroit où il fait bon vivre pour travailler dans la mesure où nous avons pas mal de choses à notre disposition (des salles ouvertes jusqu'à tard le soir, un grand CDI où il y a beaucoup de choses pour se renseigner, des conférences organisées, mais également des activités sportives...). D'autre part, certaines salles de cours sont équipées, ce qui permet d'avoir des cours beaucoup plus animés et captivants.
Enfin, en ce qui concerne l'internat, si certaines personnes peuvent être rebutées par les chambres à 4 (en ce qui concerne les filles de première année), je pense qu'il ne faut pas se formaliser. Il y a dans l'ensemble une bonne ambiance. De plus, être interne permet de trouver des affinités très vite.
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On entend beaucoup de chose sur la prépa et on s'en fait souvent une idée bien souvent fausse. Pour ma part, mon entrée en hypokhâgne à Chateaubriand a effacé beaucoup de préjugés. Je m'étais imaginé des professeurs froids, sans pitié, une quantité de travail qui exigerait de faire une croix sur les loisirs...
bref, quelque chose d'assez horrible. Et malgré toutes ces idées je voulais quand même y aller parce que mine de rien on dit que c'est très formateur, et puis en terminale je ne me sentais pas capable de m'orienter spécifiquement vers telle ou telle matière.
Finalement, mes premiers mois d'hypokhâgneuse n'ont pas du tout ressemblé à l'image infernale que je m'en étais faite. Chacun en a une expérience différente selon sa personnalité, selon le lycée dans lequel il se trouve mais il se trouve que pour moi, ce fut une très bonne surprise.
Les professeurs sont vraiment passionnés par la matière qu'ils enseignent et leurs cours n’en sont donc que plus passionnants eux aussi. Ils sont gentils ! (eh oui !!!) On comprend bien vite qu'ils ne visent que votre réussite et non pas un pourcentage d'admission aux ENS. Ils sont là pour vous accompagner, ils sont à votre écoute et totalement humains !
Pour ce qui est du travail, oui il y en a (ce n'est sûrement pas une surprise) mais c'est humainement faisable. Je pense (et c'est bien sûr un avis personnel) qu'il suffit de s'organiser, de ne pas se laisser déborder, d'acquérir des méthodes efficaces... Et il reste du temps pour les loisirs ! Je n'ai jamais connu depuis le début de l'année des nuits de moins de 7 h pour finir une dissertation ou quoi que ce soit. Il est largement possible de se lâcher, de se distraire, de vivre sa vie !
Cependant, il est vrai qu'il y a des moments plus ou moins difficiles. Parfois, on a l'impression que le travail ne cesse de s'accumuler, qu'on n'y arrivera jamais, on perd un peu confiance en soi et on en vient même à se demander pourquoi on est là. Puis on comprend bien vite que ce n'était qu'une impression, qu'on a les capacités pour le faire, qu'on a tout à fait sa place ici et que mine de rien on progresse, on apprend beaucoup de choses passionnantes.
Je pense qu'il faut tout de même être déjà intéressé par les matières proposées et dans ce cas, les cours deviendront même un véritable plaisir. Les enseignements changent beaucoup de ce que l'on connaissait au lycée, on découvre de nouvelles façons d'envisager les matières, on apprend à travailler et on se découvre aussi beaucoup soi-même. On voit apparaître en nous de nouveaux centres d'intérêts, de nouvelles perspectives, de nouveaux goûts.
Pour conclure, je pense qu'en choisissant de faire une classe d'hypokhâgne à Chateaubriand, je ne me suis pas trompée, l'équipe des professeurs est très agréable, l'ambiance de la classe aussi ! Et en disant tout cela, je suis sincère, n'allez pas croire qu'il y a un enseignant qui me menace avec un couteau derrière mon dos.
Ainsi, si vous êtes un littéraire passionné, que vous voulez vous offrir une année riche en enseignements et en découvertes, la prépa est sûrement une bonne voie.
Janvier 2010 – Après quelques mois en Lettres supérieures (première année), les étudiants du lycée Chateaubriand ont été invités à s’adresser aux élèves des classes de terminale afin de témoigner de leur expérience.
La prépa...
Au début de ma terminale je ne savais absolument pas ce que je voulais faire mais une chose était sûre : pas une prépa ! La prépa c'était bon pour ceux qui ne voulaient plus vivre et acceptaient de passer leur vie à travailler sans voir le jour. Mais petit à petit, l'idée a fait son chemin notamment parce qu'elle m'est apparue comme une voie me permettant de ne pas me spécialiser tout de suite dans un domaine bien particulier au risque de me tromper.
Salons de l'étudiant, brochures de l'ONISEP, portes ouvertes... j'ai traîné mes guêtres un peu partout pour me faire une idée un peu plus précise.
Une des premières choses que j'ai entendu ? "La prépa c'est le bagne". Très rassurée je continue mon chemin et là, ô miracle, le proviseur d'un établissement me dit gentiment pour me rassurer : "la prépa ce n'est pas le bagne... c'est la galère ! Vous souffrez mais vous n'êtes pas seul, vous êtes unis avec vos camarades dans la souffrance".
Maintenant, je peux le dire, la prépa ce n'est ni le bagne ni la galère (non non il n'y a aucun tortionnaire de prof de prépa qui me menace avec un couteau sous la gorge à l'instant même, je vous assure !).
En effet l'idée que j'avais pu me faire de la prépa par ouï-dire est assez différente de la réalité. Pour essayer de vous donner ma propre vision des choses (qui reste tout à fait subjective puisque tout le monde ne ressent pas les choses de cette manière, tout dépend des personnalités et de bien d'autres facteurs que je n'ai pas le temps d'étudier ! ) je vais me dédoubler quelques instants :
- Le terminal stressé par son orientation qui se demande s'il ne court pas à la mort en s'inscrivant en prépa :
"Est-ce que c'est vrai qu'il faut "mettre sa vie en parenthèse" lorsque l'on va en prépa littéraire ?"
- L'hypokhagneuse (mon dieu quel horrible mot) que je suis : ""Mettre sa vie entre parenthèse" est, je pense, excessif. Bien sûr si vous aviez l'habitude de passer votre vie à ne rien faire ou à faire la fête, cette vie risque d'être un peu tronquée... mais autrement ce n'est pas si radical. Disons qu'il y a beaucoup de travail (je suis sûre que je viens de vous apprendre quelque chose que vous ignoriez totalement), qu'il y a de quoi s'occuper tous les soirs, tous les mercredis après-midi et une bonne partie du week-end mais il est tout de même possible de vivre ! J'arrive encore à faire du sport, un peu de musique, lire pour mon plaisir (quand je trouve un peu de temps), voir mes amis, sortir de temps en temps...
