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Les comptes externes de la nation

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· .. ,

..

NATIONS UNIES INSTITUT hFRICAIN ' DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

ET DE PLANIFICATION DAKAR

LES COMPTES EXTERESS DE LA NATION

IDEP/ET/XXI/110 Avril 1964 M. M . LEDUC

1. D . E . P .

·CENTRE

-·-· . .DE ...

DOCUMENTATION

Toute comptabilité est une technique qui consiste à rassembler des chiffres dans un ordre tol qu'on ~~isse en tirer dos conclusions pratiques.

Il s'agit très souvent de compare::: des flux correspondant aux recettes et aux dépenses d'lille unité économique et d'en faire la balance qui peut être en équilibre, ou excédentaire? ou déficitaire. Certaines opérations

comptables font apparaître toujours un équilibro9 mais alors l'examen des divers postes de l 1actif et du passif fait apparaître de quelle façon cet 1 équilibrG a été réalisé et on quelque sorte la qualité de cet équilibre.

~ Il existe ainsi une comptabilité relative aux relations économiques ...

1

internationales, qui le plus souvent est établie pour une nation particu- lière et qu'on appel'le depuis quelques années - par analogie avec la compta- bilité nationale (interne): la comptabilité nationale externe. Elle n'est pas d 1 origine récente. Aut.refois on parlait de "balances" documents compta- bles mettant en parallèle d'une part les recettes d'autre part les dépenses correspondant aux différentes opérations économiques évaluées pendant un~

certaine période - un an par exemple -

Ces balances sont le plus souvent évaluées dans la monnaie du pays qu'elles concernent (en francs pour la France. On peut toutefois les

évaluer en une autre monnaie (par exemple-en livres pour la balance parti- culière et de la France avec l'Angleto:::rre). On les évalue aussi cle plus en plus souvent en une monnaie consid6rée comme internationale (par exemple en dollars monnaie de compte).

L'expression balance du commerce (sous entendu extérieur) se trouve déjà choz_les mercantilistes9 surtout anglais9 leur principale préoccupation est que colle-ci soit excédentaire, c'est à dire qu'en gros les exportations

(2)

IDEP/ET/X.'{I/110 page 2

soient plus fortes que les importa ti ons - de cette fa-Çëiïi lo pays vendant plus qu'il n'achète aura un bénéfice en métal précieux. Le problème paraît simple. Il se complique si l'on cherche à préciser ce qu'il f~ut eniend~

par importation et exportation - et l'on trouve déjà chez les auteurs de l'époque des remarques judicieuses sur la nécessité de tenir compte des dépenses des nationaux voyageant à l'étranger (assimilables aux importa- tions puisqu'elles correspondent à des sorties de métal précieux), celles des étrangers voyageant sur le territoire national (rentrée de métal )9 des dépenses de l'Etat à l'étranger pour entretenir ambassadeurs ou espions (sorties de métal)9 et aussi les paiements faits à des étrangers pour certains services9 par exemple à des armateurs étrangers pour des trans- ports (sortie du métal) 9 ote .•• En allant plus loin on peut également compter les importations ou exportations d'or, car après tout l'or ost aussi une marchandise. Mais alors on aboutit à 1.me balance toujours en

et _ équilibre, par définition, un peu comme un bilan, dans lequel actif

-passif 9- s' éq:uili brent toujours. Une telle balance n 1 en est pas moins fioative9 par l'examen de la fayon dont l'équilibre est réalisé. Si

. . j Slgnl-

l 'équilibre de la balance ext8rieure est réalisé par une rentrée d1o~ les mercantilistes diront, comme on dit d'un bilan où l 'équilibre est r8alisé par un bénéfioe9-que la balance est bonne. Si cet équilibre est réalisé par une sortie d'or - assimilée à une perte - la balance sera considérée comme mauvaise.

Le problème est encore simple, théoriquement. Il ne présente que

\

des difficultés pratiques de recherche d'exportation ou d'importa.t~o~_d:h_t~~­

invisibles: dépenses des tourist0s9 dépenses pour services divers (tels que assurances, crédits etc ••• )

Mais le problème s'est singulièrement compliqué avec le développement de l'économie capitaliste, du fait des phénomènes de crédits et surtout d8s phénomènes d'investissements à l'extérieur ou d'exportation des oapitaR~.

1

Et l'on vit alors apparaître dans la littérature économique un certain

..

nombre d'expression~ balance du commerce, balance des comptes, balance des paiements, balance des capitaux, balance des revenus, etc ••• La termino- logie des différents auteurs n'est d'ailleurs pas absolRment uniforme ce qui complique les choses,

1'

(3)

~ -

• •

a

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,.

IDEP/ET/XXI/110 page 3

Parmi ,ces expression l'un d'elle9 balance des comptes, est née d'ab6rd de l ' insuffisance de la notion de balance commbrciale: les impor- tations et exportations proprement dites ne constituent pas les seuls comp:Çe_f? __ à_ PJ'Gndre en considéra ti on. L 1 expression "balance des comptes"

fut une des plus employées en France, me..is les différents auteurs ne sont pas d 1 accord sur son contenu~ La,:ndry on exç.l-q.t l_es mol,lvements d 1 or et de capitaux. M.A., Aft~lion en exclut les mouvements d'or ot certains mouve- ments seulement de capitaux (les mouvemc:.1ts "nouveaux"). Pour d'autres elle exclut les mouvements d'or g~is doit cooprcndro tous les oouvements de capitaux. Devant cette imprécision les économistes et les organisations internationales (tels q_ue le Fonds Monétaire International.- FMI) évitent de-plus en plus l'expression. Pourtant elle est encore employée. On pour- rait penser qu'elle devrait désigner alol'S le docuinent où sont recensés toutes les opérations internationales effectuées par le pays considéré car le terme "comptes" est le plus général. Pourtant dans l'acception-la plus __ g~né_rg,l~ment aQ.mise? notamme.nt par H. __ Byé,_e1le_ comprend toutes les opé-

::r9.-t_i9n<:l, mo:i,ns cel le qui ont pour but d'équilibrer les comptes et qu'on appelle. "op.érations compensatoires". La balance des campes .n'est _donc plus nécessairement équilibrée, et ses _dé~équilibres sont c~mblés par des opé- rations compensatoires, dont nous aurons à reparler,

Une autre expression est de nos jours plus souvent employée : la balance des paiements, Cette expression a été crtitiquée parce que la

__ cl:i_

t e ._

balance comprend_ de_s opérations (par exemple les irnp_ortations et

exportations), recensées non lors des paiements, mais au moment ou les mouvements de marchandises sont effectués. Or il peut y avoir des déca- lages importants entre les mouvements réels ou flux réels9 et l es flux monétaires auxquels ils correspondent. C't:~st pourqucü certains experts ou certaines organisations internationales ont recommandé de la remplacer par balance des transactions intern~tionales. Mais l'expression balance des paiements est de nos jours la plus couramment employée pour désigner l'ensemble des opérations économiques internationales effectuées pendant une certaine période par un pays. Le d8calage ontre les flux réels et

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et les flux mon6taires n'a guère d'importance lorsqu'on considère que s 'il y a retard de paiement ? c'est qu'il y a crédit volontairement

accordé ou forcé5 et que cette opération de crédit ost elle même inscrite dans la balance - précisément pour faire la balance.

