APPÉTIT DE LA VACHE LAITIÈRE
1. VARIATIONS INDIVIDUELLES DES
QUANTITÉS
D’ALIMENTS INGÉRÉESM. JOURNET,
M. POUTOUS S. CALOMITIMarie-Claire ENGRAND, J.-F. CRISTOFINI, Y. MANIS B. MARQUIS Station de Recherches sur
l’Élei,age
des Ruminants,Station centrale de
Génétique
animale,Cemre national de Recherches
ûootechsziqtves, Jozcy-eu-Josas (Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
De 1956 à 1961
l’appétit
de 141 animaux (au total z4zlactations)
a été mesuré par la quan- tité de matière sèche consommée au cours du 2emois de lactation (5eà la 9esemaine)
et, enplus,
de 1959 à ig6i, par la
quantité
de matièreorganique indigestible
(« ballast ») au cours de la mêmepériode
de la lactation. Lerégime
était constitué de foin etd’ensilage
distribués à volonté, de 20kg
de betteraves à 16-18 p. 100de matière sèche et d’aliment concentré
ajusté
aux besoins des ani-maux. Nous avons
analysé
l’action des facteursintrinsèques
suivants :poids
vif, niveau de pro- duction laitière, numéro de lactation. La méthode de calcul utilisée apermis
de tenir compte des facteursextrinsèques représentés
par le numéro de l’étable( 2 )
et le numéro de l’année de con-trôle
(6).
La
quantité
de matière sèche consommée varie dans le même sens que lepoids
vif, d’environl kg de matière sèche par 100kg de poids vif; exprimée en 1>. ioo de ce poids, elle varie en sens
inverse d’environ o,3 kg
La
quantité
de matière sèche consommée varie dans le même sens que laquantité
de lait pro- duite, d’environ 280 g parkg
de lait à 4 p. loo. Cetteaugmentation
est due presque entièrement à l’aliment concentré ; la ration defourrage n’augmente
que de 30 g. *L’accroissement de la
quantité
de matière sèche consommée avec le numéro de lactation est du à l’augmentation dupoids
vif et de laproduction
de lait, ill’exception
de la 2e lactation pourlaquelle l’appétit
estintrinsèquement plus
élevé.Les consommations varient autant, ou
plus,
sous l’action des facteursextrinsèques
(numérode l’étable et numéro de
l’année)
que sous l’action des facteursintrinsèques
étudiés ; pour la ration defourrage
notamment, les facteursextrinsèques expliquent
36 p. ioo des variations de consom-mation de matière sèche contre 8 p. 100 pour les facteurs
intrinsèques.
Les facteurs
propres à chaque
animal semblent avoir une actionimportante
sur les consont-mations
puisque
l’ensemble des facteurs étudiés,intrinsèques
etextrinsèques, n’explique,
pour la ration totale, que 76 p. Too des variations de consommation.Les variations de consommation de matière sèche observées d’une année à une autre sont
dues, en
partie
seulement, à la variation de la concentrationénergétique
des fourrages, du foinen
particulier. En
effet, lesquantités
de « ballast u consonunées varientparallèlement
auxquantités
de matière sèche, alors
qu’elles
devraient rester constantes.Les résultats de cette étude nous fournissent des valeurs de consommation de référence pour
un
régime
mixte du type de celui utilisé ; ils nous permettent en outre dedégager
unprincipe général
pour le rationnement des vaches laitières, à savoir : le niveau de consommation de la ration defourrages, lorsque
ceux-ci sont distribués à volonté, estquasi indépendant
du niveau deproduction
laitière des animaux.INTRODUCTION
Pour établir des
plans
de rationnement corrects, il faut connaître non seulement les besoins des animaux et la valeur nutritive desaliments,
mais encore laquantité
d’aliments consommée. Ce dernier
aspect
a étébeaucoup
moins étudié que les deux autres, bienqu’il présente
un intérêtéconomique,
lesfourrages produits
surl’exploi-
tation
ayant
leplus
souvent unprix
de revient moins élevé que les aliments concen- trés. Ils’agit donc,
de faire consommer auxanimaux,
etplus spécialement
aux vacheslaitières,
lesquantités
maximum defourrages (herbe, foins, ensilage...)
tout en cou-vrant leur différents besoins.