-"Quand on vient de terminale S, ce n'est pas trop difficile ?"
- "Au contraire ! C'est ma-gni-fi-que ! Je vous parle en connaissance de cause car je viens moi-même de ce monde infesté de formules ! Pour faire simple : je m'en sortais bien mais ça ne m'intéressait absolument pas.
Et là j'arrive en prépa littéraire... Adieu la physique, la chimie, les maths ! Bonjour Histoire ! Bonjour Géographie ! Bonjour langues, philosophie et français ! Venir d'une terminale S m'a, je pense, permis d'apprécier d'autant plus les matières littéraires ! Bien sûr je n'adore pas toujours ce que l'on fait mais je relativise en me disant que je pourrais être en train d'étudier les vecteurs vitesses, les bobines, les condensateurs, les réactions acido-basiques ou les logarithmes népériens ! Vous verrez, ça redonne tout de suite le sourire.
De plus, avoir une culture scientifique n'est pas totalement inutile dans les classes littéraires (notamment en philosophie où la question de la science est relativement présente).
Seul petit bémol : les profs ont parfois tendance à estimer que tout le monde était en littéraire et font allusion à des œuvres ou des sujets étudiés en terminale L. Ceci étant dit, ça n'empêche en rien de comprendre l'ensemble du cours, vous ne serez pas les seuls, et avec un peu de curiosité la différence est vite comblée.
-"Et les cours ? Ca ne va pas trop vite, c'est compréhensible ?"
-"Je crois que c'est ce qui me faisait le plus peur en arrivant en prépa : la rapidité. Avant, je n'avais jamais vraiment dû prendre de notes et je n'ai jamais écrit très vite... j'avais donc peur d'être perdue. Et bien il s'est avéré que le rythme est tout à fait supportable. Les professeurs sont la plupart du temps clairs et si vous leur demandez de ré-expliquer quelque chose ils le feront. Bien sûr c'est parfois un peu trop rapide mais votre voisin sera toujours là pour vous indiquer ce que vous n'avez pas pu prendre en note.
-"Les profs méritent-ils leur réputation de tortionnaires ?"
- "Non. Ils sont la plupart du temps à l'écoute. Bien sûr tout dépend ensuite du prof lui-même, on ne peut pas généraliser. Il y aura forcément des profs que vous n'apprécierez pas, des réflexions qui vous donneront envie de leur répondre méchamment que tout le monde ne descend pas tout droit de l'ENS et que ce n'est pas pour autant que ces personnes ne valent rien. Mais à part quelques exceptions (que je ne citerai pas pour raison de sauvegarde personnelle…) ils sont plutôt sympathiques.
-"Et les élèves ?"
- "Les élèves c'est vous ! Rien de particulier à dire si ce n'est qu'ils sont tout ce qu'il y a de plus normal ! L'ambiance est bonne et l'entraide est fréquente.
-"Mais alors la prépa c'est le paradis ?"
- "Heu... c'est un peu excessif aussi ! Disons que c'est enrichissant, intéressant et que vous y apprendrez énormément de choses. Vous vous découvrirez peut-être le goût pour une matière qui vous avait jusque là laissé indifférent... ce qui est d'ailleurs assez agréable. Mais à l'inverse, une matière que vous pensiez adorer vous décevra peut-être... Vous serez alors heureux de ne pas vous être spécialisé en celle-ci en fac.
Ceci dit, on aimerait parfois pouvoir se reposer un peu plus... il est parfois frustrant de ne pas pouvoir approfondir ce que vous aimez vraiment, frustrant de ne pas pouvoir s'enrichir d'avantage par soi-même, au delà du cadre des cours...
J'espère que ce dédoublement de personnalité vous aura été un minimum utile. Je tiens tout de même à redire que ce témoignage n'engage que moi et que d'autres vivent probablement très différemment l'expérience de la prépa. Le mieux est encore d'essayer par soi-même !
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L'entrée en prépa...je pense qu'il faut la faire mijoter un peu dans sa tête avant de choisir cette filière, non seulement parce qu'il y a du travail, mais aussi parce que c'est une formation qui apporte beaucoup à condition de s'en donner les moyens.
Oui, parfois c'est décourageant parce qu'on n'a jamais parfaitement terminé un devoir, parce qu'on n'a pas assez travaillé, parce qu'on n'a pas assez peaufiné ou bien parce qu'on a pris du retard. Oui, le moral flirte parfois avec les pâquerettes parce que les journées devraient faire 48 heures et que là encore, le temps nous manquerait. Cela dit, mes premiers mois d'hypokhâgne m'ont appris à éviter le perfectionnisme démesuré, à m'organiser dans mon travail personnel et à acquérir de la méthode. De plus, cela m'a amenée à prendre du recul, ce que je pense être important parce que la réussite en prépa ne semble pas se faire d'un claquement de doigts. La méthode, c'est toute l'année qu'on la travaille. L'organisation, c'est sur la durée qu'il faut la penser et s'y astreindre à moins que l'on sache déjà être carré, concis et efficace.
Autrement dit, la motivation est un bel avantage et au fond, j'en tire pour l'instant un large éventail de points positifs : la pluridisciplinarité permet peut-être un choix d'orientation mieux réfléchi, mais surtout, le fait que les matières s'entremêlent donne toujours plus de richesse et d'intérêt à cette ou ces années. Sans regrets donc, car même si le temps que j'accorde à la musique s'est pour le moment rétréci, c'est une formation intellectuellement stimulante, tant dans le champ des connaissances, des découvertes, des lectures, que dans celui des projets personnels.
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La prépa lettres est une expérience étrange. Beaucoup d'entre nous ont choisi cette filière pour des raisons très simples : elle est LA filière qui va nous permettre d'acquérir des méthodes de travail dignes de ce nom, d'enrichir rapidement notre culture générale... Et au final, après quelques mois passés à Chateaubriand, en hypokhâgne, je ne pense toujours pas que cela soit faux. Comme tout le monde le sait, on travaille pour ça, beaucoup même. Le seul problème est que je pense qu'il est facile de perdre un peu les pieds ici. Je ne suis pas certaine qu'on puisse réellement se rendre compte des progrès réalisés avant d'avoir achevé ce cycle de deux ans. Alors oui, on se lève en se disant qu'aujourd'hui encore il va falloir se montrer plus concentré(e) que jamais, et être à l'écoute même dans certaines matières qu'on n'apprécie pas forcément. C'est le jeu. La prépa est pluridisciplinaire, c'est ce qui fait sa richesse. On nous le dit, et on le sait. Pas facile de s'en rendre compte en cours de route. On a l'impression de ne jamais se poser. On perd de vue nos objectifs. Pourquoi suis-je venu(e) là ? Je me disais que c'était une bonne solution pour me préparer à la suite de mes études et au métier que j'envisage d'exercer. Pourquoi je pensais ça ? Euh... Tout se retrouve chamboulé. Mais malgré ça, on décide de continuer, et on s'imagine déjà en deuxième année, en Khâgne. Pourquoi ? On ne sait pas.
