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Formation PME Comptabilité analytique (ou comptabilité d’exploitation)

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Academic year: 2022

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Formation PME

Comptabilité analytique (ou comptabilité

d’exploitation)

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La comptabilité générale (ou comptabilité fi nancière), à savoir le bilan ou le compte de résultats, constitue un pilier essentiel de la gestion d’entreprise. Elle renseigne sur les résultats enregistrés par une société au cours de l’exercice.

Qu’en est-il de la comptabilité analytique (ou compta- bilité d’exploitation)? La comptabilité analytique est un outil standard qu’utilisent toutes les grandes entreprises pour mesurer et améliorer leur rentabilité. Les PME sont souvent réticentes à utiliser ce type d’instrument en plus de leur comptabilité générale, soit parce qu’elles n’en voient pas la nécessité, soit parce que le coût leur paraît trop élevé.

La présente formation a pour objectif de vous familiari- ser avec la comptabilité analytique et surtout de vous en présenter les grandes lignes. Cet outil répondra à certai- nes de vos questions, notamment sur la façon de fournir une prestation en générant le moins de coûts possibles ou d’optimiser une prestation malgré des contraintes de coûts.

1. Objectif de la comptabilité analytique

La comptabilité analytique est un outil qui vise essentiel- lement à améliorer la transparence au sein de l’entrepri- se. Elle souligne notamment quels sont les coûts générés par un domaine ou quelles sont les performances néces- saires à la création d’un produit ou d’une prestation de service. Cette comptabilité fournit en outre à la gestion d’entreprise des informations supplémentaires pour lan- cer des mesures correctrices si les résultats de l’organi- sation ne correspondent pas aux attentes. Elle permet de répondre de façon plus ciblée aux questions suivantes:

• Le prix facturé par l’entreprise pour un produit ou une prestation est-il adapté? J Problématique: en l’absence d’une comptabilité analytique, le coût de re- vient d’un produit ou d’une prestation est mal calculé et ces derniers sont vendus trop cher ou pas assez cher sur le marché.

• Pourquoi les coûts ont-ils grimpé en fl èche dans un département donné? J Problématique: des décisions erronées ont été prises dans le cadre des mesures d’économies et d’optimisation budgétaire lors de la planifi cation et de la budgétisation.

Avant de passer à l’explication des aspects essentiels de la comptabilité analytique, nous expliquerons la différen- ce entre comptabilité générale et comptabilité analyti- que. Vous comprendrez mieux pourquoi la comptabilité analytique est un outil de gestion moderne.

2. Différence entre comptabilité analytique et comptabilité générale

La comptabilité générale a pour objectif de saisir de fa- çon systématique et rigoureuse des valeurs réelles. Elle documente ainsi toutes les opérations comptables per- tinentes liées à l’activité opérationnelle. La comptabilité générale s’intéressant principalement aux affaires qui lient l’entreprise et son environnement, en vue notam- ment de mesurer sa compétitivité, elle a besoin d’être complétée par d’autres sources d’informations.

La comptabilité analytique peut à cet égard constituer une source d’informations interne très importante. Elle saisit toutes les activités internes de l’entreprise et, contrairement à la comptabilité générale, peut prendre en compte des opérations non monétaires. Elle permet ainsi de déterminer les coûts et les tâches directement ou indirectement occasionnés par les différentes fonc- tions assurées par l’entreprise.

Enfi n, il faut également retenir que, contrairement à la comptabilité générale, la comptabilité analytique n’est pas soumise à des directives, ni sur le fond ni sur la forme, et que son élaboration est exclusivement laissée à l’appréciation de l’entreprise.

3. Le compte des coûts

Elément essentiel de la comptabilité analytique, le compte des coûts refl ète la ventilation des coûts générés par l’entreprise en fonction de leur nature, des services qui les générèrent et de leurs supports. Les sections suivantes ainsi que le tableau ci-après expliquent les différentes étapes du calcul des coûts.

