HAL Id: jpa-00244466
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Mesure de l’énergie des ions lourds par la méthode des
protons projetés
R. Bimbot, S. Della Negra, D. Gardes, H. Gauvin, B. Tamain
To cite this version:
MESURE DE
L’ÉNERGIE
DES
IONS LOURDS
PAR LA
MÉTHODE
DES PROTONS
PROJETÉS
R.
BIMBOT,
S. DELLANEGRA,
D.GARDÈS,
H. GAUVIN et B. TAMAIN Laboratoire de ChimieNucléaire,
Institut dePhysique
Nucléaire,
B.P. n°1,
91406Orsay,
France(Reçu
le 16 mars1978,
accepté
le 8 mai1978)
Résumé. 2014 Un
dispositif
destiné à la mesure del’énergie
des faisceaux d’ions lourds de 3 à 6MeV/
uma a été construit. Leprincipe
de la méthode est de mesurerl’énergie
des protonsprojetés
à zérodegré
par collisionélastique
des ions incidents avec les noyauxd’hydrogène
d’une cible de formvar.L’incertitude calculée sur
l’énergie
ainsi mesurée pour les ions lourds est de + 0,45%.
Des mesuresfaites sur des faisceaux de 19F et 40Ca
d’énergie
bien connue, accélérés par un Tandem MP, ont montré un écart maximum de 0,3%
entre lesénergies
réelles et mesurées. Ledispositif
permet de contrôler ou calibrer des méthodesplus
lourdes de détermination del’énergie
des ions lourds :déviation
magnétique,
temps de vol. Il seprête particulièrement
bien à la mesure des pertesd’énergie
d’ions lourds dans des ralentisseurs solides.Abstract. 2014 A device has been built to measure the
energies
of 3 to 6MeV/uma heavy
ion beams.Schematically
the method consists in the energy measurement of the proton knocked forward at 0°by
elasticscattering
ofheavy
ions with thehydrogen
nuclei of a thin formvar target. The calculatedaccuracy of the measured energy of
heavy
ion is ± 0.45%.
Measurements were done with 19F and40Ca beams from a MP Tandem at well known and
precise energies.
The maximum deviation between exact and measuredenergies
is 0.3%.
This device can be used to control or to calibrate moresophisti-cate methods of
heavy
ion energy determinations :magnetic analysis,
time offlight.
The device isvery suitable for
measuring heavy
ionstopping
powers in solid absorbers. ClassificationPhysics Abstracts 06.90 - 25.70 - 29.90
1.
Principe
de la mesure. - Cette méthode del’énergie
des ions lourds a étéindiquée
par D. K. Olsenet al.
[1].
Sonprincipe
est de mesurerl’énergie
desprotons
projetés
à zérodegré
par collisionélastique
des ions du faisceau avec une cible de formvar
(CSH1002)’
Le détecteur utilisé est unejonction
Si(Li)
de 3 à 5 mm
d’épaisseur.
Une feuille d’or située entrela cible et le détecteur arrête le faisceau d’ions
lourds,
mais ne ralentit les
protons
que dequelques
centaines de keV.Enfin,
un aimantpermanent
de 500 gauss(champ moyen)
élimine les électronsprojetés
hors de la feuille d’or. Le schéma dudispositif
est donné surla
figure
1.1 1 CALCULS EN
MÉCANIQUE
CLASSIQUE. - l. 1 . 1 Collisionélastique.
- Si E estl’énergie
du faisceauincident,
E’ sonénergie
moyenne dans la cible deformvar,
l’énergie
duproton
éjecté
àl’angle
0 vaut :FIG. 1. -
Dispositif de mesure de l’énergie des ions lourds (schéma de principe). Do, Dl, D2 : Diaphragmes ; C : Cible (formvar) : Au : Feuille d’or destinée à arrêter le faisceau d’ions lourds (I.L.) :
A : Aimant destiné à dévier les électrons e provenant de la feuille
d’or ; J : Détecteur à jonction mesurant l’énergie des protons
projetés p ; T : Dépôt actif de thoron pour calibration.
