• Aucun résultat trouvé

Infos - Le Courrier des addictions, mai 2016

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Infos - Le Courrier des addictions, mai 2016"

Copied!
1
0
0

Texte intégral

(1)

Le Courrier des addictions (18) – n° 2 – avril-mai-juin 2016 18

MARCHÉ DES DROGUES EN EUROPE,

LIÉ AU TERRORISME : 24 MILLIARDS D’EUROS

Un nouveau rapport sur les marchés des drogues dans l’Union européenne, publié en avril dernier par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT/EMCDDA [European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction]) et Europol, met en lumière leur impact social considérable : ainsi, les Européens dépenseraient au moins 24 milliards d’euros par an en drogues illicites (entre 21 et 31 milliards), ce qui en fait l’une des principales ressources fi nancières de la criminalité organisée.

Ce rapport couvre les évolutions de la chaîne d’approvisionnement depuis la fabrication et le trafi c jusqu’à la commercialisation, la distribu- tion et la consommation. Il analyse également les coûts sociaux considérables de ces marchés et, notamment, leurs répercussions sur les entreprises, les administrations publiques, les quartiers, les familles, les personnes et l’environ- nement. Entre autres eff ets néfastes, ils grèvent les budgets et exposent les fonctionnaires au risque de la corruption.

Un marché opportuniste,

adaptable et en constante évolution Les liens entre le trafi c de drogues et d’autres formes de criminalité se renforcent, les groupes criminels organisés participant au marché de la drogue se diversifient en termes de types de drogues et de formes de criminalité, parmi lesquelles le terrorisme. Ils forment des alliances entre groupes ethniques et entre régions géogra- phiques et tirent parti des connaissances de spécialistes. “Dans l’Europe d’aujourd’hui, les trafi quants de drogues sont prompts à exploiter les fl ux mondiaux de transports, de marchandises et de personnes, tout en constituant une menace pour la santé publique. Ils utilisent les nouvelles technologies et internet, la croissance des échanges mondiaux et les infrastructures commerciales pour mener rapidement leurs activités criminelles à l’échelle internationale. En outre, l’instabilité de régions voisines de l’Union pourrait avoir des eff ets profonds sur le marché de la drogue en Europe. Cet important rapport analyse les liens avec d’autres activités criminelles et la manière dont les revenus illicites du trafi c de drogue servent à fi nancer le trafi c de migrants et le terrorisme, et sapent les eff orts internationaux en faveur du développe- ment”, commentait Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour la migration, les aff aires intérieures et la citoyenneté, en présen- tant les conclusions du rapport.

Selon Rob Wainwright, directeur d’Europol, “la production et le trafi c de drogues demeurent l’un des marchés criminels les plus importants et les plus innovants d’Europe. Devenant de plus en

plus complexes et de plus en plus interconnectés avec d’autres formes de criminalité, et même avec le terrorisme, ils représentent une menace majeure pour la sécurité intérieure de l’Union.

La coopération transfrontière des forces de l’ordre est indispensable pour réduire leur ampleur et leur incidence, ce que permettent les capacités opérationnelles spécifi ques d’Europol et d’autres instruments européens.”

Le rapport 2016 décrit “un marché opportu- niste, adaptable et en constante évolution”. Il montre que, si les axes de trafi c traditionnels persistent, la diversifi cation se poursuit. Les routes semblent moins liées à des types de drogues particuliers, tandis que les infrastruc- tures de logistique et de transport licites continuent à être exploitées, les conteneurs maritimes représentant un moyen commode d’importer vers l’Europe de grandes quantités de drogues à la fois . Les évolutions récentes d’in- ternet, notamment les réseaux privés virtuels (darknet), les logiciels d’anonymisation et les

“cryptomonnaies” off rent également de nouvelles possibilités pour proposer des drogues en ligne.

En tête de “gondole” : le cannabis

En ce qui concerne la “ventilation” de ce marché par produit, le cannabis en représentait environ 38 %. Environ 1 % des adultes européens en consomment quotidiennement ou quasi quotidiennement, quelques 22 millions en ont consommé au cours de l’année écoulée. Si les prix ont peu évolué (de 7 à 12 euros par gramme), la teneur moyenne en tétrahydrocannabinol (THC) a presque doublé en 10 ans, probablement en raison du développement de techniques de production intensives et sophistiquées en Europe même, imitée par les producteurs marocains.

Vient ensuite le marché de l’héroïne (28 %). Le rapport, après plusieurs années de baisse des saisies d’héroïne, dont le marché a pour acteurs clés des groupes criminels turcs, albanophones et pakistanais, relève une “inquiétante poussée de l’off re”, accompagnée d’une chute du prix au détail et d’une pureté accrue (1,3 millions d’usagers estimés).

