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LE LITTORAL

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Academic year: 2022

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LE LITTORAL

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Les côtes sont en perpétuelle mutation. À certains endroits, la mer emporte une partie de la terre, alors qu'à d'autres elle apporte de nouveaux matériaux.

La côte représente la limite visible des continents, le point de

rencontre entre la terre et la mer. La terre s'étend le plus souvent sous la surface de la mer et forme ce que l'on appelle le plateau continental.

La surface immergée de ce plateau dépend en fait du niveau de la mer.

Celui-ci varie à son tour en fonction du volume de glace des calottes polaires.

À la fin de la dernière époque glaciaire, il y a environ 10000 ans, une grande quantité d'eau était retenue dans ces calottes, si bien que le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu'aujourd'hui. Il y avait donc plus de terres émergées. L'Angleterre et le continent européen, par exemple, étaient reliés par des terres, tout comme la Sibérie et l'Alaska. Au fur et à mesure que la glace a fondu, le niveau de la mer

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s'est élevé, au rythme d'à peu près 7 millimètres par an : en 10000 ans, cela représente une remontée de 70 mètres.

Le pas de Calais, sur la Manche, s'est formé il y a environ 8000 ans. Il atteint aujourd'hui 36 mètres à son point le moins profond, alors que le détroit de Béring, apparu entre la Sibérie et l'Alaska, mesure lui 45 mètres de profondeur au minimum. De telles modifications du relief se sont produites sur toute la surface de la Terre.

La forme des côtes est également déterminée par le mouvement des plaques tectoniques sous-marines sur lesquelles reposent les

continents. Par exemple, la plaque de Nazca, qui jouxte les côtes nord- ouest de l'Amérique du Sud, s'enfonce régulièrement sous celles-ci. En raison de cette disposition, la cordillère des Andes plonge directement dans l'océan et ne laisse pas même la place à une plaine côtière.

Ce type de bouleversements qui affectent le relief des côtes se déroule en fait très lentement, sur des millions d'années, et seules des

recherches géologiques nous permettent de les détecter. Par ailleurs, certains changements comme l'érosion par les vagues transforment, année après année, le tracé des côtes.

Le phénomène des marées

Les marées sont la conséquence de la force d'attraction que la Lune et le Soleil exercent sur la mer. Lune et Soleil attirent l'eau qui se trouve en dessous d'eux, produisant une marée haute des deux côtés du globe dans l'axe de leurs influences. La marée basse se produit aux endroits qui sont éloignés de cet axe. La rotation de la Terre amène toute région à croiser l'axe deux fois par jour, d'où l'alternance de deux marées hautes et de deux marées basses quotidiennes.

Des grandes marées se produisent lors de la pleine lune et de la nouvelle lune, lorsque le Soleil et la Lune se trouvent sur une même ligne par rapport à la Terre. Ces grandes marées ont donc lieu deux fois par mois.

Quand le Soleil forme un angle droit avec la Lune (par rapport à la Terre), les marées sont plus faibles que d'habitude. Ce phénomène se

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produit également deux fois par mois, quand la Lune en est à son premier et à son dernier quartier. C'est ce que l'on désigne sous le nom de "mortes eaux". La plupart des côtes océaniques connaissent deux marées par jour. Pourtant, en certains endroits, comme en Asie du Sud-Est, il n'y a qu'une marée par jour. L'heure des marées varie de jour en jour, la Lune changeant de position sur son orbite. Le décalage est d'environ 45 minutes par jour.

Les mers intérieures et les lacs, comme la Méditerranée et les Grands Lacs d'Amérique du Nord, ont des marées très faibles, souvent

presque imperceptibles.

Les vagues

Les vagues sont de petites inégalités à la surface de l'eau, formées par les vents, les courants et les marées. Lors des marées montantes et descendantes, des vagues s'abattent sur le rivage puis refluent.

Toutefois, la plupart des vagues sont provoquées par les vents. Les ouragans et les orages soulèvent des vagues qui agitent violemment la mer. Les tremblements de terre sous-marins provoquent des vagues plus destructrices encore. Au Japon, on appelle ces raz de marée des tsunami.

Un tsunami peut former une vague de 25 mètres de haut, capable de causer des dégâts considérables. La mer exerce une action abrasive sur la terre. Elle utilise le sable et les galets qui se trouvent en suspension ou sur le fond marin. Ces matériaux partiellement solides frottent la côte, nettoient les plages et attaquent la base des falaises. La roche tendre (surtout le calcaire) cède le plus vite. Ainsi, les vagues rongent la base des falaises, qui finissent par s'écrouler, et petit à petit, avec le temps, la falaise recule mètre par mètre. En se retirant, l'eau emporte les débris.