[Device
to measure the energies of heavy ion beams (schematic presentation). Do, Dl, D2 : collimators ; C : Target (formvar) ; Au : Gold foil to stop heavy ion beam ; A : Permanent magnet for elimination of electrons e coming from the gold foil ; J : Detectorto measure the energy of knocked protons p ; T : Th C source for energy
calibration.]
394
M et m étant les masses de l’ion incident et du
proton
(1).
Pour 0 =0°,
cetteénergie
devientAprès
traversée de la feuilled’or,
lesprotons
ontperdu
l’énergie
AEp,
etl’énergie
mesurée dans le détecteurest
E’
=Ep - AEp.
Parconséquent,
l’équation
per-mettant de calculer
l’énergie
incidente àpartir
del’énergie
mesurée pour lesprotons
est :I1Ep
est donnée par les relationsparcours-énergie
desprotons
dansl’or,
connaissantl’énergie
Ep
etl’épais-seur de la feuille d’arrêt d’or
[2].
. dE est la
perte d’énergie
du faisceau incident dansla
demi-épaisseur
de la cible de formvar. Cetteperte
d’énergie
est déterminée en utilisant lespouvoirs
d’arrêt tabulés par Northcliffe et
Schilling
[3],
aux-quels
onapplique
éventuellement une correctionpour tenir
compte
des récentes déterminationsexpéri-mentales
[4].
Ces mesures ont montré en effet que lespouvoirs
d’arrêt des matériauxlégers
(12C,
27 Al)
correctement estimés par les tables pour les ions
légers
(160),
sont sous-estimés de 15%, 20 %
et30 %
respectivement
parrapport
aux valeursexpérimentales
obtenues avec des ions
d’argon,
de cuivre et dekrypton
de 4 à 5MeV/nucléon.
1.1.2 Collision
inélastique.
- Si la collision entrel’ion lourd et le
proton-cible produit
l’excitation du noyauincident,
l’énergie
duproton
projeté
serafortement diminuée.
L’application
deséquations
deconservation de
l’énergie
et de laquantité
demouve-ment,
pour 8
=0°,
conduit àl’expression
suivantepour
l’énergie
duproton
diffuséinélastiquement
dans lesystème
du laboratoire :Dans
l’équation
(4),
Ep
estl’énergie correspondant
à lacollision
élastique,
donnée parl’équation
(2)
et E*l’énergie
du niveau excité. L’écart observé entre lespics
correspondant
aux collisionsélastique
etiné-lastique
est donc donné enpremière approximation
par
Remarquons
dès maintenantqu’en
général,
ces deuxpics
seront bienséparés.
Eneffet,
pour un faisceaude cuivre
d’énergie égale
à 265MeV,
parexemple,
le calcul donne
Ep
=16,44
MeV et,pour le
premier
niveau excité du cuivre
(E*
=0,67
MeV),
soit un écart de
1,32
M-eV,
alors que lalargeur
àmi-hauteur des
pics
observéeexpérimentalement
est del’ordre de
0,250
MeV. Un autreexemple
sera donnéplus
loin.1.2 CALCUL EN
MÉCANIQUE
RELATIVISTE. -L’utili-sation des
équations
de lamécanique
relativistecon-duit à des résultats différents d’environ
0,1
à0,3 %
des valeurs calculées par lamécanique classique,
pour des
projectiles
d’énergie égale
à 3 à 6 MeV par nucléon. Cet écart n’étant pas totalementnégligeable
par
rapport
aux incertitudesexpérimentales,
laméca-nique
relativiste doit êtreappliquée
chaque
fois que l’on désire laprécision
maximale surl’énergie
mesurée.L’équation
permettant
de calculerl’énergie
duproton
diffusé à
l’angle
0 est alorsavec
2. Détails
expérimentaux. -
L’effort de mise aupoint
dusystème
a étéprincipalement
effectué dans le but de- réduire le
temps
nécessaire àchaque
mesured’énergie (en particulier
à la focalisation dufaisceau),
- améliorer lerapport
signal
sur bruit pour lesénergies
incidentes élevées( 5
MeV parnucléon),
- obtenir la meilleureprécision
de mesure.2.1 LES COLLIMATEURS. - Afin d’assurer autant
que
possible
la condition 0 =0,
le faisceau étaitcollimaté par le
diaphragme
Dl
et lesprotons
de recul par lediaphragme
D2.