Parce que vraiment, tout ça n'est pas très agréable. On sait que ça nous sera forcément bénéfique un jour ou l'autre. Mais il est parfois dur de devoir supporter en attendant de pouvoir constater une avancée flagrante.
Ce n'est pas le bagne, mais on ne peut pas dire que ça soit très épanouissant d'avancer, comme ça, « la tête dans le guidon ». Je ne regrette pas ce choix, ni le choix du lycée Chateaubriand, où au final je pense que nous ne sommes « pas si mal logés que ça ». Mais je crois qu'il est préférable d'être un(e) vrai(e) passionné(e) pour se lancer en prépa !"
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Si vous décidez (ou peut-être est-ce déjà fait...) de choisir le lycée Chateaubriand en première position sur votre liste de voeux, et si (par bonheur) celui-ci vous était accordé courant juin, je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas un instant, si vous savez que cette voie est faite pour vous et si vous arrivez enthousiastes et avides de connaissances dès le premier jour. Bien sûr, et je parle désormais pour ma part, après la joie de voir que je faisais partie des heureux élus pour cette année, ont succédé des moments d'angoisse, car on réalise alors vraiment ce qui nous attend, même si cette vision est encore teintée de subjectivité.. Les premiers jours auront servi à démolir le célèbre "mythe de la prépa", car ici, ce n'est pas vraiment une classe prépa telle qu'on se l'imagine, avec des profs humiliants, une ambiance de classe à peine existante, et une concurrence de tous les instants. On se rend compte du changement avec le lycée, par les notes (bien sûr, il ne faut pas se leurrer..) et par le travail, mais il est tout à fait possible de "se lâcher", de continuer ses loisirs et, même si le travail est omniprésent (on est là pour ça!), il ne faut pas oublier de vivre sa vie. Évidemment, vous n'échapperez sûrement pas à l'amertume des premières notes, qui, même si on s'y attend, font tout drôles au début, mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas une intention des profs de procéder de cette manière, mais qu'il est tout à fait possible de glaner de très bons résultats si on s'y met rapidement et si on reste ouvert à tous les conseils de travail et de méthode qui sont donnés. Comme je le disais, il faut vraiment aimer travailler et les enseignements qui sont proposés, car il est vrai que la charge de travail peut vite devenir indigeste. Après le premier trimestre, je n'ai jamais eu l'impression d'être submergée de travail (même avec le maximum d'options) et je n'ai encore jamais expérimenté les nuits de 3 ou 4 heures qui paraissaient nous attendre... Je pense qu'une entrée en hypokhâgne reste vraiment bénéfique pour tout le reste d'une scolarité, pour les méthodes mais aussi par la remise en cause permanente dans laquelle on peut se trouver. Parce qu'évidemment, tous les élèves choisis en juin font partie des meilleurs de leur classe aujourd'hui, mais seulement quelques uns le resteront. Pour les autres, il ne faut surtout pas se démobiliser et se dire sans cesse que l'on ne vaut rien, parce que ce n'est pas vrai. Si on le veut vraiment, on peut s'en donner les moyens et réussir, il n'y a pas de raisons.. Certains arrivent en sachant exactement qu'il s'agit d'une voie faite pour eux et où ils veulent aller. Pour d'autres, l'avenir à moyen terme est encore plus que flou et cette année permet de se rendre compte de ce que l'on aime vraiment. J'étais, par exemple, arrivée avec des idées en tête qui ne sont plus du tout d'actualité aujourd'hui.. Même si l'intitulé des matières demeurent quasiment inchangé par rapport à la terminale, leur contenu et la façon de les aborder ne sont plus les mêmes, d'où les évolutions dans les projets.. Mais je peux vous assurer que d'aucune manière vous ne le regretterez.
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"Pas de vie sociale pendant deux ans."
"Des humiliations quotidiennes".
"Des 2, 3, 4/20 à la pelle, tous des sadiques, les profs".
"Faut être fort psychologiquement, sinon tu tiens pas, hein."
"L'esprit de compétition, pas de quartiers entre les élèves."...
C'est l'esprit plein de ces avertissements avisés qui courent dans les couloirs de terminale, tremblante et regrettant déjà de m'être auto-condamnée, que j'arrivai en septembre en classe prépa littéraire à Chateaubriand.
Peut-être vais-je en décevoir certains, qui se plaisaient à imaginer que ces rumeurs étaient totalement fondées... mais j'espère en rassurer d'autres : ne croyez pas ce qu'on vous dit. C'est avec une grande et agréable surprise que je me suis aperçue que la prépa (en tous cas dans ce lycée) n'était pas du tout ce bagne que l'on m'avait décrit. Certes, il y a du travail. Beaucoup, oui. Mais non, il n'y a pas de profs sadiques, pas d'humiliations, pas de 3 ou 4 juste pour nous prouver qu'on ne vaut rien, pas de concurrence déloyale...
Après ces quelques mois passés ici, je ne regrette vraiment pas d'être venue. Les cours m'intéressent, la pluridisciplinarité qui nous est offerte est réellement enrichissante, les profs sont humains (si, si !), passionnants et passionnés...J'avais peur également de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir le niveau requis (je viens de S)... Là aussi, rassurez-vous : si vous êtes ici, c'est que vous avez les capacités pour. Et il n'existe pas de course effrénée vers l'excellence qui laisserait les éléments les plus faibles sur le bord de la piste !
Finalement, pour moi, le plus pénible reste le rythme de travail, tellement différent du lycée et de ce que semblent fournir nos amis aujourd'hui à la fac... Et le manque de temps. Je passe le plus clair du mien dans mes études (sans oublier, bien sûr, de respirer, de se faire plaisir, et de ne pas négliger ses loisirs...). Mais honnêtement, tout bien pesé, ça vaut le coup.
(Après avoir regardé les autres témoignages, je me rends compte que j'ai manqué d'originalité ! Je vous prie de m'en excuser, mais voyez-y aussi la garantie de la véracité de nos dires !).
