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Sur la radioactivité des solutions de sels d'uranium

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HAL Id: jpa-00242580

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00242580

Submitted on 1 Jan 1912

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Sur la radioactivité des solutions de sels d’uranium

L. Michiels

To cite this version:

L. Michiels. Sur la radioactivité des solutions de sels d’uranium. Radium (Paris), 1912, 9 (12),

pp.432-434. �10.1051/radium:01912009012043200�. �jpa-00242580�

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Sur la radioactivité des solutions de sels d’uranium

Par L. MICHIELS [Laboratoire de Radioactivité de Gif.]

Il m’a parti intéressant d’étudier l’action ionisant d’une solution d’une substance radioactive ne produisant

pas d’émanation, telle que l’uranium.

D’une première série d’expériences effectuées au

moyen de solutions de sulfate uranico-potassique K(UO)SO4+H2O dont la teneur, exprimée en uranium métallique, allait de 0,556 gr à 5,56 gr pour 100 cc

de solution, j’ai pu déduire que : i° ces solutions provoquent une décharge rapide de l’électroscope;

que la vitesse de décharge augmente avec les con- centrations en uranium, pour une même surface et une même épaisseur de liquide examiné.

Ainsi, si l’on porte les résultats obtenus avec le sulfate uranico-potassique, sur un diagramme les

concentrations des solutions sont portées en abscisses

et les activités en ordonnées, on obtient une droite exprimant qu’à une augmentation de l’activité cor-

respond une augmentation proportionnelle des con-

centrations en uranium.

Comme on en avait à mesurer ainsi des courants

d’ionisation d’intensité très faible, il a fallu pour avoir le plus de sensibilité que je me serve d’un élec- troscope à très faible capacité.

L’instrument dont je me suis servi et qui a été

construit spécialement pour ce genre de recherches était constitué par une lJOitc cylindrique en laiton B

Fig. 1.

de 1 cm de diamètre et de 8,5 cm de llauteur. La base supérieure du cilindre portait en son centre un

bouchon d’ambre eylindrillue a d’environ 1,J cm d’épaisseur et de 5 cm de longueur, ce bouchon

d’anlbre était percé suivant l’axe par un petit canal

d’un millimètre et demi environ de diamètre, dont

l’ouverture inférieure plus étroite retenait suspendue,

à l’intérieur du cylindre, la petite tige en laiton por- tant la feuille d’or de l’électroscope. Cette tige avait

un millimètre d’épaisseur et 4 cm de longueur, apla-

tie d’un côté, contre lequel s’appliquait une feuille

d’or des mêmes dimensions. On pouvait ainsi par le

petit canal, ir travers le bouchon d’amhre, venir char- ger 1°électroscope. Deux fenêtres pratiquées dans la paroi du cylindre, en face l’une de l’autre, permet-

taient de suivre au moyen d’un microscope m muni

d’ un micromètre le mouvement de la feuille.

Les solutions à examiner étaient placées au bas du cylindre dans une coupelle en verre C de 8,2 cm de

diamètre intérieur et de 1,4 cm de hauteur.

La coupelle se trouvait ainsi par un dispositif à

baïonnette maintenue à 5,5 cm de la partie inférieure

de la feuille. J’ai observé qu’il était inutile de rap-

procher davantage la coupelle de la tige et de la

feuille pour avoir plus de sensibilité. La cuvette en verre convenait aussi bien qu’une cuvette en métal,

la conductibilité propre du verre étant suffisante dans

ces expériences.

Un écran mince en métal venait fermer la partie

inférieure du cylindre, glissant au-dessus de la cou-

pelle en verre pendant que l’on effectuait les nia- n0153uvres de placement ou d’enlèvement de la cou-

pelle. La feuille d’or se trouvait ainsi mise a l’abri des courants d’air qui se produisent à ces moments.

Les déterminations ont été faites dans une place

bien à l’abri des influences étrangères, en me servant

d’un éclairage artificiel. Ce dernier présente l’avan- tage d’être constant, ce qui rend les mesures toujours comparables.

La fuite spontanée de l’appareil était déterminée plusieurs fois pour une série d’opérations, en plaçant

dans l’électroscope la coupelle contenant 50 centimètres cubes d’eau distillée. C’est d’ailleurs sous le volume de

50 centimètres cube- que j’ai étudié toutes les solu-

tions.