La
quantité
d’aliments consommée par les ruminantsdépend
de facteursextrinsèques :
milieu de vie et alimentation(nature, qualité,
mode deprésentation
et de distribution des
aliments)
et de facteursintrinsèques : âge, format, type
et niveau deproduction,
étatphysiologique...
Les facteurs de variation de la
quantité
d’alimentsconsommés,
liés àl’animal,
sont essentiellement de nature
physique, physiologique
etgénétique. L’attention
a
particulièrement
été attirée sur la naturephysique
des mécanismes de variation del’appétit
du ruminant(Bn!,cx
etC AMP LIII, ’G , 19 6 2 )
selonlesquels
la consommation d’aliment est limitée par le volume des cavitésdigestives.
Celui-ci étant lié aupoids vif,
une liaisonpositive
a été trouvée par de nombreux auteurs entre lepoids
vifet la
quantité
de matière sèche consommée. Des lois de variation ont été recherchées : chez le mouton, les variations individuellesd’appétit
ont pu être réduites enexpri-
mant les
quantités
de matière sèche consommées enpourcentage
dupoids vif,
ou d’unepuissance
dupoids
vif(DowEFER
etal., rg6o) ;
chez les bovins(M ATH E R
etRmw,
i 95 8;Hoi<MES
etal., 10 6 1 )
etparticulièrement
chez la vachelaitière,
la liaisonqui
existe entre lepoids
vif des animaux et leurappétit
est moins bien connue.L’importance
des facteursphysiologiques
dans larégulation
del’appétit
chezles ruminants est considérée comme relativement réduite. On a
cependant
montré quel’appétit
de la vache laitière varie au cours de la lactation(HuTH, I g6 0 ;H U TT ON , 19 6 2 )
etavec le niveau de
production
laitière des animaux(K RUG E R
et 1-Tur,r.ER,1955 )
bienque ces variations
puissent
souvent être attribuées à unchangement
corrélatif de la concentrationénergétique
de la ration.L’étude des facteurs
génétiques
del’appétit
n’a été effectuée que defaçon
trèsfragmentaire
et avec peu d’animaux. Larépétabilité
desquantités
d’aliments con-sommées fournit une
première
estimation de l’héritabilité del’appétit (M A T H E R , 1959 ).
La
quantité
de matière sèche consommée a étéproposée
dès 1912 par KEr.r.!!x pour mesurerl’appétit
desruminants ;
elleprésente
l’inconvénient de varier aveccertaines
caractéristiques
des aliments et enparticulier
avec leurdigestibilité. L’emploi
de la matière
organique indigestible
ou « ballast o avaitpréalablement
étépréconisé
parL
EHMAN
( I 907 ) .
Le choix entre la matière sèche et le ballast a suscité de nombreuses controverses(F IS S J !.Œ R ,
1941; LEROY, ig!?;M AKELA, 1 95 6).
L’étude
qui
suit a été effectuée àpartir
de !.!2 données individuelles de con-sommation, correspondant
chacune à la moyennede semaines
de mesuresjourna-
lières recueillies sur 6 années consécutives dans les
2 troupeaux
de vaches laitières duC.N.R.Z.,
Elle a eu pourobjet :
- d’étudier les variations individuelles de
l’appétit
mesuré par laquantité
dematière sèche
consommée,
sous l’action de facteursintrinsèques (ou
liés àl’animal) : poids vif, quantité
de laitproduite, âge
ou n° de lactation.Cependant,
en raison dela méthode de recueil des données
(dans
2 étables et sur 6 années entrelesquelles
l’alimentation n’a pas été
rigoureusement semblable),
nous avons tout d’abord étudiél’action des 2facteurs
extrinsèques :
étable etannée,
afin de déterminer leurimpor-
tance et de définir des méthodes de calcul
appropriées
pour l’étude de l’action des facteursintrinsèques pris
enconsidération;
- de comparer
l’emploi
de la matière sèche et du (ballast» » pour mesurerl’appétit
et ses variations sous l’action des facteurs
intrinsèques
etextrinsèques.
