FACULTE
DRMÉDECINE
ET DRPHARMACIE
DE BORDEAUXANNEE 1901-1902 N° 67
DU
ÏIltSE POUR RE DOCTORAT EN MEDECINE
présentée
et soutenuepubliquement le 19 Février
1902PAR
Jean-Louis
MAGIMEL
LICENCIÉÈ3SCIENCES NATURELLES ANCIEN EXTERNE DES HÔPITAUX Né à Bordeaux (Gironde), le 28 décembre 1877.
f MAI. BOURSI1R,
Eixinted.l.W»
(
V1LLAR,|irofesseur.... l'résident.
professeur.... \
agrégé > Jtiget.
agrégé
\
Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignementmédical.
BORDBAUX
IMPRIMERIE y. cadoret
17, 1U;K Poquelin-Moi.IKRE, 17
1902
FACULTÉ 1>e médecine et de pharmacie de bordeaux
M. de NABIAS Doyen. | M.
PITRES Doyen honoraire.
PROFESSEURS
MM. MICÉ : )
DUPUY
[ Professeurs honoraires.
Moussons
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MM.
P|. . , S PICOT.
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j
PITRESp.. . , ( DEMONS.
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LE DANTEC.
LéSecrétaire de la Faculté: LEMAIRE.
Pardélibération du 5 août 1879, la Facultéaarrêtéqueles opinions émisesdans les Thèses qui
sont présentéesdoivent être considéréescomme propres à leursauteurs,et qu'elle
n'entend leur
donner ni approbation ni improbation.
A Monsieur le Docteur CHAYANNAZ
Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux, Chirurgien des Hôpitaux,
Membrecorrespondant dela Société dechirurgiede Paris.
A mon Président cle
Thèse,
Monsieur le Docteur André BOURSIER
Professeur cleClinique gynécologiqueà la Faculté de Médecine de Bordeaux, Chirurgien des Hôpitaux,
Membrecorrespondant de la Société deChirurgie, Officierdel'Instruction publique.
Pour le très grand honneur qu'il nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.
AVANT-PROPOS
Parvenu au terme de nos études médicales, nous
remplissons aujourd'hui,
avec untrès grand plaisir, le devoir bien doux de
remercier les maîtres
qui
sesont intéressés
à nous.Nous avons commencé notre
stage hospitalier dans le service
de M. le
professeur agrégé Pousson, plus tard
nous avons eu l'honneur d'être son externependant
uneannée entière
; nous le remercions très sincèrement de tous les conseils siprécieux qu'il
nous adonnés.
Nous avons suivi aussi les services
hospitaliers d'un grand
nombre d'autres maîtres, envers
lesquels
nous avonsainsi
con¬tracté une dette de reconnaissance que nous
n'aurons garde
d'oublier.
Que
M. leprofesseur Piéchaud
nouspermette spécia¬
lement de le remercier.
C'està M. le
professeur agrégé Chavannaz
que nousdevons
le choix du
sujet
que noustraitons aujourd'hui;
nouslui
seronstoujours
reconnaissant de ses bons conseils et de la bienveil¬lance
qu'il
nous atoujours témoignée depuis
que nous avons eu 1 honneur de le connaître dans le service de M. leprofesseur agrégé Pousson.
Nousremercions très sincèrement MM. les
professeurs Bour¬
sier, Démons et
Lanelongue, qui ont bien voulu
nousdonner
des observations pour
notre travail.
19 février1902.
D U
TÉTANOS GYNECOLOGIQUE
INTRODUCTION
Tous les anciens auteurs ont observé le tétanos,
qui les
atoujours frappés
par satrès grande gravité; il était alors
connu par sessymptômes seuls, l'histoire de
sonétiologie et de
sapathogénie
sont, aucontraire, de date
récente. Ondésignait
autrefois
plusieurs variétés, sinon plusieurs espèces de tétanos
: d'abord lagrande division
en tétanoschirurgical et
entétanos
médical; cesdeux principales divisions ont été conservées mais simplement
pourle classement utile des faits observés,
parce quele tétanos, qu'il
sedéveloppe
sansplaie apparente
ouà la
suite d'un
traumatisme,
n'a aucune différence denature,le
téta¬nos est
toujours identique à lui-même, il est
un,dû à la pré¬
sence dubacille de
Nicolaier, qui
sedéveloppe
auniveau d'une
solution de continuité
apparente
oucachée et qui déverse
ses toxines dansl'organisme.
Le tétanos
chirurgical lui-même
aété subdivisé
enplusieurs catégories
suivantl'étiologie
:Le tétanos
traumatique, survenant après
untraumatisme
accidentel ou
opératoire;
Le tétanos des nouveau-nés, survenant
pendant l'évolution
de la
plaie ombilicale;
Le tétanos
puerpuéral, qui
semanifeste après l'avortement
oul'accouchement,
quel'infection parte de la plaie utérine
ou d'une de ces diverses érosionsqui succèdent à la parturition (plaies vaginales, vulvaires, déchirures du col, du périnée, etc.);
Le tétanos
utérin, qui
sedéveloppe après
unelésion utérine indépendante de l'accouchement;
Le tétanos
ovarien, débutant après
uneintervention chirurgi¬
cale
portée
surles
annexes.Ces deuxdernières
catégories
:tétanos utérin
et tétanos ova¬rien, pouvant être confondues
en uneseule
en yjoignant les
lésions des autres organes
sexuels de la femme qui ont donné
lieu au
développement de cette redoutable affection
:c'est
le tétanosgynécologique (1).