Ces deuxdiaphragmes
avaientun diamètre
égal
à 3 mm, cequi,
compte
tenu de ladistance
cible-D2 égale
à 65 mm, limitait l’ouvertureangulaire
à + 2°.L’alignement
avec la direction dufaisceau
(définie
par l’axe destubulures)
était contrôléavant
l’expérience
au moyen d’un laser ou d’unelunette. Dans certaines
expériences,
un troisièmediaphragme
Do
a étéajouté,
defaçon
à limiterl’ouver-ture
angulaire
due à la convergence du faisceau. Il aété vérifié dans ce cas que le passage à un diamètre
de 2 mm ne modifiait pas
l’énergie
mesurée.Pour réduire le bruit
produit
dans lajonction
par lesréactions du faisceau sur les
collimateurs,
leur faceavant
(regardant
lefaisceau)
a été recouverte d’unefeuille d’or de 96
mg/cm2
qui
arrête tous les faisceaux utilisés.2.2 LES CIBLES DE FORMVAR. - La
composition
chimique
du formvarC5H10O2 correspond
à unatome-gramme
d’hydrogène
pour10,2
g de cible. Des(1)
Il est important d’utiliser pour ce calcul les masses réellescibles de
polystyrène
[C6H5(CH2013CH2)]n
soit(CH)p
ont
également
été utilisées. Ellescorrespondent
à unrendement inférieur de
30 %
environ(1
at-g
d’hydro-gène
pour 13g).
Lemylar
C1 oHs04,
avec 1at-gH/24
gest à déconseiller.
Les cibles de formvar étaient
préparées
par latechnique
usuelle :dépôt
sur uneplaque
de verre parimmersion dans une solution contenant environ 6 g
de formvar dans 400 g de chloroforme et
récupération
sur un cadre d’aluminium par flottation sur l’eau.
Leur
épaisseur
était mesurée aupoint
exact d’utili-sation par latechnique
de ralentissement desparticules
oc du
dépôt
actif du thoron(Ea
=6,051, 6,090
et8,785
MeV).
L’épaisseur optimale
adoptée,
résultantd’un
compromis
entre une faibleperte
d’énergie
dufaisceau DE et l’obtention d’un nombre
suffisant
d’événements dans un
temps
raisonnable,
était del’ordre de 80
J.lg/cm2.
L’incertitude sur cetteépaisseur
était de l’ordre de + 2
%.
La tenue des cibles du faisceau était assez bonne
pour les ions
légers
(160, 19F) :
une ciblesupportait
un faisceau de l’ordre de1013
particules/s
pendant
environ 30 min. Par contre, cette durée était
beaucoup
réduite pour les ionsplus
lourds,
pourlesquels
uneintensité deux fois moindre entraînait la formation
d’un trou
correspondant
àl’impact
du faisceau en unedizaine de minutes. Cette
durée
était engénéral
suffisante pour effectuer la mesure.