~ E)~fet~·la balance clos paiement est toujours en équilibre en ce sens que los "rentrées" et los "sorties" sont égales par définition. Il s 'agit d'un équilibre purement comptable et cela parce qu'une opération dans vn sens est nécessairement compensée par une autre :. une importation par une exportation? st s 'il reste un excédent d'importation par une exportation d'or? mon-naie internationale, ou s 'il n'y a pas par mouvement d'or7 par un crédit. Si celui-ci n'est pas librement consenti il est forcé, s'il n 'est jamais payé il s 'agit d'une sorte de don forcé. Toutes ces op8rations doivent apparaître dans la balance des paiements.

Reste à interpréter la balance des paiements et à.en tirer éventuel- lement des conséquences ou dos enseignements pour conduire une politique • C'est ainsi qu'on dira couramment que la balance des paiements est •• excédentairo si elle se solde par des crédits accordés à l'extérieur (don~

un enrichissement du pays), et qu'elle est déficitaire si elle se solde par •'

un endettement du pays . Il s'agit en réalité d'une apuréciation de la nature de l 'équilibre comptable réalisé.

Evidemm~nt la balance des paiements d'un pays se compose d'une multitude d'opérations diverses. Ces opérations on peut les regrouper par affinités pour mettre ces groc-_pes en balance. On obtient ainsi des

balances partielles qui elles ne sont pas nécessairement en équilibre, elles no le seraient quo par hasard. Mais dans l 'ensemblo de la balanec des paiomonts où ollos sont regroupées elles doivent nécessairement so compenser.

Ces balances partielles sont :

1°/ La balance commerciale, qui comprend en principe toutes les opérations commerciales. Mais9 dans un sens étroit, elle ne comprend quo les importations et expor:tations.. do.m~~cha?d~<:;es~ _D.~l:J.S .~_sen.~_plus lu.rgo, elle comprend en outre los opérations cmmmerciales portant sur los ser- ,.

vices (par exemplo9 de transport, d'assurance ote ••• ) qui font eux aussi

l'objet de transactions commerciales. Toutefois certu.inos do ces transactions commerciales peuvent &tro comptabilisées dans une balance plus large qui ost:

(5)

IDEP/ET/XXI/110 page 5

2°/ La balance des transactions courantes. Celle-ci comprend toutes les opérations éommorciales recensées dans la balance commerciale~ plus l?s opérations portant sur des services et QUi n 'y seraient pas déjà recensées~ plus les opérations correspondant aux transferts de revenus des capitaux placés d'un pays dans l 'autre~ et aux transferts de revenus des travailleurs eKerçant leur activité en dehors de leurs pays (cos trans- ferts sont très proches des paiements pour services~ car on pout consi- dérer QUe los capitaux et les travailleurs produisant hors do leurs pays d'origine rendent service au pays où ils s'expatrient ot QUe les trans- ferts des revenus QU'ils reçoivent vers le pays d'origine no sont QUO des paiements pour services rendus). Mais à. cette balance des transactions courantes~ il faut ajouter d'autres opér~tions, également courantes, mais QU'il est difficile do considérer comme commercj_ales : il s'agit des dépenses courantes QUe los Etats font lo.s tins._ che.z l es autres 9 pour le fonctionnement des ambassades9 consulats et services administratifs divers.

Cotte balance des transactions courantes n'a aucune raison d'être éQuilibrée.

3°/

La balance des capitaux concerne9 elle9 des transferts de capitaux Qui ne sont pas considérés comme des opérations courantes. C'est

on·-effet une chosc-·r ela;ti YeniGnt GXCoptionnollo d1 exporter un capital,

alors QU'une-fois- le capital export·é 9 -h ; transfert dos revenus de co capital ost considéré comme uno opéra ti on colrrante.

C'est l'ensemble de la balance des transactions courantes (q_ui comprend la balance commerciale) et de la balance des capitaux QUi cons- ti tue la balance des paiomenis.

Reprenons chacune de ces balances partielles SEC TI ON I - LA BALANCE DU C Œ1NE:RCE ôtf BALil-liTCE COMMERCIALE.

Elle n'ost pas forcément on équilibre. Le plus souvent même elle ost soit oxe6dentaire soit déficitaire. Elle doit pour être complète, ,-·· : __ . ·conptabi.liset• toutes les "6i)ératiori::Ï éüi;-mierciales · ( a~ sens large) ~

courantes, effectuées par un pays s,xr lo plan international, et cela pendant un certain temps (un an9 un mois). LorsQu'on parle de la balance commerciale cl'un pays9 de la Frànce par exemple9 on envisa:gè le plus

souvent sa balance9 son excédent ou son ~éficit commercial envers tous les autres pays. On parle alors de balance générale. Mais il peut y avoir

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IDEP/H.iT/XXI/ 110 . pagE 6

intE::rêt à connÇJ,î..t;rE;J, Rv.tre :..L'éta.t globaL de. sa balance commerciale 9

l 'état de sa balance avec certains pays particuliers ou certaines zônes (le reste éie l'Europe par exemple, ou l'Amérique Latine) et surtout certaines zones monétaires : zone dollar, zone sterling ou zone franc).

Pour être complète la balance commerciale doit comprendre deux nostes principaux, l 'un pour les mouvements de marchandises, l 'autre pour los mouvements clo services (ce fut J_ 1 occasion de confusion entre les anciens auteurs : certains appelaient balance du commerce uniquement la .balance des marchandises, et appelaient balance des comptes ce que nous appelons ajourd'hui balanc8 commerciale, en y comprenant les services). Mais on appelle aujourd'hui balance commerciale au sens Rtrict uniquement la balance cles marchandises.