On
pourrait joindre
à cetteliste
le tétanosgravidique,
sedé¬
veloppant,
commeson noml'indique, pendant la
grossesse;c'est
une variété très rare, on n'en connaît que
quelques
cas(Ar- chambaud, thèse
deParis, 1896-97).
Dans ce
travail,
nous ne nous occupons quedu tétanos consé¬
cutifaux
opérations gynécologiques,
nouséliminons de
cefait
tous les cas
développés après
uneintervention obstétricale (dé¬
livrance
artificielle, application de forceps, version, avortement artificiel, perforation des membranes, opération césarienne, etc.).
Nous avons divisé ce travail en trois
chapitres
:Dans le
premier,
nous nous occuponsde l'historique de la question.
Dans le second nous avons réuni les observations que nous
avons pu
découvrir dans
nos recherchesbibliographiques
; cellesqui
ontété publiées
sans aucundétail
étant mentionnéesà la suite.
(1) Danstouslesouvragesd'analomie,lesmamelles sont décrites avecles organes génitauxde la femme; les traités de gynécologie, au contraire, rieparlentpasdes maladies deces glandes;pour nous conformerà cet usage, nous ne mentionnerons pas,dansce travail, lescasde tétanosquiont succédé àuneintervention surles seins.
— 15 —
Dans le troisième
chapitre,
nous avonsréuni
en unensemble
les données que
l'on peut tirer de toutes
cesobservations,
en étudiant successivementl'étiologie, la marche, la durée
etle
traitement du tétanos
gynécologique.
Nous terminons par
les quelques conclusions
quenous pen¬sons
pouvoir tirer de l'ensemble de
cetravail.
CHAPITRE PREMIER
HISTORIQUE
Le tétanos a
toujours été observé chez les femmes
et chezles hommes; Arétée le donne
commeplus fréquent chez les
pre¬mières;
les modernes
ont renversé laproposition et il est actuel¬
lement considéré comme
plus fréquent chez les hommes. Arétée
est le
premier auteur qui ait signalé le tétanos succédant
àdes
lésions des organes
génitaux de la femme, mais il s'agissait de
faits succédant à la
parturition
: «Les femmes,
sontquelque¬
fois, bien
querarement, attaquées
parla maladie à la suite de
l'avortement » ;
c'est
tout ce quel'on trouve
à cesujet
;quant
au tétanos
gynécologique,
onn'en voit
pastrace
;cependant
un auteurfrançais du
xviesiècle, Martinus Akakia, regarde
«l'ar¬
rivée du
trismus, du
tétanosgénéral, de l'opisthotonos,
avec issue fatale lequatrième jour,
comme uneconséquence acciden¬
telle de la
ménorrhagie,
quecelle-ci ait été le résultat d'états
maladifs de l'utérus non
gravide, de l'accouchement
oude
l'avortement »
(cité
parSimpson).
Reid,
en 1817, écrit que «les lésions
outroubles
dansles
organes
internes
ne semblent pasavoir beaucoup de tendance à
déterminer cette affection » l'utérus
étant,
parcet auteur,
com¬pris
aunombre des
organesinternes.
Simpson dit
queles lésions
etles blessures
de l'utérus « sem¬blent avoir peu
de tendance
àproduire le tétanos traumatique
».Curling, dans
sontraité
surle tétanos, mentionne
une obser¬vation américaine recueillie par
Smart, dans laquelle la maladie
— 17 —
fut
supposée avoir été produite
« parle
passagedu tube intesti¬
nal dans le
vagin, de
grosmorceaux rudesetanguleux d'argile
».Ce fait est, comme on le
voit,
très vague.Quoi
qu'il
ensoit, la première observation précise publiée après
uneintervention
sur les organesgénitaux de la
femmeremonte à Paul Dubois et a trait à un cas oùle tétanos se pro¬
duisit
après
uneopération césarienne (22 janvier 1839). Il s'agit
là d'un cas de tétanos
puerpéral. Le premier
cas survenant engynécologie
aété rapporté,
audire de Olshausen,
parBack,
en1842, dans
la Gazette médicale deStrasbourg, il s'agit d'une simple mention; la première observation
de tétanos ovarien semble due àHumphry, qui faisait
uneovariolomie
le 18juillet
1855 pour un
kyste de l'ovaire, dont la
relation a étépubliée
dans l'Associationrned.
journ., 1856; Nélaton
vientensuite,
son observation se trouve dans la Gazette hebdomadaire de1862;
entreces deux dates 1856 et
1862, Sp. Wells avait observé trois
cas de
tétanos, mais qui n'ont été publiés qu'en 1865.
Le tétanos utérin a d'abord été observé par
Mikschik (1854)
àla suite de la destruction d'une tumeur du
col,
et parSimpson
à la suite de
l'extirpation d'un polype de l'utérus.
