Chapitre 4
La théorie moderne des
marchés
Au-delà de la magie du marché
• L’économiste néo-classique reconnaît volontiers les limites du marché : besoin de l’intervention de l’Etat (bien collectifs, sanctions et règles…).
• Défauts majeurs de ce monde idéal :
l’information économique est transmise sans coûts entre acheteurs et vendeurs
pas d’intermédiaires, prix unique
la connaissance économique ne peut pas être tenue secrète.
tous les savoir-faires sont connus de tous
Au-delà du monde idéal :
existence d’un contrat efficient
• Si la coopération est praticable (faisabilité d’une allocation), existe-il des incitations pour qu’elle soit applicable?
Les incitations de chacun permettent- elles d’assurer que chaque partie
exécutera sa part du contrat?
• Qu’est-ce qui assure que l’organisation
d’une coopération bénéfique soit possible?
L’aléa moral
La coopération nécessite un accord fiable sur les rémunérations de chacun car les intérêts personnels sont divergents.
Þ Chaque partie va alors chercher des
prétextes pour ne pas effectuer sa part de travail
Þ comportement de « passager clandestin (free rider) »
Obtenir quelque chose pour rien, sans
être « démasqué ».
Le cas simple de la collaboration
«tout ou rien»
• Le problème de l’aléa moral survient si et seulement si:
– L’information n’est pas identique pour les deux contractants
– Ne pas respecter le contrat peut rapporter plus au « tricheur » que de rester seul
– Le coût à « mal se conduire » est inférieur au
gain d’une « triche » non-détectée.
Exemple : l’assurance
Deux bergers craignent les pertes de cheptel
Þ Création d’une assurance
Þ Le contrat : la moitié des pertes de l’un est prise en charge par l’autre.
Þ Chaque berger est alors moins incité à surveiller, conduire ou protéger
correctement son propre troupeau : les coûts des pertes sont moindres.
L’individu a un gain à « triché » (avoir un
comportement différent à «avant contrat»)
Non-respect d’un contrat :
« le dilemme du prisonnier »
(3,3) (1,4)
(4,1) (2,2)
Contractant 1 (GB) Gains en colonne
Ne triche pas Triche
Ne triche pas
Triche
Contractant 2 Gains en Ligne (Por)
Solution : contractant 1 préfère toujours tricher
(2,2) est l’équilibre même si (2,2)<(dotations)
Respect d’un contrat:
« le jeu des convictions »
(4,4) (1,3)
(3,1) (2,2)
Contractant 1 Gains en colonne
Ne triche pas Triche
Ne triche pas
Triche
Contractant 2 Gains en
ligne
Solution dépend des croyances : (2,2) équilibre
si « pessimisme », (4,4) sinon.
Leçon à tirer de ces « jeux »
• Si l’on pense que la nature humaine est
«mauvaise», alors les équilibres tels que celui décrits dans le « dilemme du prisonnier » seront les plus observés.
• Si l’on pense que chaque joueur retire une satisfaction supplémentaire à participer à un marché où les gains « sans triche » sont plus grand, alors le « jeu des convictions » est
réaliste. Toutefois, des craintes, des soupçons font que l’équilibre « bas » peut se réaliser.
Þ La coopération efficiente, même en présence
de gains mutuels, n’est pas toujours assurées.
Les négociation : quand plusieurs contrats sont possibles
• Nous venons d’examiner les cas où la naissance d’une coopération était
impossible : pas de contrat
• Que se passe-t-il si, à l’opposé, plusieurs contrats sont possibles?
Þ Si plusieurs partage de tâches ou de rémunérations sont possible suite à une action commune, la difficulté d’aboutir à un choix de contrat, parmi tous les
possibles, peut empêcher l’accord.
Rémunération en fonction de l’effort
• Séparément: 4 pour A et 1 pour B (point a)
• Ensemble : 7
• Tous les points situés en dessous et au
dessus du segment [c1;c4]
Þ inefficients
Attention : c5 vérifie
production = 7, mais B n’a pas intérêt à
participer
. . .