§

1 - LA BALAlifCE DES t:JŒCHJùŒISES.

Elle comprend les importations d'une part et l es exportations de l'autre. ·Elle paraît donc facile à ète,blir. Il suffit d'utiliser les sta'- tistiques douanières qui sont tenues depuis fort longtemps. Pratiquement

quelques difficultés se présentent : ~

1°/ Il faudrait pouvoir tenir compte de la contre-bande.

2°/ Faut-il inclure les opérations de simple transit, lorsque la marchandise n 'est importée que pour être exportée ? La balance pourrait s 'en trouver affectée s'il y avait décalage important entre les deux opérations d'entrée et de sortie. On est d'accord pour exclure le transit ot los cas analogues. On clit alors qu'on ne tient compte que du commerce spécial , c'est-à-dire des marchandis$ destinées au pays ou provenant du pays par opposition au commerce général comprenant toutes les opérations cl' importa ti on et-d'exporta ti on --sans ténü·· compte de T '·origine ··au de la destination des rriarc'handi-s·es. · --- ··

3':5/ A guel prix fau:t-il comptabiliser importations et exportat_ions ? Dans la plupart-des-pays ·dont la France lês·sta·tlstiqües'Ciouaniè• res

. évaluent :

les importations à un prix C.I.F.(cost , insurance, freight) ou coût dans le pays d'origine plus l 'assurance plus le frêt ; c'est-à-dire le prix à l'arrivée du port .

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I:DEP/ET/XXI/110 pagE>

7

• . ~tations à un prix F.O.B. (free on board) c'est-à~dire au départ du port~ sur le bateau •

Il est tout à fait logique que chaque pays évalue à ces prix ses

. .

importations et exportations. Mais comme les importations <iiun pays sont les exportations de l'autre? si l'on fait le total des importations et des èxportations effectuées dans le monde entier 'on devrait obtenir ia même valeur. En fait on ne l'obtient pas et la différence résulte tout simplement

de la différence d'évaluation des importations C.I.F. et des exportations F.O.B.9 différence qui représente les coûts d'assurance et de transport.

Il faut évidemment en tenir compte.

Mais toute difficulté n 'est pas résolue par l'évaluation C.I.F.

et F.O.B. Encore faut-:-il gue les douanes évaluent pratiquement ces prix.

Elles peuvent se tromper9 ou bien si elles se fient aux déclarations des

intérés~és9 celles-ci risquent évidomment.de n'être pas sincères surtout lorsqu'il existe des drollits ad valorom. Avec des droits spécifiques on a des chances d 1 avoir une évalïiathm· plus ·exacte.· ·

4 ° /

Uno dernière -··-··-~--·-···· --dif----· --ficult.. ---···. é peut -.. concerner l'établissement de la

liste dos marchandises. Celles-ci sont nécessairement groupées en catégories.

Il y a d'abord

i a

question de la nomenclature douanière. Elle se pose déjà dans les tarifs douaniers. Hais les d:i,f;férents tarifs nationaux sont très divers9 plus ou moins détaillés. Les catégories ne se recoupent pas. Il serait pourtant utile qu'ils soient comparables pour diverses raisons (établissements des statistiques9 négociations commerciales par exemple). Le Comité des experts en statistiques de la S.TI.N. établit en 1938 Ul1e nomenclature internationale dont les différents pa;~,rs essayent de se rapprocher 9 mais avec difficulté9 car chaque tarif douanier est établi en fonction d'une politique économique complexe. Notre tarif français de

1947

par exemple n'a fait que s'adapter à la nomenclature internationale sans se confondre avec elle.

Une question voisine est celle de la répartition des marchandises par groupes~ Il n'est passans intérêt de savoir ce que les pays importent

(8)

... \.:·

IDEP/ET/XXI/110 page 8

1

et exportent. En 1939~ à Eruxelles 9 on se mit d'accord pour Œstinguer

3 •

. grands groupe13 encore utilis§~ .8.:!:-l_jO'lJ.:rd_'_):.ll.l,;i,. ~ denrée.s. alimentaires 9

matières brutes (ou matières premières) et articles manufacturés. Cette classification a été jugée tnsuffisante l0s produits agricoles par

exemple peuvent être denrées alimentaires et matières premières 9 quant aux articles manufacturés ils comprennent dos produits très divers (les par- fums et les locomotives)9 qu'il serait utile de distinguer. En

1938,

à Genève7 on proposa plusieurs groupements :

a) l'un d'après l'usage de la marchandise9 tels que produits destinés à la production d'aliments~ à la producti-on de biens durables ou non durables9 huiles ot graisses, combustibles et énergie, équipement et

o~tillages9 articles de consommation.

b) l'aut:::e d'a_P.:r:'~? ~-e degré de prépa:ration: bruts9 avec transfor- mation simple9 ou plus avancüe. Il existe aussi des sous-groupes pour obtenir les catégories "biens durables" et "non durables".

§

2 - LA EALANCE DES SERVICES.

Elle est diteencore balance des invisibles9 parce qu'il s 'agit de ces biens immatériels que sont les services rendus9 lesquels font évidem- ment l'objet d'échanges. Elle doit comprendre su:rtout :

1°/ Les dépenses des touristes.

Ceux-ci dépensent en effet 9 pour recevoir des indigènes dos ser- vices (services d'hôtellerie par exemple ou de garagistes9 transports par

cars etc ••• ). Mais ils achètent aussi des mé:-rchandisos : nourriture9 souvenirs9 carburants. On ne peut pas toujours pratiquement les dissocier les uns et les autres9 mais simplement apprécier en bloc ce que los tou- ristes dépensent sur le territoire. Aussi les classe-t-on dans la balance des services parce que cos dépenses sont assimilables à des exportations·

invisibles~

Dans la colonne-exportations (où recettes) on inscrit évidemment' .les_ .:dépenSBS:[email protected] étrangers sur le terri taire national

Dans la colonne importations ( ou dépenses ) Ü Yaudra me-ntionner les dépenses des touristes nationaux à l'étranger.

(9)

..

IDEP/ET/XXI/110 page

9

Certains pays comme la Suisse9 l'Italie, le Canada, l'Espagne ont un tourisme qui leur laisse un solde nettement positif. D'autres comme les U.S.A. un solde nettement négatif.

2°/ Les dépenses pour services de transports.