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Ce sont pourtant les vagues serrées et violentes des orages localisés qui ont le pouvoir d'érosion le plus important. Les vagues distantes et apaisées des orages lointains ont tendance à apporter plus de

gravillons et de sable qu'elles n'en emportent. Sur toutes les côtes de la Terre, il y a érosion à certains endroits et dépôt à d'autres.

L'angle selon lequel les vagues heurtent la côte a une grande influence sur la manière dont le littoral est modelé. Si les vagues frappent

régulièrement la côte selon le même angle, elles déplacent le sable et les galets le long de celle-ci, érodant une zone et formant des plages un peu plus loin. Ce phénomène est bien visible le long des bancs de sable et autres cordons littoraux.

La mer sculpte parfois d'étranges formes en arrachant les parties les plus tendres des falaises. Elle peut former des cavernes, découper des arches ou creuser des "cheminées".

Les terres conquises

Les habitants des côtes mènent une lutte permanente contre la mer. On peut citer le travail de conquête des terres mené par les Hollandais. Ils aiment à dire que Dieu a créé le monde, les Hollandais ont créé la Hollande. Un quart de leur territoire se situe en dessous du niveau de la mer. Les terres ont été inondées à la fin de l'ère glaciaire, au

moment où la Manche s'est formée. Plus de 1900 kilomètres de barrages, de digues et de dunes retiennent l'eau de la mer et

fournissent aux Hollandais leurs sols les plus fertiles. Certaines des régions les plus peuplées du pays, comme les villes d'Amsterdam et de Rotterdam, sont ainsi construites sur des terres conquises sur la mer, appelées polders.

Le projet le plus important a commencé en 1927, lorsque les

Hollandais ont décidé de reconquérir l'immense baie de Zuiderzee. Ils ont alors construit un barrage de 32 kilomètres à l'embouchure, lequel fut terminé en 1932. La baie de Zuiderzee s'est transformée en lac d'eau douce, l'Ijsselmeer. On a entouré cinq grands polders de digues avant de les drainer pour créer de nouvelles terres. Il a fallu ensuite extraire le sel du sol avant de pouvoir le cultiver.

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Un autre grand projet a été entrepris en 1986, en l'occurrence la construction d'une digue dans l'estuaire du Schelde. Cette décision avait été prise à la suite d'un orage désastreux, qui avait fait avancer la mer à l'intérieur des terres en 1953. Ce combat des Néerlandais contre la mer dure depuis sept siècles. La fragilité des constructions

humaines en cas de cataclysme météorologique les maintient dans un état d'alerte permanent.

Îles et atolls

Il y a deux types d'îles. Les premières (Grande-Bretagne, îles anglo- normandes) sont solidaires des continents. Elles se situent sur des plateaux continentaux. Si le niveau de la mer baissait, elles seraient reliées au continent.

Les autres îles sont le résultat d'éruptions volcaniques. Ce sont des reliefs marins, des sommets de montagnes posées sur le fond de l'océan. Hawaii, dans l'océan Pacifique, et l'archipel des Açores dans l'Atlantique Nord sont des exemples.

Les atolls sont des reliefs volcaniques évolués, entourés de barrières de corail des mers chaudes. Un atoll apparaît sur les contours d'un cratère de volcan qui affleure à la surface de l'océan. Le corail est en fait le squelette calcaire d'une minuscule créature marine appelée polype qui prolifère par millions dans les eaux chaudes et peu profondes, à moins de trente mètres en général. En mourant, les polypes laissent derrière eux leurs squelettes de pierre qui s'entassent et forment les récifs. Au fur et à mesure que le récif prend de

l'importance autour du cratère, il se forme un lagon au centre, une sorte de lac d'eau salée. Comme la ceinture de corail présente toujours des brèches, les eaux du lagon communiquent avec celles de l'océan.

Le corail pulvérisé produit un sable très fin qui ressemble à du grès.

Une certaine végétation se développe et, peu à peu, un sol se forme et finit par devenir une véritable île. Autour de la rive extérieure d'un atoll, les plages, battues par les vagues, tombent abruptement vers la mer. Les plages de l'intérieur du lagon sont généralement plus larges et, le plus souvent, les eaux du lagon sont peu profondes.

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Les barrières de corail

Les barrières de corail se forment au large d'une côte, créant une

longue lagune entre la côte d'origine et le cordon de corail. Comme les atolls, les barrières sont souvent percées de passes, en particulier face à l'embouchure des fleuves.

La plus célèbre est la Grande Barrière, qui s'étend sur deux mille kilomètres le long de la côte est du Queensland, État du nord-est de l'Australie. La ceinture extérieure se situe entre seize et deux cent quarante kilomètres de la côte, et le lagon intérieur est parsemé de quelque sept cents îles. Il n'y a que dix brèches importantes dans le récif.

La plupart des récifs coralliens se sont bâtis autour des îles qu'ils

protègent des vagues de l'océan. L'intérieur de ces formations récifales abrite souvent un récif secondaire.

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