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Dimension institutionelle et finalités de la performance sociétale de l'entreprise en Tunisie

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Academic year: 2021

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(1)

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sociétale de l’entreprise en Tunisie

Ezzeddine Boussoura

To cite this version:

Ezzeddine Boussoura. Dimension institutionelle et finalités de la performance sociétale de l’entreprise en Tunisie. Sociologie. Université de Bourgogne, 2012. Français. �NNT : 2012DIJOE001�. �tel- 00866605�

(2)

Ecole Doctorale LISIT Ecole Doctorale de l’IHEC

THESE EN COTUTELLE

Pour obtenir le grade de Docteur

En Sciences de Gestion par

Ezzeddine Boussoura

Le 30/11/2012

à l’Université de Bourgogne

Dimension institutionnelle et finalités de la Performance Sociétale de l'Entreprise en Tunisie

MEMBRES DE JURY

CODIRECTEURS DE THESE Olfa Zeribi Ben-Slimane, Professeur, IHEC Carthage, Université de Carthage

Samuel Mercier, Professeur, Université de Bourgogne

PRESIDENT Jean-Marie Peretti, Professeur, Université de Corte RAPPORTEURS Bouchra M’Zali, Professeur, Université de Québec à

Montréal (UQAM)

Florent Noel, Professeur, Université de Paris 1 SUFFRAGANT Wafa Khlif, Professeur, ISCAE, Université la

Manouba

(3)

I A l’issue de ce travail de recherche, je souhaite remercier différentes personnes qui ont contribué de manière significative à son aboutissement.

Je tiens tout d’abord à exprimer ma gratitude et mes sincères remerciements à mes deux directeurs de recherche, Pr. Olfa Zeribi Ben-Slimane et Pr. Samuel Mercier, pour leur disponibilité, pour le temps qu’ils ont consacré à l’orientation de ce travail, pour leurs conseils et pour leurs critiques constructives. Je vous présente ma reconnaissance et ma grande estime pour vos qualités humaines et professionnelles qui m’ont aidé à donner le meilleur de moi-même.

Je ne saurais assez exprimer mes remerciements les plus sincères aux membres de jury qui ont bien accepté d’évaluer et de valoriser ce travail.

Il importe de souligner que ce travail n’aurait pu aboutir sans les diverses formes d’encouragements (subventions de recherche, bourses etc.) que j’ai reçues de la part de l’IHEC de Carthage et de l’Université de Bourgogne. Je remercie également les personnes qui ont participé à mes investigations empiriques, pour le temps qu’elles ont accepté de m’accorder. Je remercie, particulièrement les responsables des entreprises ayant fait l’objet de l’étude dans le cadre de ce travail de recherche doctorale.

Finalement, mes remerciements s’adressent à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’élaboration de ce travail.

(4)

II Je travaille pour le compte de la postérité.

Pour elle, je me consacre à des écrits qui, je l’espère, lui seront utiles…

Je m’entretiens avec ceux qui viendront après nous.

Sénèque, Les lettres de Sénèque, Janine Fillion, L’Harmattan, 2000.

Et réalisons-le ainsi !

« Si nous sommes sages, nous nous approprions, dans les ouvrages que nous lisons, tout ce qu’ils renferment de principes purs, sains, tout ce qui tient à la vérité ; et le reste, nous passons par-dessus »

Adaptation du discours de Saint Basile, adressé aux jeunes gens sur les moyens de profiter

de la lecture des Auteurs grecs, Dissertations de Maxime de Tyr, J.-J. Combes-Dounous, Bossange, Masson et Bossou, 1802.

1 Citations extraites du « Bréviaire de l’éthicien », Le Net (2008, p. 9)

(5)

III L’objet de ce travail de recherche est de contribuer à l’étude du concept de Performance Sociétale de l’Entreprise (PSE), dont les problématisations jusqu’à présent fournies demeurent largement controversées. En effet, l’examen du corpus de connaissances révèle l’existence d’anomalies de nature théorique, conceptuelle et empirique. Ces insuffisances renvoient aux modes d’opérationnalisation de la PSE, à la manière dont le concept a été relié à la notion de performance, ainsi qu’à l’absence de contextualisation de la PSE en rapport avec son environnement institutionnel. Il importe donc de réorganiser le concept au sein d’un cadre d’analyse consensuel qui reconnaît le caractère dynamique et contingent de la démarche sociétale de l’entreprise. Ainsi, ce travail se propose d’explorer le concept de PSE et d’analyser ses antécédents institutionnels et ses effets sur le niveau de performance organisationnelle.

Sur le plan théorique, l’architecture globale de la thèse obéit à un raisonnement à triple phase : déconstruction/reconstruction/validation. La phase de déconstruction (première partie) se traduit par une mise en perspective critique (théorique, conceptuelle et empirique) de la PSE.

La phase de reconstruction (deuxième partie) consiste en le développement d’un cadre d’analyse systémique qui se veut être fédérateur et englobant des différentes orientations théoriques. Et enfin, la phase de validation (troisième partie) est destinée à statuer sur les dépendances étudiées et la recevabilité des hypothèses, de manière à tirer un certain nombre de conclusions et d’enseignements.

Sur le plan conceptuel, notre cadre d’analyse mobilise l’approche systémique pour décliner les différents niveaux d’analyse, à savoir, les pressions institutionnelles en tant qu’entrée du système, la PSE en tant que processus, et la performance organisationnelle en tant que résultat du système. Le modèle de recherche est articulé par un corps d’hypothèses multi-niveaux (hypothèse générale, hypothèses partielles, hypothèses adjacentes, hypothèses de modération).

Sur le plan méthodologique, notre démarche se décline en deux phases qui reprennent les moments forts de notre travail de recherche. Une première phase exploratoire visant à explorer la PSE, à adapter et à reconfigurer notre modèle de recherche. Une deuxième phase déductive qui cherche à tester les hypothèses de la recherche et à établir les apports en termes de connaissances.

L’investigation empirique conduite sur 132 entreprises tunisiennes issues de différents secteurs d’activité a permis d’entériner la systématicité de la PSE. En effet, la démarche sociétale de l’entreprise s’apparente à un processus contingent (fortement conditionné par les pressions institutionnelles), finalisé (produit des résultats en termes de performance), piloté (guidé par des principes et des convictions managériales), et soutenu (appuyé par des instruments et des mesures sociétaux).

L’originalité de ce travail se justifie essentiellement par une logique multi-nivaux du modèle de recherche ainsi que par une démarche méthodologique adaptée à la complexité de l’objet de la recherche. De surcroît, cette problématique a été largement discutée dans le contexte occidental et essentiellement américain, elle reste encore peu explorée dans le monde Arabe et en particulier le Maghreb.