En entrées les frêts payés par los étrangers qui ont utilisé les navires nationaux, assimilables à des exportations9 en dépenses

les frêts payés par los nationaux utilisant les navires étrang0rs (assimilables à des exportations). Il faut évidemment évitor ici les doubles emplois. Par exemple une importation sur navire étranger est

évaluée· CÎF9 mais il· s'e pï3üt qu 1 il éÜ t acheté FOB prenant à sa charge los frais de transports. Il est bion évident que si l'on compte l ' importation CIF et qu'on ajoute ensuite à la balance commerciale le prix du transport on compte 2 foix celui-ci.

Il fauv aussi éviter de compter ce qui ne doit pas l 'être. Par exemple une imnortation comptabilisée CIF9.mais effectuée sur navire français est comptée trop fort9 il faut déduire le prix payé à une com- pagnie françaiEG de transport9 et donc nullement assimilable à une im- portation.

Il est de8 pays pour lesquels ce poste des transports est très important. Pour la Norvège9en

1938

9 il représente à l'actif presque autant que l'exportation totale des marchandises.

3°/

Les paiements relatifs aux assurances.

Ces paiements comprennent les prlmes 1)ayéos aux (assurances) compagnies par les assurés et en sens inverse les indemnités versées par les compagnies aux assurés. Pour la Grande BTotagne surtout ce poste laisse w1 bénéfice qui est loin d'être négligeable.

4°/

Des paiements très divers.

(Pour droits d'auteur9 utilisation de brevets ou de licences~

redevance& cinématographique9 courtages, commissions bancaires) etc •••

Ces paiements pour services divers sont QDe rubrique bien commode pour ne rien oublier9 mais en fait il peut échapper quelque chose aux

(10)

IDEP/ET/XXI/110 page 10

staticiens. En régime de contrôle des é:::hanges on en saisit un grand nombre 7 If

car celui qui doit effectuer un paiement à l 'étranger doit alors sollici- ter des devises d'un organisme officiel et justifier sa demande. Certains peuvent toutefois être tentés de s 'adresser au marcha clandestin ou paral- lèlo des devises? lequel existe toujours comme le marché noir en cas de rationnement. Quant aux paiements pour ~orvices divers reçus de l'étranger il est à craindre que leurs bénéficiaires no les conservent secrets pour vendre leurs devises sur lo marché non officiel.

SECTION II - LA BALANCE DES TRANSACTIONS COURANTES.

Elle comprend :

1°/ La balance commerciale.

2°/ La balance dos services ou "invisibl,es" non compris dans la balance commerciale - ce qui dépend de la conception plus ou moins étroite q_u'on adopte pour définir la balance commercial~ e.

3°/

La balance des dépenses gouvernementales.

4°/

La balance des revenus du travail et des capitaux.

5°/

Les dons courants.

Seules los quatre dernières rubriques nécessitent des explica- tions cbmplimontaires.

a) Les dépenses effectuées par les Etats ou lGs services gouverne- mentaux (diplomatiques

.

7 adminis~ . tratifs 7 milit. aires). ~ . .. qu'on inscrit dans la balance courante? sont évidemment u."liquoment les dépenses courantes?

·et non les cr8dits ou dons inter-gouvernementaux: celles-ci sont des opérations en capital. Elles sont sans doute aujourd'hui très "courantes"?

mais elles sont malgré tout de nature différente des opérations de paiement courantes. Elles doivent figurer à la balance des capitaux.

Sous cotte rubrique.dos pai.ements gouvernementaux courants figurent en recette les dépenses courantes ·faites par l'étranger dans le pays? et en dépenses9 los dépenses du pays À. l'étranger.

(11)

'

b) La balane,~ des revenues du travail

IDEP/ET/XXI/110 Page ll

Les travailleurs étrangurs9 exerçant leur activit~ à l'intérieur du pays transfèrent souvent une partie de leurs revenus à leur famille restée dans leur pays d'origine. Les transferts doivent §tre inscrits à la balance extérieure comme dépenses. "'"u contraire 9 les revenus d0s travailleurs nationaux à l'étr~nger et envoyés aux familles r estées dans lo pays sont inscrits en rEJcettes. Ces trnnsfc;rts do revenus peuvent êro effectués par dos tro.vailL:,urs saisonniers 9 ou des trnvailleurs

intallés à l'étranger d~;.. façon plus durable, ou même p:1r des travailleurs frontaliers 9 restés domiciliés cir1.ns leur pays d' orTgTne mais se re;ndant ch::1.que jour à leur travail de:: l'autre coté de la frontière ( ex. l<os fron- taliers belges travaillant en France. Pour la France où travaillent de noml;lrc,ux travailleurs étrangers ( italiens9 espagnols etc . .. ) ce poste de la balance courante est déficitaire9 alors qu'il est bénéficiaire pour un pays comme l ' Italie 9 qui reç ü t de ses nombreux émiéJrants en Fl<J.nce ou en .A..rnérique dc:s sommes importantes. On pourrait inclure CGS sommes dans la

b~lance dvs services comprise dans un sens large, car le transfert de revenu correspond en réalité à un transfert en sens inverse des services des travailleurs. Tout se passe comme si le pays d'immigration9 importait

l~s services en travail d~s immigrants1 comme il importe d'autres services ou marchandises. En d'autres termos il ne s'agit jaè~ si l'on raisonne sur le plan d~s nations9 do transfert au sens strict9 car ils ne sont pas sans contra po.rtie en service. Mais l<.3s statistiqu;:;s · los considèrent malgré tout comme transferts au sens largo.

Certains pourraient p0ut Stre être considéras comme transferts de capitaux, lorsque l'envoi de monnaie dans le pays d'origine du trav:lilleur n'a pas la. périodicité qui peut 1 es f::.ire considérer comme rev::-nus : par exemple un don massif d'un travailleur expatrié qui a réussi 9 à sa famille dans son pays d'origine. Il ost en fait le plus souvent difficile de dif- férencier do tels transfurts des autres.

Il en est de m€tile des transferts correspondant aux revenus accumulés à l'étranger, et donc'bapitalisés'' qu'un émigrant rapporte avec lui à son retour dans sa patrie.

(12)

IDEP/ET/XXI/110 page 12

Quant aux sommes q_ue les émigrants ·emportent av-ec eux lorsq_u 1 ils q_uittent leur pays d'origine~ il est souvent difficile de les distinguer d'autres mouvements monétaires~ ceux q_ue provoq_ue par exemple le tourisme. Ils sont sans doute peut importants~ car les travailleurs émigrants sont généralement pauvres~ mais il peut y avoir des exceptions (par exemple les émigrants pour raisons politiq_ues ou religieuses) et un nombre important

d'émigrants~ même modeste, peut'correspondre à un mouvement monétaire non négligeable.

c) La balance des revenus des capitaux.