MATÉRIEL
ETTECHNIQUES
1°
p!’1i1C1!JE
Les mesures
d’appétit
ont été effectuées avec une ration decomposition identique
au coursdes 6 années et constituée de foin,
d’ensilage,
de betteraves et d’un aliment concentré. La nature et laqualité
des aliments sont demeurées constantes la même année danschaque
troupeau mais leurqualité
a varié,parfois
de façon importante, d’une année à l’autre et d’un troupeau à l’autre.Les foins et les ensilages ont été distribués à wolonté. les betteraves en
quantité
limitée (20kg
à1 6- 1
8 p. 100 de matière
sèche).
Les animaux ont été alimentés selon leurs besoins enénergie,
enmatières azotées et en minéraux par des apports
appropriés
d’aliments concentrés,complémentaires
de la ration de foin,
d’ensilage,
et de betteraves.Les variations individuelles
d’appétit
ont été étudiées en comparant les animaux au même stade de lactation. Lapériode
de référence choisiede
5 semaines (de la 5e à la Q’’ semaine de lac-tation) présente
lescaractéristiques
suivantes(fig. i) :
a) lepoids
vif des animaux est relativement constant ;b) la
production
laitière a atteint son maximum et estlégèrement
décroissante.c) la
quantité
de matière sèche totale consomméequi
croitrapidement
au cours dupremier
mois de lactation s’est stabilisée ;
cependant,
celle des alimentsgrossiers (foin -’, ensilage
+ bette- raves) continued’augmenter.
2
° Animaux
Les mesures ont été effectuées de 1956 à 1961 dans les deux stations
expérimentales
deJouy
et de la Minière, distantes de 8 km, sur 141animaux suivis sur une ou plusieurs lactations consé-
cutives, soit au total 242 lactations. La
répartition
des animaux par année et par station selon leur numéro de lactationfigure
dans le tableau i.3
° Alimentation et mesures
Les animaux, entravés, en stabulation permanente de novembre à avril, ont été alimentés indi- viduellement et les mesures des
quantités
consommées ont été effectuéeschaque jour (à l’exception
du
dimanche),
àchaque
repas, par différence entre lesquantités
offertes et lesquantités
refuséesde
chaque
aliment. Le foin etl’ensilage
ont été distribués à volonté en 1 ou 2fois parjour
avec un pourcentage de refus d’environ 1 p. 100. Laquantité
de betteraves de type RodOtofte
limitéeà 20 kg, a été distribuée en une seule fois. L’aliment concentré,
ajusté chaque
semaine pourchaque
animal de façon à couvrir les besoinsénergétiques,
azotés et minéraux, a été distribuéen i ou 2 fois selon la
quantité.