Vient en troisième position le marché de la cocaïne (24 %): l’importation en Europe (3,6 millions d’usagers estimés) reste dominée par les groupes criminels colombiens et italiens, avec le développement des groupes nigérians et des Balkans. On assiste au “recrutement systéma- tique de travailleurs corrompus dans les princi- paux ports et aéroports de l’Union européenne et des pays de départ”, selon les auteurs du rapport, qui voient une “menace majeure” dans l’aug- mentation de la contrebande de cocaïne dans les conteneurs maritimes.

Enfi n, le marché des amphétamines constitue 8 % du total, et celui de l’ecstasy, 3 %.

Pour en savoir plus “Rapport et aperçu stratégique (et note de synthèse)” ;

OEDT : www.emcdda.europa.eu ; Europol : www.europol.

europa.eu

“RECETTES POMPETTES” : APOLOGIE DE LA BITURE !

Une nouvelle émission, sur le web, nouveau concept adapté d’une émission télévisée canadienne du Québec, Les Recettes pompettes, disponible sur You Tube, invite une star pour cuisiner avec Monsieur Poulpe, tout en alignant les “shots” d’alcool jusqu’à l’ivresse.

Le premier épisode, diff usé en ligne le 13 avril, dont la bande-annonce montrait Stéphane Bern enchaînant plusieurs verres devant les fourneaux, a déclenché les foudres de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), de Marisol Touraine, ministre de la Santé, de l’Ins- titut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) et de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), qui l’ont condamnée avec la plus grande vigueur comme incitation au “binge drinking”. Une pratique aux conséquences dramatiques pour les jeunes, et qui n’a surtout pas besoin du “coup de pouce” identifi catoire des stars pour progresser !

“Les conséquences de la consommation excessive d’alcool sur la santé sont trop graves pour être prises à la légère”, protestait la ministre, dans un communiqué.

On connaît aujourd’hui les conséquences du “binge drinking” et des fortes consommations d’alcool, en particulier chez les jeunes : à la fois à court terme (comas éthyliques, accidents de la route, violences, viols, noyades, etc.), et à long terme (conséquences neurologiques irréversibles, risques de dépendance, cancers, cirrhose, etc.). Les consommations exces- sives, qui se banalisent en France, sont passées, en eff et, en 10 ans, de 33 % à 46 % parmi les jeunes de 18-25 ans “ayant connu 1 ivresse dans l’année”, et de 15 % à 29 % parmi ceux “qui en ont connu au moins 3”. Par ailleurs, le phénomène du “binge drinking” concerne 14 % des 15-24 ans et 10 % des 25-34 ans qui ont consommé de l’alcool en recher- chant l’ivresse au moins 1 fois dans l’année

 

(1)

.

La consommation nocive d’alcool engendre un coût pour la société estimé à 120 milliards d’euros en 2015 (2), elle est responsable de 49 000 décès par an, soit 135 par jour (3).

Par ailleurs, en novembre 2015, l’Inpes a réalisé une étude omnibus qui montrait que les Fran- çais se sentent surexposés à la publicité pour l’alcool : 89 % des Français pensent qu’il y a suffi - samment (55 %) voire trop (34 %) de publicités en faveur des boissons alcoolisées.

Cette tonalité positive associée à son image dans les médias contribue à créer ou renforcer une norme sociale en faveur de la consommation excessive d’alcool et à valoriser les conduites d’excès alcooliques.

1. Baromètre santé Inpes, 2014.

2. Kopp P. Le coût social des drogues en France. Saint- Denis : OFDT, 2015.

3. Guérin S, Laplanche A, Dunant A, Hill C. Morta- lité attribuable à l’alcool en France en 2009. Bulletin épidémio logique hebdomadaire 2013:163-8.

0018_CAD 18 20/05/2016 11:31:39

Références

Documents relatifs

«A CIBA, la recherche est une tradition pour les colorants et pour des prépa­ rations aussi variées que les spécialités pharmaceutiques, les agents d’apprêt,

• l’usage répété (au moins dix fois dans le mois) concerne 14 % des garçons et 5 % des filles.. Les addictions en France Les addictions

Les sôkaiya sont les professionnels du chantage aux entreprises mais ils leur vendent aussi des services : ils se louent pour étouffer toute contestation dans les assemblées

[r]

Nous mettrons plus particulièrement en évidence les stratégies d’attachement et les représentations qui en découlent, et la façon dont cette dimension peut être associée

« Ce n’est pas la dépendance physique qui signe l’addiction, confirme Michel Lejoyeux, mais bien la relation de contrainte à un produit. » Par exemple, un patient qui

Les addictions, quel que soit leur type, sont carac- térisées, sur une période plus ou moins longue, par des échecs répétés de résister à l’impulsion

Il est important de souligner que cette filière de soins spécialisée s’inscrit dans le cadre plus large d’un service d’addictologie accueillant également d’autres