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ARIstote N° 4 / Janvier 2010

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ARIstote N° 4 / Janvier 2010

Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles

qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences tant chez les élèves q

tant chez les élèves q tant chez les élèves q tant chez les élèves q

Evolution Evolution Evolution Evolution

Haïti…Société…Heysel…Escapade…Parade…Littérature…Musique…

Humour…Economie…Environnement…Culture…Mémoire…Histoire…Walibi…Afrique

…Théâtre…Structuration…Paris…Politique…Remédiation…Wavre…Blankenberge…

Différenciation…Bruxelles…Musée…Société…Conférence…Structuration…Plaisir…

Editeur responsable : G. INTJIGEJLIS, A.R.I., Rue de la Croix, 40, Ixelles, Tél. : 02 6269630, Fax : 02 6269606, Courriel :

ARIstote N° 4 / Janvier 2010

ARI ARI

ARI ARI st st st stote ote ote ote

Numéro Numéro Numéro

Numéro 4 4 4 4

Janvier 2010 Janvier 2010 Janvier 2010 Janvier 2010

ARI stote

Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles

qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences tant chez les élèves q

tant chez les élèves q tant chez les élèves q

tant chez les élèves que chez les membres de l’équipe éducative. ue chez les membres de l’équipe éducative. ue chez les membres de l’équipe éducative. ue chez les membres de l’équipe éducative.

…Dynamisme…Rigueur…Souvenirs…Sciences…

Haïti…Société…Heysel…Escapade…Parade…Littérature…Musique…

Humour…Economie…Environnement…Culture…Mémoire…Histoire…Walibi…Afrique Théâtre…Structuration…Paris…Politique…Remédiation…Wavre…Blankenberge…

Différenciation…Bruxelles…Musée…Société…Conférence…Structuration…Plaisir…

Editeur responsable : G. INTJIGEJLIS, A.R.I., Rue de la Croix, 40, Ixelles, Tél. : 02 6269630, Fax : 02 6269606, Courriel : [email protected]

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ote ote ote ote

Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles Une publication de l’Athénée Royal d’Ixelles

qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, qui a l’ambition de stimuler la réflexion, d’encourager la créativité, de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences de favoriser la libre expression et de mobiliser les compétences

ue chez les membres de l’équipe éducative.

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…Dynamisme…Rigueur…Souvenirs…Sciences…

Haïti…Société…Heysel…Escapade…Parade…Littérature…Musique…

Humour…Economie…Environnement…Culture…Mémoire…Histoire…Walibi…Afrique Théâtre…Structuration…Paris…Politique…Remédiation…Wavre…Blankenberge…

Différenciation…Bruxelles…Musée…Société…Conférence…Structuration…Plaisir…

Editeur responsable : G. INTJIGEJLIS, A.R.I., Rue de la Croix, 40, Ixelles, [email protected]

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Il me revient donc le plaisir d’ouvrir cet ARIstote 4 ; plaisir d’autant plus grand qu’il englobe l’ensemble de l’évolution de notre athénée.

Je tiens donc à remercier l’équipe qui a permis la parution de ce numéro ; la rédaction, les élèves et tous les acteurs qui, parfois dans l’ombre, ont œuvré et œuvrent pour donner à notre école son dynamisme, sa rigueur et sa vivacité.

Contrairement aux années précédentes, nous avons, en 2009/2010 développé l’ensemble des possibilités qu’offre le décret « premier degré » : une année commune, une année différenciée ainsi qu’une année complémentaire. De plus nous avons poursuivi l’expérience de la troisième année d’orientation et de différenciation appelée 3SDO.

Pourquoi ?

Afin de donner à chaque élève, à chaque enfant les moyens de développer son potentiel de façon optimale.

A cette fin, nous avons modulé les grilles et y avons introduit un suivi de classe et individuel. Les classes complémentaires, différenciées et d’orientation ont de deux à quatre heures, dans leur horaire, pendant lesquelles une psychopédagogue se charge de structurer leur travail et la façon de l’étudier.

De plus, notre amicale a pris en charge l’organisation de l’école des devoirs et de la remédiation.

Pour le premier degré, l’école des devoirs fonctionne toute la semaine, après les heures de cours sauf les

mercredis prévus, eux, pour la remédiation des degrés supérieurs.

Parallèlement, nous avons poursuivis les collaborations avec les asbl extérieures à l’ARI.

L’asbl Odyssée se charge du suivi extérieur des élèves en difficulté, Omar Khayam, elle, développe l’esprit citoyen des classes prises en charge, SOS Jeunes les plonge, par ses actions, dans la démarche citoyenne et, enfin, X-lien les confronte, sur des problématiques diverses, aux opinions d’élèves issus d’autres milieux scolaires.

Nos professeurs, par l’organisation de sorties pédagogiques diverses et variées, offrent la possibilité à nos élèves de s’ouvrir sur le monde qui les entourent. Sans oublier le sport, qui, grâce à l’inventivité des professeurs de gymnastique, permet à nos élèves de s’affronter, dans un parfait esprit, lors de l’organisation des tournois multidisciplinaires et inter classes.

Je n’oublie pas l’immense travail fourni par nos éducateurs, notre centre PMS et notre médiatrice scolaire qui, par une approche professionnelle, permet de débloquer des situations extrêmes et, par un travail en profondeur, clarifie les objectifs individuels des élèves.

Mon objectif est et reste simple : organiser, structurellement, l’ARI afin de le rendre efficace et convivial. Si, à ce tableau, je pouvais ajouter une délégation d’élèves ayant gagné, par son action et son implication concertée, le statut de partenaire à part entière ; je serais le plus heureux des Préfets.

Merci à tous…, (à Martine, Dorothée

et Sylvie, à Ifeta, Isis, Monique, Christian et Raymond) et bonne lecture.

Intjigejlis Gérasimos Préfet des Etudes

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Editorial

L’ARI en Mouvement L’Afrique à l’honneur

-

Conférence de M. Gassama : l’Afrique répond à Sarkozy

-

L’Afrique doit tirer les leçons de l’élection d’Obama

-

Aimé Césaire, fidèle à lui-même

-

Littérature africaine : « l’Enfant noir » de Camara Laye

-

Visite au Musée Royal d’Afrique centrale de Tervueren Education

-

Enseignement : Décret Mixité

-

Campagne « L’école en questions »

-

Exposition : Les « Sciences nomades » à l’ARI - Lu pour vous : Le Sida, une maladie intelligente ? - Fable à méditer : Il était une fois …

Social

- Tahar Ben Jellon, « La Porche noire, le Play boy et la

Burqa »

-

Témoignages : Vie de couple au Maroc - Contre les mariages gris

- Les Jeunes, victimes de l’amour vache Economie

- Crise du Capitalisme International

- « A quand la paix au Moyen Orient ? »

-

Gaza et la Géopolitique de l’énergie - L’eau qui sauve et l’eau qui tue

-

Une journaliste soudanaise menacée de coups de fouet - Le Séisme d’Haïti

-

Pourquoi il faut aider Haïti ? Culture

-

Spectacle à l’ARI : Mousta Largo « D’une rive à l’autre »

-

Baloon’s day Parade : Elèves et Profs de l’ARI participent…

-

Espace MAGH : nouveau Centre culturel maghrébin Reportage

- Abd-El-Krim EL KHATABI :

Résistant, Penseur et Homme d’Etat rifain

Humour

- Actualité cynique

-

Discours parodique Souvenirs

-

Nos profs et élèves à Walibi

- Carnaval à l’ARI lors du Souper de l’Amicale

Comité de Rédaction

: Merci aux collègues, élèves et aux nombreux collaborateurs qui ont contribué à la réalisation de ce Numéro 4 d’ARIstote.

