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Chapitre 4 La théorie moderne des marchés

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Texte intégral

(1)

Chapitre 4

La théorie moderne des

marchés

(2)

Au-delà de la magie du marché

• L’économiste néo-classique reconnaît volontiers les limites du marché : besoin de l’intervention de l’Etat (bien collectifs, sanctions et règles…).

• Défauts majeurs de ce monde idéal :

 l’information économique est transmise sans coûts entre acheteurs et vendeurs

 pas d’intermédiaires, prix unique

 la connaissance économique ne peut pas être tenue secrète.

 tous les savoir-faires sont connus de tous

(3)

Au-delà du monde idéal :

existence d’un contrat efficient

• Si la coopération est praticable (faisabilité d’une allocation), existe-il des incitations pour qu’elle soit applicable?

 Les incitations de chacun permettent- elles d’assurer que chaque partie

exécutera sa part du contrat?

• Qu’est-ce qui assure que l’organisation

d’une coopération bénéfique soit possible?

(4)

L’aléa moral

La coopération nécessite un accord fiable sur les rémunérations de chacun car les intérêts personnels sont divergents.

Þ Chaque partie va alors chercher des

prétextes pour ne pas effectuer sa part de travail

Þ comportement de « passager clandestin (free rider) »

 Obtenir quelque chose pour rien, sans

être « démasqué ».

(5)

Le cas simple de la collaboration

«tout ou rien»

• Le problème de l’aléa moral survient si et seulement si:

– L’information n’est pas identique pour les deux contractants

– Ne pas respecter le contrat peut rapporter plus au « tricheur » que de rester seul

– Le coût à « mal se conduire » est inférieur au

gain d’une « triche » non-détectée.

(6)

Exemple : l’assurance

Deux bergers craignent les pertes de cheptel

Þ Création d’une assurance

Þ Le contrat : la moitié des pertes de l’un est prise en charge par l’autre.

Þ Chaque berger est alors moins incité à surveiller, conduire ou protéger

correctement son propre troupeau : les coûts des pertes sont moindres.

L’individu a un gain à « triché » (avoir un

comportement différent à «avant contrat»)

(7)

Non-respect d’un contrat :

« le dilemme du prisonnier »

(3,3) (1,4)

(4,1) (2,2)

Contractant 1 (GB) Gains en colonne

Ne triche pas Triche

Ne triche pas

Triche

Contractant 2 Gains en Ligne (Por)

Solution : contractant 1 préfère toujours tricher

 (2,2) est l’équilibre même si (2,2)<(dotations)

(8)

Respect d’un contrat:

« le jeu des convictions »

(4,4) (1,3)

(3,1) (2,2)

Contractant 1 Gains en colonne

Ne triche pas Triche

Ne triche pas

Triche

Contractant 2 Gains en

ligne

Solution dépend des croyances : (2,2) équilibre

si « pessimisme », (4,4) sinon.

(9)

Leçon à tirer de ces « jeux »

• Si l’on pense que la nature humaine est

«mauvaise», alors les équilibres tels que celui décrits dans le « dilemme du prisonnier » seront les plus observés.

• Si l’on pense que chaque joueur retire une satisfaction supplémentaire à participer à un marché où les gains « sans triche » sont plus grand, alors le « jeu des convictions » est

réaliste. Toutefois, des craintes, des soupçons font que l’équilibre « bas » peut se réaliser.

Þ La coopération efficiente, même en présence

de gains mutuels, n’est pas toujours assurées.

(10)

Les négociation : quand plusieurs contrats sont possibles

• Nous venons d’examiner les cas où la naissance d’une coopération était

impossible : pas de contrat

• Que se passe-t-il si, à l’opposé, plusieurs contrats sont possibles?

Þ Si plusieurs partage de tâches ou de rémunérations sont possible suite à une action commune, la difficulté d’aboutir à un choix de contrat, parmi tous les

possibles, peut empêcher l’accord.

(11)

Rémunération en fonction de l’effort

• Séparément: 4 pour A et 1 pour B (point a)

• Ensemble : 7

• Tous les points situés en dessous et au

dessus du segment [c1;c4]

Þ inefficients

Attention : c5 vérifie

production = 7, mais B n’a pas intérêt à

participer

. . .