Mots clés : Performance Sociétale de l’Entreprise, Performance Organisationnelle, Pressions Institutionnelles

(6)

IV

REMERCIEMENTS………...I

RESUME………...III

LISTE DES TABLEAUX……….VI

LISTE DES FIGURES ……….XI

LISTE DES ENCADRES………..XI

LISTE DES ANNEXES………....……XI

INTRODUCTION GENERALE : Problématique, objectifs et architecture de la thèse……….1 PARTIE I. DECONSTRUCTION

PERFORMANCE SOCIETALE DE L’ENTREPRISE : MISE EN PERSPECTIVE THEORIQUE, CONCEPTUELLE ET EMPIRIQUE

CHAPITRE 1. PSE : EXPLORATION DU PROCESSUS DE CONSTRUCTION THEORIQUE DU CONCEPT ... 26

I. AUX ORIGINES DE LA PSE, LA NOTION DE RSE : EVOLUTION DES CONCEPTIONS ET DISSEMINATION GEOGRAPHIQUE ... 27 II. FONDEMENTS THEORIQUES ET EPISTEMOLOGIQUES DE LA PSE ... 57 CHAPITRE 2. PSE : ETUDE DES APPROCHES CONCEPTUELLES ET EMPIRIQUES ... 74

I. MODELISATIONS THEORIQUES DE LA PSE : DEBORDEMENT DES CADRES DANALYSE . 76 II. MODES DOPERATIONNALISATION DE LA PSE : UNE LECTURE CRITIQUE ... 99 III. PROBLEMATIQUE DE LINTERACTION ENTRE LA PERFORMANCE SOCIETALE ET LA

PERFORMANCE FINANCIERE DE L’ENTREPRISE :ORIGINES, FONDEMENTS ET RESULTATS ... 117

PARTIE II. RECONSTRUCTION

DEVELOPPEMENT DU MODELE DE RECHERCHE, FONDEMENTS THEORIQUES DES VARIABLES ET DES HYPOTHESES

CHAPITRE 3. PROCESSUS DE PSE : DEVELOPPEMENT D’UN CADRE D’ANALYSE ... 154

I. DEVELOPPEMENT DE LA DIMENSION NORMATIVE DE LA PSE : LES PRINCIPES DE RESPONSABILITE SOCIETALE ... 157 II. DEVELOPPEMENT DE LA DIMENSION MANAGERIALE DE LA PSE : LA RECEPTIVITE SOCIETALE DE LENTREPRISE OU LES ACTEURS IMPLIQUES ... 172 III. DEVELOPPEMENT DE LA DIMENSION INSTRUMENTALE DE LA PSE : LES POLITIQUES ET INSTRUMENTS SOCIETAUX ... 209

(7)

V

I. ANTECEDENTS DE LA PSE : LES PRESSIONS INSTITUTIONNELLES COMME ENTREES DU

SYSTEME ... 223

II. FINALITES DE LA PSE : LA PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE COMME RESULTAT DE LA DEMARCHE SOCIETALE DE LENTREPRISE ... 247

PARTIE III. VALIDATIOIN METHODOLOGIE, ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS CHAPITRE 5. FONDEMENTS METHODOLOGIQUES DE LA RECHERCHE.... 278

I. DESIGN DE LA RECHERCHE, POSITIONNEMENT EPISTEMOLOGIQUE ET OPERATIONNALISATION DES VARIABLES ... 278

II. DEMARCHE DINVESTIGATION EMPIRIQUE ... 308

III. METHODES DANALYSE DE DONNEES ... 322

CHAPITRE 6. ANALYSES ET INTERPRETATIONS DES RESULTATS ... 343

I. ANALYSES ET RESULTATS DE LA RECHERCHE ... 343

II. INTERPRETATIONS ET DISCUSSIONS DES RESULTATS... 401

CONCLUSION GENERALE : Contributions, limites et perspectives de la recherche……...416

BIBLIOGRAPHIE……….431

ANNEXES……….…453

TABLE DES MATIERES………...……480

(8)

VI

Tableau 0.1. Articulation entre problématique, objectifs et questions de recherche p .17 Tableau 0.2. Présentation de la structure de la thèse et des questionnements posés par chapitre

p. 21

Tableau 1.1. Typologies d’évolution de la RSE p. 35

Tableau 1.2. Typologie d’élargissement du concept de RSE selon Frederick p. 45 Tableau 1.3. Approches d’évolution de la RSE selon Van Marrewijk (2003, p. 96) p. 46 Tableau 1.4. Conventions ratifiées sur des thèmes liées à la RSE p. 53 Tableau 1.5 Institutions tunisiennes favorables à la promotion de la RSE p. 53 Tableau 1.6. Exemples d’entreprises tunisiennes inscrites au pacte mondial (Labaronne

et Gana-Oueslati, 2011)

p. 55 Tableau 1.7 Attentes, freins, et actions réalisées en matière de RSE par les entreprises tunisiennes (construit à partir des résultats de l’étude de « Social Consult », 2005, p. 18- 40)

p. 56

Tableau 1.8.Typologies des fondements théoriques de la PSE p. 60 Tableau 1.9. Proposition d’une grille de lecture des fondements théoriques de la PSE p. 67 Tableau 1.10. Typologie des fondements épistémologiques de la PSE (Scherer et Palazzo, 2007, p. 1113)

p. 69 Tableau 1.11. Paradigmes « post-modernes » de la PSE (adapté de Akermi et al., 2008) p. 72 Tableau 2.1. Récapitulatif des quatre logiques de modélisation théoriques (Adapté de Gond, 2006)

p. 77 Tableau 2.2. Répartition des modèles de PSE selon les cinq logiques théoriques (adapté de Gond, 2006)

p. 94 Tableau 2.3. Système de mesure de la PSE (Mitnick, 2000, p. 431) p. 108 Tableau 2.4. Forces et faiblesses des modes d’opérationnalisation de la PSE (adapté

d’Igalens et Gond, 2003, p. 6)

p. 111 Tableau 2.5. Synthèse des hypothèses qui sous-tendent les interactions PSE/PFE

(d’après Gond, 2006, p. 349)

p. 122 Tableau 2.6. Synthèse des principaux bilans établis sur la relation PSE/PFE (d’après

Gond, 2006, p. 362 et de Allouche et Laroche, 2005)

p. 129 Tableau 2.7. Evolution temporelle du nombre d’études d’après Gond 2006, p. 363) p. 131 Tableau 2.8. Résultats des quelques travaux répartis selon le type de mesure de la PSE

et de la PFE (construit à partir de Margolis et Walsh, 2003)

p. 131 Tableau 2.9. Résultats de quelques recherches réparties selon le mode de mesure de la

PSE (adapté d’Allouche et Laroche, 2005, p. 23)

p. 134 Tableau 2.10. Résultats de quelques recherches réparties selon le mode de mesure de la

PFE (adapté d’Allouche et Laroche, 2005, p. 25)

p. 135 Tableau 2.11. Outils statistiques mobilisés dans 95 études des liens PSE/PFE (D’après

Gond, 2006, p. 373 ; Margolis et Walsh, 2001)

p. 137

(9)

VII

2007, p. 5))

Tableau 3.3. Eléments de distinction entre responsabilité et réceptivité (construit à partir de Frederick, 1994)

p. 176 Tableau 3.4. Les approches en matière de la SHT (adapté de Mercier et Gond, 2005, p.