Malgré une longue attente, La Rédaction a voulu restituer fidèlement l’ensemble des efforts et les fruits du dynamisme et de la créativité de toutes les bonnes volontés.

Saïd Berrada

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Enfin, l’Athénée Royal d’Ixelles a retrouvé son rythme de croisière. Ça bouge à bord et, depuis un temps certain, les destinations et les escales se succèdent avec harmonie et bonheur. L’utile est lié à l’agréable et cela donne ses fruits. Découvertes, explorations, apprentissages, plaisirs partagés… ont marqué les esprits et donnent encore envie de revenir à l’école, pas par obligation mais parce qu’on y vit et on y apprend bien. Une culture scolaire y a pris pleinement place et tous, élèves comme professeurs, apprécient le changement et approuvent la qualité grandissante de l’encadrement et des apprentissages. Mais restons réalistes…, il y a encore du pain sur la planche !

Il y a un an déjà, jour pour jour, que Profs, Elèves et Educateurs nous ont ramené des souvenirs de leurs escapades à la fois instructives et récréatives. Heysel, Wavre, Bruxelles, Blankenberge, Paris … sont autant de destinations mobilisatrices pour acquérir des savoirs, mais aussi vivre des moments inoubliables et partager des émotions. En voici quelques récits :

Mini Europe

Le 30 avril, les élèves des classes Primo arrivants et 1ère accueil, accompagnés de madame Compagnon (stagiaire), madame Claus, madame Capizzi et monsieur Manouvrier sont partis vers le Heysel afin de visiter le parc « Mini-Europe » à la découverte des monuments connus ou

moins connus de notre vieux continent.

Les élèves, afin d’être guidé dans le parc, avaient reçu un fascicule et devaient répondre à un certain nombre de questions. A la fin de la visite du parc en plein air, nous nous sommes rendus dans la salle de

« jeux » toujours en rapport avec l’Europe !

Une belle matinée bien remplie et beaucoup de souvenirs ! ☺

Aventure Parc à Wavre

C’est le 6 mai que les classes de 1A,

2G, 3G, 1B et les filles de 4TQ1 sont

parties pour la grande aventure à

Wavre. Les professeurs, encore plus

fous que les élèves dans cette

aventure, étaient mesdames

Compagnon (stagiaire), Del Piero,

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Degrelle et messieurs Laurent et Dehon.

Au programme de la journée : tyroliennes, ponts de singe, échelles de cordes, sauts de Tarzan, et j’en passe ! Une journée passionnante où la persévérance, l’endurance, la ténacité, le courage, l’esprit d’équipe et la bonne humeur étaient de rigueur.

C’est notre histoire

Les 4G, les 4PSS et 4PV sont partis, le 10 mai, à la découverte de notre histoire, l’histoire de l’Union européenne, accompagnés de mesdames Compagnon et Capizzi et de monsieur Bodson. C’est tout au long d’une superbe exposition que nos élèves ont pu découvrir comment et pourquoi l’Union européenne a été créée. Une matinée pleine d’émotions et enrichissante à tout point de vue.

Blankenberge

Voyage en train, le lundi 19 mai, jusque Blankenberge pour les élèves de Primo arrivants et de 2P, accompagnés de leurs professeurs mesdames Aarab, Capizzi et Vicky et monsieur De Rocker. Arrivés à la gare, en route pour le Sea Life, à la découverte des animaux marins et de la vie marine. Nous avons pu observer un bon nombre d’animaux marins tels que des tortues, des hippocampes, des carpes, des piranhas, des crabes, des loutres, des poissons exotiques comme le poisson clown. Mais aussi un spectacle avec en vedette des otaries et des phoques.

Une fois la matinée terminée, nous sommes partis pour pique-niquer sur la digue. Afin de terminer la journée en beauté, nous nous sommes baladés sur la plage et avons fait du cuistax sur la digue. Avant de reprendre le train, nous avons dégusté une crème glacée tout en nous promenant dans le centre ville de Blankenberge.

Une chouette journée qui se termine dans le train par quelques photos souvenirs !

Paris

C’est sous l’oeil bienveillant des professeurs mesdames Pareys, Aarab, Chahib, Bouras, Doyen, Capizzi et monsieur Chemmal ainsi que des éducateurs Hajar, Vicky et Idriss …

… que les élèves des sections

Services sociaux et Auxiliaires

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familiales sont partis pour Paris en ce jeudi 15 mai 2008.

A pied, nous avons pu visiter et voir de l’extérieur l’Institut du Monde Arabe, la grande Mosquée de Paris, la cathédrale Notre-Dame, le musée du Louvre, la tour Eiffel … mais aussi de nous balader le long des Champs Elysées et de la Seine.

L’Institut du Monde Arabe

La grande Mosquée de Paris

La cathédrale Notre Dame de Paris

Le musée du Louvre

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La tour Eiffel

Les Champs Elisées

Vue de la Seine

Nous ne sommes pas prêts d’oublier cette magnifique ville aux aspects anciens et modernes à la fois !

Récit réalisé par Madame Capizzi.

Photos par

M. Chemmal.

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« L’AFRIQUE REPOND A SARKOZY »

L’Athénée Royal d’Ixelles a eu le plaisir d’accueillir le 12 novembre 2008 Monsieur Makhily GASSAMA qui, grâce à la collaboration de l’ONG « Coopération Education Culture » (CEC), a bien voulu répondre favorablement à notre invitation pour rencontrer nos

élèves et les entretenir sur les rapports douloureux entre

l’Afrique et l’Europe.

Ancien ministre de la Culture sous le magistère du Président Abdou Diouf, Makhily Gassama a été également le premier animateur d’une émission TV littéraire au Sénégal, "Regards". Il est aussi auteur de plusieurs publications littéraires.

Fonctionnaire de l’Unesco à la retraite, cet excellent spécialiste de la littérature africaine continue toujours de cogiter sur les questions brûlantes qui agitent le continent.

Actuellement en tournée dans des universités belges, Monsieur GASSAMA, en tant qu’intellectuel de marque du continent africain, engagé et actif, a réagi officiellement au discours du Président français SARKOZY à Dakar (juillet 2007) par la

publication en février 2008 d’un recueil intitulé :

« L’AFRIQUE REPOND A SARKOZY ».