. . .
a c1
c2 c3
c4 c5
Rémunération de A Rémunération de B
Courbe des contrats
Négociations : solution
• Elle ne peut être que dans le cœur : efficiente + garantie que tous les
participants gagnent à l’échange.
• C’est la peur du risque de rupture dans le processus de négociation qui guide le
partage : si A a plus peur de la rupture que B alors son gain sera moindre (au pire 4
pour A et 3 pour B).
Quelles leçons tirées de ces exemple pour construire une théorie moderne?
• L’existence d’échange tient du miracle,
contrairement à ce que laisse entendre la théorie simple de l’échange.
• La triche, l’absence de confiance, le non- respect mutuel des parties lors d’une
négociation, peuvent gripper le processus d’échange.
• La théorie moderne des échanges doit
tenir compte de ces problèmes d’incitation.
L’information et la connaissance au cœur de la théorie moderne
• La théorie néo-classique peut sembler
«éloignée» de l’observation.
• La théorie moderne des marchés met
alors l’accent sur les problèmes liés aux coûts d’obtention de l’information et de la connaissance économiques
• On retrouve alors les notions « de
marchandage, de tricherie… et donc de contrats incitatifs… »
• Intérêt : expliquer plus de phénomènes.
Les faits non-expliqués par la théorie classique
• Durée de vie longue et finie des entreprises
• Prix plus élevé que le coût marginal
• Existence de produits dangereux, pas fiables (qualité imparfaitement connue)
• Existence d’entreprises fiables et d’autre peu fiables
• Existence de chômage («rationnement»)
• Existence de discriminations en matière
d’embauche, de crédits ou de l’habitation.
Plan du chapitre
La théorie moderne des marchés modifie l’analyse classique sans la réduire à néant.
De quelle façon?
Section 1 : L’entreprise
Section 2 : Le marché du travail
Section 3 : Les marchés financiers
Section 1 :
L’entreprise dans la théorie
moderne des marchés
Entreprise et clientèle
«Le terme d’«entreprise» dans son acception d’origine semble avoir été intimement associé à la signification
originelle du mot client…. Dans les termes mêmes de l’un des premiers analystes
modernes de la nature de l’entreprise,
l’activité qui caractérise cette dernière est celle d’adapter au client l’article ou le
service offerts». R. Coase 1937.
Comment représenter une entreprise?
• Les faits: les durées de vie des entreprises sont longues.
Pourquoi?
• L’entrée sur un marché ne se fait pas sans coûts difficultés d’entrée entretenues par les anciennes entreprises. Comment?
• Asymétrie :
l’entrant doit subir un coût de transaction : faire connaître sont produit.
les anciens ont déjà une réputation auprès des clients.
Pour «entrer», pratiquer un prix plus bas ou vendre un meilleur produit… l’exercice est donc plus facile pour une entreprise déjà établie (biais à la concurrence).
Une entreprise est donc un «stock » ou un
« portefeuille » de clients (part de marché)
Les marchés de clientèle
• Définition : un marché de clientèle est un
marché où il n’y a pas de «commissaire priseur»
pour déterminer le prix d’équilibre.
• Hypothèses :
l’acheteur et le vendeur n’observent pas tous les prix pratiqués sur ce marché
même si les acheteurs peuvent connaître les prix des autres transactions, ce ne sont pas eux qui ont été en contact avec ces vendeurs…
donc ils ne peuvent pas bénéficier de ce prix.
si un offreur décide de baisser son prix, les
acheteurs n’arbitrent pas immédiatement en sa faveur, car ils gardent leurs habitudes.
coûteux pour une entreprise d’acquérir de
nouveaux clients = «barrière à l’entrée».
Equilibre sur un marché de clientèle
• Equilibre concurrentiel : si un vendeur anticipe vendre au dessus de son coût, alors tous les
acheteurs le quittent et ont l’opportunité d’acheter la même chose moins chère
équilibre concurrentiel (cf chapitres précédents).
• Equilibre non-concurrentiel la stratégie de prix se décide en fonction des écarts par rapport aux autres (déterminant des parts de marché):
tant qu’il est plus cher pour les acheteur d’aller
« voir ailleurs », le vendeur prend une marge.