Ce compte recense les mouvements internationaux des revenus dos capitaux placés ou investis à l'étranger~ et non les mouvements des ca- pitaux eux-mêmes. Une fois q_u'on a expatrié des capitaux9 le rapatriement des revenus de ces capitaux est une opération courante~ effectuée pério- diq_uemont et q_u1il faut donc inscrire dans la balance couranto9 alors

" ·

q_ue l'exportation de capitaux est une opération en q_uelq_ue sorte exception- nelle q_u'on n'effectue pas "couramment" et q_u1on inscrit alors à la ~

balance des mouvements de capitaux~ dont nous reparlerons.

La balance des revenus des capitaux comprend:

- en recettes les revenus des capitaux nationaux placés à l 'étranger (intérêts~ dividendes9 loyers~ profits1 etc ••• ) q_ue le pays reçoit ;

- en dépenses los mêmes revenus q_ue le pays paie à l'extérieur aux étrangers q_ui ont placé des capitaux chez lui.

Elle ne doit pas comporter le remboursement des capitaux prêtés (amortissement ou rachat de titres ou de propriété) lesq_uels doivent figurer dans la balance des capitaux. Mais la distinction est q_uolq_uefois très difficile à faire pour certaines formes de titres.

Une autre q_uestion se pose du fait q_ue ces revenus de capitaux expatriés peuvent être non rapatriés et investis ou placés dans le pays

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IDEP/ET/ XXI/110 page 13

étranger où ils se sont formés. Pratiquement on ne :peut les saisir statistiquement que s 'ils sont rapatriés . D'ailleurs ces revenus réin- vestis à l'étranger sont devenus du capital. Mais il faudrait alors les comptabiliser à la balance des capitaux; ils augmentent en effet les avoirs extérieurs. Il est toutefois très difficile de les évaluer.

Les revenus tirés des investissements ou placements extérieurs à long terme ont été très importants pour certains pays. On a estimé qu'en

1913

la France pour un portofeuille étranger de

45

Milliards de francs recevait un revenu annuel de 2 à 3 Milliards. L'Angleterre à la m§me époque recevait 5 Milliards évalués en francs pour l OO Milliards de valeurs étrangères ou coloniales. En

1939

cos 2 pays restaient encore

fortement cr8diteurs à co titre. Les U.S.A. sont devenus cr8diteurs en

1918 .

Les débiteurs sont les pays neufs : colonies ot anciennes colonies, Dominions et Am8rique Latine. On :peut Sd demander pourquoi on ajoute le compte des revenus des capitaux

a

la balance commerciale, plutôt qu'à la balance des capitaux. C'est une sorte de convention comptable : il faut bien les ajouter à l'une ou à l'autre et l'on considère que les revenus des investiss~ments sont plus proche des transactions commerciales cou- rantes que des mouverr,ents de capitaux. Orè peut aussi les considérer comme le revenu des services rendus à l'étranger (on lui rend en effet service en mettant cles capitaux à sa disposition).

Mais on peut aussi rapprocher ces transferts cle revenus des capitaux placés d'un pays dans l'autre, des transferts de revenus du travail faits par les 'i;:nigrants

a

leur famille, et classés dans los transactions courantes. Il en est exactement de même pour les revenus des capitaux placés à l'extérieur.

c) Les dons courants

Certains dons privés individuels pouvont être non négligeables, surtout pour un petit pays ; par exemple9 le don d'un richissime mécène étranger pour la remise en état d'"Lm site historique. Le produit do col- lectes expédiées à l'étranger peut également être suffisamment important pour qu'on en tierille compte : par oxemple9 los envois aux missions

(14)

IDEP/ET/XXI/110 page 14

'

catholiques ou protestantes. Pour l'Etat d'Israël il n'est pas douteux que les dons des Israélites américains? collectés par le Fonds National Juif~

ont constitué un apport très sérieux.

A la vérité~ certains du moins~ de cos dons peuvent être consi- dérés comme mouvements de capital1 à inscrire dans la balance des capitaux et non dans colle des transactions courantes.

Il existe généralement des dons gouvernementaux qu'on peut classer dans cotte catégorie. Certains avaient préconisé (notamment lo F M I) de classer les dons~ tous les donsj dans les transactions courantes parce que selon eux il convient d'y inscrire "toutes les transactions autros que celles présentant des changements dans la situation créditrice - débitrice du pays ot _que les mouvements d'or". Or un don international qui par définition n'est pas remboursable - n'accroît pas la -position

créditrice du donateur~ ni colle débitrice du donataire. Mr. Byé a repoussé cette définition pour diverses raisons et en particulier pour cette raiso•

que la distinction entre donè et crédits plus ou moins rémunérésj plus ou moins remboursés? ost souvent beaucoup plus formelle que réelle.

L'O.E.C.E. a préconisé un autre classement distinguant les dons considérés par leurs bénéficiaires comme du revenu (exemple~ dons aux mis- sions religieuses etc ••• ) qui doivent êtro classés dans los transactions courantes? et ceux qui ne le sont pas et qui doivent être classés dans les dons on capital (inscrite dans la balance dos capitaux) . Ce classement est préférable mais il resto quand même arbitraire? car il est des "dons courants"

qui peuvent être considérés comme destinés• à des investissements. Ces difficultés de classement ne doivent pas être exagérées. Lorsqu'une circonstance exceptionnelle fait apparaître de forts mouvements qui ne peuvent être inscrits à une rubrique habituelle? en raison de leur signification spéciale par exemple des réparations ou dettes de Guerre? des tri buts do Guerre? etc ••• ), on los inscrit--à une rubrique nouvelle qu 1 on·

classe où il convient dans les transactions courantes ou dans les opérations en capital. Par exemple les dépenses d'entretien de troupes sur un territ• oj_ro étranger pourront être considérées comme transactions courantes ou comme transferts de capitaux? selon les conditions de l'occupation militaire.

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l

SECTION III - LA BALANCE DES CAPITAUX.

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15

La balance dos capitaux doit comprendre tous los mouvements de

capitaux~ en évitant évidemment les doubles emplois pour los mouveQents qui sont à la limite entre les mouvements de revenus et los mouvements do capitaux et qui ont pu être inscrits à la balance des transactions cou- rantes (ex. certains transferts d'émigrants, ou certains dons).