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Le discours de Dakar

Le 26 juillet 2007, à l'Université Cheik Anta Diop de Dakar, le président Nicolas Sarkozy, fraîchement élu à la tête de l'Etat français, prononce un discours qui se voulait "historique et franc"

face à la jeunesse africaine. En fait de franchise, ses propos remettent à l'ordre du jour un mépris et des stéréotypes qu'on croyait appartenir à une époque révolue.

L'indignation que ce discours a suscitée en Afrique n'est pas près de s'estomper. Une vingtaine d'intellectuels mobilisés par l’homme de lettres et diplomate Sénégalais Makhily Gassama ont tenté de lui répondre dans le collectif L'Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar, paru récemment aux Editions Philippe Rey.

Quand les stéréotypes ont la vie dure…

Reste que les approximations historiques de Nicolas Sarkozy sont loin d'être circonstancielles.

Elles prennent place dans un mouvement intellectuel occidental récent, que l'on pourrait qualifier de "retour des idéologies coloniales", face aux impasses politique et économique qui minent le continent africain aujourd'hui. Et cela, au moment même où la production intellectuelle africaine sur l'histoire, la culture et la pensée de ce continent est plus

abondante qu’elle ne l’a jamais été !

Mais pourquoi cette production n'arrive-t-elle pas à dépasser le cap de quelques cercles intellectuels, en Afrique comme en Europe ? Pourquoi les voies suggérées par ces intellectuels ne sont-elles pas prises en considération dans la recherche de solutions aux multiples difficultés qui accablent le continent ? Pourquoi le "rendez- vous universel du donner et du recevoir", que le poète Léopold Sédar Senghor appelait de tous ses vœux, est-il toujours postposé ? Bref, quelle est la place que l’Afrique revendique dans la mise en action de solutions face aux difficultés qu'elle connaît ?

L'enjeu est de taille, car il y va de

l’avenir de tout un continent. Tels

sont les termes du débat que

nous avons proposé à nos élèves,

avec le concours de notre invité

Makhily Gassama, lors de la

Conférence organisée à l’Athénée

Royal d’Ixelles. En voici la

synthèse des questions-réponses

qui ont animé la rencontre :

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"L’Afrique répond à Sarkozy".

Comment est née l’idée d’écrire un tel livre ?

Makhily Gassama : C’est en écoutant le président français.

J’avoue que je l’ai écouté avec plus d’attention que je n’ai l’habitude d’écouter un homme politique. Pourquoi? La notion de

"rupture", dans la politique française en Afrique, m’intéressait et continuera de m’intéresser.

L’arrivée des socialistes français au pouvoir avait suscité dans ma génération un grand espoir: nous étions sûrs qu’elle provoquerait inévitablement une rupture dans nos relations avec la France.

Vous évoquez souvent la

« Françafrique », de quoi s’agit-il ?

Makhily Gassama : Nous avions cru que c’était enfin la fin de la Françafrique, qui a commis tant de crimes tant au plan politique qu’au plan économique; que c’était la fin de l’irresponsabilité de nos politiques, de l’agenouillement, du larbinisme, terme cher à Aimé Césaire pour qualifier ce fâcheux complexe de dépendance, si développé chez nos gouvernants; nous pensions que c’était la fin du pacte colonial,

de la politique de la mendicité, de l’assistanat, de l’humiliation du continent; nous pensions qu’une fois la rupture consommée, nous traiterions enfin avec la France d’égal à égal...

Etes-vous déçus ?

Makhily Gassama : Quelle déception! Les socialistes ont reconduit la Françafrique en la maquillant. Vous comprenez pourquoi j’ai attentivement écouté Nicolas Sarkozy dont j’admirais le volontarisme en politique. Je croyais en lui. Cet ouvrage est une réaction à son discours attendu, son discours dit

"fondateur". Mais la réflexion, ici,

sur le présent et l’avenir de

l’Afrique, a nettement dépassé le

discours "circonstancié" du

président français.

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"L’Afrique répond à Sarkozy"

est l’œuvre de tout un collectif. De qui se compose-t- il ?

Makhily Gassama : Le groupe est pluridisciplinaire. Il y a des philosophes, des historiens, des écrivains, des littéraires, des linguistes, des économistes, des financiers, un éminent égyptologue, un avocat et professeur d’université, un médecin biologiste. Ce qui m’amusait en lisant les textes, c’est que chaque auteur est allé bien au-delà de sa discipline en faisant appel à d’autres disciplines et chaque auteur est allé aussi bien au-delà du discours du nouveau chef de l’Etat français; il est intéressant de noter que leur principal souci, c’est tout d’abord le devenir du continent face surtout à l’Europe.

Qu’espérez-vous réaliser ?

Makhily Gassama : Lutter contre tout complexe de dépendance.

Défendre la dignité de l’Afrique quand elle est publiquement menacée. Lutter contre la falsification de l’histoire de l’humanité, l’histoire des hommes, au profit de la seule Europe.

Compter sur nous-mêmes d’abord sans renoncer à la coopération avec les nations du monde, mais coopération enfin menée dans l’égalité des parties, dans le respect mutuel, dans la dignité.

Synthèse et Photos : S. Berrada

Exposition – Musée d’Afrique

centrale – Tervueren.

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A LIRE ABSOLUMENT : Un article de Colette Braeckman, publié dans /Lesoir.be/ le 6 novembre 2008.

Depuis des jours, l’Afrique était en prière. Partout, des groupes s’étaient formés, jeûnant, priant, chantant pour que « leur » candidat, Obama, l’emporte aux Etats-Unis. Depuis deux jours, l’Afrique est en liesse.

Dans toutes les capitales, on se

congratule, on se prend à espérer que ce « fils de l’Afrique » n’oublie

pas ses racines kényanes et s’intéresse au développement du

continent noir, trop souvent à la traîne malgré ses richesses humaines et matérielles.

Mais les Africains devraient faire plus que se réjouir. Ils doivent aussi tirer la leçon du formidable exercice de démocratie que les Américains leur ont donné. Aux Etats-Unis, Blancs et Noirs ont tourné la page sur les souffrances et les injustices du passé, accepté de travailler ensemble, de refonder leur unité au départ de la vision généreuse du jeune candidat.