. . .

a c1

c2 c3

c4 c5

Rémunération de A Rémunération de B

Courbe des contrats

(12)

Négociations : solution

• Elle ne peut être que dans le cœur : efficiente + garantie que tous les

participants gagnent à l’échange.

• C’est la peur du risque de rupture dans le processus de négociation qui guide le

partage : si A a plus peur de la rupture que B alors son gain sera moindre (au pire 4

pour A et 3 pour B).

(13)

Quelles leçons tirées de ces exemple pour construire une théorie moderne?

• L’existence d’échange tient du miracle,

contrairement à ce que laisse entendre la théorie simple de l’échange.

• La triche, l’absence de confiance, le non- respect mutuel des parties lors d’une

négociation, peuvent gripper le processus d’échange.

• La théorie moderne des échanges doit

tenir compte de ces problèmes d’incitation.

(14)

L’information et la connaissance au cœur de la théorie moderne

• La théorie néo-classique peut sembler

«éloignée» de l’observation.

• La théorie moderne des marchés met

alors l’accent sur les problèmes liés aux coûts d’obtention de l’information et de la connaissance économiques

• On retrouve alors les notions « de

marchandage, de tricherie… et donc de contrats incitatifs… »

• Intérêt : expliquer plus de phénomènes.

(15)

Les faits non-expliqués par la théorie classique

• Durée de vie longue et finie des entreprises

• Prix plus élevé que le coût marginal

• Existence de produits dangereux, pas fiables (qualité imparfaitement connue)

• Existence d’entreprises fiables et d’autre peu fiables

• Existence de chômage («rationnement»)

• Existence de discriminations en matière

d’embauche, de crédits ou de l’habitation.

(16)

Plan du chapitre

La théorie moderne des marchés modifie l’analyse classique sans la réduire à néant.

De quelle façon?

 Section 1 : L’entreprise

 Section 2 : Le marché du travail

 Section 3 : Les marchés financiers

(17)

Section 1 :

L’entreprise dans la théorie

moderne des marchés

(18)

Entreprise et clientèle

«Le terme d’«entreprise» dans son acception d’origine semble avoir été intimement associé à la signification

originelle du mot client…. Dans les termes mêmes de l’un des premiers analystes

modernes de la nature de l’entreprise,

l’activité qui caractérise cette dernière est celle d’adapter au client l’article ou le

service offerts». R. Coase 1937.

(19)

Comment représenter une entreprise?

• Les faits: les durées de vie des entreprises sont longues.

Pourquoi?

• L’entrée sur un marché ne se fait pas sans coûts  difficultés d’entrée entretenues par les anciennes entreprises. Comment?

• Asymétrie :

 l’entrant doit subir un coût de transaction : faire connaître sont produit.

 les anciens ont déjà une réputation auprès des clients.

 Pour «entrer», pratiquer un prix plus bas ou vendre un meilleur produit… l’exercice est donc plus facile pour une entreprise déjà établie (biais à la concurrence).

 Une entreprise est donc un «stock » ou un

« portefeuille » de clients (part de marché)

(20)

Les marchés de clientèle

• Définition : un marché de clientèle est un

marché où il n’y a pas de «commissaire priseur»

pour déterminer le prix d’équilibre.

• Hypothèses :

 l’acheteur et le vendeur n’observent pas tous les prix pratiqués sur ce marché

 même si les acheteurs peuvent connaître les prix des autres transactions, ce ne sont pas eux qui ont été en contact avec ces vendeurs…

donc ils ne peuvent pas bénéficier de ce prix.

 si un offreur décide de baisser son prix, les

acheteurs n’arbitrent pas immédiatement en sa faveur, car ils gardent leurs habitudes.

 coûteux pour une entreprise d’acquérir de

nouveaux clients = «barrière à l’entrée».

(21)

Equilibre sur un marché de clientèle

Equilibre concurrentiel : si un vendeur anticipe vendre au dessus de son coût, alors tous les

acheteurs le quittent et ont l’opportunité d’acheter la même chose moins chère 

équilibre concurrentiel (cf chapitres précédents).

