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Villes dans le noir

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Academic year: 2022

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« Villes dans le noir »

Journée d’études CESSMA-URMIS

Axe Production, politiques et pratiques de la ville (CESSMA) Groupe villes (URMIS)

Mercredi 12 octobre 2016

Bâtiment Olympe de Gouges, salle 870 – Université Paris Diderot-Paris 7 Envisager « la ville dans le noir » c’est questionner l’impact de l’obscurité, subie ou recherchée dans les pratiques économiques, sociales, voire politiques des citadins. Dans des villes sous contrainte énergétique, la vie nocturne en constitue une dimension essentielle. Elle permet d’aborder une variété de paysages physiques et d’expériences urbaines ; elle met en évidence en particulier les failles des réseaux d’éclairage public, les contraintes subies ainsi que les opportunités d’activités dissimulées. Mais les pratiques de l’obscurité vont au-delà de ces ambiances nocturnes qui marquent la diversité de nos terrains de recherche. La journée d’étude envisage alors des zones d’ombre et des pénombres plus diffuses ; elle interroge en cela les frontières temporelles entre le jour et la nuit.

L’ombre, la pénombre et la nuit imposent des formes particulières au déroulement d’activités ordinaires ou plus exceptionnelles, qui se distinguent ainsi des formes plus visibles. Bien souvent, la nuit est porteuse de sens en elle-même, même si ce sens varie selon les lieux, les époques, les classes d’âge et les groupes sociaux. En tant que moment normé comme temps du sommeil, elle peut recouvrir d’autres activités d’une signification d’interdit ou de transgression, d’autant qu’il est souvent mal vu d’être dehors la nuit. L’obscurité a ainsi des effets tantôt structurants, tantôt déstabilisants sur l’organisation des espaces et des relations sociales.

Certaines études abordent l’obscurité sous l’angle des pratiques récréatives, des moments festifs et des quartiers valorisés par les noctambules ; d’autres mettent l’accent sur les logiques entrepreneuriales qui poussent à valoriser la ville 24 heures sur 24. Force est de constater que ces espace-temps recouvrent des aspects plus larges. La nuit est de fait un moment de travail pour certaines catégories de population, de quête de ressources plus ou moins légales pour d’autres. L’offre et les techniques d’éclairage mettent également en jeu des valeurs morales, des formes de domination politique, des perspectives sensorielles.

L’intérêt à aborder les villes selon les lieux laissés dans / sortis de l’obscurité nocturne réside ainsi dans une large combinaison de facteurs et d’usages.

En quoi l’obscurité, et son corolaire l’éclairage, conditionnent-ils les expériences citadines ? Comment-les appréhender comme des ressources mobilisées ou mobilisables à des fins spécifiques ? Comme éléments du contrôle social et des politiques de surveillance ? Les contributions aborderont des formes banales autant que des moments particuliers d’usage de la ville dans le noir.

Contacts organisation : Monique Bertrand ([email protected]), Odile Goerg ([email protected]), Didier Nativel ([email protected]), Jérôme Tadié ([email protected])

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Programme

9h : Accueil et introduction

Acteurs et ambiances nocturnes

Discutant : Nicolas Puig

9h30 : Didier Nativel, « Réflexions sur les ambiances nocturnes de villes coloniales d’Afrique subsaharienne »

10h00 : Habib Belaïd, « Pratiques festives nocturnes à Tunis à l’époque coloniale »

10h30 : Thomas Fouquet, « La nuit urbaine, une ‘troisième aire’

citadine ? Quelques hypothèses sur la nocturnité à Dakar » 11h00 : pause

11h30 : Risa Permanadeli, Jérôme Tadié, « Des citoyens invisibles dans l’aménagement de Jakarta : Fantômes et occupation des espaces nocturnes de la ville. »

12h00 : Chantal Chanson-Jabeur, « Une ville sous couvre-feu : l’exemple de Tunis (de 1930 à 2016) »

12h30 : Synthèse et discussion

13h-14h30 : Déjeuner

Gérer l’obscurité

Discutante : Monique Bertrand

14h30 : Odile Goerg, « ‘The present lights in the streets […] only served to intensify the darkness’ : éclairage, municipalités et citadins au tournant du XXème s., Freetown-Conakry ».

15h00 : Rémi Desmoulière, « Territorialités nocturnes des transports en commun dans l’agglomération de Jakarta »

15h30 : Francesca Pilo’, « Pannes électriques et divisions de l’espace urbain à Rio de Janeiro: une lecture politique »

16h00 : Pause

16h30 : Robert Ziavoula, « Fiat lux, et l’obscurité vint. L’éclairage public comme métaphore politique à Brazzaville »

17h00 : Kali Argyriadis (Urmis, IRD) : « De apagones y alumbrones : expériences, usages et mémoires des coupures d'électricité à La Havane" »

17h30 : Synthèse et clôture de la journée

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