La fuite spontanée u’est guère influencée par une

atmasphère saturée de vapeur d’eau, l’ambre reste

encore dans ces conditions un excellent isolant. Le fait était connu et j’ai vérifié a plusieurs reprises que la fuite spontanée restait sensiblement constante.

L appareil ainsi conditionné donnait pour 1 uranium le lULli’alllt de saturation.

En me servant du sulfate uranico-potassique, il

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01912009012043200

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n’était guère possible, â cause de la solubilité res-

treinte de ce sel, de préparer des solutions riches en

uranium. Je me suis alors adressé au nitrate d"uranyle (UO)NO3 + 5 H20. J’en ai préparé une série de solu- tions dont la teneur en uranium métallique allait de 0,85 gr à 52 gr pour 100 cm3 de la solution.

Je les ai successivement examinées à l’électroscope

dans les mêmes conditions que celles oil je m’étais placé pour le sulfate uranico-potassique.

J’ai observé qu’ici aussi le pouvoir ionisant aug- mentait avec la concentration des solutions. Seulement,

pour les concentrations fortes, on peut observer sur

un diagramme fait en portant les activités en or-

données et les teneurs en uranium en abscisses que les activités n’augmentent pas proportionnellement

aux concentrations en uranium. Pour les concentra- tions élevées, il existe une courbure qui indique que l’intensité de l’ionisation augmente moins vite que la

concentration.

Le nitrate d’uranyle qui a servi à établir cette

courbe ne renfermait pas de quantités de radium supérieures à 10-9 gr. ainsi qu’il résulte d’un dosage

effectué par la méthode de l’émanation.

Pour juger de la confiance que je pouvais avoir

dans mes mesures, j’ai refait une seconde fois toutes les déterlninations d’activité des mêmes solutions et

j’ai pu obtenir une courbe absolument superposable à

la première.

Ces résultats permettent de faire quelques considé-

rations sur les conséquences qu’ils entrainent. D’abord,

étant donnée cette courbe, je puis déterminer exacte-

ment, rien que par son activité, la teneur en uranium d’une solution du même sel, examinée dans les mêmes conditions.

C’est donc là le principe d’une méthode de dosage

à la fois rapide et rigoureux. Cette méthode permet

certainement de doser la quantité d’uranium contenu

dans 100 ce. de solution à 0,1 gr près.

Ensuite cela permet de constituer un étalon pour la mesure des activités spécifiques au moyen des rayons x. Cet étalon est très bien déterminé, si on

connait la concentration de la solution, la surface sous

laquelle elle agit et l’épaisseur de la couche. En pra-

tique on peut éliminer directement l’influence de

l’épaisseur de la couche en prenant une épaisseur supérieure à 5 mm environ. On peut préparer ainsi

des étalons toujours comparables à eux-mêmes alors que des disques préparés au moyen de substances

pulvérulentes étalées en couches très minces ne

peuvent jamais offrir la même régularité. La surface

réelle de rayonnement dépend déjà notablement de la surface de chaque grain.

Dans le cas d’une solution, au contraire, on a une

surface de rayonnement bien définie et, si l’on déter- mine le sel d’uranium à employer, sa concentration, la surface et l’épaisseur de la couche, ainsi que la

température, on aura des conditions rigoureusement

fixées.

Il est peut-être nécessaire de déterminer le sel d’uranium à employer et la température, car ce sont

là deux facteurs qui feraient varier la densité de solu- tions à méme teneur en uranium et cette variation de densité, en ce qui concerne les couches supérieures

du liquide, influencerait dilléremiiient le rayonnement provenant des couches profondes de la solution d’ura- nium, tout comme le feraient des écrans d’épaisseurs

différentes.

En réalité, l’ionisation provoquée par la solution d’uranium est due au rayonnement u provenant de la

couche superficielle de celle-ci. Si la densité augmente,

une partie plus grande du rayonnement Y. est inter- ceptée au voisinage de la surface et l’ionisation qui

en résulte est aussi moins considérable.

On peut admettre que les rayons B et y qui pro- vicnnent de l’uranium X présent dans la solution

n’ont aucune action appréciable sur la valeur de l’ioni-

sation mesurée. En conséquence, le fait de la présence

ou de l’absence de l’uranium X dans les solutions d’uranium serait sans conséquence.

J’ai étudié l’influence de la densité sur l’activité observée. J’ai préparé 4 solutions à même teneur en

uranium mais dont les densités se trouvaient être différentes grâce à l’addition de clllorure ferrique en quantité variable.