Equilibre non-concurrentiel  la stratégie de prix se décide en fonction des écarts par rapport aux autres (déterminant des parts de marché):

tant qu’il est plus cher pour les acheteur d’aller

« voir ailleurs », le vendeur prend une marge.

Proposition : le prix d’équilibre sur un marché de clientèle est toujours supérieur au prix

concurrentiel.

(22)

Illustration graphique : le secteur

Demande adressée au secteur

Offre classique

= coût unitaire

Offre sur un marché de clientèle

= (coût unitaire) x (taux de marge)

Production du secteur Prix

C M

(23)

Illustration graphique : l’entreprise

= 1/n du secteur

Demande adressée À l’entreprise

Offre de l’entreprise classique

= coût unitaire Offre de l’entreprise

sur un marché de clientèle

= (coût unitaire) x (taux de marge)

Production du secteur Prix

C M

Coût totaux Profit pur

(24)

Pourquoi le prix d’équilibre reste-t-il au dessus du prix «classique»?

• Théorie classique : si le prix est au dessus du coût marginal de production, alors une des

entreprises à intérêt à baisser son prix et ainsi attirer plus de client et vendre plus.

• Pourquoi cet argument ne tient plus?

 sans frictions  baisse de prix = plus de clients car l’information est complète.

 Plus vrai avec frictions : baisse de prix aujourd’hui =>

 un client de plus demain  investissement,

 mais pertes immédiates sur les clients existants :

 Existence d’un arbitrage donc il existe une

limite à cette rentabilité qui détermine la baisse

des prix.

(25)

Le mal causé par cette politique de fixation des prix

• En élevant son prix, l’entreprise prélève une taxe sur le consommateur : si toutes les entreprises pratiquent le prix non-

concurrentiel, alors le pouvoir d’achat des employés et des investisseurs diminuent.

• Que peut-on faire? Subventionner pour encourager l’effort (travail et épargne).

• Comment financer? En prélevant des

taxes sur les profits purs (remède si tout

est taxé).

(26)

Le problème de la qualité des produits

• Théorie classique : la qualité est parfaitement observable

• Théorie moderne : il est possible d’être déçu par la qualité du bien acheté

• Exemple des luttes de défense des consommateurs : ceux-ci ne sont pas toujours informés des dangers liés à

l’utilisation des produits (voiture, aliments,

…).

• Une mauvaise information peut tuer le

marché

(27)

Asymétrie d’information et existence d’un marché

• Exemple : le marché de la voiture d’occasion

• Asymétrie d’information:

– les vendeurs connaissent la qualité de leurs voitures,

– pas les acheteur

• Les vendeurs qui savent que la qualité est bonne veulent la vendre au prix p

• Les vendeurs qui savent que la qualité est mauvaise accepterai de vendre au prix p/2

Les acheteurs ne savent pas distinguer

(28)

Quels sont alors les stratégies des « joueurs »?

• Face à un vendeur, qui peut être de bonne ou de mauvaise foi, un acheteur sera prêt à payer un prix inférieur à celui d'un bon véhicule

 p/2 < p(achat) < p

• Car il sait qu'il risque de tomber sur une voiture de mauvaise qualité.

Þ Le vendeur de bonne foi ne veut pas vendre son véhicule: il refuse toujours l'offre qui lui est faite.

Þ Il ne restent sur le marché que les vendeurs de

mauvaises foi

(29)

Vers la non-existence du marché

• L’information devient alors symétrique car il ne reste plus sur le marché que les

« mauvaises » voitures.

• Mais les acheteurs ne veulent pas acheter les « mauvaises » voitures.

Bilan. Il n’existe aucunes transactions : les bons vendeurs sont partis, puis les acheteurs.

• Présentation simplifiée de « the market for

lemons » Akerlof (1970), prix nobel 2001.

(30)

Mais sans marché…on est malheureux

• Solution: trouver un « signal » crédible pour que le vendeur de bonne foi soit reconnu

• Par exemple inclure dans le prix la réparation de certaines pannes

– Seuls les bons vendeurs offre ce contrat car le « mauvais » perdraient de l’argent

– Pour ces bons vendeurs, le gain reste le prix car il n’y aura pas de réparations…

• Il existe alors des marchés

(31)

Section 2 :

Le marché du travail et la

théorie moderne des marchés

(32)

Entreprise, salaire et chômage

• Pourquoi les propriétaires des usines

n’embauche-t-il pas ces chômeurs enrôlés involontairement au chômage?

