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Série / ES Épreuve / Philosophie Durée / 4 H
Coefficient / 5 Baccalauréat / 1er tour Session / 2018
Dès que le sujet est remis, assurez-vous qu’il est complet. L’usage de la calculatrice et du téléphone portable est interdit.
Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants : Sujet n°1
La parole est-elle libératrice ? Sujet n°2
L’État peut-il construire le citoyen ? Sujet n°3
Expliquer le texte suivant :
Il ne faut pas dire qu’un acte froisse la conscience commune parce qu’il est criminel, mais qu’il est criminel parce qu’il froisse la conscience commune. Nous ne le réprouvons pas parce qu’il est un crime, mais il est un crime parce que nous le réprouvons. Quant à la nature intrinsèque de ces sentiments, il est impossible de la spécifier ; ils ont les objets les plus divers et on n’en saurait donner une formule unique. On ne peut dire qu’ils se rapportent ni aux intérêts vitaux de la société ni à un minimum de justice, toutes ces définitions sont inadéquates. Mais par cela seul qu’un sentiment, quelles qu’en soient l’origine et la fin, se retrouve dans toutes les consciences avec un certain degré de force et de précision, tout acte qui le froisse est un crime. La psychologie contemporaine revient de plus en plus à l’idée de Spinoza d’après laquelle les choses sont bonnes parce que nous les aimons, bien loin que nous les aimions parce qu’elles sont bonnes. Ce qui est primitif c’est la tendance, l’inclination ; le plaisir et la douleur ne sont que des faits dérivés. Il est en de même dans la vie sociale. Un acte est socialement mauvais parce qu’il est repoussé par la société.
DURKHEIM La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.