• Proposition : le prix d’équilibre sur un marché de clientèle est toujours supérieur au prix
concurrentiel.
Illustration graphique : le secteur
Demande adressée au secteur
Offre classique
= coût unitaire
Offre sur un marché de clientèle
= (coût unitaire) x (taux de marge)
Production du secteur Prix
C M
Illustration graphique : l’entreprise
= 1/n du secteur
Demande adressée À l’entreprise
Offre de l’entreprise classique
= coût unitaire Offre de l’entreprise
sur un marché de clientèle
= (coût unitaire) x (taux de marge)
Production du secteur Prix
C M
Coût totaux Profit pur
Pourquoi le prix d’équilibre reste-t-il au dessus du prix «classique»?
• Théorie classique : si le prix est au dessus du coût marginal de production, alors une des
entreprises à intérêt à baisser son prix et ainsi attirer plus de client et vendre plus.
• Pourquoi cet argument ne tient plus?
sans frictions baisse de prix = plus de clients car l’information est complète.
Plus vrai avec frictions : baisse de prix aujourd’hui =>
un client de plus demain investissement,
mais pertes immédiates sur les clients existants :
Existence d’un arbitrage donc il existe une
limite à cette rentabilité qui détermine la baisse
des prix.
Le mal causé par cette politique de fixation des prix
• En élevant son prix, l’entreprise prélève une taxe sur le consommateur : si toutes les entreprises pratiquent le prix non-
concurrentiel, alors le pouvoir d’achat des employés et des investisseurs diminuent.
• Que peut-on faire? Subventionner pour encourager l’effort (travail et épargne).
• Comment financer? En prélevant des
taxes sur les profits purs (remède si tout
est taxé).
Le problème de la qualité des produits
• Théorie classique : la qualité est parfaitement observable
• Théorie moderne : il est possible d’être déçu par la qualité du bien acheté
• Exemple des luttes de défense des consommateurs : ceux-ci ne sont pas toujours informés des dangers liés à
l’utilisation des produits (voiture, aliments,
…).
• Une mauvaise information peut tuer le
marché
Asymétrie d’information et existence d’un marché
• Exemple : le marché de la voiture d’occasion
• Asymétrie d’information:
– les vendeurs connaissent la qualité de leurs voitures,
– pas les acheteur
• Les vendeurs qui savent que la qualité est bonne veulent la vendre au prix p
• Les vendeurs qui savent que la qualité est mauvaise accepterai de vendre au prix p/2
• Les acheteurs ne savent pas distinguer
Quels sont alors les stratégies des « joueurs »?
• Face à un vendeur, qui peut être de bonne ou de mauvaise foi, un acheteur sera prêt à payer un prix inférieur à celui d'un bon véhicule
p/2 < p(achat) < p
• Car il sait qu'il risque de tomber sur une voiture de mauvaise qualité.
Þ Le vendeur de bonne foi ne veut pas vendre son véhicule: il refuse toujours l'offre qui lui est faite.
Þ Il ne restent sur le marché que les vendeurs de
mauvaises foi
Vers la non-existence du marché
• L’information devient alors symétrique car il ne reste plus sur le marché que les
« mauvaises » voitures.
• Mais les acheteurs ne veulent pas acheter les « mauvaises » voitures.
• Bilan. Il n’existe aucunes transactions : les bons vendeurs sont partis, puis les acheteurs.
• Présentation simplifiée de « the market for
lemons » Akerlof (1970), prix nobel 2001.
Mais sans marché…on est malheureux
• Solution: trouver un « signal » crédible pour que le vendeur de bonne foi soit reconnu
• Par exemple inclure dans le prix la réparation de certaines pannes
– Seuls les bons vendeurs offre ce contrat car le « mauvais » perdraient de l’argent
– Pour ces bons vendeurs, le gain reste le prix car il n’y aura pas de réparations…
• Il existe alors des marchés
Section 2 :
Le marché du travail et la
théorie moderne des marchés
Entreprise, salaire et chômage
• Pourquoi les propriétaires des usines
n’embauche-t-il pas ces chômeurs enrôlés involontairement au chômage?