Depuis, l'ovariotomie
étantvulgarisée,
on constate un certain nombre de cas succédant à cetteintervention; cependant Baker
Brown
(On ovarian clropsy, Londres, 1868)
nesignale
pasle
tétanos
parmi les dangers
quel'on peut rencontrer après cette opération; Preaslee (Ovarian
tumours,New-York, 1872)
y con¬sacre seulement
quelques lignes; Gai 1
y(Histoire des kystes de Vovaire, Bruxelles, 1873)
enparle
commed'un accident très
rare
qui n'a
été observé que parquelques auteurs
;cependant
un auteur allemand
Ilégar, dit
quele tétanos
estfréquent après l'ovariotomie (Operative gynœkologie, Fribourg, 1874).
Depuis
cetteépoque,
on a constammentobservé des
cas de tétanos àla suite desinterventionsgynécologiques
;Parvin, puis Olshausen
en ontpublié des
cas ;John Philips,
en1892, rend compte
àla
Sociétéroyale de médecine
etde chirurgie de Lon¬
dres du résultat que
lui
afourni
unedemande adressée
à 84professeurs
de diverses universitésd'Europe et à 67 d'An-
Magimel 2
gleterre
;il
aobtenu
aussi 65 casdanslesquels
onlui
asignalé
cette
complication.
Les observations de Meinert
qui datent de 1883-1884
et sontrapportées
en1893, celles
deThiriat (de Bruxelles) et de Mau-
noury au
Congrès de chirurgie de 1886, les discussions
àla So¬
ciété de
chirurgie de Paris
surle
tétanos(1901) ont apporté de
nouveaux faits.
En mars1901,
Pichevin
et Ciuciuobservent un casdetétanos;
à cette
occasion, ils
consacrent,dans la Semaine gynécologique,
un
important article
à cettecomplication,
enbasant leur étude
sur 96 faits.
CHAPITRE II
Observations.
Observation I
N ÉIATON
Tétanos après une ovariotomie.
Il s'agit d'une jeune femme de 26 ans atteinte d'un
kyste
del'ovaire;
les premiers symptômesremontent àunan; l'accroissement de la tumeur futrapide, tellement rapide,qu'il
fallutpratiquer une opération palliative le 17 mai 1862. Au bout de dixjours, la tumeur reprit son volume primitif.Le 17 juin 1862, l'ovariotomie fut pratiquée dans une maison de
santé.
L'opération
s'est faite suivant lesrègles
ordinaires : ouver¬ture de
l'abdomen,
traction de la tumeur à l'aide d'une pince spé¬ciale, ponctions multiples avec un trocart volumineux, destruction de quelquesadhérences de
l'épiploon
etde l'intestin grêle, conslric-lion du pédicule, ligaturesjetées sur
quelques
artères, fixation dupédicule,
suture de la plaieabdominale avec des fils métalliques.La tumeur contenait huitlitresde liquide filantetvisqueux;c'était
un
kyste
multiloculaire.L'opération
fut suivie de quelquesfrissons, de douleurs abdomi¬nales, de
coliques
vagues et mobiles, de vomissements ne portant toutefois que surles substancesingérées.Le pouls n'ajamaisdépassé 96.
Lendemain et
surlendemain,
encore des coliques et des vomisse¬ments.
Le quatrième jour,
hoquet,
vésicatoire volant à l'épigastre;l'ins¬
trument qui tenait le pédicule est retiré.
— 20 —
Le
cinquième
jour,les
sutures sontenlevées.
Le septième jour, purgatif.
Le 26 : 62 pulsations; bon appétit; état
général excellent.
Après avoir été dans l'état le plus satisfaisant
pendant plus d'une
semaine, la malade,prise de tétanos,,a succombé aubout de vingt-
et-unjours, le vingt-neuvième jour après l'opération.
Observation II Simpson
Tétanos après lésion de l'utérus non gravide.
Une veuve, âgée de 35 ans, qui avait eu pendant bien des mois
desménorrhagies graves, vint d'une distance considérable pour me consulter. L'utérus était volumineux et pesant et renfermait évidem¬
ment quelque masse morbide arrondie, soit dans sa cavité, soit dans
ses parois. L'emploi, pendant quelques heures, d'une seule éponge préparée ouvrit l'orifice utérin et permit de sentir un polype dans
l'intérieur de l'utérus. Les
règles
survinrent avec profusion et tout traitement fut en même temps suspendu. Peu de jours après, descontractions utérines survinrent. Elles avaient un caractère violent,
etpeu àpeu
expulsèrent,
de l'utérus dans le vagin, un grospolype
cellulaire. Nulle opération spéciale ne fut nécessairepour le déta¬
cher, les efforts expulsifs de la matrice ayant, dans une
grande
mesure, spontanément rompu les adhérences de la tumeur avec l'intérieur de la cavité utérine; à la fin, la masse se trouva assez libre pour être aisément extraite du
vagin
par unelégère traction
faite avecles doigts. On reconnut que c'étaitun polype cellulaire ou lâchement fibreux, du volume du poing. Après le détachement de
cette masse, la patiente se sentit relativement bien. Elle n'avait ni fièvre, ni douleur locale, et parut pendant un certain temps en
pleine convalescence. Le neuvième soircependant,après le détache¬
mentdu polype, elle m'envoyachercher, seplaignant d'une certaine
raideur etd'une étrange sensation vers la face. Au moment de ma visite, elle était assise et prenait du thé. Elle remarqua elle-même qu'elle était presque incapable de l'avaler à cause de la douleur et
— 21 —
de ladifficulté
qu'elle
éprouvait à ouvrir la bouche, douleur qu'elleavait noté pour
la
première foispeu d'heures auparavant. Messoup¬çons ausujet
du
tétanos ne furentpasà ce moment éveillés. Jecrus, avec la patiente elle-même, qu'elle était menacée d'une attaque d'esquinancie. Mais le lendemain matin, de bonne heure, tous les symptômesde l'affection
devinrent trop marquéspour laisser quel¬ques doutes sur sa nature. Les muscles du cou étaient affectés de spasmes tétaniques, et les mâchoires serrées. La
déglutition
étaitimpossible.