Compte des coûts

Coûts directs (directement imputables) support de coûts

Coûts indirects (imputables indirectement) support de coûts Comptedes typesde coûts

Calcul des supports de coûts

Produit 1

Produit 2

Produit 3 Compte des centres de coûts

Achat de matériel Atelier 1 Atelier 2 Vente Bâtiment

Energie

Administration Centres de coûts directs Centres de coûts

indirects

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Formation PME Comptabilité analytique (ou comptabilité d’exploitation)

Coûts en fonction des facteurs de production utilisés:

• Frais de personnel (salaires, primes, coûts sociaux, etc.)

• Frais de matériel (matières premières, matières auxiliaires, etc.)

• Coûts des services (transport, énergie, conseil, assurance, etc.)

• Coûts du capital (amortissement, intérêt, etc.)

• Coûts des locaux (loyer, bail, nettoyage, etc.) Coûts par fonction d’exploitation:

• Frais d’approvisionnement et de matériel

• Coûts de fabrication

• Frais de distribution

• Frais fi scaux

• Frais de gestion Coûts imputables:

• Coûts directs liés à un produit déterminé (maté- riel de fabrication, salaires à la tâche, etc.) ou à la fonction assumée au sein de l’entreprise (salaire du responsable de la distribution, coûts énergétiques et frais de nettoyage liés à l’administration) et qui lui sont directement imputables.

• Coûts indirects: contrairement aux coûts directs, les coûts indirects ne peuvent être imputés à un produit ou à une fonction. C’est pourquoi cette at-

3.2. Centres de coûts et compte de centres de coûts La deuxième étape du calcul des coûts consiste à déter- miner les centres de coûts. On distingue:

• les centres de coûts indirects (p. ex. bâtiment, chauf- fage, etc.)

• les centres de coûts directs (p. ex. achat de maté- riel, entrepôt de matériel, atelier, hall de production, vente, administration, etc.)

Dans le compte des centres de coûts, les coûts indi- rects issus du compte des types de coûts sont imputés suivant la clé de répartition sur les différents centres de coûts directs ou indirects. Ce compte permet de contrôler la rentabilité de l’entreprise en fonction des domaines. Il informe sur les coûts au sein de l’entreprise (répartition/imputation/responsabilité).

3.1. Coûts, types de coûts et compte des types de coûts

La première étape du calcul des coûts consiste à déter- miner les coûts générés par l’entreprise. On entend par coût la valeur des biens et services consommés pour produire une prestation défi nie à une période donnée.

Le compte de résultats de la comptabilité générale sert de base au calcul de ces coûts. Souvent, les comptes des charges du compte de résultats correspondent aux coûts présentés par la comptabilité analytique (p. ex. salaires, matériel). S’ils ne concordent pas, les coûts défi nitifs doivent être distingués des charges dans le compte des types de coûts.

Le compte des types de coûts défi nit ainsi les coûts exacts générés par la production d’une prestation ou d’un produit par l’entreprise au cours d’une période de décompte défi nie. Les coûts sont classés en fonction de leur nature. En d’autres termes, il s’agit plutôt d’un recensement et d’un classement des coûts que d’un réel calcul. Les différents types de coûts sont présentés ci- après.

répartition élaborée par l’entreprise et adaptée en fonction du poste qui a entraîné ces coûts. Exem- ples: parts des frais de personnel, frais des matiè- res auxiliaires et des matières de production, coûts énergétiques, coûts des outils, amortissements, impôts, intérêts calculés.

Coûts selon la provenance:

• Les coûts primaires des facteurs de production (coûts externes, p. ex. frais de matériel) relèvent de la comptabilité d’entreprise.

• Les coûts secondaires (prestations internes) sont un outil interne lié au compte des coûts.

Coûts liés à l’activité:

• Coûts fi xes: coûts fi xes, toujours d’un même mon- tant et indépendants des fl uctuations modérées du chiffre d’affaires (p. ex. loyer, intérêts, salaires)

• Coûts variables: coûts variables dépendant du chif- fre d’affaires (p. ex. consommation de matériel et frais de matériel)

Compte des centres de coûts

-20 20 Bâtiment 2

20 Bâtiment 2

1 50 1 85 265 50 650

Total I

1 0 50 20 -80

Bâtiment 1

1 50 1 50

Coûts indirects de gestion et de distribution

80 1 00 Frais de chauffage généraux Coûts indirects de fabrication

Administra- tion et vente

1 20 65 Atelier 2

1 80 85 Atelier 1

50 Achats / entrepôt de matériel

Centres de coûts directs

300 Bâtiment 1

Centres de coûts indirects

200 Coûts indirects de matériel

Centres de coûts Coûts en

CHF Type de coûts

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3.3. Supports de coûts et calcul des supports de coûts

Les produits et services ayant entraîné des coûts lors de la production sont appelés «supports de coûts».