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Apporter un témoignage sur les classes préparatoires est difficile, non seulement parce que la perception que chaque élève s'en fait (et s'en fera, une fois sur place) est unique, mais aussi parce que chaque discours peut être perçu de manières différentes. J'ai eu la chance de cerner correctement la prépa d'après les discours que j'avais pu en avoir aux portes ouvertes, sur internet, etc ; mais je sais qu'en transmettant ces mêmes discours que j'ai reçu, une partie d'entre vous l'interprèteront comme le fameux « la prépa, c'est le bagne ». Mais partant du principe qu'il vaut mieux, pour ceux qui seraient intéressés par ces classes, avoir le plus de voix possibles sur le sujet, je tente d'exposer des éléments qui je l'espère, pourront vous apporter un éclairage.
Partons de l'idée la plus répandue sur la prépa, le fameux, « la prépa, c'est le bagne ». Oui et non. Oui, parce qu'il ne faudrait pas mentir, la classe prépa est exigeante, voire très exigeante : trois matières à dissertations qui vous demandent des approfondissements divers et du travail régulier sur la longueur, et trois langues qui vous demandent du travail régulier, des exercices, des listes de vocabulaire à rendre ou apprendre à court terme. Au menu, donc, cours, lectures, vocabulaire, exercices divers et variés. Et ce, dans six matières qui vous demanderont chacune toute votre attention (en somme, pas de favoritisme sur une matière ou l'autre aux dépens d'une autre ; la pluridisciplinarité est votre point fort en prépa, autant la cultiver).
Maintenant, j'aimerais vraiment nuancer l'affirmation qui constituerait à dire « la prépa, c'est le bagne » à partir de ce constat.
Déjà, parce qu'elle ne correspond pas au ressenti des élèves – la plupart du temps. En fait, j'aimerais vraiment réduire ce « la prépa, c'est le bagne » à une autre affirmation, à un constat plus objectif : « la prépa est exigeante et demande du boulot ». Le passage de cette affirmation à « la prépa, c'est le bagne » est une interprétation, un ressenti de l'affirmation précédente. Ressenti qui, oui, arrive ! Après, à quelle fréquence, c'est une autre histoire, et je ne pourrais sûrement pas répondre pour l'ensemble de mes camarades. Je suis aussi persuadée que certains doivent réussir à rester étrangers à ce sentiment. Mais il y a, sûrement, des moments un peu durs, qui peuvent effectivement contribuer à passer du constat « la prépa est exigeante » à
« là, j'en ai marre ». Le début d'année, notamment, peut être difficile, puisqu'il faut réussir à installer une routine alors que l'on vous demande des choses que vous n'avez encore jamais faites (et encore une fois,
dans six matières.) Mais finalement, ce « coup dur » de début d'année ne se fait pas vraiment sentir : vous êtes frais, motivés, et l'équipe pédagogique s'attache à vous balayer de l'esprit toutes ces visions d'horreur cauchemardesques que vous avez à propos de la classe prépa (et ils ne font pas les choses à moitié, c'est le moins qu'on puisse dire). Non, les moments où vous risquez de faire ce basculement – du « la prépa est exigeante » à la notion de contrainte - sont plutôt de deux natures : la surcharge, ou le ras-le-bol. La surcharge, contrairement à ce que vous pensez peut-être, arrive rarement d'une explosion inexpliquée des devoirs demandés. En fait, les devoirs « immédiats » (à rendre à court terme) ne sont pas si nombreux que cela (pour peu que vous ne les fassiez pas à la dernière minute), et en cas de télescopage de devoirs maison ou de devoirs surveillés dans une même semaine, les professeurs sont très enclins à décaler leurs dates. Non, la surcharge arrive généralement par un petit ou gros défaut dans votre organisation : petit défaut lorsque vous avez constamment repoussé votre travail sur des devoirs à longue échéance, et que tout se précipite en fin de trimestre lorsqu'il faut tout faire – ou que le concours blanc arrive. Gros défaut lorsque vous n'avez pour ainsi dire aucune organisation, et qu'effectivement tout ajout d'un devoir sur une semaine chargé signifie pour vous de longues nuits. Et puis, outre la surcharge, il y a le ras-le-bol. Les deux sont souvent liés : vous êtes surchargés, vous considérez que vous bossez déjà suffisamment, voire trop, et vous n'avez pas ou plus envie d'en faire plus : vous en avez ras-le-bol. En ayant ras-le-bol, vous faites autre chose, vous prenez du retard, etc, etc. Mais le ras-le-bol est plus vicieux, dans le sens où il peut arriver sans surcharge : il suffit que vous ayez très très envie de sortir, très très envie d'aller au ciné, très très envie de jouer de tel instrument de musique, très très envie de dessiner, que sais-je, et peut-être alors le travail à faire se transformera en tâche ingrate privative. Ça arrive, évidemment. Mais ce n'est pas nouveau ! La différence ici est que cela vous coutera sûrement plus cher. Aussi, dernière remarque, sachez que si parfois vous passez du « la prépa est exigeante » à « la prépa est le bagne », alors sachez que ce ne sont la plupart du temps que des passages – enfin je l'espère, on verra bien les autres témoignages de mes camarades. Les vacances, un week-end, un concours blanc, une soirée à faire ce que vous voulez, une petite réorganisation pour ceux qui s'organisent, et ce ressenti part.
En parlant des hobbies d'ailleurs, il pourrait être le deuxième facteur qui m'amène à nuancer le « la prépa, c'est le bagne ». Le propos va être beaucoup plus court, en fait, c'est un simple constat : la plupart d'entre nous avaient des hobbies. La plupart d'entre nous les ont gardés. Tous avons une vie hors de la prépa (oui, je précise pour ceux qui s'en inquiéteraient). Évidemment, il n'est plus possible de faire telle ou telle activité de manière intensive, ou de sortir tous les deux soirs. Mais pour les inquiets, sachez que la sortie du jeudi soir en ville est préservée, et que toutes les personnes avec qui j'ai pu discuter sur le sujet arrivent à préserver quelques heures pour leur hobby – même si pas forcément toutes les semaines, je vous renvoie à la surcharge dont je parlais ci-dessus.