Pendant la journée, le professeurSyme
vitavec moi la malade. Endépit de tous lesremèdes ordinaires, les accèstétaniquess'accrurenten durée, en fréquence et en gravité. Ellesupportales
terribles spasmes avec une admirable sérénité, et son
intelligence
sembla demeurer entière
jusqu'à la
fin. Elle succomba, épuisée par la maladie, environ cinquante-cinq heures après qu'on eût observé les premiers symptômes du tétanos.A
l'autopsie,
on ne trouva pasde lésion
spéciale dans les organes examinés, sauf dans l'utérus où une surface rugueuse et saillanteindiquait
la place où le polype adhéraità l'intérieur du corps de lamatrice.
Observation III
Spencer Wells
Tétanos consécutif àl'ovariotomie.Guérison.
11
s'agit
d'une femme de M ans opérée d'unkyste
multiloculairede l'ovaire. Quinze jours après l'opération, lamalade a accusé de la raideur dans les mâchoiresetde la difficulté pouravaler. Depuis deux
ou troisjours déjà, elle s'étaitaperçud'un malde gorge et de raideur du cou,qu'elle avait attribués àuncoupd'air, etqui avaient disparu
seuls.
« Je soupçonnai, dit Spencer Wells, que la malade était en proie
au tétanos,maisje pensai quela raideur des mâchoires disparaîtrait
comme la raideur du cou,je prescrivis un
liniment
belladoné et je lis entourer le cou de flanelle. Le jour suivant, la contracture augmenta, les mâchoires ne pouvaient s'écarter,mais
commele
pouls était bon et ne s'élevait pasau-dessus de 90 pulsations,
commele ventre était libre et comme l'urine était normalement rendue, je
ne crus pas devoir intervenir ».
Le
lendemain,
l'état de la malade s'était aggravé; les mâchoires étaient serrées et lalangue avait été mordue involontairement pen- dantla nuit. Il yavaitdes soubresauts, descontracturesspasmodiquesdans les muscles masséters etdans les muscles ducou. Mais le pouls
étaitbon et la respiration normale; la malade a été purgée deux fois
avecl'huile de ricin etla térébenthine.
Puis SpencerWells songea à
employer
le curare. C'est seulement le quatrième jour aprèsle début des accidents qu'il a pu se procurerce médicament.
Plusieurs attaques convulsives s'étaient produites pendant les dernières nuits. Les mâchoires étaient fortement serrées et ne
pouvaient être écartées, le spasme du
pharynx
causaitde l'angoisseet de ladyspnée, la face était tirée, présentait
l'aspect
tétaniqueetlabouche
exprimait
leriresardonique; le poulsoscillait entre 90et100.C'està cemomentque le traitementpar le curare a été
appliqué.
Dix centigrammes (2
grains)
ont été dissous dans 30 grammes(I
once) d'eau distillée; 2 grammes(1/2 drachme)
de cettesolutionont été placésau moyend'un lint surla plaieencore vivedu pédicule
de l'ovaire enlevé etle pansementaétérecouvertde taffetas gommé.
Trois heures après, des convulsions
spasmodiques
ont reparu. /Morsles symptômes continuant à
s'aggraver
et la tête se renversant enarrière,
Spencer
Wellsainjecté souslapeau àl'angle
de lamâchoire 20 gouttes de la solution précédente, contenant un douzième de grain, moins de 1 milligramme de curare. La malade est tombéeconnue morte dans unerésolution complète; la pâleur se
répandait
sur sonvisage, larespiration et les battementsdu cœur sesontarrê¬
tés pendant quelques secondes, l'état de la malade était tout à fait alarmant. Cependant celle-ci est revenue à elle, elle a pu prendre un peu d'eau-de-vie et s'est remise peuà peu. Après quelques minutes, la difficulté d'avaler était revenue plus grande qu'à aucun moment auparavant, Spencer Wells attribuait la résolution subite à une
absorption rapide du poison, sans doute parce que la canule de la
seringue
à injection avait pénétré dans une petite veine. Cependantil n'apointfaitrenouveler
l'injection,
ilafaitappliquer
unvésicatoire— 23 —
sur lecou pour
appliquer le médicament
parla méthode endermique.
Lechloroformedevait être employé àce moment, mais commedans
une
première tentative d'application il avait déterminé des nausées,
le chirurgien
avait
crudevoir s'abstenir.