5)

p. 189 Tableau 3.5. Synthèse de quelques approches descriptives d’identification des SH p. 195 Tableau 3.6. Synthèse de la typologie de Mitchell et al. (1997) (adaptée de Mullenbach,

2005, p. 113)

p. 197 Tableau 3.7. Modes d’opérationnalisation des trois critères développés par Agle et al.,

(1999, p. 19)

p. 199 Tableau 3.8. Diversité d’attentes spécifiques à chaque catégorie de SH (construit à

partir des travaux de Wood et Jones, 1995 ; Berman et al., 1999 ; Davenport, 2000)

p. 200 Tableau 3.9. Récapitulatif de la démarche suivie pour opérationnaliser la réceptivité en

se fondant sur la SHT

p. 203 Tableau 3.10. Liste des attentes par rapport à chacune des parties prenantes (construit à

partir de Clarkson, 1995, Wood et Jones, 1995, Berman et al., 1999, Davenport, 2000)

p. 204

Tableau 3.11. Inventaire des parties prenantes et de leurs attentes p. 206 Tableau 3.12. Hypothèses inhérentes à l’effet de la PSE sur la Performance p. 208 Tableau 3.13. Typologie des instruments sociétaux et leurs contributions à l’exercice da

la PSE

p. 219 Tableau 4.1. Les trois piliers de l’institutionnalisme (Scott, 1995, p. 35) p. 226 Tableau 4.2. Réponses stratégiques aux pressions institutionnelles d'après Oliver

(1991, p. 152)

p. 226 Tableau 4.3. Synthèses des typologies d’antécédents institutionnels en faveur de la PSE p. 229 Tableau 4.4. Cadre d’analyse développé pour l’étude des antécédents institutionnels à la

PSE

p. 232 Tableau 4.5. Mesures de la performance organisationnelle référencées selon les revues

académiques (2005-2007) (repris et traduit de Richard et al., 2009)

p. 251 Tableau 4.6. Vue d’ensemble sur les modes de mesure de la performance financière

mobilisées dans les travaux empiriques sur l’interaction PSE/PFE (adapté de Griffin et Mahon, 1997, pp. 12-13)

p. 255

Tableau 4.7. La performance organisationnelle comme résultant de l’engagement sociétal de l’entreprise

p. 271

Tableau 5.1. Notre dispostif de recherche p. 284

Tableau 5.2. Positions épistémologiques des paradigmes positiviste, interprétativiste et constructiviste (Perret et Séville, 2008, p. 15).

p. 288 Tableau 5.3. Récapitulatif des mesures des variables selon les trois niveaux conceptuels. p. 303 Tableau 5.4. Classification des SH obtenue suite à l’étude exploratoire p. 311

Tableau 5.5. Recommandations issues du pré-test p. 314

Tableau 5.6. Description de la population ciblée et du taux de réponse p. 318 Tableau 5.7. Répartition des entreprises selon le secteur d’activité p. 318

Tableau 5.8. Répartition des entreprises industrielles p. 319

Tableau 5.9. Répartition des entreprises de service p. 319

Tableau 5.10. Répartition des entreprises selon la Taille p. 320 Tableau 5.11. Répartition des entreprises selon l'Age p. 321 Tableau 5.12. Répartition des entreprises selon la nature de certification p. 322

(10)

VIII

Tableau 5.14. Synthèses des analyses opérées et des téchniques soujacentes p. 340 Tableau 6.1. Les phases de l’analyse factorielle exploratoire (AFC) et les regèles de

décision correspondantes

p. 344 Tableau 6.2. Résultats de la quantité de variance récupérée lors de la première itération

(variable rôle du secteur d’activité)

p. 345 Tableau 6.3. Communalités de l’échelle rôle du secteur d’activité obtenues lors de la

première itération

p. 345 Tableau 6.4. Structure factorielle finale de l’échelle rôle du secteur d’activité (sans

rotation)

p. 346 Tableau 6.5. Alpha de Cronbach pour la variable rôle du secteur d’activité p. 346 Tableau 6.6. Résultats de la quantité de variance récupérée lors de la première itération

de la variable rôle de l’État

p. 347 Tableau 6.7. Communalités de l’échelle du rôle de l’État obtenues lors de la première

itération

p. 348 Tableau 6.8. Structure factorielle finale de l’échelle rôle l’État p. 348 Tableau 6.9. Alpha de Cronbach pour la variable rôle l’État p. 349 Tableau 6.10. Résultats de la quantité de variance récupérée de la variable rôle des

médias

p. 350 Tableau 6.11. Structure factorielle de l’échelle rôle des médias p. 350 Tableau 6.12. Alpha de Cronbach pour la variable rôle des médias p. 350 Tableau 6.13. Résultats de la quantité de variance récupérée de la variable rôle des

ONG

p. 351 Tableau 6.14. Structure factorielle de l’échelle rôle des ONG p. 352 Tableau 6.15. Alpha de Cronbach pour la variable rôle ONG p. 352 Tableau 6.16 Résultats de la quantité de variance récupérée de la variable rôle des FMN p. 353 Tableau 6.17. Structure factorielle de l’échelle rôle des FMN p. 353 Tableau 6.18. Alpha de Cronbach pour la variable rôle FMN p. 354 Tableau 6.19. Résultats de la quantité de variance récupérée lors de la première

itération de la variable principes de responsabilité

p. 355 Tableau 6.20. Communalités de l’échelle principes de responsabilité obtenues lors de la

première itération

p. 355 Tableau 6.21. Structure factorielle de l’échelle principes de responsabilité obtenue après

la deuxième itération (après rotation Varimax)

p. 356 Tableau 6.22. Structure factorielle de l’échelle principes de responsabilité à l’issue de la

troisième itération (après rotation Varimax)

p. 357 Tableau 6.23. Alpha de Cronbach des facteurs de l’échelle principes de responsabilité p. 357 Tableau 6.24. Résultats de la quantité de variance récupérée pour la variable réceptivité

sociétale

p. 358 Tableau 6.25. Structure factorielle de l’échelle réceptivité sociétale (après rotation

Varimax)

p. 359

Tableau 6.26. Alpha de Cronbach des facteurs obtenus p. 359

Tableau 6.27. Résultats de la quantité de variance récupérée pour la variable instruments sociétaux

p. 360 Tableau 6.28. Structure factorielle de l’échelle instruments sociétaux (après rotation

Varimax)

p. 360 Tableau 6.29. Alpha de Cronbach des facteurs de l’échelle instruments sociétaux p. 361

(11)

IX

Tableau 6.30. Résultats de la quantité de variance récupérée lors de la première itération de la variable performance organisationnelle

p. 362 Tableau 6.31. Structure factorielle de l’échelle performance organisationnelle obtenue à

l‘issue de la première itération (après rotation Varimax)

p. 363 Tableau 6.32. Structure factorielle de l’échelle performance organisationnelle obtenue à

l‘issue de la deuxième itération (après rotation Varimax)

p. 364 Tableau 6.33. Alpha de Cronbach des facteurs obtenus de l’échelle performance

organisationnelle

p. 364 Tableau 6.34. Synthèse des résultats de l’analyse factorielle exploratoire p. 366 Tableau 6.35. Les différentes phases de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) et les

regèles de décision correspondantes

p. 368 Tableau 6.36. Qualité d’ajustement de l’échelle rôle du secteur d’activité p. 369 Tableau 6.37. Résultats des estimations de l’échelle rôle du secteur d’activité p. 369 Tableau 6.38 .Fiabilité et validité convergente de l’échelle rôle du secteur d’activité p. 370 Tableau 6.39. Qualité d’ajustement de l’échelle rôle de l’État p. 370 Tableau 6.40. Résultats des estimations de l’échelle rôle de l’État p. 371 Tableau 6.41. Fiabilité et validité convergente de l’échelle rôle de l’État p. 371 Tableau 6.42. Qualité d’ajustement de l’échelle rôle des médias p. 372 Tableau 6.43. Résultats des estimations de l’échelle rôle des médias p. 372 Tableau 6.44. Fiabilité et validité convergente de l’échelle rôle des médias p. 373 Tableau 6.45. Qualité d’ajustement de l’échelle rôle des ONG p. 373 Tableau 6.46. Résultats des estimations de l’échelle rôle des ONG p. 374 Tableau 6.47. Fiabilité et validité convergente de l’échelle rôle des ONG p. 374 Tableau 6.48. Qualité d’ajustement de l’échelle rôle des FMN p. 374 Tableau 6.49. Résultats des estimations de l’échelle rôle des FMN p. 375 Tableau 6.50. Fiabilité et validité convergente de l’échelle rôle des FMN p. 375 Tableau 6.51. Corrélations entre les variables du premier niveau conceptuel p. 376 Tableau 6.52. Qualité d’ajustement de l’échelle principes de responsabilité p. 376 Tableau 6.53. Résultats des estimations de l’échelle principes de responsabilité p. 377 Tableau 6.54. Fiabilité et validité convergente de l’échelle principes de responsabilité p. 377 Tableau 6.55. Qualité d’ajustement de l’échelle réceptivité sociétale à l’issue de la