La teneur en matière sèche des aliments aqueux, betteraves et
ensilage,
a été déterminéechaque jour
et celle des foins 2fois par semaine, à l’étuve à 80°. Pour obtenir laquantité
de ballastingérée (de
ig5g à19 6 1 ),
ladigestibilité
des foins a été mesurée avec des moutons. Lespériodes pré- expérimentales
de mise en régime ont été de 15 jours, lespériodes expérimentales
de 10jours
etl’effectif des béliers utilisés a varié de !. à 6. La teneur en matière
organique indigestible
ou « ballast »des aliments a été déterminée à
partir
des coefficients d’utilisationdigestive
ainsi obtenus pour lesfoins, et elle a été estimée à
partir
des tables hollandaisesl pour les autres aliments. Il faut remar-quer que les
quantités
de « ballast » aiusi obtenues ne sont pasrigoureusement
exactes car on n’apas tenu compte de la
composition particulière
des refus, et que l’estimation de ladigestibilité
del’ensilage
enparticulier,
àpartir
des teneurs en cellulose brute, est peu précise. Cette dernière erreur estcependant
limitée carl’ensilage
ne représente en matière sèche que 1/5 de la ration de base environ.Les vaches ont été traites deux fois par
jour
et le lait dechaque
vache a étépesé
àchaque
traite. La teneur en matière grasse du lait a été déterminée
chaque jour
de 1958 à 1961, et une foispar semaine de
195 6
à 1958 sur des échantillons obtenus àpartir
deprélèvements
effectués à latraite du matin et du soir, pour les
analyses journalières,
et il 4 traites consécutives en milieu desemaine, pour les
analyses
hebdomadaires..1! Variables étudiées
Les valeurs individuelles
correspondent
à la moyenne de 3o mesuresjournalières ( 5
semainesà 6
jours)
pour les quantités consommées des différents aliments(foin, ensilage,
betteraves, aliment concentré) et pour lesproductions
de lait brut et de lait standard à 4. p. 100de matières grasses, et à la moyennede
;; mesures hebdomadaires pour lepoids
vif des animaux.( 1
) Laboratoire d’analyse des sols et des fourrages de MARIiiBUAAL
A
partir
de ces variablespremières,
on a calculé des variables secondesqui
sont :a)
lesquantités
consommées totales de matière sèche, de foin !-ensilage,
de foin -f-ensilage
+ betteraves, de foin +
ensilage
+ betteraves + concentré ;b) les
quantités
consommées des troisprécédentes
variablesexprimées
en pourcentage dupoids
vif.Les dilférentes variables de consommation ainsi définies ont été étudiées en fonction de
2 variables
quantitatives : quantité
de lait à 4 p. 100de matières grasses etpoids
vif des animaux et de 3variablesqualitatives :
n° de lactation (i à 4), année (i à 6) et étable(i
et2 ).
Ces variablescorrespondent
aux facteursintrinsèques
liés à l’animal (n° de lactation,poids
vif,production
delait)
et aux facteursextrinsèques
liés à l’alimentation et au milieu de vie des animaux(étable
et année).5! Alàhodes d’analyse
statistique
Le but
principal
de ce travail était d’étudier les variationsd’appétit provoquées
par les causesintrinsèques (n o
de lactation, lait, poids).Cependant,
les facteursextrinsèques
(étable-année) s’étantrévélés très
importants,
il a fallu en tenir compte dans toutes lesinterprétations.
Les calculs ontencore été
compliqués
par le mode de recueil des données. Ils’agissait
en fait, d’observations relevéessur les 2troupeaux de
Jouy
et de la Minière sansqu’un
planpré-expérimental
ait pu être établi.En
conséquence,
les données serépartissaient
suivant des schémas nonorthogonaux
que nous avons dîtanalyser
par la méthode des moindres carrés. Enpremier
lieu, les effets étable-année et leur interaction ont étéanalysés
lactation par lactation par la méthode de BRANDT( 1933 ).
Les inter-actions entre les facteurs étable-année et n° de lactation ont été calculées et testées par la méthode de condensation
pivotale
de R4o( 1952 ).
Dans tous les autres cas la méthodegénérale d’analyse
de la variance et de la covariance par les moindres carrés (IOUTOus et CALOMITI, i96z) a été utilisée.
Les facteurs dont on a tenu compte pour établir les valeurs estimées sont énumérés dans le texte et les
légendes
des tableaux.Les coefficients a et b dans
l’équation logarithmique
y = axb liant la consommation(y)
et lepoids
vif(x)
ont été obtenus par latechnique
usuelle de calcul desrégressions appliquée
àl’équation
Pour certaines des variables, les
expressions simplifiées
suivantes ont été utilisés dans la suite du texte :Quantité
de lait ¢ p. ioo..poids,
enkg,
de laitproduit
à 4 p. 100 de M.G.Consommation d’aliment...
poids,
en kg, de matière sèche d’aliment consommée.Ration de base...
poids,
enkg,
de matièresèche,
de foin+
ensilage
-f- betteraves.Ration totale...