Lejour
suivant, la malade était mieux. Elle pouvait introduire le
bout de son doigt entre ses
dents; elle avait dormi pendant la nuit
et n'avait euqu'une attaque
convulsive. Deux
grammesde la solution
de curare ont été de nouveau appliqués sur la
plaie
del'abdomen.
Une même
quantité de
cettesolution
aété placée
surle
cou surla
surface dénudée du vésicatoire.
Le sixièmejour, à
partir
dudébut du
tétanos,le mieux
acontinué,
la
déglutition était possible. La malade
apris le thé de bœuf. Le
même pansement avec
la solution de
curare aété appliqué.
Lanuit suivante, il y a eu encore
des
spasmes;le septième jour,
les dents étaient serrées. Un
purgatif
avecl'huile de ricin, puis
avec 40 centigrammesde calomel
ontété administrés.
Lehuitièmejour,les symptômes tétaniques
n'avaient
pasaugmenté,
un nouveau vésicatoire est placé àla nuque. Laplaie de
l'abdomen
et celle du vésicatoireont été pansées avec la
solution de
curare.Le neuvièmejour, les muscles de l'abdomen étaient très
tendus.
Le dixième jour, la malade semblait mieux,
elle introduisait
son doigt entre les mâchoires, mais en avalant, ellea étéprise de
spas¬mes et de toux.
Le onzièmejour, la maladeétait tout à fait
bien, l'usage du
curareaété cessé.Ilenavait étéadministré 30centigrammes.
A
ce moment,l'urine examinée contenait, d'après une analyse
du
D1'Richardson,
des concrétions, etcelles ci, suivant le même expérimentateur,
don¬
naient à des grenouilles,
auxquelles
on enadministrait
parla mé¬
thode endermique, des
symptômes de
tétanos.(Il n'y
a pasd'autre
explication dans le texteanglais).
Le cinquantième jour, la
malade
étaitguérie, elle avait présenté
detempsen temps,pendant
la convalescence, des
spasmesmusculai¬
res qui la tiraient de son sommeil. Les
muscles de l'abdomen sont
restés pendant
plusieurs semaines tendus
etdurs
commedu bois.
24
Observation IV
(résumée).
Parvin
Ovariotomie suiviede tétanos mortel.
La malade, âgée de 30 ans, mère de huit enfants, est examinée par leDr Parvin, en septembre 187(3. Elle est atteinte d'une tumeur
hydatique
de l'ovaire quia été déjàconstatée ily aenvironcinq
ans.Pendant cette période, elle a eu trois grossesses normales, son der¬
nier enfant étant né en mars 187(3.
Latumeur, qui était très volumineuse, fut ponctionnée au mois de
mars 1877, mais le liquide se reproduisit rapidement. L'ovariotomie fut décidée et pratiquée le o avril. L'opération ne présenta aucune
particularité notable, si ce n'est que l'anesthésie futtrès
longue
et trèsdifficile àobtenir. Le pédicule, quiétaitlong
etmince, fut traité par leclamp.
La tumeur et son contenu pesaient environ 40 livres.Le soir de l'opération, la malade était dans une situation satisfai¬
sante et, pendant les quatre jours qui suivirent, son état était des plusencourageants;le quatrièmejour, la température était normale, le pouls atteignait 90,
l'appétit
suffisant. Deux des sutures de laplaie abdominale furent enlevées; les lèvres étaient à peu près réu¬
nies, saufen un point où le pédicule se trouvait
interposé.
La gué- rison semblait extrêmementprobable.Lanuit du
cinquième
jour, la malade seplaignit
de la chaleur de la pièce etdésira qu'onéteignît
le feu. Lelendemain,
le pouls étaità 100, la peau froide; on observait déjà une certaine rigidité des
muscles de la mâchoire. A trois heures, le même jour, il y eut un trismus trèsprononcé, quifut suivi deconvulsions
tétaniques
qui seprolongèrent jusqu'à la mort, qui survint à sept heures. On avait
employé
contre ces rapides accidentsl'opium,
la morphine en injec¬tion
hypodermique,
le chloralet lechloroforme.Observation V
(résumée).
E. Malins
Ovariotomie suivie de tétanos. Mort.
M. B..., 60ans, bonne constitution,
n'ayant
jamais été malade, est adressée à Malins par Walker. Elle présentait une grosse tumeur kystique de l'ovaire qui avait considérablementaugmenté de volume depuis environ dix-huit mois. Pas d'albuminedans les urines.Le lor mars 1881,elle estopérée; on se sertduspray phéniqué.Un large pédicule est ligaturé avec une forte soie propre et rentrédans l'abdomen.Pansementàla gazephéniquée, recouverteparde l'ouate
salicylée
etd'un bandage de flanelle.Le deuxièmeet le troisièmejour, la tempéraiure est de 100° Fah¬
renheit (37,7 centigrades); pouls 96.
Le quatrième jour, le tétanosse montre, la maladese plaint de ne pouvoir ouvrir labouche, de ne pas bien remuer la
langue
; traite¬ment : chloral, morphine.
Les troubles de la déglutition se montrent et continuent lesjours suivants; température 99 à 100° F. (37,2 à 37,7 C.); après un grand
spasme, on emploie lechloroforme. Mort le dixièmejour.
Pas
d'autopsie.
Observation VI
(résumée).
J. Bennett
Tétanos consécutif à l'ovariotomie; mort le dix-huitièmejour.