Il y a tant de pays en Afrique où cet exemple mériterait d’être médité : au Kénya, où les élections débouchèrent sur une débauche de violence entre partisans de Kibaki et d’Odinga, sur fond de rivalité ethnique ; en Afrique du Sud, où les migrants noirs ont été lynchés puis expulsés parce qu’ils venaient d’ailleurs, au Rwanda où le génocide des Tutsis fit un

million de morts et sert, aujourd’hui encore, de justification au régime pour intervenir au Congo et soutenir des rebelles qui protègent les Tutsis et terrorisent les autres. Au Congo aussi bien sûr, où l’on a bien retenu les leçons des maîtres belges, et où les équilibres ethniques sont une donnée politique incontournable, génèrant rivalités et conflits. A Nairobi, où les dirigeants du Congo et du Rwanda vont se rencontrer, il y aura probablement plus d’arrière pensées et de rancunes que d’avancées véritables alors que ces pays sont condamnés à des relations de voisinage…Dans la plupart des pays d’ Afrique, les groupes ethniques se laissent manipuler par des politiciens avides de pouvoir ; presque partout, le souci de soi, de sa famille, de son groupe l’emporte sur le bénéfice de la nation et le développement demeure à la traîne, même dans des pays d’une richesse insolente.

Il ne suffit pas de battre des mains

pour Obama et de spéculer sur sa

politique future: les Africains doivent

mesurer que ce métis au parcours

atypique a dépassé les clivages

Blancs/Noirs et que des millions

d’électeurs ont pris le risque de

parier sur lui. Sur l’avenir, sur le

changement. Combien sont- ils, en

Afrique, qui oseraient ainsi miser sur

un inconnu porteur d’avenir ?

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Alors que plusieurs controverses surgissent sur le passé colonial de la France et sur l’esclavage, Françoise Vergès est allée à la rencontre d’Aimé Césaire en juillet 2004 à Fort-de-France, en Martinique. Dans ces entretiens, le chantre de la négritude se remémore ses souvenirs et ses combats.

Tout commence par le refus de l’assimilation. Au début des années 1930, le jeune Césaire refuse de jouer le jeu du milieu petit-bourgeois martiniquais, dont l’art poétique se résume à quelques alexandrins surannés. C’est donc sans regret qu’il part étudier à Paris, ville synonyme, pour lui, de liberté. A Louis-le-Grand, il rencontre Léopold Sédar Senghor, qui fait de lui son

“bizuth”. Dans les salons des sœurs Nardal, il découvre les poètes noirs américains, les premiers à affirmer leur identité à travers la “Négro-renaissance”. Au sein de la revue L’Etudiant noir, créée en 1934, Césaire, Senghor et le poète guyanais Léon Damas popularisent le concept de “négritude”. “Rendons à Césaire ce qui appartient à Césaire”, aimait à dire Senghor, quand on lui prêtait à tort la paternité du mot : c’est sous la plume du poète martiniquais que le terme

“négritude” apparaît pour la première fois en 1939, dans son Cahier d’un retour au pays natal. Le poème est publié à un tirage confidentiel, avant d’être redécouvert et célébré par André Breton lors d’un voyage aux Antilles en 1941.

Contre l’asservissement, la fraternité

A 92 ans, Aimé Césaire ne se départit pas de sa modestie et s’étonne encore de l’intérêt suscité par ses écrits passés. La clairvoyance de ses propos reste intacte. Analysant le mal-être antillais et la trace inexorablement laissée par l’esclavage, il dénonce l’universalisme à la française, l’asservissement tout comme l’assimilation qui nie la spécificité de l’autre. Il reste méfiant face à l’idée de réparation (“pour moi, c’est irréparable”), mais il exige le soutien de l’Occident “pour aider les pays à se développer, à renaître”. Tout en affirmant son identité noire, Césaire a toujours cherché à s’ouvrir au monde. Prônant un nouvel humanisme, il défend la fraternité et le dialogue entre les civilisations. A Fort-de-France, il garde cette dimension altruiste : il s’enquiert de la vie de tous et accueille quiconque désire lui parler. A une exception près, et de taille. Malgré sa timidité, Césaire a toujours refusé d’être instrumentalisé, que ce soit par le Parti communiste hier ou par le ministre de l’Intérieur aujourd’hui. Resté fidèle à lui-même et à ses convictions, il a préféré refuser cette entrevue-là et, surtout, une poignée de main dont la portée l’aurait dépassé. Un exemple à méditer dans ce tout-monde médiatique.

Aimé Césaire « Nègre je suis, nègre je resterai » :

Entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, mercredi 30 mai 2007.

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Le Chantre de la négritude, Guerrier de tous les temps

Témoignage : Blog sur Skyrock

Posté le jeudi 17 avril 2008 23:57

Négritude !

Par ce mot, Aimé Césaire s'oppose aux racistes qui disaient de nous "des nègres", pour eux nous ne sommes rien. Quand on l'appelait "nègre", oui il se sentait interpelé

"oui le nègre c'est moi ", car pour cette homme il est bon, beau et légitime d'être nègre. Il se range du côté de ceux qu'on opprime. Il voit le monde avec humilité,

dignité, responsabilité et humanité ! Alors oui quand on l'appelait le nègre, il en était fier, car si vous êtes

racistes, ce nègre vous « emmerde » !

Il a rencontré les plus grands de ce monde et les plus grands de ce monde l'ont admiré. Nelson MANDELA quand il était emprisonné en Afrique du Sud, du fond de sa geôle a entendu parler de cet homme, un MARTINIQUAIS, qui livrait bataille contre le colonialisme, l'oppression et l'injustice avec des mots simples, touchants, et pourtant d'un écho et d'une puissance extraordinaires.

C'était un homme libre avec une aura immense. Il parvenait à captiver les foules, car quand cet homme parlait, la grammaire souriait.

Alors, non les Noirs ne sont pas inférieurs, être noir c'est une identité.

Si tu lis cet article, prends-en conscience, la liberté ne s'est jamais donnée, elle se prend.

Même mort, il est désormais impossible de laisser sous silence ses écrits sulfureux. Et non, il ne s'agit pas de lire, juste pour lire. Il faut chercher à lire, à écouter, pour comprendre et développer son esprit critique.

L'école? Elle forge l'homme, mais se sont des écrits comme ceux de

Messieurs CESAIRE, SENGHOR ou encore FANON qui ouvrent l'esprit sur

les réalités de l'identité noire.

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LITTERATURE AFRICAINE…

L'Enfant noir nous restitue, dans toute sa vérité, la vie quotidienne, les traditions et les coutumes de tout un peuple.

Il est le roman africain le plus connu et le plus étudié dans les établissements scolaires européens. Ce succès s'explique par le fait que le héros soit jeune et surtout que Camara Laye ait cherché à rendre accessible la culture africaine par la description des faits et gestes quotidiens des Africains à travers les douze chapitres qui compose son roman. Ainsi, l’auteur se propose d’être l’interprète de la réalité africaine tout en évitant de s'engager dans la voie tortueuse de la politique.

Toutefois, cette absence d'engagement politique lui valut de sévères critiques

dont la plus célèbre reste celle de l'auteur Camerounais Mongo Beti :

« Afrique noire littérature rose ».