Avantage : pression à la baisse du salaire et donc baisse des coûts

• Des machines sont inemployées car elles ne sont pas disponibles là où l’on en a le plus

besoin. Mais le chômage est plus qu’un simple problème d’inadéquation géographique

• Lorsqu’un vendeur est rationnés, ils baissent

son prix. Pourquoi un chômeur n’est pas assuré

de vendre ce qu’il sait faire?

(33)

Réponses à ces énigmes : la théorie moderne des marchés

• Pourquoi le chômage est un résultat

«normal» de l’équilibre économique?

• Pourquoi le volume du chômage est plus important que ce qu’implique les coûts de mobilité de la main d’œuvre?

• Pourquoi une fraction du chômage est

« involontaire »?

• Pourquoi ce chômage est une mauvaise

chose?

(34)

L’entreprise et la gestion des ressources humaines

• La théorie classique : tout le monde fait

«bien» son boulot.

• Si de nouveaux offreurs arrivent, alors les salaires baissent  concurrence entre les employés jusqu’à ce que tout le monde

trouve une place.

• Même après ces ajustements à la baisse du salaire, tout le monde fait bien son

boulot  surveillance parfaite sans coût.

• Réalisme ???

(35)

Salaire et incitations

• La théorie moderne : il est possible mais coûteux de surveiller l’effort fourni par les employés (problème d’information).

• Accorder une prime aux salariés  incitation : l’entreprise n’est plus contrainte de contrôler en continu

(contrôles aléatoires) car l’employé est conscient de la sanction (perte de la

prime) s’il «triche».

• Optimalité : la prime doit être compensée

par l’économie des coûts de surveillance.

(36)

Un modèle de ce marché du travail

• si l’individu travaille sans tricher, il gagne:

vh = w-e avec w=salaire et e= coût de l’effort

• si l’individu triche alors, il gagne, soit le salaire s’il «ne se fait pas prendre», soit, s’il se fait prendre, le revenu moyen ( A) d’un offreur de travail à la recherche d’un emploi, c’est-à-dire

vt = π×A + (1- π)×w

• Condition de participation: min(vh,vt) ≥ A

(37)

Un modèle de ce marché du travail

• Comment l’entrepreneur doit fixer le salaire pour que personne ne triche?

– Condition : vt ≤ vh – Limite: w t.q. vt = vh

w-e = π×A + (1- π)× w

π×w = e + π×A

w = A + e/π

• D’où w ≥ A+e, cas de « l’équilibre

classique » (π=1)

(38)

Leçon à tirer

• Le salaire versé par l’entreprise est supérieur à celui de l’équilibre classique  Il est efficace de donner des incitations pour que les ressources s’orientent vers les usages productifs.

• Problème : que font les autres entreprises?

 Si tout le monde est confronté au même

problème, alors toutes les entreprises versent une prime.

 Calculer une prime en pensant que les autres

entreprises versent un salaire concurrentiel n’est

pas un équilibre.

(39)

Où se trouvent les primes des autres entreprises dans l’exemple?

• En fait, A est un revenu « alternatif »: avec une proba u, l’individu reste au chômage et obtient b, et avec une proba 1-u, il

obtient un autre emploi, payé w Þ A = u×b + (1-u)×w

• En intégrant ce résultat dans le salaire fixé par l’entrepreneur, on a alors :

w = u×b + (1-u)×w + e/π

 w = b + e/(π × u) ≥ b + e

(40)

De quoi dépend la prime?

• Dans le cas « classique », comme ne

« rien faire » rapporte b, il suffit de payer w=b+e pour faire travailler.

• Ici, il y a une prime = [e/(π × u)] - e

e : plus l’effort est coûteux (e grand), plus l’incitation à tricher est grande…et donc plus il faut la compenser.

• π : peu de possibilité de contrôle (π petit)

=> grande prime

u : beaucoup de chômage => petite prime

(41)

Le salaire d’équilibre

• Le salaire classique ne peut pas être le salaire d’équilibre  les anticipations

doivent donc être basées sur un niveau de salaire intégrant les primes versées par

chacun.