Le calcul des supports de coûts montre quels sont les produits et services générant des coûts (imputation des coûts). Il en ressortira des coûts directs clairement impu- tables fi gurant dans le compte des types de coûts et des coûts indirects apparaissant dans le compte des centres de coûts et imputables aux différents supports de coûts.

On distingue deux types de calculs des supports de coûts, le calcul des supports de coûts par période, égale- ment appelé «compte de résultats à court terme», et le calcul du coût de revient par support de coûts (ou calcul du coût de revient).

3.3.1. Calcul du coût de revient par support de coûts ou calcul du coût de revient

Le calcul du coût de revient par support de coûts déter- mine les coûts par unité (coûts de production, de gestion et de distribution) des prestations d’exploitation, en d’autres termes le coût de revient par unité de support de coûts.

Le calcul du coût de revient prévisionnel permet de déterminer les coûts à l’avance, en estimant les coûts directs et en répercutant dessus les coûts indirects. Le calcul du coût de revient défi nitif repose sur le même type d’opération, sauf qu’il s’agit des coûts défi nitifs et non prévisionnels. Il permet notamment de contrôler les résultats du calcul du coût de revient prévisionnel pour des mandats individuels. Différentes formes de calcul peuvent être appliquées en fonction de l’entreprise. En voici des exemples:

3.3.2. Calcul des supports de coûts par période ou compte de résultats à court terme

Le compte de résultats à court terme, également ap- pelé «calcul des supports de coûts par période», a pour objectif de déterminer régulièrement le résultat à court terme d’un ou de plusieurs supports de coûts, sur une période donnée (mensuelle, trimestrielle, etc.). Les coûts sont mis en regard des prestations (résultats) de la période sous revue (résultat d’exploitation = produit d’exploitation – coûts liés à la fourniture des prestations de l’entreprise). Pour évaluer si l’entreprise a réalisé des progrès, les valeurs de l’année précédente, les objectifs ciblés, etc. peuvent être utilisées comme référence.

Le compte de résultats à court terme sert à identifi er rapidement les problèmes et à pallier les lacunes dans la mesure du possible. Il précise comment les différentes gammes de produits ont obtenu un résultat donné, ce qui permet d’obtenir des informations utiles pour le contrôle de gestion et la gestion prévisionnelle.

Pour que le compte de résultats à court terme soit le plus réaliste possible, il est nécessaire de disposer d’un compte des coûts, si possible sous la forme d’un compte des coûts partiels (cf. chapitre 4). Le compte de résultats à court terme ne peut fournir des informations indispen- sables à la gestion de l’entreprise qu’à l’aide des comptes des centres de coûts, des types de coûts ou des supports de coûts.

Le tableau suivant illustre un exemple de calcul du compte de résultats à court terme sur la base des coûts défi nitifs (en utilisant les coûts réellement générés lors de la fourniture du produit ou de la prestation). Les calculs peuvent également être effectués sur la base des coûts ordinaires (en utilisant les moyennes des coûts défi nitifs antérieurs ou alors des informations actuali- sées relatives à des valeurs corrigées). Le présent calcul explique quelle a été la contribution des produits A et B au résultat d’exploitation.

Compte de résultats à court terme

91 470 -1 470

90 000 Résultat d’exploitation

508 530 600 000 401 470

400 000 91 0 000

1 000 000

=coût de revient des produits vendus Produits du chiffre d’affaires

1 3 970 - 1 9 560 1 1 030

- 1 5 440 25 000

- 35 000 + frais indirects de gestion 2,9%

+ frais directs excep. de fabrication + coûts indirects de distribution 4,1 %

475 000 375 000

850 000

=Coûts de fabrication produits vendus

475‘000 - - 375‘000

- - 850 000

- - Coûts de production

+ stock minimum de produits - stock maximum de produits

1 00‘000 1 50‘000

250 000

= coûts de fabrication

40 000 - 60 000 60 000

- 90 000 1 00 000

- 1 50 000 Coûts directs de fabrication

+ coûts directs spéciaux de fabri.

