LE THIF:ME DE NOTRE CONGRIF:S
cc.nceptions hétérodoxes de I'Audio·Visualisme
0 ... sollicite l'Cl ctivité des e ... fants en 1e11W présentant des in1ages ...
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R. Dufour
On a groupé depuis quelques années sous ce vocable pas très joli «aides audio- visuelles,, toute une gamme de techniques, d'appareils ou d'éditions s'appuyant sur les progrès mécaniques, optiques ou sonores:
Cela semble a priori tout à fait normal puisque l'enseigne- ment de tout temps a pris base sur la perception auditive de la parole du maître à laquelle s'est ajouté l'examen de docu- ments par les yeux des élèves.
La scolastique pure ayant pour base essentielle l'étude par audition ou lecture, il semble qu'un progrès énorme ait été fait lorsque l'activité de l'enfant a été sollicitée par la présentation d'une image, dessinée imprimée ou projetée ...
La lanterne magique à pétrole qui pénétra dans les classes à la belle époque a ouvert la voie à tous les stéréoscopes, épiscopes, épidiascopes, projecteurs fixes ou cinéma, puis les gramophones, phonographes, électrophones et radio, magnétophones et récep- teurs de télévision.
Une mode! A moins qu'il ne s'agisse d'une affaire com- merciale à pousser les enseignants vers une utilisation de plus en plus grande des M.A. V. au point qu'on a tendance parado- xalement et au nom du sacra-saint amour du « concret ,, à montrer aux élèves ''par la bande ,, ce qu'on pourrait leur montrer en '' chair et en os 11,
Les instituteurs comme le grand public ont été séduits par l'attrait de l'image visuelle ou sonore. Le formidable essor du cinéma, celui de la télévision, qui pourraient à eux seuls devenir par un emploi judicieusement planifié, les distributeurs inté- graux et exclus1js du savoir humain - cet essor par une sorte de déterminisme, cachant à peine l'influence céleste, a été contem- porain des déversements de la ''manne Barangère ,,,
combien de temps N'aurait-on pu imaginer une civilisation où les écoles encore dira. t. on : ne seraient que des salles de projection-audition, imprégnant les élèves de toutes les connaissances préalablement program- rien ne remplacera mées, comme l'on dit si gentiment ?
le maiti'e dans la c l a s s e ?
L'aventure mécanisée ...
Heureusement, nos augures et responsables formés par le livre et la salive, ont gardé un sens suffisamment humain du contact éducateur-éduqué, pour énoncer : << Rien ne remplacera le maître dallS sa classe» (règle d'or jusques à quand?)
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eut pourtant été une solution heureuse (et combien na- poléonienne!) qu'aux mêmes heures, da IlS toutes les écoles de France et de Navarre, des appareils intégralement minis- tériels auditoria-visiona, eussent apporté à tous les enfants d'âge scolaire, selon des cours gradués, sous la seule surveillance d'un garde-champêtre-opérateur à l'indice 135.A moillS qu'un œil magique aux rayons infra-rouges télé- visés permît cette surveillance à plus grande échelle, et que le contrôleur central électronique employât ses facultés déductives et sélectives pour détecter le cancre inattentrf ou chahuteur, afin de le neutraliser à distance.
Nous auriollS eu le choix entre l'influx télécommandé d'at- tention soutenue et le rayon vert d'immobilisation indolore.
Un brain trust imaginatzf en ces temps d'automation sys- tématique voire internationale sous l'égide de l'UNESCO, n'aurait-il pas été capable d'envisager la distribution à tous les pays de langue française? L'équipement central direz-vous coûterait cher ? Vraisemblablement! Mais il serait très vite amorti par la suppression de 250 ooo postes de budgétivores, consommateurs d'encre violette (les promotions du même épi- thète) des manuels, des rapports d'illSpectiollS, craies de couleur et autres impedimenta.
Mais laissons ces utopiques vues de l'esprit (d'un réfor- mateur qui en manque) et bénissons nos guides d'avoir su garder les pieds sur terre, d'avoir su tempérer le zèle d'achat des << uti- lisateurs de fonds Barangé pour l'équipement moderne des classes )),
Même si quelquefois des responsables officiels ont pu Être
<<intéressés ,, par la diffusion du matériel des entreprises com.- merciales, rendous leur cette justice qu'ils n'ont pas rendu obli- gatoires l'achat de toutes « ces machines à faire la classe », qu'ils n'ont admis la publicité dans les organes officiels qu'avec une circollSpection et une discrétion dignes d'éloges, et qu'il s'est toujours trouvé parmi eux quelques tenants bien résolus de la plume d'oie et du syllabaire Régimbeau pour tempérer les par-
tisans de << l'aventure mécanisée ».
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