première itération

p. 378 Tableau 6.56. Qualité d’ajustement de l’échelle réceptivité sociétale à l’issue de la

deuxième itération

p. 379 Tableau 6.57. Résultats des estimations des dimensions de la variable réceptivité

sociétale à l’issue de la deuxième itération

p. 379 Tableau 6.58. Fiabilité et validité convergente de l’échelle réceptivité sociétale p. 380 Tableau 6.59. Coefficients de corrélation entre les trois dimensions de la réceptivité

sociétal

p. 380 Tableau 6.60. Résultats du modèle de second-ordre de la variable réceptivité sociétale p. 380 Tableau 6.61. Qualité d’ajustement de l’échelle instruments sociétaux à l’issue de la

première itération

p. 381 Tableau 6.62. Qualité d’ajustement de l’échelle instruments sociétaux à l’issue de la

deuxième itération

p. 382 Tableau 6.63. Résultats des estimations de l’échelle instruments sociétaux à l’issue de la

deuxième itération

p. 382 Tableau 6.64. Fiabilité et validité convergente de l’échelle instruments sociétaux p. 382 Tableau 6.65. Résultats du modèle de second-ordre relatif à la variable instruments

sociétaux

p. 383 Tableau 6.66. Qualité d’ajustement de l’échelle performance organisationnelle à l’issue p. 383

(12)

X

de la première itération

Tableau 6.67. Qualité d’ajustement de l’échelle performance organisationnelle à l’issue de la dernière itération

p. 384 Tableau 6.68. Résultats des estimations de l’échelle performance organisationnelle à

l’issue de la dernière itération

p. 385 Tableau 6.69. Fiabilité et validité convergente de l’échelle performance

organisationnelle

p. 385 Tableau 6.70. Coefficients de corrélation entre les dimensions de la variable

performance organisationnelle

p. 386 Tableau 6.71. Résultats du modèle de second-ordre relatif à la variable performance

organisationnelle

p. 386 Tableau 6.72. Synthèse des résultats de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) p. 387 Tableau 6.73. Résultats du test de la validité discriminante p. 388 Tableau 6.74. Rappel de l’articulation des hypothèses de recherche selon les niveaux

conceptuels

p. 390 Tableau 6.75. Paramètres d’ajustement du modèle de structure relatif à l’effet des

pressions institutionnelle sur la réceptivité à l’issue de la dernière itération

p. 392 Tableau 6.76. Coefficients de régression relatifs à l’effet des pressions institutionnelles

sur la réceptivité sociétale

p. 393 Tableau 6.77. Paramètres d’ajustement du modèle de structure relatif à l’effet de la

réceptivité sociétale sur la performance organisationnelle

p. 394 Tableau 6.78. Coefficients de régression relatifs à l’effet de la réceptivité sociétale sur la

performance organisationnelle

p. 394 Tableau 6.79. Paramètres d’ajustement du modèle de structure relatif à l’effet des

principes et des instruments sur la réceptivité à l’issue de la dernière itération

p. 405 Tableau 6.80. Coefficients de régression relatifs à l’effet des principes et des

instruments sur la réceptivité (HAi)

p. 396 Tableau 6.81. Paramètres d’ajustement du modèle de structure relatif à l’hypothèse

générale (HG)

p. 397 Tableau 6.82. Coefficients de régression relatifs aux hypothèses partielles (HPii) p. 397 Tableau 6.83. Effets directs et indirects des variables exogènes sur la variable endogène p. 398 Tableau 6.84. Répartition de l’échantillon selon les variables modératrices p. 399 Tableau 6.85. Paramètres de régression et test de différence en fonction de la taille

(HM1)

p. 399 Tableau 6.86. Paramètres de régression et test de différence en fonction de l’âge (HM2) p. 400 Tableau 6.87. Paramètres de régression avec test de différence en fonction du secteur

d’activité (HM3)

p. 401 Tableau 6.88. Récapitulatif du test des hypothèses de la recherche p. 402 Tableau 6.89. Synthèse des résultats du test des hypothèses p. 403

(13)

XI

LISTE DES FIGURES

Figure 0.1. Architecture de la thèse p. 21

Figure 1.1. Développement progressif de la RSE et l’émergence des concepts dérivés (d’après Mahon, 2003, cité par Backer et al., 2005, p. 288)

p. 44 Figure 1.2. La PSE comme « champ de tensions » (Gond et Mullenbach, 2004, p. 103) p. 58 Figure 2.1. Articulation du processus de calculabilité et de légitimation de la PSE (Gond, 2006, p. 244)

p. 110 Figure 2.2. Interaction complexe entre la PSE et la PFE (d’après Gond, 2006, p. 354) p. 128

Figure. 3.1. Cadre d’analyse proposé de la PSE p.156

Figure 3.2. Typologie des stratégies de réponse (figure construite par Carroll, 1979, p.

502)

p.176

Figure 4.1. Imbrication des niveaux d’analyse p. 233

Figure 5.1. Modèle conceptuel simplifié p. 280

Figure 5.2. Modèle conceptuel détaillé p. 281

Figure 5.3. Les étapes de la démarche scientifique (Quivry et Campenhoudt, 1995, p.

16)

p. 282 Figure 5.4. La démarche d’investigation selon Royer et Zarlowsli (2008, p. 170) p. 283 Figure 5.5. Les différentes formes d’analyse de validité et de fiabilité d’un instrument de

mesure (adapté de Straub, 1989, p.4)

p. 292 Figure 5.6. Analyse factorielle confirmatoire de second-ordre (Roussel et al., 2002, p.

162)

p. 331 Figure 5.7. Démarche méthodologique de développement et de test d’un modèle

d’équations structurelles (Roussel et al., 2002 p. 24)

p. 333 Figure 5.8. Aperçu synthétique sur le cadre méthodologique de la recherche p. 341

Figure 6.1. Modèle de recherche simplifié p. 388

LISTE DES ENCADRES

Encadré 1.1. La table des matières de l’ouvrage de Bowen (d’après Gond, 2006, p.26) p. 32 Encadré 3.1. Les neuf domaines couverts par la norme SA8000 p. 213 Encadré 3.2. Les informations sociales et environnementales à pourvoir dans le rapport

annuel selon la loi NRE (d’après Damak-Ayadi, 2010, pp. 77-78)

p. 216 Encadré 3.3. Les sept thèmes du bilan social (d’après l’article L. 2323-71 du code du

travail Français)

p. 217

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1. Synthèse de quelques travaux portant sur la relation PSE/PFE p. 454

Annexe 2. Le questionnaire p. 466

Annexe 3. Résultats des analyses p. 471

(14)

1

Introduction générale

Problématique, objectifs et architecture de la thèse

Ce travail de recherche se propose de contribuer à l’étude du concept de Performance Sociétale de l’Entreprise (PSE), dont les problématisations jusqu’à présent fournies demeurent largement controversées. Il s’agit en effet de se focaliser sur les angles morts de la littérature, en essayant de dépasser certaines limites (de nature théorique, conceptuelle et empirique) liées aux théorisations du concept. Ces anomalies renvoient de près aux modes d’opérationnalisation de la PSE, à la manière dont le concept a été relié à la notion de performance, ainsi qu’à l’absence de contextualisation de la PSE par rapport à son environnement institutionnel. Cet effort invite à réorganiser le concept au sein d’un cadre d’analyse alternatif qui reconnaît le caractère systémique, dynamique et contingent de la démarche sociétale de l’entreprise.