Cependant,
ledispositif
a été modifié pourpermettre
des mesuresrépétées,
par l’utilisation de cibles de formeallongée,
que l’onpeut
déplacer
par translation de l’extérieur de la chambre. Onopère généralement
cedéplacement
avant que le formvar n’ait été altéré par le
faisceau,
ce
qui
garantit
une cibled’épaisseur
constantependant
toute la durée de la mesure.2.3 LES FEUILLES D’ARRÊT. - La feuille destinée
à arrêter le faisceau d’ions lourds pour
protéger
le détecteur était en or, cequi
convient très bienlorsque
l’énergie
du faisceau est inférieure à la barrière d’interactioncorrespondant
à cet élément. Pour desénergies plus
élevées,
des feuilles de thorium ontégalement
été utilisées.L’épaisseur
de ces feuillesd’arrêt était choisie
légèrement
supérieure
au parcoursdes ions lourds dans le matériau choisi
(Au
ouTh) [3].
2.4 LE DÉTECTEUR. -
L’épaisseur
du détecteur(jonction Si(Li))
doit être suffisante pour arrêter totalement lesprotons
de recul.L’énergie
de cesprotons
est voisine de 4E/A
MeV et atteint donc 24 MeV pour des ions de 6MeV/nucléon,
cequi
correspond
à un parcours de3,5
mm dans le silicium.La surface du détecteur
peut
êtrefaible,
puisqu’un
diaphragme
de diamètre 3 mm estplacé
devant. Unegrande
surfacerisque
d’augmenter
le bruit defond dû aux
particules parasites (photons,
neutrons)
traversant la matière constituant le
diaphragme.
Nous avons utilisé deuxdétecteurs,
l’un de surfaceégale
à 150mm2
etd’épaisseur
égale
à4,5
mm, l’autrede surface
égale
à 50mm2
etd’épaisseur
égale
à 5 mm(ce qui correspond
au parcours desprotons
de 30 MeVdans
Si).
La résolution de ces deux détecteurs sur laraie à
8,785
MeV de212Po
était de l’ordre de 60 keV.L’étalonnage
enénergie
du détecteur était réaliséà l’aide des raies a d’un
dépôt
actif de thoron. La source étaitplacée
defaçon
à être vue defaçon
per-manente par le
détecteur,
cequi
élimine lesproblèmes
de dérive.
L’énergie
desprincipales
raies acorres-pondant
à cette source estégale
à6,051
MeV(72 %),
6,090
MeV(28 %)
et8,785
MeV. La résolution du détecteur nepermettait
pas deséparer
les deux pre-mières de ces raies. Deuxtechniques
différentes ont étéutilisés pour résoudre ce
problème :
- la méthode du centroïde consiste à calculer le centroïde de l’ensemble des deux raies voisines de 6 MeV et de lui associer
l’énergie
Le calcul du centroïde s’effectue par
l’équation :
io
etil
étant les canauxcorrespondant
au début et à la fin dupic,
lVi
etCi
le numéro et le contenu ducanal i ;
- la méthode de la médiane consiste à déterminer le canal M tel que la moitié des événements sont classés dans les canaux avant un numéroplus
faible,
c’est-à-dire,
pour unpic
bienséparé,
donné par la relationavec les notations définies ci-dessus. La médiane
correspondant
à la raie à6,051
MeV était calculée par la relationla sommation
(de io
à1()
étant étendue à l’ensembledes
deuxrraies
à6,051
et6,090
MeV(dont
lepic
à6,051
MeVreprésente
72%).
Ceprocédé
supposeque la montée de la
première
raie n’est pasperturbée
par
la traîne de la seconde. Pour notre résolutionexpérimentale
de 50 keV environ à 6MeV,
cettehypothèse
entraîne une erreur inférieure à1,5
keVsur la
position
dupic, qui
se traduit par une erreurrelative inférieure à
0,025
%
sur la détermination del’énergie
dupic
deprotons
diffusés(donc négligeable).
Nous avons d’ailleurs vérifié dans tous les cas que
la méthode du centroïde et la méthode de la médiane aboutissaient au même
étalonnage
enénergie
de notresystème,
à mieux que ±0,5
%.