• L’entrepreneur est déçu : la prime

n’implique pas d’écart de salaire avec les autres entreprises.

• A l’équilibre le salaire est supérieur au

salaire classique : il faut verser la prime ne

serait-ce que pour rester concurrentiel.

(42)

Leçon à tirer de la hausse du salaire d’équilibre

• Les coûts du travail augmentent => baisse des embauches.

• Accroissement de l’offre car le travail est mieux rémunéré.

• A l’équilibre, il y a plus d’offreurs de travail que de postes.

• Ceux qui n’ont pas de travail sont prêts à travailler pour un salaire plus bas (le

salaire classique), mais il ne peuvent pas :

chômage involontaire.

(43)

Equilibre sur le marché du travail

Salaire d’équilibre

Salaire classique

Offre de travail par entreprise

Productivité marginale du travail

et demande de

travail par entreprise Emploi

classique Emploi

d’équilibre Chômage

involontaire par entreprise

Emploi Salaire, productivité

(44)

Propriétés de cet équilibre

• La prime initialement prévue pour inciter les employés à bien travailler dans cette entreprise plutôt que d’en trouver une

autre instantanément (équilibre classique), incite maintenant à ne pas devenir

chômeur.

Le salaire reste bien incitatif.

(45)

Autres problèmes liés aux ressources humaines

• La discrimination  coûts liés au traitements individualisé des embauches.

• La course au diplôme  se distinguer par la formation.

• Le recrutement  coûts liés à la publicité et à la surenchère pour attirer des candidats.

• La recherche d’un emploi  coûts liés à l’activité de prospection.

• Les manufactures peu sûres  accident du travail = risque : prime ?

• Les syndicats  défense des intérêt des

« insiders » au dépend des « outsiders »

(46)

Emploi Salaire, productivité

Productivité marginale du travail

et demande de

travail par entreprise Emploi

classique Emploi

d’équilibre Salaire de

réservation Salaire d’équilibre

Préférences du syndicat/insider:

U(N,w)

Ex: N*u(w)+(1-N)*u(b)

chômage

(47)

Equilibre et frictions sur le marché du travail

Demande de travail effective

Productivité marginale Profits purs

Offre de travail par l’employé

chômage

Masse salariale Salaire

d’équilibre

Emploi d’équilibre

Emploi Productivité

d’équilibre

C A

E

(48)

Section 3 :

La finance, les banques et la

monnaie

(49)

Le problème de l’allocation du capital

• L’allocation de l’épargne nationale entre différents usages productifs concurrents est cruciale pour la réussite du système économique.

• La théorie classique montre que les

marchés suffisent à assurer l’optimalité de cette allocation : tous les emprunteurs

saisissent les opportunités rentables et

tous les préteurs sont informés de ces

projets.

(50)

Financement de l’entreprise

Théorie classique : quiconque peut emprunter au taux d’intérêt d’équilibre.

Comment?

• Investir = s’engager sur un projet qui verse des revenus demain.

• Problème: on ne connaît pas l’avenir avec certitude, donc comment connaître la

rentabilité d’un projet lorsque l’on est préteur (épargnant)?

• Solution : les prix contingents 

rémunérations qui dépendent de l’état de

la nature, i.e. de la réalisation des aléas.

(51)

Valeur d’un projet et taux d’intérêt

• Après une période: un bilan

Profit = recette - rémunérations

• Ce projet est-il rentable? Oui si il permet de

rembourser la somme empruntée + les intérêts:

(1+r)*P = Profit  P = Profit/(1+r)

• Si l’épargne est donnée et égale à P, mais que les projets sont différents  Profit(i)

• P = Profit(i)/(1+r(i))  Pour avoir P, r(i) peut être grand si Profit(i) grand

• Prix contingents: r(i) si i r(j) si j

(52)

Financement de l’entreprise

La théorie moderne : il existe des

imperfections sur le marché du capital.

Pourquoi?

• Le risque d’aléa moral :

 L’emprunteur peut avoir des coûts de gestion de ses risques si importants qu’il sera

«négligeant» sur la sélection de ses projets

 Le préteur, peut être remboursé

partiellement, car l’information est imparfaite

et la responsabilité de l’emprunteur limitée.