Le 10 août 1881, l'ovariotomie était pratiquée sur
S.
T..,, âgéede
41 ans. Elle souffraitdepuishuitans d'un kyste
multiloculaire
; cette tumeur avait été ponctionnée trois fois auparavant ets'était
repro¬duite. Latumeurétait adhérente,cependant l'opération
marcha bien
et une
large
tumeur, dont le contenu mesurait 51 pintes, fut ôtée ; le pédicule était petit, il fut ligaturé partransfixion, cautérisé
et enfermé.— 26 —
Après l'opération,la température étaitde98° F.
(36,6
C.); pouls,80.Le
cinquième
jour, elle seplaignit
d'une douleurde gorge et on observait de la raideur de la nuque etdu
tremblementdes membres; on lui donne de l'opium. Le sixième jour on observe le rire sardoni- que, la maladie est alors traitéepardesinjections de pliysostigmine,le pouls monte à 1J 0 et 115. Le jour suivant, on constate del'opis-
tliotonos : chloroforme en inhalations et injections hypodermiques
de morphine.
Malgré
toutes ces médications, le mal va ens'aggra-
vant etla malade succombe le dix-huitièmejour après l'opération.
La température, au moment de la mort, était 107° 2 F.
(41,7 C.).
Observation VII Meinert
Tétanos après une hystérectomie vaginale.
MmeW..., épouse du propriétaire de l'hôtel de 0..., près Dresde, âgée de 30 ans,descendant de parents bien portants,a eu cinq gros¬
sesses. Dans les derniersjours d'octobre 1884, elle eutune inflam¬
mation du bas-ventre; depuis,elle ne se rétablitpas etmaigritàvue d'œil; ses poumonsétaient sains. Elle était nerveuseet constipée et présentaitun écoulement brunâtre abondant des parties
génitales.
La menstruation était accompagnée d'une souffrance considérable.
Enmars1885, ellese sentitsubitementhorsd'état d'ouvrir la bouche; cet état, qui
plongea
les siens dans une grande anxiété, dura quatre heureset fut semblable,d'après leurs affirmations,autrismusqu'elle
présenta plustard dans mon établissement où elle se laissa conduire le 30 mai 1885.A l'examen de la malade, on constata une assez profonde
déchi¬
rure du col utérin avec un gros ectropion de la muqueuse
cervicale
et une fissure anale. L'utérus futgratté le 4juin 1885 et le sphincter anal dilaté. L'examen de la masse grattée démontra qu'il
s'agissait
d'un carcinome de l'utérus.
Je fis, le 17 juin,
l'hystérectomie
vaginale(y
compris les trompesetles ovaires); le carcinome appartenait au corps de l'utérus et ten¬
dait à se propager ducôté de la vessie.
— 27 —
La convalescence sepassa tranquillement pendant les six pre¬
miersjours, la température se mainiint au-dessous de 38 degrés.
Sans raison appréciable, dansla nuit du 23 au 24juin, elle fut saisie d'excitation etde délire, crut entendre des voix et d'être empoison¬
née; elle délira de loin en loin pendant quelques heures et s'endor¬
mit. Le 24juin, elle s'éveillaavec son étatmental normal, mais avec du trismus; température à midi 38,6; le soir, 38,9. Le 23juin, elle
eut des contractures avec un trismus
plus
accentué, auquel s'asso¬cia, le 26juin, de l'opisthotonos. Sous l'influence de l'hydrate de
chloral
(2
grammes quatre fois par jour), lescontractures disparu¬rent. Cependant l'alimentation ne fut
possible
qu'avec une sonde œsophagienne.Les groupes musculaires saisis jusqu'alors se contractèrent avec
une force nouvelle, la température s'éleva et le 27 juin 1883, à dix heures, elle mourut avec une température de 41 degrés au creux axillaire.
Observation VIII Meinert
Tétanosaprèsunesalpiugo-oophorectomie.
Mra° 1) .., femme d'un cordonnier de Freiberg, âgée
de
38 ans,d'origine
saine; a eula fièvre typhoïde à 8 ans, durhumatisme arti¬
culaire à 16ans. Elle eut un seul accouchement qui fut suivi de fièvre puerpérale; six ans plus tard, elle eut de
la leucorrhée.
Depuis,
elle eutdes douleurs de reins qui empirèrent avecles pério¬
des; ses douleurs continuant d'augmenter la
rendirent incapable
daccomplir son travail domestique;elle garde
le plus
souventle lit.
Le 27 octobre 1885, elle est amenée à ma clinique. Le
diagnostic
posé est celui de pelvipéritonite ancienne consécutive à une
infec¬
tion
gonorrhéique.
Laparatomie,
le 31 octobre : à droite,pyosalpinx d'un contenu
d'environ 100 cc.; àgauche, hydrosalpinxde dimension à
peuprès
égale; les deux ovaires sonthypertrophiés, le droit considérable¬
ment. Des deux côtés, les trompes et les
ovaires furent énucléés.
La marche fut normalejusqu'au sixième
jour
;le soir de
cejour,
toutefois, la température s'élevacomme lesjours suivants au-dessus de 38,5; il yeut une tuméfaction légère un peu sensible à la pres¬
sion, dans l'étendue de la cicatrice; je crus m'attendre, au pisaller,
à un abcès de la paroi. Mais après une température vespérale de 38,8, il y eut, dans la nuit du 7 au 8 novembre, du trismus et de la constriction
pharyngienne.