..3. Précision des résultats. - Les
sources
d’incer-titude sont les suivantes :
- La linéarité de la chaîne
électronique
a été396
et cette mesure a montré que les éventuels défauts de
linéarité ne
pouvaient
engendrer
une erreursupérieure
à +
0,02
%.
- L’incertitude
sur la
pente
de la droited’étalon-nage oc est de l’ordre de
0,5
%. L’énergie
dupic
aà
8,785
MeV étant biendéterminée,
cette incertitudene
s’applique
que sur l’écart existant entrel’énergie
du
pic
deproton
et8,785
MeV.Pour des
particules
de 17 MeV(protons
corres-pondant
à des faisceaux de4,2
MeV/nucléon),
l’incer-titude relative résultante vaudra donc
0,25
%.
Cependant,
la calibration ainsi obtenue pour desparticules
a n’est pas strictement valable pour desprotons.
K. W.Kemper
et J. D. Fox ont en effetsignalé [5]
qu’il
existe des différences deréponses
d’undétecteur de silicium à barrière de surface à des
protons
et des
particules
oc accélérés par unTandem,
à la mêmeénergie.
Ces auteurs ont observé que lesparticules
aproduisaient
desimpulsions plus
élevées que lesprotons.
Pour une mêmeénergie
de9,5 MeV,
l’écartétait de 56 + 9 keV soit
0,59
%.
Il est clair que dans lecadre de
l’application
de la méthodeprésentée
ici,
où un détecteur étalonné à l’aide de
particules
a estutilisé pour mesurer
l’énergie
deprotons
diffusés,
un tel effet conduit à sous-estimerl’énergie
desprotons
donc du faisceau d’ions lourds. Nous avons, pour
notre
part,
comparé [6]
lesréponses
du détecteur desilicium
pour desprotons
d’énergie comprise
entre 12et 24 MeV aux
énergies
déduites de la droited’éta-lonnage
obtenue avec lesparticules
oc. Lesprotons
d’énergie
variable et bien déterminée étaient obtenus par diffusionélastique
sur une cible d’Au àpartir
d’un faisceau accéléré par le Tandem MP
d’Orsay. ,
Nous avons observé un effet
identique
à celuimen-tionné par
Kemper
et Fox. Pour une mêmeénergie
incidente les
réponses
du détecteur aux deuxtypes
departicules
sont différentes. Dans tout le domained’énergie
exploré,
l’écart observé enénergie
est de0,68
%.
On remarquera que cette valeur est très voisinede celle donnée par
Kemper
et Fox pour uneénergie
plus
basse. Nous avons tenucompte
de ces résultatsen
appliquant
aux mesuresd’énergie
déduites del’étalonnage
pour lesparticules
a une correctionsystématique
de +0,68
%
àlaquelle
est attachée uneincertitude de
+ 20 %.
- L’incertitudeprovenant
de laperte
d’énergie
desparticules
dans la fenêtre d’entrée du détecteur estnégligeable.
Eneffet,
cette fenêtre estégale
à 4003BCg/cm2
ce
qui
correspond
à uneperte
d’énergie
de l’ordre de0,1
keV pour lesparticules
a de 6 MeV.- L’incertitude sur la
position
dupic
dépend
du nombre d’événements observés et du bruit de fond.Dans la
plupart
des cas, la méthode ducentroïde,
ou de la médiane
permet,
après
soustraction du bruitde
fond,
de déterminer laposition
dupic
à + deux canauxprès,
pour unpic
situé vers le canal 2000.Cela
correspond
à une incertitude de l’ordre de±
0,1 %.
- L’incertitude
sur le ralentissement des
protons
dans la feuille d’arrêt des ions lourds est
uniquement
déterminée par l’incertitude sur les
pouvoirs
d’arrêt,
l’épaisseur
des feuilles étant bien connue. Ainsiqu’il
a été ditplus
haut,
les tables de Williamson etBoujot [2]
ont été utilisées pour déterminer les
pertes
d’énergie
I1Ep
desprotons
dans les feuilles d’arrêt. Nous avonspour trois
énergies
deprotons
15,
20 et 24MeV,
mesuré
le ralentissement dans une feuille d’or de41,97
mg. cm- 2.