Avant d’approfondir le raisonnement et d’expliciter le fondement de la réflexion engagée, il semble fondamental de fournir un éclairage étymologique de la notion de Performance Sociétale de l’Entreprise (PSE) et ses différentes acceptions.

AVANT-PROPOS :RECADRAGE SEMANTIQUE DE LA NOTION DE PERFORMANCE

SOCIETALE DE L’ENTREPRISE (PSE)

Le recadrage étymologique est un exercice qui s’impose en vue d’éclairer le contenu sémantique de la notion de PSE. Cet exercice invite à faire un détour aux formes élémentaires de la PSE qui renvoient de près aux notions de « Responsabilité Sociétale de l’Entreprise » (RSE1) et de « Réceptivité Sociétale de l’Entreprise » (RSE2) (Frederick, 1994 ; 1998).

(1) « Responsabilité » : origine lexicale et acceptions

L’origine lexicale du terme «responsabilité» est latine et sa signification première relève du domaine du droit. «Respondere » signifie en latin se « porter garant », et répondre de «sponsio » veut dire «promesse » (Villey, 1977, pp. 46-47 cité par Eberhard, 2006). Dans son usage juridique classique, la notion de « responsabilité » signifie une promesse génératrice d’engagement et implique « d’assumer les conséquences de ses actes et d’en rendre compte » (Estay et Tchankam, 2004, p. 114). Sur le plan linguistique, la notion « Responsibility » est sujette à des ambigüités dans sa traduction. En anglais, ce terme renvoie aux notions de « Accountability » et de « Liability ».

(15)

2 Toutefois, il n'existe pas de terme français qui serait la réplique parfaite des ces deux termes. « Accountability » signifie en langue anglaise «a state of being responsible or answerable »2. Du côté des équivalents français, il semble bien que la meilleure façon de rendre la totalité du sens au terme « Accountability » soit l’expression «obligation de rendre des comptes ».

Pour sa part, le terme « Liability » présente des significations très diversifiées les unes des autres. Au sens comptable, « Liability » est synonyme d’obligation d’accomplir une transaction, de rembourser une dette. Au sens juridique, il renvoie au « vice » (ou défaut) lié aux actes. La personne responsable se trouve dans l’obligation de dédommager l’autre à cause du préjudice subi3. Le concept de responsabilité présente donc une connotation juridique affirmée. Sa signification juridique se résume en l'«obligation de répondre de ses actes, qui incombe à un individu du fait du rôle, des charges qu'il doit assumer »4. En droit, être responsable présente parfois un sens péjoratif. On cherche le « responsable » d’un tel ou tel acte. On soumet donc le responsable à l’épreuve de ses actes afin de trouver la cause du mal. La question de la responsabilité devient pénale avec toutes les sanctions qui lui sont rattachées.

Pour un manager, être responsable signifie donc répondre de ses décisions et de leurs conséquences devant autrui. Cette interprétation juridique renvoie ainsi à l’une des acceptions de la RSE qui n’est autre que la responsabilité publique de l’entreprise (RPE)5 (Preston et Post, 1975). L’entreprise se doit de répondre des conséquences de ses activités sur la société. Sous cette même version juridique, l’idée de responsabilité sous-entend également la volonté de répondre de ses actes devant l’autre, renvoyant ainsi aux parties prenantes (Stakeholders ou SH) de l’entreprise.

Néanmoins, la signification de la notion de « responsabilité » sous sa version contemporaine n’obéit plus à une logique juridique. Elle s’oriente désormais vers une logique morale. Cet ancrage moral n’émerge que dans le 18ème siècle dans le contexte français avec l’ajout du suffixe « able ». À partir de cette date, le droit commence à céder sa place à la morale faisant ainsi du « responsable » la personne devant répondre (devant Dieu) de ses actes (Viney, 1977, cité par Eberhard 2006, p. 6). L’empreinte morale de la notion de responsabilité commence ainsi à ressurgir. La responsabilité morale se trouve en parfaite adéquation avec les exigences des organisations modernes : elle est à la fois formelle et universelle. Elle se veut être comme un guide pour l’action managériale. Toute action est sujette à un jugement moral. L’acception morale

2 Henry Campbell Black, Black's Law Dictionary, St. Paul (Minnesota), West Publishing Co., 1979, p. 18. Cité par le Comité de terminologie française de l'Ordre des comptables agréés du Québec,

(http://ocaq.qc.ca/terminologie/bulletin/volume_1/versionpdf/1-25.pdf), accédé le 05/04/2011.

3 Cité par le Comité de terminologie française de l'Ordre des comptables agréés du Québec. Op.cit.

4 Grand Larousse de la langue française, Paris, Librairie Larousse, Tome 6, 1977, p. 5124. Cité par le Comité de terminologie française de l'Ordre des comptables agréés du Québec. Op.cit.

5 La responsabilité publique de l’entreprise (RPE) renvoie à la responsabilité de l’entreprise par rapport aux conséquences primaires et secondaires générées par son activité (Preston et Post, 1975).

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3 de la responsabilité est présente dans les définitions de la RSE, quoique parfois dissimulée (Estay et Tchankam, 2004).

Dans le cadre de notre travail, nous considérons la responsabilité comme étant à la fois juridique et morale. L’entreprise est responsable en droit de ses actions et elle se doit d’en assumer les conséquences. Elle est également moralement responsable du fait que ses décisions doivent être sujettes à un jugement moral.

(2) Trilogie « Responsabilité », « Réceptivité » et « Performance »

Dans le cadre de cette recherche, nous étudions le concept de Performance Sociétale de L’Entreprise (PSE). Ce concept découle d’une notion relativement ancienne de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE), qui renvoie au rôle sociétal de l’entreprise, allant au-delà des simples considérations économiques (Gond, 2006). L’entreprise dispose ainsi d’un rôle à la fois économique et sociétal et doit donc tenir compte des conséquences de son activité sur le reste de la société (Bowen, 1953, cité par Gond, 2006, p. 1). Le concept s’est vu ainsi accorder une certaine légitimité théorique et commence à s’imposer dans le domaine « Business & Society ».

Néanmoins, ce concept a été critiqué en raison de sa posture éthico-philosophique qui s’accommode difficilement à la réalité sociétale de l’entreprise. Les détracteurs de la RSE prônaient une démarche pragmatique allant au-delà des considérations purement théoriques et philosophiques du concept (Ackerman et Bauer, 1976). La notion de réceptivité sociétale de l’entreprise (RSE2) « Corporate Social Responsiveness » a vu ainsi le jour pour pallier les insuffisances managériales de la notion de responsabilité sociétale (RSE1). Cette approche managériale s’interroge sur les stratégies de réponse aux demandes sociétales, délaissées par la notion de RSE1 (Frederick, 1994/1998).