Mais, tous les mouvements de capitaQ~ n'ont pas le même signi- fication économique ot on peut de ce point do vue los classer de deux r.mnières

- soit selon la durée de l 'exportation (ou importation) du capital : do co point do ~ue5 il peut y avoir mouvement définitif~ ou de longue durée ou do courte durée ;

- soit selon l'objectif du mouvement do capital; do co point de vue le mouvement peut être offectué en vue d'une opération économique

1 faite "pour elle même" (par exemple un investissement~ un placement), ou une simple spéculation mais il peut n'avoir pour objectif que de combler un déficit do la balance des paiements, de rétablir un déséquilibre. On dit qu'il s 'agit alors de mouv~ments "compensatoires".

§

1 -Les différents mouvements de capitaux classés selon la durée de déplacement •

.. On peut distinguer les mouvements défini tifs (il s 'agit souvent alors do dons), les mouvements à long terrne9 et les mouvements à court terme. On peut encore ajouter les mouvoments d'or monétaire qui peuvent en réalité servir à effectuer des mouvements courts ou des mouvements longs.

A - Les dons en capital -

Ils ne posent pas9 du point do vue comptable qui nous préoccupe ici9 de problèmes délicats, autres quG ceux que nous avons déjà évoqués en

parlant des dons courants. Il convient toutefois de remarquer que les dons en capital effectués çle gouvernement à gouvernement ont pris depuis la dernière Guerre une importance très grande en raison de l'aide gratuite que les Etats s 'accordent de plus en plus pour la reconstruction après une

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t

Guerre (ex. g aide Marshall à _l'~u.:rqpe) ... QU_Wle catastrophe quelconque, et

surtout l 'aide des pays les plus développés aux pays qui le sont le moins 9

l

qui se double d'ailleurs de plus en plus d'une aide organisée collective·- ment (ainsi l'aide accordée par la France aux pays de la Zone Franc est aujourd'hui complétoopar l'aide collective accordée par l'ensemble des pays de la Communauté Economique Européenne). Nous aurons l'occasion de reparler de cette aide 9 constatons ici simplement qu'elle fournit aux pays aidés des devises qui alimentent leur balance des paiements , sans comporter 9 pour l 'avenir de mouvements en sens inverse. Il peut arri 1;-e:r~

toutefois que le don ne porte que sur les intérêts . Il s 'agit alors do prêts gratuits, ou quasi gratuits, à intérêts très faible9 mais comportru1t un remboursement du capital - le plus souvent à long terme.

B -Les mouvements de capitaux à long terme.

Les capitalistes des différents pays font des investissements ou

1

des placements dans les pays étrangers. Ils achètent des immeubles, achètent ou font construire des usinos 9 etc ••• c'est ce qu 'on appelle l 'emploi i direct. Mais surtout ils souscrivent à des émissions d'actions ou d'obli- gations émises par les sociétés étrangères, cu à des titres émis par des Etats ou collectivités. publiques E§t~angères9 otc ••• 9. ou encore ils achètt:nt à des capitalistes étrangers des titres détenus par ceux-ci _g c'est-co qu'on

1

appelle l'emploi en portefeuille. On doit y ajouter l~prôts effectués de gouvernement à gouvernement prêts qui ont pris beaucoup d'ampleur ces dernières années.

Ces opérations financières se traduisent d'abord par des sorties de ·~onnaie. On pourrait être tenté de les assimiler à dos importations

(pour les investissements faits à l 'étranger) et ·à des exportations (:pour les investissements étrangers dans le pa.ys). En effet tout se passe comme s'il y avait importation ou exportation de titres ou de droits de propri~,

qui représent une richesse9 comma les biens importés ou exportas . On pourrait donc être tenté d'ajouter à la balance commerciale (dos marchandises et des services) une balance des capitaux (ou balance financière) pour obtenir uno balance plus complète. Mais co serait trop simplo9 parce que les mouvements

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1

'

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de capitaux ont dos répercussions~ çlçs cQnséquences futures que n'ont pas los mouvements des marchandises ou des services ordinaires.

Ils se traduisent pour le pays par ~~e position créditrice ou débitrice :On a prêté ou on a e~prunté à l'étrnnger et cela a beaucoup d'importance. Il vaut mieux en principe être créancier que débiteur, d'au- tant plus que dos ph0nomènes de dominÇJ..ti.o_n peuvent renforcer les avantages d'une position créditrice. On est ainsi amené à établir une balance de l 'endettement international ou état des dettes et dos avoirs à l'égard de l'étranger, dans lequel l es post0s créditeurs et débiteurs sont mis en balance. Cet état est généralement établi à un moment donné. Par exemple~

en 19137 la balance française de l'endettomont international faisait apparaître un solde nettement créditeur. Ce portefeuille étranger de la Franco s'est malheureusement appauvri en raison des deux Guerres de 1914 et 1939.

Il est bion évident qu'on peut chercher à calculer si pendant un certain temps, l an9 ou los 10 dernières années écoulées par exemple cette balance s 'est améliorée ou aggravée.

2°- Ces investissements ou placement8 à l'étranger doivent rap- porter des revenus : loyers d'immeubles~ profits9 ote •.• et surtout intérêts et dividendes . Ainsi l'exportation de capitaux qui alourdit~ au moment où elle so produit9 le passif de la balance générale~ doit pendant de longues années sans doute gonfler l'actif.

De même au moment de l'amortissement de l'emprunt ou du rembourse- ment dos titres-obligations ou titres de rentes 8trangers, l'opération se traduira par un nouveau gonflement de l'actif.

On comptera dans la balance des capitaux uniquement les rembour- sements du capital. Les mouvements des revenus de ces capitaux seront comptabilisés dans la balance des transactions courantes.

C - Les mouvements de capi talL'C à court terme.

Les capitalistes dos différents pays peuvent détenir des fonds qu'ils n'ont nullemont l'intention d'immobiliser à long termo. Ces fonds consti-

tuent surtout des fonds de trésorerie ou des capitaux de spéculation.

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1° - Les fonds de trbsorerie ou d'épargne réserve.

Ceux-ci peuvent être placés à l'intérieur du pays à condition qu'ils conservent une grande liquidités(c~isses d'6pargl!-e9 Bons de Trésor etc ••• ).

. ..