Le tableau 1 montre les résultats.TABLEAU 1
Compte
tenu de cetteconfrontation,
nous avonsadopté,
pour lespouvoirs
d’arrêt,
l’incertitude expéri-mentale de + 3%,
cequi
correspond
à une erreur de±
0,06
%
surl’énergie
desprotons.
- L’incertitude
sur la
perte
d’énergie
du faisceauincident dans le formvar est
imposée
par l’erreur surle
pouvoir
d’arrêt de ces feuilles pour les ionsconsi-dérés. Nous avons
adopté
une valeur de +20 %
(comprenant
l’incertitude de + 2%
surl’épaisseur
des
feuilles)
cequi
ajoute
une erreur de± 0,1 %
sur
l’énergie
incidente.-
Enfin,
il faut tenircompte
de l’incertitudeexistant sur
l’angle
de détection desprotons.
’
Nous avons vu que les
diaphragmes
utilisésdéfinis-sent une ouverture
angulaire
de + 3° autour de l’axe dusystème.
Celacorrespond
à une valeur maximalede
l’angle
de diffusion(Jmax égale
à 3° dansl’hypothèse
d’unalignement
parfait
dusystème
parrapport
aufaisceau,
et d’une convergence initiale nulle pour celui-ci.Compte
tenu de la non-réalisation de cesconditions idéales
(l’alignement
dusystème
au laser ou à la lunettepouvant
entraîner une erreur de l’ordredu
degré,
et la convergence du faisceau étant du même ordre degrandeur),
il est raisonnable de supposer que certainsprotons
observéscorrespondent
à unangle
de diffusion de 4 ou 5
degrés.
Le calcul dans lesystème
du laboratoire de la distributionangulaire
desprotons
diffusés
élastiquement
(diffusion
deRutherford)
mon-tre d’autre
part
que la section efficace différentielle(d03C3/d03A9)
est à peuprès
indépendante
del’angle 0
dans le domaine0-5°,
pour lesprojectiles
étudiés. Parconséquent,
le nombre deprotons
diffusés,
pro-portionnel
à sin03B8(d03C3/d03A9)
croît linéairement avecl’angle
dans ce domaineangulaire.
Dans ces
conditions,
nous avonssupposé
que lemaximum de la distribution en
énergie
desprotons
observéscorrespond
à unangle moyen 0
=3°+1,5-3.
L’énergie
mesurée est alorstrop
faible d’un facteurNous avons donc
appliqué
àl’énergie
desprotons
une correction
systématique
d’un facteurégal
à1,003
±0,003.
La somme
quadratique
des erreurs(regroupées
dans le tableauII)
conduit à une incertitude relativede l’ordre de +
0,45 %.
TABLEAU II
4.
Résultats.
- 4. 1 EXEMPLEDE SPECTRES OBTENUS.
- Les
figures
2 à 4 montrent lesspectres
desprotons
de recul obtenus à
partir
de faisceaux de19F,
4 OCa
et
56Pe -
(énergies
égales
à80,0-169,2
et 290 MeVrespectivement.
Les deuxpremiers
faisceauxprovien-nent du Tandem
MP,
le troisième de l’ensembleALICE. On remarque sur la
figure
2 laprésence,
en
plus
dupic élastique,
de deuxpics
de diffusioninélastique
correspondant
aux niveaux à 110 keVet 197 keV de
19F.