Je refendis la cicatrice, évacuai un peu de pus situé dans la profondeur et lavai laplaie avec du sublimé à 1 p. 5.000. Déjà, le 8, la malade ne pouvait plus avaler, et je me résolus le 9à la réouverture du bas-ventre. Dans le cul-de-sac deDouglas ilyavait environ 200 ce. de masse sanguinolente et d'exsu- dat inodore, la cavité fut lavée, un drain fut mis. Du reste, nous combattions la maladie par le cbloral et le curare, de 0,003 milli¬
grammes à 0,008, mais hélas ! sans succès. La malade mourut le 10, à midi, avec une température axillaire de il0.
Observation IX
Thiriar
Tétanos àlasuite del'ovariotomie.
Ce casestrelatifàunejeune fillede 18ansatteinte d'un
kyste
unilo-culaire peuvolumineux. L'ovariotomiefutpratiquée le 13juillet1883,
àl'hôpitalSaint-Jean
(Bruxelles).
L'opération neprésenta absolument rien departiculier; elle fut très facile et rapidement terminée. Pen¬dant les deux premiersjours qui suivirentl'opération, la malade fut parfaitement bien. Le 3ejourausoir, c'est-à-dire le17 juillet, la tem¬
pérature arriva à 39° pour redescendre à 38° le matin du 18, et atteindre 40° le soir de ce mêmejour.
Le 19 au matin la température était à38°, le pouls à 25; en net¬
toyantla salle vers 10 heuresdu matin,l'infirmièreouvrit la porte et les fenêtres de la salle; il en résulta un courant d'air; l'opérée se
plaignit
du froid. Vers 4 heures del'après-midi
l'interne de garde fut appelé. Lapatiente seplaignait
de douleurs dans lagorge,de crampes dans le cou etles mâchoires.Une potion àl'opium
parut apporterquelque soulagement.
Vers six heures du soir, l'interne constata l'existence du trismus, del'opisthotonos
avecdysphagie
complète.— 29 —
Latempérature étaità 38,4; ou lui fit,dans la soirée, troisinjections demorphine de deux centigrammesparinjection.La nuit futaffreuse, l'opérée se
plaignait
de douleurs violentes dans le dos, le cou etles mâchoires.Le 20, aumatin, je fus informé del'état de monopéréeetj'instituai immédiatement le traitement par le chloral et le laudanum à haute dose pris en lavements, car la
déglutition
était impossible. Je m'ins¬tallaiprès du lit de la patiente et je lui fis respirer des vapeurs de chloroforme, de façon à l'entretenir constamment dans un demi- sommeil
chloroformique.
Je la maintins danscetétatjusqu'au lende¬main 21juillet à 3 heures du matin, heure de la mort. Celle-ci était donc survenue 36 heuresaprès le début de l'affection.
Orservation X
Thiriar
Ovariotomiesuivie de tétanos.
Dans ce cas, il
s'agit d'une
dame âgée de 43 ans. Elle était atteinte demétrorrhagies
abondantes et continuelles depuis 14 ans. Ces pertes étaient duesàla présence d'une tumeurutérine enclavée dans le petitbassin et inopérable. L'état de cette malade étaitexcessive- mentgrave; onavait toutessayépourremédieràcette triste situation.Je crus devoir recourir à l'ovariotomie normale, qui fut pratiquée le
17 décembre 1883 au domicile de la malade, qui étaiL très fortunée.
L'opération
dura23 minutes et fut facile. L'ovaire droitd'abord, le gaucheensuite furent enlevés.Aucunvomissement,aucune réaction,aucun phénomène grave ne se produisit aprèsl'opération. Le 23 dé¬
cembre, au matin, elle était tout à fait bien ; l'appétit était
excellent; le pouls à 19, et la température normale. Je ne crus pas même nécessaire de la revoir le soir. Vers 7 heures du soir elle s'endormit paisiblement. Vers 8 heures elle se réveillaet se plaignit
de mal de gorge etd'un peu de gène dans la mâchoire.
L'entourage
apporta peu
d'importance
à ces phénomènes. Vers uneheure du
matin, l'état
s'aggravant,
on vint me chercher. Je trouvai mon opé¬rée
levée,
assise dans un fauteuil près du feu. Lamâchoire était
— 30 —
complètementcontracturée,l'opisthotonoscommençait. Les membres inférieurs présentaient de la raideur, Immédiatement je lui fisune
injection de trois de centigrammes de morphine;je lui prescrivis
G grammes de cliloral avec 10 centigrammes d'extrait gommeux
d'opium; jela replaçaiaulit dans de laouate; je fis étendre destapis partoutetentretenirune températureélevéedans la chambre.
Malgré
tout, elle mourut le
lendemain,
24 décembre, à 8 heures du matin;12 heuresaprès
le
début de l'affection.Observation XI
Thirlar
Ovariotomie suiviede tétanos.