Ce point visait à dissiper les craintes les plus directes. Le point que je vais développer s'attache à une constante générale, quelque chose qui englobe un peu notre travail, et qui est selon moi une raison décisive du fait que le passage du « la prépa est exigeante » à « la prépa, c'est le bagne », ne se fait que de manière temporaire. Cette raison, c'est l'ambiance générale. Étant un peu asociale sur les bords, je ne parlerai pas tant de mes camarades – bien que, même sans être dans un groupe particulier, je peux vous assurer que l'humeur est à la convivialité, au soutien, et à la bienveillance mutuelle. Non, je vais ici parler de l'équipe pédagogique et de la perspective dans laquelle celle-ci se trouve. Pour en donner une illustration directe – que j'ai en fait déjà donnée -, nos professeurs ont littéralement passé la première semaine à détruire les différents préjugés, les différentes craintes que nous pouvions avoir. Je n'avais pas une image particulièrement effrayante de la prépa à l'époque, mais ces discours ont clairement rassuré certains qui pouvait en avoir cette image. Discours qui n'est d'ailleurs pas mensonger, dans le sens où il serait fait seulement pour nous rassurer : quelques mois plus tard, nous avions eu l'occasion d'en parler, et l'idée générale était alors bien que la prépa était totalement faisable, et dans des conditions qui n'étaient pas celle d'un enfer pavé de nuits raccourcies, si ce n'est inexistantes. Oui, je le répète, le boulot est là, et parfois, voire souvent le timing de votre semaine est serré. Des fois, oui, le coucher sera plus tardif que souhaité – je dis ça en tant que personne qui déteste dormir moins de 9h. Mais l'image de l'élève de prépa qui a renoncé pour de bon à ses nuits est un mythe ! Et je ne parle même pas du fait que ce serait complètement contre- productif. Après, peut-être certains fonctionnent comme cela, mais je peux difficilement vous renseigner sur le sujet. Cette parenthèse faite, je reviens donc sur l'équipe pédagogique. De manière générale, l'attitude des professeurs est incroyablement positive et peut être un réel facteur de motivation – même si l'on sait que nous faisons cela pour nous-mêmes, etc, etc. Chacun a sa manière de dire et surement de voir les choses, mais les discours, sauf exception, sont tous vraiment positifs. Soit parce qu'ils vous présentent votre travail
comme quelque chose de franchement motivant et intéressant – et ça l'est ! -, en mettant en valeur les enjeux de nos différents travaux pour mieux nous donner envie de bien les faire. Soit en nous offrant encouragements dans les passages réputés difficiles – j'en viens même à me demander si les avertissements à outrance sur le « spleen » de l'hiver n'a pas contribué au dit-spleen. Mais aussi, comme je le disais, en restant attentif à nos demandes, notamment concernant la répartition du boulot. Certains pourront vous « prendre par la main » en vous explicitant les différentes étapes de votre progression. D'autres au contraire, vous mettent en valeur en tant qu'étudiants autonomes et vous incitent tellement à prendre vos responsabilités que vous en sortez avec l'envie d'être encore plus rigoureux envers vous-mêmes. Certains arrivent à mélanger les deux – enfin bref, généralement, le passage en classe donne vraiment envie de vous remettre à bosser le soir.
Même si je dois bien avouer qu'ici mon avis ne doit pas forcément être partagé, j'entends très bien que sortir de 6h de cours peut ne pas constituer une motivation folle en soi. Mais dans tous les cas, vous êtes ici à des lieues d'une équipe pédagogique cassante, jouant sur la compétition, ou je ne sais quoi. Dans ces conditions, oui, là j'imagine très bien que la prépa pourrait être considérée comme un bagne. Mais je tiens vraiment à mettre en valeur que le projet général que relaient les professeurs est positif, constructif, et vraiment motivant.
Je finirai sur ce qui est pour moi le véritable enjeu de la prépa et qui contribue, encore une fois, à relativiser ce « la prépa, c'est le bagne ». Cet enjeu, c'est celui d'apprendre à s'organiser, à gérer le temps, mais en relativisant et en fixant des priorités. A assimiler, en quelques sorte, le fonctionnement de la prépa. Et cela va aussi m'amener à partager mon avis sur deux avis opinions sur la prépa : « Si tu bosses déjà tout le temps au lycée, tu ne t'en sortiras pas » et « Si tu n'as jamais réussi à te mettre au boulot au lycée, espère pas t'en sortir en prépa ». Bon, en gros, vous l'aurez compris, la prépa est exigeante. Vous avez toujours beaucoup de boulot. Et un temps insuffisant pour le faire. Tout l'apprentissage de la prépa, c'est déjà, de réussir à mettre en place une organisation, si cela n'a encore jamais été fait. Et de réussir, non pas à caser tout votre boulot dans votre emploi du temps, ce qui se trouvera être impossible à long terme (si vous faites tous vos exercices jusqu'à votre « mieux possible », vous n'avancerez pas assez sur les échéances à long terme). Non, si vous voulez tout faire, et bien, vous n'arriverez qu'à avoir un emploi du temps intenable et crevant, et donc au final contre-productif. Non, il s'agit justement de couper dans le temps lorsque nécessaire, de voir quel exercice peut se faire plus rapidement qu'un autre, d'arriver à balancer échéances à court et long terme, voir là on l'on peut gagner du temps, rentabiliser encore plus des exercices que de toute manière vous faites déjà, bâcler certaines choses dans une période de surcharge pour éviter de prendre sur votre sommeil, réussir à privilégier du long terme sur du court terme, etc, etc, etc. Savoir ce que vous faites, pourquoi, pendant combien de temps, pourquoi, quand, comment. Malheureusement pour nous et pour vous, ça ne vient pas forcément comme cela. Vous pouvez en avoir conscience, mettre en place une organisation, faire des choix dans votre boulot de manière consciente. Vous pouvez totalement ignorer ce côté de la prépa et le faire « de fait », contraint et forcé devant la masse de boulot et le nombre limité d'heures dans votre semaine – il faudra bien trier, et votre tri sera de plus en plus efficace avec le temps (au bout de quelques DM que vous finirez la veille – au mieux -, peut-être arriverez-vous un jour à vous forcer à vous y mettre plus tôt.) Pour illustrer cet enjeu, prenons les deux profils légèrement cliché et extrêmes que certains dégagent parmi les prétendants à la prépa au lycée : l'élève perfectionniste, qui a appris à s'organiser, qui bossait déjà
« démesurément » au lycée. Et de l'autre, l'élève qui ne s'est jamais trop mis au boulot et qui s'y est bien habitué. Prenons l'élève perfectionniste. Fort de ses méthodes de travail et d'organisation, de sa capacité de travail également, il profitera sûrement de ces dernières pour tenter de tout faire, très bien – à son mieux possible, en tous les cas. Il part donc avec des avantages – organisation, capacité de travail, rigueur. Mais il part avec un inconvénient majeur : la rigueur dans sa forme extrême, en somme, le perfectionnisme. 1ère possibilité au début du chemin de la prépa, donc : vouloir tout faire, au mieux possible, grâce à ses capacités d'organisation et sa capacité de boulot. Ce qui ne pourra pas marcher, d'après ce que j'exposais. Il faudra donc apprendre à relativiser, à couper dans le tas, à bâcler accessoirement, en tout cas à accepter de ne pas aller dans la profondeur, bref. 2ème profil : l'élève qui lui a appris à relativiser, qui sait couper dans le tas, souvent très fort pour trouver les méthodes les plus efficaces (avec le meilleur rapport résultat/temps, en somme). Mais sans avoir jamais établi de réelle organisation. Bon, eh bien le challenge sera de se forcer à bosser, d'acquérir des habitudes de travail, etc, etc. Forcément, ce que je présente ici est simplifié, grossier, abstrait tout ce que vous voulez. Il a cependant pour moi le mérite de réussir, peut-être, de transcrire un peu cette idée que j'ai de toute manière du mal à exprimer : celle de cet enjeu de la prépa, d'un espèce d'apprentissage à la dure, sans qu'on en soit forcément conscients, des priorités, de l'efficacité, du choix.