poids,
enkg,
de matière sèche, de foin -ensilage
-f- betteraves -! aliment concentré.RÉSULTATS
Les variations individuelles de consommation observées de
195 6
à10 6 1
ontété considérables. L’intervalle de confiance des données autour de leur moyenne se
situe à 12,71 ±
3 ,88 kg
pour la consommation en matière sèche de la ration de base(foin
-!ensilage + betteraves),
et il se situe à15 ,68
± 4,40kg
pour la consomma- tion totale de matière sèche. Les valeurscorrespondantes
sont de2,26 ! o, 7 6
etde 2,79 ±
0 ,8 2
pour les consommationsexprimées
enpourcentage
dupoids
vifde la ration de base et de la ration
totale,
de5 6 1
± m6kg
pour lepoids
vif et de1
6,
40
±9 ,68 kg
pour laquantité
de lait 4 p. ioo. La consommation moyenne de concentré a été de 2,97 avec degrandes
différences entre les animaux(coefficient
devariation de 50 p.
zoo).
Larépartition
des animauxd’après
leur consommation de ration de base et de ration totale est donnée par lafigure
2.In fluenee
de l’étable et de l’annéeL’étude de l’influence de l’étable et de l’année a été
entreprise
dans le but d’en déduire les méthodesd’interprétation
les meilleures pour étudier l’action des facteursintrinsèques,
n° delactation, poids vif, quantité
de lait.1
°) Analyse
deseffets
de l’étable et de l’annéepour chaque
no de lactation.Il a été effectué une
analyse
de variance selon la méthode de BRANDT( 1933 )
tenant
compte
de l’étable et del’année, analyse
effectuéeséparément
pour les lac- tations n° 1, 2, 3, 4 etplus.,
Pour la ration de base et la ration
totale,
les différences entre années ont presquetoujours
étésignificatives
et les différences entre étables nonsignificatives,
sauf danscertains cas pour la ration totale. Au
contraire,
les interactions entre ces deux fac- teurs ont presquetoujours
été hautementsignificatives,
cequi
veut dire que les différences entre étables ne sont pas restées les mêmes tout aulong
des années.Il en a été de même pour la consommation de la ration de base
exprimée
en p. ioo dupoids
vif.Pour le
poids
vif et laquantité
delait, l’analyse statistique
apermis
de confirmerdes résultats
prévisibles,
àsavoir,
des différencessystématiques
depoids
vif et deproduction
laitière des animaux entre les deuxétables, quelle
que soit l’année consi- dérée.En
conclusion, l’analyse
de variance a montré que les facteurs étable et annéeparaissent agir
de la mêmefaçon quel
que soit le n° de lactation si l’on enjuge
d’après
les tests designification, compte
tenu du faible nombre de données parclasse,
etqu’il
existe une interaction nette entre étable et année pour toutes les variables deconsommation,
àl’exception
de l’aliment concentré.2
°) Analyse
des interactions entreétable,
année et nz° de lactation.Compte
tenu des résultatsprécédents
sur les interactions entre étable etannée,
on a effectué un test des
interactions,
par la méthode de condensationpivotale
deR !o,
en incluant les facteursétable,
année et n° de lactation.Il n’existe pas d’interaction
significative
entre les 3 facteurs ni entre les facteurs étable et n° de lactation etceci,
pour l’ensemble des variables. Aucontraire,
il existeune interaction hautement
significative
entre les facteurs étable et année pour toutes les variables de consommation àl’exception
duconcentré,
cequi
confirme les résul- tats del’analyse précédente :
les facteurs étable et annéeagissent
defaçon
combinéeet le facteur n° de lactation de
façon indépendante.
Ces faits nous ont conduit dans la suite del’exposé :
- à considérer comme facteur
unique
les combinaisonsétable-année ;
- à admettre que le n° de lactation
agit
defaçon
additive avec le facteur étable-année.Toutes les
analyses
ultérieures ont donc été faites sur l’ensemble desdonnées,
sans
séparation d’après
le n° de lactation.3
°
Analyse
dufacteur
combiné étable-année.L’analyse
de variance effectuée par la méthode des moindres carrés entre les facteurs étable-année et le n° de lactation nous apermis
de mettre en évidence uneaction hautement
significative
de l’étable-année.Les valeurs estimées des moindres carrés pour
chaque
combinaison étable-année sontprésentées
dans le tableau 2. Elles ont été calculées enprenant
comme base les lactations n° q. etplus.