C’est dans ce contexte de fortes tensions entre les adeptes et les détracteurs de la notion de RSE, qu’est née la notion de Performance Sociétale de l’Entreprise (PSE). Ses premières apparitions datent des années 1970 dans les tentatives de réconciliation entre les notions de RSE1 et de RSE2. Le modèle de Carroll (1979) représente le cadre théorique fédérateur de ces deux notions, longuement perçues comme contradictoires. Le concept de PSE a ainsi le mérite de réconcilier certaines approches divergentes de RSE au sein d’un concept intégrateur, qui se veut être englobant des différentes orientations théoriques. La PSE apparait alors comme une alternative théorique et conceptuelle qui permet d’élargir d’englober, et de dépasser la perspective restreinte de la RSE. Pasquero (2002, cité par Gond, 2006, p. 1) prévoit que le concept de PSE s’est imposé comme un point de référence incontournable puisqu’il a permis de construire un

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4 véritable consensus au sein des littératures académiques consacrées à l’analyse des interactions entre l’entreprise et la société.

C’est à Wood (1991) que l’on doit l’approfondissement de la réflexion sur la PSE et son institutionnalisation dans le domaine « Business & Society ». L’auteur la définit comme étant « une configuration organisationnelle de principes de responsabilité sociale, de processus de réceptivité sociétale ainsi que de politiques, programmes et de résultats observables qui sont liés aux relations sociétales de l’entreprise » (p. 693). Wood prévoit que cette notion se veut être plus concrète que la notion de RSE, puisqu’elle traduit les aspects observables de la démarche sociétale de l’entreprise. Elle est donc plus facile à opérationnaliser empiriquement, puisque son existence peut-être retracée grâce à l’étude des outils de mesure qui permettent son appréhension (Gond, 2006).

Dans le cadre de cette recherche, nous mobilisons le concept plus élargi de PSE au lieu du concept restreint de RSE dans l’ambition d’avoir une représentation englobante des différents aspects liés à la démarche sociétale de l’entreprise.

(3) « Social » versus « Sociétal »

Les traductions françaises faites du concept de « Corporate Social Performance » (CSP) sont loin de faire l’unanimité. Les ambigüités liées à l’interprétation s’expliquent essentiellement par les différences à la fois culturelles, idéologiques et socioéconomiques entre les contextes français et anglo-américain (Igalens et al., 2008). Une première ambigüité se manifeste au niveau de la traduction du terme anglais « social » qui diffère largement du terme francophone « social ». Tandis que la notion anglaise « social » renvoie à la société dans son ensemble, sa version francophone cherche à appréhender exclusivement la nature des relations de travail entre employeur et employé. Il s’avère alors que l’interprétation francophone du terme est relativement restreinte.

Elle le réduit à la seule relation intra-entreprise entre employeur et employé et fait référence implicite aux droits sociaux. Nous parlons dans ce contexte de relations sociales qui renvoient à la représentation syndicale, les accords sociaux, les relations professionnelles, bilans sociaux etc.

(Antal et Sobczak, 2007). Cette vision se retrouve en adéquation avec la représentation classique de la firme qui conçoit l’entreprise comme une entité fermée. L’environnement est stable. La gestion interne des relations employeur/employé est la seule préoccupation des dirigeants (en plus de la production des richesses).

Pour pallier cette interprétation restreinte, il existe le terme « sociétal » qui pourrait mieux incarner la réalité sociale des entreprises. Selon le dictionnaire français Larousse, ce terme se rapporte aux « divers aspects de la vie sociale des individus, en ce qu'ils constituent une société

(18)

5 organisée ». Au sens managérial du terme, « sociétal » renvoie aux relations qu’entretient l’entreprise avec ses diverses parties prenantes (Stakeholders ou SH), y compris les employés.

L’entreprise est donc « socialement » responsable envers ses seuls salariés et elle est

« sociétalement » responsable envers les autres parties prenantes, soient, les clients, les ONG, les fournisseurs, la communauté, etc.

Dans ce travail, nous privilégions la traduction responsabilité « sociétale » à la place de

« sociale » puisqu’elle fournit une version relativement globale de l’ampleur du concept et désigne les responsabilités de l’entreprise à l’égard de multiples SH (y compris l’environnement écologique), au-delà des seules et uniques relations employeurs/employés préconisées par le terme social.

1. DEVELOPPEMENT DE LA PROBLEMATIQUE

Le développement de la problématique est une étape charnière de la recherche. Elle traduit et cristallise le projet de connaissance du chercheur et son objectif (Allart-Poesi et Maréchal, 2008, p. 35). En Sciences de Gestion, le chercheur dispose de voies différentes pour construire sa problématique. Il peut ainsi utiliser différents points de départ. Généralement, la problématique découle d’un certain nombre de constats aussi bien théoriques que pratiques observés dans la littérature ou sur le terrain. En effet, dans le cas où la littérature ne fait pas état d’un consensus par rapport à un concept ou un phénomène bien déterminé, le chercheur se penche alors vers le terrain pour observer la réalité organisationnelle et managériale en vue de construire une représentation capable de justifier et d’éclairer la littérature existante. Dans un tel contexte, un aller retour entre l’investigation théorique et l’observation des faits pratiques s’impose (Perret et Séville, 2008, p. 36).

Dans le cadre de cette recherche, la problématique porte sur l’étude de la notion de la Performance Sociétale de l’Entreprise (PSE), ses antécédents institutionnels et ses finalités. Cette problématique a été développée selon un processus de déconstruction/reconstruction. Ainsi, nous commençons notre analyse par déconstruire les travaux existants en se basant sur des constats théoriques liés aux incohérences récurrentes dans la manière de problématiser la PSE.

Nous reconstruisons, par la suite, le concept en se référant à un cadre d’analyse systémique qui mobilise les apports de la « Stakeholder theory » (SHT) et de la théorie néo-institutionnelle (TNI).

Notre réflexion s’est largement nourrie de l’examen minutieux de la littérature du domaine

« Business & Society » ainsi que la réalité sociétale des entreprises. Cet examen nous a permis de formuler deux catégories de constats (théoriques et pratiques), que nous détaillions ci-après.

(19)

6 1.1. Constats théoriques

Cette première catégorie de constats consiste essentiellement en un regard critique porté sur la littérature en lien avec le concept de PSE et les théories mobilisées pour l’expliquer.

L’examen des travaux fournis fait émerger un certain nombre de contradictions, de lacunes, ou d’insuffisances au sein du corpus théorique et méthodologique, en lien avec le concept de PSE lui-même et sa relation avec la notion de performance financière. Ces anomalies se résument comme suit :

1.1.1. Incohérences théoriques et conceptuelles : un concept à la recherche d’un paradigme structurant

Ces incohérences renvoient à de multiples anomalies constatées de manière récurrente dans la littérature du domaine « Business & Society ». Elles portent essentiellement sur la nature du concept de PSE et sur la manière dont le concept de PSE a été défini, théorisé et conceptualisé.

L’appropriation par les chercheurs du vocabulaire issu de la PSE semble indiquer une absence affichée quant à la signification et aux différents aspects couverts par le concept. Plusieurs chercheurs ont tenté depuis une cinquantaine d’années de fournir des définitions du concept sans pour autant qu’un consensus ne se dégage (Bowen, 1953 ; Davis, 1960 ; McGuire, 1963 ; Jones, 1980 ; Friedman, 1962; Manne, 1972 ; Preston et Post, 1975 ; Carroll, 1979 ; Wartick et Cochran, 1985 ; Wood, 1991 ; Swanson, 1995 ; Clarkson, 1995 ; Husted, 2000). Le concept de PSE s’est construit au fil des années par l’intégration d’approches parfois divergentes (Gond et Mullenbach, 2004, p. 104). Ce débordement des définitions et cadres d’analyse autour de la PSE a certes pour avantage principal d’offrir un cadre suffisamment large et vaste pour permettre de réunir autour de cette notion toutes les perspectives théoriques à l’œuvre, mais il ne fait que créer une vive tension au sein de la communauté scientifiques entre les partisans d’une vision stratégique, sociologique, puritaine, utilitariste ou encore volontariste de la PSE.

