P O V R L’A B-
BREVIATION
DES DECRETS DE-
SI R
i?de LONG TEMPS
pour
lebien de
l’Eftat& fou-
lagement du Peuple.
1
A PARIS,
m.dc. xxi:
*~r mé ...-
»
AV ROY.
Bregé de
l’Edidde Créa-
tion des Offices
de Com~
miffaires ,
Receueurs aux
faifies reelles , qui
man-
^ que en
laiufticede
voftreRoyaume,
3c a efté iugé neceflairepar voftreParlement
désy
aplus defbixan-teans
, 3ctrouué tel parle lieur Loifeau
,
en
fonliure des Offices 105. 6,fc. 228.8c plulîeurs autres praticiens , 3c pleutau
feuRoy
voftre pere,que Dieu
abfolue,en
faire Edit5fenuoyer en
voftre Parle-ment
désTannee
1601.Lequel ne
por*toit
aucun reglement
, 3c leur attribuoic droiétde
receptede
fix denierspour
li- ure,comme aux
confignations, ce quifeul
donna
fuiedde
refus àvoftre Par- lement.Voftre
Majeftévenue
à laCouronne
luyauraitfuccedé
en
labonne volonté
qu’il auoiteue , d’y ellablir
vn
ordre af-feuré,principalemétlors
que
les cahiersde vos
trois ellatsvous
firententendre
les exaltions, vexations qui fefaifoient,
&
font iournellement furvos
fuictsquand
l’on ellablit des Commiffaires.'ilvous
pleuftmettre
fus l’Editpour
l’ab- breuiation des decrets , 8epour
faire celïer fautes plaintes 8e doléances, qu’il
portail
vn reglement
fuyuant l’Editde
ijji.
l’ordonnance de
Blois 8e autres, l’enuoya voltre Majeltéen Aouft
i6i7.àfon Parlement
, quile trouua très iulle&
très vtilepour
lebien deiuftice.com-
me
auparauant vollre Confeil l’auroittrouué tel,à caufedu_retranchcment
dei
fix deniers
pour
liure , 8c desreglemens
“qui né
pouuoientcftreque
bienreceus : tellementque
nofdits fuiets auroientpour
iceluyà bénir vollreregne&v
offre'* Maiefté
pour
lebiéde
vos affaires,feroicfeomme
elle cil , affeuree d’vnegrande
augmentation de vos
finances, à touf- iours.VollrePavlement aelle prelt,8celtencor a
prefent,de procéder
à laverifi- .cation d’iceluy , leurfaifantdonner
des conclufionsparMonfieur
vollreProcu-
reurGeneral
,ainfi qu’il a plufieurs foiselté offertpar
Monfieurvoftrc premier
Prefident, à
ceux
lefquelsy ont
efté en-uoyez
devoftre part,pour
luyordonner d
enpremouuoir
lavérification , reco-*l
ue
sily
alieude procéder
àla vérification d’Edits,pour
lefoulagcmët oe vos
affaires ,8cpour
lebiende vos
fu-iets,
quene pouuez
leuren enuoyer va
plus iufte ,8c
comme
l’ontrecogneules Procureur General
8cAduocats devo-
ftreMaicftéjlors
queparArreitde
voftre Confeil,ilvous
pleutprendre
leurs ad-uis
qu
ilsdonnerét verbalement àMon*
lieurle Chancelier
& Monfieur
lePrelî-dent
Ianin,
ne
lepouuant donner
parclcrit, 8C
que
lors qu’il plairoit à voftre Maieftéleurenuoyer
l’Edit.prendroicnt leurs conclufions.Premièrement
eftatl’OÆciereftablv . „entomgs
Aros luftices Royalles,&
leurscommis en
toutes les lufticesfubalter- -
W.
nés,
quifont
tenusde
fechargerde
tou.C,
':tes
IcsCommilfions
luyuantl’Edit,
vous
defehargerez parcemoyen
vosfuietsde
toutes lefdites
Commilîions
, qui leur
cfi: à prefent plus
dommageable
,3cplusà charge
que ne
leur eft fa mille.X
contraints
abandonner
leurs labours,A
iij6
arts Scmcfticrs
.femmes
Se familles,pouraller quclquesfois plus
de
cent lieux di- ftancde
leurdemeure
en la Iuftice ,de
l’authorité
de
laquelle ils auront eftéçftablis
pour
fe faire defeharger , fauteleplus fouuet
d
auoirargetpour
fournir àlaviduitédu
Sergent , qui exiged eux de
grandesiommes
j ôcoccafionneleur ruine ,mefme
faute d’experience font contraints charger leurs Procureursde
leurs cftabliffemens
, qui les laiilent or- dinairement
fuccomber en de grandes
pertes Sc ruines
,
pour
eftre le plus fou-irent
condamnezàpayer
lesreuenus def.dites chofesfaifies.ce
dont
ilnont
iouy,nyprofité.