Nous pouvons ainsi observer que les consommations d’aliments(foin + ensilage,
ration debase,
rationtotale)
ont varié considérablement d’une année à l’autre. L’étendue de la variation sur ces 3 variables agénéralement
été
supérieure
à 3kg
danschaque étable ; exprimée
en p. ioo de la valeur moyenne parétable,
elle a étérespectivement
à l’étable deJouy
et à l’étable de laMinière,
sur la ration totale de 16 et 18 p. ioo, sur la ration de base de 23 et 30 p. ioo et
sur la ration de foin -E-
ensilage
de 30 et 40 p. 100.Une
analyse
de variance par la méthode des moindres carrés a été effectuée tenantcompte
de toutes les causes des variations identifiées : n° delactation,
étable-année, poids vif, quantité
delait,
pour savoir si les différences de consommation observées entre étables-années subsistaientaprès
avoir tenucompte
de toutes ces variables. Les écarts de consommation entre étables-années ont été estimés sanstenir
compte
d’aucun autre facteur quel’étable-année,
ou bien en incluant dansl’analyse
lepoids
vif ou laquantité
de lait 4p. 100ou lepoids
vif et laquantité
delait 4 p. 100. Ils sont demeurés considérables
quels
que soient les autres facteurs dont il a été tenucompte.
Ils ontcependant
diminué( 12
p. 100environ) après
éli-mination de l’effet du
poids
vif pour la ration de base et la ration totale. Pour la ration totaled’ailleurs,
la réduction a surtout été nette( 30
p. 100environ) quand
on a tenu
compte
de l’effet dupoids
vif et de laquantité
de lait ou même de laquantité
de lait seule. Le tableau 3 donne les estimées des écarts de consommation entre étables-années de la ration de base et de la ration totale parrapport
à l’étable-année,
la Minièreig6i, après
élimination des effets dupoids
vif et de laquantité
de lait 4 p. 100.
En
conclusion,
l’effet du facteur étable-année atoujours
étésignificatif ;
ilexiste par lui-même
quelles
que soient les autres causes de variation dont on atenu
compte.
Dans
l’analyse qui
suit des facteursintrinsèques :
n° delactation, poids vif, quantité
delait,
il a donc été nécessaire de tenircompte
des variations entre étables- années.Influence
du no de lactation.L’analyse
de variance étable-année et n° de lactation apermis
de mettre enévidence une action hautement
significative
du n° de lactation sur les consomma-tions. Les valeurs estimées de toutes les variables pour
chaque
n° de lactation sontprésentées
dans le tableau 4. Entre la Ire et la4 e lactation,
pour un accroissement dupoids
de8 4 kg
et de laquantité
de lait 4 p. 100 de 5,79kg,
la consommation de la ration totale a cru de2 , 4 8 kg ( 17
p.100 ),
cequi correspond
à0 , 7 8 kg
de rationde base et 1,70
kg
de concentré.I,’accroissement le
plus important
de consommation de la ration totale a été observé entre la Ire et la 2e lactation. Les consommations de ration de base et de foin -!-ensilage
ont même été maximum en ze lactation. Des résultats semblables ont été obtenus sur des lots des mêmes animaux suivispendant
2 ou 3 lactations consécutives entre lapremière
et la troisième lactation(tabl. 5 ).