Avantage : pression à la baisse du salaire et donc baisse des coûts
• Des machines sont inemployées car elles ne sont pas disponibles là où l’on en a le plus
besoin. Mais le chômage est plus qu’un simple problème d’inadéquation géographique
• Lorsqu’un vendeur est rationnés, ils baissent
son prix. Pourquoi un chômeur n’est pas assuré
de vendre ce qu’il sait faire?
Réponses à ces énigmes : la théorie moderne des marchés
• Pourquoi le chômage est un résultat
«normal» de l’équilibre économique?
• Pourquoi le volume du chômage est plus important que ce qu’implique les coûts de mobilité de la main d’œuvre?
• Pourquoi une fraction du chômage est
« involontaire »?
• Pourquoi ce chômage est une mauvaise
chose?
L’entreprise et la gestion des ressources humaines
• La théorie classique : tout le monde fait
«bien» son boulot.
• Si de nouveaux offreurs arrivent, alors les salaires baissent concurrence entre les employés jusqu’à ce que tout le monde
trouve une place.
• Même après ces ajustements à la baisse du salaire, tout le monde fait bien son
boulot surveillance parfaite sans coût.
• Réalisme ???
Salaire et incitations
• La théorie moderne : il est possible mais coûteux de surveiller l’effort fourni par les employés (problème d’information).
• Accorder une prime aux salariés incitation : l’entreprise n’est plus contrainte de contrôler en continu
(contrôles aléatoires) car l’employé est conscient de la sanction (perte de la
prime) s’il «triche».
• Optimalité : la prime doit être compensée
par l’économie des coûts de surveillance.
Un modèle de ce marché du travail
• si l’individu travaille sans tricher, il gagne:
vh = w-e avec w=salaire et e= coût de l’effort
• si l’individu triche alors, il gagne, soit le salaire s’il «ne se fait pas prendre», soit, s’il se fait prendre, le revenu moyen ( A) d’un offreur de travail à la recherche d’un emploi, c’est-à-dire
vt = π×A + (1- π)×w
• Condition de participation: min(vh,vt) ≥ A
Un modèle de ce marché du travail
• Comment l’entrepreneur doit fixer le salaire pour que personne ne triche?
– Condition : vt ≤ vh – Limite: w t.q. vt = vh
w-e = π×A + (1- π)× w
π×w = e + π×A
w = A + e/π
• D’où w ≥ A+e, cas de « l’équilibre
classique » (π=1)
Leçon à tirer
• Le salaire versé par l’entreprise est supérieur à celui de l’équilibre classique Il est efficace de donner des incitations pour que les ressources s’orientent vers les usages productifs.
• Problème : que font les autres entreprises?
Si tout le monde est confronté au même
problème, alors toutes les entreprises versent une prime.
Calculer une prime en pensant que les autres
entreprises versent un salaire concurrentiel n’est
pas un équilibre.
Où se trouvent les primes des autres entreprises dans l’exemple?
• En fait, A est un revenu « alternatif »: avec une proba u, l’individu reste au chômage et obtient b, et avec une proba 1-u, il
obtient un autre emploi, payé w Þ A = u×b + (1-u)×w
• En intégrant ce résultat dans le salaire fixé par l’entrepreneur, on a alors :
w = u×b + (1-u)×w + e/π
w = b + e/(π × u) ≥ b + e
De quoi dépend la prime?
• Dans le cas « classique », comme ne
« rien faire » rapporte b, il suffit de payer w=b+e pour faire travailler.
• Ici, il y a une prime = [e/(π × u)] - e
• e : plus l’effort est coûteux (e grand), plus l’incitation à tricher est grande…et donc plus il faut la compenser.
• π : peu de possibilité de contrôle (π petit)
=> grande prime
• u : beaucoup de chômage => petite prime
Le salaire d’équilibre
• Le salaire classique ne peut pas être le salaire d’équilibre les anticipations
doivent donc être basées sur un niveau de salaire intégrant les primes versées par
chacun.
• L’entrepreneur est déçu : la prime
n’implique pas d’écart de salaire avec les autres entreprises.
• A l’équilibre le salaire est supérieur au
salaire classique : il faut verser la prime ne
serait-ce que pour rester concurrentiel.
