La traduction de la conjonction как à l’intérieur des conjonctives 1
Robert Roudet
Nous exposerons ici les problèmes qui se posent lors de traductions de la conjonction как dans les conjonctives ; aussi bien pour la notion de conjonction как (très différente de l’interrogatif как) que pour la notion de proposition conjonctive, nous renvoyons à le lecteur à la présentation que nous en avons faite dans le tome 2 de la grammaire de l’IES (partie Syntaxe) [Roudet 2016 : 307 et 327-328]. Pour résumer très brièvement les principes que nous y avons adoptés, une proposition conjonctive est une proposition introduite par une conjonction qui ne joue aucun rôle, ni sémantique, ni syntaxique dans la proposition qu’elle introduit ; on trouve comme conjonction что, как ou Ø, et lorsque l’on a un interrogatif как, ceci correspond à une structure [conjonction Ø + как]. Nous traiterons donc de la traduction de phrases telles que:
И опять я представляю, как дедушка топает по дороге и все, кто вышел перегонять скот, остаются позади... [Фазиль Искандер. Дедушка (1966)]
Comme on le sait, la traduction d’une seule et même phrase peut se faire de façons souvent multiples. Il convient ici de donner une précision sur le type de traduction que nous prendrons en compte. Nous nous intéresserons, non pas bien sûr aux traductions dites « mot à mot », c’est-à-dire souvent tout simplement fautives du point de vue français, mais aux traductions qui font correspondre à une structure russe une autre structure française, et qui ne font pas tout simplement abstraction du problème. Considérons par exemple la traduction suivante :
Там он узнал, что предчувствие его не обмануло. Беда случилась. Левий был в толпе и слышал, как прокуратор объявил приговор. [М. А. Булгаков]
Là, il apprit que son pressentiment ne l'avait pas trompé: le malheur était arrivé. Lévi se trouvait dans la foule quand le procurateur annonça la sentence. [Mikhaïl Boulgakov.
(Claude Ligny, 1968)]
Cette traduction, en soi parfaitement acceptable, ne retiendra pas notre attention, car la structure russe n’a aucun correspondant en français et ce n’est qu’en tenant compte de facteurs situationnels que le lecteur français comprendra que Lévi a entendu la sentence du procurateur, chose dite en toutes lettres dans le texte russe. Nous écartons donc ce type de solution.
Si l’on raisonne au départ sur une phrase primitive créée ad hoc, telle que : Я слышал, как Вовочка орал на улице,
on peut envisager quatre types de correspondant à la conjonction kak :
- tout d’abord on peut avoir recours à une tournure infinitive: j’entendais Vovočka hurler dans la rue ; c’est là l’une des solutions les plus traditionnelles ;
- on peut envisager d’avoir recours à une tournure participiale : j’entendais Vovočka hurlant dans la rue ; cette tournure participiale pose souvent quelques problèmes, elle est plus ou moins acceptable suivant les phrases envisagées ; notre impression est que plus il y aura de compléments, plus cette tournure deviendra acceptable : en effet, si à côté de j’entendais hurler Vovočka, on ne peut guère avoir :
*j’entendais Vovočka hurlant, on observe que le complément dans la rue rend cette
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