Pour les deux autresions,
cephénomène n’apparaît
pas, lespremiers
niveauxexcités
(3,35
MeV pour4°Ca
et 847 keV pour56Fe)
étant à des
énergies
trop
élevées.FIG. 2. - Spectre obtenu pour ’9F à 80 MeV. [Proton spectrum obtained with 80 MeV 19F ions.] 4.2 CONTRÔLE DES VALEURS ABSOLUES SUR DES FAISCEAUX DU TANDEM. - La
précision
sur la valeurabsolue déterminée par cette mesure a été contrôlée
RI VU) m PHOQUE APPIIQUI - T 13, N° 8 nou r 1978
FIG. 3. -
Spectre obtenu pour 4°Ca à 169,2 MeV. [Proton spectrum obtained with 169.2 MeV ’OCa ions.]
FIG. 4. -
Spectre obtenu pour 56Fe à 290 MeV. [Proton spectrum obtained with 290 MeV 56Fe ions.]
sur
des faisceaux de fluor et de calcium accélérés parle Tandem MP.
L’énergie
était connue avec uneprécision
de l’ordre de10-4
par une mesuremagné-tique
utilisant un aimant de déviation étalonné avecprécision.
Les résultats de ces mesures sont donnés dans le tableau III où onpeut
constater une très bonnedétermination de
l’énergie
des ions lourds par notreméthode. L’écart relatif entre la valeur mesurée par
notre
dispositif
(E2)
et la valeur donnée par laméthode,
398
de déviation
magnétique (El)
est de l’ordre de0,3
%,
c’est-à-dire inférieure à l’incertitude calculée de
± 0,45%.
5. Conclusion. - Parmi les
caractéristiques
dudis-positif qui
vient d’êtredécrit,
il convient de noterparticulièrement
sasimplicité
et sa facilité de mise en 0153uvre. Son encombrement réduit(sa
longueur
estinférieure à 20
cm)
permet
de le monter sans difficultésur les installations
qui équipent
généralement
les(
lignes
de faisceau(chambres
àréactions,
boîtes devisualisation,
etc...).
Cesqualités
ne sont pas obtenuesau détriment de la
précision puisque
celle-ci est de±
0,45
%
pour desénergies
d’ions lourds allantjusqu’à
6MeV/nucléon.
Au-delà les sections efficacesde diffusion
élastique
ionslourds/protons
diminuenttrès
fortement,
et lesspectres
deprotons
projetés
se
superposent
à un bruit de fondrapidement
crois-sant. Les mesures restent
possibles,
mais sontlongues
et moinsprécises.
Ce
dispositif
permet
de contrôler ou de calibrerdes
installations,
plus
complexes
dupoint
de vuemécanique
ouélectronique,
utilisables pour ladéter-mination de
l’énergie
des ions lourds : déviationmagnétique,
temps
de vol. Dans ce sens, une étudeest en cours
auprès
de l’accélérateur ALICEd’Orsay [7]
oùl’aimant
d’aiguillage
du faisceau dans la salled’expériences
est utilisé dans une direction donnéepour des mesures
d’énergie (détermination
duchamp
magnétique
de déviation du faisceau à l’aide d’une sondeRMN).
Cedispositif
a aussi été récemmentutilisé
[8] auprès
de l’accélérateur UNILAC à Darms-tadt(R.F.A.)
pour contrôler les mesuresd’énergie
du faisceau par
temps
de vol des ions.Enfin le
dispositif
est conçu pourpermettre
lepositionnement
d’absorbeurs solides entre lesdia-phragmes Do
etD1 (voir
Fig. 1)
et rendre ainsipossible
la mesure des
pertes
d’énergie
dans ces matériaux pardifférence entre
l’énergie
absolue sans et avecralen-tisseur. Il a ainsi été utilisé pour des mesures de
pouvoirs
d’arrêt d’ions16O, 40Ar,
63Cu
et84Kr
dans des ralentisseurs de
C, Al, Ni,
Ag
et Au[4].
Remerciements. - Nous tenons à remercier les
équipes
de conduite des accélérateurs ALICE etTANDEM de l’I.P.N.
d’Orsay
pour leur collaborationefficace.
Bibliographie
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