Enjeu que j'ai clairement raté ici, puisqu'à l'exercice « Faire un témoignage informatif destiné nos futurs –
peut-être - camarades », j'ai fourni un exposé de trois pages qui donc, de fait, ne sera pas lu par une grande partie d'entre vous. Comme quoi, c'est un apprentissage ! Quelques mots avant de vous quitter, tout de même, qui vont surement contraster avec le reste. Je tenais simplement à donner des informations brutes, des chiffres notamment, que j'avais cherchés et que je ne trouvais pas forcément avant de venir en prépa, qui peuvent peut-être donner une idée du rythme concret. Un emploi du temps type est disponible sur le site, mais je donne tout de même le nombre de mes heures de cours : 6h par jour, la journée finit à 16h, le mercredi après-midi est libre (sauf si un professeur décide de l'occuper par un DS – cela est arrivé rarement dans ma classe) le samedi également (sauf si vous assistez aux cours de culture générale du samedi matin).
Ceci sachant que je n'ai pris qu'une option, et que vous pouvez en prendre jusqu'à trois : rajoutez deux heures de cours pour chaque option supplémentaire (et vous êtes de toute manière obligés d'en prendre une).
J'hésite à donner des indications sur mon rythme de boulot lorsqu'il fonctionne bien, parce qu'il est clair que nous avons tous des manières de nous organiser bien différentes : mais en gros, comptez deux heures par jour pour tout ce qui n'est pas lié au boulot – oui, repas inclus. Mais cela a l'avantage, quand j'arrive à m'y tenir, de pouvoir ainsi me coucher à 22h, sans quoi je suis de toute manière totalement inefficace. Les soirées du week-end sont libres, pas les après-midi, et les matins sont quelques peu raccourcis par les grasses matinées. Bon, là encore, j'aimerais relativiser : c'est une organisation (en l'occurrence, c'est juste le nombre de mes heures libres), d'une élève à tendance perfectionniste et mordue de techniques de travail et de gestion de temps, et quand celle-ci arrive à s'y tenir. Je doute fortement que cela soit représentatif, mais ça donne au moins une idée de ce qui peut se faire. En autres chiffres concrets, j'aurais aimé présenter le nombre d'exercices que j'ai en moyenne par semaine, mais cela est rendu plus difficile par le fait que ce nombre a soudainement augmenté depuis que nous nous attaquons à l'exercice du commentaire de texte. Comptez un texte à étudier (cela va de la lecture approfondie au commentaire) par jour, rajoutez-y moins de cinq cents mots de vocabulaire par semaine, ça et là des colles (interrogations orales dans un temps de préparation limité – contrairement à nos collègues scientifiques, nous avons plutôt une colle toutes les deux ou trois semaines que trois colles par semaine), quelques dissertations maison (trois, depuis le début de l'année), et quelques exercices de latin par semaine. Plus les lectures régulières, les prises de note, nécessaires pour les matières à dissertation. Et les DS à préparer – qui ne sont pas en si grand nombre, le concours blanc gardant une certaine importance de ce point de vue.
Voilà donc pour les ordres de grandeur que je voulais apporter, et de manière générale, pour mon témoignage. Un dernier mot tout de même pour ceux qui hésitent à aller en classe prépa, et oui, la question mérite réflexion. Vous avez déjà du entendre cette idée, mais je la trouve particulièrement juste : vous pouvez toujours venir, vous n'avez rien à perdre, et vous verrez bien. Elle est juste non seulement au niveau du fond, mais aussi parce qu'elle met bien en valeur le fait qu'il est toujours difficile de se représenter la prépa avant d'y être. Il y a un moment où le nombre de discours que vous aurez entendu n'y changera plus rien, et qu'il faudra bien choisir. Dans tous les cas, j'espère que vous arriverez à vous dépêtrer de vos questions d'orientation et que vous serez heureux dans votre choix, quoi qu'il soit.
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Décembre 2008 – Après quelques mois en Lettres supérieures (première année), les étudiants du lycée Chateaubriand ont été invités à s’adresser aux élèves des classes de terminale afin de témoigner de leur expérience.
L'hypokhâgne, "ça vous gagne" ?
La Prépa... le grand mot qui fait peur. Depuis bien longtemps, Elle effraie les futurs bacheliers et les fascine à la fois. Qu'est-ce donc que ce grand monstre ? Sphère dorée de l'élite nationale à l'enseignement ésotérique
? Secte réunissant des adeptes du masochisme intellectuel et de la mortification ? Après un trimestre passé au lycée Chateaubriand -c'est à dire finalement plus proche encore du baccalauréat que des concours de fin de khâgne-, je voudrais simplement vous livrer ma vision personnelle de la prépa littéraire. Je me rappelle bien avoir hésité en pianotant nerveusement sur le site d'admission post-bac, me remémorant que j'étais en train de postuler pour le lycée de « l'excellence pour tous » ( mais surtout pour les meilleurs, pensais-je), puis en juin souscrivant pour des khôlles - à l'orthographe pompeuse déjà irritante -, des montagnes de devoirs et toute une clique de professeurs cruels et acharnés. Alors voilà : on vous a dit qu'en prépa, on travaillait beaucoup ? C'est vrai. On vous a raconté que vous auriez de mauvaises notes ? Ce n'est sans doute
pas faux (mais voilà toute la nuance, s'il est rare de n'avoir aucune note décevante, en avoir de bonnes n'est pas si exceptionnel). On vous a parlé de déprime, de dépression ? Peut-être y a-t-il un fond de vérité (mais l'abattement occasionnel est combattu par l'amitié !). On pourrait longtemps forcer les traits par plaisir pour alimenter le mythe, mais la légende noire n'est pas entièrement conforme à la réalité : à ce stade de l'année, je dirais surtout que les professeurs de Chateaubriand ne sont pas des bourreaux, mais qu'ils sont bien plutôt attentifs à leurs élèves ; j'ajouterais aussi que contre nos préjugés à tous en début d'année, l'ambiance de classe est chaleureuse, que vivre parmi des personnalités si diverses est enthousiasmant et qu'enfin, je m'y suis fait de très bons amis. C'est ensemble que nous découvrons la ville de Rennes, en allant par exemple au planétarium la semaine dernière ou bien à la crêperie la semaine précédente, et avec nos professeurs je vous prie ! C'est donc sincérement que je vous confierais que les vacances sont toujours bienvenues comme un repos bien mérité mais encore que la prépa nous les fait aborder avec un esprit aiguisé, rendu plus curieux par certains cours passionants qui donnent tout simplement l'envie d'en savoir plus ! Loin des élèves l'idée de réclamer plus de travail, mais pourtant, fait étonnant en prépa littéraire : l'on aspire parfois à du temps libre... pour lire ! Évoluer dans un univers jalonné par les lettres ne peut bien sûr qu'ouvrir l'appétit...