Ces fonds peuvent être placés à l'étranger également si l eur _détenteur y trouve un avantage, par exemple et surtout lorsque le taux d'intérêt y est plus avantageux. Ces fonds flottants passent donc d'un pays à l!autre en masses considérables9 d'où la politique des hausses du taux de l'escompte pratiquée par les instituts d'émission soucieux d'attirer les capitaux étrangers.

L'influence du taux de l'escompte toutefois n'ost efficace que si les monnaies des doux pays restent stables. En effet si un Français prête à un Anglais une certaine somme9 il devra transfo.f'mer des francs en livres et il peut craindre une perte de change lorsqu'il sera remboursé en livres qu'il transformera en francs. L'opération pout se solder par. une perte. Toutefois il y a un moyen très simple d'éviter ce risque c'est de prêter en 1

francs ; il sera remboursé en francs. L'opération so fait au moye:n Q.'uno t lettre do change. Lo prêteur français autorise simplement lin correspondant Anglais9 quo nous supposerons l'emprunteur pour simplifier 9 à tirer sur lui une lettre de-·cha:nge - 100~-000 Francs par exemple - immédiatement exigible. Cette lettro de change est vendue à Londres contre des livres. Ello est

acheté par un Anglais qui a besoin de francs et se fora payer par le Français. En môme temps l'emprunteur anglais signe une lettre de change par laquelle il s'engage à rembourser 9 dans 3 mois par exemple9 100.000 Francs plus les intérôts. Evidemment du point de vuo des comptes externes de la nation lorsque la 1ère lettre de change est payée par le Français le versement est analogue à celui qui est fait lors~u'un Français achète des marchandises en Angleterre ~ on doit l'inscrire du côté des importations.

Ce sera l'inverse lors du pai~ment de la 2ème lettre de change par l 'emprunteur Anglais9 qu'on devra inscrire du côté des exportations.

Cos fonds changent de pays non pas tant pour profiter d1un taux d'escompte plus favorable9 que pour éviter de se trouver dévalorisés dans

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• •

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leur pays d'origine, par une dévaluation de la monnaie par exemple, ou encore pour se trouver valorisés par des modifications prévues du change. Prévoyant une dévaluation française par exemple, des fonds en francs se précipitent en Angleterre 9 c 'est-à-di.re . . s.e convertissent en livres7 surtout si l'on attent une politique anglaise de_renforcement de la livre. Un bruit de dévaluation de la livre est-il lancé ? Ces capitaux fuiront l'Angleterre, ou la livre, et se transformeront dans la monnaie qui leur paraît la plus stable, ou celle qui pense-t-~n doit remonter.

Ces capitaux en quelque sorte affolés par les dévaluations, on les a appelés entre les deux guerres "hot money" ou monnaie "brulante".

Ils ont constitué entre les deuX guerres, époque de dévaluations nombreuses, une masse considérable et de direction fort changeante. Nous en reparlerons. Citons à titre d'exemple que les U.S.A. Gn

1927

enregistraient une entrée de

845

millions de dollars de ces capitaux à court terme, en 1931 une sortie de

71 9

millions en

1935

une entrée de

1087

millions. Ces migrations de capitaux peuvent éventuellement se faire par achat de titres étrangers

(les valeurs mobilières permettent bien d'autres spéculations), mais il se traduisent surtout par des variations des comptes bancaires internationaQx (les français par exemple font transférer leur compte dans une banque anglaise), des mouvements de billets de banque (les français par exemple thésaurisent chez eux des livres), des mouvements de fonds commerciaux (on précipite ou l'on retarde une opération commerciale et son paiement, etc ••• ).

Pour fixer les idées le F.M.I. considère comme placements à court terme ceux qui impliquent le remboursement dans l'année, et comme place- ments à long terme les autres tels que l 'achat dœtitres de propriété, d'actions et de certains titres de créances (obligations, rentes). Mais en fait, il est bien difficile de dire au moment ou s'effectue le transfert s'il est durable ou temporaire car l'achat de valeurs mobilières peut

servir à effectuor des transferts temporaires. Il convient également de remarquer que même les mouvements de marchandises peuvent donner lieu à des mouvements de capitaux à court terme. Ainsi, un exportateur peut ne pas ee presser de rapatrier le produit d'une vente, pour profiter d'un

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changement éventuel du taux de change. Il peut au contraire hâter ses exportations pour laisser au plus tôt les sommes correspondantes à

l'étranger. Il convient encore d'inscrire dans les mouvements de capitaux à court terme~ les crédits gui s 1 accordent entre elles l es banques ·Jt de nationalité différente~ pour faire face aux demandes de devis~ dépassant

temporairement les offres. (Cf. infra les opérations de change et spéciale- ment les opérations sur devises).

D...: Les Mouvements d'or monétaire et de devises.

L'or monétaire se distingue de l 'or marchandise. Certains pays~

comme l'Afrique du Sud~ sont gros producteurs d'or et l'exportent vers les autres pays comme d'autres exportent du cuivre ou du blé. Pour eux de telles exportations d1or peuvent être considérées comme exportations de marchandises ot figurent comme telles dans leur balance commerciale, où elles constituent d'ailleurs pour l'Afrique du Sud~ un poste très importa~t.

Mais pour un pays tel que la France les exportations d'or doivent être considérés comme exportation de capital . f

Les rentrées d'or doivent être portées au débit~ les sorties d'or au crédit de la balanec des capitaux9 ce qui est d'ailleurs la mê11e chose que pour l 'or marchandise dans la balance commerciale9 mais repré- sente des opérations de nature différente.

L'or monétaire exporté peut servir d'abord à payer des importa- tions. Mais les règlements internati onaux se font généralement comme nous lo verrons par compensation. Los mouvements d'or comme contrepartie des mouvements de marchandises, ne sont donc opérés que pour les soldes9 les excédents sont d'importations (le pays envoi8 alors de l 'or) soit d'ex- porta ti ons (le pays alors reçoit de 11 or). Il en est de mêrae des mouvements do devises.

Les mouvements d'or ou de devises destinés à payer les soldes de la balanoe9 sont en général des mouvements longs9 sinon définitifs 9 au moins de durée indéterminée9 mais sans doute longue9 car si le séquili~re

était considéré comme temporaire (par exemple un simple déséquilibre saisonnier do la balance) il y aurait sans doute des octrois de crédits entre les banques des pays considérés (Cf. infra les opérations sur devises

dans les opérations de change).

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. .

1

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Mais les exportations d'or ou de devises peuvent servir de moyen d'exportation de capitaux , elles servent alors à sc constituer des avoirs à l'étranger~ et aussi bien pour des opérations de courte durée que de longue durée .