Ce flou théorique ne fait que plonger le concept dans une sorte de brouillard normatif et conceptuel rendant ainsi périlleuse toute tentative de conceptualisation claire et cohérente de la réalité sociétale de l’entreprise. Ainsi, les ambigüités sémantiques rejaillissent à nouveau et se répercutent sur la modélisation théorique du concept. Plusieurs modèles théoriques ont été avancés en vue de fournir une configuration synthétique et fédératrice des connaissances produites autour de la PSE (ex. Carroll, 1979; Wartick et Cochran, 1985 ; Wood, 1991;

Swanson, 1995 ; Husted, 2000 ; Mitnick, 1993/2000 ; Matten et Crane, 2005 ; Basu et Palazzo, 2008). Ces modèles représentent certes des tentatives intéressantes pour examiner de plus près les différents éléments formant la PSE, mais demeurent majoritairement très abstraits et

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7 s’accommodent très peu à la réalité organisationnelle. Mitnick (1993, p. 4, cité par Gond, 2003) signale que ces modèles en tant que tels « (…) are not conceptually operational ».

À cet effet, le concept PSE est souvent jugé comme étant un terme trop « élusif » (Preston, 1978), « vague et mal défini » (Preston et Post, 1975) voire même « trop défini » (Votaw, 1973).

Un concept qui manque de paradigme dominant (Jones, 1983), d’intégration théorique et de vérification empirique (Preston, 1978) et qui se prête à des confusions et des jugements subjectifs (Aupperle et al., 1983). Ce concept, censé être le paradigme unificateur des orientations théoriques du domaine « Business & Society », s’avère encore loin de sa finalité.

1.1.2. Incohérences méthodologiques

(1) Des mesures de la PSE très confuses et réductionnistes 6

Elles renvoient essentiellement à la manière dont le concept a été opérationnalisé dans les travaux empiriques. La multitude de conceptualisations, qui s’avèrent souvent être divergentes, ont fait émerger de nombreuses tentatives d’opérationnalisation, mais qui se révèlent être peu homogènes.

En effet, nous signalons l’existence de deux approches de mesure mobilisées dans la littérature. La première est de nature fonctionnaliste où l’appréhension de la PSE repose sur une grande diversité d’indicateurs issus des discours, d’indices ou encore d’enquêtes par questionnaires. La deuxième est de nature constructiviste où la mesure de la PSE est construite par les acteurs qui collaborent à son élaboration. Ces mesures se trouvent en effet sujettes à de vives controverses liées essentiellement à leur manque de fondement théorique ainsi qu’aux écueils méthodologiques liés à leurs démarches d’élaboration. Certaines mesures sont infondées théoriquement (Ex. fortune), d’autres sont unidimensionnelles ou agrégées sans justification (Ex.

KLD). Ullmann (1985) souligne que les recherches empiriques sont plutôt des «Data in search of theory ». L’absence de consensus théorique sur la définition du concept rejaillit sur l’opérationnalisation du construit et un fossé se creuse entre « ce qu’il faudrait mesurer », d’après les modèles théoriques et « ce qui est effectivement mesuré » dans les travaux empiriques (Gond et Dejean, 2004). La prolifération des mesures n’est pas motivée par des objectifs théoriques solides et appropriés mais plutôt par un environnement de recherche caractérisé par compétition académique. Par ailleurs, certaines mesures présentent un caractère a-théorique (Ex. KLD, TRI, Fortune). Elles sont élaborées par des professionnels selon une démarche systématique à travers des grilles d’évaluations largement discutables (sur le plan méthodologique. La PSE est devenue ainsi un marché privilégié pour les agences de notation, les consultants et les investisseurs

6 Pour plus de détails sur les insuffisances des mesures de la PSE. Cf. Chapitre 2, Section 2 : « Modes d’opérationnalisation de la PSE : une lecture critique» (pp. 130-134).

(21)

8 (Acquier et Aggeri, 2008). La mainmise des professionnels sur le concept est marquée par l’intégration sans précédent d’activités marchandes, à tel point que la PSE est devenu un secteur d’activité (The Economist, 2005, cité par Gond, 2006) ou un « marché de la vertu » (Vogel, 2005), le dénaturant ainsi de sa dimension militante.

Ainsi, il s’avère que le « design » de la mesure est mal spécifié pour le construit lui-même ainsi que les éléments qui le composent. Ceci peut induire des biais dans l’association de la PSE avec d’autres construits et en particulier la performance financière.

(2) Des investigations empiriques portant sur la relation PSE/PFE largement discutables Les investigations empiriques conduites en vue d’expliciter la nature de la relation entre la PSE et la performance financière de l’entreprise (PFE) présentent également des incohérences dans l’opérationnalisation de la PFE et dans les méthodes statistiques envisagées pour le test du lien éventuel (Allouche et Laroche, 2005). Ces investigations empiriques, essentiellement anglo- saxonnes, demeurent largement contestées à cause des anomalies dans l’opérationnalisation de la PFE. En effet, durant des décennies, les recherches sur l’interaction PSE/PFE se sont contentées de mesurer la performance en termes financiers (ROA, ROE, ROI, CA, Alpha, Beta, etc.). Cette perspective financière, que l’on peut qualifier de partielle, s’avère réductrice des avantages que l’on peut tirer de la démarche sociétale. Les avantages de la démarche sociétale ne se limitent pas aux seuls aspects financiers mais ils s’étendent à d’autres avantages opérationnels (apprentissage, innovation, réduction des coûts etc.) ou concurrentiels (parts de marché, exploitation de nouveaux marchés etc.). De plus, les recherches empiriques ont majoritairement mobilisé des mesures quantitatives de la performance (comptables et/ou boursières). Ces mesures quantitatives sont incapables de capter certains avantages moins tangibles de la démarche sociétale. D’autres aspects subjectifs peuvent être envisagés en vue d’une meilleure compréhension du résultat du comportement sociétal de l’entreprise. En effet, la démarche sociétale ne se traduit pas uniquement par des bénéfices chiffrés, mais peut engendrer également d’autres avantages moins palpables mais très bénéfiques pour l’entreprise, à savoir, la maîtrise des coûts, l’augmentation de la productivité des employés, l’exploitation des segments «responsables», la notoriété, la réputation etc. De même, la diversité des mesures envisagées sont des mesures unidimensionnelles voire de simples « Proxy » (Alpha, ROA, CA etc.). Ces mesures sont partielles et se révèlent être réductrices de l’ampleur du concept qui se veut être multidimensionnel.

Sur le plan théorique, la performance organisationnelle est un « mot valise » qui incarne une multitude d’aspects. Néanmoins, les définitions jusqu’à présent données au concept demeurent insuffisantes avec très peu de travaux empiriques mobilisant des conceptualisations claires et

(22)

9 adaptées à l’objet de la recherche. L’usage que font certains chercheurs de ce construit demeure très confus et ambigu. Les mesures fournies manquent de fondement théorique pouvant justifier l’articulation des différentes dimensions de la performance. Richard et al. (2009) s’interrogent si les chercheurs sont réellement en train de mesurer la performance « to which managers are managing ». Ce manque de compréhension du concept de performance ne fait que réduire la pertinence et la crédibilité des travaux.