L’Histoire

: Laye est un jeune garçon qui vit avec ses parents à Kouroussa, un village de Haute-Guinée. Son père, forgeron et orfèvre, lui enseigne les techniques de son art. Laye rend parfois visite à sa grand-mère qui habite à Tindican, un village voisin. Il y découvre la paysannerie. A Kouroussa, il va à l'école française. Il entre dans l'association des non-initiés, où il apprendra la mort de son ami Check.

Après avoir réussi à obtenir son certificat d'aptitude professionnelle, Laye se voit offrir la possibilité de continuer ses études en France. Après hésitations, il finira par accepter cette offre.

Le serpent noir

Ce chapitre se base sur la description des lieux de son enfance, la concession, l'atelier du père, la case du père, celle de la mère et de la véranda attenante où il aime jouer. Le chapitre évoque la lente initiation de l'enfant aux significations du serpent, animal dangereux sauf à en adopter, comme son père, le bon spécimen. Le petit serpent noir que caresse son père à la fin du chapitre est l'animal totem du clan des forgerons, dont l'enfant se demande s'il héritera, ou s'il lui préférera le chemin de l'école.

La transformation de l’or en bijou Une femme ayant besoin d'un nouveau bijou pour une fête religieuse arrive chez le père du narrateur, qui est orfèvre, avec un griot qui est censé inspirer l'artisan. Suivant les exigences rituelles, le père s'est purifié le matin même, prévenu par son génie de la tâche qu'il aurait à accomplir ce jour-là.

L'enfant apprécie la transformation quasi magique de l'or en bijou et l'extraordinaire travail de son père, qui est aidé dans sa tâche par la présence du petit serpent noir. La femme à qui le bijou est destiné s'émerveille devant le spectacle elle aussi, mais la mère du narrateur ne partage pas l'admiration de celle-ci, croyant au contraire que le

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16 travail de l'or ne peut que nuire à la

santé de son mari.

La moisson du riz

La récolte du riz du mois de décembre est un effort communautaire puisque toutes les familles font la récolte générale le même jour. Les hommes sont responsables de la moisson proprement dite; les femmes, de leur côté, sont responsables de nourrir les travailleurs et les enfants. La moisson est présentée comme un événement joyeux auquel la communauté participe avec allégresse, chantant et travaillant au rythme du tam-tam.

Quant au narrateur, il participe à la moisson en aidant son jeune oncle. Son travail consiste à prendre les bottes d'épis récoltées par son oncle, les débarrasser de leurs tiges, les égaliser, et porter les gerbes au milieu du champ.

Le narrateur reconnaît la dureté du travail et voudrait bien manier à son tour la faucille, mais son oncle l'avertit que ce travail de faucheur ne sera sans doute jamais le sien.

Le portrait de la maman de Camara On apprend que, revenu à Kouroussa, le narrateur demeure chez sa mère, à la différence de ses frères et sœurs, qui dorment chez leur grand-mère paternelle. C'est dans ce chapitre que le narrateur nous fait le portrait de sa mère, une femme généreuse qui est chargée de la préparation de la nourriture, de l'éducation des enfants.

Elle traite les apprentis de son mari comme ses propres enfants, les nourrissant et s'occupant de tous leurs besoins.

Cette femme se distingue non seulement par sa naissance noble et son air d'autorité, mais surtout par ses pouvoirs spéciaux qui lui viennent de sa position de puînée de jumeaux et du totem familial, le crocodile. Elle a une influence remarquable sur les animaux et peut puiser dans l'eau du Niger sans craindre l'attaque des crocodiles. Le narrateur apprécie les prodiges effectués par sa mère tout en reconnaissant, de son point de vue adulte, leur nature fabuleuse.

L’école Coranique et Française

Le narrateur fréquente l'école coranique et, plus tard, l'école française. Dans l'une comme dans l'autre, les rapports entre filles et garçons se caractérisent par la moquerie universelle. Cependant le narrateur développe un rapport différent avec Fanta, l'amie de sa sœur.

C'est le maître d'école qui représente l'autorité, faisant régner le silence et ayant recours aux punitions corporelles.

Les enfants, pour leur part, sont calmes et attentifs. Les grands sont souvent les bourreaux des petits, les forçant à faire les corvées imposées par le maître.

Lorsque leurs interventions deviennent trop brutales, les parents interviennent, contraignant enfin le directeur de changer de poste.

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17 Le rite de Kondèn Diara

Le rite de Kondèn Diara constitue la première épreuve de l'initiation des jeunes non circoncis au monde adulte. Le soir de la veille du Ramadan, les enfants à initier sont cueillis par une troupe hurlante, et participent tous à une fête communautaire, après laquelle ils subissent tous la cérémonie des lions dans un lieu sacré de la brousse. Le narrateur confie au lecteur la peur éprouvée lors de cette nuit, peur de l'inconnu, mais aussi des rugissements de lions invisibles aux enfants. A l'aube, l'instruction finie, les enfants découvrent de longs fils blancs couronnant toutes les cases de la concession et se rejoignant au somment d'un énorme fromager. Le mystère de l'installation de ces fils ainsi que la source du rugissement des lions sont révélés par le narrateur qui, éloigné de son pays natal, se montre peu soucieux des secrets de sa communauté d’origine.

La cérémonie de la circoncision

Préparés par le rite de Kondèn Diara, les garçons de douze, treize et quatorze ans subissent la cérémonie de la circoncision, épreuve marquée par la douleur et la peur.

Après une semaine de préparations festives pendant lesquelles les garçons, habillés de boubous cousus et de bonnets à pompon, reçoivent des cadeaux et dansent à maintes reprises le coba, danse réservée aux futurs circoncis, ceux-ci sont conduits sur une aire circulaire où l'opérateur accomplit sa tâche avec rapidité. S'ensuit une quarantaine de quatre semaines pendant lesquelles les jeunes gens sont soignés par un guérisseur et la vue des femmes leur est interdite. Le narrateur reconnaît l'importance de la séparation rituelle entre mère et fils. A partir de ce moment, il se résigne à habiter sa propre case en face de celle de la case maternelle.

Le Voyage de Camara à Conakry

Ce chapitre commence par le récit des adieux du narrateur à sa mère, à son père, à ses frères et sœurs, marqués par le déchirement et la tristesse du jeune homme qui est accompagné à la gare par ses frères et sœurs, Fanta, et des griots.

Pendant le voyage, il passe par Dabola, Mamou et Kindia. Etant arrivé à Conakry, capitale de la Guinée, le narrateur réside avec son oncle et ses deux femmes. Il raconte les premiers jours d'école aussi bien que sa conversation avec son oncle sur les vertus des différentes écoles et les carrières. Malgré ses hésitations, le

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18 narrateur reste au Collège Georges

Poiret. Le chapitre se termine par le bilan de sa première année à Conakry.

Amitié avec Marie

Lors de sa deuxième année de collège, le narrateur voit régulièrement son nom au tableau d'honneur. C'est pendant cette période qu'il rencontre Marie, tous les dimanches chez son oncle. Selon lui, ils partagent une sorte d'amitié profonde, mais le lecteur sent bien que leurs émotions sont plus fortes que celles d'une simple amitié. Les tantes du narrateur taquinent les deux jeunes gens, parlant de leurs futures fiançailles.