(53)

Entreprise et responsabilité (I)

• La croissance augmente la taille des entreprises et donc nécessite une évolution de la structure financière.

• Première phase de développement : la détention directe  responsabilité illimitée. La «famille»

peut être poursuivie en justice pour rembourser son emprunt sur la base de l’ensemble de ses biens.

• Dans cette première phase, la responsabilité illimité tend à réduire la demande de crédit, car

«peur de compromettre son avenir».

(54)

Entreprise et responsabilité (II)

• Deuxième phase : le capitalisme de

marché  constituer une société où les actionnaires ne sont responsables qu’à hauteur des parts souscrites 

responsabilité limitée.

• Si l’entreprise cause un sinistre, les créanciers ne peuvent poursuivre les

débiteurs qu’à auteur des parts détenues.

• C’est alors le créancier qui doit s’assurer

du «sérieux» des affaires.

(55)

Le rationnement du crédit

• Mettons-nous à la place d’un banquier:

• Une masse de projet demande des financements.

• Le banquier n’a pas la compétence pour superviser ces projets : ce sont les

entrepreneurs qui s’engagent à le faire (savoir-faire)  toute erreur de leur part peut entraîner des pertes.

• Le préteur s’expose alors à un aléa

(asymétrie d’information, idem à celle

décrite sur le marché du travail).

(56)

Exemple : le cas classique

• Supposons que des projets ayant un rendement de 10% demandent un

financement.

 Les prêteurs vérifient tout.

 Si une banque pratique un taux d’intérêt inférieur à 10% alors toutes les entreprises s’adressent à elle.

 Le taux remonte à 10%

 Les entreprises ne font ni profits, ni

pertes.

(57)

Exemple : la théorie moderne

• Supposons que l’entrepreneur ne se fatigue pas à tout vérifier : le rendement est alors inférieur à 10%  il ne peut donc pas rembourser à 10%

 Pas de profit, mais toujours pas de perte.

Pourquoi?

 Du fait de la responsabilité limitée : le directeur touche sa rémunération, les salariés aussi, mais le préteur bénéficie d’un rendement de moins de 10%.

 La responsabilité limitée réduit l’incitation à

travailler au mieux  problème d’aléa moral

(58)

La « non » solution

• Comment trier parmi les emprunteurs?

• Ce que le prêteur ne peut pas faire:

Þ Fixer une prime de risque, ce qui accroît le coût du crédit. Pourquoi n’est-ce pas un bon choix?

Þ les « bons » emprunteurs sont découragés car ils produisent juste ce qu’il faut pour payer leurs emprunts: ils sortent du marché

Þ ne reste alors que les « mauvais » payeurs…il faut donc accroître encore la prime de risque car le marché devient encore plus risqué…

disparition du marché!!! (Akerlof)

(59)

Comment prêter des fonds?

• Le créancier a alors intérêt à accepter une rémunération moins importante pour inciter l’emprunteur à conduire ses affaires jusqu’au remboursement

 éviter le risque de défaut.

• Mais, cette politique induit un déséquilibre:

comme le taux d’intérêt est plus faible que celui de l’équilibre en information parfaite (le prix du crédit est plus faible)

 le nombre de demandeur >

à l’offre de crédit

(60)

Comment prêter des fonds?

• Il existe alors des emprunteurs insatisfaits sur le marché : certains sont prêts à rembourser à des taux plus importants aux banques sur des

projets de même type.

• Les banques n’accordent pas ces crédits

supplémentaires, car la hausse du taux d’intérêt induite désinciterait les « mauvais »

entrepreneurs à ne pas mener leurs projets

jusqu’à leurs termes... et ne pas rembourser

(61)

Théorie moderne des taux d’intérêt

45° 45°

Taux de rendement exigé

par le prêteur Taux de rendement exigé

par le prêteur Taux de rendement

anticipé

Taux de rendement anticipé

Rc Rm Rc

CLASSIQUE MODERNE

(62)

Théorie moderne des taux d’intérêt

45°

Taux de rendement exigé par le prêteur

Taux de rendement anticipé

Rc CLASSIQUE

Sur le marché « classique », le taux moyen est Rc, étant donnée un montant d’épargne Pas de risque de faillite car tout est « sous contrôle »

 Rc est aussi le taux de rendement des projets

 le marché du crédit est

comme un marché de

location en info parfaite.