S econdement
eft par iceluyreme-
ia conferuation des deniers
pro- uenans du reuenu
dcfdites faifiesieelles, quidemeure
quelquesfois trenteSc qua- rante ans en faifie,6dercçoyuent fous lenô
des Cômiffaires, quilaplus part fontgens de
néant,du nom
defquelsaucuns
procureurs s’aydent,
pour
fur leursnoms confommer
tout lereuenu en
fraisde
voyages de Commiflaires,
faiairesde
Procureurs,reparatios fimulees,6cencor*ion ccntans de çc viennent par prefe-
m
•| / |
Xi1
rence
pour
les fraisdelà comiffionfur^v ^
leprixderadiudicatio,dont luy eft
ùdi***^**^
uré
mandement,
fans attëdre lacotefta- tionde
l’ordre ,à
quoy
par ledit Edit eftremédié, ayans eftépar iceluy retranché tous les voyages,parle
moyen de
ceque
ledit Cômiflaire receueur , doit
demeu-
rer
en
lavilleoù eft la lufticeroyallejOÙil doit eftre
procédé au
bail iudiciaire, eftât parl’exploi&defaifieefleu ledomi-
cile
du
faifi,&:faifisât dâslavillede
la de-meure
duditCômiflaire,faufaufaify fai-re lignifier para£teaudit
Côm
iflaire,au-tredomiciledans la
mefme
ville,pour y
eftre tous exploi&s fai&s ,
comme
fifaits eftoientà leursperfonries. Aufli eft
retranchéles fàlaires des procureurs,
au
lieu defquels ledit
Cômmiffaire
rece-ueur occupé aux
caufesdépendantes de
*^
leurs
Commiflions
feullemenc , par cemoyen
font retrachez plus des 3. quarts des frais qui fe leuent à prefent ,6c eftconferuélereuenu
delàchofe
faifie, le-quel retourne au profit 6c
en
l’acquitdu
laifî
comme
lefonds,
5rpar cemoyen
fe verra
que
ferontdeuenus
tous lefdits deniers, iufques àvn
fol,
quand
la faifiedureroit cinquante ans 6cplus, qui fera
A
iiij8
que
lepanure
faifi s’aquittera plusde
la vente d’vne terre quilne
peut à prefentfaire dela vente
de deux
, ce qui confer- uera les familles.,
E
s Tauffiremédié
parledit Editaux ÎC/,—
faufTetez&: antidates , faifiesfur failles,faifie collufoirc
5qui
engendre
devicieux procez, parlemoyé
de ceque
l’Officier tient regiftre des faifies dot il eftchargé,&c fon
commis
tient aufliregiftre des fai- fies qui font faites au deflusde
cent li-ures fuiuant l’Edit ,
aux
Iuftices fubal- ternes: parcemoyen
fera côferuee fhy.potecque du
créancier, eftant certain des chofes quiluy fontaffe&ees,poury
eftre vnCoimniflàire certain,eftably fur Je lieu , cz
mams duquel
ilpeut former
fon oppoficion.L iqvel
Officier eftanthomme
de
condition ,1e faifi peut facilementtraiéter auec le faififtant
&
créanciers,demoiôtié dureuenude
fa terre, qu’ilpourra tenirfous le
nom
d’vn adiudica-taire,
en
baillantbonne
caution dans la ville,de
lademeure
dudit Commiflaire,quifeurement
receuront par lesmains de
l’Officier, les fomines procédant du
fcail indiciaire, ôc l’autre mpiêtié qui
hrr '
I
9
leurfera delaiffee*pour léurs alimens:
par ce
moyen
conferuerontla ventede
leurs terres,6decreantier auec le
temps
ferafatisfaid :
du moins
s’ils fontcon-
trainds
de vendre
quelquesvnes de
leurs terres
pour
s’acquider5ilsne
pour- rontfuccomber en de
grands frais ,comme
ils font à prefent,quimontent
le plus fouuent à plusque
leprincipal,def-quelsils fontpar preference
couchez en
Tordre, 6e diftribuez fur le prix , eftans lefdits frais ordinairement pris par leProcureur du
faififlant,fous lenom de Commiflaire
,ou fous lenomdVn
fai-fiffantcollufoires,parle
moye
desgrâdsfrais qu’il
conuientauancer ,pour
par- ueniràla faifie desimmeubles
des de- biteurs fafeheux.La
vefue8c Torphelin n’ayans lemoyen
, languiflans auprèsde
leurs deubts, fanspouuoir
trouuermoyen de
s’ayder , occafîonnela total- leruine d’eux8cde
leur famille,où
parleditEdit à efté remédié,
pour
eftre les faifies contreceux
qui fontde
difficileconuention
aufil facileque
furies plus paifibles 8c obeyffans de vosfuiets,&£n’eftre d’ores en auant tenu nuancer ar-
gent
aux Commif&ires.