Ces solutions avaient un poids spécifique qui allait

de 1,5550 à 1,4943. Les temps nécessaires pour faire

.

tonlber la feuille d’un même nombre de d disions ollt varié de 45"5 u 46". En calculant les vitesses et en

les corrigeant, il a été possible, en possession de ces intel1silés, de faire un diagramme où les intensités se trouvent en ordonnées et les densités en abscisse, j’ai obtenu une courbe indiquant que pour une même teneur en uraniunl l’intensité baissait quand la den-

sité augmentait.

L’expérience inverse est encore plus probante. Elle

consiste à prendre des solutions à teneurs en uranium

différentes mais dont la densité a été maintenue cons-

tante. Le procédé que j’ai utilisé a t’te de mélanger

en proportions variables dcui solutions, l’une de chlo-

rure ferrique, I*autre de nitrate d’uranyle de densités

très voisins 1 , £9 £8 pour le chlorure 1’errique

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1,4818 pour le nitrate d’uranyle). Les différents mé-

langes présentaient sensiblement la mème densité.

En prenant leurs activités et en faisant à nouveau un diagramme l’on portait en abscisses les teneurs

Fjg. 5.

en uranium, en ordonnées les aclivités, j’ai obtenu

une droite. Le fait d’une densité constante a ramené la proporlioiinalité entre le ravonnement émis et la concentration en uranium.

Évidemment pour des solutions de nitrate d’uranyle

dont la densité a été reliée au moyen de chlorure

ferrique, on constate une dilninution dans l’intensité du rayonnement comparativement aux solutions a même teneur de nitrate d’uranyle sans chlorure fer-

rique.

En résumé, la mesure précise de l’activité des so-

lutions de sels d’uranium permet :

1° De préparer facilement des étalons d’activités

toujours comparables entre eux. Il suffit, en effet, de disposer d’une solution titrée de sel d’uranium à den- site connue, l’activité est alors proportionnelle à la

teneur en uranium. On peut ainsi réaliser des étalons très faibles comparables aux étalons plus forts.

Les produits faiblement actifs pourraient alors être comparés directement à des étalons d’activité du méme ordre de grandeur.

2° D’établir un procédé de dosage de l’uranium par voie radio-active, qui, s’il ne dépasse pas la précision

de la méthode chimique, permet de doser dans des solutions l’uranium à côté d’autres métaux, sans néces- siter d’autre séparation préalable que celle des subs- tances radioactives autres que l’uranium éventuel- lement présentes 1.

Ce travail a été effectué au Laboratoire de liadio- activité de Gif (Seine-et-Oise).

Qu’il me soit permis d’adresser ici à lI. Jacques

Danne, qui le dirige, l’expression de ma vive recon-

naissance pour les conseils éclairés qu’il n’a cessé de

me prodiguer au cours de mes recherches.

[,)Ianuscrit reçu le 10 octobre 1912.]

1. La technique de cette méthode de dosage fera l’objet

d’une autre publication.

Sur le nombre de particules 03B1 expulsées au moment

de la désintégration d’un atome d’émanation de thorium

Par J. SATTERLY

[Université de Cambridge.

-

Laboratoire de J. J. THOMSON.]

1. Introduction.

-

Jusqu’à ces tout derniers temps, on supposait être virai sans exception que tous les produits radioactifs qui élnettent des parti-

cules x lors de leur désintégration n’émettent qu’une

seule particule x par atome se désintégrant.

Cela a été montré être conforme à la vérité dans le cas du radium par Rutherford et Geiger et par d’autres expérimentateurs, qui comptaiellt le nombre

de particules x émises et n1esuraient aussi le volume J’héliun1 qui s’accumulait quand on soumettait à l’examen une quantité de radium connue.

Dans le cas de l’émanation du thorium cependant,

une description de quelques expériences a été publiée

dans Le nadill1n d’octobre 1911 1, par Miss M. Leslie,

dont l’interprétation suggère que l’émanation du thorium donne quatre particules x par ato111e quand

elle se transforme en Th A.

L’auteur a abordé le prohlèl11e en colnparant les pouvoirs ionisants des tluantités d’émanation de radium et de thorium qui sont en équilibre avec des quantités connues de radium et de thorium. De la

1. Voir aussi BARRAir. Le Radium, mars 1912.

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