(63)

Théorie moderne des taux d’intérêt

45°

Taux de rendement exigé par le prêteur

Taux de rendement anticipé

Rm Rc MODERNE

En information imparfaite, au- delà de Rm, le risque associé au projet devient très important

(chance de succès du projet devient très faible)

 la probabilité d’être

rembourser diminue (incitations à bien travailler faibles).

Exiger Rm lorsque l’on prête  anticiper que certain projets ne seront pas bien conduits :

 Rm < Rc

 Comme le taux d’intérêt est faible, forte demande de prêts…

mais la banque ne les satisfait

pas: les exclus du marché.

(64)

Conclusion du chapitre

Les coûts liés à l’obtention de l’information et la connaissance économique sont élevés.

• La production est trop faible (coût d’acquisition de la clientèle) et de trop faible qualité (prix

indicateur imparfait de la qualité)

• Il existe du chômage et des discriminations (toutes les ressources ne sont pas utilisées)

• Trop peu de capitaux sont investis dans les sociétés.

 l’équilibre économique dans la théorie moderne n’est pas efficace, contrairement à celui de la

théorie classique.

(65)

Que faire ?

• Tous les agents lorsqu’ils échangent, ont un comportement d’autoprotection face aux coûts élevés de l’info qui limite l’efficacité économique.

• Le socialisme : une solution?

 un socialisme de marché n’assure pas que les bureaucrates des entreprises (socialistes)

agissent autrement que ceux d’une économie

« libre » (libérale).

 un socialisme sans marché (communisme)

n’assure pas que les dirigeants n’agissent pas selon leurs propres intérêts (triche en leurs

profits), qui ne coïncident avec ceux de l’Etat.

 Les problèmes liés à l’information (contrôle…)

persistent.

(66)

Réglementer et réformer

Au sein de l’entreprise, au niveau de l’Etat ou des organisations internationales, les

«défaillances du marché» incitent à :

• Réglementer (garantir la liberté économique) ,

• Réguler (Banques centrales)

• Organismes de contrôles (FMI),

• Accroître pouvoir/efficacité des tribunaux.

• Problème : la taille de l’Etat, ou des

institutions, tend à croître  arbitrage

coûts/avantage de la règlementation.

(67)
(68)
(69)

L’existence de coûts externes

• Si pour une de mes actions, un autre agent est prêt à me payer pour que je m’arrête, alors il y a des coûts externes.

{ bénéfice du respect par l’individu des limites convenues de pollution}

<

{ coût pour l’individu, du respect de la limite }

<

{ bénéfice résultant du respect par tous des

limites }

(70)

Entreprise, salaire et chômage

• Marx : il existe une «armée de réserve»

 les gens ne sont pas employés en permanence.

• Mais les cabines de téléphone non plus !!!

• Le chômage est-il autre chose que

l’inutilisation volontaire de ressources ?

Est-ce une mauvaise chose ? Si oui, que

faire pour lutter contre le chômage ?

(71)

Critique des «classiques»

• Plutôt que de verser une prime, l’employeur peut exiger le versement à l’embauche d’un dépôt

remboursable si l’employé n’a pas triché.

• L’entreprise reverse à ses employés les dépôts des tricheurs.

• Dépôt optimal demandé tel que le coût de la triche soit entièrement supporté par l’employé.

• Problème : à la place de l’employé, peut-on croire que toutes les entreprises reversent le dépôt? Argument fragile

• Comment un pauvre pourrait avoir son premier

emploi… en empruntant… mais qui asssure qu’il

remboursera…

(72)

Le chômage involontaire est une mauvaise chose : que faire ?

• Du point de vue de l’entreprise, une personne au chômage «coûte» moins chère. Pour le chômeur, l’emploi est

préféré. Absence d’accord car probabilité de triche

• Mais il n’existe pas de mesure permettant réduire à néant le chômage.

• Si les économies socialistes n’ont pas de chômage (obligation d’embaucher tout le monde), elle ne sont pas à l’abri des

négligences.

Références

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