+ coûts indirects de fabri. 1 50%

475‘000 225 000

600 000

= Frais de matériel

350 000 1 25 000 1 50 000

75 000 400 000

200 000 Coûts directs du matériel

+ coûts indirects du matériel 50%

Total Coûts définitifs en CHF Schéma du calcul du coût de

revient Support de coûts

Résultat B en CHF Résultat A en CHF

Hypothèse: les volumes produits et écoulés sont identiques

Feuille du support de coûts (feuille de répartition II) sur la base des coûts définitifs

Calcul du coût de revient par support de coûts (calcul du supplément/calcul du coût de revient)

Matériel 2‘000 Rémunération 5 h à CHF 90 450 Coûts directs (total) 2‘450 Supp. coûts indirects 30% 735 coût de revient 3‘185

Coûts directs du matériel 400 + coûts indirects du matériel (50%) 200

total frais de matériel 600

Salaires 100 + coûts indirects de fabrication (300%) 300

total coûts de fabrication 400

Coûts de production 1000

+ frais de gestion et de distribution (20%) 200

coût de revient 1200

1.

2.

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Formation PME Comptabilité analytique (ou comptabilité d’exploitation)

4. Calcul des coûts selon la méthode des coûts complets ou selon la méthode des coûts partiels Un calcul des coûts peut être effectué selon deux métho- des: la méthode des coûts complets et la méthode des coûts partiels.

Le calcul des coûts complets est une méthode de calcul des coûts qui impute tous les coûts générés au support de coûts (le produit). Ainsi, tous les coûts directs, tous les coûts indirects, les coûts fi xes et les coûts variables issus du calcul des types de coûts sont imputés aux supports de coûts dans le calcul des supports de coûts.

Cette méthode est particulièrement indiquée pour les perspectives et planifi cations à moyen et long termes, dans lesquelles il est essentiel que l’entreprise puisse couvrir tous ses coûts.

Le calcul des coûts partiels part du principe que la pro- duction de produits ou de prestations ne génère que des coûts variables, qui fl uctuent en fonction des volumes d’emploi ou de production. Les coûts fi xes ne sont pas pris en compte dans cette méthode de calcul.

Le calcul des coûts partiels permet de calculer la marge de couverture d’un produit, c’est-à-dire sa contribution à la couverture des coûts variables de l’entreprise. Voici comment calculer cette marge:

Recettes du produit ./. coûts variables

= marge de couverture

Somme de toutes les marges de couverture ./.

coûts fi xes = résultat d’exploitation

Le calcul des coûts partiels permet également de calcu- ler le prix plancher d’un produit, c’est-à-dire le prix qui permet tout juste de couvrir les coûts variables (marge de couverture = 0). Le prix plancher d’un produit calculé avec la méthode des coûts complets serait sensiblement plus élevé car cette méthode prend en compte l’ensem- ble des coûts. Or sur un marché très compétitif, des prix trop élevés peuvent poser de grandes diffi cultés à une entreprise.

Les informations sur la marge de couverture peuvent également servir de base décisionnelle pour optimiser la gamme de produits, calculer le seuil de rentabilité ou

«break even point» de l’entreprise (quel chiffre d’affaires obtenir pour couvrir toutes les charges?) ou le seuil de rentabilité en quantité (combien de pièces faut-il vendre pour obtenir un certain bénéfi ce?).

5. Conclusions

L’introduction et l’application de la comptabilité analyti- que peut s’avérer très complexe selon la forme de l’en- treprise et les caractéristiques de la branche. Il est donc essentiel de ne pas rechercher une solution optimale à 100 % dès le départ, mais de mettre en place la compta- bilité analytique progressivement de manière à ce qu’elle évolue au fi l des années et que l’entreprise acquière de l’expérience en la matière.

L’introduction de la comptabilité analytique passe néces- sairement par une profonde réfl exion sur l’entreprise, condition sine qua non de l’utilisation d’un outil de ges- tion professionnel. Exploitez-en tous les avantages!

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