Une
analyse
de variance a été effectuéequi
tientcompte
des variables étable-année, poids vif, quantité
delait
q p. 100. I)ans le tableau 6 sontprésentées
pour la rationtotale,
la ration de base et leconcentré,
les valeurs estimées des moindrescarrés,
lapremière
lactation étantprise
comme base decomparaison. D’après
cesrésultats,
nous pouvons remarquer que :- le fait d’éliminer l’effet du
poids
vif réduit les variations de consommation de la ration de base entre n° de lactation cequi
serépercute
sur la rationtotale ;
- les différences entre n° de lactation deviennent relativement faibles et com-
parables
pour la ration de base et la ration totalelorsqu’on
tientcompte
des effets dus aupoids
vif et à laquantité
delait ;
-
enfin,
les valeurs estimées par n° de lactation sont encore modifiéesquand
on introduit le facteur étable-année dans le schéma
d’analyse
enplus
dupoids
vifet de la
quantité
de lait. Ce résultats’explique
par l’influencespécifique
de l’étable-année dont nous avons montré
plus
hautqu’elle joue indépendamment
des effets dus aupoids
vif et à laquantité
de lait.En
résumé,
il ne semble pas yavoir,
sur lesconsommations,
d’action du n° de lactation en propre, c’est-à-direqui
ne soit pas due aupoids
vif et à laproduction laitière,
àl’exception cependant
de la 2e lactation. Les consommations de ration de base et de la ration totale de la 2elactation sontsupérieures respectivement
de86
0 g et 800 g à celles de la Ire lactation. Les consommations de la ration de base des
3
et4 e
lactations sont presqueidentiques
à celles de la Irelactation,
et celles de la ration totalesupérieures
d’environ 20J g.Les résultats obtenus et notamment l’accroissement de
l’appétit
en 2e lactationpeuveut cependant provenir
enpartie
de la méthode de calcul car les liaisons linéaires utilisées(tabl.
8 etq)
pour tenircompte
de l’influence dupoids
vifet de la
quantité
de lait sur les consommations n’étaientpeut
être pas les meilleures.Les écarts maxima de consommation observés avec le n° de lactation
(entre
la Ire et la
4 e lactation)
de 1 p. 100 pour la ration totale et de 10 p. 100 pour la ration de basequoique
nonnégligeables
sont, soit seulementégaux
à ceux observéssous l’action des facteurs externes
(étable-année)
pour la rationtotale,
soit seulement du1/3
pour la ration de base.Influence
dupoids vif
1
° Liaisons et
coefficients de régression.
Par
l’analyse
de variance faisantinter;enir,
par la méthode des moindrescarréf,
les facteurs
poids vif, quantité
de lait etétable-année,
un effet hautementsignificatif
du
poids
a été mis en évidence pour toutes les variables de consommation sauf pour l’aliment concentré.Les coefficients de corrélation linéaire entre le
poids
vif et les différentes variables deconsommation,
d’unepart
sur les données brutes et d’autrepart
en seplaçant
intra étable-année et intra
lactation,
sontprésentés
dans letableau 7 .
Les coefficients de corrélation sontpositifs
pour les consommations de rationtotale,
de ration debase,
de foin -!-
ensilage, exprimées
en valeurs brutes : ils sontnégatifs
pour les consom- mations en p. 100 dupoids
vif.Le coefficient de corrélation intra lactation et étable-année est
négatif
pour leconcentré, positif
mais àpeine significatif
pour la ration totale. Cephénomène
s’explique
par lejeu
de la liaisonpoids
vif etquantité
de lait,positive
sur l’en-semble des données non
corrigées
etnégative,
bien quefaible,
intra lactation et étable- année.On trouvera dans le tableau 8 les coefficients de
régression
linéaire des diffé- rentes variables de consommation sur lepoids
vif. Pour obtenir cescoefficients,
ona
éliminé,
par la méthode des moindrescarrés,
soit les effets dus au n° delactation,
à la
quantité
delait,
àl’étable-année,
soit les effets dus à des combinaisons de cesfacteurs. Les coefficients obtenus sans aucune correction des données
figurent éga-
lement dans le tableau 8. Le coefficient de
régression
de la ration totale sur lepoids
vif diminue très sensiblement
(de
i 660 g à 1 227 g par 100kg
depoids vif)
si ontient
compte
de l’étable-année. Onpeut
attribuer deuxorigines d’importance
compa- rable à cephénomène :
réduction de la ration de basequi
passe de i o6o g à8 15
g et réduction de la ration de concentréqui
passe de59 o
à 409 g. Il serait facile de prouver que cet effet del’étable-année,
effet estimé par la méthode des moindrescarrés,
vient de ce que, en moyenne, les animaux deJouy étaient plus
lourds(-f- 4 6kg), produisaient plus
de lait(-!- 3 , 5 8 kg),
et consommaientplus
de concentré(!-- 5 6 0 g)
et de betteraves
(-!-
410g)
que ceux de La Minière.Après ajustement
linéaire sur laquantité
de lait 4 p. 100, enplus
de l’étable-année,
les coefficients derégression
diminuent encore d’environ 400 g à la fois pour la ration totale et le concentré. Ainsi la relation entre lepoids
vif et laquantité
de concentré a lieu essentiellement par l’intermédiaire de la
quantité
delait,
cequi
est normal étant donné le mode de distribution du concentré.