Les deux passent beaucoup de temps ensemble, à danser, à écouter de la musique, à se promener à bicyclette, etc. A la maison, le narrateur attend qu'on le serve, tandis que Marie aide au ménage.

Amitié avec Kouyaté et check

Durant ses années de collège, le narrateur retourne régulièrement à Kouroussa pendant les vacances scolaires. A chaque retour il peut apprécier les efforts de sa mère pour rendre sa case plus «européenne» et correspondre à son éducation. Lors de ces visites, il reçoit ses amis et même de jeunes femmes séduisantes dont sa mère désapprouve la fréquentation. En fait le narrateur se plaint de la

«tyrannie» de sa mère qui surveille tous ses mouvements, même lorsqu'il dort.

Le chapitre est surtout le récit de la grande amitié du narrateur avec Kouyaté et Check, ses camarades d'enfance. A la fin de sa deuxième année le narrateur rentre à Kouroussa et découvre que Check est très malade. La mère de celui- ci consulte les guérisseurs, qui recommandent des massages et des tisanes. Kouyaté insiste plutôt que Check aille voir un médecin au dispensaire.

Malgré tous les efforts de sa mère et de ses amis, Check meurt en présence de Kouyaté et du narrateur. Celui-ci connaît ainsi son premier grand deuil.

Le départ pour la France

Ayant reçu son certificat d'aptitude professionnelle, le narrateur a l'occasion d'aller étudier en France avec l'aide d'une bourse scolaire. La mère du narrateur refuse absolument de considérer cette idée; son père y est plus ouvert et encourage son fils à partir pour son propre bien et pour qu'il puisse revenir aider son peuple. La mère finit par comprendre qu'elle ne peut pas empêcher le départ de son fils, mais sa tristesse est profonde.

Un jour, donc, le narrateur se retrouve dans un avion qui part pour Dakar, où il laissera Marie qui va y poursuivre ses propres études. De Dakar il prendra un autre avion pour aller à Orly, d'Orly il ira à la gare Saint-Lazare en métro, et finalement à Argenteuil. Le narrateur promet de revenir, mais son dernier geste est de palper le plan du métro de Paris qui gonfle sa poche.

Commentaire littéraire proposé par : Hugues

BAELONGANDI - 6G

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Les différentes autorités de Bruxelles ont décidé de consacrer l'année touristique 2009 au thème de la bande dessinée. Un choix logique pour la ville qui a vu naître quelques légendes du neuvième art : Hergé (Tintin), Franquin (Gaston Lagaffe) et Peyo (Les Schtroumpfs) et qui abrite le Centre belge de la bande dessinée qui fête ses 20 ans d'existence cette année.

Le coup d'envoi de ce programme qui contient une cinquantaine de manifestations regroupées sous le nom de BD Comics Strip Brussels 2009, a eu lieu samedi 28 février avec un défilé, baptisé Balloon's Day Parade, de ballons géants en forme de personnages de BD, animaux, objets…

À l’occasion des fêtes de Carnaval et du début de l’année de la BD, une "Balloon’s Day Parade" a eu lieu dans les rues de Bruxelles ce 28 février.

A l’instar des Balloon’s Parades organisées chaque année depuis 1924 à New-York, la capitale s’est dotée pour la première fois de ce spectacle populaire d’envergure

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qu’est le défilé de gigantesques ballons à hélium en forme de personnages de BD accompagnés de groupes folkloriques et des fameux « marching bands » ainsi que d’environ 30.000 spectateurs.

Une petite quarantaine de personnes (Profs et élèves) de l’ARI ont participé à ce cortège, aidant ainsi à la réalisation de quelques projets scolaires.

En tête du cortège, on pouvait retrouver un Manneken Pis et un Atomium géants. Ils étaient suivis par les ballons des Schtroumpfs, de Spirou, de l'Agent 212 et d'une série de personnages de BD américains.

Plusieurs groupes folkloriques ont accompagné les énormes ballons.

Cette promenade à l'américaine est partie de la Gare du Midi à 13h30 et s'est achevée

à la Gare du Nord, boulevard du Roi Albert II vers 17h.

De nombreuses familles, des touristes et des enfants ont assisté à ce défilé pittoresque.

Bref, un après-midi sympa et festif entre copains qui a rapporté un peu de sous…

A refaire !

Reportage réalisé

par : Laurence

MOULART

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jeunes issus de la communauté arabo héritage et donc de leur identité.

le repli sur soi et le rejet de l’autre. C’est pour cette raison que

d’Ixelles a eu la plaisir d’accueillir le 20 février 2009 ce merveilleux spectacle qui commémore la clôture de l'Année européenne de la diversité culturelle, avec le soutien des Ministres Fadila Laanan et Christian Dupont et la collaboration des Jeunesses musicales de la Communauté française de Belgique.

Pour ce formidable voyage, Mousta Largo, entouré de trois musiciens, s'accompagne d'une foule d'instruments de musique tout en nous contant une histoire magnifique qui ne devrait laisser personne indifférent.

Mousta Largo invite le jeune spectateur à le suivre sur les traces d’un

guidant une population émigrant

Rajasthan et les rives du Gange jusqu’aux bords du Guadalquivir en Andalousie,

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« D’une rive à l’autre

de contes et de musique qui aborde, entre autres, les thèmes de la tolérance, du respect, de la connaissance et de l’estime de soi, de la citoyenneté… Il permet d’engager un dialogue avec les jeunes et de mettre en lumière la richesse culturelle monde arabo-musulman ainsi que l’héritage scientifique et culturel exceptionnel que l’Occident doit à l’Orient.

Il donne ainsi des repères positifs aux jeunes issus de la communauté arabo-musulmane, à propos de leur culture, de leur identité. Mousta Largo invite chacun à se prémunir contre le repli sur soi et le rejet de l’autre. C’est pour cette raison que l’Athénée Royal

a eu la plaisir d’accueillir le 20 février 2009 ce merveilleux spectacle qui ture de l'Année européenne de la diversité culturelle, avec le soutien des Ministres Fadila Laanan et Christian Dupont et la collaboration des Jeunesses musicales de la Communauté française de Belgique.

Pour ce formidable voyage, Mousta Largo, trois musiciens, s'accompagne d'une foule d'instruments de musique tout en nous contant une histoire magnifique qui ne devrait laisser personne indifférent.

le jeune spectateur à prince indien ne population émigrant depuis le Rajasthan et les rives du Gange jusqu’aux Guadalquivir en Andalousie, à la

recherche d’un lieu où de persécutions.

Cet exode les conduit s

Bagdad, Jérusalem, Le Caire, Tombouctou, Marrakech, pour enfin aboutir à

terre de tolérance.