Par ailleurs, les recherches ont souvent considéré la PSE et la PFE comme étant deux concepts se situant à des niveaux d’analyse distincts. Les chercheurs ont tendance à les confronter pour saisir le sens et le signe du lien, sans pour autant s’interroger sur mécanismes intermédiaires qui permettent de faire en sorte que ce lien existe. L’examen minutieux de la réalité sociétale des entreprises montre que les performances financière et sociétale sont très imbriquées l’une et l’autre. La PFE n’est autre que le résultat de la démarche sociétale de l’entreprise qui se traduit par un certain nombre de retombées lucratives

(3) Absence d’un recadrage institutionnel de la relation PSE/PFE

L’appropriation de la PSE par les entreprises n’est pas le fruit du hasard, mais elle est bel et bien le résultat de l’effet de pressions institutionnelles qui s’exercent sur l’entreprise. Ces pressions se situent en amont de la PSE et permettent d’orienter et façonner la démarche sociétale de l’entreprise. Ces déterminants mettent en lumière la contingence de la PSE aux structures institutionnelles de son environnement (Jones, 1999, Campbell, 2007, Aguilera et al., 2007).

L’environnement institutionnel de l’entreprise se caractérise aujourd’hui par de nouveaux acteurs, des acteurs très influents du mouvement de la PSE, qui portent des valeurs humanitaires, des inquiétudes sociales et environnementales. Il s’agit essentiellement d’organisations de la société civile, d’investisseurs, de salariés, des consommateurs et de leurs syndicats, et ajouté à cela, de nombreux mouvements sociaux que nous regroupons sous le nom d’organisation non gouvernementale (ONG). Ces acteurs exercent des pressions sur les entreprises les incitant à adopter un comportement sociétal donnant lieu à de nouvelles formes de pratiques en matière de PSE (Ben Mlouka et Boussoura, 2008). Ces acteurs détiennent également un pouvoir important, une ressource nécessaire à la survie de l’entreprise, le pouvoir de délivrer la légitimité (Capron et Quairel-Lanoizelé, 2007). L’étude de ces facteurs présente l’avantage de contextualiser la PSE par rapport à l’environnement institutionnel dans lequel elle se situe et permettent de prédire la nature et l’ampleur de la démarche sociétale de l’entreprise. Ce processus d’institutionnalisation de la PSE permet d’expliquer la diversité et le foisonnement des pratiques sociétales.

(23)

10 Par ailleurs, les travaux empiriques portant sur l’étude du lien PSE/PFE ont tendance à écarter l’analyse de ces pressions institutionnelles dont le poids s’avère déterminant pour justifier l’existence d’un lien éventuel. Cette problématique se trouve en effet contingente au contexte institutionnel dans lequel elle s’insère. L’étude des pressions institutionnelles permet de dresser le cadre d’analyse à cette problématique par rapport au contexte de l’étude. Ce recadrage institutionnel présente l’avantage de fournir une analyse fine et circonstanciée de la nature du lien PSE/PFE. Il convient donc d’inclure dans l’étude du lien PSE/PFE le cadre institutionnel (et la nature des pressions qui y existent) dans lequel cette problématique s’inscrit en vue d’une analyse cohérente et adaptée.

Ainsi, la littérature théorique et empirique reste peu consensuelle sur la manière de : 1. Définir et conceptualiser la PSE

2. Situer la PSE par rapport à son contexte institutionnel 3. Opérationnaliser le concept de PSE

4. Relier la PSE avec la notion de performance.

1.2. Constats pratiques

Ces constats portent essentiellement sur l’observation des phénomènes organisationnels et managériaux liés à la pratique sociétale de l’entreprise. Cet examen minutieux nous a permis de construire une représentation sur la base de faits concrets, et ce en vue d’expliquer les phénomènes d’appropriation de la PSE et les mécanismes qui sont à l’œuvre. En effet, l’examen de l’univers des entreprises nous a permis de repérer un certain nombre de pratiques sociétales qui sont de nature à créer de la valeur économique. De plus, l’analyse du processus d’appropriation de la PSE montre que la configuration du contexte institutionnel, dans lequel s’insère l’entreprise, permet de redéfinir la nature et l’ampleur de l’engagement sociétal.

1.2.1. Avantages procurés par la démarche sociétale

Certaines entreprises ont pu générer des bénéfices grâce à leur engagement sociétal qui se traduisent par une augmentation de la profitabilité. D’autres ont pu s’approprier des bénéfices moins tangibles qui se manifestent essentiellement par la constitution d’un avantage concurrentiel, par la réduction de leurs coûts ou encore par le renforcement de leur réputation.

(1) La PSE, une source d’avantage concurrentiel

Certaines entreprises ont pu à travers de nouvelles pratiques de différenciation sociétale (innovation dans les produits ou services, produits bios, produits adaptés aux handicapés, ciblage

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11 de clients sensibles aux enjeux sociaux et environnementaux etc.) décrocher un avantage concurrentiel. Ces entreprises ont su ainsi se distinguer de la concurrence et créer une image valorisante auprès de leurs clients en ciblant de nouvelles attentes (nouveaux matériaux écologiques, offre de services financiers socialement responsable (ISR) etc.). C’est le cas de

« British Telecom »7 qui, en adoptant une politique orientée vers la PSE (maîtrise des risques sociaux, produits et services qui ne nuisent pas à l’environnement, activités philanthropiques, mécénats etc.), a pu multiplier le pourcentage des clients satisfaits et bénéficier ainsi d’un avantage de marché par rapport à ses concurrents. La démarche revêt ici la forme d’un atout stratégique. L’enjeu pour l’entreprise reste de savoir comment mobiliser cet avantage pour générer de la valeur économique.

Vermeg Tunisie (entreprise spécialisée dans le développement de solutions financières) a pu se forger un certain avantage concurrentiel grâce à son engagement sociétal. Cet engagement se manifeste à travers les quelques donations à des associations caritatives, en particulier, l’association « Nadi Al Bassar », un établissement éducatif, médical et sociétal basé à Tunis.

(2) La PSE, un outil pour se prémunir contre les risques

Les activités sociétales peuvent servir de bouclier pour se prémunir contre les risques qui pourraient nuire à la performance et l’image de l’entreprise. En effet, les pratiques sociétales permettent à l’entreprise de maitriser les risques sociaux, les accidents écologiques, les risques industriels, les incidents au travail, les interventions contraignantes de l’État etc. Ces types de risques présentent un caractère incertain et imprévu. Il semble donc évident que la démarche sociétale serve d’atout pour avoir une marge de manœuvre face à la résurgence éventuelle de tels risques. Les entreprises s’engagent à assumer un rôle sociétal, c’est sans aucun doute pour écarter certains risques et pour saisir certaines opportunités. En améliorant la gestion des risques, qu’ils soient sociaux, environnementaux, juridiques, ou encore économiques, une entreprise peut améliorer sa sécurité et renforcer sa stabilité. C’est dans ce contexte que « Telus »8 (entreprise de télécommunications canadienne), dont la réputation repose essentiellement sur une politique de développement durable, a pu minimiser les risques économiques grâce à une conception de produits axée sur l’environnement.

La filiale Tunisienne de Total a pris des engagements sociaux et environnementaux lui permettant de se couvrir contre les risques écologiques. L’entreprise veille constamment à la sécurité de ses procédés et du transport des produits, de manière à maîtriser les risques

7 Exemple cité dans « les stratégies du développement durable nuisent-elles à la performance économique des entreprises ? », Groupe de travail ORSE, Juin 2002-Mars 2003.

8 Étude de cas sur la RSE : TELUS, préparée pour : Le groupe de travail interministériel sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE). www.nrcan-rncan.gc.ca/sd-dd/pubs/csr-rse/pdf/cas/telus_f.pdf, accédé le 12/09/2006.

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