P Ak
ledit Edit leditCommifTaire receueurdoit
aflîfterà la reddition des côptes qui fontrendus par lesCommif-
fairesprecedensde leurs
commiflions, ouïe
fàififfantpour
eux, par le reliqua defquels apres laclofture d’iceux fetrou- uera fonds,pour
la defchargede
plusde
cinquantemillefaifies, qui Tont fai-tes en
voftreRoyaume
fur la vefue 6e l’orphelin,que
des faififlans cauteleux tiennenten
procezlepauurefaifi,pour iouyrfouslenomdefon CommifTaire,
8c faire les
baux
iudiciaires à vil prix,
puis apres fous
noms
fuppofez , les louepar
bailconuentionnel
, quelquesfois quatre fois autant
que
leprixau
bail in-diciaire,-retientparfes
mains
le prix du*ditbail iudiciaretrente 8c quarante ans,
dont
iliouy
t
pendant
la faifie,8cne
laif.fefàrente,
ou
lesintereftsdefafomme
adiugee,
de
continuer 8caugmenter
d’anneeen annee,
quiaugmente
quel, quesfoisplusla debtedu
debiteur,ne
4*s ,
^.rt«^ouuant
par cemoyen de
lavente de
trois terres,s’acquiter autâc qu’il fe
pou.
raacqui£ter d’vne feule: ce qui va àla to- taieruine
du pauure
faifi,àquoy parleditEdit a elleremédie, 8c
donné moyen de
cognoiftre facilement ce qui eft
deu
*3 deniers receus fous lenom
duditCoin-
miflaire, qui fe trouuera
monter
quel- quesfois plus qiuln’eftdeu par ledebi- teurfaifi,8riccluy eftvniuftcreglement
fur le faiéfc des faifics reelles
recognu
aufïi trèsneceflaire par
Monfieur
le Pre-fidétïanin: auquel ont eftéreprefentees
lesplaintes desoppreffiôs fouffertes par
vos
fuiets,beaucoup
plus grandesque
celles
de
la taille ,comme
a efté cy dé-liant dit,lors qu’il fut
en fon voyage en
1600. par le
commandement du
feuRoy, pendant
lequelvoyage
il fit leprocez
àplufieursSergcns,pour ^"exa-
ctions
qu
ils exerceoientiournellement furvos
fuieéts ,qui donna
fuie&au
Sieur Prefident ïanin dendreflcr defa
main
laminutt
e dudit Ediéfc quifut en-uoyéen
1601. àvoftre Parlement,pour remedier
aufdites réceptions 3dont vo-
ftre Maiefté les
en
peut par voftreEdit defcharger.O v t r
eque
voftre Maiefté peutpererde
lavente
defdites Offices plus**de
cinq millions deliures,de
partiedef- quelles Offices ellea contractéauecdes
partifans, à laforaine
de neuf
cens mil-les liures ,
de
laquelleau
lieu de'cau- tion,ilsdoiuent payer contant fur lare*uentedes
Officesdu Parlement de
Pa-ris ,
deux
cens milles liures apres la vérification, leurs promefies receüesen
voftre Côfeil, quils fontprefts d’effe-&uer,&:
fila vérification cftoit fai&e, ils’ëtrouueroit trop qui feroient la con- ditionde
voftre Maiefté plus aduanta- geufefte tout àl’augmentationde
voftre eftat&profitde
vos fiaances,&:foulage-menttres grand
devos
fuiets 5 eftant lefondement du
plusgrand œuure que
fouuerainpiaffe faire