Nous reconnaissons là la distinction entre le mouvement de capital effectué en vue d'une opération effectuée "pour elle-même"~ et les

opérations compensatoires.

§

2 -La disW.nction entre les mouvements de capitaux "compensatoires"

et les autres.

Les mouvements de capitaux com-pensatoires semblent assez faciles à définirj ce sont ceux qui sont effectués spécialement pour équilibrer la balance des paiements - ou, ce qui revient au même ~~ .. ~()US le coippren- drons mieux lorsque nous aurons -etl.iëïj_é les mécanismes du change, pour stabiliser le taux de change. Ces mouvements compensatoires, comme los mouvements d'or en étalon or~ peuvent être effectués spontanément lorsque le taux de change s'écarte trop du taux officiel (Cf. infra le mécanisme des "points d'or"). Ils peuvent être aussi organisés soit par· des organismes privés (ex. crédits entre banques de nationalité différente), soit par l8s Etats (crédits entre Etats)~ soit par des organisations internation~les

(ex. Fonds Monétaire International, Union EurOilé:enne des :Paiements, Fonds .Monétaire Européen).

Les mouvements de capitaux non compensatoires sont ceux qui sont effectués pour r8aliser une opération différ<?;)nte d'une simple opération de paiement9 par exemple pour faire un investissement ou un placement à l 1étranger 9 ou pour fa~re une spéculation. Ils ont évidemment du point de vue de la balance une autre signification que les mouvements compensatoires.

On pourrait être tenté de les appeler mouvements spontanés par opposition au.."'C mouvements compensatoires voulus pour rétablir l'équilibre~ mais nous avons vu .:tue certains mouvements compensatoires sont spontanés (ex. mou- vements d'or en étalon or).

On pourrait aussi être terité .cie considérer ces mouvements comme précédent les mouvements compensatoires faits "à postériori" une fois le déséquilibre global constaté9 mais ce serait trop simple~ car certains de

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ces mouvements compensatoires7 sont largement cause du déséquilibre général, et sont enquelque sorte antérieurs au déséquilibre qu'ils permettent.

lünsi 11 aide Marshall à la France a été accordée pour permettre à la France d'avoir un déséquilibre général de s::t balance des paiements7

et pour financer ce déficit. Celui-ci aurait été moins élevé si l'aide extérieure n'avait été accordée à l 'avance.

Il convientdonc de ne pas se faire une idée trop simple de ces mouvements compensatoires, mais il peut être utile, 11dans une certaine opti(}_ue" de les distinguer des autres.

·· ··· ···En

effet 9 on peut, on présentant la balance des paiements, avoir différentes optiques, et principalement trois7 que Mr. Byé a appelé optique des transferts,· optique des accroissements d'avoirs 7 optique du financement compensatoire.

1/ Dans l'optiQue des transferts on cherche à isoler d'une part, les mouvements monétaires qui correspondent à une contre partie réelle (c'est à dire la balance commerciale au sens large) et d'autre part tous les autres mouvements de la balance des paiements7 lesquels sont néces- sairement des mouvements monétaires sans contre partie réelle durar;tt cette période c' est-à-dire des 11transferts11 On veut ::tlors savoir si un solde positif de transferts a servi à financer un afflux excédentaire de biens réels (ou ce qui revient au même un déficit de la balance oommeroiale)7 ou, au contraire; ·s 1 il a fallu un excédent d 1 exportation de biens ou services pour combler un déficit des transferts. Dans le premier cas, pour prendre une image approximative;· .:le pays· vit en quelque sorte de ses rentes (au moins partiellement), c'est-à-dire qu'il dispose d'une masse de bi ens et services supérieures à ce que permettrait l'effort productif réalisé à l'intérieur de ses frontières, l e supplément étant procuré par les revenus de transferts. Dans le second cas le pays perd une partie des biens et services produits à l'intérieur de ses frontières pour payer le solde des transferts qu'il doit effectuer sur les au~res pays.

Toutefois cette optique des transferts est un peu étroite7 parce qu'elle est essentiellement territoriale, en ce sens qu'on raisonne sur les mouvements d'un territoire à l'autre et non les mouvements entre les natio- naux et l es étrangers. Il ne faut pas oublier que certains de ces revenus

)

f

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. .

t

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considérés comme de transferts sont en fait des revenus de facteurs

nationaux à l'étranger : de travailleurs nationaux exerçant l eur activité productive à l'étranger et do capitaux nationaux permettant aux économies étrangères de produire plus. Il ne s'agit donc pas de transferts au sens strict - puisque· c8s mouvements· d.:o ·r8ifenü ·ont

pOur

·contre partie les services rendus aux économies étrangères~ alors que l'économie nationale est en môme temps privée do ces facteurs. Pour elle~ lo soi-disant transfert vient en compensation de sacrifices.

Il ne faut donc pas interpréter cotte balànce des transferts d1m1o façon trop simpliste~ et garder à 1 'esprit qu'elle est présentée clans uno optique territoriale et en adoptant une conception large des transforts - ce qui est le cas de la balance dos transferts telle que la conçoit Meade.

Il est bien évident qu'on pourrait effectuer d'autres regroupements~

en ajoutant à la balance commerciale co ~u'on oonsidèro comme transferts et qu'on peut aussi bien considérer comme transaction avec contre partie.

2/ L'optique des accroissements d'avoirs -

... On veut .. alors savoir dans quelle mëstirè 'Tës

' ech angé ' s

,.é.xté;i~urs

pendant la vériode considérée ont endetté le pays à l'égard des pays

étrangers,

?U

ont au contraire permis de romboursor des dettes antérieures,

1 '

ou oncc.re arnéli.or.é la ·situation de créancier du pays. Il convient alors d'isoler, pour les mettre .on évidence toutes les opérations qui augmentent ou diminuent la situation créditrice ou débitrice du pays ï c'est-à-dire laissent au profit ou à la charge du pa;y·s une créance ou une dette : il s'agit évidemment des mouvements de calJitaux. Toutes les autres opora ti ons seront inscrites dans ce quo nous avons 'ël.IJl)elé la balance des transactions courantes.

Une difficulté pGut surgir quant au classement de certaines opé- rations, en particulier l~s dons courants et l os dons on capital. Il est inutile de revenir sur ce problème" En fait le classement est nécessairement un peu arbitraire •

Une autre difficulté d'intrerprétation réside dans le classement des mouvements d'or monétaire1 dans la balance des capitaux. A première

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