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Je voudrais rassurer tous ceux qui désirent entrer à Châteaubriand et qui ont entendu tous les clichés possibles et imaginables sur les classes préparatoires comme celle de Châto : retour au bonnet d'âne et au tableau d'honneur, compétition entre les élèves qui ne pensent qu'à une chose: écraser les autres pour être les meilleurs, profs profondément détestables qui adorent humilier les élèves,... Et j'en passe.
Il est vrai que la charge de travail en classe prépa est importante, mais c'est un rythme à prendre et si vous avez réussi à rentrer à Châto, c'est que vous en êtes capable. Et puis, il ne faut pas oublier que les matières littéraires étudiées sont généralement des matières appréciées (sinon, on ne choisit pas une classe littéraire!), ce qui est d'autant plus encourageant.
En ce qui concerne les autres clichés évoqués plus haut, sachez que je suis dans une classe qui a une ambiance particulièrement bonne, on s'arrange tous et il n'est pas question d'une compétition entre nous.
Chacun travaille pour soi-même. En outre, les profs ne sont pas là pour nous enfoncer, au contraire ils nous rassurent sur nos notes: les notes ne sont en effet pas les mêmes que celles de terminale, et il est parfois difficile d'atteindre la moyenne. Mais là encore, il s'agit d'un rythme à prendre: avant, 18 était une excellente note, maintenant on est content si on a 10 ! Les profs nous rappelent même parfois de ne pas oublier de nous détendre!
Bref je ne sais pas si j'ai réussi à vous rassurer mais je vous garantis qu'il ne faut vraiment pas appréhender la rentrée à Châto. Vous devriez plutôt avoir hâte : c'est une nouvelle vie qui commence !
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Bonjour à tous !
Mon témoignage ne vaut que pour les élèves qui n’avaient pas l’habitude de travailler dans le secondaire.
Bien sûr cette une notion toute relative, disons donc que si vos profs disent de vous que vous avez de l’intuition, d’évidentes capacités mais que cela ne suffit pas et vous menacent de désenchantement dans le supérieur, vous avez mon profil. Ce que j’ai été forcé de constater au cours de ce premier trimestre, c’est qu’il y a en prépa une vraie culture du travail et de l’effort, qui m’est assez étrangère. Il s’agit d’une difficulté difficile à dépasser, néanmoins ne vous laissez pas décourager par avance, car contrairement à ce qui peut arriver au lycée, en prépa on se surprend rarement à travailler pour des choses pour lesquelles on n’éprouve aucun intérêt.
L’important est de savoir si vous avez le goût de la réflexion et aimez les challenges intellectuels, si c’est le cas vous finirez par trouver du plaisir à travailler, et surtout vous aurez l’agréable sentiment de progresser à toute vitesse. Je ne cacherai pas que je me suis souvent sentie désemparée par les questions que l’on me posait, et que si c’est un sentiment qu’il est toujours désagréable d’expérimenter, ça l’est d’autant plus quand cela arrive dans une matière avec laquelle on s’était toujours senti à l’aise. Compte tenu de l’exigence d’une filière telle que l’hypokhâgne, le plus déterminant est sans doute la capacité de chacun à se remettre de cette blessure narcissique.
En ce qui me concerne, j’ai fini par prendre conscience que la quasi-totalité des élèves de Lettres sup venaient à douter profondément, d’autant plus que l’hypokhâgne est souvent une année d’orientation et que
certains d’entre nous se disent « à quoi bon me fatiguer, je ne veux pas rentrer à l’ENS, et je ne suis même pas sûr de vouloir faire des études littéraires ». Cette question vous viendra certainement, et vous seuls pourrez y répondre ; mais ce constat me permet de revenir sur un cliché assez répandu sur les prépas, selon lequel l’ambiance serait détestable. Je ne peux faire aucune généralité, mais à Châteaubriand je dirais que l’ambiance est assez conforme à celle d’une classe de lycée, à ceci près que les classes sont bien plus calmes. Il y a de l’entraide, il ne viendrait à l’idée de personne de dénoncer celui qui n’a pas fait son travail dans l’espoir de se faire bien voir, et quand on estime qu’on n’a pas trop de boulot, on sort prendre des pots ensemble… Les rapports, simplement, sont davantage orientés sur les cours : on encense ceux qui bossent bien et ceux qui font preuve de brio, à l’inverse on ne peut s’empêcher d’être aigri envers celui qui semble être venu là en touriste, ne rend pas les devoirs ou est trop désinvolte. Le genre d’attitude jugée cool au lycée est bien plus stigmatisée en prépa. Il se peut, cependant, que vous preniez goût à être entourée de personnes ayant les mêmes centres d’intérêt que vous. Et après tout, tant qu’on ne se monte pas la tête avec des histoires « d’élite de la nation » ou de « supériorité intellectuelle » il n’y a pas de mal à ça, je crois.
Je finirai sur le sujet qui terrifie tout le monde : les profs ! Ceux auxquels j’ai affaire ont à cœur de nous faire progresser et de nous mener là où nous le souhaitons. Ils sont exigeants, c’est indéniable, mais en contrepartie ils nous accordent une attention tout à fait inestimable. Il n’est pas question que de boulot, ils acceptent que le fait de devoir gérer de front une année scolaire exigeante et l’adaptation à un nouveau mode de vie, parfois loin de nos famille, ne soit pas toujours facile. Attention ils ne sont pas non plus complaisants et s’accordent le droit de vous administrer – le cas échéant – le coup de pied aux fesses dont vous avez besoin. Il y aura toujours des profs que vous n’aimerez pas, car c’est inévitable, mais ce qui me semble le plus important, c’est que les rapports entre élèves et enseignants sont bien plus humains en prépa qu’en fac.