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» est un spectacle de contes et de musique qui aborde, entre autres, les thèmes de la tolérance, du respect, de la connaissance et de l’estime de soi, de la citoyenneté… Il permet d’engager un dialogue avec les jeunes et de mettre en lumière la richesse culturelle du musulman ainsi que l’héritage scientifique et culturel exceptionnel que l’Occident doit à l’Orient.

Il donne ainsi des repères positifs aux musulmane, à propos de leur culture, de leur invite chacun à se prémunir contre

l’Athénée Royal

a eu la plaisir d’accueillir le 20 février 2009 ce merveilleux spectacle qui ture de l'Année européenne de la diversité culturelle, avec le soutien des Ministres Fadila Laanan et Christian Dupont et la collaboration des Jeunesses

ils ne subiront plus de persécutions.

les conduit successivement à

Caire, Tombouctou,

Marrakech, pour enfin aboutir à Cordoue,

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Né en Belgique, Mousta Largo est originaire du grand sud marocain. Tout au long de ses voyages d’enfance et d’adolescence, il s’est laissé bercer et imprégner par de multiples sonorités tant marocaines (la Guedra, les Gnawas, le Sousse et le Malhoun) qu’espagnoles (le Flamenco, les Sevillanas)…

Devenu aujourd’hui une figure incontournable de la scène world, Mousta Largo poursuit une carrière en solo.

Passionné depuis toujours de musique latino, il crée une musique personnelle teintée de style "arabo-espagnol moderne chargée d’influence salsa". Il partage la scène avec de nombreux artistes du panorama international : Rachid Taha, Bernard Lavilliers, Sapho, Les Rita Mitsouko, Patrick Bruel, Mamady Keita…

Son engagement pour le rapprochement des diverses communautés ethniques, culturelles ou religieuses en Belgique et ailleurs est également à épingler. Il est d’autre part l’auteur du projet jeune public

"Ali Baba et les 40 conteurs" mêlant musique orientale et comptines

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Né en Belgique, Mousta Largo est originaire du grand sud marocain. Tout au long de ses voyages d’enfance et laissé bercer et imprégner par de multiples sonorités tant marocaines (la Guedra, les Gnawas, le Sousse et le Malhoun) qu’espagnoles (le

Devenu aujourd’hui une figure incontournable de la scène world, Mousta arrière en solo.

Passionné depuis toujours de musique latino, il crée une musique personnelle espagnol moderne chargée d’influence salsa". Il partage la scène avec de nombreux artistes du panorama international : Rachid Taha, ard Lavilliers, Sapho, Les Rita Mitsouko, Patrick Bruel, Mamady Keita…

Son engagement pour le rapprochement des diverses communautés ethniques, culturelles ou religieuses en Belgique et ailleurs est également à épingler. Il est ojet jeune public

"Ali Baba et les 40 conteurs" mêlant musique orientale et comptines

occidentales qui a rencontré un véritable triomphe lors des 250 séances proposées.

Mousta nous revient avec le spectacle

“D’une rive à l’autre”

travers d’une musique originale et généreuse, à voyager avec lui à la découverte des fusions de rythmes et de cultures qui le caractérisent.

Un échange musical et humaniste qui ne devrait pas laisser le jeune public indifférent au message de paix et d’amour que nous livre cet artiste aux mille et une facettes.

Un échange,

aussi source d’interrogations...

"Qui est-ce ?

Petit, grand, gros, maigre, jaune, blanc ou noir, riche, pauvre, fille ou garçon, je

vieux, musulman, juif, chrétien ou sans dieu : qui est-ce ?

L’autre !

Oui, sans doute, et pourtant !

Regarde bien, et en chacun d’eux tu pourras te reconnaître. Te reconnaître en tes besoins, en tes questions, en tes désirs et en tes peines, en tes erreurs et en tes fautes, en tes joies, et trop souvent en l’illusion de détenir La Vérité.

L’Autre, miroir où bien souvent, sans le savoir, c’est aussi Toi que tu regardes. Nous avons tant à partager, à échanger dans le respect des différences. Découvrir

c’est se découvrir. Essayer de le comprendre nous aide à nous comprendre. Et ce que nous pouvons en accepter, dans le partage, ne peut que nous faire grandir ensemble en enfants de la Vie et du Monde."

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a rencontré un véritable triomphe lors des 250 séances proposées.

Mousta nous revient avec le spectacle

“D’une rive à l’autre” et nous incite, au s d’une musique originale et généreuse, à voyager avec lui à la découverte des fusions de rythmes et de cultures qui le caractérisent.

Un échange musical et humaniste qui ne devrait pas laisser le jeune public indifférent au message de paix et d’amour e nous livre cet artiste aux mille et une

aussi source d’interrogations...

Petit, grand, gros, maigre, jaune, blanc ou noir, riche, pauvre, fille ou garçon, jeune ou vieux, musulman, juif, chrétien ou sans dieu :

Oui, sans doute, et pourtant !

Regarde bien, et en chacun d’eux tu pourras te reconnaître. Te reconnaître en tes besoins, en tes questions, en tes désirs et en tes erreurs et en tes fautes, en tes joies, et trop souvent en l’illusion de détenir L’Autre, miroir où bien souvent, sans le savoir, c’est aussi Toi que tu regardes. Nous avons tant à partager, à échanger dans le respect des différences. Découvrir l’Autre, c’est se découvrir. Essayer de le comprendre nous aide à nous comprendre. Et ce que nous pouvons en accepter, dans le partage, ne peut que nous faire grandir ensemble en enfants de la Vie et du Monde."

Jacques Jonkers

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Les instruments

Le luth

("oud" en arabe) Le luth est un instrument en bois à cordes pincées, originaire d’Orient. Le musicien le tient comme une guitare. L’instrument possède cependant un manche plus étroit que celle-ci et une caisse de résonance en demi-poire, très arrondie et très bombée, appelée

"dos", constituée de bois dur (érable et if).

Les frettes (petites barres disposées

perpendiculairement au manche) qui font apparaître sur une guitare la distance d’ 1/2 ton sont inexistantes sur le luth oriental.

Pas étonnant dès lors que les musiciens arabes aient introduit le quart de ton dans leurs musiques (absent de la musique occidentale).

Autre caractéristique : les cordes son doublées et le chevillier forme un angle avec le manche.

La mandoline

La mandoline fait partie d’une grande famille d’instruments comprenant le soprano, l’alto et la basse appelée mandole.

Dans le registre grave, il existe encore le mandoloncello, la mandoline et la contrebasse.

L’instrument ressemble à un petit luth avec sa caisse de résonance à fond bombé mais ici, le manche court est muni de frettes en ébène ou en ivoire. Une rosace centrale est soit directement sculptée sur l’instrument, soit insérée lorsqu’elle est taillée dans un autre bois. Les luthiers font preuve d’une imagination débordante dans la décoration de la mandoline : marqueterie en ébène, en ivoire, en écailles de tortues…

Le ney

Flûte oblique en roseau originaire d’Asie centrale dont la forme la plus ancienne date de l’âge des pyramides.

