Emplois – budget- recrutements
C’est en transformant massivement des emplois en heures supplémentaires, en supprimant des moyens de remplacement, en faisant des réformes du lycée un outil au service des économies de moyens, en utilisant à plein les stagiaires comme moyens d’enseignement ou d’éducation, en ignorant la hausse des effectifs en collège, en asséchant les moyens dédiés à la vie scolaire… que le gouvernement a pu supprimer près de 34 000 emplois dans le second degré public depuis la rentrée 2008.
Alors que les effectifs remonteront sensiblement dans l’ensemble du second degré et notamment en collège à la rentrée prochaine, ce sont 6 550 emplois qui ont été supprimés dans le second degré public au budget 2012.
Le ministère concédait en janvier dernier, qu’il attendait environ 25 000 élèves supplémentaires dans les collèges et lycées d’enseignement général et technologique pour la prochaine rentrée.
Les urgences pour la rentrée 2012 portent donc sur les points suivants (points que l’on retrouve pour partie dans les mesures d’urgences déclinées au nom des lycées et des collèges)
• Rétablir une année de formation avec un service en responsabilité devant élève, réduit d’un tiers comme première étape vers un retour à un service en responsabilité d’un maximum de 6 heures . C’est un impératif pour commencer à mettre en place une véritable année de formation
professionnelle, sans préjuger de l’ensemble des dispositifs à mettre en place sur plus long terme.
• Baisser la part des heures supplémentaires en attribuant aux établissements des moyens en heures postes : des HSA sont souvent imposées aux collègues. Les HS doivent être des variables d'ajustement des services et non un moyen de fonctionnement et de revalorisation des rémunérations.
Leur transformation est aussi un outil important pour diminuer le nombre d’enseignants intervenant dans plusieurs établissements.
• Aucun enseignement réglementaire ne doit être financé en HSE, comme cela est
• parfois prévu dès le mois de juin.
• Créer les divisions ou groupes supplémentaires pour desserrer les effectifs dans les situations les plus tendues : cela peut être le cas notamment en collège où les effectifs sont sous estimés à l’étape de préparation de rentrée , en lycée où les moyens imposent des regroupements d'élèves anti- pédagogiques dans les classes de tronc commun.
• Renforcer l’encadrement de la vie scolaire : la rentrée se prépare actuellement dans les académies avec des dotations en moyens d’AED en baisse alors que les effectifs sont en hausse ; les postes de CPE sont inexistants dans certains établissements qui doivent donc être dotés en priorité. Le rôle des COPsy doit être renforcé. L’augmentation des postes d’AED a aussi comme objectif de permettre aux AED se destinant aux métiers d’enseignants, de CPE et de COPsy de pouvoir disposer de conditions plus favorables (mi-temps payé temps plein) pour préparer les concours et ce sans diminuer le potentiel des établissements.
• Limiter les postes partagés entre plusieurs établissements : les dotations insuffisantes, combinées à l’augmentation du nombre des heures supplémentaires ont conduit à la multiplication de ce type de postes.
• Appliquer les décrets de 50 sans en limiter la portée : pour parvenir à supprimer des emplois , des académies remettent en cause l'interprétation usuelle des textes (minoration de service pour 1ère chaire non accordée, services majorés pour groupes à effectifs réduits)
• Moyens pour répondre aux premières urgences liées aux difficultés générées par la réforme du lycée général et technologiques. Notamment : enseignements d’exploration, respect des horaires réglementaires des enseignements optionnels, moratoire sur les suppressions de postes STI-STL, moyens spécifiques pour les redoublants ayant échoués à la session 2012 des bacs STI-STL….( voir fiche lycées)
Sur le plus long terme, il sera donc nécessaire d’élargir ces premières mesures de créations d’emplois tout en se donnant les moyens de recruter des personnels qualifiés pour les occuper. Les besoins en terme de créations d’emplois sont en effet très importants pour permettre un redressement de la situation des établissements. Les mesures à prendre pour recruter les personnels qualifiés pour occuper ces emplois et enrayer la crise de recrutement sont d’une urgence absolue.
• Un premier chiffrage, qui reprend les éléments déclinés ci-dessus montre l’ampleur des besoins en terme de recrutement.
• Le simple arrêt du non remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite nécessite de doubler le nombre de reçus au concours c’est à dire d’effectuer chaque année 6000 recrutements supplémentaires
• Rétablir dans un premier temps, une année de formation avec un service en responsabilité devant élève, réduit d’un tiers nécessite la création de 2000 emplois et donc 2 000 recrutements supplémentaires. Un service réduit à un tiers des obligations réglementaires de service en demande le double.
• Réduire en moyenne, ne serait ce que de deux élèves par classe, les effectifs des classes de collèges à plus de 24 et celles de lycées à plus de 30, représente, dans le public, près de 10 000 emplois et autant de recrutements supplémentaires.
• Recruter au moins 3000 CPE supplémentaires afin que chaque établissement de moins de 400 élèves soit doté d’un CPE, de deux CPE si l’établissement compte entre 400 et 700 élèves et trois, voire quatre au-delà.
• On peut évaluer à 15 000 le nombre d’emplois à créer pour abaisser, en moyenne, d’une heure par prof, le nombre d’HSA effectuées.
• Le rapport sur le remplacement qui vient d’être rendu public met en évidence que 4 000 emplois de TZR ont été supprimés entre juin 2006 et février 2011 hypothéquant les capacités de remplacements des enseignants absents plus de 15 jours. L’insuffisance d’AED dans les établissements rend impossible la gestion des absences de courte durée.
• L’ampleur des recrutements à opérer apparaît donc l’enjeu essentiel. Il est donc indispensable dès maintenant de créer les conditions qui permettent d’élargir fortement le nombre de recrutements dès l’année 2013, ce qui impose toute une série de mesures qui ne peuvent attendre sauf à être inopérantes dans les délais nécessaires.