Avoir son propre appartement, se séparer des parents, être pour la première fois dans sa scolarité quelque part tout en sachant qu’on aurait tout à fait pu aller ailleurs, et avoir le droit de se planter, c’est beaucoup de liberté à gérer et on peut facilement se laisser emporter. Je conseille à ceux qui se connaissent suffisamment pour admettre qu’ils seraient ont besoin de surveillance pour travailler de faire le choix de l’internat. Même si l’ambiance n’est pas très studieuse, il s’y exerce un autocontrôle indéniable : on ne peut pas prétendre n’avoir rien à faire, et on finit bien par s’y mettre. Je crois que c’est ce qui m’a manqué. Je ne sais pas si j’aurai la motivation nécessaire pour terminer cette année et ne pas faire le choix de la facilité en partant pour la fac, néanmoins au terme de ce premier trimestre je reste convaincue que rester ici et faire ce qu’on attend de moi est un choix qui m’apportera beaucoup plus pour la suite de mes études, et même professionnellement. Quoi que je fasse, en tout cas, j’aurais beaucoup appris sur moi-même, ce qui est toujours profitable.
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On pourra toujours trouver de nombreux clichés dévalorisants sur les classes préparatoires. On fera bien évidemment mention de l’habituel « bourrage de crâne » des étudiants, de l’esprit de compétition, d’élèves surchargés de travail et déprimés de voir leur vie privée disparaître au profit de leurs études, et l’on finira inévitablement par ces professeurs exigeants, voire inhumains, soumis à la pression de la réputation de leur lycée.
Si je souhaite démentir ces clichés, faux-semblants et idées reçues sur les classes préparatoires, c’est parce que, arrivée au terme de ce premier trimestre, j’ai non seulement pris conscience de mon enrichissement personnel depuis le début de l’année, de l’ambiance fraternelle et solidaire au sein de notre classe, mais aussi d’une volonté d’appui et de soutien réelle de la part de nos professeurs. Bien sûr, ces études restent un frein à la formation de jeunes adultes responsables prêts à entrer dans la vie professionnelle, le monde dans lequel nous évoluons étant extrêmement encadré et scolaire, mais je dois dire que, loin de l’esprit de compétition soi-disant caractéristique de ce genre de classe, l’émulation produite par les différentes interactions entre les élèves nous incite à donner le meilleur de nous-mêmes. Si la quantité de travail reste toutefois importante, chaque semaine de cours nous procure un enrichissement considérable, à la fois sur le plan intellectuel et scolaire, mais avant tout sur nous-mêmes, c’est-à-dire sur nos propres capacités, nos limites, ainsi que sur notre manière de percevoir et d’appréhender le monde qui nous entoure.
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Depuis la cinquième, je vise l’agrégation d’Anglais. De ce fait, la voie la plus simple et la plus attrayante qui
m’apparaissait était d’y parvenir par la voie universitaire classique, car elle est celle qui nécessite le moins de travail, a priori, et aussi celle qui permettrait de faire le plus d’Anglais.
Néanmoins, dans mon contexte familial, il s’avérait tout de même fort recommandable de passer par la case
« Classe préparatoire », qui était mise sur un piédestal comme étant quelque chose de difficile mais par lequel il fallait passer pour réussir dans la vie. Celle-ci apparaissait donc comme une terrible fatalité que je me devais d’accepter, un véritable mythe dont tout le monde parlait mais que très peu connaissaient.
J’ai donc préparé et envoyé mes dossiers par conscience familiale, pour faire plaisir à Papa et à Maman. Le 3 juin, je découvre avec stupeur mon admission à Chateaubriand, alors que nombre de mes professeurs m’avaient prouvé que ce n’était qu’un rêve auquel il ne fallait pas que je m’abandonne, sous peine d’être extrêmement déçu, et si j’y parvenais, cela serait extrêmement difficile pour moi et que ce n’était donc pas du tout l’orientation qui me convenait.
Cependant, malgré le prestige du lycée qui donne a priori du baume au cœur, le mot « Chateaubriand » rimait étrangement avec « tripalium ». Le 2 septembre, je me rendis donc au lycée, comme si je me rendais dans un tombeau dans lequel je devrais vivre pendant un an (parce que tenir deux ou trois ans semblait alors invivable)., sentence à laquelle j’avais été condamné par mes parents, et tombeau dans lequel je ne trouverais autour de moi que des camarades enlaidis par leur introspection livresque.
DECEPTION. La semaine du 1er septembre a éteint à tout jamais mes clichés sur les classes préparatoires.
Non, les professeurs ne sont pas des tortionnaires. Non, mes camarades ne sont pas laids. Non nous ne sommes pas morts à la tâche (j’ai conservé deux loisirs prenants le weekend en travaillant bien la semaine).
Non l’Anglais n’est pas relégué au 2nd plan.
Je ne peux donc que remercier les préjugés qui m’avaient été soumis, dans la mesure où il n’ont fait qu’accroître le soulagement que j’ai connu.
Vous aussi, venez craintifs, vous n’en serez que plus heureux.
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La prépa, tout le monde s’en fait une montagne à cause de ce qu’on peut entendre d’inhumain à son sujet.
Nous sommes 50 en LS, et pourtant aucun zombie à l’horizon ! Pour moi la prépa Lettres est une agréable surprise, où l’on vous considère comme une personne à part entière et non comme un simple nom sur une feuille. Les profs, par exemple, prennent tout le temps nécessaire pour vous expliquer ce que vous avez besoin de savoir. À propos de la légendaire émulation insupportable des classes prépa, pas de panique non plus ! Pour l’instant, à Chato en tout cas, cela s’avère être une rumeur infondée. Les élèves, plutôt que de déchirer en cachette et d’avaler ensuite les pages des livres pour les faire disparaître définitivement, préfèrent travailler ensemble et s’entraider, parce que le rythme de travail est tout de même assez soutenu ! Donc pas d’inquiétude à avoir sur l’ambiance de la classe, ça ne doit arrêter personne. D’accord, le premier jour, tout le monde se regarde un peu en biais, mais après la première semaine en LS il y avait déjà une très bonne ambiance ! Si vous souhaitez entrer en prépa à Rennes et que vous vous inquiétez de la question du logement, je pense que le mieux et de trouver un appartement ou une chambre chez l’habitant à proximité du lycée, histoire de ne pas se lever à 6h00 tous les matins pour faire 20 minutes de bus avant d’arriver. Il y a beaucoup de logements pour étudiants aux alentours du lycée, la rue des Plantes notamment, où doit loger une bonne partie des élèves de LS. Morale : ne pas écouter toutes les rumeurs sur la prépa et venir s’en faire sa propre idée !