Leçon à tirer de la hausse du salaire d’équilibre
• Les coûts du travail augmentent => baisse des embauches.
• Accroissement de l’offre car le travail est mieux rémunéré.
• A l’équilibre, il y a plus d’offreurs de travail que de postes.
• Ceux qui n’ont pas de travail sont prêts à travailler pour un salaire plus bas (le
salaire classique), mais il ne peuvent pas :
chômage involontaire.
Equilibre sur le marché du travail
Salaire d’équilibre
Salaire classique
Offre de travail par entreprise
Productivité marginale du travail
et demande de
travail par entreprise Emploi
classique Emploi
d’équilibre Chômage
involontaire par entreprise
Emploi Salaire, productivité
Propriétés de cet équilibre
• La prime initialement prévue pour inciter les employés à bien travailler dans cette entreprise plutôt que d’en trouver une
autre instantanément (équilibre classique), incite maintenant à ne pas devenir
chômeur.
• Le salaire reste bien incitatif.
Autres problèmes liés aux ressources humaines
• La discrimination coûts liés au traitements individualisé des embauches.
• La course au diplôme se distinguer par la formation.
• Le recrutement coûts liés à la publicité et à la surenchère pour attirer des candidats.
• La recherche d’un emploi coûts liés à l’activité de prospection.
• Les manufactures peu sûres accident du travail = risque : prime ?
• Les syndicats défense des intérêt des
« insiders » au dépend des « outsiders »
Emploi Salaire, productivité
Productivité marginale du travail
et demande de
travail par entreprise Emploi
classique Emploi
d’équilibre Salaire de
réservation Salaire d’équilibre
Préférences du syndicat/insider:
U(N,w)
Ex: N*u(w)+(1-N)*u(b)
chômage
Equilibre et frictions sur le marché du travail
Demande de travail effective
Productivité marginale Profits purs
Offre de travail par l’employé
chômage
Masse salariale Salaire
d’équilibre
Emploi d’équilibre
Emploi Productivité
d’équilibre
C A
E
Section 3 :
La finance, les banques et la
monnaie
Le problème de l’allocation du capital
• L’allocation de l’épargne nationale entre différents usages productifs concurrents est cruciale pour la réussite du système économique.
• La théorie classique montre que les
marchés suffisent à assurer l’optimalité de cette allocation : tous les emprunteurs
saisissent les opportunités rentables et
tous les préteurs sont informés de ces
projets.
Financement de l’entreprise
• Théorie classique : quiconque peut emprunter au taux d’intérêt d’équilibre.
Comment?
• Investir = s’engager sur un projet qui verse des revenus demain.
• Problème: on ne connaît pas l’avenir avec certitude, donc comment connaître la
rentabilité d’un projet lorsque l’on est préteur (épargnant)?
• Solution : les prix contingents
rémunérations qui dépendent de l’état de
la nature, i.e. de la réalisation des aléas.
Valeur d’un projet et taux d’intérêt
• Après une période: un bilan
Profit = recette - rémunérations
• Ce projet est-il rentable? Oui si il permet de
rembourser la somme empruntée + les intérêts:
(1+r)*P = Profit P = Profit/(1+r)
• Si l’épargne est donnée et égale à P, mais que les projets sont différents Profit(i)
• P = Profit(i)/(1+r(i)) Pour avoir P, r(i) peut être grand si Profit(i) grand
• Prix contingents: r(i) si i r(j) si j
Financement de l’entreprise
• La théorie moderne : il existe des
imperfections sur le marché du capital.
Pourquoi?
• Le risque d’aléa moral :
L’emprunteur peut avoir des coûts de gestion de ses risques si importants qu’il sera
«négligeant» sur la sélection de ses projets
Le préteur, peut être remboursé
partiellement, car l’information est imparfaite
et la responsabilité de l’emprunteur limitée.
Entreprise et responsabilité (I)
• La croissance augmente la taille des entreprises et donc nécessite une évolution de la structure financière.
• Première phase de développement : la détention directe responsabilité illimitée. La «famille»
peut être poursuivie en justice pour rembourser son emprunt sur la base de l’ensemble de ses biens.