Le 29 juin 188G, je pratiquais
l'ovarîotomie,
àl'hôpital
Saint-Jean,chez unejeune fille de 23 ans, atteinte d'un
kyste
uniloculaire sans aucune adhérence.L'opération
n'avait duré que quinze minutes, pansement compris. Tout marcha admirablement bien jusqu'auGjuillet. Ce jour-là, vers cinq heures du matin, mon opérée se plai¬
gnit à la sœurde garde d'un
léger
mal de gorge ; à sept heures, l'in¬terne de garde appelé constatala constriction desmâchoires, la rai¬
deur du cou et la difficulté de parler. A huit heures mon collègue le professeur Sacré lui fit
pratiquer
une injection de2 centigrammes de cocaïne, ce qui parut lasoulager
notablement. A neuf heures, dèsmon arrivée, je la fis isoler dansuneplacebien chauffée, loin detout bruit, de toute excitation
quelconque;
je la fis emmailloter dans de la flanelleet je lui pratiquai une nouvelle injection de cocaïne, cequi produisit immédiatement une détente générale. La patiente put
en effet ouvrir la bouche, avaler très facilement et parler sans
diffi¬
culté. Les injections de cocaïnefurent renouveléesd'heureenheure.
A quatre heures du soir, l'état restant stationnaire, on associa la morphine à la cocaïne. A
cinq
heures, les mouvements de la tète redevenaient possibles, le trismus diminuait considérablement; lepouls
était à 30 au quart; larespiration à G et la température à 40°6.A huit heures et demie dusoir, lesphénomènes tétaniquesavaient
— 31 —
repris. Les arcades dentaires étaient complètement rapprochées, la déglutition était impossible. Bref, à dix heures et demie, la malheu¬
reusefut prise
d'un tremblement général; la respiration
devint rare;le
pouls faiblit,
et à onzeheures
et quartla
mortsurvint, dix-huit
heures après le début. Après
la
mort,la
température s'éleva à 43°3.Observation XII
Thiriar
Ovariotomiesuivie de tétanos.
Dansce cas, il y eut une
marche
encoreplus rapide, peut-être à
cause du traitementinstitué. Le 31juillet 188G, je
pratiquai l'ovario-
tomie chez une demoiselle de 45 anshabitant une ville de province.
L'opération
dura trenteminutes. Le kyste était multiloculaire
sans adhérence. Jusqu'au G aoûtl'état fut parfait. A
onzeheures du soir,
son médecin traitant ne constata rien d'anormal. Dans la nuit, vers trois heures du matin,l'opéréese
plaignit d'un
peude mal de
gorge.Vers cinq heures du
matin, il existait de la constrietion dans les
mâchoires. Vers septheures,
le médecin appelé fit
uneinjection de piloçarpine.
Bientôt larespiration s'embarrassa, et à
monarrivée,
vers onzeheures du matin, je ne trouvai
qu'un cadavre. Le tétanos
avaità peine duré sept heures.
Observation XIII
G.Maunoury
Tétanosmortelconsécutif àuneovariotomie.
Le 12 novembre 1880, Mmc G..., âgée de 26 ans,
demeurant à\er-
memonville, estopérée
chez elle d'ovariotomie parle Dr Salmon que
j'assiste;l'opération
estfaite deux jours avant l'époque menstruelle,
loutes les précautions
listériennes
sontprises,
ycompris le spray.
Opération
fort simple. Kystede l'ovaire multiloculaire sans adhé¬
rence. Il ne coule pas une goutte
de liquide dans la cavité périto-
néale.Le pédicule,assezétroit, est
lié
endeux tronçons d'abord, puis
en masse et réduit dans le ventre. Suture de la
paroi
abdominale.Pansement de Lister.
Après
l'opération,
T. 36°. La maladese plaint de souffrirbeaucoup
du bas-ventre. Dans la journée, les
règles
paraissent. Le soir, P. 96;vomissement bilieux.
13 novembre : Un peud'agitation dans la nuit; le matin, tempéra¬
ture, 37°1.
Douleursassezvives dans le ventre.
14 et 15 novembre : Latempérature s'élève à 39°oet 39°9, le pouls
à 120 et 136. En outre, douleurs de ventre, agitation,vomissements
très fréquents. La
langue
estrestée humide, le ventre n'estpas bal¬lonné. Il neparait cependant pas douteux qu'il y ait là de la périto¬
nite.
16 novembre : Pouls, 96; température, 38ol. Les vomissements persistent.
17 novembre : Il y aune amélioration sensible.
18 novembre : Amidi, elle est prise de contracture des masséters
et dans lajournée elle a plusieurs crises convulsives de tétanos.
19 novembre: Tétanos parfaitement caractérisé; dents serrées, sueurs, raideur générale avec secousses douloureuses en opisthoto-
nos.
Pouls très
fréquent,
température 39°9. Nous ne pouvons noteraucun incident comme cause de cette
complication.
Malgré cela, nous changeons le pansement. Les
épingles
sont enlevées. La réunion immédiate est complète. Pas une seule goutte de pus. Pas la moindre odeur.Mort dansl'après-midi.
Observation XIV
(résumée).
Hitchcock
Sarcome de l'ovaire. Extirpation. Mort le quatrième jour de tétanos.
Carrie B..., 17 ans, est vue en consultation, par Hitchcock et Ike-
ler. Diagnostic: sarcomede l'ovaire