L’instrument se décline en de nombreuses tailles correspondant chacune à un ton différent.

La perce de l’instrument et les trous de jeu (équidistants) sont réalisés à l’aide d’une tige de fer rougie au feu. Outre les vertus symboliques attachées au nombre de noeuds, on voit que ce nombre et leurs emplacements respectifs à proximité des trous de jeu sont des éléments essentiels de la facture.

Il est utilisé tant pour les musiques savantes que folkloriques, en solo comme en ensemble. Chaque instrument a la particularité d’utiliser toutes la série des harmoniques

.

Le violon

Classé dans la catégorie des instruments à cordes frottées, le violon produit des sons par le frottement d’un archet sur des cordes.

Initialement en boyau de chat, les

quatre cordes sont maintenant en matière synthétique.

Les violonistes varient le positionnement

d’un ou plusieurs doigts de la main gauche

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sur le manche pour produire

différents. L’archet (arc à l’origine) est aujourd’hui une baguette en bois d’Afrique (pernanbouc) sur laquelle on t

mèche de crin de cheval.

Le guembri

Le guembri est un luth tambour à trois cordes et à registre bas. Il est

d’une caisse de résonance et d’un manche, tous deux en bois de noyer, d’acajou ou, de préférence, de peuplier. La caisse de résonance du guembri est recouverte d’un morceau de peau de dromadaire

séchée et tannée.

frappe cette peau de la main droite en même temps que les cordes, ce

au guembri un son de percussion. Les cordes sont prélevées et travaillées à partir des intestins d’un bouc bien gras (pour assurer leur résistance), sacrifié rituellement selon les usages des Gnawa (confrérie mystique du sud du Maroc et originaire d’Afrique Sub-Saharienne).

Les vibrations des cordes font résonne sistre métallique, la "sersèra".

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sur le manche pour produire des sons différents. L’archet (arc à l’origine) est aujourd’hui une baguette en bois d’Afrique sur laquelle on tend une

tambour à trois et à registre bas. Il est constitué résonance et d’un manche, d’acajou ou, de de peuplier. La caisse de recouverte d’un de peau de dromadaire (cou) Le musicien de la main droite en temps que les cordes, ce qui donne percussion. Les et travaillées à partir bien gras (pour leur résistance), sacrifié rituellement selon les usages des Gnawa mystique du sud du Maroc et

Saharienne).

Les vibrations des cordes font résonner un

La derbouka

Cette percussion orientale se présente sous trois formes: en aluminium, en fonte d’aluminium (la peau est alors en plastique), ou en poterie avec peau de lapin

ou de poisson.

Répandue d siècles

fertile jusqu’aux rivages atlantiques

du Maghreb,

installée dans les folklores

nombreux pays d’Europe orientale

Albanie) par le biais de

turque, la derbouka est, pour le monde arabe,

populaire par excellence, servant une musique traditionnelle très

la retrouve également au sein de la musique savante, héritière

siècles d’histoire et de la fusion d’origines multiples.

S.B.

Texte adapté à partir du Dossier pédagogique

Jeunesses Musicales de la Communauté française de

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Cette percussion orientale se présente sous en aluminium, en fonte d’aluminium (la peau est alors en plastique), ou en poterie avec peau de lapin

ou de poisson.

Répandue depuis des siècles du Croissant ertile jusqu’aux rivages atlantiques

du Maghreb,

installée dans les

folklores de

nombreux pays d’Europe orientale (Grèce, Yougoslavie, Albanie) par le biais de l’influence turque, la derbouka est, pour le monde arabe, l’instrument excellence, servant une musique traditionnelle très diversifiée. On également au sein de la musique savante, héritière de plus de dix et de la fusion d’origines

Texte adapté à partir du pédagogique des Jeunesses Musicales de la

Communauté française de Belgique.

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Par Tahar Ben Jelloun Article paru dans les pages débats du Monde le 27-28 sept 2009

Le choc des civilisations se remarque parfois dans des situations ridicules, des comportements stupides provoqués par l’arrogance et l’ignorance. Ainsi, j’étais l’autre jour dans le sud du Maroc et j’ai assisté à cette scène :

Une voiture décapotable arrive à toute vitesse sur une route étroite, une piste pleine de trous. Une voiture de sport, peut- être une Porsh. Elle est conduite par un jeune, tête rasée à la mode, lunettes noires, cigarette aux lèvres et téléphone portable dans une main. Une voiture qui coûte cher, le prix d’une prairie, le prix d’une vie de travail à l’étranger ou le salaire d’un prince.

La voiture s’arrête à notre niveau. Le jeune homme est fier de son machin. Il montre le pays à une femme assise à ses côtés, mais une femme enveloppée entièrement d’un voile noir, mains gantés en noir, sur la fente pour qu’elle puisse voir elle a posé des lunettes noires. Un fantôme, une chose qui bouge à peine mais ne parle pas. Cela me rappelle les dernières pages des « Voix de Marrakech » d’Elias Canetti où il parle d’une chose noire qui se meut à peine mais dont on ne voit ni le corps ni aucun membre.

Peut-être quelqu’un d’humain est là.

Le jeune homme sort de la Porshe, allume une cigarette et dit en français « C’est beau mon pays ! ». La femme séquestrée dans ce linceul noir hoche la tête. Elle ne prononce aucun mot. Sans que je lui parle, il me dit :

« je me suis marié et je repars avec elle, mais problème papiers, ils veulent photo identité visage découvert, ils sont fous, enfin Allah est grand ! » Il passe plusieurs

fois la main sur l’aile de la voiture comme s’il caressait la jambe d’une jeune fille nue.

A son accent, je constate qu’il est du Rif, pays où l’on cultive du kif avec lequel on fait le hachich. Argent facile. Il conduit un engin comme s’il était prêt à s’embarquer pour la lune et traite sa femme ou celle supposée être sa femme comme une esclave, une chose, un paquet enveloppé dans un service funéraire. Evidemment, il téléphone avec son portable et parle en néerlandais. Il vient de Rotterdam, car la voiture y est immatriculée. La chose le suivra dans son pays d’immigration ou bien chargera-t-il ses parents de lui livrer le paquet par la poste ? En repartant, il s’arrange pour que nous recevions un nuage de poussière. La chose noire n’est plus visible.

Je n’ai pas eu envie de lui parler. Cela n’aurait servi à rien. Il doit avoir peur des femmes. C’est un problème d’ordre intime et relève de la psychiatrie. Il a peur qu’on lui prenne sa femme, qu’on la viole avec le regard, qu’on la désire en rêve. Alors qu’il la garde en attendant que la pauvre se réveille un jour et prenne sa revanche. C’est déjà arrivé.

Cet individu illustre à lui tout seul toutes les

contradictions d’une mentalité de l’âge de

pierre avec un pied dans le XXIè siècle. Il

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