• Dans cette première phase, la responsabilité illimité tend à réduire la demande de crédit, car
«peur de compromettre son avenir».
Entreprise et responsabilité (II)
• Deuxième phase : le capitalisme de
marché constituer une société où les actionnaires ne sont responsables qu’à hauteur des parts souscrites
responsabilité limitée.
• Si l’entreprise cause un sinistre, les créanciers ne peuvent poursuivre les
débiteurs qu’à auteur des parts détenues.
• C’est alors le créancier qui doit s’assurer
du «sérieux» des affaires.
Le rationnement du crédit
• Mettons-nous à la place d’un banquier:
• Une masse de projet demande des financements.
• Le banquier n’a pas la compétence pour superviser ces projets : ce sont les
entrepreneurs qui s’engagent à le faire (savoir-faire) toute erreur de leur part peut entraîner des pertes.
• Le préteur s’expose alors à un aléa
(asymétrie d’information, idem à celle
décrite sur le marché du travail).
Exemple : le cas classique
• Supposons que des projets ayant un rendement de 10% demandent un
financement.
Les prêteurs vérifient tout.
Si une banque pratique un taux d’intérêt inférieur à 10% alors toutes les entreprises s’adressent à elle.
Le taux remonte à 10%
Les entreprises ne font ni profits, ni
pertes.
Exemple : la théorie moderne
• Supposons que l’entrepreneur ne se fatigue pas à tout vérifier : le rendement est alors inférieur à 10% il ne peut donc pas rembourser à 10%
Pas de profit, mais toujours pas de perte.
Pourquoi?
Du fait de la responsabilité limitée : le directeur touche sa rémunération, les salariés aussi, mais le préteur bénéficie d’un rendement de moins de 10%.
La responsabilité limitée réduit l’incitation à
travailler au mieux problème d’aléa moral
La « non » solution
• Comment trier parmi les emprunteurs?
• Ce que le prêteur ne peut pas faire:
Þ Fixer une prime de risque, ce qui accroît le coût du crédit. Pourquoi n’est-ce pas un bon choix?
Þ les « bons » emprunteurs sont découragés car ils produisent juste ce qu’il faut pour payer leurs emprunts: ils sortent du marché
Þ ne reste alors que les « mauvais » payeurs…il faut donc accroître encore la prime de risque car le marché devient encore plus risqué…
disparition du marché!!! (Akerlof)
Comment prêter des fonds?
• Le créancier a alors intérêt à accepter une rémunération moins importante pour inciter l’emprunteur à conduire ses affaires jusqu’au remboursement
éviter le risque de défaut.
• Mais, cette politique induit un déséquilibre:
comme le taux d’intérêt est plus faible que celui de l’équilibre en information parfaite (le prix du crédit est plus faible)
le nombre de demandeur >
à l’offre de crédit
Comment prêter des fonds?
• Il existe alors des emprunteurs insatisfaits sur le marché : certains sont prêts à rembourser à des taux plus importants aux banques sur des
projets de même type.
• Les banques n’accordent pas ces crédits
supplémentaires, car la hausse du taux d’intérêt induite désinciterait les « mauvais »
entrepreneurs à ne pas mener leurs projets
jusqu’à leurs termes... et ne pas rembourser
Théorie moderne des taux d’intérêt
45° 45°
Taux de rendement exigé
par le prêteur Taux de rendement exigé
par le prêteur Taux de rendement
anticipé
Taux de rendement anticipé
Rc Rm Rc
CLASSIQUE MODERNE
Théorie moderne des taux d’intérêt
45°
Taux de rendement exigé par le prêteur
Taux de rendement anticipé
Rc CLASSIQUE
Sur le marché « classique », le taux moyen est Rc, étant donnée un montant d’épargne Pas de risque de faillite car tout est « sous contrôle »
Rc est aussi le taux de rendement des projets
le marché du crédit est
comme un marché de
location en info parfaite.
Théorie moderne des taux d’intérêt
45°
Taux de rendement exigé par le prêteur
Taux de rendement anticipé
Rm Rc MODERNE