La correction
supplémentaire apportée
par le n° de lactation aux coefficients derégression
des consommations sur lepoids
vif estfaible ;
elle a pour effetd’aug-
menter
légèrement
les coefficients derégression
de la ration de base et de diminuerceux de la ration totale et du concentré.
Il est
important
de remarquer que les coefficients derégression
obtenus pour la ration de base varient peuquels
que soient les facteursajustés.
Il fautégalement
noter
qu’après
élimination des effets dus àl’étable-année,
laquantité
de lait 4 p. 100 et le n° delactation,
le même accroissement de 800 g par 100kg
depoids
vif a étéobtenu pour la ration de base et la ration totale. Dans les conditions
expérimentales
de cette
étude,
cette valeur de 800g doit représenter la
meilleure estimée de l’accroisse-ment linéaire de
l’appétit (exprimé
enquantité
de matière sècheconsommée)
par 100kg
de
poids
!-if.Cependant,
du fait que la mesure dupoids
vif est soumise à des erreurs, ilpeut s’agir
d’une valeur sous-estimée dans uneproportion pouvant
atteindre 20p. zoo.En ce
qui
concerne les consommationsexprimées
en p. 100 dupoids vif,
ellesont diminué
lorsque
lepoids
aaugmenté.
Par 100kg
depoids vif,
la ration de basea diminué d’un peu
plus
de o,2kg
et la ration totale d’un peuplus
de 0,3kg.
Cettevariation
importante provient
de ce quel’appétit exprimé
enpoids
brut d’alimentne croît pas
proportionnellement
aupoids
vif. Lafigure
3 illustre les résultats obtenus sur l’évolution del’appétit
avec lepoids
vif(classes
de 25kg)
obtenueà
partir
de lapopulation
de 242 animaux.2
° Forme des liaisons.
Liaisons linéaires.
Par
l’analyse
derégression
faite intra-lactation etintra-étable-année, l’ajuste-
ment des consommations de foin -!-
ensilage,
de ration de base et de ration totale n’est passignificativement
meilleur pour uneéquation
faisant intervenirpoids
vifet
(poids vif)2 que
pour unerégression
linéairesimple
sur lepoids
vif.Les
équations
derégression
linéaire obtenues sont de la forme y = ax +b ;
b étantpositif.
Les consommationsexprimées
en p. 100 dupoids
vif ont varié ensens inverse du
poids
vif. Le tableau 10 donnel’équation
des droites derégression
linéaires
simples
etmultiples
en tenantcompte
ou non des facteurs de variation autres que lepoids
vif.Liaisons
lonarithm-iques.
Les variations de consommation de ration de base et de ration totale en fonction du
poids
vif ont étéexprimées
selonl’équation
y = axù(x
=poids
vif enkg).
Pourla ration de
base,
les calculs ont été faits pour des valeurs de y noncorrigées (y i )
ou pour des valeurs
corrigées (y 2 ) ;
par cescorrections,
on a ramené les consomma-tions à une étable-année de référence
(la
Minière19 6 1 ).
Les facteurs de correction ont été obtenus par uneanalyse
de variance incluant les effets dusà l’étable-année,
au
poids
vif et à laquantité
de lait(tabl. 3 ).
Pour la rationtotale,
on aégalement
fait les calculs sur les valeurs brutes